Cette semaine, je me suis fait avoir : apparemment , c’est pas parce que ce n’est plus la chandeleur qu’il faut pas faire un goûter maison, d’ailleurs regarde maman, on a laissé plein de pain. Bon.
Cette semaine, Penny a trouvé un nouvel endroit pour dormir, et elle refuse de se mettre ailleurs. C’est un problème. Alors que Marcel et Capucine squattent les radiateurs ou les coussins du canapé selon la température extérieure, cette abrutie de Penny a choisi de s’étaler sur le pas de la porte entre le couloir et la salle à manger, c’est à dire en plein milieu du passage. Ça fait donc une semaine qu’on doit sauter par dessus la bestiole, quand on y pense. Elle n’en démord pas, meme après s’être fait rentrer dedans par accident plusieurs fois, elle y retourne toujours.
Et puis la semaine s’est mal terminée…on vit à la campagne, les gens élèvent des poules et s’en fichent complément mais pas nous. C’était notre pet, notre animal de compagnie…voilà. Elle s’est assommée toute seule avec la barre du poulailler, elle n’a pas eu le temps d’avoir mal.
J’ai beaucoup hésité quand j’ai vu le nouveau thème choisi par Ma’. Je me suis finalement décidée pour une photo faite mercredi depuis son bureau, par Maricheri. Il a dû aller à Londres cette semaine et c’est justement parce qu’il a trouvé la vue symbolique qu’il a pris cette photo du célèbre fog londonien. Londres plongée dans le brouillard alors que le ciel est bleu au dessus, ce n’est pas qu’un symbole météorologique en ce moment malheureusement.
Le vendredi c’est états d’esprit, imaginés par ma copine Zenopia.
Fatigue: vacances ce soir!
Condition physique: J’ai l’énergie et la vivacité d’une asperge bouillie.
Humeur: voir fatigue.
Esprit: voir condition physique.
Estomac: c’est bon, j’arrête de renvoyer sur une autre rubrique, surtout que là, je ne vois pas laquelle.
Boulot: ça avance, ça avance!
Culture: là par contre, ça n’avance pas. J’hésite à aller voir l’expo temporaire du Louvre Lens, d’habitude, c’est très (très) bien, mais le thème me laisse dubitative cette fois.
Avis perso: à chaque fois qu’on croit avoir atteint le fond en UK, on continue à creuser. Le nouveau vice dirigeant des tories, parti au pouvoir, est donc pour la peine de mort parce qu’il n’y a aucune récidive après. Ah. Ce pays me fait de plus en plus peur, je suis toujours un peu plus soulagée d’en être partie.
Message perso: bon courage xx
Loulous: L’Adulte bosse comme un fou, il est crevé, vraiment. GeekAdo s’éclate de plus en plus en eramus, ça fait plaisir qu’il se décoince un peu mais il y a des limites: à peine 3 semaines en Espagne et voilà qu’il porte un collier! Non mais, pourquoi pas un mullet…Rhaa. Mangagirl a passé la deuxième épreuve de sport du bac hier et le terme « épreuve » est faible. Princessechipie a eu confirmation qu’elle a bien explosé la concurrence au brevet blanc, mais du coup elle est déçue que ça ne compte pas. Wizzboy est à fond dans le tournoi (des 6 nations, C’est du rugby) et vit avec son bonnet de poulet vissé sur la tête en permanence, c’est lassant (et ça fait peur à Marcel). D’ici qu’il mette un collier lui aussi…
Divers: bon, visiblement, GeekAdo a juste cédé à une coutume locale pour la Saint Blas, qui veut qu’on porte un espèce de fil de couleur autour du cou pendant 9 jours pour se protéger des maux de gorge. Si c’est cultuel et dans un effort d’intégration, ça passe. Surtout qu’il est sensé le brûler âpres.
Amitié: à tout à l’heure!
Love: il est en vacances ce soir, youpidoo!
Penser à: commencer à réfléchir aux vacances d’été. C’est loin, mais ça me réchauffera virtuellement.
Envie de: printemps, ça serait déjà un bon début, mais c’est looooooong.
