Friday Feelings #198

Happy birthday to youu, haaappy birthdayyy to you, our mooove! Bon d’accord, ça fait bizarre. Mais ça y est, c’est officiel, on vit en France depuis un an. Pourtant j’écris encore presque tous mes titres en anglais et je ne pense pas changer. J’ai bien essayé de mettre les états d’esprit (de Zenopia et Postman) en titre, mais je ne m’y habitue pas.

Fatigue: pas vraiment, enfin pas plus que d’habitude. Et j’espère que la neige annoncée nous permettra d’hiberner un jour ou deux.

Humeur: maussade mais pas trop non plus.

Condition physique: gelée et ébouriffée, c’est à dire que le vent sibérien fait voler mes bouclettes qui gèlent ensuite directement en mode droit sur le crâne, ou presque. On dirait que je me balade avec un hérisson givré sur la tête.

Estomac: je suis obligée de me protéger du froid, non?

Esprit: aussi emberlificoté que ma coiffure

Boulot: journée productive hier, réunion aujourd’hui…rhaa, voilà que je parle à des gens! Sinon, niveau travaux, j’essaie de convaincre Marichéri pour la peinture du bureau. Je penche pour une espèce de vert amende douce, il n’est pas convaincu. C’est la faute des fabricants de peinture, à toujours donner des noms idiots à leurs couleurs…

Culture: j’ai passé ses derniers jours suspendue aux débats parlementaires britanniques, ça n’aide pas. Cela dit, c’est très culturel aussi, avec tout un décorum désuet. Par exemple, on compte les noes et les ayes à chaque vote, le speaker (le président de l’assemblée) crie « order, order » pour réclamer le silence, on s’adresse à ses adversaires politiques qu’on ne peut pas supporter en disant « the honorable gentleman », on se parle face à face, mais en respectant la distance réglementaire de deux longueurs d’épée…

Avis perso: finalement, toutes mes comparaisons animalières ne marchent pas pour Theresa May. Sa façon de s’accrocher désespérément à son poste, quelques soient les conséquences catastrophiques pour le pays, est plutôt végétale. Zaza, c’est le lierre venimeux du brexit, le lichen teigneux du brexit, la glycine urticante du brexit…

Message perso: à tous les frexiters acharnés, sérieusement just f*ck off. Et je suis polie, j’ai mis une jolie petite étoile à fuck.

Loulous: L’Ado bûche, passe des partiels, bûche, passe des partiels…il n’a même plus le temps de faire du tourisme! Et il se prépare déjà pour Madrid, la grande question étant bien sûr de décider si il supportera le réal ou l’atletico (les deux équipes de Madrid, je précise pour ceux qui ne suivent pas le foot). C’est bien d’avoir le sens des priorités comme ça. GeekAdo commence à stresser pour le bac blanc de français, ça nous donne un léger aperçu de ce qu’on va subir en juin. Cet enfant est pénible à s’angoisser comme ça, on dirait sa mère. KnightyDiva a entrepris d’apprendre à parler chat pour communiquer avec Capucine. C’est pas gagné, elles ne font rien qu’à se disputer. PrincesseChipie est toute triste, ses bottines à paillettes ont rendu l’âme. Elle en teste de nouvelles, roses à moumoute, mais elle trouve ça terne. WizzBoy se passionne pour les châteaux forts cette semaine, il connaît tout: les douvres pour noyer les zennemis, les môôrtrières pour tirer des flèches sur ces imbéciles de zennemis, les tréteaux en haut des cremparts pour voir arriver les méchants de zennemis…il fait aussi très bien la corne de brume glapissante quand on essaie de le corriger. Mon chéri, on dit les créneaux des remparts….nooooooon, ze saiiiiiis, c’est des cremparts! Bon.

Amitié: nos Skypes du mercredi me manquent…

Divers: je me demande si ça ne mérite pas un gâteau voire même deux (un cake anglais et une pâtisserie française, pour la symbolique bien sûr), cet anniversaire de déménagement…

Love: il espère que la neige arrivera plus tôt que prévue, de préférence dans la nuit de dimanche à lundi…

Penser à: arrêter de penser un peu

Course: on a passé un temps fou au marché, dans le froid polaire ce matin. Tous les commerçants nous ont soudainement posé des questions sur le brexit, ça les inquiète. Y aura-t-il toujours des touristes anglais dépensiers cet été?

Envie de: rester au chaud.

Sortie: voir au dessus.

Pic: voila…Marichéri se fiche de moi dès qu’il me voit tricoter, il n’en peut plus de rire. Puisque c’est ça, je garderai mon plaid pour moi et il aura froid, na!

