Sunny Monday # 42

On est toujours en orange pour le rendez vous de Bernie. Pour échapper à la pluie anglaise, je vous amène au Groeningemuseum, à Bruges, qui comme son long nom l’indique  est un musée. On y trouve aussi bien des primitifs flamands que des expressionnistes, c’est très éclectique mais concentrés sur les artistes locaux, forcément. Et il y a du orange! Je vous rassure, Marichéri vérifie toujours si on a le droit de prendre des photos avant de le faire. C’est bien plus agréable que de repartir avec une brochure touristique toute prête. Bon par contre, sur la brochure, il y aurait marqué le nom de l’artiste…parce que là, pas moyen de m’en souvenir. 

 

Bonne semaine à tous!

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Sunny Monday # 42

On est toujours en orange pour le rendez vous de Bernie. Pour échapper à la pluie anglaise, je vous amène au Groeningemuseum, à Bruges, qui comme son long nom l’indique  est un musée. On y trouve aussi bien des primitifs flamands que des expressionnistes, c’est très éclectique mais concentrés sur les artistes locaux, forcément. Et il y a du orange! Je vous rassure, Marichéri vérifie toujours si on a le droit de prendre des photos avant de le faire. C’est bien plus agréable que de repartir avec une brochure touristique toute prête. Bon par contre, sur la brochure, il y aurait marqué le nom de l’artiste…parce que là, pas moyen de m’en souvenir. 

 

Bonne semaine à tous!

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Halloween superstitions and traditions top 10

J’adore les druides et autres gentils illuminés qui s’agitent. Je ne partage pas du tout leur folie douce, mais je trouve extrêmement  sympathique qu’ils s’y adonnent avec autant d’enthousiasme. J’ai un faible pour les originaux. J’ai aussi vécu 10 ans en Irlande. J’aime profondément ce pays et je rappelle que contrairement à ce que croient certains, c’est là qu’est né Halloween, il y a plusieurs millénaires. Bref, j’adore cette fête et je passe tous les mois d’octobre à essayer de partager ma passion halloweenesque. Cette fois, c’est un top 10 inédit des superstitions plus ou moins connues. Ça m’amuse beaucoup. 

10- Orange et noir, les couleurs d’Halloween. Ça n’a rien à voir avec les citrouilles, surtout qu’au départ on creusait des navets (j’explique en 2). Halloween, c’est la fête des esprits et des morts, d’où le noir mais aussi la celebration de l’automne et de la fin des travaux des champs et des récoltes, ce qui nous donne le orange. Bref, Halloween, c’est très agricole.  

9-Les chats noirs…on met souvent des silhouettes de chats noirs en décoration pour Halloween (j’en découpe bêtement dans du canson noir). Ils ne sont pas sensés porter malheur au contraire. Ce sont les compagnons des sorcières (si, si, du coup je me pose des questions à cause de Penny….si ça se trouve on est tous devenus sorciers dans la maison depuis qu’elle est là, c’est juste qu’on ne le sait pas), mais si on croise un chat noir pour Halloween, c’est bon signe, on va avoir un truc sympa dans notre vie. On ne sait pas quoi, mais c’est pas grave puisque ça va être bien. 


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8-Par contre, si le soir d’halloween une chauve souris vole trois fois autour de votre maison (si elle est bourrée, ou qu’elle attend son tour pour atterrir, comme les avions à Heathrow-C’est du vécu), c’est mauvais signe, elle annonce la mort de quelqu’un. Encore une fois , on ne sait pas qui, mais ça doit être un proche de la chauve souris, sinon je ne vois pas pourquoi elle s’affolerait comme ça à tourner en rond bêtement. Si la chauve souris rentre carrément chez vous, c’est beaucoup plus rigolo. Ça veut évidement dire que vous avez un fantôme à domicile. C’est même lui qui laisse rentrer cette brave bête, le petit coquin.

7-Les candied apples: les pommes au caramel. Quand les chretiens se sont appropriés Halloween, ils y ont aussi rajouté une tradition romaine, on ne va pas se gêner. Il se trouve qu’à l’automne, les romains fêtaient Pamona, la déesse des arbres fruitiers (c’est précis, les dieux secondaires sont très spécialisés, Pamona n’avait pas intérêt à faire sa maligne et à se mêler d’ autres végétaux, sinon ça aurait été un bazar pas possible). Enfin bref, on mangeait des pommes décorées. Et bien on continue pour Halloween. Quitte à christianiser les fêtes païennes, autant en mélanger plusieurs à la fois, ça fait gagner du temps. 


