Friday Feelings #81

Merci pour tous vos messages. J’ai l’impression de râler et de me plaindre en continu ce moment, ça doit être penible. Alors, merci de votre patience aussi. J’ai du mal à raconter des anecdotes hilarantes sur la vie en Angleterre en ce moment, je suis en manque total d’inspiration. Je ne sais vraiment pas ce que je vais pouvoir vous dire dans les prochains jours, il n’y a plus rien qui me fasse rire ici, entre les discours racistes du gouvernement et l’apathie générale. A part une poignée de sites et de gens engagés, la majorité reste silencieuse. La plupart des médias approuvent ou se taisent. C’est surréaliste. Au moins, maintenant, je ne me demanderais plus comment l’Allemagne a pu sombrer en 1933, sans réaction de la population ou presque. Je sais. Encore une fois, je suis désolée de vous assumer de points Godwin à chaque détour de phrase, j’ai vraiment horreur de ce genre de comparaison facile et irrespectueuse d’habitude, mais Theresa May et ses groupies ont commencé avec leur rhétorique inspirée de Nuremberg (non,  pas du procès. S’il a eu lieu là, il y avait une bonne raison). Comment peut on laisser dire ça? …je ne sais plus quoi écrire. Enfin bon, pour les états d’esprit du vendredi de Zenopia et Postman, ça va il suffit de répondre à leurs questions. Mais je vous préviens, ça risque d’être tristounet. 

13h14….je n’arrivais pas à me décider, désolée. 

Fatigue: immense. Ou plutôt lassitude. 

Humeur: comment dire? …euh…f*ck off. Si, c’est une humeur. 

Estomac : noué mais caféiné.

Condition physique: hésite entre l’abattement total et l’envie d’en découdre. Du coup je passe de l’état de mollusque avachi à celui de ressort sous acide. 

Esprit: s’étouffe.

Boulot: finalement devant le tollé général, on ne va pas ficher les travailleurs étrangers. Enfin si! oh, et puis non…ah Ben si, peut être. C’est admirable cette vision claire et nette du gouvernement. A*sholes ( je me demande pourquoi je mets des petites étoiles… Je suis vraiment trop coincée parfois, à la britannique justement).

Culture: je vis dans un pays où la première ministre a déclaré que le libéralisme culturel, c’est le mal. Qu’être citoyen du monde, c’est n’être personne. Tout va bien. Elle n’a pas osé dire que quand elle entend le mot culture, elle sort son pistolet, probablement parce qu’elle n’en a pas ( de la culture je veux dire, je ne sais pas si elle possède une arme), mais on s’en approche  dangereusement. 

Message Perso: merci ❤

Avis Perso: c’est effarant la vitesse à laquelle  ces grands patriotes xénophobes et va-t-en guerre se rétractent dès que les marchés financiers assassinent leur petite monnaie. Dès que les investisseurs du monde entier leurs disent que non, ils ne comptent pas. Et que ça ne dérange personne de les laisser crever. C’est fou aussi, personne n’avait dit au remarquable ministre en charge du brexit, le décérébré David Davis que l’empire britannique n’existait plus! Il ne pouvait pas deviner que l’Australie par exemple lui rirait au nez en claquant la porte. Ni que la république d’Irlande était indépendante depuis presque 100 ans. Vraiment, c’était pour rendre service, qu’il allait rétablir la grandeur de l’empire britannique  qui apporte la civilisation et le cricket au monde ébahi. Et ben voilà que le monde l’envoie balader en se roulant de rire devant cette baudruche colonialiste et raciste, ou pire lui demande d’où il sort, la Grand-Bretagne, c’est où déjà? Le pauvre est tout offusqué. 

Divers: alors chers petits fachos British si fiers d’avoir vaincu les nazis (on a l’impression qu’ils ont battu les armées d’Hitler eux même, tout seuls et à mains nues alors qu’ils n’étaient même pas nés, tellement ils nous saoulent avec ça), ça fait quel effet de se prendre une grande baffe dans la gueule par les industriels allemands?  Vous savez, ceux qui devaient vous lasser faire ce que vous vouliez du brexit, parce que vous nous assuriez qu’ils étaient prêts à tout pour continuer à vous vendre trois voitures.  Et bien hier, ils ont affirmé haut et fort que la défense des valeurs européennes, le respect des personnes étaient plus importants que leurs intérêts économiques. Que non, ils ne céderaient pas devant vos discours racistes. Je répéte pour que vous compreniez bien, o sombres dégénérés du cerveau: hier , des allemands ont annoncé vouloir faire barrage au fascisme de britanniques. Ahaha. Alors, les grands patriotes moisis dans vos préjugés antideliviens, ça va , pas trop mal?  Et merci mille fois à ces industriels admirables, (je suis désolée, je ne parle pas un mot d’allemand mais le coeur y est), j’étais tout émue en lisant ça, surtout qu’on se sent un peu abandonné sur notre île, nous les 3 millions de ressortissants européens livrés à des fous furieux.  

Loulous: L’Ado est décidé à « quitter ce sale pays de sales nazis  » le plus vite possible. Et je ne peux que l’encourager. Dans moins de deux ans il part faire un semestre en Espagne et un en Italie, il n’a pas l’intention de revenir. GeekAdo est encore plus roide que d’habitude, mais d’indignation. Parce que lui, un collégien, encore un enfant, il sait lire et réfléchir. A la différence de millions d’adultes, il a de suite compris d’où venait les références qui ont emmaillé les derniers discours du gouvernement. Alors je fais des câlins à mon bébé géant…les filles sont loin de tout ça encore, WizzBoy encore plus. Mais je me dis que j’ai  tout raté, que je n’ai pas su faire ce qu’il fallait pour eux, qu’aveuglée par mes convictions de bisounours internationaliste, je les ai entraîné dans une histoire qui nous dépasse. Mes enfants n’ont pas de pays, ni tout à fait britannique ni tout à fait français, et c’est ma faute. Je croyais que c’était bien, c’est raté.  

Love: me supporte, dans tous les sens du terme, c’est beaucoup. 

Amitié: merci à tous encore une  fois, merci Fédora, merci Carrie. Tu n’imagines pas combien ton appel m’a ému et réconforté. D’ailleurs Carrie a réussi à me faire rire hier soir, grâce à elle, j’imagine Theresa May et ses sbires, avec un cintre sur la tête, déguisés en teletubbies et tendant le bras…si il y a des illustrateurs dans la salle qui sauraient faire ça, ça me dirait bien.

Courses: faites

Envie de : je ne sais même pas…

Sortie: non. Ça va passer mais en ce moment je préfère ne pas sortir, et ne voir personne. Même à l’école, j’y vais  au dernier moment et je repars aussitôt avec les enfants, sans parler à personne. 

Pic: justement, il pleut…


14h12

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Thursday Thunder: should I stay or should I go?