Pic: Marcel est un incompris. Il prend sur lui de venir aider Maricheri à télétravailler et on essaie de le virer du fauteuil de bureau!
Il y a de tas de sujets qui me contrarient. Demandez à Marichéri, il vous le dira, je m’énerve très facilement, pour plein de raisons. Voire sans raison…A ma décharge, ça ne dure jamais! J’ai l’attention d’un moucheron hyperactif, je passe très vite à autre chose. J’ai donc pas mal de sujets en réserve, et pas que sur l’expatriation ou la maternité, pour mes coups de colère du jeudi, mais je continue à recevoir des suggestions! Merci, je suis très flattée…finalement, mon mauvais caractère doit être supportable, puisqu’on m’encourage maintenant!
J’ai donc découvert ici, grâce à un message sur FB, un billet formidable d’une maman qui résume très bien ma pensée et que je ne peux que vous recommander (désolée, c’est en anglais). Elle parle du « default parent », non pas le parent mal fichu ou pas très futé, mais celui qui assume tout par défaut. Celui que l’école appelle quand l’enfant est malade, celui qui doit savoir tout sur tout concernant l’enfant …bref la mère. Comme le dit l’auteur, son mari est un papa formidable et elle ne cherche pas à relancer une quelconque guerre des sexes. On est bien d’accord, Marichéri aussi est un papa merveilleux. Mais bon, c’est sûr qu’il ne sait pas toujours comment s’appellent les enseignants de ses enfants. Il ne connait pas leurs emplois du temps, ne suit pas les rendez-vous chez le médecin, ne sait pas où sont les chaussettes de sport, ne se tape pas les spectacles scolaires et tout ça. Mais pas parce qu’il est le papa, parce qu’on s’est assis un jour pour prendre une décision quand L’Adulte avait juste quelques semaines, après avoir découvert avec stupeur que ça allait nous coûter un bras de le faire garder. Ça allait exactement nous coûter le salaire de l’un ou de l’autre. La logique économique de la chose étant limitée (surtout qu’on ne risquait pas d’avoir un deuxième enfant à ce prix là!), on a donc décidé ensemble qu’un de nous resterait à la maison. On n’a jamais dit que ce serait moi parce que je suis la maman. Les crèches qu’on avait visitées nous avaient fait peur aussi…On a vraiment considéré le problème le plus rationnellement possible. Marichéri avait des possibilités très sérieuses de promotion, immédiates. Pas moi. J’avais bien une jolie offre d’emploi, bien mieux payée mais loin. Très loin. Avec des horaires décalés. Pas pratique du tout…bref, sur le moment, on a pensé que ça faisait du sens. Donc, pour en revenir au début, je suis devenue la « default Parent » (pas besoin de rester à la maison pour ça d’ailleurs) mais parce qu’on l’a décidé. Ça aurait pu être Marichéri.
Et c’est là que je voulais en venir, et vous allez voir, ça va m’énerver! Quand Wizzboy était à l’hôpital et que Marichéri passait la nuit avec lui c’était un super héros (je le pense aussi, mais ce n’est pas le propos. Ni la raison d’ailleurs), les infirmières étaient béates d’admiration devant un tel dévouement. Quand j’étais là, c’était juste la moindre des choses. Ben quoi, je suis la maman, c’est normal. Quand il amène un des enfants chez l’opticien, il est presque applaudi par la réceptionniste. C’est phénoménal de s’occuper aussi bien de ses enfants quand même! Quand c’est moi, ben quoi? C’est la moindre des choses. Vous en voulez encore? La seule et unique fois où Marichéri a été à une réunion parents teachers, il a eu un café (imbuvable, et toc!), tellement l’institutrice était impressionnée par une aussi grande conscience paternelle. Je peux crèver la bouche ouverte à attendre des heures dans le couloir, je n’aurais pas droit à un verre d’eau, parce que quand c’est moi, c’est la moindre des choses de venir aux réunions, je suis la mère, c’est normal de suivre la scolarité de mes enfants. Les rares papas au foyer qui viennent chercher leurs enfants à l’école au milieu d’une marée de mamans sont regardés comme des êtres mythiques. Ils restent à la maison pour les enfants, c’est tout simplement beau. Les mamans au foyer ?…ben oui, et alors? C’est la moindre des choses! Je pourrai continuer comme ça pendant longtemps… Ça m’exaspère, d’autant plus que ce sont des femmes, des mamans qui font ce genre de réflexions. Non mais, ça va pas? Vous avez bu quoi? Vous ne voulez pas vous flageller aussi, tant qu’on y est? Non, ce n’est pas extraordinaire qu’un parent s’occupe de son enfant. Non, ce n’est pas non plus la moindre des choses qu’un parent le fasse. Tout de suite, quand on remplace papa et maman par parent, l’imbécilité illogique de ces jugements sexistes ressort bien, non?
