Music learners

Marichéri est très musical. Il a fait le conservatoire, il entretient dans son bureau un troupeau  de guitares diverses et variées mais aussi tout un tas d’autres instruments bruyants musicaux d’une trompette à un tambour irlandais (bon, ça c’est moi qui lui ai offert. Et une mandoline aussi, parce que c’est joli, visuellement parlant je veux dire). Je ne parle même pas des monceaux de matériels qui vont avec, micros, amplis de 15 tonnes (chacun) et autres boîtiers à boutons et voyants lumineux dont l’utilité m’échappe toujours complètement malgré les explications de Marichéri. Remarquez, c’est pratique, quand PrincesseDiva a  voulu épater ses copines fêter son anniversaire avec ses copines en enregistrant une poignée de chansons, elles ont pu faire ça dans le bureau puisque Marichéri a tout ce qu’il faut. Les gamines sont reparties avec un CD chacune immortalisant leurs meuglements stridents et la ferme conviction que le papa de PrincesseDiva était un producteur de célébrités. Notre fille était ravie. Et Marichéri au bord de la crise de nerfs.  Bref pour lui, la musique c’est important, mais pour moi, beaucoup moins. 


Quand on a quitté la France pour l’Irlande, j’ai embarqué un exemplaire des fleurs du mal illustré par Matisse et mon chevalet, Marichéri avait sa guitare classique. A part nous faire passer pour deux têtes à claque culturellement snobs, ça montre bien qu’on est légèrement different, musicalement parlant. Il s’enthousiasme pour la musique dodécaphonique, le rock alternatif serbo-croate et le jazz expérimental, je ne sais pas faire la différence entre une cornemuse qui agonise et un solo de grosse caisse. Ce n’est pas de la mauvaise volonté,  j’en suis totalement incapable, c’est physique. Il doit me manquer un truc essentiel dans les oreilles, qui permet de distinguer un éboulement de casseroles trouées d’une symphonie. Pour moi, ça reste du bruit. Mais Marichéri est passionné et d’une patience rare. Il a essayé de m’apprendre. Ce fut un échec. Du coup, il s’est rabattu sur les enfants. A chaque gamin qu’on a pondu, il a espéré que le gosse hériterait de ses gènes musicaux et a essayé de reconnaître une harmonie quelconque dans leurs hurlements de nouveau nés. Ça a bien commencé avec L’Ado. A deux ans et demi, il tapotait bruyamment sur un petit clavier jouet, ça faisait pouet pouet. Je trouvais ça pénible mais bon tant qu’il fait ça il n’essaie plus de nourrir le magnétoscope avec ses legos (L’Ado est vieux, il date du siècle dernier, il a connu les  magnétoscopes. Ses soeurs ne rient encore, quel fossile cet Ado!). Marichéri s’est précipité, en transe:

-aaaaaah c’est génial, c’est toi qui lui a appris? 

-quoi?

-à jouer sur le clavier?

– uh? (Je ne suis pas uniquement amusicale, j’ai aussi un sens inné de la répartie)

-mais t’entends pas, il joue frère Jacques, tout seul! 

Bref, L’Ado est comme son père. Il  est capable de jouer n’importe quel morceau sur à peu près n’importe quel instrument simplement parce qu’il l’a entendu une fois. On a inscrit notre futur Mozart au piano. Marichéri était tout ému et ce fut un succès. L’Ado adorait. Et puis d’un coup, vers 11 ans, il a arrêté net. Maricheri était désolé, mais voilà-t-il pas  que L’Ado s’est pris de passion pour la guitare électrique deux ou trois ans après. Et là, Marichéri hésite entre la joie d’avoir quand même un fils musical et le désespoir absolu devant les sons infâmes que L’Ado produit, sous pretexte que c’est cool, tu vois, coin. Entre temps Marichéri a essayé d’enrôler GeekAdo qui pour copier son père, voulait prendre des cours de guitare classique. GeekAdo est très studieux et très appliqué, mais ressemble à sa mère musicalement parlant. D’ailleurs, il dessine plutôt bien. 

Heureusement pour Marichéri, PrincesseDiva a pris la relève. Elle a voulu faire du piano. Marichéri en était très content jusqu’à ce qu’il se rende compte que la motivation première de la gamine,  ce n’était surtout pas de faire ses gammes pour progresser, mais de se produire en public. Bref à part une prestation remarquée de au clair de la lune à la fête de l’école, la carrière musicale de PrincesseDiva a été de courte durée. Enfin depuis, elle s’est mise au chant, elle prend même des cours et répéte bruyamment, d’où l’anniversaire passé à enregistrer de la daube avec des cris de hyènes prépubères (comme je n’y connais rien, je reprends les termes techniques utilisés par Marichéri). Évidemment, Marichéri aurait préféré qu’elle joue d’un instrument mais c’est déjà ça, surtout qu’elle a l’air relativement douée (je n’en ai aucune idée, mais on me l’a dit. Ou alors c’était pour être poli…). Et puis, O joie, PrincesseChipie a décidé elle aussi de se mettre à la guitare cette année. Elle s’entraîne tous les jours en rentrant de l’école. On a droit à une demi heure quotidienne de tziiiing-cick-pffffïïÏÎïïgG. Il parait que c’est normal et qu’elle s’en sort très bien. Bon. En même temps, la peinture à l’huile, c’est artistique aussi. Et silencieux. 