J’ai tellement de raisons d’être en colère que je ne sais plus laquelle choisir. Je ne veux pas vous assommer encore avec le Brexit, mais je n’en sors plus. Dans l’indifférence générale, la Grande Bretagne s’enfonce dans le pire des populismes, et détruit toute son économie au passage, mais c’est pas grave. En fait, je ne suis même plus en colère, je suis écœurée,  malade, j’ai des nausées. Vraiment. Tellement que j’hésite à écrire, et pas juste aujourd’hui, à quoi bon et pour dire quoi? 


Quand j’ai commencé ce blog, c’était pour aider ceux qui voulaient s’installer ici. J’ai passé presque trois ans à chanter les louanges de ce pays que je considérais comme le mien. C’est fini. J’ai reçu des e-mails, j’ai répondu avec enthousiasme, en essayant de rassurer et d’encourager ceux qui étaient tentés de venir. C’est fini. Pour en revenir au titre, si aujourdhui quelqu’un me demande should I stay or should I go to Great Britain, est-ce que je reste chez moi ou est-ce que je vais en Grande Bretagne, je réponds : ne venez surtout pas. J’ai beau avoir un sens de l’exagération démesuré, un goût théâtral pour le drame et une parano galopante, je ne pense pas que les étrangers vont tous être expulsés manu militari comme on peut le lire sur les réseaux sociaux, ni qu’on nous fasse porter une étoile jaune. En même temps, quand la première ministre et la ministre de l’intérieur puisent directement l’inspiration de leurs discours dans mein kampf, on peut comprendre que ça déclenche une certaine hystérie. Non je ne crois pas que ces sombres fascistes mettent toutes leurs menaces à execution, pas parce qu’il leur resterait un soupçon de décence non, mais parce qu’ils n’en ont pas les moyens. En arrivant par hasard et sans avoir été élue au pouvoir, Theresa May au mépris des engagements pris par le gouvernement précédent auquel elle appartenait, a dénoncé les accords pour construire une centrale nucléaire, accords passés avec de sales étrangers en l’occurrence les français d’EDF et des investisseurs chinois. Pas de ça ici, la Grande Bretagne pour les britanniques, on ne va pas se laisser envahir par des étrangers et la presse d’acclaimer. Sauf que quelques semaines plus tard, en catimini cette fois, elle a gentiment signé un accord identique à celui qu’elle avait rejeté avec tambours et trompettes. Parce que les français avec leur savoir technologique qui n’existe pas ici et les Chinois avec leurs millions lui ont dit de le faire. Depuis trois mois à chaque fois que ces illuminés xénophobes du gouvernement annoncent quelque chose, poliment mais fermement, l’Union Européenne, l’Allemagne, la France, la Belgique, l’Italie, les Pays Bas, et même Malte mais aussi l’OMC (organisation mondiale du commerce) les États Unis, l’Australie et j’en passe, disent non. Non et encore non. Toujours non. Les britanniques n’ont rien, aucun pouvoir de négociation, alors ils partent gaillardement dans le mur et vont s’écraser, dans tous les sens du terme. Ils n’ont pas les moyens de leur racisme.  Bref, notre situation n’est pas dramatiquement menacée, au moins à moyen terme. Pas de quoi s’énerver. Restons calmes.

Sauf que je ne peux pas rester calme. Comment rester calme quand le premier ministre d’un pays qui se dit démocratique décide de se passer du parlement au mépris de la loi? Quand elle dit  autoriser  les docteurs étrangers à rester jusqu’en 2025? Quand on fiche les écoliers par nationalité et lieu de naissance?  Quand on veut demander aux entreprises de déclarer leurs salariés étrangers pour leur faire honte de ne pas employer que des britanniques? Quand la pire propagande d’extrême droite devient le discours officiel d’un gouvernement? Évidemment, ils rétropédalent comme des fous après pas mal de leurs annonces, mais le mal est fait. Comment peut-on rester calme quand le pays où l’on vit sombre dans le fascisme, le racisme d’état?  Rien que leurs mots sont de trop. Comment rester calme quand mon fils me dit : je ne savais pas qu’on vit en Allemagne nazi en 1933? On exagère? On franchit le point Godwin? C’est eux qui ont commencé!  Et ne venez pas me parler d’immigration illégale et de ‘toute la misère du monde’ et bla-bla-bla. Ceux qui sont visés pas le gouvernement britannique sont ici tout à fait légalement, depuis 10 ans, 20 ans ou plus, travaillent, paient des impôts, contribuent à une société dans laquelle ils se sont totalement intégrés. Certains sont mariés à des britanniques, ont des enfants britanniques. Alors, ce ne sont que des effets d’annonce vite rétractés pour certains, que des mots pas toujours suivis des faits, mais croyez-moi, ça fait mal quand même, très mal. Ça fait mal aussi aux millions de britanniques abasourdis qui ont honte de leur pays. Je n’ai aucune illusion, ça peut être pareil ailleurs bientôt, en Hongrie, en France, en  Allemagne,  aux États Unis…partout l’intolérance, la xénophobie et le repli sur soi triomphent. Tout ce en quoi je crois, tout ce sur quoi j’ai bâti ma vie, tout ce que j’essaie de transmettre à mes enfants est attaqué, piétiné, détruit. La tolérance, la curiosité, l’ouverture aux autres, c’est fini. Qu’est-ce que ma génération a raté pour qu’on en arrive là? J’avais 17 ans quand le mur de Berlin est tombé. J’ai cru à un formidable élan de liberté, de tolérance et d’ouverture…qu’est-ce que je dis à mon fils qui a presque  cet âge aujourdhui? Qu’il ne faut pas bouger, rester enfermer à l’endroit où il est né par hasard parce que partout on construit des murs, des barrières et des haines? Bon sang, mais relisez les livres d’histoire! S’ouvrir aux autres n’a jamais provoqué de désastre. Le fascisme et l’intolérance par contre…

Non, on ne va pas nous mettre dehors, non, nos conditions de vie ne changent pas en apparence du moins et pour le moment. Mais aujourd’hui , à l’encontre de tout ce auquel je crois, je dirais de rester chez soi. Et ça me rend malade d’en arriver là. Theresa May et ses sbires seront peut être balayés avant d’avoir fait trop de mal à leur pays. Mais c’est trop tard. L’intolérance a gagné.  J’ai perdu. Je ne sais  pas si je vais continuer ce blog encore longtemps, il n’a plus de raison d’être. Je ne veux  plus encourager qui que ce soit à venir ici, et je n’ai pas perdu que mes illusions. Je crois que mon sens de l’humour est parti avec. 