Pourquoi est-ce que certaines femmes tiennent absolument à se tirer une balle dans le pied et en entrainant avec elles toutes les autres qui n’en demandaient pas tant? Après tout, si ça les amuse de se dévaloriser systématiquement, c’est leur problème, mais elles ne sont pas obligées de généraliser non plus. La société (je deteste employer ce terme passe-partout, mais je n’ai pas trouvé mieux…) cantonne déjà les mamans dans le rôle du default parent, si on en rajoute nous-même une couche, on n’est pas prêtes de faire avancer les choses! Cela dit, j’ai comme un doute devant ces adeptes de la parentalité à deux vitesses. Parce que je trouve ça aussi très méprisant pour les papas…ils sont tout à fait capables de s’occuper leurs gamins aussi, ils n’attendent pas d’être applaudis
Pour une fois, une partie de ce qui m’a plu cette semaine était écrite. En passant devant le buraliste, j’ai été surprise de voir, à la une d’un petit journal local un titre promettant toutes photos dune compétition dont j’ignorais l’existence mais qui m’a interloquée. Du coup je me suis arrêtée, assez longtemps en tout cas pour entendre la discussion de deux autres passants qui avaient aussi vu cette une particulière. L’un des deux a annoncé fièrement, en montrant le journal:
Ah. Ça m’a beaucoup plu, même si je n’ai rien compris. Forcément en rentrant, j’ai fait des recherches. Il s’agit d’une course de VTT où les sportifs ne passent pas que dans la boue, ils traversent aussi un bistrot, sans descendre de vélo. C’est tout aménagé, il y a des barrières, des bottes de paille dans les coins du bar et des supporters enthousiastes. Alors, je n’aime pas du tout les sports cyclistes, mais là, j’avoue que j’ai trouvé ça très amusant.
Comme je me suis un petit peu excitée avec le rugby ce week-end (et c’est pas fini!), je me suis dit que c’était le moment de ressortir mes explications presque limpides sur le tournoi des 6 nations.
Le rugby, c’est toutes mes racines! D’ailleurs, j’ai même joué petite. Enfin, à l’époque, j’étais plus grande que les garçons (c’était il y a très longtemps…j’ai vite arrêté de grandir pendant que les autres autour de moi continuaient lâchement). J’étais donc rapide à la course, mais surtout très froussarde. Quand je recevais le ballon, j’étais terrorisée à l’idée de me faire plaquer par les joueurs adversaires, du coup, j’accélérais à fond sur mes maigres jambes. Ce que notre entraîneur prenait pour un talent inné à aller marquer des essais dans les coins n’était que la combinaison d’une croissance précoce et d’une trouille monstre!
