Project 52 season 3 #10

Cette semaine, on repart dans les archives, Ma’a choisi métal, et pour mon parisien de Marichéri, ça signifie forcément  Tour Eiffel. Il l’a déjà photographiée sous toutes les coutures et j’avoue que j’aime bien alors que je ne suis pas fan de la Tour Eiffel. J’ai déjà postée plusieurs de ces photos, toujours sous des angles surprenants (d’où l’intérêt aussi de faire 6m08).


Du coup cette fois, il a choisi un bout d’engrenage. C’est métallique. Je n’ai jamais trouvé la Tour Eiffel particulièrement agréable à regarder, plantée comme ça de façon complètement saugrenue. Je reconnais quand même qu’éclairée de nuit, elle passe. Et j’aime beaucoup ces détails, ces gros plans, cette esthétique industrielle. Évidemment, on a déjà amené nos petits britanniques admirer la Tour Eiffel. PrincesseChipie croyait même pendant un temps que la tour appartenait  personnellement à Papy et Mamie. On est monté au premier étage. J’avais déjà le vertige. L’Ado est allé jusqu’en haut. Il a eu le vertige. Bref, ils ont adoré. Et à chaque fois qu’on leur demande de parler de la France à l’école, ils amènent une Tour Eiffel. 

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Friday Feelings #103 

J’ai une très bonne raison pour ne pas être totalement en avance pour les états d’esprit du vendredi de Zenopia et Postman. C’est la faute de Marichéri et du café. Si.

Fatigue: le brexit approche, c’est imminent. C’est même prévu pour la semaine prochaine, c’est dire si je dors bien. 

Humeur: voir au dessus, tout va bien. Ou pas. 

Condition physique : après m’être foulé la cheville droite en dormant il y a quelques années, pour la plus grande joie de mon docteur de l’époque qui avait trouvé ça hilarant, voilà que je me réveille avec une tendinite au pied gauche, alors que j’allais très bien en me couchant. C’est pour ça que je suis crevée aussi, j’ai l’air d’avoir une vie débridée pendant mon sommeil …dommage que je ne rappelle pas au réveil.  

Estomac: cafeiné. Le café, c’est la vie. Sinon, ça manque toujours de chocoat. 

Esprit: aussi tordu que mon pied gauche.

Boulot: Je suis débordée à stresser comme une folle je ne peux pas être partout.

 Penser à : ne plus oublier la rubrique culture, ça fait plusieurs semaines qu’elle a encore disparue. Je ne sais pas pourquoi. 

Culture: et toc! Surtout que ça aurait été dommage d’oublier vu que je n’ai strictement rien à dire. Enfin si, hier soir on a regardé TBBT, alors que ça faisant un moment qu’on avait arrêté parce qu’on trouvait que ça devenait niais. Ça c’est confirmé. 

Message perso: c’est une idée à creuser, c’est toujours mieux que vendeuse en effet. 

Avis perso: l’inflation galope, certains prix dans les supermarchés ont augmenté de 20%, les impôts notamment les contributions sociales s’envolent. Alors que les aides sociales et les retraites plongent. Le système de santé est en pleine déroute. Les écoles n’ont plus un penny. Il manque des profs, des médecins, des infirmières,  des travailleurs sociaux, des ouvriers du bâtiment, des saisonniers, les rayons des supermarchés se dépeuplent et il y a des restrictions, les délocalisations d’entreprises vers l’union européen se multiplient…et donc, le brexit n’a pas encore été enclenché. Bref, si quelqu’un vous dit que la Grande Bretagne  va très bien depuis qu’elle a voté pour sortir de l’Union européenne, envoyez-le moi, je suis prête à me dévouer pour expliquer. Je dis ça comme ça. 