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6-On reste dans les pommes avec le apple bobbing. On  met des pommes dans un récipient plein d’eau et on les attrape avec les dents (ou on se noie, c’est très festif). Au moyen âge, on pensait que le premier à attraper une pomme serait le premier à se marier. J’espère que seuls des célibataires jouaient…et pas des gens fiancés entre eux parce que, à moins d’attraper une pomme simultanément, certains auraient pu mal le prendre quand même. Aujourd’hui on s’en fiche. Ce sont les enfants qui jouent et ils ne sont pas pressés de savoir si le apple bobbing a raison ou pas. 

5-La sorcière et son chaudron, c’est un classique des décorations d’halloween. Rien de sinistre au départ, enfin pour les celtes préhistoriques, qui devaient être fun, parce que c’est un chouïa gore quand même…ce n’était pas une sorcière, mais une sorte de déesse mère, vieille mais sympa qui gardait gentiment dans son chaudron les âmes qui attendaient d’être réincarnées. En fait, elle rendait service, en n’hésitant pas à prêter sa batterie de cuisine pour recueillir des âmes qui se tapaient l’incruste, espèces de petits squatters.  


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4-Les déguisements: pour le 31 octobre, des espèces de passages comme de vulgaires portillons s’ouvraient pour laisser passer les Aos sí, les mauvais esprits qui se retrouvaient comme ça, l’air de rien, au milieu des gens normaux. C’est traître quand même un mauvais esprit, ça voit une porte ouverte et hop, ça se jette dans le monde des vivants, sans même avoir été invité. Quel malappris! Du coup, on essayait de leur faire peur en se déguisant soi-même en esprit encore plus méchant, c’est parfaitement logique. 

3-Les bonbons: c’est encore grâce aux mauvais esprits. Finalement, heureusement qu’ils sont là, parce que sans les déguisements et les bonbons, Halloween serait moins sympa. On déposait des offrandes pour amadouer les mauvais esprits et pour qu’ils retournent soigner leurs indigestions de sucre chez eux. Tant qu’on y était (chez les celtes, on est comme ça, on ne va pas gacher une fête juste pour un truc, autant s’en servir à fond), on célébrait les ancêtres, surtout qu’on ne sait jamais, si ça se trouve, ils sont peut-être devenus des esprits eux-même, autant essayer de leur faire plaisir…les esprits des morts étaient donc très gentiment invités à participer aux festivités. On faisait des repas pas possibles, dans la joie, la bonne humeur et les vapeurs des ancêtres.

2-Les Jack o lantern: Les celtes préhistoriques creusaient déjà des légumes, des racines comme les betteraves et y façonnaient des têtes monstreuses pour faire fuir les mauvais esprits lors du Samhain. Ces figures légumières ne s’appellaient pas encore Jack o’ Lantern, et elles n’étaient pas éclairées. Il faut attendre pour ça les tribulations d’un certain Stingy Jack (Jack le radin) de Limerick, en Irlande. Jack, (qui s’ennuyait ferme en tout cas il avait des idées bizarres quand même) invite le diable au pub. Comme ça, en toute intimité. On se demande bien pourquoi. Mais au moment de payer, Jack refuse et suggère au diable de se transformer en piece de monnaie pour régler lui-même la note. Soit Jack est sérieusement bourré et a des hallucinations, soit le diable n’est pas très futé. Parce qu’évidemment, Jack ne paie pas. Il empoche la piece-diable qu’il dépose sur une croix en argent pour empêcher le diable de reprendre sa forme première. Cela dit Jack est aussi assez simple. Il finit par libérer le diable en lui faisant promettre qu’il ne viendra pas embêter Jack pendant un an et qu’il ne le laissera pas aller en enfer après sa mort. L’année suivante, toujours pour Halloween, le diable revient pour se venger, mais il est décidément complètement crétin puisqu’il se fait encore avoir. Jack l’envoie en haut d’un arbre. Ben tiens. Pendant que le diable fait le singe dans son arbre, Jack sculpte une croix dans le tronc et cet imbécile de diable se retrouve coincé pour 10 ans. Finalement, Jack meurt pour Halloween, c’est fou les hasards du calendrier quand même. Le diable tient parole lui, et ne le veut pas en enfer, mais Dieu le refuse aussi au paradis. Ça va pas non, une espèce de voyou radin et menteur comme ça? Du coup, Jack est condamné à errer éternellement sur terre, avec seulement un morceau de charbon incandescent pour s’y retrouver. Il est donc à l’origine des légumes illuminés, notamment les navets, qu’on appelaient au départ des Jack of The lantern.