Je ne vais pas rentrer dans les détails des règles du rugby, c’est très compliqué. Mais en gros (parfois très gros, vous avez déjà vu la tête d’un pilier maori?), il y a 15 joueurs de chaque côté, et on joue avec les mains, parfois les pieds, pour trouver une touche ou marquer une pénalité, et parfois avec les dents, mais ce n’est pas légal. Le ballon se lance en arrière, mais en avançant (si, si, c’est un sport beaucoup plus intellectuel qu’il n’y paraît). Le but du jeu est d’aplatir le ballon dans l’en-but adverse, derrière la ligne. On peut y arriver en courant, en mêlée (quand les joueurs se mettent en tas et se foncent dedans tête baissée), et si l’arbitre ne voit pas, en mordant l’adversaire, mais pas en rampant. Comme au foot, il y a une règle du hors-jeu, mais dans l’autre sens. Ce ne sont pas les joueurs qui attaquent qui peuvent être hors-jeu mais ceux qui défendent. Les touches sont une bonne chose, d’ailleurs, n’importe quel anglais vous le dira: »if in doubt, kick in touch ». On peut également marquer en lançant le ballon entre les poteaux, mais avec le pied cette fois, pour transformer un essai ou pour un drop, qui comme son nom l’indique, ressemble à une envolée du ballon. C’est très clair. L’Adulte a joue bien sur, dans l’équipe de son collège en Angleterre, et Wizzboy reprend le flambeau.
Le tournois des 6 nations est un grand moment familial, puisque je rappelle qu’on est deux français, trois franco irlandais et deux Anglo français. Et on aime bien les italiens par solidarité latine et les écossais sont toujours sympa. Jusqu’au brexit, c’était facile, on supportait dans l’ordre la France, l’Irlande et l’Angleterre. Depuis, on a adopté le « everyone except England » cher aux écossais, gallois et irlandais qui sont prêts à supporter n’importe qui jouant contre l’Angleterre. Pour des raisons obscures, on est aussi contre les gallois (en vrai, c’est parce que le présentateur gallois de la BBC est imbuvable. Ça peut paraître léger, mais c’est rédhibitoire, il est franchement désagréable).
Les français jouent traditionnellement en bleu et sont représentés par un coq. Il semblerait que ce soit juste à cause d’un centurion un peu éméché qui aurait fait un jeu de mot audacieux entre gallus (coq) et Gallus (gaulois). Depuis, on se traine ce volatile idiot et prétentieux. D’après Wikipedia, le coq est admiré pour sa bravoure, mais bon, on ne sait pas par qui, un troupeau de poussins? Chez nous, on soutient aussi l’Irlande, le match France-Irlande étant d’ailleurs un crève coeur pour L’Adulte. Le rugby est le seul sport où la république d’Irlande et l’Ulster, l’Irlande du Nord jouent ensemble. Les irlandais sont en vert et affichent un shamrock, un trèfle, comme emblème. Ça ne date pas d’hier non plus, comme symbole. Le petit Patrick, saint de son état, se serait servi d’un trèfle pour expliquer la sainte trinité aux barbares irlandais qu’il est gentiment venu évangéliser. En même temps, c’est mieux de convertir les gens avec un brin d’herbe qu’à coup de glaive.
Les anglais jouent en blanc, ce qui les obligent à se bouger, parce que les taches de boue se voient bien, et franchement, le type qui ressort du terrain tout propre, avec son maillot encore blanc, ça fait suspect. Leur symbole est la rose rouge, pour une raison totalement inconnue, de l’aveu même de la fédération anglaise de rugby. C’est peut être en hommage à la famille royale, mais peut être pas non plus…avec ça, on est bien avancé. Les gallois sont en rouge, leur symbole officiel est composé de trois plumes d’autruche, qui sont sensées être l’emblème du prince de Galles, c’est à dire maintenant de William. C’est son problème, il fait ce qu’il veut avec ses plumes d’autruche. Officieusement, le symbole gallois est le poireau: il semblerait qu’un chef gallois ait demandé à ses soldats de porter un poireau sur leur casque, pour ne pas les confondre en pleine bataille avec l’envahisseur anglais. C’est vrai, ça aurait été ballot de massacrer ses propre troupes par étourderie. Et on devrait perpétuer la tradition, je suis sûre qu’il y aurait beaucoup moins de volontaires dans les armées du monde entier si on leur disait que se coller un légume ridicule sur le front faisait partie de l’uniforme. Les écossais sont en bleu foncé, et affichent chardon, et enfin, on a les italien en bleu plus clair. Comme ce sont des petits nouveaux dans le tournois, ils n’ont pas de symbole rigolo. C’est dommage.
Cette semaine, on a fait original mais pas trop: on a mangé des crêpes bien sùr. Wizzboy en a profité pour mettre de la confiture partout.