Loulous: L’Ado cherche un job d’été en France. Il a donc écrit son CV en Français et effectivement, mettre français langue maternelle et anglais langue maternelle, ça fait bizarre. Style le pauvre gosse a une mère qui souffre de troubles psychotiques, de dédoublement de la personnalité… je me sens toute chose. Du coup, il a mis italien bilingue et espagnol bilingue. Ça va pas non plus, ça fait quadrilingue. Ou alors il a hérité des problèmes psychologiques de sa mère…GeekAdo se félicite de ne pas suivre le sport, notamment le foot comme son frère, quand il voit dans quel état ça le met. Alors que sur ordinateur on peut rejouer le match. PrincesseDiva cogite déjà pour son anniversaire, pourtant il y a le temps. Au collège, on fait une party ou pas? PrincesseChipie est ravie, comme toujours. Cette fois parce qu’elle a été sélectionnée pour représenter son école dans un tournois de foot féminin. Mais tu ne sais pas jouer? Ben non, mais comme il y avait personne, le prof a pris des filles qui font du sport, n’importe quel sport. C’est logique. Par exemple, PrincesseChipie fait du netball, une version simplifiée du basket (et en plus, elle n’est franchement douée, juste grande pour son âge) . C’est sûr, ça va l’aider pour jouer au foot. WizzBoy s’est disputé avec un copain à la preschool. C’est la première  fois que ça lui arrive et il l’a très mal pris. C’est quoi ce bazar? Il y a les friends, qui sont nice et les not Friends qui sont not nice mais si un friend change de camps et se met à être not nice, c’est la pagaille. On ne s’y retrouve plus. 

Divers: vous en connaissez vous, des gens qui arrivent à se reposer le pied avec 5 enfants et deux chats ? En plus, c’est dangereux, maladroite comme je suis, je risque de me casser un bras en faisant la sieste. 

Amitié: c’était génial de se parler en vrai, même par écrans interposés. Vive Skype. 

Love: il est en vacances! Il en est très content et moi aussi. Alors forcément pour fêter ça, on prend un café en rentrant de l’école, et après je suis en retard. Voilà. 

Courses: faites 

Sortie: ce soir, sans les enfants (hiiii), sinon, je n’ai toujours pas envie de croiser des gens. Il y a une chance sur deux que ce soit des brexiters, c’est beau l’Essex. 

Envie de: sortir mais sans voir personne. 

Pic: le printemps arrive, timidement jusque dans la jungle mon jardin, entre deux déluges. Même ça, ça ne me met pas en joie. Beuh. 

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Thursday thunder: girlie bullshit

Vous avez vu comme je suis restée très calme hier, pour la journée des droits des femmes? Oui, parce que je ne veux pas me répéter mais ce n’était pas la fête des mères ou un truc équivalent…les sombres crétins qui se sont fendus d’un « bonne fête à toutes les femmes  » hier méritent des baffes. Comme beaucoup de publicitaires débiles qui n’ont pas eu l’air de comprendre. Comment ça, vous réclamez l’égalité des salaires? Tenez voilà un coupon pour une manucure gratuite si vous achetez des faux cils. Ahaha. Vous protestez contre les violences, pour l’avortement, contre la culture du viol, pour l’éducation des filles? Aucun problème. On a pensé à vous avec une promo speciale pour une crème hydratante, et juste  pour célébrer dignement le jour des femmes, paf, on l’a mis dans un emballage rose. Allez, et surtout bonne fête, hein. Un instant, je vais hurler au fond du jardin et je reviens. Mais il faut reconnaître que ces génies du marketing ne prennent pas les femmes pour de pauvres connes qu’une fois par an, pas du tout, c’est en continu. La preuve, je viens de tomber sur un produit extraordinaire. Ça existe vraiment et ça se vend. La girlie glue. Déjà, rien que le nom met en confiance. Cette invention remarquable sert à coller sur le crâne de votre bébé un noeud ou n’importe quel accessoire de préférence rose pour montrer que c’est une fille. Voilà.


Source je previens les âmes sensibles, si vous cliquez là, vous allez vous retrouver sur le site d’officiel de la marque. C’est très mauvais pour les nerfs. 