Pour l’instant Wizzboy n’ a pas l’air de vouloir jouer d’autre chose que du tambour en plastique ou du chat-qui fait-pchittt-quand-on-s’assoit-dessus. Mais j’ai peur. Marichéri qui espère toujours monter un orchestre avec ses enfants parle de rachèter une batterie. 

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Freshers week

L’Ado commence ses études supérieures cette semaine comme tout un tas de jeunes britanniques…ou pas d’ailleurs, les universités ici accueillent encore pas mal d’étudiants étrangers. Je dis encore, parce qu’avec le Brexit, ça risque de changer. Déjà, les universités ont signalé qu’elles avaient entegistré une baisse de demande d’inscriptions venant de l’union européenne, et qu’elles ont maintenant du mal à recruter des profs et chercheurs étrangers. Sans compter les trous béants dans leur budget, par manque de subventions européennes. C’est bien simple, certaines universités pensent carrément à se délocaliser sur le continent! Mais je m’éloigne  du sujet. On parlait de freshers week, c’est à dire la première semaine d’université pour les petits nouveaux. C’est très studieux. Ou pas.  L’Ado est à fond.


Source 

Les cours n’ont pas encore commencé, c’est juste une semaine de beuveries infâmes d’accueil et d’orientation . Ils finissent de choisir leurs options, rencontrent les profs, visitent le syndicat étudiants, et font connaissance avec leur futurs camarades, en tout bien tout honneur. Ben voyons. J’aime bien quand L’Ado nous prend pour de vieux cons naïfs. Certes, il part dans sa nouvelle vie d’étudiant avec un handicap rédhibitoire, c’est à dire des parents ignobles. Qui refusent de lui payer une chambre sur Londres sous prétexte qu’il a moins d’une heure de commute pour aller en cours depuis la maison. Le pauvre petit est obligé de rentrer cuver dormir ici. En même temps,  il y a des trains toute la nuit et on lui a dit qu’il pouvait rester dormir chez un pote ou ailleurs,  on ne veut pas savoir les détails. On veut juste qu’il prévienne avant, la maison, notre maison  c’est pas un hôtel non plus. Bizarrement ce libéralisme parental (si tu veux pas rentrer pendant la freshers week, tu dors où tu veux mais tu ne viens pas nous téléphoner à trois heures du mat parce que tu es coincé dans une gare paumée quelque part entre ici et Londres ), ça l’a déçu. On n’est pas à la hauteur de notre réputation de parents fascistes et tortionnaires, ça doit cacher quelque chose.

Je me suis renseignée, son université a mis un guide de la freshers week en ligne. C’est parce que je suis curieuse bien-sûr et que j’aime bien me renseigner sur les us et coutumes de mon pays d’accueil,  pas parce que je n’ai pas confiance (mais je n’ai pas confiance non plus). Il y a bien les dernières inscriptions à finaliser, pour les cours du semestre et les options (il sont déjà inscrits dans leurs facultés respectives et on a déjà vendu un rein payé). Il va effectivement avoir droit à des conférences très sérieuses sur comment gèrer son budget, dans quel ordre choisir ces fameuses options (ce qu’il ne fait pas cette année, il le fera en deuxième ou troisième année). Il va avoir droit à un parcours d’orientation, au propre, pour s’y retrouver sur le campus et au figuré. Il va pouvoir assister à des pièces de théâtres et autres spectacles charmants montés par les étudiants. Le syndicat organise des barbecues. C’est très civilisé tout ça. Il va aller à la Freshers fayre, où les clubs et associations sportives tentent de recruter de nouveaux membres. Ben, tu vois, quoi, t’es super suspicieuse quand même, meuh. C’est super sérieux, coin…non, mais ouais quoi. Euh, bon ben coin…je rentre pas ce soir, ni demain. Ni vendredi. Ouais, non mais c’est juste pour rencontrer les autres, meuh, tu vois ce qui seront en cours avec moi. Tu veux pas que je me fasse des copains dans ma nouvelle école? Petit crétin. Et puis, de qui il tient ce sourire niais aussi? Il se prend pour qui, ce sale gosse, il ne sait pas que pas plus tard qu’hier ou presque, c’était son père et moi qui rentrions à l’université? Enfin, j’ai fait une école de commerce. Je vois très bien ce que ça peut donner, sa freshers week, très, très bien. Sauf que nous, on appelait ça un week-end d’intégration et que nos beuveries étaient des « opérations marketing sponsorisées  » sur la brochure. 

C’est tellement studieux cette freshers week que le guide en ligne de son université précise bien qu’il ne faut pas oublier d’aller aux entrevues avec les profs et tuteurs, et d’être pas trop bourré présentable. Ça fait mauvais genre de louper ces rendez-vous dès la première semaine ou de vomir sur le bureau des profs, ils se vexent pour un rien franchement. C’est sûr, ça met en confiance. 