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1-Les bonfires, les feux de joie sur les greens, places des villages, c’est ce qui m’a fait aimer Halloween en Irlande. Au départ, pour shamain ( il y a plusieurs écritures possibles), les celtes allumaient de grands feux  pour faire fuir les ignobles Aos sí, et purifier l’atmosphère afin de survivre à l’hiver, qui ne devait pas être comique en Irlande il y a deux ou trois millénaires. Même avec la télé, des mois de pluie et de froid, avec la nuit qui tombe juste après le repas de midi, c’est déprimant, alors j’imagine bien que dans les tumulus (tumuli?) funéraires de New Grange, ça ne devait pas être réjouissant. Aujourd’hui, les irlandais continuent à faire des bonfires pour Halloween, tout un village ou un quartier se retrouve,  il y a des feux d’artifices, des enfants qui jouent partout, des bonbons, des boissons, des rires, du partage et de la joie. Halloween c’est ça pour moi, un grand moment de fête collective. 


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Project 52 #42

Cette semaine Ma’ a choisi ancien…on a plein de photos de ruines et autres antiquités, ça va être facile. La maison déborde aussi de vieux meubles, bibelots, livres…j’adore chiner et ça se voit.  Mes chers enfants ont suggéré que je mette plutôt un auto-portrait, ahaha. Sales gosses. Mais après réflexion, voilà plutôt une ancienne charrette. Ça servait à quoi maman de ton temps? À rien, crétin mon chéri, c’est beaucoup plus vieux que moi. T’es sûre? Oui. Et ça servait à transporter les enfants au fond des champs pour qu’ils laissent les parents tranquilles. Non mais. 

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Friday Feelings #134

Ça devient une habitude, je ne fais plus d’intro pour les états d’esprit du vendredi de Zénopia et Postman. Tout le monde sait comment ça marche maintenant.

Fatigue: ça veut dire quoi ça, déjà?

Humeur: s’améliore timidement

Condition physique: flagadesque

Estomac: rhaaa, j’ai fini tout le chocolat!

Esprit: Ben oui, c’est bientôt Halloween…

Message perso: youpidoo quand même (c’est très clair, la personne à qui ça s’adresse comprendra très bien).

Avis perso: à la place de Zaza, j’arrêterais carrément de parler. À chaque fois qu’elle ouvre la bouche, la livre sterling plonge, une nouvelle entreprise annonce qu’elle déménage et un volontaire pour prendre sa place de première ministre se manifeste. C’est un don. Zaza en fait, c’est l’anti Cassandre qui déjà était une comique à côté de notre première ministre sinistre. Cassandre n’était pas crue, mais elle disait la vérité (ce qui n’est pas une spécialité de Zaza), alors que Zaza atteint elle, des sommets dans l’anti prophétie: plus elle prédit un avenir radieux, plus le pays s’enfonce.  

Loulous: L’Ado s’est empiffré tout le week-end, il n’en peut plus des pâtes au ketchup toute la semaine. Du coup, je lui ai offert un livre de recettes faciles et pas chères pour étudiants. C’était pour faire une blague mais il a trouvé ça très bien, c’est dire si il est désespéré. GeekAdo continue de lire l’histoire de France en détails, pour le plaisir. En vrai petit britannique, il se passionne pour Napoléon et l’empire. Après d’intenses réflexions de plusieurs jours alors que LaDiva semblait l’emportait, PrincesseDiva s’est finalement décidé pour KnightyDiva (Diva chevaleresque), merci Postman (knightdiva, elle a trouvé que ça faisait garçon, mais elle aimait bien l’idée). PrincesseChipie a finalement obtenu 5 récompenses à l’école d’un coup …c’est fou ça! Je me demande si l’instit n’a pas peur de moi maintenant… WizzBoy, entraîné par GeekAdo a décidé de speak la France better. C’est pas gagné. 