Ça commence fort, puisque le slogan de cette chose atroce c’est : it’s never too early to be girly, il n’est jamais trop tôt pour être pouffe, en gros, ahaha, j’en ris encore. Je vous rassure tout de suite, c’est un produit naturel compatible avec le véganisme, c’est dire si c’est bio. C’est quand même important comme précision. Et donc ça sert à coller sur la tronche de votre nourrisson un noeud rose, ou à lui flanquer des fausses boucles d’oreille. À trois semaines, c’est l’accessoire indispensable de tout bébé fille. C’est évident, je ne vois même pas comment on a pu s’en passer avant. Figurez-vous que la créatrice (oui,  c’est une femme) a eu cette idée géniale parce qu’elle en avait marre que sa fille nouvelle née soit chauve. Elle avait beau lui mettre des bandeaux (roses probablement) sur la tête, ça ne tenait pas. Pas moyen de lui mettre la  moindre barrette à noeud, paillettes et fanfreluches sooo girly  non plus. Franchement, c’est mal conçu tout ça, voilà que les bébés filles ne sont pas livrées avec long cheveux inclus, comme les barbies. C’est un scandale. Sans compter que du coup, tout le monde demandait à cette pauvre femme si elle avait pondu un garçon ou une fille. Ça l’a contrarié. Heureusement, c’était une petite maligne qui a donc inventé une colle révolutionnaire pour martyriser sa gosse décorer  mieux qu’un œuf de pâque le crâne de son bébé fille. C’est tout simplement admirable. Et sinon, ça n’a rien à voir mais que font les services sociaux? 

Je trouve ce truc infâme et le marketing autour à vomir. Des accessoires pour toutes les occasions? Ahaha, parce qu’à trois mois, on a une vie sociale débridée qui demande de changer de fausses boucles d’oreille collées plus souvent que de couches? Mais ce qui m’énerve, c’est que ce sont des mamans qui éprouvent le besoin de coller un bout de feutrine sur le crâne de leur bébé, pour en faire dès la naissance des apprenties poufiasses. Pourquoi? Qu’est-ce qui peut bien se passer dans la tête de ces mères? Un bébé de quelques semaines garçon ou fille a besoin qu’on le nourrisse, qu’on le change, qu’on le câline, pas qu’on lui colle littéralement sur le front le poids de ses préjugés sexistes. Je n’ai rien contre les girly girls mais si ça vient des gamines, pas si ça leur est imposé par une mère décérébrée pour qui féminisme doit être un gros mot. Bien sûr, même si je déteste ça, mes filles ont des barbies et des petits poneys  (les écuries nationales, c’est du pipi de chat comparé aux hordes équestres à paillettes qui nous ont envahis). PrincesseChipie a une chambre mauve avec des papillons. C’est elle qui a choisi. PrincesseDiva a eu une chambre rose, à sa demande (depuis ses murs sont verts et noirs. C’est horrible aussi). Mais elles ont aussi joué avec des dinosaures, des playmobils de pirates ou de pompiers. Bref ce qui leur plait, pareil pour les garçons. WizzBoy a une passion dévorante pour les transformers en ce moment, mais ils font régulièrement de l’équitation sur une licorne rose. Et c’est très bien comme ça. Je ne comprends pas ce besoin de faire de ses gamines des petasses dès le berceau. Ça me sidère tellement que je ne sais pas quoi dire. Et après, on se demande pourquoi les publicitaires confondent la journée internationale pour le droit des femmes avec une grande braderie rose…

Le seul truc qui me console, c’est que je connais une maman niaise et anti féministe comme ça. Elle a nunuchifié sa fille depuis la naissance aussi. Ça a marché au début. Mais maintenant la gamine, qui à l’âge de GeekAdo est goth et veut être mécanicienne pour motos ou tatoueuse. J’adore, sa mère beaucoup moins. You go girl! 