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Zeppelin anniversary

Pour une raison qui m’échappe totalement, mon comté de l’Essex a célébré ce week-end avec effervescence le centenaire du crash de deux Zeppelins allemands qui se sont écrasés dans le coin, en rase campagne près de Billericay pour l’un et Colchester (c’est chez moi!) pour l’autre. C’est festif. Déjà, je n’ai jamais éprouvé la moindre fascination pour ces espèces de suppositoires gonflables géants. Mais de dangeureux aerophiles leur vouent une passion folle. Ça me dépasse. En plus, les deux volatiles en question venaient quand même de bombarder Londres (ben oui, il y a 100 ans, on était en pleine première boucherie mondiale). C’est sûr que c’est joyeux. Vous allez me dire, ils ont été descendus par l’armée britannique, c’est une grande victoire c’est normal de fêter ça.  Je ne veux pas chipoter, mais bon,  deux Zeppelins c’est peu. J’ose espérer pour elle que l’armée britannique a remporté de plus grandes batailles, parce franchement, ça fait petit. Limite mesquin. Même localement, je suis sûre qu’on peut trouver mieux. Rien que pendant la deuxième boucherie mondiale, des centaines et des centaines d’avions allemands (on s’était rendu compte que c’était plus pratique les espèces de pachydermes de l’air) ont survolé l’Essex, y larguant même une partie de leurs bombes, il n’y a pas de raison que seule Londres joue. Et bien, l’armée britannique en a quand même abattu quelqu’uns et on ne le fête pas! (Je pourrais chercher le chiffre exact, mais je refuse, pas par paresse mais antimilitarisme).


En plus le premier Zeppelin  s’est complètement crashé, tuant tous occupants. D’accord, c’était des ennemis, mais quand même. C’est très frais. Tous les soldats allemands du second, le L 33 ont survécu et ont été fait prisonniers. Le capitaine du L 33 avait décidé de mettre le feu à son zeppelin probablement pour que les anglais ne rigolent pas devant ne s’emparent pas de cette technologie brillante. Pour être sympa, il a voulu prévenir les habitants du coin avant, au cas où il y aurait eu des dégâts collatéraux. Et bien ces crétins ont refusé de lui ouvrir ou même de l’écouter quand il a tapé aux portes pour les avertir. Je reconnais bien là toute la présence d’esprit et le sens de l’accueil des esséxiens, devant ce qu’ils ont sûrement pris pour de dangeureux migrants européens. Cela dit, le capitaine Bocker était peut-être poli, mais il n’avait l’air d’être très malin non plus. Il a réussi à s’échapper avec ses hommes mais il s’est paumé dans la campagne et a été fait prisonnier parce qu’il s’est fait repérer en demandant son chemin à un passant. C’est ballot. Les policiers qui les ont capturé ont même reçu une montre commémorative en récompense. Il n’y a pas à dire , on nage en plein évènement glorieux et essentiel, militairement et historiquement parlant. Ça vaut vraiment la peine de marquer le coup et de célèbrer tout ça. Ou alors, c’est en hommage à la médiocrité universelle, on est pas du même pays, mais on est tous un peu limité, youpidoo. 


Honnêtement, je ne comprends pas pourquoi les esséxiens se sont soudain pris de passion pour cette anecdote guerrière qui n’a rien changé au cours de l’histoire, même localement.  Mais ça les amuse. Ils se sont donc éclatés avec le ‘festzep’ ce week-end, il y avait des machines volantes, c’était sympa, bon enfant, familial (et payant) selon les organisateurs. Bon, on a quand même pensé à célèbrer une messe pour les 22 soldats allemands qui ont cramé dans leur Zeppelin. 

Les photos viennent de BBC.co.uk

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Sunny Monday #39

L’automne arrive, il n’y a pas le moindre rayon de soleil pour le rendez vous en orange de Bernie. Du coup, on repart dans les archives de Marichéri et à Rome. Il a même mis un joli cadre noir. Bon, le batiment n’est pas exactement orange, mais ça reste dans le ton. Et surtout, le soleil brille!

Bonne semaine à tous!

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My Own ABC 38

Je reprends le cours de mon abécédaire bordélique. D’ailleurs on en était à K.

K comme…

Keats John: on commence par du culturel. Parce qu’après, ça va dégénérer je préfère prévenir de suite. C’est un poète romantique, que dis-je c’est le poète romantique anglais. Surtout qu’il a poussé le dévouement jusqu’à mourir affreusement jeune et à n’être reconnu comme un génie qu’après sa mort, c’est dire tout son attachement au romantisme pur et dur. Keats nait à Londres en 1795. Son père meurt bétement en se pétant la figure sur un cheval, et le petit John se retrouve chez sa grand-mère, pendant que sa mère agonise aussi et meurt alors que ce pauvre garçon a tout juste 15 ans. De suite, on sent le type prédestiné pour faire carrière dans le romantisme littéraire…qu’est-ce qu’on s’amuse. En plus, il décide de faire des études de médecine et pour gagner sa vie, il devient assistant chirurgien alors que franchement au début du 19ieme, c’est assez gore. Keats publie son premier poème à 19 ans et c’est un échec total, il est descendu en flamme par la critique ce qui ne peut que le conforter dans son choix de carrière litteraire. C’est logique. Je rappelle pour ceux qui ne sont pas versés dans le romantisme (personnellement, j’adore, c’est mon côté guillerette), que ça n’a rien à voir avec des bluettes infâmes bouillies à l’eau de rose au contraire, c’est grandiose et tragique. Surtout tragique. Un bon héros romantique a non seulement une poisse incroyable mais il doit aussi finir dans un bain de sang. Et bien Keats maîtrise son sujet à fond. Il a une vie amoureuse qu’on peut qualifié de moyennement réussie pour être polie, et il meurt de la tuberculose à 26 ans, complètement fauché parce qu’il s’est fait entubé par l’exécuteur testamentaire de sa mère et avant que son genie n’ait été reconnu par qui que ce soit. Depuis, on s’en est rendu compte et son œuvre n’est pas un trésor de la littérature britannique, mais de la littéraire mondiale. 