Divers: rhaa j’arrive bientôt à la fin, et je n’ai toujours pas d’idée pour la photo…Alors que je voulais absolument mettre autre chose que Penny cette fois. Ça n’a l’air de rien, mais je peux très bien stresser juste pour ça. Si. Ou alors je suis en manque de chocolat et ça me monte au cerveau?  Heureusement que je ne dramatise jamais. 

Amitié: me rassurent 

Love: toujours en mode super-héros à fond! 

Courses: tiens, et si je commandais du chocolat? 

Sortie: pas plus que ça 

Envie de: j’ai mentionné qu’il n’y a plus de chocolat?

Pic: je vous mets Londres alors 

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Thursday thunder : brexit diary #13

Aujourd’hui Zaza s’est fendu d’un courrier soit disant pour rassurer les citoyens européens ici. Je vous passe sur la condescendance puante de sa prose, qui nous prend pour des cretins finis qui ne comprennent rien au discours de la grande leader. Rien que ça m’aurait déjà énervé, mais il y a mieux. Puisque Zaza nous écrit, je me suis dit que ça serait poli de lui répondre.  


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Dear Zaza,

Merci pour ta petite lettre, ça m’a fait très plaisir de recevoir un courrier comme ça, qui me prend ouvertement pour une imbecile finie et crédule, à rabâcher des platitudes rassurantes et sans engagement au milieu d’un monceau de mensonges par omission plus qu’inquiétants. C’est bien simple, je suis tellement éblouie par ta prose que je prends exemple sur toi en faisant  semblant de t’écrire alors que je m’adresse en fait à mes lecteurs (que j’aime beaucoup, eux). Tout comme tu as fait semblant de nous parler directement avec ta fichue lettre. Alors que c’est juste une opération de communication mal ficelée comme tu en as le secret, pour tenter d’amadouer les dirigeants européens qui te reprochent la façon dont tu nous traites et que tu vas rencontrer aujourd’hui. Ah ben ça alors, quelle coïncidence! Je comprends bien que vu le niveau de génie de tes ministres, tu aies pris l’habitude de prendre les gens pour des cons, mais c’est un peu gros quand même là. Je sais aussi que tu hais personnellement la libre circulation, mais je t’assure que tu ne peux pas arrêter les infos à la frontières, à coup de lieux communs enrobés de guimauve hypocrite. Bruxelles sait exactement comment tu nous traites en réalité. À force de t’adresser à un public de xénophobes lobotomisés, tu as aussi oublié que tous tes interlocuteurs ne vont pas gober sans réfléchir tes assurances vides de sens. C’est ballot. 

Alors donc, chère Zaza, tu tiens à me rassurer personnellement: tu aimes les sales migrants européens. Tu nous adores. Tu nous vénères. On est potes. Tu veux nous serrer dans tes bras de poulet acariâtre dans un grand élan d’amour bisounoursesque. On oublie tout, on s’aime, quand tu nous traitais de monnaie d’échange, c’était bien sûr pour dire que tu ne nous considérais pas du tout comme une monnaie d’échange. C’est évident, on a bêtement mal compris. Tu voulais juste nous transmettre tout ton amour. Pareil pour les lettres de déportation reçues par certains d’entre nous, c’était des preuves de ton immense affection. D’ailleurs, qu’on se rassure, tu ne veux absolument pas nous déporter ni séparer les familles. Enfin, tu souhaites pouvoir nous dire que tu ne deporteras peronne. Sauf que tu ne dis « je ne deporterai personne » . Pas plus que tu n’inscris dans la loi le maintien de nos droits, alors que rien ne t’en empêche. Bien sûr, tu ne vas pas nous déporter maintenant, tu n’en as pas le droit, pas avant mars 2019. Mais après? Après, tu sais comment tu vas séparer les bons migrants qui auront le droit de rester et les mauvais migrants qui dégageront, mais tu refuses de nous dire quels seront les critères. D’après ce que tu nous as proposé avec ton « settle status », les européens qui ne sont pas salariés depuis au moins 5 ans ont des soucis à se faire, malgré ta lettre. Les parents au foyer, même avec un conjoint britannique, les retraités, les artisans, les couples mixtes européens/ non européens…ça fait du monde. Beaucoup de monde. Des gens qui sont ici légalement je le rappelle, et que tu veux rendre illégaux a postériori. Et ceux qui pourront rester, ils seront fichés, perdront une partie de leurs droits (en matière d’accès aux soins ou de regroupement familial entre autres), seront administrativement stigmatisés en devant porter sur eux en permance une carte spéciale, juste pour les européens et seront considérés a priori comme des criminels par l’état,  à eux de prouver qu’ils ne le sont pas. C’est sûr, c’est rassurant tout ça ma chère Zaza. Je me demande vraiment pourquoi on s’inquiète et on est furieux après ta petite lettre condescendante aimable.  On n’est jamais content aussi, nous les sales migrants européens. Tu prends sur toi de nous enfumer avec ta prose vide de sens, et ça ne marche pas. Alors que tes brexiters lyophilisés gobent tout, eux. C’est à se demander si on veut vraiment s’intégrer, tiens. Alllez, je vais finir en anglais, pour te faire plaisir. 