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Girl power bis

À l’occasion du women’s day, je me suis dit qu’il fallait revenir sur une anecdote qui s’est passée dans l’ancienne école primaire des filles. Parce qu’on est mercredi, pas jeudi et que je ne veux perturber personne en piquant une colère avec un jour d’avance. Sinon, je pourrais facilement m’énerver. La journée internationale des femmes, coincée entre la journée mondiale du tennis le 4 mars et celle de la plomberie, le 11, ça m’agace profondément. Les droits des femmes, c’est tous les jours. Et je ne parle même pas de toutes les opérations commerciales profondément sexistes que des as du marketing ramollis du cerveau et d’ailleurs pondent pour l’occasion. Mais bon, je reste calme. A peu près. 


Source 

Il y a 3 ans, dans notre ancienne école primaire, l’institutrice de PrincesseDiva a voulu montrer à ses élèves, et plus particulièrement aux filles, que les femmes réussissent très bien dans la vie. Alors bien sûr, j’applaudis bruyamment! Ça, c’est une initiative magnifique, bravo la maîtresse….j’étais prête à aller la féliciter en personne (j’étais prof de français là bas…) quand PrincesseDiva m’a décrit la chose plus en détail. Et là, j’ai beaucoup moins apprécié. Ma fille était dans une classe équivalente au CE2. Si je me souviens bien, à l’époque du CE2, ma pire angoisse, c’était de perdre toutes mes billes à la recréation. Ou que ma petite sœur finisse toutes les chocolatines du goûter avant que je rentre de l’école (J’ai failli écrire pains au chocolat! C’est l’influence parisienne de Marichéri), pas de savoir si j’étais trop grosse. D’ailleurs le concept de calorie ne m’évoquait rien. Et bien maintenant, en tout cas en Angleterre, les petites filles de 8 ans parlent ligne, kilo et régimes…Au lieu de faire des plans de cabanes géantes, des attaques de camps indiens, ou des pistes spéciales gamelles en vélos. Et quand on demande par hasard à ces adorables enfants ce qu’elles veulent faire plus tard, elles répondent innocemment chanteuses, top model, ou esthéticiennes. Pas astronautes, poètes ou chirurgiens. En sachant tout ça, car elle le sait pertinemment, ce génie pédagogique qui est en charge de la classe a eu l’idée lumineuse de leur parler de deux femmes qui ont réussi: Victoria Beckham et Cheryl Cole. C’est à dire des Wag ou ex Wag, ( ça veut dire: wife and girlfriend, pour ne pas dire pouffes de footballeurs) , bref des autorités intellectuelles, pas du tout obsédées par leur apparence. Victoria Beckham, qui respire littéralement la joie de vivre, qui sourit quand elle perd une dent (ça diminue son poids sur la balance!) et se nourrit grassement d’une demi laitue tous les trois ans, et Cheryl Cole, connue pour…euh….attendez, elle a vaguement meuglé chanté, et a été mariée à un footballeur. Elle fait des pubs de shampoings….voilà, voilà. Je ne dis pas, elle est peut être d’une intelligence rare, d’une culture et d’un raffinement incommensurables. Si ça se trouve, loin des caméras, elle se passionne pour la littérature médiévale ou l’étude de la physique quantique. Malheureusement, elle n’en parle jamais en public. Et cette institutrice révolutionnaire n’a trouvé que ça à donner comme modèle à des gamines de 8 ans. Parce que c’est sûr en Angleterre, on ne pouvait pas en trouver d’autres, on manque singulièrement de femmes qui ont réussit.