 

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Henry II Plantagenet

Il y a longtemps que je n’avais pas massacré l’histoire anglaise et justement je suis d’humeur extrêmement massacrante en ce moment. J’ai besoin de me défouler et comme je n’ai pas de bazooka sous la main, ça va tomber sur une pauvre figure innocente de l’histoire locale. Je rappelle que je ne suis absolument pas qualifiée pour parler d’histoire, mais c’est pas grave. Dans un élan d’intégration remarquable, je m’adapte aux coutumes locales, les apprentis fascistes qui nous gouvernent n’étant pas du qualifiés pour non plus. 


Source 

J’avoue que je n’avais pas d’idée préconçue et que j’ai un peu choisi ma victime  au hasard. Enfin, pas tout à fait. Henry est un grand roi anglais…sauf qu’il est français en fait. Ça commence fort. D’ailleurs je me demande si Buckingham va aussi devoir faire la liste de tous les étrangers qui ont occupé le trône, ça risque de faire pas mal de monde. Et même ceux qui sont nés ici ne parlaient pas toujours anglais à la maison, c’était plutôt le français et parfois l’allemand. Je m’éloigne déjà du sujet, enfin du roi, alors que je n’ai pratiquement pas dit un mot sur Henri (ben oui, je le répéte, il était français, donc, on va l’écrire avec un i pas un y). Je reprends. Henri Plantagenet, dit Henri court-manteau en Français dans le texte est né en 1135, ça date, au Mans. C’est le fils du Comte d’Anjou. D’ailleurs, il reprend la boutique et devient  lui-même comte d’Anjou, mais aussi comte du Maine, duc de Normandie, comte de Nantes et étoile polaire de la pensée. Un vrai petit Atlas géographique à lui tout seul. À part ça, il n’a pas l’air très intéressant. Il paraît juste qu’il a un sale caractère, bref c’est un sale gosse, on s’en fiche un peu…sauf que sa maman, c’est Mathide, la fille de Henry I, roi d’Angleterre (et 100% normand) et qu’elle décide que ce gros plouc  de Stephen qui occupe le trône est un sale usurpateur, et ça va bien comme ça, c’est son petit Henri à elle qui devrait être roi. On sent la  mère poule qui est prête à tout pour caser son rejeton. Elle va te lui dégoter  un stage de souverain,  sinon ça va barder. Henri, pour faire plaisir à sa maman qui n’a pas l’air commode fait tout bien comme on lui dit pour se faire remarquer de cousin Stephen. En pure perte. Stephen qui était bien-sûr comte de Boulogne et petit fils de Guillaume, encore un descendant de migrants. 

Et puis voilà que dans un éclair de génie surprenant pour quelqu’un qui passait jusqu’à présent pour un rustre colérique pas très futé et incapable de faire autre chose que de taper sur tout ce qui bouge, Henri épouse Alienor d’Aquitaine qui vient juste de larguer ce benêt de Louis VII de France. A eux deux , ils possèdent presque la moitié de la France.  C’est ballot. On sent que ce pauvre Louis a pris des avocats véreux pour négocier son divorce. Il s’est un chouïa fait avoir. Enfin bref, encouragé par Alienor, Henri s’agite contre Stephen,  en allant faire des petits massacres d’anglais par ci par là.  Probablement  pour se défouler. Les historiens ne sont pas très fixés, mais il semblerait que suite à une visite d’Alienor, non seulement Stephen fait la paix avec Henri mais aussi l’adopte et le nomme héritier du trône, juste avant de mourir soudainement, à la surprise générale. A mon avis, elle a dû lui refiler deux ou trois caisses de Bordeaux, pour l’amadouer, ça se fait. Et là, paf, Stephen  a tout bu d’un coup, et il n’a pas vu un méchant virus qui traînait et s’est jeté sur lui. Je ne vois pas d’autre explication. Henri devient donc roi d’Angleterre en 1154. 

La suite par contre ne fait aucun doute. Henri est qualifié d’énergique par les historiens anglais. C’est à dire que les gallois et les irlandais par exemple le considèrent plutôt comme un dangeureux psychopathe. Il passe son temps à faire la guerre, avec une mauvaise humeur communicative. Il recolonise le Pays de Galle qui avait tendance à prendre ses aises sous Stephen, puis il pique la Bretagne et Toulouse à la France. Comme il ne sait  pas quoi  offrir à son petit dernier, Jean sans terre, il massacre les irlandais conquiert l’Irlande pour lui donner. C’est sûr, un petit pays asservi, ça fait toujours plaisir. Henri développe aussi le tourisme religieux, notamment à Canterbury, en faisant trucider sauvagement l’archevêque du coin. Saint Thomas Beckett est aussitôt canonisé. Il avait osé ne pas  être d’accord avec Henri, qu’il jugeait un chouïa autoritaire et énervé, c’est fou quand même! Henri, qui pourtant s’entendait très, très bien avec Alienor au départ finit par se disputer aussi avec elle et leurs fils. C’est la pagaille totale dans cette famille, on se demande ce que font les services  sociaux. Ça se révolte, ça complote, ça trahit…Henri finit par être dégoûté et il laisse la place à ses fichus gamins, qu’ils se débrouillent, lui il rentre à Chinon où il meurt en 1189.

Et bien c’est ce français légèrement caractériel (qui ne parlait pas un traitre mot d’anglais) qui servira de modèle à des tas de monarques anglais par la suite. Les victoriens étaient en admiration béate devant Henri et son colonialisme pathologique. Il faut dire aussi que c’est ce migrant qui a rétabli l’ordre en Angleterre, assuré une certaine prospérité, créé les bases du système judiciaire tel qu’il existe toujours, bref, qui est considéré comme le premier vrai monarque britannique (puisqu’il avait conquis le Pays de Galle et l’Irlande). J’en ris encore.  

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Expat survey

Il y a quelques mois, j’avais reçu un questionnaire fabuleux de ma banque qui se targuait de faire une enquête sur ces êtres étranges que sont les expats. Et attention, pas la petite enquête comme ça en passant, mais carrément un sondage  mondial. Comme je suis curieuse, j’étais allée voir les questions et j’étais restée assez perplexe. Et bien ce matin, ma banque, dans sa grande gentillesse m’a informée que ça y est, paf sa grande étude sur les expats est sortie.  Bon, les questions étaient un tantinet débiles biaisées, déjà ils ne prévoyaient pas qu’on puisse être Expat plus de 5 ans, ni que nos gamins pouvaient être nés dans notre pays  d’accueil mais j’ai quand même cliqué, sans illusion. Pour une fois que quelqu’un nous pose des questions au lieu de nous enfermer directement dans tous les pires clichés, il faut l’encourager. Si ça se trouve, je vais être agréablement surprise. Et enfin savoir ce que c’est qu’un Expat, parce qu’en 20 ans, je n’ai toujours pas compris.  



