Le vendredi c’est états d’esprit, imaginés par ma copine Zenopia.
Fatigue: je n’ai aucune motivation pour la reprise de l’école (et donc des sonneries du réveil beaucoup trop tôt) lundi.
Condition physique: en ce moment précis, labourée. C’est à dire que Capucine, qui approche des 15 ans et n’est donc plus un chaton, a entrepris de téter ma manche gauche et qu’elle s’aide de ses griffes. J’ai donc le bras labouré. Sale bête. Mais c’est mignon quand même, à son âge…
Humeur: indécise
Esprit: ectoplasmique.
Culture: rhaaa, j’avais un truc à mettre pour une fois, je me suis dit dans la semaine tiens, ça sera bien pour les états d’esprit. Et donc je n’ai plus aucune idée de ce que ça pouvait être.
Boulot: sans commentaire.
Avis perso: les RS me fatiguent de plus en plus.
Message perso: bonnes vacances!
Loulous: L’Adulte est fatigué, ce que c’est que de bosser. GeekAdo fait des crêpes. C’est à dire que j’ai reçu un premier message affolé pour m’informer qu’il essayait de faire des crêpes et que c’était une catastrophe et qu’il fallait donc que je récupère la chose, probablement par télépathie vu qu’il est à plus de 1000 kilomètres d’ici. Après un échange intense de messages entre la France et l’Espagne et au bout d’une demi heure, GeekAdo était très fier de nous envoyer une photo de ses crêpes, qui en plus, étaient apparemment comestibles. Bref, il s’amuse toujours autant en erasmus. Mangagirl a calculé le nombre de semaines de cours qu’il reste avant le bac, ça la déprime. Princessechipie a fini son rapport de stage: le nombre de pages, c’est une indication? Non parce qu’elle a le triple de ce qui est demandé…Wizzboy lit (enfin) Astérix et il est fan.
Divers: donc Philomène pense qu’on doit la porter tous les soirs pour aller dormir dans le poulailler, sous prétexte qu’on l’a fait une fois, au début, parce qu’elle était perdue. Voilà. Elle se poste devant et attend. C’est le seul moment de la journée où elle se laisse attraper, elle nous saute presque dans les bras. Je ne sais pas si c’est un signe de grande bêtise (même pas fichue de grimper toute seule dans le poulailler!) ou une preuve d’intelligence (pourquoi se fatiguer alors qu’on peut se faire porter?).
Amitié: supportent de m’entendre parler des poules abondamment.
Love: attend les mini canards.
Penser à: téléphoner à l’éleveur pour savoir où ça en est, cette histoire de canards.
On va encore parler de ce qui se passe de l’autre côté de la Manche. Je crois que ça devient tellement ubuesque que même si je ne m’y intéressais pas pour des raisons personnelles (on pensait y rester toute notre vie, sans le Brexit, on ne serait jamais parti), ça me ferait réagir. Cette fois, le pays entier est en pleine crise à cause de tomates. Si.
On s’éclate de plus en plus en brexitland. On s’éclate, mais sans tomate. C’est à dire qu’il y a non pas une simple pénurie, mais une absence totale de tomate. Les RS sont envahis de photos de consommateurs affligés ou furieux qui postent des rayons et des rayons de supermarché vides. Pas une seule tomate à l’horizon. Ça pourrait être anecdotique (après tout, c’est pas vraiment la saison des tomates) mais ce tomato gate est tellement symptomatique de la vie en brexitland qu’il relègue sur place, toute autre actualité aux oubliettes (la guerre en Ukraine anyone? la situation en Irlande du nord?). Parce que les médias ont d’abord nié purement et simplement la pénurie. Ils ont affirmé sans rire que les gens qui ne voient pas de tomate dans les rayons mentent, c’est pas vrai, tout va bien, vive les tomates. Je crois que c’est la première fois qu’on peut utiliser le terme Orwellian pour des tomates.
Devant l’évidence et la colère grandissante des britanniques qui ont enfin compris à quel point certains médias les prennent pour des cons, manipulent éhontément, il a fallu changer de stratégie: il ne s’agit pas que le bon peuple se rende compte qu’on lui raconte des salades sur d’autres sujets que les tomates (je cherche à caser « salade de tomates » depuis le début…), comme le succès phénoménal du Brexit, qui n’impacte absolument pas l’importation de produits frais. C’est un exemple au hasard. Éditorialistes des tabloïds et gouvernement ont donc modifié leurs discours. Ils ont reconnu l’absence de tomate mais ça n’a rien à voir avec le Brexit , c’est un problème de météo espagnole, il n’y a aucune tomate nulle part en Europe. Et bien, pour la première fois depuis 7 ans, ça n’a pas marché. Les britanniques se sont mis à poster des photos de rayons entiers de tomates sur les marchés espagnols mais aussi de toute l’Europe. Pour la première fois, grâce à des tomates, le discours d’état est massivement remis en cause. C’est aussi inattendu que remarquable.