Source 

Kipling: non pas Rudyard, cet auteur britannique légèrement facho lui, mais Mr Kipling, la marque de gâteaux! Mr Kipling vend des gâteaux depuis 1967 dans tous les bons supermarchés britanniques. C’est une référence, demandez à mes enfants. Les petits anglais grandissent en s’empiffrant d’angel cakes et autres battenbergs de Mr Kipling, qui sort même des gâteaux verts pour Halloween et des mince pies pour Noël. J’ai appris en cherchant une photo pour illustrer tout ça qu’il n’y a jamais eu de vrai Mr Kipling, c’est juste le nom de la marque,  une invention marketing quoi. Je suis déçue. Et oui, je crois toujours au père Noël, pourquoi? Enfin bref, ce faux Mr Kipling fournit toutes les birthday parties,  pas mal de coffee mornings,  Halloween parties, et autres on ne peut pas y échapper. C’est sucré, mais typique. 


Source 

Killing joke: il faut que j’arrête de demander à Marichéri si il a des idées pour mon ABC. Parce qu’après, il s’enthousiasme et veut absolument me faire écouter. L’Ado connaissait aussi, mais pas GeekAdo qui a trouvé ça ‘intéressant’, ce qui pour lui est un grand compliment en parlant musique. Alors donc Killing joke est un groupe londonien formé en 1979 par des gens dont je n’avais jamais entendu parler avant mais c’est parce que je suis d’une inculture crasse musicalement parlant, Marichéri et L’Ado étaient horrifiés. On se demande pourquoi, ils devraient être habitués.  D’après Wikipedia, killing joke était à la pointe de l’industrial rock (non, je ne savais pas non plus que ça avait existé), mais a évolué vers l’electronic et le gothic rock. Voilà. Bon, je vous mets un lien, ce sera plus simple. C’est guilleret aussi. Vous croyez que Keats, si il était né plus tard aurait fait carrière dans le gothic rock? Je sens que je m’éparpille. 

Kensington palace: c’est une petite masure, découpée en tout un tas d’appartements royaux, mais dont une partie est ouverte au public, qui sert à loger une tripotée de Royals. Ça fait carrément HLM pour Windsor, mais c’est coquet. On a réussi à y caser William-and Kate et leur progéniture, Harry et ses conquêtes diverses, le duc et la duchesses de Gloucester et ceux de Kent (aucune idée, c’est peut-être des cousins ) et la princesse Michael of Kent ( à ne pas confondre avec les  précédents donc…je ne sais pas non plus). Le palais original à été construit en 1605 en plein dans Kensington village qui n’était pas encore un des quartiers chics de Londres. Le palais a été la résidence préférée de tout un tas de monarques successifs, avant qu’ils ne préfèrent y caser leur famille. C’est même là qu’on avait parqué logé Diana. C’est très touristique, il paraît que les jardins sont charmants.


Source 

Keeping up appearances : une série télé très drôle du debut des années 90, mais qui a un peu vieilli. Patricia Routlegde, qui joue le personnage central de Hyacinth Bucket (qui insiste pour qu’on prononce son nom « bouquet » à la française) est absolument géniale et à hurler de rire. Hyacinth est une affreuse snob dont les efforts désespérés pour paraître « upper class » échouent lamentablement. Elle est infecte, mais hilarante. C’est une vraie plaie pour son pauvre mari, sa malheureuse voisine, et même le vicaire qu’elle harcèle littéralement. Sa famille est la plus white Trash possible, et Hyacinth fait tout pour les éviter. C’est très british et d’autant plus amusant que des Hyacinth Bucket, ça existe vraiment ici. Je ne citerai pas de nom mais bon…


Source « Richard, tu sais que j’aime ma famille, mais ce n’est pas une raison pour admettre que je les connais en public« .

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Project 52 II #38

Cette semaine, attention je ne vais pas dans les archives! J’ai pensé à prendre une photo de « chemin » , le thème choisi par Ma’, en début de semaine. Bon, c’était facile. Ce chemin, WizzBoy et moi le prenons 4 fois par semaine pour aller à la preschool. 

  
Je ne m’en lasse toujours pas. Sur la droite, c’est le cimetière, ce n’est pas très gai, mais sinon, le chemin est charmant. La preschool est attenante à l’église, juste derrière. C’est même la salle paroissiale, qui sert aussi à tout un tas de choses, des kermesses aux mariages en passant par les réunions des scouts et la sunday School. WizzBoy est déçu, on ne peut pas rentrer dans l’église (qu’il prend pour un château fort) par là pour atteindre la preschool, il faut faire le tour, et passer par la sacristie (je ne sais pas si on dit sacristie  pour une Church of England..). Ici, l’église (le bâtiment) est ouverte pour tout et n’importe quoi, c’est vraiment le coeur de la communauté, et ça n’a bizarrement rien de religieux. Ça surprend quand on arrive de France au début. La paroisse s’occupe aussi bien du club de foot que des cours de wine tasting. Il y a même un groupe vaguement musical et hard rock de jeunes agités locaux (pas L’Ado, il répète chez un pote) qui s’y produit de temps en temps. Je ne sais pas pour l’acoustique, mais l’insonorisation est parfaite. L’église sert quand même d’église le dimanche, mais depuis que j’ai vu le vicaire imiter la méduse épileptique en twistant comme un dératé, je me demande ce qu’ils y font vraiment. Je me suis un peu éloignée du chemin. C’est un bonheur d’y passer tous les matins de preschool. J’aime bien.