Source 

C’est très bien fait avec des graphiques qui bougent tout seuls, des jolis dessins à bulles et tout ça. Bref, je n’ai rien compris au départ. Puis j’ai cliqué sur les « 12 points qui font la vie des expats ». Ahaha, c’est pour moi…Ah ben non, parce que ça commence mal, je devrais habiter à Singapour en fait. C’est marqué, les meilleurs expats sont à Singapour. C’est même le premier des 12 points. C’est pas comme si on pouvait deménager à Singapour comme ça, du jour au lendemain avec nos 5 enfants et 2 chattes. Ça ne va pas le faire. Je sens que j’ai raté ma vie d’expat…ah non, attendez, le deuxième point, c’est qu’il y a une destination idéale pour chaque type d’expat, ouf! Je ne sais toujours pas quel type d’expat je suis, mais c’est pas grave, il doit y avoir l’Angleterre là dedans. Je suis sûre que ça va me correspondre. Alors, les expats qui cherchent une super qualité de vie (à ne pas confondre avec ceux qui veulent habiter dans un carton pourri sous un pont à Bagdad, ou dans une jolie cité nord coréenne) s’installent forcément à Melbourne. Encore raté pour moi. En plus je deteste les insectes et autres bébêtes rampantes et il paraît qu’il y en a de très gros en Australie, non merci. De toute façon ça veut dire quoi la qualité de vie? C’est surfait. Je ne désespère pas. C’est quoi la destination suivante? New York, pour les carriéristes uniquement. Puis Paris pour la culture, ça ne va pas le faire non plus. C’est marrant aussi comme la banque considère qu’un Expat vit obligatoirement dans la plus grande ville de son pays d’accueil, il n’y a rien pour les ploucs comme moi qui vivent à la campagne ou dans des villes moyennes. C’est à dire qui sont complètement immergés dans la vie locale. On est quoi, des demi expats? 

Je crois que je vais passer à la suite. Surtout qu’on ne sait toujours pas ce que c’est qu’un expat avec tout ça. Et là, j’avoue que l’enquête est intéressante.  Ce sont plutôt les jeunes qui s’expatrient d’après le sondage. Du coup, c’est plutôt logique qu’ils n’aient pas encore d’enfant et qu’ils restent plus de 5 ans. Je dis ça comme ça, mais ça prouve bien que les questions étaient mal posées.  Je n’ai pas dû être la seule à ne pas rentrer dans les cases. Par contre figurez-vous que les expats partent généralement pour trouver du boulot, pas pour fuir les impôts de leur pays d’origine et ni pour profiter lâchement des allocs dans leur pays d’accueil, c’est fou ça alors!  Ils ont même tendance à avoir des revenus satisfaisants (Je rapelle que l’enquête est faite par une banque), bref ils contribuent largement à l’économie de leur pays d’accueil. Elle est très sympa finalement, cette enquête.  D’ailleurs 74% apprécient les us et coutumes locaux, on peut aller jusqu’à dire qu’ils pourraient se sentir intégrés, je dis ça sans penser à mal. Ni viser personne bien-sûr. Ça n’a rien à voir, mais il paraît que Farage, l’ex leader du UKIP, est en train de s’expatrier vaguement aux US. Pour trouver du boulot forcément…un truc de coach politique ou quelque chose comme ça. Et je suis sûre qu’il apprécie à 100% les us et coutumes de celui qui lui a offert ce petit job, un certain Donald. Mais je m’éloigne encore du sujet…

Revenons aux expats et plus particulièrement aux Expats au Royaume Uni, on peut cliquer sur le pays de son choix. Ça m’intéresse quand même un peu, même si je ne vis pas à Londres alors que  l’enquête semble considérer qu’il ne peut pas y avoir de vie civilisée après la M25 (le périph londonien). Il y a des conseils pour les futurs expats: n’oubliez pas votre parapluie et apprenez l’anglais. Ah ben c’est gentil, ils n’y auraient pas pensé tout seuls. Cela dit, il y aussi un classement des pays, et le Royaume Uni ne risque pas de faire rêver grand monde. Au niveau convivialité, accueil charmant des locaux et tout ça, il est 41 eme sur 45. C’est pas gagné. Heureusement il remonte à la seizième place pour la qualité de l’éducation. Bref, vus par les expats qui ont répondu au sondage, les anglais sont antipathiques mais il y a de bonnes écoles, ça compense. Par contre, pour la qualité des soins, on est 44eme sur 45…ouch! Derrière l’Égypte et devant la Chine. Je ne sais pas pourquoi mais je sens que ce n’est pas près de s’arranger de ce côté là (c’est du teasing). Le Royaume Uni arrive trentième pour la fameuse qualité de vie du début, c’est pas génial, et carrément deuxième (son meilleur score) pour tout ce qui est finance et carrière. Bof. C’est pas réjouissant tout ça. 

Bref, je ne sais toujours pas si je dois me considèrer comme une expat, une immigrée ou une migrante. Mais par contre, ça me dit que j’ai mal choisi mon pays d’accueil,  alors que je suis sûre qu’à Singapour ou à Melbourne, on s’éclate. C’est déprimant les enquêtes de ma banque. 

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SuperMum top 10

C’est difficile à croire, mais SuperMum me manque. Pour les nouveaux, j’ai rencontré la première SuperMum dans l’ancienne école primaire, elle était présidente du PTA (Parents Teachers Asosciation) et m’a pris sous son aile. Au tout début, pendant trois jours, j’ai été reconnaissante d’un accueil aussi chaleureux. Je ne m’étais pas rendue compte qu’elle me considérait du coup comme corvéable à merci pour toutes les activités du PTA. Je me suis même retrouvée trésorière, parce que personne ne voulait le faire et que « les chiffres, c’est les mêmes dans toutes les langues ». Bréf, j’ai vite compris que SuperMum était une sorte dictateur, dépourvue de tout de l’humour et avec qui je n’avais strictement rien en commun. Elle a vite considérée que j’étais un dangeureux élément subversif, mais personne ne voulait s’embarquer à prendre ma place et faire les comptes et on a cohabité comme ça pendant 4 ans. Honnêtement, il y a eu des bons moments. Mais pas que. On s’est quitté en très mauvais termes quand sa fille est partie en secondaire et qu’elle a été remplacée par son clone, sa plus grande groupie, SuperMum 2, la même donc, mais qui se voulait plus moderne. Je n’ai jamais vu la différence, mais j’ai enfin trouve un volontaire pour reprendre la trésorerie, ça allait! 

Quand on est arrivé  dans la nouvelle école, ça n’a pas loupé, la SuperMum locale m’est tombé dessus. Certes, je voulais m’intégrer mais pas me faire avoir complètement. Bref, on s’est à peine côtoyer avant qu’elle quitte l’école en juillet. Et depuis…plus rien! Pas la moindre SuperMum à l’horizon, ça m’inquiète. Certes, je ne mets jamais les pieds au PTA, ça n’aide pas. Mais d’habitude, une SuperMum, ça se repére de loin…je ne l’aurais jamais cru, mais voilà que ça me manque d’avoir une SuperMum à l’école! Du coup, je ressors mon top 10 pour l’identifier à tous les coups.