Alors, tiens, je vais essayer d’en trouver d’autres, pour voir. Sans réfléchir, au hasard. Par exemple, saviez vous que le J devant K Rowling, ça veut dire Joanne. On peut pratiquement dire que c’est un prénom féminin. Et JK Rowling n’a rien réussi, n’est-ce pas? Elle a juste écrit Harry Potter. C’est tout. Alors évidement, elle ne fait pas de publicité pour des faux ongles, et n’a jamais tenté de présenter des émissions de télé réalité. Pas plus qu’elle n’a été mariée à un footballeur. Mais elle ne peut pas du tout inspirer des petites filles de 8 ans qui ont grandit avec Harry Potter? Sérieusement? D’ailleurs, ma fille qui a entrepris d’écrire les aventures d’une fée au comté des champignons (ça s’appelle mushroom county, c’est elle qui l’a trouvé. Je suis très fière d’elle), ça ne lui dirait rien d’en savoir plus sur JK Rowling. Il y a aussi des femmes qui, au lieu de battre des faux cils devant les sportifs n’hésitent pas, bêtement à faire du sport elles mêmes. Si si. Et ce n’est pas comme si il y avait eu des JO récemment, et que toutes les petites filles de 8 ans avaient pu voir à la télé ou en direct les exploits de Jessica Ennis par exemple (championne olympique d’heptathlon et véritable trésor national). Alors bien sur, elle fait de la pub, mais est-elle sotte, ce n’est pas pour du shampoing, mais pour une banque. Ahaha….aucune chance de se retrouver dans la liste de l’instit de ma fille. Sinon je ne sais pas, pourquoi pas la biologiste Nancy Roswell, l’astronaute  et chimiste  Helen Sharman, l’artiste Tracey Emin? ..ou encore Dorothy Hodgins, prix Nobel de chimie, Doris Lessing, prix Nobel de literature, Betty Williams et Mairead Corrigan, prix Nobel de la paix? Je dis ça comme ça. À la limite Lizzie ou même Zaza…

Comme je suis taquine, bien que ne possédant malheureusement pas les mêmes talents pédagogiques que cette admirable instit, j’ai même pensé à d’autres anglaises qui pourraient peut être, éventuellement, sait-on jamais, être de meilleures role models pour des petites filles… des mamans, qui sont médecins, profs, avocates, et se lèvent en avance tous les matins pour préparer les lunch boxes, et repasser les uniformes, ou des mamans au foyer. Comme celles qui se dévouent toute l’année dans le PTA pour récolter des fonds pour l’école et les merveilleux projets pédagogiques de cette instit. Je sens confusément qu’elle a dû être très contente si quelqu’un lui a dit « bonne fête » ou un truc similaire aujourd’hui. Alors que moi, je préviens de suite, je mords. 

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Local hero

J’aime bien regarder notre journal local, l’inénarrable Gazette pour me tenir au courant de l’actualité débridée de mon coin paumé. Par exemple aujourd’hui et en exclusivité mondiale, la Gazette est en mesure de révéler les plans d’une nouvelle piste cyclable. Ça, c’est du journalisme d’investigation! On apprend aussi que le type qui avait volé un pantalon dans une boutique est passé au tribunal et que le juge a rejeté ses circonstances atténuantes: il a affirmé qu’il avait été obligé de voler ce pantalon, parce qu’il s’était malencontreusement fait pipi dessus et qu’il avait besoin de se changer très vite. Et après, on dira que l’Essex n’est pas classe. Enfin bref, au milieu de toutes ces infos captivantes, j’ai découvert aussi que grâce à la générosité du public qui a répondu à un appel aux dons, on va enfin pouvoir célébrer dignement un John Ball day le 15 juillet prochain. Allons bon, c’est qui John Ball? Visiblement, c’est un héros révolutionnaire local dont je n’avais jamais entendu parler. Forcément, ça m’a intrigué.


Source 

Déjà ça commence fort puisque le héros local est né à Saint Alban, dans le Hertfordshire…ce n’est pas si loin que ça, mais c’est même pas le bon comté. En plus on ne sait même pas quand il est né précisément. Ça serait vers 1338, un truc comme ça. De suite, on sent le type important… Par contre, on est sûr que John était prêtre et qu’il vient s’installer à Colchester pendant une épidémie de peste. Ça devait être un petit comique tiens, ce serait vraiment dommage de ne pas célébrer la mémoire de ce joyeux luron. Bon, il faut dire que l’Angleterre au quatorzième siècle, c’est pas folichon non plus, entre les épidémies de peste à répétion et la guerre de cent ans, on s’éclate littéralement. Le pauvre type qui réussit à ne choper la peste et à ne pas se faire envoyer en France pour se faire trucider, il doit trimer comme un fou pour payer des impôts prohibitifs et crève à moitié de faim dans son champs (enfin, le champs de son seigneur, les droits des travailleurs étaient très peu développés à l’époque). Parce que ça avait un coût, toutes ces petites expéditions en France, et qu’on comptait sur les ploucs non pestiférés pour financer tout ça. Et bien sûr pas de Robin des bois à l’horizon pour aider tous ces pauvres gens. C’est là qu’intervient John Ball. 