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Friday feelings #79

Je précise de suite que c’est encore le matin ici, en Angleterre quand je commence ce billet. Je dis ça comme ça. De toute façon, c’est les états d’esprit du vendredi de Zenopia et Postman, pas les états d’esprit du vendredi matin. On peut faire ça quand on veut… Enfin, je crois, Fédo? Cette fois, mon retard est pour la bonne cause, j’étais invitée à un café francophone, avec une française je veux dire. Vu que je fais de plus en plus de fautes, tout ce qui peut me faire parler français est une bonne chose, non? (Avec Marichéri, on parle franglais). En plus, je viens de me rendre compte que depuis des semaines, peut être même des mois, les rubriques ‘divers’et ‘envie de’ se sont totalement évaporées …je ne sais pas ce que j’en ai fait, c’est sûrement parce que j’essayais d’être matinale, ça n’allait pas.  

11h32

Fatigue: qu’est-ce qui pousse un enfant à se lever à 5 heures du matin, sérieusement? Surtout que dans 10-12 ans, je suis sûre qu’il n’y aura pas moyen de le tirer du lit avant midi. Beuh.

Humeur: francophile

Estomac: caféiné. Avec un vrai café, pas un infâme breuvage fabriqué à partir de mort au rats  granules solubles. C’est l’avantage de faire des rencontres françaises .

Condition physique: j’ai faim, c’est pas malin.

Esprit: confus 

Boulot: on ne va pas casser l’ambiance, comme ça,  d’un coup.

Culture: un peu de lecture, merci Carrie. 

Message perso: c’est le début, tout va finir par aller mieux.

Message perso 2: merci à tous pour vos messages dimanche et après.

Avis perso: quelqu’un qui vous met un chaton tout ébouriffé dans la main, en sachant que vous êtes faible émotionnellement parlant en ce moment, on est bien d’accord que c’est pour s’en débarrasser absolument et vous le refiler, non? Et qu’on n’a pas le choix, on se retrouve à adopter cette pauvre bestiole, même si on a le coeur en miettes en pensant à Chaussette? 

Divers: on a donc une nouvelle arrivée, une petite chatte de 6 semaines et pas 8 contrairement à ce que nous a soutenu sa « human mummy » comme elle se définissait. Je maintiens qu’on s’est fait arnaquer. On ne voulait pas d’autre chat aussitôt après Chaussette mais comment ne pas recueillir cette pauvre petite bête…Je n’ai aucune confiance dans sa « human mummy ». Comme a dit PrincesseDiva, Chaussette était le meilleur chat du monde, on ne l’oubliera jamais et on l’aimera toujours, aucun chat ne prendra sa place, mais ce n’est pas la faute de Penelope (j’ai du mal…en plus,  je ne sais pas si on doit le prononcer à la française ou à l’anglaise). C’est vrai que Penelope est adorable, et pas finie du tout la pauvre. On a réussi à la faire manger, ça va elle a bien compris ça. On lui a montré sa litière. Elle l’a mangée aussi. Là, elle dort sur mon épaule. 

Loulous: Glandeur L’Ado va enfin commencer l’université, lundi, et donc, il va pouvoir prendre le train le matin avec son père, il est ravi. C’est là qu’il regrette d’habiter aussi près de Londres. On est évidemment des parents ignobles qui font exprès d’habituer à côté de la gare pour lui gâcher la vie. Et on est bien sûr qu’un abonnement tarif réduit pour le train,  c’est moins cher qu’une chambre d’étudiant à Londres? Ahaha. GeekAdo et PrincesseDiva ont toujours des problèmes de cohabitation, en plus PrincesseDiva chante, je veux dire en public, elle s’est inscrite dans la troupe du collège pour se produire devant des gens. Même des copains de GeekAdo qui ne comprend pas ce besoin qu’elle a de se faire remarquer. Si au moins elle prenait un pseudo…PrincesseDiva et PrincesseChipie ont beaucoup pleuré Chaussette. On a fait des dessins et des poèmes, je leur ai dit de penser à tous les bons moments qu’on a eu avec Chaussette…mais elles sont ravies du chaton. Wizzboy aussi, même si il a décidé que Penelope est en fait un lapin. Enfin tu vois bien que c’est un kitten, un  bébé chat. Nooooon, Penope, rabbit, rabbit funny. Bon. Il réclame Chaussette aussi, on lui a dit qu’elle était partie, sans plus. 

Amitié: je crois que je me suis faire une nouvelle copine aujourd’hui…j’en suis très contente. Elle ne m’a pas raconté ses accouchements (pour ceux qui ne comprennent pas, voir le billet de hier) 

Love:  lui qui jurait que plus jamais…il gatouille complètement devant Penelope. 

Courses : bien arrivées. On a pris du lait spécial chaton.