Source 

 Bien sur, Super Mum ne sévit pas qu’à l’école, on la retrouve partout. Comme Martine, Super Mum va à la piscine, Super Mum fait ses courses, Super Mum prend l’avion….mais c’est à l’école qu’elle est la plus virulente. Attention, pour être une Super Mum, il faut réunir tous les critères suivants, rassurez-vous, si vous vous reconnaissez une fois ou deux, vous êtes encore loin du compte.

1-la tenue: ça ne loupe jamais la Super Mum classique, bien qu’ayant votre âge s’habille comme votre mère. Ou plutôt comme la sienne, la mienne n’a jamais mis de jupe en tweet assortie à des bottes en caoutchouc. Super Mum traditionnelle privilégie les classiques, chic mais pratique. A son avis en tout cas, parce que son bonnet en pilou la fait juste ressembler à une théière. Elle désapprouve la fantaisie, mais pas les couleurs, elle est contre la mode. Pourtant elle est toujours impeccablement coiffée, pour ne pas dire casquée. Son modèle vestimentaire reste bien sur la Reine, qui je le rappelle a quand même l’âge d’être sa grand mère. Mais attention, de plus en plus, Super Mum se modernise, et abandonne cet uniforme si facilement reconnaissable. C’est une ruse qui ne lui permet pas de passer inaperçue dans la cours de recréation. D’ailleurs, elle serait très deçue de ne pas se faire remarquer, et une Super Mum de mauvaise humeur, ce n’est bon pour personne. La Nouvelle Super Mum porte fièrement des vêtements fair trade, aux ravissantes couleurs naturelles, kaki-couche-usagée ou violacé purulent. Tout ça a été tissé avec les oreilles par des indiens péruviens bien sur. A défaut, car le climat légèrement humide demande parfois qu’on privilégie le côté imperméable, Super Mum s’habillera chez Boden. D’ailleurs certaines anglaises n’hésitent pas à remplacer l’expression Super Mum par Boden Mum. Et là, je m’insurge! Que dis-je, je suis outrée, et si Boden veut m’envoyer un coupon de réduction, c’est quand ils veulent. Mais je m’égare.

2-ses enfants: par une bizarrerie de la nature, super Mum a souvent des filles et regarde avec pitié les mamans de garçons. Ou bien elle a un garçon puis une fille, dans cet ordre, sinon, ça fait fouillis. En primaire, les filles de Super Mum, en véritable mini me, sont impeccables, comme leur mère, mais alors que Super Mum se vieillit à outrance, ses filles continuent à venir à l’école avec des barrettes Peppa pig à 11 ans. Par contre, les mêmes gamines risquent de tourner gothiques en secondaire, ou avec les cheveux roses, on se demande bien pourquoi tiens!

3-les uniformes de ses enfants: malgré une campagne farouche pour que l’école adopte des uniformes fair trade, la directrice n’a pas cédé, au prétexte fallacieux que cela doublerait les coûts et que toutes les familles ne pourraient pas se le permettre. Super Mum a boudé. Pour se venger, elle brode à la main les names tags, les étiquettes avec les noms de ses enfants, avec du coton bio. Sa fille est toujours en robe, alors que le pantalon est accepté aussi, et en chaussettes blanches montantes aux genoux, même si il gèle. Cette pauvre enfant passe l’hiver à éclairer la cour de recréation de ses genoux rouges éclatants à cause du froid. Mais ce n’est rien comparé au fils de Super Mum, qui sera en culotte courte à partir d’avril, même à 11 ans. Et c’est taquin un enfant, à cet âge, demandez à ses petits camarades.

4-les lunch box: j’en ai déjà parlé, Super Mum est contre la cantine. Elle cuisine consciencieusement les dernières recettes bios, en étant persuadée que tout le monde la jalouse et sans se soucier du fait que ses enfants jettent directement tout ça en arrivant à l’école et survivent grâce aux chips oignons vinaigre généreusement offerts par leurs copains.

5-les activités extra scolaires: Super Mum se pique de sport. Elle n’hésite pas à enfiler une fois par semaine des tennis impeccables pour entraîner bénévolement l’équipe de basket féminin de l’école. Son unique compétence apparente est le maniement du sifflet: elle est la seule à obtenir, en continu pendant une heure des bruits aussi stridents. Il paraît que c’est pour la motivation de l’équipe, évidemment, si vous n’êtes pas sportive, vous ne pouvez pas comprendre.

6-les cours privés: Super Mum vous éblouira tous les jours de son agenda chargé. Ses enfants ont des cours de soutien de math, de science, mais aussi des leçons de français et de chinois, de violon et de piano. Ils font natation, équitation et dance, et sont inscrits chez les scouts….c’est quand même un monde, avec tout ça, que les instits ne se rendent pas compte à quel point ses enfants sont géniaux!

7-ses relations avec les enseignants, justement. Elles se résument à deux malentendus rédhibitoires. Super Mum sait que ses enfants sont remarquables et est prête à se dévouer pour expliquer aux enseignants comment faire leur métier correctement pour qu’ils apprécient enfin le génie de ses rejetons. De leur côté, les ingrats d’instits s’obstinent à dire que ses enfants sont tout juste moyens et qu’ils savent ce qu’ils font, non mais. Pareillement, Super Mum propose quasi quotidiennement , dans un élan sacrificiel remarquable, de sauver l’école de la ruine financière, organisationnelle et pédagogique, mais la directrice n’écoute jamais ses conseils.

8- les devoirs: les instits refusant d’appliquer les suggestions de Super Mum, les devoirs qu’ils donnent sont nuls. Super Mum est donc obligée d’inventer les siens. Il faut faire un poster sur les lapins? Ses enfants arrivent avec une présentation Power point sur les mammifères. L’instit a demandé de fabriquer des maracas en rouleau de papier toilette? Elle aura passé le week end à confectionner une harpe en boîte à chaussure.

9-les sorties scolaires: Super Mum est toujours volontaire pour accompagner les sorties. De toute façon, il n’y a pas le choix, puisque sans elle, ce serai un fiasco. Le bus s’égarerait lamentablement dans la campagne pendant des heures, les instits perdraient un ou deux élèves, et personne ne serait là pour leur faire réviser, en musique, leurs tables de multiplication pendant le trajet.