Sincerely (hating you)

Pomdepin

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Well behaved

C’est la joie, voilà revenu le temps des parents teachers meeting, ces merveilleux moments de la scolarité de nos enfants où on doit poireauter pendant des heures dans des couloirs bondés, surchauffés et débordants de gamins hystériques de taille variée pour avoir le droit de parler trois minutes à un instit avec qui on peut bavarder une demi heure tous les jours à la sortie des classes. Tout ça pour m’entendre dire que mes enfants sont well behaved, bien élèvés. C’est tout. Tout ça pour ça. Ok, c’est sympa merci, mais j’ai un peu l’impression d’avoir perdu ma soirée. 


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Alors bien sûr, ce n’est pas la faute des enseignants, mais du système. Même sous la torture, un instit anglais n’a pas le droit de s’étendre sur les notes de votre gamin, de commenter son niveau scolaire et encore moins de ne pas être positif, tout est forcément génial, youpidoo et accompagné tout à fait naturellement d’un rictus detendu de chimpanzé alcoolisé. Bref, un instit ne peut pas vous informer de quoi que ce soit d’intéressant. Du coup, on se rabat sur le comportement, toujours en étant positif comme une hyène sous LSD.  Ça m’exaspère. J’ai déjà parlé de cette vision pédagogique qui consiste à toujours récompenser tout et n’importe quoi, par principe et non quand c’est mérité. C’est totalement contre productif. Les gamins ne sont pas idiots. Autant c’est bien de récompenser les vrais efforts, même si ils ne se traduisent pas en progrès, autant donner un bon point au guignol de la classe en espérant que ça le calmera, c’est idiot. J’ai toujours refusé de le faire. Ça m’a valu à la fois des remontrances mais aussi des compliments ébahis d’une inspectrice qui ne comprenait pas comment les enfants se comportaient correctement dans ma classe sans que je leur promette des récompenses. Ben non, je ne vais pas les féliciter pour quelque chose qui est normal. Par contre, le jour où je le fais, ils savent que c’est mérité et ils sont très contents, bien plus que quand ils reçoivent une de vos récompenses automatiques. Enfin bref, j’ai déjà parlé tout ça et de ce génie de la pédagogie qui a failli dégoûter GeekAdo de l’école parce qu’il l’avait mis au fond et ne faisait jamais attention à lui parce que, je cite : il n’y a pas besoin, il est well behaved, sage et bon élève. 

Voilà que ça recommence avec PrincesseChipie. Certes, son instit a l’air terrorisé par elle. Mais il n’a encore rien vu, je vais lui expliquer. Je comprends que ce soit difficile d’avoir PrincesseChipie en classe, que peut-être il se vexe qu’elle ait des exercices à part, gérés par son tuteur et pas par lui ou quand elle le corrige. Ce n’est pas évident d’avoir en cm1 une gamine qui a  fini le programme de primaire depuis deux ans, d’accord. Mais des efforts et des progrès, elle en fait tout le temps, et elle ne reçoit jamais de très bien, de bon point, rien. Alors que des gamins parfois violents qui savent à peine baver leur prénoms croulent sous les récompenses. Elle a beau ne pas être dupe du système, ça lui fait mal. Elle ne s’attend pas à un traitement particulier mais juste le même que les autres. Et pourquoi, dans un système qui récompense les well behaved, elle n’a jamais droit à rien, alors qu’un gosse qui vu son comportement a l’air d’être le produit de l’accouplement de Hitler et Voldemort a déjà reçu deux certificats depuis le début de l’année, pour je cite encore, ne pas le stigmatiser. Le pauvre chéri. Par contre stigmatiser ma fille, c’est ok? Je comprends que l’instit veut encourager tous les élèves, mais pourquoi dire que le meilleur en math, celui qui finira son exercice en premier, celui qui écrira le plus long poème, ou qui se tiendra sans parler pendant 5 minutes aura un bonbon, quand on ne lui donne jamais? Je ne sais pas si ça encourage les suivants qui savent qu’ils n’ont pas à faire d’effort passer devant PrincesseChipie, mais elle, ça la décourage complètement.  