Envie de : cocooning

Sorties: tiens, ça fait longtemps qu’on n’a pas vu de stand up…

Pic: donc voilà…c’est un peu bittersweet de vous mettre une photo de chaton juste après Chaussette. Penelope ne lui ressemble pas du tout, c’est déjà ça. Elle n’est pas noire, la photo rend mal, mais un espece de brun roux  très foncé. Et elle est toute mimi. 

 
12h26

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Thursday Thunder: maternity veterans 

Maintenant que WizzBoy va a la preschool 4 matinées par semaine, je parle beaucoup avec les autres mamans, enfin j’assiste à leurs discussions. On se croisait bien l’année dernière, mais comme on ne savait pas trop qui étaient chez les petits et qui chez les grands, les conversations s’arrêtaient à des considérations sur la météo. Ça m’allait très bien. Maintenant, on sait. Les petits n’ont pas encore commencé. Donc, les mamans avec qui on attend devant la porte de la preschool, on va se les coltiner pendant 7 ans de primaire aussi. Il n’y a qu’une classe par niveau, c’est un village, nos enfants vont faire leur scolarité ensemble. On va se revoir tous les jours comme ça pendant une éternité. Youpidoo. Du coup, on essaie d’être sociable. Enfin, j’essaie d’être sociable, les autres y arrivent. Elles sont donc passées à des sujets de conversation un chouïa plus intimes que les évolutions pluviométriques locales. Et vous allez voir, ça me contrarie  vivement (je sens que je ne vais pas me faire que des copines sur ce coup là…).En toute logique, ces mamans qui se connaissent à peine plus que de vue se racontent leurs accouchements en attendant que les résultats de la chose sortent de la preschool. Et elles y vont des moindres détails sanguinolents. Rhaaa, mais pourquoi? Est-ce que c’est normal d’aller étaler ses histoires d’épisiotomie comme ça  sur la place publique (enfin, en l’occurrence c’est devant le cimetière. C’est pas mieux)? Sous prétexte qu’on a pondu, on perd tout sens de l’intimité? 


Source 

Ça m’horripile, mais ce n’est malheureusement pas la première fois que je me retrouve coincée au milieu de ce genre de discussions gores à vomir. J’ai remarqué que ça ne rate jamais dès qu’on met plus de deux mères ensembles, même si elles ne se connaissent absolument pas. Surtout si elles ne se connaissent absolument pas.  Je ne sais pas si c’est pareil ailleurs, mais avec les anglaises, on n’y échappe rarement. Des femmes qui ont l’air normal se lancent tout à coup dans un récit extrêmement détaillé de leur accouchement dès qu’elle se rendent compte que vous avez aussi un gosse. C’est gentil merci, mais maman, c’est pas une confrérie non plus. Vous pouvez garder vos histoires pour vous, si c’est un rite d’initiation, c’est bon je passe mon tour. On va dire que je suis dispensée, avoir 5 enfants devrait suffir à me qualifier de mère, pas besoin de détailler. En plus elles éprouvent le besoin de faire des comparaisons, avec descriptions précises des opérations. C’est  carrément glauque. L’Exorciste à côté, c’est du pipi de chat. Évidemment on me demande comment ça c’est passé pour WizzBoy. Ben c’était une césarienne. Avec complications? Euh non….il faudrait? Ahaha. Je passe donc pour une mauviette. Visiblement, il y a un classement des accouchements. Il y a les bons accouchements qui déchirent tout (ce n’est pas une image) et les mauvais accouchements pour chochottes…c’est fou, moi qui croyais que le but c’était d’avoir un bébé à la fin, je n’avais pas compris que c’était en fait un sport de compétition. Et on gagne une médaille à parti de combien de points de suture alors? 

Sérieusement, je l’ai déjà dit, mais il n’y a rien de plus banal que de faire un gamin, sinon, l’espèce humaine aurait disparu depuis longtemps. Il faut arrêter de se prendre pour une sainte martyre parce qu’on a accouché. Et surtout, il faut arrêter de m’en parler. Est-ce que je vous raconte mon opération de l’appendicite, moi? Non, ben c’est la même logique. Pourquoi des mamans, qui peuvent être polies et réservées en individuel se prennent soudain pour des vétérans du Vietnam dès qu’elles sont en groupe et se mettent à étaler leurs souvenirs  de guerre les aventures de leur placenta? Qu’est-ce qui peut bien vous faire croire  que je m’intéresse à l’état de votre utérus alors que je ne sais même pas comment vous vous appelez? Je sais bien que c’est justement parce qu’on ne se connait pas que vous vous raccrochez à la seule chose qu’on a visiblement en commun, c’est à dire avoir fait un gamin, mais c’est bon, on peut parler des bricolages radieux qu’ils ont ramenés mardi par exemple. Ou ne pas parler du tout plutôt que d’étaler vos abats comme ça dans la conversation. Je vois bien que vous avez un enfant, pas la peine de me raconter l’historique de sa sortie, sinon mon café va faire pareil. Être maman, ce n’est pas uniquement avoir un utérus en état de marche, ça n’empêche pas d’avoir aussi un cerveau et de s’en servir. On peut très bien parler de physique quantique ou de la situation géopolitique en attendant que nos gamins sortent (de la preschool je veux dire…). A la limite, je suis même prête à émettre une opinion sur la coiffure de Kate Middleton si ça peut m’éviter un récit de votre hémorragie post natale. Encore une fois, on ne se connait pas! Parce que là, j’ai effectivement  l’impression d’être carrément pote avec vos ovaires mais je ne sais toujours pas comment vous vous appellez. Je suis sûre qu’en cherchant bien,  vous avez autre chose de captivant à raconter. Les mères sont des gens comme les autres,  elles ont une vie aussi. Je ne sais pas moi, vous avez un boulot, un hobby (à part donner naissance à des gamins)? Si vous tenez absolument à discuter avec moi, on pourrait commencer par là, on verra plus tard, si effectivement on devient amies pour le récit grandiose de votre accouchement!