10- le PTA: attention, il existe des présidentes de PTA très sympas, mais si votre spécimen réunit déjà les 9 critères précédents, vous pouvez être sûre qu’elle sera présidente du PTA. Et si vous n’avez pas réussi à lui échapper à vos débuts, vous êtes volontaire à vie pour faire les comptes…

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Sunny Monday #40

Nouveau mois, et nouvelle couleur pour le rendez-vous ensoleillé de Bernie. Pour octobre, on attaque le bordeaux! Ça me va très bien, et je parle toujours de la couleur. J’aurais pu vous montrer mon mur Bordeaux dans la salle à manger, celui avec la cheminée (hiiii) mais je crois que je l’ai beaucoup étalé l’année dernière…alors on va dehors, au soleil en plus.


J’ai déjà montré l’intérieur et l’extérieur de l’Emirates, le stade d’Arsenal, mais avant d’y accéder il faut passer par les guichets avec leur murs en carrelage Bordeaux. Ce n’est pas forcément une réussite architecturale, mais c’est dans le thème, et le club célébrait les 20 ans de Arsène Wenger à sa tête hier, c’est donc aussi de circonstance! Une fois passé les carreaux Bordeaux, on prend un escalier qu’on aperçoit derrière, on crapahute le long  d’une grande passerelle,  décorée des portraits des héros passés du club  (je ne veux pas dire, mais il y a une tripotée de Français !) et on arrive enfin devant le stade. C’est là qu’on commence à faire 4 fois le tour pour trouver la bonne entrée. Avec tout ça, avant même que le match commence, on est épuisé. C’est sportif. 

Bonne semaine à tous!

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My Own ABC 39

Je pourrais continuer les K, il y a encore de tas de choses commençant par K ici, des kettles aux knights, mais je ne le sens pas. Je ne suis pas inspirée, le K est une lettre bizarre et mal fichue qui ne me plait pas plus que ça. On va donc passer aux L. Si il y avait une organisation logique dans mon abécédaire de toute façon ça ferait tâche par rapport au reste du blog, non?  Restons bordéliques prudents.

L comme…

Liverpool: pour faire plaisir à ma copine Carrie, je voulais commencer par cette ville du nord de l’Angleterre qui a une réputation atroce colorée dans le sud. Mais bon je n’y ai jamais mis les pieds et je suis influençable, puisque je veux bien croire tous les clichés que mes amis anglais (du sud) véhiculent en se moquant de ces gros ploucs attardés de Liverpudlians ou Scousers (c’est le nom local, ça a l’air d’être en référence à un ragoût. Je ne cherche pas à comprendre, si ça les amuse de  s’identifier à de la viande bouillie, c’est leur problème). Je suis aussi effarée devant leur accent pas vraiment charmant, leurs fautes de grammaire et leur manie de se balader en t-shirt et tongs par -25. Vous allez me dire, la différence est subtile avec les esséxiens, c’est vrai.  Mais ce n’est pas le même accent, les mêmes fautes de grammaire et dans l’Essex, on met une doudoune sans manche par dessus son t-shirt et ses tongs quand il fait -25. À part ça Liverpool compte 500 000 habitants à peu près, le borought council date du douzième et je ne vais pas recopier tout Wikipedia non plus. Sinon Liverpool est connue pour sa révolution industrielle, ses chômeurs, ses Beatles et son club de foot.


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Lancelot (ça se prononce Lanh’slott en anglais, ça fait maladie de peau): le célebre chevalier du lac et de la table ronde réunie, bref Lancelot du radeau circulaire. Son existence est encore plus improbable que celle de son pote Arthur, c’est dire à quel point on est sûr qu’il n’y a jamais eu de chevalier Lancelot, et pas seulement parce que les chevaliers n’existaient absolument pas au temps supposé d’Arthur. Je casse un peu le mythe là. C’est bien simple, Lancelot avec son nom bien français (il s’appelle monsieur Dulac, même pas monsieur Ofthelake) n’apparait pas du tout dans les premières versions locales des légendes arthuriennes. Il faut attendre que le mythe sur lesquels les rois médiévaux anglais s’appuient pour affimer leur pouvoir soit audacieusement repris par un français en manque d’inspiration pour voir apparaitre soudain le petit Lancelot, qui se tape l’incruste alors qu’on ne sait pas d’où il sort, encore un migrant tiens! C’est donc Chrétien de Troyes au douzième siècle qui reprend la légende, y rajoute Guenievre, Lancelot et des histoires de coucheries qui n’existent pas dans l’original et ont beaucoup choqué les anglais. Il se prend pour qui, ce français à dénaturer comme ça notre jolie légende? Ben soit pour quelqu’un qui n’aime pas les anglais et veut se moquer d’eux, soit pour un auteur de génie  qui a mis un peu de romanesque dans leur légende toute fade. 

London Tower bridge: évidemment, je pourrais parler de Londres tout simplement, mais il y aurait de quoi faire plusieurs billets, on va se contenter d’une des attractions touristiques qui symbolise la ville et même le pays entier. C’est très joli. C’est aussi beaucoup moins vieux qu’on peut le croire, et c’est une bonne chose. Le premier pont à cet endroit a été construit par les romains, qui n’avaient pas du tout prévu la circulation qui y passe aujourdhui. Même la version moyenâgeuse du pont ne pourrait pas supporter le poids des voitures et camions qui s’y engouffrent quotidiennement. Ou alors, la berceuse pour enfants, » London Bridge is falling down » (🎶falling down🎶falling down 🎶lalaaa) est prémonitoire? Imaginez si le pont s’écroule, toutes les voitures qui tomberaient dans la Tamise…et qui finiraient par bloquer la rivière. Ça provoquerait une crue démentielle qui irait jusqu’à inonder Westminster au moins, et noyer les politiciens irresponsables et débiles en charge du Brexit compétents et sincères. Ce serait ballot. Je sens que je m’éloigne un peu du sujet. Je disais que le pont date de la fin du 19 eme. On peut visiter les tours avec tout le système de pompes hydrauliques qui le font se lever pour laisser passer les bateaux, c’était remarquable pour l’epoque.


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Last of the summer Wine: c’est une série télé endurante de la BBC qui a commencé en 1973 et a continué par intermittence jusqu’en 2010, mais les fans vous diront que rien ne vaut les premiers épisodes des seventies. C’est possible, je ne sais pas, les nouvelles versions m’endorment tout autant. Ça se passe  dans un bled paumé du Yorkshire, qui a l’air d’être coincé dans les fifties, je ne savais pas qu’il y avait un trou dans l’espace temps là aussi mais il n’y a pas de raison que seule ma cuisine soit affectée.  Je vais très bien, c’est la perspective du Brexit au printemps qui me monte à la tête. Alors donc, Last of the summer wine suit les aventures lénifiantes d’un trio de retraités excentriques et de leurs acolytes. Je ne critique pas, l’idée de base est bonne, mais disons que la série est connue pour son humour familial ce qui n’est pas toujours un gage de qualité. D’ailleurs il paraît que Lizzie est fan, bref on ne peut pas dire que ce soit osé ou subversif. C’est culte mais gentillet. 