Bref, j’ai pris rendez vous avec l’instit, pour lui parler sans la foule du parents teachers evening. Je pourrai lui expliquer non pas que son système de récompenses automatiques et égalitaires est une ânerie pédagogique mais que si tout le monde y a droit, ma fille aussi. Il y a peu de chance qu’il me trouve well behaved  après notre entretien…

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The Regent 

Je suis désolée, j’ai eu une journée qui a bien commencé, mais qui s’est avérée beaucoup moins joyeuse que prévenue (c’est un euphémisme) et très chargée. Du coup comme on parle beaucoup de Harry ces derniers temps, je vous ressors la biographie complètement massacrée à ma sauce  légèrement résumée d’un de ses prédécesseurs. Vous allez voir, il y a une certaine logique. En préparant le top 10 de Lizzie et Philou (si, si, je fais des recherches, c’est très scientifique tout ça), je suis tombée sur une info que j’ai trouvé sympa mais que je n’ai pas réussi à caser. Quand Elizabeth est devenue reine, elle a du désigner un ou une régent(e) au cas où elle mourrait avant la majorité de son héritier (je ne dis pas ça pour déplaire à ce pauvre Charles qui à 60 ans passé est largement majeur et attend toujours). En principe, le régent doit être celui qui était premier dans l’ordre de succession avant la naissance du bambin royal, bref, tonton ou tata. En l’occurrence, c’était Margaret. Si William devenait roi demain (vraiment, je n’ai rien contre Charles, c’est juste pour expliquer), Kate même reine consort pourrait rentrer chez ses parents, ce serait Harry le régent putatif (ce n’est pas un gros mot. Je précise, parce que quand on parle de Harry, on ne sait jamais). Et bien Elizabeth, en vraie petite rebelle a choisi Philou, envoyant balader le protocole et des siècles de tradition. C’est mignon, non? Toute cette introduction à n’en plus finir pour dire qu’un Prince Regent, il y en a un très connu dans l’histoire d’Angleterre, et il était comique!


(The Regent dans Blackadder III….et oui, c’est Hugh Laurie, désolée pour les fans de Dr House!)

Le futur George IV a été prince Regent de 1811 à 1820 (période connue de façon tout à fait originale sous le nom de Regency) non pas en attendant la majorité de qui que ce soit, mais parce que son père George III souffrait de démence. C’est gênant pour un roi de perdre la tête (non, je ne ferais pas de blague nulle, j’ai promis de ne pas m’attaquer à l’histoire de France, par manque de temps). Les avis sont partagés, certains voient en George un patron des arts, un gentleman élégant et primesautier qui a fait beaucoup pour le développement de diverses industries (les tripots, les maisons closes…) d’autres pensent que c’était un débauché hystérique, paresseux et irresponsable.
George commence fort en épousant en cachette une catholique, deux fois divorcée et même pas noble, Maria Fitzherbert en 1785 (un peu comme si William avait épousé une grande prêtresse druidique, boutonneuse et à l’haleine fétide en secret..). Pas de chance, le mariage est illégal. C’est ballot. Comme ça fait désordre, George se décide, par pure bonté d’âme à se débarrasser de Maria (qu’il trompe avec tout ce qui bouge) en 1787. Vraiment, c’est pour faire plaisir. Mais bon, si le parlement veut le remercier pour son dévouement admirable, il a deux ou trois petites dettes qui traînent. Ce n’est pas qu’il mène une vie de débauche onéreuse, mais vous savez ce que c’est, ma bonne dame, de nos jours avec £10 000, on n’a plus rien. D’ailleurs, sa petite masure, Carlton House tombe en ruine, il faudrait aussi la retaper. Bref, le parlement lui verse les modestes sommes de £161 000 et £60 000 soit en monnaie actuelle presque £25 000 000. Voila. Il savait vivre quand même, George. 25 millions de dettes à lui tout seul, comme ça, à 25 ans…quand on pense qu’on nous ennuie avec les prêts étudiants!