Je n’aurais jamais pensé qu’un simple fruit pourrait faire vaciller le récit brexiteur qui jusqu’à présent, a nié avec vigueur toutes les preuves de l’échec économique du Brexit. Plus c’était gros, plus ça passait. Même si l’opinion publique commençait enfin à se rendre compte que le Brexit était une erreur monumentale, le discours officiel et surtout celui des tabloïds brexiters n’évoluait pas d’un iota. Et voilà que la propagande s’écroule face à une tomate! Et maintenant, la presse n’hésite plus à parler de rationnement. Parce qu’il n’y a plus de tomate, mais il n’y a pas beaucoup plus d’autres fruits et légumes non plus et les supermarchés ont dû mettre en place des limites d’achat. Ils préviennent que ça va durer des semaines et que oui, c’est bien à cause du brexit qui bloque les importations. Welcome to brexitland, où on ne peut plus manger de tomate, mais où on ouvre enfin les yeux.
Cette semaine, c’est Marichéri qui a entendu la phrase du mercredi. Enfin, là, c’était vendredi dernier, chez le boucher. D’habitude, il y va à l’ouverture, il n’y croise pas souvent grand monde. Cette fois, comme il était en vacances, il a profité à fond de la vie locale (« mais on les connaît , tous ces gens qui nous disent bonjour? ») et des discussions chez les commerçants. Et donc, il a adoré l’observation gastronomique et péremptoire d’un vieux monsieur à la boucherie:
Maricheri est convaincu, il s’est empressé de réclamer de la sauce aussi, autant dans un soucis d’intégration que par gourmandise. Il ne nous manque plus que les frites, et on sera au top de la gastronomie locale.
Alors, on va savoir à quel point je suis devenue British…Ou pas.
1-How many cups of tea do you have a day? How many sugars?
Ah, ça commence fort…zéro. Je bois zéro tasse de thé par jour. Je ne bois jamais de thé. J’ai passé 21 ans en Irlande et en Angleterre à faire de la résistance, cramponnée à ma cup of coffee. Pourtant, que ce soit les irlandais ou les anglais, ils consomment le thé par hectolitre, quotidiennement, à toute heure et en toute circonstance. Une visite? On offre un thé. Un moment de fatigue, une bonne nouvelle, un bobo, un truc à fêter, un chagrin? Prenez un thé. Ben pas moi…ça m’a valu des tentatives d’empoisonnement au café soluble par des copines qui voulaient bien faire et en gardaient un paquet au fond d’un placard juste pour la française, mais je n’ai pas cédé. Par vengeance contre, j’ai investi dans une kettle, une infâme bouilloire électrique en plastique blanc pour leur faire du thé quand elles venaient. C’est juste qu’une fois sur deux, j’oubliais d’acheter du thé…bref le thé n’est pas ma cup of tea. Ahaha.
2. Favourite part of your roast?
J’imagine qu’on parle du Sunday roast, le repas traditionnel du dimanche midi, auquel j’ai eu droit en tout et pour tout une fois, c’est dire si la tradition, on s’assoit dessus en fait. Ça tombe bien d’ailleurs, parce que le rôti bouilli a effectivement la consistance d’un siège, à la fois dur et mou et les Yorkshire puddings sont d’une fadeur à faire pâlir d’envie des endives bouillies. Les pommes de terre, ça va, ça passe à peu près. Mais bon franchement, ce que je préfère du Sunday roast, c’est quand il n’y en a pas. Voilà. Juste deux questions et on se demande ce que j’ai bien pu faire à rester si longtemps en Angleterre…
3. Favourite dunking biscuit?
Ah, ça ne va pas s’arranger avec cette question…comme dit en 1, je ne bois pas de thé, je n’ai donc pas de biscuit favori à tremper dedans. En plus, la seule chose que je trempe dans mon café, c’est un croissant très français. Ou un spéculoos très belge. A la limite, un chocolat suisse…ça ne va pas le faire. Mais par contre, je voue une passion folle aux shortbreads, ces biscuits sablés, au beurre avec du beurre et encore un peu de beurre, ça rattrape, non? Et j’adore les scones aussi. Ça y est, c’est pas malin, j’ai faim.