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Lardy cake: c’est un gateau typique du sud de l’Angleterre, enfin plutôt de Sud-Ouest ou du milieu du sud (ben quoi? C’est très clair comme explication, je ne vois pas pourquoi Marichéri se moque!), bref il n’y en a pas dans le sud est. À part ses particularités géographiques, le lardy cake est remarquable par sa composition. Il y a du saindoux, de la farine, du saindoux, du beurre, du saindoux, du sucre, du saindoux, des raisins secs et de saindoux. Sérieusement puisque ça se fait en couches qu’on replie les unes sur les autres après les avoir badigeonnées d’un peu plus de saindoux, sinon c’est sec. Bizarrement, c’est mangeable et même très bon quand c’est bien fait. Pour ceux qui sont intéressés, je vous mets la recette simplifiée de BBCGoodFood ici, parce que la recette traditonnelle, avec ses couches et ses pliages et repliages pendant 30 ans, c’est encore plus sportif.


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Project 52 II #39

Attention, je crois qu’il va y avoir beaucoup de petits animaux cette semaine pour le rendez-vous de Ma’! Elle a choisi comme thème : mignon, ça devrait le faire. Je ne pense pas qu’il n’y ait que moi qui craque devant les bébés animaux. J’ai hésité entre un agneau, un bébé sanglier (c’est adorable), un petit lapin…mais bon, j’ai un chaton sous la main, autant que ça serve.

  
Voici donc Penelope, encore, après un partage de cookies au chocolat avec WizzBoy, ils sont aussi répugnants l’un que l’autre. Je n’arrive toujours pas à me décider sur la prononciation de son nom. A la française? Penh-élopy, à l’anglais? Ou le diminutif, Penny? WizzBoy a choisi de l’appeler Pénopy,  c’est plus simple. Elle joue beaucoup avec lui volontairement en plus,  ce qui l’enchante. Surtout que Capucine le fuit systèmatiquement. Penelope campe sur le château en carton qu’on a fabriqué cet été avec des boîtes de wiskas d’ailleurs. Elle monte la garde, et se défend contre les assaillants emmenés pas un WizzBoy casqué et armé d’une épée en mousse. Il est secondé par deux girafes Playmobil dans un camion de Fireman Sam et d’un T-rex en plastique fluo. Penelope a réussi à décaniller une girafe, mais elle a lâchement abandonné son poste quand le camion a déclenché sa sirène par surprise. Elle s’est repliée stratégiquement sous un fauteuil, pendant que WizzBoy entame une danse de la victoire autour du château. Et là, paf, c’est la contre-attaque. Le chaton se rue sur les chaussettes du gamin qui hurle et essaie de l’embrocher avec son arme en mousse que la bestiole mordille aussitôt, en ronronnant. WizzBoy est hilare, Pénopy,  elle est fun. 

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Friday feelings #80

Bon, de toute façon Fédo/Zenopia (elle n’a pas un dédoublement de la personnalité, mais c’est comme ça avec les blogueuses, on raffole des pseudos) m’a assuré qu’il n’y a pas d’horaire précis pour les états d’esprit du vendredi de Zenopia donc et Postman. Voilà, je commence quand je veux et je termine quand WizzBoy veux bien me laisser le temps (il n’a pas preschool le vendredi. C’est pas faute de faire des caprices pour y aller, mais c’est fermé. Ça me donne envie de pleurer aussi). C’est beaucoup mieux comme ça, pas de raison de se presser. Non parce que le matin, c’est toujours un peu la folie ici. Il faut envoyer GeekAdo et PrincesseDiva dehors à temps pour le bus alors que l’un à mal au ventre, à la gorge, aux oreilles, à l’orteil droit (rayez les mentions inutiles) et l’autre a des problèmes de chignon. Il faut s’occuper de PrincesseChipie, qui est encore petite et l’amener à l’école en maîtrisant WizzBoy qui a vu un chien et veut l’attraper…en plus ce matin, j’ai eu la surprise de revoir L’Ado devant la machine à café, je ne savais même pas qu’il était rentré cette nuit. Non mais coin tu vois, meuh, le café soluble, c’est carrément dégeu. Ça fait chaud au coeur, ce qui manque à ce fils indigne, ce n’est pas sa maman, mais sa dose de caféine! Il ne faisait que passer, il repart faire la fête s’intégrer à l’université et ne reviendra pas avant demain après-midi, mais comme il n’avait pas encore complément dessaoulé était d’humeur sociable, il a voulu communiquer. Bref, je suis débordée.  Youpidoo. 

10h06

Fatigue: c’est épuisant cette freshers week. On ne sait jamais quand L’Ado va rentrer, ce n’est pas que je m’inquiète et que je ne ferme pas l’œil de la nuit mais bon…

Humeur: beuh.

Estomac: n’a pas attendu L’Ado pour savoir que le café soluble, c’est le mal.

Condition physique: je me prépare à hiberner. 

Esprit: tortueux 

boulot: je fais un truc…impossible de trouver un nouvel angle pour mon guide, alors j’ai commencé autre chose. On verra bien. C’est fou comme j’ai l’air enthousiaste et sûre de moi, non? 

Culture: discuter des mérites comparés de Garcia Marquez et Borges au petit dej’ avec un ado à moitié bourré, c’est fun. Je sens que je vais bien aimer ses cours en fait. Il va étudier Dante aussi. On va bien s’amuser. 

Message perso: things will get better soon, you deserve it. 

Avis perso: comment une grande bavarde comme moi a pu oublier des rubriques?  Je ne comprends pas…Je suis passée à côté d’une occasion de me répandre encore plus en insanités pendant des semaines. Ça confirme ma théorie du trou dans l’espace temps dans ma cuisine, je le savais. Il a absorbé les rubriques ‘envie de’ et ‘divers’ avec ma patience, une cargaison de hot dogs, l’acné de L’Ado qui s’éclaircit, ma santé mentale, et une poignée de poils de chats (la petite nouvelle est très fluffy, moitié persan, moitié angora, moitié mammouth laineux bonsaï) 

Divers: je ne comprends pas cette passion anglaise pour les fenêtres à croisillons, vraiment ça me dépasse. Enfin bon, on a une nouvelle porte, payée et choisie par l’assurance. Avec des croisillons. Alors qu’on avait bien dit qu’on n’en voulait pas. 