George continue à profiter de la vie tenir son rang. Il a des tripotées de maîtresses (des actrices, les épouses de ses copains, n’importe qui passant à proximité, franchement ce n’est pas un prince sectaire), les scandales se multiplient. En 1795, en grand sportif il bat son précédent record de dettes et atteint la somme vertigineuse de 65 millions de nos livres actuelles. Le parlement paie encore mais l’oblige à épouser une princesse protestante de bonne famille, Caroline de Brunswick. Il ne change pas d’hygiène de vie pour autant. Ça tombe bien, probablement par soucis d’intégration et pour s’adapter aux coutumes locales, Caroline fait pareil et enchaîne les scandales à coup d’amants et de dettes de jeux…elle finit même par faire ses valises et repartir. Franchement, pourquoi les tabloids nous ont ennuyé avec Charles et Diana, c’était de la rigolade!

Pendant la régence, George se charge des affaires publiques principalement en n’y mettant pas son nez et en laissant le parlement se débrouiller tout seul. Il faut avoir des priorités dans la vie, il est déjà occupé à faire la fête, il ne peut pas être partout. Pour Napoléon, les impôts et toutes ces sortes de choses ennuyeuses, voyez avec le premier ministre, on en va pas le payer à rien faire celui là, il faut bien qu’il serve à quelque chose. George continuera à appliquer cette méthode de gouvernement remarquable une fois roi. Caroline essaie aussi de revenir faire sa reine, mais il ne veut rien savoir et l’envoie promener.

Il meurt en 1830 obèse, alcoolique avec la goutte, couvert de maîtresses, de dettes et d’ulcères et probablement avec des pellicules et le cheveux gras, mais heureux et en ayant donner son nom à un style d’ameublement, une mode vestimentaire bizarre (c’est moi, ou ça fait chemise de nuit?) et une bonne centaine de pubs….je ne sais pas vous, mais je trouve que Harry serait tout à fait compétent pour reprendre le job!

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Sunny Monday #41

On est toujours en orange pour le rendez vous de Bernie. Et justement aujourd’hui, on a un soleil voilé et orangé très curieux. J’ai pris la photo tout à l’heure en allant chercher les enfants à l’école avant 15 heures.  On a passé la journée enveloppé dans une sorte de brouillard avec une lumière jaunâtre. Et demain, il doit pleuvoir…

En attendant, bonne semaine à tous!

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What I still like in England top 10

Comme je porte plutôt un regard critique sur l’Angleterre ces derniers temps, je me suis dit qu’il fallait remonter l’ambiance. Je me suis demandé ce que j’aime encore dans mon pays d’adoption, ce qui est encore sympa dans le fait de vivre ici malgré le climat anti européens ambiant (notre harceleur de voisin m’a expliqué cette semaine qu’il préférait vivre avec des gens comme lui, des anglais blancs, mais nous ça va, on est sympa pour des étrangers. Ça se voulait un compliment visiblement). Bon, j’ai eu un peu de mal à trouver 10 choses positives. C’est un chouïa capillotracté par moment, un peu amer parfois,  mais c’est l’intention qui compte, non? 

10- Les uniformes à l’ecole et l’absence de liste de fournitures scolaires. Je suis d’accord, ce n’est pas grand chose. Mais quand je vois comment se prennent la tête les copines en France avec des listes de 350 trucs essentiels et obligatoires comme des cahiers à carreaux biseautés de 76,3 pages et des classeurs ronds verts à pois mauves de 13,36 millimètres de diamètre, je suis bien contente que les écoles fournissent tout ici, y compris les crayons qui sont dans un pot commun au milieu des tables. Ça évite les jalousies, les vols et les effets de mode, tout le monde a la même chose, choisie directement par l’école. Pas besoin non plus de se demander comment habiller les enfants le matin grâce à l’uniforme. Ça fait gagner un temps précieux qu’on peut consacrer à décider de comment coiffer les tignasses des filles…. 

9-Pour rester dans le système scolaire, j’aime beaucoup la prise en compte des différences à l’école et les aides personnalisées pour les enfants qui en ont besoin, pour quelque raison que ce soit. PrincesseChipie est gifted, en avance, et bien elle a des exercices adaptés en classe et un tuteur juste pour elle une fois par semaine. Les enfants autistes, dyslexiques ou autres ont un accompagnement adapté et une assistante. En primaire, on travaille de toute façon par groupes de niveau à l’intérieur d’une classe. Bon par contre, ça se gâte après…je ne suis pas fan de la spécilisation des gamins dès le collège. C’est pas facile à 13 ans de déjà savoir ce qu’on veut faire et de choisir les bonnes options et surtout quelles matières abandonner.