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Il y a un an: goodbye Britain

Il y a un an, on quittait brexitland. Je reposte aujourd’hui le billet écrit à l’époque. Il a vécu sa vie sans moi, je n’avais pas de connexion internet ni le temps de regarder sur mon téléphone. On était en plein déménagement entre la France et l’Angleterre, on allait débarquer dans une maison charmante, mais à rénover entièrement (pour ne pas dire une ruine…). Ce billet est le plus vu depuis la création du blog. Des mois après, j’ai continué à le retrouver partager n’importe où, parfois tronqué, parfois avec des ajouts pas toujours sympathiques, parfois traduit. Il suscite encore aujourd’hui des commentaires hargneux que je ne laisse toujours pas passer. De sombres partisans du frexit ont mis la main dessus je ne sais où et ils le considèrent apparemment comme une attaque personnelle.

Un an plus tard, la situation en Brexitland a un peu évolué, il y a eu un réveil d’une partie de la population qui réclame un deuxième référendum. Mais la majorité reste silencieuse. Le sort des européens n’est toujours pas réglé, et la pagaille politique actuelle ne fait rien pour les rassurer. Le settle status va permettre de les ficher, juste eux, de leur attribuer un numéro, juste pour eux (ni pour les britanniques ni pour les autres immigrés), de raboter leurs droits et de les renvoyer si leur demande est refusée. A deux mois et demi de la date butoir du 29 mars, on ne sait toujours pas ce qui va se passer en Brexitland. Un an plus tard, si c’était à refaire, nous prendrions la même décision, même si ce n’est pas facile tous les jours, même si notre nouvelle vie est un vrai bouleversement, même si la situation en France nous inquiète parfois, même si on ne se sent pas exactement chez nous (ou pas encore, peut-être). Même si l’Angleterre nous manque terriblement. Cette Angleterre qu’on regrette n’existe plus, elle a disparu avec le brexit. Et Brexitland ne nous manque absolument pas, au contraire.

Il y a un an…

Les déménageurs ont refermé le camion. On a claqué une dernière fois la porte de cette maison qui devait être notre for ever home, notre foyer pour la vie. On l’avait choisie après de longues recherches, on l’a agrandie, redécorée entièrement. On l’adorait, c’était la première fois de notre vie de nomades qu’on se sentait chez nous, posés, sans l’envie d’aller voir ailleurs. En fait, on se sentait chez nous en Angleterre toute entière, plus que n’importe où. Et puis le brexit est arrivé.

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Je l’ai déjà dit, le brexit n’a pas été un vote contre l’Europe, mais contre les européens, ça a ouvert les vannes à une xénophobie de tous les instants qu’on a pris comme une gifle. Les amis de 10 ans qui nous tournent le dos, les discours haineux des populistes du gouvernement, les vexations administratives, les insultes d’inconnus dans la rue, et l’usure systématique de nos droits, notre déshumanisation par une première ministre qui nous traite de bargaining chip, de monnaie d’échange et non plus d’êtres humains. Ça fait très mal. L’avenir de nos enfants qui s’assombrit, parce que leurs parents ont eu l’audace de naître ailleurs, les portes qui se ferment, le racisme qui flambe, l’ostracisme, la politique d’apartheid insidieuse du gouvernement, le pays qui s’enfonce, les nerfs qui craquent, l’angoisse qui s’installe jusqu’aux crises de panique à l’idée de simplement passer la porte de chez soi. Et rien. Pas une main qui se tend, pas une seule personne qui se lève pour dire que ça ne peut pas durer comme ça. Enfin si, nous, les européens qui nous battons encore pour défendre nos droit certes, mais aussi une certaine idée de l’Angleterre. Une idée qui jour après jour, discrimination après discrimination disparaît, dans l’indifférence totale de la population.

Mon Angleterre était belle, drôle, accueillante, ouverte, cosmopolite, tolérante, réfléchie, pragmatique, juste, généreuse, polie, irrévérencieuse, excentrique…je lui faisais totalement confiance. Pas un seul instant je n’aurais imaginé qu’elle sombrerait aussi bas et aussi vite. Mon pays merveilleux s’est transformé en bouge infâme où celui qui crie le plus fort l’emporte, un pays où règnent les bullies, les harceleurs xenophobes. Le bon sens a disparu au profit des pires idéologies, la haine a remplacé l’accueil, la lâcheté a pris la place de l’ironie. Mon Angleterre rêvée n’a peut être finalement jamais existé. Pas plus que ces amitiés qui se sont évaporées du jour au lendemain. Pas plus que cet esprit anglais que je trouvais si libre et qui n’était qu’une illusion. Le décor est tombé et ce n’est pas beau à voir. Le racisme, l’obscurantisme, le colonialisme moisi, la lâcheté, un mépris total pour l’autre, l’inculture, un sentiment de supériorité sur la terre entière, la bêtise crasse…et pourtant, ça fait encore mal. Pas facile de faire le deuil de mes illusions anglaises perdues. Alors on part, pour nos enfants, leur avenir, pour fuir brexitland, parce qu’il n’y a plus rien pour nous dans ce pays qui nous pousse dehors.