Bref je ne participe pas. Je n’ai pas du tout envie de parler de la naissance de mes enfants à des inconnues, encore moins de leur donner des détails sur comment j’ai accouché. J’en ai un peu parlé ici, mais c’était pour expliquer comment ça se passe en Angleterre, c’était plus administratif qu’anatomique. Je ne dois pas être normale… En tout cas, je suis au minimum asociale et je me suis déjà grillée auprès des mamans des futurs camarades de classe de WizzBoy. Je le vis bien.

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London Fashion week 

Bon, j’avais prévenu hier, j’ai envie de trucs idiots…j’ai donc appris par hasard que c’était la London Fashion week. Pour dire à quel point ça m’intéresse, je ne sais pas si la chose commence ou se termine. De toute façon, d’après PrincesseDiva je suis habillée n’importe comment, parfois même avec des collants verts, c’est dire. Aucun sens de la mode. Heureusement pour moi, je suis abonnée au Times et justement cette institution du sérieux journalistique se charge de me dire ce qu’il faut retenir de ce grand événement mondain et modesque. Comme quoi, les institutions, c’est surfait. Enfin bon, leur journaliste m’annonce comme ça, sans ménagement qu’elle sait ce que je vais porter (si si, elle s’adresse à personnellement à chacun des lecteurs, c’est marqué dans l’article. Je ne mets pas le lien parce qu’il faut être abonné pour le voir… Ça me fait penser, j’ai payé combien déjà, pour cet abonnement essentiel? ). Elle n’hésite pas à me dire quelles tendances de la London Fashion Week je vais reproduire dans ma garde robe au printemps prochain. Je ne veux pas briser ses illusions mais ça m’étonnerait fort, rien que sa formulation de la chose me donne envie de mordre. Et mon dernier achat, ce sont des bottines victoriennes noires à boutons en velour rouge. J’en suis très contente mais ce n’est pas franchement Fashion forward. 


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Alors donc, d’après la pythie modesque du Times, au printemps prochain, je porterai des paillettes. Je ne suis pas complètement contre, mais je n’ai pas trois ans, le côté déguisement de cosmonaute en papier alu fabriqué à la va vite par une mère débordée et très peu manuelle, à dix minute de la fête de l’école sur un gamin qui se roule par terre, j’ai déjà donné. Dans le rôle de la mère donc. Je n’ai pas du tout envie de me déguiser en papillote brillante, ça fait poulet rôti emballé pour un pique-nique son truc. Surtout que la journaliste prétend que j’assortirai cette horreur  réfléchissante (ça veut dire qui renvoie la lumière, ce n’est pas une allusion aux capacités intellectuelles de ceux qui portent ce genre de chose infâme) à des boucles d’oreille énormes et flashy.  Alors là, je ris. J’ai grandi dans les eighties, chère journaliste du Times, niveau chandelier en plastique fluo aux oreilles, vous n’allez rien m’apprendre! Je maîtrise. C’est d’ailleurs pour ça que j’évite aussi depuis à peu près 30 ans, et je m’en porte très bien.  Je ne pense pas que ça change d’ici 6 mois. 

On enchaine avec les imprimés, tous fluos certes, mais aussi psychédéliques, avec des spirales, des rayures, des tâches bizarres mi léopard daltonien mi gyrophare asthmatique. C’est un style. Ou une conspiration des ophtalmos, je ne sais pas trop. Ben désolée, chère journaliste Fashion, mais ça ne me plait pa non plus, pas la peine d’affirmer que je porterai ça au printemps ça ne risque pas, ça me donne des nausées. C’est le côté zèbre orange à camouflage pailleté, ça contrarie ma digestion…C’est comme les trucs transparents, je ne pense pas les adopter non plus. Déjà, elle a bu quoi, cette brave femme pour nous sortir sans rire qu’on voudra toutes se promener  en sous-vêtements (pailletés et léopard) avec un léger voile par-dessus au printemps prochain…En Angleterre? Quand il fait 12 et qu’il tombe des trombes d’eau?  Non mais ça va pas, c’est quoi cette dangereuse réchauffée? Ou alors, elle veut vraiment aider les salles d’attente des médecins à se remplir. Le déficit du NHS, c’est à cause d’elle! Petite inconsciente. De toute façon, sans vouloir remettre en cause le moins  du monde son sérieux journalistique, cette oracle de la mode printanière en met pour tous les goûts, c’est sûr que comme ça, elle ne peut pas se tromper. Parce qu’elle nous annonce  aussi une mode spéciale pour les gothiques hilares et und pour les poshs (style SuperMums a peu près) rebelles, si. On ratisse large à la London Fashion week, il y en a vraiment pour tout le monde, j’aurais dû y faire attention avant. Ou pas. Bof.