8- l’excentricité vestimentaire: je ne sais pas si c’est pour se venger de leur enfance passée en uniforme, mais les anglais sont les rois de l’excentricité et j’adore. J’aime beaucoup cette façon de s’habiller n’importe comment comme on veut sans se soucier des modes, des convenances ou des regards des autres qui généralement s’en moquent aussi ici. Je peux aller à  l’école avec mes docs roses fluos, mes collants verts, ma choucroute explosée façon Vivien Westwood boursouflée,  maintenue tant bien que mal par des serres tête à gros noeuds, ça n’émeut absolument personne.  D’ailleurs, d’après des français de France, il paraît que j’ai un look anglais…j’en suis contente.  


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7- L’Angleterre, ça reste très joli, touristiquement parlant, les châteaux normands, les villages charmants, la campagne sublime, les manoirs Tudor. Mais bon d’un autre côté, on n’est pas ici en vacances…

6- le sens de l’humour: c’est ce que je préférais ici, le sens de l’humour anglais, si particulier et délicieux…il n’est qu’en 6 maintenant parce qu’il est toujours un peu là bien sûr, mais je me rends compte au silence assourdissant, aux éclipses serviles de bien des comiques qu’il est loin d’être aussi répandu, aussi libre, aussi irrévérencieux que je le croyais. Et je ne peux plus regarder Faulty Tower ou les Monty Python depuis que John Cleese s’est révélé être un brexiter acharné et très vocal.  

5–Parler français en public, être dans sa petite bulle privée au milieu de la foule: certes je n’ose même plus répondre quand quelqu’un me dit bonjour dans la rue (on habite dans un village) par peur que mon accent français m’attire des insultes ou pire. Je me contente d’un signe de tête et d’un sourire muet.  Mais avec Marichéri, ses 6 m08, sa carrure de première ligne de rugby et son air aimable de grizzli psychopathe dès que quelqu’un s’approche à moins de 15 mètres, pas de souci! On peut continuer à discuter de tout ce qu’on veut tranquillement sans que personne comprenne et c’est très agréable (je n’ai pas dit qu’on plaisante à commenter le dégres de brexitude des gens au supermarché sans qu’ils s’en rendent compte. Je n’ai rien dit).

4-Londres: on rejoint le point 7. Londres reste extraordinaire touristiquement et culturellement parlant. Elle est toujours aussi internationale et multiculturelle aussi.  

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3-les scones: oui, mais c’est important quand même! C’est comme ça, j’adore les scones et puis c’est tout. Bon, je reconnais qu’on peut en manger ailleurs qu’en Angleterre, on peut même en manger n’importe où surtout quand on sait les faire mais bon…

2-l’hystérie collective pour Noël: le pays entier se transforme en winter wonderland magique pour Noël, et moi avec. On ne rigole pas avec Noël ici, c’est la fête de l’année. On commence déjà à voir de pubs pour Noël 2018, c’est dire. Les festivités à n’en plus finir dans les écoles, les spectacles en tout genre, l’excitation palpable dans les rues, les décorations kitsch, les pulls de Noël ignobles, les Carol singers, les maisons qui ruissellent de lumières…j’adore! Et hop, c’est parti:  🎶 laaaast christmaaaas🎶…je crois que c’est un record, c’est la première année que je le replace aussi tôt (les habitués comprendront. Les nouveaux, ne partez pas, vous comprendrez très vite).

1-On termine par  quelque chose qui peut sembler bizarre, mais il y a une certaine logique. Certes je vis ici, mais je ne suis en rien responsable du brexit (on n’avait pas le droit de voter au référendum) et de la catastrophe économique, culturelle et politique qui s’en suit. Ce n’est pas un plaisir, c’est un soulagement. C’est aussi un immense dégoût, une profonde tristesse et un stress permanent, mais ce n’est pas le sujet de ce top 10. Bref, ce qui est encore positif aujourd’hui dans le fait d’être expat en Angleterre, c’est que justement (bien que profondément désolée pour mes amis remainers otages de la folie des brexiters),  je ne suis pas anglaise. 

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