Les déménageurs de Simpson International seront demain devant notre nouvelle maison en France. Avant de partir de notre ancien foyer anglais, ils n’ont pas pu retenir une dernière réflexion désagréable, une blague plus que limite sur les français. Ils en ont fait beaucoup hier en pensant qu’on ne les entendait pas, ou peut être qu’on ne les comprenait pas, même si on leur parle en anglais…vu le niveau d’intelligence de ces gens, c’est possible. Je deviens aussi méchante qu’eux, il est temps de partir. Merci chers connards avec vos réflexions de m’aider à ne pas pleurer. Merci de me rappeler pourquoi on s’en va. Sans hésiter.

Goodbye Brexitland.

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Le tricot

Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais je suis d’un naturel un tantinet stressé. On pourrait presque dire que j’angoisse facilement…alors entre le brexit et ses conséquences pour notre famille, le déménagement et changement de vie, les travaux, l’actualité des 2 cotés de la Manche et même les pérégrinations de L’Ado, je m’éclate. Youpidoo. Je me suis dit qu’il fallait que je me détende un peu. Rapidement.

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Ce n’est pas gagné, rien que l’idée de devoir me détendre, ça me stresse. C’est une pression énorme! J’ai essayé les coloriages. J’aime bien. Mais ça ne me détend pas plus que ça. Vous allez me dire, ça ne me stresse pas non plus, c’est déjà ça. La méditation me provoque des crises d’angoisse. Le yoga, le sport et autres méthodes recommandées souvent, me mettent dans un état de nerfs pas possible. Les massages me rappellent les heures et les heures passées jusqu’à mes 18 ans, chez le kiné et mon corset de grande scolioseuse. Je suis allergique à l’encens et aux bougies, ça m’empêche littéralement de respirer. Je suis infichue de me promener dans la nature sans que ça tourne à une activité constructive et forcément stressante: j’ai besoin d’un but, donc je décide de ramasser des branchages ou des galets pour un bricolage quelconque, et est-ce que j’en ai pris assez? De la bonne taille? Est-ce que je vais y arriver? Est-ce que ce n’est pas une idée idiote? Et si je jetais tout et trouvais autre chose? Est-ce que je n’ai pas eu tort de tout jeter? Et si je revenais sur mes pas pour tout ramasser? Et si je ne les retrouve pas (on parle toujours de bouts de bois ou de cailloux, pas de pépites d’or)…..rhaaa! Bref, j’ai du mal à me relaxer. C’est bien simple, rien que d’écrire le mot relaxation, je commence à sentir le stress monté. Je m’épuise moi-même.

Mais je suis aussi profondément têtue persévérante. Je ne renonce pas. J’ai eu une illumination dernièrement en lisant je ne sais plus où, que le tricot, c’est le nouveau yoga. Ah ben voilà, moi qui aime bien les activités manuelles (pour lesquelles je me mets une pression pas possible), c’est parfait. Alors certes, la seule et unique fois où j’ai tenté de tricoter suite au harcèlement conseil de ma grand mère, j’avais 8 ans et je n’ai réussi à faire que des trous. Ça m’a stressé d’ailleurs. Mais on ne sait jamais, ça se tente. J’en ai parlé à Marichéri, qui a hurlé de rire. Il m’a traité de bobonne. J’ai répondu en l’appelant par le diminutif niais de son prénom. On a bien ri. Ça m’a un peu détendu, du coup je me suis lancée. J’ai acheté un kit de tricot XXL. J’ai mis trois jours à comprendre. J’ai failli m’éborgner plusieurs fois avec les aiguilles géantes. A force de me faire des noeuds avec la pelote géante, je me suis pratiquement ligotée toute seule. J’ai bouffé des tonnes de peluches de laine. J’ai piqué des crises et tout défait au moins trois fois. Je me suis énervée, j’ai pesté, j’ai désespéré…finalement, c’est vrai que le tricot, c’est le nouveau yoga. En tout cas, ça me stresse tout autant.