John est un prête itinérant qui se balade dans tout le coin (même dans mon village!). John fait la tournée des marchés et encourage les paysans à se rebeller. Il s’inspire des théories d’un autre prêtre dissident, John Wycliffe mais il est encore plus radical, un vrai petit cégétiste. Il réclame moins d’impôts, les congés payés et la fin des corvées, ces journées de travail obligatoires et non payées que les paysans devaient aux seigneurs. D’ailleurs John ne serait pas contre supprimer tous les privilèges, ceux du clergé comme ceux de la noblesse et il le fait savoir. C’est osé pour l’époque.  C’est même très mal vu surtout qu’il encourage les paysans à ne plus payer les taxes. Du coup, on le flanque en prison tous les 4 matins pour le calmer, on l’excommunie, on menace de punir ceux qui vont à ses spectacles, meetings, prêches…rien n’y fait, John Ball continue à faire le malin. Sa célébrité dépasse Colchester et l’Essex. Il y a même des gens qui l’écoutent puisqu’une révolte paysanne éclate en 1381, et Ball en est l’un des chefs. Les évêques commencent à en avoir ras la mitre de cet excité, en plus, il prêche en anglais plutôt qu’en latin sous prétexte qu’il veut que les gens comprennent. C’est quoi ce dangereux pervers? Une fois la révolte écrasée dans un bain de sang gentiment réprimée toujours en 1381 (elle n’aura pas durée longtemps) , on attrape John Ball. On le ramène à Saint Alban et on le pend (entre autres joyeusetés), parce que ça suffit comme ça. C’est la gloire pour John puisque même le roi Richard II  se déplace pour assister au supplice, le 15 juillet 1381. 

Bref, Colchester a autant le droit de se gargariser de la mémoire de John  Ball que Saint Alban, mais bon, on n’a pas beaucoup de célébrités locales. Cela dit, je me demande ce qu’on va trouver de festif à faire pour commémorer la pendaison  ce pauvre type. Il n’y a pas à dire, on sait s’amuser dans l’Essex. 

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Sunny Monday 2017 #10

Pour ce premier lundi de mars, Bernie nous propose un nouveau thème, non pas une couleur mais « eau »…ça tombe bien, il pleut. Encore. Mais comme il faut un peu de soleil, je suis partie dans les archives pour trouver de l’eau irlandaise, comme quoi il n’y a pas que la Guinness! Et ça faisait longtemps que je n’avais pas parlé d’Irlande. C’est la rivière Shannon, à Clonmacnoise.

Shannon river est même un fleuve, le plus long d’Irlande et sert de frontière aux west counties…c’est pas que le pays soit immense non plus mais bon…les irlandais ont toujours été très contents du Shannon, qui tient une place importante dans la  mythologie celte. On ne parle pas du vulgaire cours d’eau limite plouc mais de la petite fille du roi Mananann. De suite, ça pose une rivière, même si je ne vois pas trop la logique de cette généalogie. Ou alors Mananann était à moitié poisson? En même temps ça ne peut pas être ça puisque Shannon/ Sínann (en gaélique) est aussi connue pour avoir mangé le saumon de la sagesse. Personnellement, je préfère le saumon fumé, mais chacun ses goûts. D’autres sources (oui, j’ai fait exprès) soutiennent que pas du tout c’est une image, Sínann est bien la petit fille du roi, mais qu’elle n’est pas la rivière. Elle a juste été jetée dedans lors d’un sacrifice et est devenue la déesse du Shannon. À part ça, il y a un monde fou dans cette rivière, puiqu’on y trouve  aussi Cata, un monstre mi cheval mi baleine (comme quoi les celtes n’ont pas attendu l’invention de la Guinness pour avoir une certaine imagination). 