On a regardé le rugby…enfin, Maricheri et moi avons regardé le rugby, Wizzboy, hystérique devant l’écran, s’est mué en créature à ressort, moitié lutin-poulet, moitié derviche tourneur. Ce fut difficile et je ne parle pas que du match.
Cette semaine, Marcel a décidé d’aider à ranger le linge. Il est allé chercher une serviette 4 fois plus grosse que lui, il l’a traînée autant qu’il a pu dans l’escalier et il a fini par se poser dessus à mi hauteur, en plein passage. Ça ne l’a pas dérangé.
Avec le tournoi qui commence (c’est du rugby, hiiii!), j’ai failli mettre un bout (sans le nom ni la date) des extraits de naissance d’un de mes petits irlandais: c’est écrit en gaélique, c’est même calligraphié et c’est très joli. En plus, comme les irlandais et les français sont favoris cette année, on est pratiquement sûr de gagner, c’est l’avantage d’avoir une famille multinationale. Mais je me suis dit que Ma’ n’avait peut-être pas le rugby en tête quand elle a choisi ce thème…du coup, je me rabats sur plus classique, avec quelque chose que j’ai écrit. Je suis encore toute émue quand je tiens mon livre dans les mains. C’est un roman, mais l’ai écrit en hommage à mon papi, qui était d’ailleurs un très grand fan de rugby lui aussi. Je sens que je tourne en rond….
Le vendredi c’est états d’esprit, imaginés par ma copine Zenopia.
Fatigue: je ne suis pas faite pour l’hiver, tout simplement.
Condition physique: il paraît qu’on va à nouveau geler la semaine prochaine, j’en frémis d’avance.
Humeur: hivernale. Ça n’est pas une bonne chose.
Esprit: s’éparpille mais avec plus ou moins de méthode, c’est un progrès.
Culture: alors là, mon correcteur d’orthographe a voulu mettre « cuti-réaction ». Il faut que je m’inquiète, non?
Boulot: j’ai été bizarrement productive récemment, ça me fait peur moi même.
Avis perso: les vendeurs de voiture, c’est des gens curieux quand même, avec une notion du temps très personnelle.
Message perso: je suis désolée…j’ai bien acheté une carte de vœux pour te répondre. J’ai bien écrit la carte pour te répondre. J’ai bien noté l’adresse sur l’enveloppe pour te répondre, j’ai bien mis un timbre pour te répondre…et donc j’ai oublié de poster la carte. Voilà, et maintenant on n’est plus en janvier et je me sens ridicule. En plus d’être désolée.
Loulous: L’Adulte est donc venu cette semaine, on était tous très content de le voir. Il prétend que c’est réciproque, c’est gentil à lui. GeekAdo a finalement commencé les cours en espagnol. Ça a été une révélation, il n’est clairement pas (encore) trilingue. Mangagirl a fini par nous abandonner complètement parcoursup, pas parce qu’elle a une confiance aveugle en ses parents mais de désespoir. Et finalement, elle est contente de ce qu’on a mis pour elle. Princessechipie commence à recevoir les notes du brevet blanc, ça n’aide pas à cultiver sa modestie légendaire (les légendes, je rappelle que ça parle de choses qui n’existent pas vraiment). Wizzboy était ravi de voir L’Adulte, il a passé tout son temps hors école, cramponné à son frère.
Divers: j’ai oublié de faire des crêpes hier, mais j’ai promis de me rattraper ce week-end.
Amitié: font des jolis cadeaux!
Love: est bientôt en vacances, youpidoo!
Penser à: voir si on peut faire un peu de tourisme régional pendant les vacances.
Envie de: visiter deux ou trois trucs…je dis ça comme ça.
Je ne fais presque plus de billet sur le brexit, pourtant, il tient toujours une grande place dans nos vies et nos conversations. Déjà, Maricheri continue à aller à Londres, même si c’est moins souvent. On a toujours des amis en UK, on y est toujours attaché. Mais qu’est-ce que je pourrais raconter de plus sur le brexit que tout ce qui a déjà été dit des centaines de fois? Certes, les anglais (les autres britanniques le savent depuis longtemps) se sont réveillés de leurs rêves de grandeur coloniale et ils déchantent tellement qu’aujourd’hui, près de 2 sur 3 (65% selon The Independent) souhaitent rejoindre l’Union européenne. Et alors? C’est trop tard. A quoi bon ressasser?