J’ai fini par comprendre et arrêter de me planter les énormes aiguilles en bois dans la cuisse, par mégarde. Je continue. Ça ne m’énerve plus, je maîtrise presque…du coup, ça devient machinal. Et donc, mon petit cerveau n’a plus besoin de se concentrer sur le tricot et peut pédaler à fond: le brexit, l’actualité, les travaux, les devoirs des enfants, mon prochain cours qui n’est pas prêt (oui, parce qu’en plus de stresser pour rien, je procrastine pour tout, une vraie tête à claque). Mais au moins, je vais pouvoir angoisser au chaud, j’ai commencé un plaid. Est-ce que je vais y arriver, est-ce que la couleur est la bonne? est-ce que ce n’est pas une idée stupide? Et si…rhaaa, encore raté!

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Au bord du gouffre…

Ce soir, le parlement britannique se prononce sur l’accord négocié par Zaza, la mygale molle du brexit. Si tout se passe comme l’annoncent les derniers sondages, l’accord sera rejeté. Les brexiters de la majorité gouvernementale n’en veulent pas. Les modérés tories pro Europe n’en veulent pas non plus. L’opposition fait son boulot pour une fois, et s’y oppose farouchement. Les fascistes hystériques unionistes nord irlandais qui font partie de la coalition parlementaire qui maintient tant bien que mal Zaza au pouvoir (la perruche acidifiée du brexit…j’en ai plein, je m’amuse d’un rien) sont résolument contre. En fait, Zaza (le mérou vinaigré du brexit), a réussi le miracle de mettre tout ce petit monde d’accord. Seulement, c’est bien gentil de voter contre l’accord, qui est effectivement calamiteux, mais après? On fait quoi? Et bien personne ne sait. Le parlement a déjà décidé que Zaza (la girafe constipée du brexit…je vous avais prévenus!) aura 48 h pour proposer autre chose en cas de vote négatif. Mais proposer quoi? L’accord de Zaza est catastrophique, mais pour l’instant en tout cas, personne ne sait ce que son rejet va entraîner.

Bruxelles a dit et répété qu’il n’y aura pas de renégociation. Il faut les comprendre, ça fait deux ans qu’ils se tapent des discussions absurdes et dénuées de sens avec des ministres britanniques au mieux alcooliques ou pire totalement obtus voire les deux même temps ( je pense au petit David Davis qui depuis qu’il a démissionné, explique à qui veut l’entendre comment il aurait fallu négocier…), ils en ont marre. C’est cet accord ou rien. Rien? C’est à dire soit Londres annule purement et simplement le brexit, soit quitte l’Europe brutalement, sans aucun accord le 29 mars prochain avec tous les problèmes que cela comporte (comme par exemple un petit rien, une légère incertitude sur l’approvisionnement alimentaire… c’est ballot quand même). Ou alors on fait un deuxième référendum? Après tout, il est prouvé aujourd’hui que Vote Leave (les brexiters) a fraudé et allègrement piétiné la loi électorale. Bruxelles qui a pitié, est prêt à donner quelques mois de répit aux britanniques pour qu’ils aient le temps d’organiser ce deuxième référendum. Mais comment? Y a-t-il seulement une majorité parlementaire pour le décider? Et poser quelle question? Pour ou contre l’accord, ça nous ramène au même point, mais en ayant perdu du temps. Ou un remake du précédent référendum, pour ou contre quitter l’union européenne? Le chef de l’opposition n’en veut pas. Et est-ce qu’un deuxième référendum ne risque pas d’être pire que le premier? Les députés sont totalement divisés sur la question. Et pendant ce temps, l’horloge tourne.

Pendant ce temps, l’extrême droite, les neo nazis et autre white supremacists prennent leurs aises dans les médias, sur les RS et même sur la voie publique où ils agressent jusqu’aux parlementaires qui ne sont pas d’accord avec eux. Pendant ce temps, les européens en UK se désespèrent. Le 21 janvier, ils vont devoir commencer à payer pour demander le droit de rester (d’après les tests sur une population salariée et qui rentre parfaitement dans les cases du home office, c’est à dire des employés du système de santé et des universités, il y a 20% de rejet, ça promet pour l’ensemble des EU citizens…). Mais si il n’y a pas de brexit? Si il y a un deuxième référendum? Si il y a un no deal brutal le 29 mars? Le settle status qu’on leur impose aujourd’hui vaudra quoi demain? Pendant ce temps, des ministres sont pris en photo avec des dossiers sous le bras intitulés « no food ». Pendant ce temps, on apprend que le fichage des enfants dans les écoles, loin d’être suspendu, est devenu obligatoire et que les données collectées sont transmises aux services de l’immigration. Pendant ce temps, on découvre que les bailleurs refusent les européens parce que personne, absolument personne ne sait quel sera leur statut légal d’ici 2 mois et demi. Pendant ce temps, personne ne peut rassurer les gens atteints de maladies chroniques qui ne savent toujours pas si leurs médicaments seront encore disponibles après le 29 mars. Pendant ce temps, Airbus, Nissan, Unilever, Panasonic, JP Morgan et bien d’autres préparent leurs valises, laissant les britanniques s’enfoncer dans leur bourbier…tout va bien en Brexitland.