4. Favourite quintessentially British pastime?
Demander pardon. Je fais ça comme une vraie anglaise, je demande pardon quand on me bouscule, quand on me claque une porte à la figure (pas plus tard que ce matin), quand on me pique la place dans une file d’attente, quand on me marche sur les pieds, une pro! Pour ce qui est de faire la queue…je fais ça bien, en respectant le personnel Space des autres (et j’ai beaucoup de mal avec les cohues infâmes à la française maintenant) mais je déteste attendre, donc ça ne m’amuse pas autant que les anglais.
5. Favourite word?
Fluffy. C’est mignon, doux, un peu ridicule mais pas trop. J’aime bien fluffy.
Non mais vraiment, il faut arrêter avec ça! C’est comme l’argot de titi parisien, le patois des quartiers londoniens, c’est folklorique mais c’est tout.
7. Favourite sweet?
Un classique: les fudges, de préférence au beurre salé. Je me remettais juste de la question 3 et voilà que ça me reprend.
The weird cow. La vache bizarre. Ça sonne bien non? Ou alors The fluffy pinecone. Ooh, j’adore cette question, j’ai plein d’idées. The jumping Chewbacca. The curly duck. Vous croyez que j’ai enfin trouvé ma vocation, baptiseuse de pubs?
9. No.1 British person?
Ah. Je ne compte plus le nombre de celebrities diverses (y compris littéraires) dont les déclarations sur tel ou tel sujet m’ont déçue depuis le brexit. On va dire Emmeline Pankhurst.
10. Favourite shop / Restaurant?
Je suis obligée de passer en ligne là, puisque je ne fais pas mes courses de l’autre côté de la Manche tous les 4 matins depuis qu’on est en France. Alors, je dirais notonthehightstreet.com. On y trouve de tout, fait par des artisans ou venant de petites boutiques.
11. What British song pops into your head?
Karma Chameleon, là de suite je ne sais pas pourquoi…ahah, je sens que j’ai bien eue les habitués qui s’attendaient à last Christmas, non?
12. Marmite?
Hate it! Pour ceux qui ont la chance de ne pas connaître la Marmite (à prononcer à l’anglaise, marmaït), c’est une chose visqueuse et répugnante qu’on peut tartiner sur des toasts mais on n’est pas obligé non plus. La Marmite, c’est le Nutella des anglais, mais avec de la levure de bière à la place des noisettes. C’est totalement immonde. Même les anglais sont divisés sur la comestibilité de cette substance abjecte. La Marmite est rentrée dans le dictionnaire grâce à son slogan, qui a le mérite de la lucidité: love It or hate it (aimer la ou détester la). Quand on parle de quelque chose qui provoque ce genre de réaction tranchée en Angleterre, on cite le marmite effect. Sérieusement j’insiste, mais c’est absolument infâme.
Cette semaine a été marquée par l’arrivée de Philomène et Imogene, les deux soeurs mal fichues (c’est un mélange de races qui n’était pas du tout prévu par l’éleveur) et miniatures. Elles ne sont pas plus grandes que Millicent.
Comme Marichéri était en vacances, on en a profité pour aller fouiner chez le brocanteur. On est revenu avec tout un tas de vieilleries poussiéreuses dont une TSF de 1933 dont on est très content. Après nettoyage, réparation et vernissage, la chose trône sur le bahut. On se dit que le docteur résistant qui habitait ici pendant la guerre a dû écouté radio Londres sur une TSF comme ça dans le salon aussi.
Et puis, vacances scolaires obligent, on a continué les goûters maisons. Je sens que je ne vais pas réussir à m’en débarrasser…
J’ai l’habitude des interprétations capillotractées des thèmes proposés par Ma’, mais cette fois, Maricheri trouve que je pousse un peu. Pourtant, on peut considérer ça comme une sorte d’hommage à Raymond Devos ou à Moïse (blague faite à l’instant par Marichéri, je décline toute responsabilité). Tout ça pour dire, après m’être emberlificotée toute seule dans mes explications confuses, que j’ai choisi une photo de la mer du nord qui monte et qui est démontée. C’est à dire que c’est marée montante, pour autant qu’elle monte (on ne me la fait pas, ça ne vaut pas l’océan Atlantique) et la mer est agitée. C’est très clair.