Loulous: L’Ado est donc officiellement étudiant. Il a vu les chambres et conditions de vie de ses potes qui n’ont pas des parents fascistes et vivent sur le campus, eux. Finalement, pour nous faire plaisir, il va se contenter de son petit confort à la maison, il reste du camembert? Pour aller avec son vrai café? GeekAdo s’est inscrit à un sport, on est très inquiet. Il a décidé de faire de l’escrime,  alors qu’il a la souplesse et l’aisance de mouvement d’un char d’assaut en fonte amidonnée. PrincesseDiva était toute contente, elle a une sortie scolaire. Bon, la sortie en tant que telle, elle s’en fiche, c’est juste qu’elle pouvait y aller en civil. Il lui a fallu une demi heure pour choisir sa tenue…PrincesseChipie était jalouse, elle n’a pas encore eu de non uniform day. WizzBoy s’est bien habitué au nouveau chaton, il a enfin compris que ce n’est pas un lapin. En plus elle participe à ses jeux, il est ravi. 

Amitié: demain!

Love: j’ai déjà dit qu’il avait un sens de l’humour pétaradant? 

Course: faites.

Envie de: si je commence à faire une liste, ça va être long! 

Pic: je ne fais plus de billet tourisme sur l’Irlande pour le moment, parce que ça me déprime, mais je vous mets quand même une photo. C’est à Portmarnock dans le county Dublin ( et ça se prononce Pormanock, faut pas chercher).


11h01

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Thursday Thunder: so what If We don’t fit in? 

Ce n’est pas une allusion à la taille de Marichéri (6m08) mais au fait que malgré les apparences on ne rentre pas dans les cases dans lesquelles certaines personnes veulent absolument coller tout le monde. On sent que ça les contrarie vivement quand quelqu’un dépasse, ils ont l’air de prendre ça pour une attaque personnelle. En temps normal, je me contrefiche éperdument de ce que ce genre d’étriqués intolérants pensent, mais il leur arrive de me faire savoir leur réprobation de manière plus ou moins subtile. Il paraît qu’on ne correspond pas à l’image qu’on leur donne, et qu’on fait donc exprès pour les narguer. Ahaha. Cette étroitesse d’esprit doublée de cette arrogance satisfaite m’horripile.  


Source 

Tant qu’on n’ouvre pas la bouche, on passe pour anglais, et puis paf, notre accent nous trahit. C’est affolant, on vit comme des anglais, on ressemble à des anglais  (je m’habille chez Boden, je suis potelée comme une anglaise…), on a les mêmes références culturelles que des anglais mais c’est une ruse pour tromper de pauvres racistes innocents qui se rendent compte trop tard qu’on est en fait de sales migrants européens. Vous voyez, ces mêmes dégénérés du cerveau qui hurlent parce que les étrangers ne s’intègrent pas?  Voilà qu’ils nous trouvent trop intégrés en fait! C’est pas juste, on a l’air plus anglais que la reine qui elle-même est d’origine allemande. C’est fâcheux tout ça, voilà que ces braves gens se retrouvent  à discuter météo avec moi parce qu’avec tout mon cynisme d’étrangère je n’ai pas un gyrophare sur la tête pour prévenir à l’avance que malgré les apparences, je ne suis pas anglaise. En plus à part l’accent, je parle très bien anglais, mieux qu’eux parfois, c’est un comble! (C’est malheureusement vrai, l’essexien est bourré de fautes de grammaire qui me font grincer des dents).

On est donc de sales expats (c’est fou, entre les insultes des uns et des autres, on va finir par s’installer au milieu de la Manche…ça me fait penser que je n’ai pas encore demander le passeport sealandais. Elle serait pas à vendre, leur plateforme en mer du Nord? ). Mais on n’est pas des évadés fiscaux, et on ne hait pas la France du tout. On ne vit pas comme des clichés mais comme des locaux, (je rappelle d’ailleurs que j’attends toujours pour la femme de ménage…). On ne ‘rentre’ pas en France à la moindre  occasion, je n’abandonne pas Marichéri ici tous les étés pour squatter chez mes parents avec toute la tribu pendant qu’il bosse. On ne critique pas systématiquement tout en disant que c’est mieux en France. Déjà, on est parti depuis trop longtemps pour avoir la moindre idée de comment ça se passe en France. Mais on ne renie pas du tout nos racines et on ne prétend pas non plus que tout est forcément mieux ici, avec le zèle un chouïa crispant de certains nouveaux arrivants. Bref, on ne fait aucun effort pour choisir un camps.

On a une ribambelle d’enfants qui vont à l’école…enfin non qui vont dans des écoles. Là encore, on fait exprès pour tromper les honnêtes gens. Parce que ça ne se voit pas tout de suite, effectivement on n’attend pas tous les 7 en troupeau devant la sortie du primaire ou du collège. On ne va pas faire les courses avec les plus  grands. On ne les amène pas à la ferme ou au zoo non plus quand on y va avec les plus  jeunes.  Comment voulez-vous que le dévoué donneur de leçon se rende compte qu’on a 5 enfants? Heureusement qu’il peut se rattraper une fois  qu’il a découvert notre infâme secret! De toute façon, c’est évident, puisqu’on est d’horribles migrants européens, c’est pour les allocs. Ben non, on n’a jamais touché un penny. Et avant que vous me parliez du NHS, j’ai un obstétricien privé dont je suis très contente, merci. Ça n’empêche qu’apparemment, on est trop jeune  pour  avoir un fils à l’université et trop vieux pour en avoir un en preschool. Ou alors c’est une famille recomposée? Toujours pas non, et on se fiche de vos opinions sur l’âge idéal pour procréer. Non mais. 

Je pourrais continuer longtemps comme ça. On a toutes apparences de la famille (trop) nombreuse middle class et puis paf, on gâche tout avec de petits détails qui clochent. Marichéri écoute de la musique de fou, par choix. J’assortie ma marinière Boden parfaite, très Kate Middleton chez les ploucs aux champs, avec des chaussures démentielles de goth attardée. On ne suit pas les modes (en matière d’éducation, de voyages, de décoration…) . Ou alors par hasard. Parce que ça nous plait, pas pour cocher la bonne case. Mais on ne cherche pas non plus à être rebelles, originaux ou quoique ce soit. Non, on n’a pas décidé de contrarier volontairement tous ces connards coincés pauvres malheureux et de les narguer personnellement en étant juste à côté de leurs cases (visiblement, c’est encore pire que d’en être complètement éloigné). Par contre, si ils insistent pour me faire part de leurs remarques, là effectivement, je ne dis pas, je cherche bien à les vexer. Non mais sérieusement, ils ont déjà croisé quelqu’un qui y rentre bien dans leurs cases? Si le monde entier le faisait, ils n’auraient plus personne à critiquer. Et oui, ils n’y ont pas pensé à ça, hum?   Ils s’étioleraient bêtement. Ils seraient obligés de vivre leur vie plutôt que de juger celle des autres. Ils risqueraient sûrement une explosion du cerveau…alors que grâce à des gens comme nous, ils peuvent s’épanouir pleinement dans toute leur mesquinerie sanctimonieuse. Bref, on leur rend service. C’est décidé la prochaine fois qu’on me fait une remarque désagréable, je réponds « you’re welcome!  » 

 

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