Sauf que j’écoute toujours la radio anglaise. Pas une sombre radio locale perdue en fin fond de middle England mais LBC, qui fait partie du premier groupe de radio privée (par opposition à la BBC) en terme d’audience en Grande Bretagne. Presque tous les jours, j’y écoute le talk show le plus suivi en journée de toute la radio anglaise, BBC comprise cette fois. Tout ça pour dire qu’on n’y entend pas des pubs pour le dog groomer du coin ou un obscur marchant de bouses de vache. Eh bien mardi, ça m’a marqué. Sur 7 publicités, 4 utilisaient comme seul argument de vente, leur potentiel à lutter contre le « cost of living crisis », la crise du coût de la vie et les trois autres étaient des communications institutionnelles (sur la prévention routière). C’est à dire qu’en UK, les publicitaires n’ont plus que ça pour espérer vendre. Pas la qualité supposé d’un produit, même pas son prix, mais les possibilités de faire des économies sur autre chose en l’achetant. Mais le pire, ce qui m’a décidé à reparler du Brexit, c’est que parmi ces publicités, il y en avait une pour une bouillotte portative, pour, je cite « ne pas avoir froid chez soi alors qu’on ne peut plus se chauffer ». Ah. J’insiste, ça passe sur une radio nationale, à une heure de très grande écoute, il y a un marché énorme. Je me suis renseignée, cette bouillotte s’affiche dans la presse aussi. Ce n’est pas un produit anecdotique et confidentiel. En UK, on ne peut plus se chauffer et c’est devenu la norme.
Je pourrais vous parler des analyses du FMI ou de la Banque Mondiale sur le coût du Brexit, mais ce n’est pas ça que les gens voient, même si les conséquences micro économiques en découlent directement évidemment. Maricheri s’est rendu compte qu’il ne s’étonne même plus de voir ses collègues, en conference call, chez eux mais emmitouflés dans des grosses doudounes. Selon les chiffres du gouvernement britannique, en un an, l’électricité a augmenté de 64,5 % (pour 4% sur la même période en France) et le gas de 128% (22% ici). Selon The Guardian, l’inflation sur les produits alimentaires en Uk est de 16,7% (c’est 6,4% en France). Les taux d’intérêt sur les remboursements des mortgages (des hypothèques, il n’y a pas de prêts immobiliers comme en France) sont passés d’en moyenne 2% à 4,8 et devraient continuer à grimper, et les loyers ont augmenté de 7%. La fréquentation des banques alimentaires a bondi de 46% en un an. Je pourrais continuer longtemps. Les britanniques, à qui on avait promis monts et merveilles, sont exsangues. L’économie est à genoux et eux avec. Tout ce qui avait été balayé d’un revers de main méprisant par les brexiters, tout ce qu’ils avaient qualifié de « project fear », c’est à dire les prévisions de vrais experts économiques, en cas de brexit, est arrivé. En pire. Je ne parle même pas de la situation politique, c’est à pleurer entre incompétence, corruption à grande échelle au sein du gouvernement et lois liberticides (on n’a plus le droit de manifester en UK, ni même de penser à manifester et le gouvernement veut interdire le droit de grève, mais aussi revenir sur les congés payés, les congés maternité et j’en passe. Youpidoo).
Et pendant ce temps, un des zélotes du Brexit, l’inénarrable député et ancien ministre des « Brexit opportunities », Jacob Rees Mogg continue à défendre ce suicide économique: c’est quand même parce qu’on a quitté l’Union européenne qu’on n’est plus obligé d’assurer sa tondeuse (ce n’est ni une blague ni une exagération, il a répondu ça en interview). Effectivement, ça valait la peine de se geler, allez donc acheter une bouillotte portative au lieu de vous plaindre bêtement ou de vouloir retourner en UE. Welcome to brexitland.