Plus le temps passe, plus on se dit que la seule solution est de tout annuler, de stopper définitivement ce brexit suicidaire. C’est pourtant clair, le brexit même avec l’accord lamentable négocié par Zaza ( la sangsue permanentée du brexit), est une catastrophe pour le Royaume-Uni qui n’a jamais été aussi désuni. Même les élections générales anticipées voulues par le chef du labour ne garantissent rien. Un nouveau gouvernement fera toujours face aux mêmes dilemmes. Et pendant ce temps, pendant que les politiques se déchirent, que le peuple s’en fout ou se radicalise, on se rapproche dangereusement du 29 mars…

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Sunday Monday 2019 #2

On est toujours en blanc pour le rendez-vous de Bernie et j’ai choisi de continuer le thème commencer la semaine dernière, grâce à Marichéri. On reste donc à Washington, en blanc avec un président qui doit faire de la haute voltige dans sa tombe en regardant son dernier successeur. J’aime bien aussi la touriste sur la gauche, qui prend une photo en tournant le dos à la statue. C’est sûr que ça fait un souvenir plus original…

Bonne semaine à tous!

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La phrase de la semaine #19

Cette semaine, on a même deux phrases! C’est une bribe de conversation entendue à la boulangerie entre deux dames ronchonnant sous leur bonnet. Ça n’a l’air rien, on entend ce genre de réflexions à longueur de journée. Mais cette fois, la banalité même de l’échange et l’exaspération météorologique palpable qui en émanait, m’ont marquée. Jamais je n’ai entendu en Angleterre:

Pourtant, parler de la météo est pratiquement le passe temps-favoris des anglais…enfin non, quand on est obligé de faire du small talk, de parler pour ne rien dire sans aborder de sujet qui fâche, on disserte sur le temps qu’il fait. C’est la même chose en France. Mais en Angleterre, on ne se plaint jamais de la météo. Ma petite mamie à l’arrêt de bus (pour ceux qui s’en souviennent) me saluait toujours d’un « nice weather today », même sous des trombes d’eau. Si il pleut, on s’extasie: il fait doux pour la saison. Si il gèle: c’est merveilleux, il ne pleut pas. Dès que les températures dépassent 20 degrés, c’est l’extase nationale, les journaux titrent tous sur le thermomètre en annonçant fièrement qu’il fait plus chaud qu’à Melbourne (où c’est l’hiver, mais on en a pas chipoté), alors qu’en France, on parle de suite de plan canicule et de catastrophe imminente…

Cette petite conversation m’a fait réfléchir (comme quoi…), je ne crois pas me souvenir, depuis un an qu’on est ici, d’avoir entendu quelqu’un faire du small talk en se félicitant de la météo. Je ne dis pas que personne n’est content du temps qu’il fait en France mais que, quand on parle par convenance à de vagues connaissances, il a l’air d’être de bon ton de se plaindre de la météo. Si on a l’air réjoui, on est suspect? Alors qu’en Angleterre, même et surtout en dépit d’un temps exécrable, la politesse exige au contraire qu’on s’extasie sur la clémence imaginaire de la météo. Je suis sûre qu’il y a des tas de conclusions philosophico-culturelles à tirer de cette différence, mais je suis fatiguée. C’est ce temps gris qui me déprime…

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Projet 52: pause sucrée

Le thème choisi par Ma’ m’a de suite convaincu. J’étais o-bli-gée d’aller chez le chocolatier cet après-midi pour faire une photo. Ce n’est pas très original, mais c’est ce qui a ravi nos enfants la première fois qu’on a visité ce qui allait devenir notre future ville, celle où ils vont à l’école et qui est à 10 minutes de notre village. On avait un extraordinaire magasin de bonbons en Angleterre, mais pas de chocolatier comme ça. Il y a bien quelques chaînes anglaises, mais c’est immonde et trop sucré, une insulte au chocolat. Il y a sûrement des artisans chocolatiers à Londres, mais rien dans notre coin perdu…Bref, c’est une nouveauté follement française pour mes petits anglais et ils en sont très contents.