Je dois me faire une raison,  je suis totalement obtuse et fermée aux choses de la mode, PrincesseDiva a raison. Il faut se rendre à l’évidence la London Fashion Week m’indiffère totalement, alors qu’une malheureuse journaliste essaie pourtant de me faire comprendre à quel point c’est essentiel…il va falloir que j’arrête de cliquer sur la section lifestyle du Times aussi, ça me déprime. Je vais plutôt aller admirer mes nouvelles bottines. 

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Should I blog about it?

Dimanche en fin d’après midi, comme  une évidence, j’ai posté quelques lignes pour parler de Chaussette. Depuis je me demande pourquoi. Quand j’ai commencé ce blog il y a plus de trois ans, j’étais bien décidée à ne pas parler de mes enfants ni de Marichéri, rien de personnel juste la vie en Angleterre en général. Ahahah, ben oui sauf que c’est ma vie en Angleterre déjà, et surtout quel intérêt? C’était à mourir d’ennui. D’ailleurs je postais péniblement deux ou trois billets par semaine alors que maintenant, je n’arrive plus à m’arrêter. Une junkie du clavier. J’ai pris l’habitude de me répandre quotidiennement sur tout et n’importe quoi, sans aucune espèce de logique, selon mon humour. Question angoissante, il se passe quoi si je ne poste rien aujourdhui? Après tout, il m’arrive parfois de faire des rééditions…oui, mais je réécris  toujours les vieux billets que je ressors  parce que j’ai encore plus à dire sur le sujet. Mon petit cerveau risque d’exploser avec toutes les imbecilités qui s’y bousculent si je ne le laisse pas s’épancher ici tous les jours? 


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C’est devenu une habitude, un moment à moi, tous les jours dont je ne peux plus me passer. Quand je gribouille par clavier interposé, c’est d’abord pour moi, pour me défouler, parce que quelque chose me fait rire, m’énerve ou m’émeut, comme dimanche et que ça va mieux en l’écrivant. Je ne pense pas du tout que ça peut être lu. Sinon, je n’y arriverais jamais, ça me paralyserait complètement. Par contre au moment de cliquer sur « post », ça devient plus difficile. Un exemple au hasard, ce billet…je n’en suis qu’au début mais je sens que ce n’est pas gagné, parce que j’ai horreur du psychobabble (sorte de charabia pseudo pschychologique, je ne sais pas si il y a un terme en Français) et de tout ce qui est gnangnan, alors arrivée au bout, est-ce que ce que je ne vais pas décider de le laisser dans mes bouillons? Ça n’a pas l’air comme ça,  mais j’ai des tas et des tas de billets en brouillon. De choses souvent très personnelles que j’ai eu envie d’écrire et que je n’ai pas osé poster. Vous allez me dire ça sert à quoi alors? Et bien, vu que je me tape moi-même sur les nerfs, ça me permet de me secouer. Quand j’ai commencé ce billet, j’étais toute larmoyante, et là, je reprends mes envies de dire des bêtises parce que ça va bien comme ça, un peu d’énergie! Bref un blog, c’est moins cher et plus fun qu’une thérapie.

Alors est-ce que je me raconte trop ici? Est-ce que  j’y mets trop de ma vie? Je ne sais pas. Je suis mes envies. Certains jours je préfère me moquer des Royals, faire des top 10 sur les desserts anglais ou m’énerver sur l’actualité et d’autres fois, j’ai besoin de pleurer mon chat. Mais je ne vous raconte pas tout, loin de là. Mes copines ‘in real Life’ hurlent de rire  à lire les aventure de L’Ado par exemple parce que je n’en mets pas le dixième, et qu’elles ont accès à la version entière. Je raconte des petits riens de notre quotidien, mais pas notre vie complète non plus! Maintenant, si c’est pour mon plaisir personnel d’abord, pourquoi ne pas tenir un journal? Pourquoi poster tout ça? Parce que c’est quand même rare qu’un journal réponde et qu’on se fasse des amies grâce à lui. Alors qu’avec le blog, j’ai fait des rencontres formidables! Bien sûr, n’importe qui peut atterrir ici par hasard en cherchant « comment faire du jello étage », « notre chèvre sort de la bouche » ou encore « acheter beurre cognac pour pudding » (c’est absolument authentique et juste pour cette semaine. Et encore, je vous épargne les recherches Google les plus glauques). Je sais bien qu’en postant mes petites histoires je les mets à la merci de n’importe qui, mais soyons sérieux ça n’est pas si intéressant que ça. On ne peut pas dire que mes billets tombent sous les yeux de grand monde non plus à part justement mes copines, des fidèles qui sont là parce qu’ils en ont envie et qui ont toute ma gratitude ou des lecteurs de passage qui sont très sympathiques aussi d’être venus (Et donc quelques pervers, mais  j’espère bien qu’eux, ils ne font vraiment que passer!). Je poste tout ça parce que j’aime bien discuter avec vous, même si c’est par écran interposé, voilà. 

Dimanche, j’ai évacué un peu de peine en mettant des mots dessus. Et je n’ai pas laissé mon petit billet dans les brouillons parce que je voulais prévenir mes copines et m’excuser aussi de ne pas faire d’ABC,  même si je sais bien que personne n’attend après. Bon cela dit, ils font quoi de comique les Royals en ce moment? Parce qu’il va falloir que je raconte des bêtises demain, ça devient vraiment trop psychobabble ici, je ne my reconnais plus!

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