Le vendredi c’est états d’esprit imaginés, par ma copine Zenopia.
Fatigue: du tout, j’ai du mal à m’en remettre d’ailleurs.
Condition physique: en vacances. Bien sûr, que c’est une condition physique!
Humeur: se remet doucement .
Esprit: pareil.
Estomac: café, café, café!
Boulot: je n’avais pas la tête à ça.
Culture: j’ai appris plein de choses sur l’élevage des canards d’ornement dernièrement, mais j’avoue que je n’ai rien retenu sauf qu’il est mignon, le petit tout banc, là, avec son petit bec.
Avis perso: ce n’est pas parce que leur père était un pervers qui s’est introduit illicitement dans l’enclos d’à côté qu’on va abandonner deux pauvres bêtes qui du coup, sont un mélange esthétiquement curieux de deux races. On parle de poules.
Message perso: merci
Loulous: L’Adulte vit sa vie, mais il n’a jamais autant communiqué, ça fait plaisir. GeekAdo continue à découvrir la vie d’étudiant erasmus et ses talents culinaires en même temps. L’une est plus réussie que les autres apparemment. Mangagirl réfléchit intensément à ses lettres de motivation pour parcoursup en dormant jusqu’à midi. Princessechipie fait de l’humour incompris, mais elle explique après. Wizzboy a réquisitionné ses sœurs pour l’occuper pendant les vacances et ça marche. J’en suis très contente.
Divers: on a donc dû aller chercher de la compagnie pour cette pauvre Millicent, toute perdue sans sa copine. Gladys a réussi à s’assommer toute seule et à mourir sur le coup, et on était tous aussi triste que Millicent. Wizzboy et moi avons beaucoup pleuré.
Amitié: supporte mes histoires de poules avec une gentillesse et une patience remarquables.
Love: il a été merveilleux comme d’habitude.
Envie de: mini canards d’ornement, d’ailleurs Maricheri est pire que moi, il a laissé ses coordonnées à l’éleveur.
Penser à: faire les devoirs avec Wizzboy.
Pic: Millicent s’habitue à ses nouvelles colocataires, Philomène (bague rouge) et Imogène (bague jaune).
C’est beau, la technologie, les moyens de communications, tout ça…Là par exemple, je suis vissée sur mon iPad et je tapote mes petites humeurs que je vais envoyer vivre leur vie sur les RS, comme ça, d’un léger clic. Je ne me sépare jamais de mon téléphone non plus. C’est extrêmement rassurant pour quelqu’un de totalement hystérique légèrement stressé comme moi de pouvoir joindre toute ma petite tribu quand je veux et même de les localiser. Enfin bref, comme tout le monde, je fais tout depuis mon téléphone, et je pianote de partout, youpidoo, vive les nouveaux moyens de communication. Sauf l’ app de l’école. Rhaa.
On est en plein dans les vacances scolaires et pourtant la chose n’arrête pas de biper. C’est pire que le téléphone pro de Maricheri. Rien que pour la journée d’hier, on a reçu 8 messages essentiels, dont un pour nous dire que le secrétariat était fermé. Ben alors, pourquoi il continue à nous spammer? C’est très énervant, ce piiiing de l’école en continu. Il y avait vraiment urgence à nous dire juste hier, deux fois que le deuxième trimestre se termine bientôt, une fois que Pâques approche et trois fois qu’on nous souhaite de bonnes vacances? Elles seraient bonnes, ces vacances, si vous nous lâchiez un peu! Sans compter que les mails sont envoyés comme ça, sans précision, on ne sait jamais lequel de nos trois enfants scolarisés dans cet établissement est concerné. C’est la maîtresse de Wizzboy qui rappelle qu’il y a piscine à la rentrée (ce qui clairement ne pouvait pas attendre) ou le prof de sport de Princessechipie? C’est Mangagirl qui a une réunion sur les risques des réseaux sociaux (fin mars, il fallait donc nous prévenir pendant les vacances de février, c’est évident) ou sa sœur?
Le pire, c’est qu’on reçoit tellement de messages captivants comme ça de l’école, c’est qu’on ne les lit plus avec attention. Le jour où il y aura quelque chose de vraiment important, on risque de passer à côté. C’est encore pire en période scolaire, le vendredi avant les vacances on a eu 4 messages sur l’orientation post troisième, dont un rectifiant le précédent, deux messages sur des devoirs déjà donnés, juste pour confirmation, trois pour la réunion parcoursup (donc ça concerne Mangagirl mais ça n’était pas indiqué) un d’un prof de sport qu’aucun de nos trois enfants ne connaît et encore 5 autres communications toutes aussi primordiales. Je ne dis pas, c’est merveilleux d’être aussi impliqué dans la vie scolaire de nos enfants par l’école. Mais peut être qu’à un moment, il faudrait que ces braves gens se concentrent un peu sur l’essentiel. On est à deux doigts de recevoir les photos de vacances du prof de physique ou le repas de midi de la prof de math!