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Friday Feelings #197

On va attaquer directement les états d’esprit de Zenopia et Postman, comme ça sans préambule, sinon je serais encore plus en retard.

Fatigue: finalement, la reprise n’a pas été trop difficile.

Humeur: comme un mois de janvier humide et gris

Condition physique: trempée.

Estomac: ne comprend pas ses collègues: il n’y avait pour ainsi dire personne au marché. D’après le primeur, les gens ne viennent pas quand il fait mauvais. Parce que la pluie et le froid, ça leur coupe l’appétit?

Esprit: très peu motivé.

Boulot: Maricheri a repris, dans la joie et la bonne humeur. Ou pas. J’ai un nouveau projet, de groupe en plus. Enfin, c’est en cours depuis un moment, mais on passe à la vitesse supérieure. Ce que c’est que de vouloir s’intégrer quand même, voilà que je suis repartie dans des trucs associatifs…en plus, c’est extrêmement frustrant, je n’ose pas trop vous en parler, au cas où, pour préserver l’anonymat de mes petits camarades.

Culture: j’ai très bien dormi devant un documentaire sur Madagascar. Ou sur le Venezuela, je ne sais plus…

Avis perso: les fabricants de peinture sont de grands malades qui sniffent leurs produits, je ne vous que ça. Ou des écrivains ratés. C’est quoi ces noms de couleur? On n’y comprend rien! Bref, je commence à chercher des idées pour la suite des opérations de rénovation, objectif: repeindre le bureau et se décider pour la déco de l’entrée.

Message perso: j’espère que la semaine n’a pas été trop fatigante, dis moi quand on leur skyper.

Loulous: L’Ado est bien arrivé, après 23 heures de bus. C’est pratiquement un adulte responsable maintenant. Il est autonome, que dis-je, il est or-ga-ni-sé. Il s’est très bien débrouillé tout seul, il n’a eu aucun problème pour traverser toute la France, changer de bus à Milan avec tous ses bagages, et arriver finalement devant la porte de sa chambre à 6 heures du mat. C’est là qu’il s’est rendu compte qu’il avait oublié ses clés. C’est bien le fils de sa mère, tiens (ça ne m’est jamais arrivé, mais ça aurait pu très facilement). GeekAdo écume les salons étudiants. Il reste coincé sur cette histoire d’école de commerce, je crois bien qu’il va falloir que je m’y fasse. KnightyDiva s’est inscrite en cours d’arts plastiques. C’est très bien, j’encourage vivement, ça nous change agréablement après les cours de chants. C’est beaucoup moins sonore. PrincesseChipie est très contente, son instit a tenu compte de toutes ses suggestions pour le progrès d’anglais de ce trimestre. C’est la gamine qui a tout organisé, y compris les ressources. Non parce que comme ça au moins, c’est plus le bazar. Et c’est tout juste. Charmante enfant. Wizzboy est en plein doute quant à son avenir professionnel. Il voulait être pompier footballeur jusqu’à présent, mais L’Ado lui a fait voir du rugby. Ça l’a charmé, on peut même faire la bagarre et c’est permis! Pas vraiment, ça c’est une mêlée…ouiii, c’est trop mega cool une meuléée! Ze veux faire ça aussi. Bon.

Divers: après la compagnie de ferry sans ferry, le gouvernement britannique qui décidément se spécialise dans les transports, vous propose le faux embouteillage de camions, loués juste pour ça. C’est évidemment pour montrer à l’Union européenne comment on se prépare bien à un no deal brexit…Faut pas chercher, tout va bien en Brexitland.

Amitié: joyeux anniversaire! (Je sais, c’est un deuxième message perso, mais c’est pour une amie, je ne suis pas complètement hors sujet).

Love: il aide (involontairement certes, mais aussi bénévolement ce qui est gentil de sa part) le gouvernement de Zara dans ses préparatifs brexiteux: il a testé hier le tunnel en cas de blocage complet de l’autoroute avant Douvres. Ça lui a beaucoup plu, il est passé juste avant que tout soit coincé, ils étaient trois sur le parking et il a embarqué direct avec 45 minutes d’avance. Par contre, effectivement, ça risque de poser des problèmes d’approvisionnement si les camions ne peuvent plus passer…

Penser à : préparer les vacances de février, ça me motivera

Courses: faites.

Sortie: rien de prévu

Envie de: chaleur et soleil. C’est pas gagné.

Pic: Wizzboy, cet artiste…elle est jolie ta vache, c’est du lait qui sort? Ben non, elle fait pipi!

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Thursday thunder: les bas fonds de l’humanité

C’est un peu grandiloquent comme titre…je veux parler encore une fois des RS, ces déversoirs à insultes, ces décharges à internet ouvert des pires outrances, ces vomis dégoulinants de racisme, de sexisme et d’homophobie, ces réceptacles puants de fascisme, d’anti sémitisme et de haine de l’autre, ces tombeaux de la courtoisie, du débat, de l’échange et du respect…bref, j’en ai marre des trolls.

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J’en ai toujours croisé depuis que j’ai commencé à bloguer, on m’a reproché d’être une traître, une exilée fiscale, une libérale, une communiste (j’en ris encore), une intégriste catho, une illuminati, un dauphin mutant, une étrangère, et j’en passe. Mais ce n’est rien comparé à ceux qui se déchaînent en ce moment. Ce n’est rien comparé à tous ces gentils partisans du frexit qui m’ont trouvé je ne sais comment, ont réussi à comprendre en surchauffant des neurones, que je n’étais pas du même avis qu’eux, et prennent sur eux de me couvrir d’insultes. Ce n’est rien comparé aux menaces de mort que reçoivent presque quotidiennement sur FB certains de mes amis. Ce n’est rien comparé aux appels au viol et au meurtre qui se répandent dans un langage aussi incohérent que fleuri, sur les pages FB de simples internautes que je connais. Ce n’est rien comparé aux tombereaux d’horreurs que reçoivent des gens connus qui ont le malheur de ne pas plaire à tous ces courageux décérébrés derrière leurs écrans.

Devant ces appels à la violence et à l’intolérance de trolls hargneux, ça fait chaud au cœur de voir où sont les priorités d’un de leurs RS préférés. C’est rassurant de savoir que FB n’hésite pas une seconde à censurer une œuvre d’art mais ne trouve rien à redire quand on lui signale des pages et des pages appelant aux pires exactions. C’est gentil de nous avoir prévenus mais ça ne semble pas contrevenir à nos règles. Ah bon? Désigner une catégorie de population en fonction de ses origines, sa religion supposée, sa sexualité ou son boulot comme une cible à abattre, ce n’est pas un problème pour FB? Ça l’est pour la loi pourtant. Ce que tous ces braves connards oublient bien sûr. Puisqu’ils s’auto congratulent en toute impunité sur FB, pourquoi ne pas transposer leurs fantasmes malsains et leurs violences hystériques IRL? Ils ont forcément raison, ils ont des like! Ce n’est même pas la loi du plus fort, ou la loi de celui qui gueule le plus fort, c’est la loi du plus liké. Ou de celui qui se dit le plus liké, parce que bizarrement, on parle très peu de forums de tricot ou de sites de voyages où les échanges restent courtois et qui reçoivent bien plus de trafic que certains sites ouvertement racistes qu’on porte pourtant au pinnacle de la popularité virtuelle alors qu’ils ne représentent qu’eux-même et leurs idées pourries.

Je parle bien sûr des médias traditionnels qui leur déroulent le tapis rouge, les adoubent, les encensent, les glorifient. Les commentaires sur les sites des médias dit d’information sont devenus un dépotoir à connerie. Le racisme, le néo nazisme (d’ailleurs pourquoi on dit « neo nazisme »? il n’y a rien de nouveau dans cette horreur), le négationnisme fleurissent en toute impunité. On leur ouvre même les colonnes des journaux, on leur tend avidement les micros, venez donc déverser votre intolérance, votre violence, votre inhumanité sur nos plateaux télés, vous faites du buzz sur les RS, vous nous ferez bien de l’audience! C’est même double bénéfice pour ces braves journalistes puisqu’après avoir légitimé les discours immondes de tous ces gens, ils peuvent ensuite débattre à n’en plus finir sur la montée des incivilités et de la violence dans la vraie vie. Ah ben ça alors, ma bonne dame, on se demande comment ça a bien pu arriver…c’est pas comme si on l’avait banalisée pourtant. C’est pratique, non? Mais bon sang, puisque vous vous piquez d’un intérêt soudain pour les RS, vous devriez peut-être suivre le célèbre « don’t feed the troll » au lieu de les accueillir à bras ouverts, ces trolls. Ce n’est pas juste une expression de geeks coincés du clavier, c’est du bon sens ( le vrai, pas celui qui sert à cacher les pires populismes). Si on ne prête ne serait-ce qu’une miette d’attention aux trolls en leur répondant, ils ne se sentent plus, ils grandissent, grandissent, et voilà qu’ils finissent pas sortir des RS pour répandre leur bile immonde à coup de courriers anonymes et autres tags sur la voie publique.