La messagerie de l’école va finir par me faire regretter le courrier papier, les polycopiés illisibles et les carnets de correspondances…Ping. Et voilà, nouveau mail: une prof d’anglais organise une vente de cupcake à la rentrée. C’est bien pour elle, mais là vraiment, et je le dis en toute bienveillance, on est en vacances et je vais lui faire bouffer par les oreilles, ses cupcakes si on ne me fiche pas la paix cinq minutes!
On aime bien aller au marché, c’est notre côté ex expat, ça nous émerveille encore. D’ailleurs, c’est souvent la use je glane ces petits bouts de phrases qui me plaisent tant. Le marché est une source inépuisable de joie. On est devenu des habitués que les commerçants et les passants saluent mais on n’avait pas encore testé le poissonnier, pour de sombres histoires d’allergies. J’ai craqué cette semaine et je ne regrette pas. J’ai demandé à la vendeuse si elle avait du crabe et elle a répondu, en attendant visiblement que je fasse mon choix:
Euh, c’est à dire que je vais plutôt prendre ce qu’il y a, plutôt que ce que vous n’avez pas. Après, je ne sais pas, c’est peut être un poissonnier ésotérique, alchimiste ou prestidigitateur, on peut peut être y acheter ce qu’il n’a pas. En tout cas, ça m’a plu, j’y retournerai et pas uniquement pour la qualité de la conversation.
On ne va pas parler nourriture mais Skype. Je me rends compte que le titre peut prêter à confusion, mais il y a une explication logique. C’est très simple, pendant des années, quand on vivait en Angleterre, on a appelé nos parents via Skype tous les week-ends, comme beaucoup d’expatriés le font. On a gardé l’habitude et on continue même en étant en France. Jusque là, ça se tient. Nos parents eux même téléphonent aux leurs (parents) en France aussi, mais on va arrêter de parler du lieu, ça n’est pas le plus important dans l’histoire.
Non, ce qui nous amusait, c’est que donc nos parents passaient leur samedi ou leur dimanche coincés entre l’appel des enfants (nous) et celui de leurs parents comme un petit sandwich téléphonique (on y arrive). Seulement, ça ne nous fait plus rire aujourd’hui, parce voila que soudain, d’un coup, sans qu’on sache comment ça a bien pu arriver alors qu’on est toujours aussi jeune, ben…c’est notre tour. Rhaa. On est coincé entre l’appel du matin aux parents (les nôtres) et l’appel de l’après midi des déserteurs, infâmeslâcheurs, enfants ingrats, de L’adulte et GeekAdo, les sales traîtres. Non parce si ça les amuse de vieillir, c’est leur problème, chacun ses choix, mais ils ont vraiment besoin de nous entraîner avec eux? On a rien demandé nous!
Alors certes, notre sandwich générationnel familial a maintenant 4 couches, on est encore dans la moitié inférieure, mais je sens venir le temps (lointain quand même!) où on sera pile au milieu voir dans la moitié supérieure et ça ne m’amuse pas un tout. Heureusement, on a aussi des enfants qui prennent sur eux de vieillir plus vite que nous et même de nous dépasser, haha. C’est bien simple, entre MangaGirl, avec ses châles et ses faux rhumatismes et Princessechipie qui est beaucoup plus mature que nous parfois (c’est à dire que c’est une maniaque du ménage et du rangement), on se dit qu’avec notre mentalité d’ados attardés (ce sont les filles qui le disent, en levant les yeux au ciel. On le vit bien, très bien même), on devrait s’en sortir. Et puis quand je pense à ma mère qui vit la chose avec une joyeuse insolence bienheureuse et je-m’en-foutisme qui fait plaisir à voir, je me dis que ça va bien se passer.
De toute façon, j’ai enfin trouvé ce que je veux faire quand je serai grande: je veux être une vieille dame indigne, qui fiche la honte à toute les générations familiales du sandwich. Maricheri est à fond aussi, et toc. Arrêtez de nous embêter, on a 4 ans et demi et 10 ans, et puis c’est tout. Na!