Bon voilà, ça ne sert à rien et j’enfonce des portes ouvertes. Mais ça fait du bien de pousser une gueulante, sans menacer personne. Comme quoi, c’est possible…et les RS, ça peut aussi servir à échanger, à s’entraider et à envoyer une énorme pensée, tout mon soutien à une amie qui ose s’y exprimer et qui croule sous les commentaires les plus abjects en ce moment, sans que FB ne trouve à y redire. Ça sert aussi à reprendre un peu foi en l’humanité en voyant que pour chaque haineux qui hurle sa violence, des dizaines et des dizaines de messages courtois et chaleureux viennent un peu redresser la balance. Mais cette plongée dans le cloaque des RS qui éclabousse maintenant la vraie vie, dans ces bas fond de l’humanité qui resurgissent triomphalement, fait peur.

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Brexodus, one year on

C’est l’heure des bilans en ce moment, et comme ça va faire un an qu’on est ici, je risque d’en faire beaucoup. On a quitté brexitland le 18 janvier, à la fois soulagé et triste de partir. J’y reviendrai. Mais comme je parlais hier de la maison du petit requin, je me suis demandée, devant certains commentaires (que je n’ai pas laissés passer) si je m’y sentais enfin chez moi. Si je me sens à ma place en France. C’est là que j’ai spontanément écrit le titre en anglais. C’est pas gagné…

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Je suis infiniment contente de ne plus vivre en brexitland, c’est une certitude. Mais je ne suis pas encore totalement sûre d’être chez moi ici non plus. Je lis beaucoup de témoignages d’européens qui comme nous, sont partis, ont fui un pays qu’ils aimaient profondément et où ils avaient construit toute leur vie d’adulte. Plus de 150 000 européens sont déjà partis et beaucoup s’y préparent, par choix, dégoûtés de la façon dont on nous traite, ou par obligation: leurs entreprises ferment ou se délocalisent, ils suivent. Pour certains, c’est par anticipation, ils savent qu’ils ne rentrent pas dans les cases du home office et ils préfèrent prendre les devants avant d’être contraints de partir. Beaucoup d’autres enfin aimeraient pouvoir partir mais sont coincés en brexitland, on n’abandonne pas comme ça un boulot, un prêt immobilier, sa famille qui ne peut ou veut pas forcément suivre…

Tous ne vont pas dans leur pays d’origine, mais c’est le cas de la plupart. C’est quand même plus facile de trouver du boulot et de reconstruire sa vie quand on parle la langue. Sans compter qu’il y a beaucoup de familles mixtes, le ou la partenaire britannique a plus de chance de parler la langue de son/sa campagne, à force de vivre avec, qu’une troisième langue européenne. Pareil pour les enfants. Certains témoignages sont négatifs, la réadaptation est trop dure, mais la plupart sont positifs, à divers degrés. Tous, on compare avec nos anciennes vies, en Grande-Bretagne. Il fait faire le deuil de ce qu’on a laissé et ça prend plus ou moins ce temps selon les personnes. Ceux qui ont la nostalgie de notre ancien pays d’adoption pré-brexit ont le plus de mal, ceux qui ont été le plus marqués par les événements post-brexit sont généralement soulagés de leur nouvelle vie. On en est à trouver formidable de ne pas avoir peur de dire bonjour dans la rue sans se faire agresser à cause de notre accent. On trouve extraordinaire d’avoir une vie normale…seulement, ça ne suffit pas pour se sentir chez soi. Je suis peut-être trop exigeante, mais j’ai envie de me sentir bien ici, non pas uniquement parce que ce n’est pas brexitland, non pas parce que ça a été un refuge, mais parce que j’y trouve naturellement ma place. Il y a toujours cette impression bizarre d’être en exil dans notre propre pays.

Je suppose qu’il faut du temps. Certains n’ont pas tenu, et sont repartis au bout de quelques mois, pour aller encore plus loin, ou même pour revenir au Royaume-Uni. Beaucoup dans ce cas-là misent sur une éventuelle indépendance de l’Ecosse et décident de s’y installer. D’autres repartent, mais prudemment, sans complètement défaire les valises, sans vraiment s’installer…pour nous, c’est clair, il est hors de question qu’on retourne en Brexitland. Après, non, je ne me sens pas encore complètement chez moi, les derniers événements au goût nauséabond de déjà vu n’aident pas. J’ai toujours l’impression d’être en suspens. Mais j’espère que ça viendra…

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