Bonne semaine à tous! 

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My own ABC # 60

T comme…

Thames: ou Tamise en français. C’est évidemment le fleuve qui passe à Londres, mais pas que. La tamise fait 346 km de long, Londres est grande mais pas à ce point! Avant d’arriver à Londres, la Tamise se promène dans la campagne et dans plein de counties, l’oxfordshire, le Gloucestershire, le Berkshire…il y en a 7, on ne va pas tous les faire non plus. Et donc la Tamise les inondent régulièrement. C’est bien simple,  tout le centre de l’Angleterre vit pratiquement sous l’eau en continu. Du coup, on a installé des barrages anti inondation, pour protéger Londres et uniquement Londres. Bizarrement, ça ne plait pas aux autres riverains de la Tamise sous prétexte que du coup, les crues s’écoulent encore plus difficilement. C’est fou, ils ne comprennent pas que c’est quand même plus important de protèger les Londoniens que ces espèces de ploucs ruraux, tant pis si ils développent des pieds palmés!  

 À part ça, on peut faire de la navigation sur la Thames, et même des courses si on est étudiant et rameur. On peut aussi y pêcher, notamment des cadavres (si, si…rien que dans la capitale, c’est minimum un par semaine) et visiblement on y puise 2/3 de l’eau potable à Londres (après purification). Ahah de suite ça donne soif. Ou pas. 


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Torquay: c’est une station balnéaire charmante au sud du Devon, par là en bas à gauche. Torquay a été mise à la mode comme destination touristique par les victoriens qui n’ont pas hésité à lui donner le nom de Riviera anglaise, c’est dire si ils étaient bourrés imaginatifs. Certes, le coin est très sympathique mais niveau météo, c’est quand même un chouïa  plus humide. Enfin bref, Torquay a vu défiler tout un tas des vacanciers célèbres des Royals de l’époque en passant par Agatha Christie. Mais bon pour Marichéri comme pour beaucoup, Torquay c’est surtout Falwty Towers, la série genialissime de John Cleese, qui s’est vraiment inspiré d’un hôtel miteux du coin et en a fait un chef d’œuvre comique…mais il se trouve que John Cleese (qui a vécu à Monaco d’ailleurs pour des raisons plus fiscales que météorologiques), est un ardent supporter du brexit. C’est pas beau de vieillir.  Et ça n’a rien à voir avec Torquay, je me suis encore éparpillée.  


Source 

Thatcher Margaret: la première femme premier ministre britannique qui passe pour un véritable génie politique depuis l’arrivée de Zaza, par comparaison. C’est bien simple, les plus fervents détracteurs de Maggie (et il y en a beaucoup) en sont pratiquement à la regretter. On est passé de la dame de fer, pas comique certes mais au moins logique avec elle-même à la pintade fasciste amidonnée du cerveau. Ce n’est pas un progrès. La petite Maggie nait en 1925 dans le Lincolnshire et son Papa est épicier ce dont elle se gargarisera toute sa carrière politique. Depuis, on a une fille de pasteur qui affirme que Dieu lui parle, alors que Maggie, elle n’a jamais pretendu être guidée par un kilo pommes de terre ou un paquet de pâte. Maggie a commencé sa vie professionnelle en faisant de la recherche pharmaceutique mais elle ne trouve pas et devient avocate avant de se tourner vers la politique. Elle est élue  députée en 1959 et nommée ministre de l’éducation en 1970. Elle marque les esprits lors d’une interview télévisée et en direct en affirmant que jamais de son vivant une femme ne pourra devenir premier ministre. De là à dire qu’en fait, elle était déjà empaillée quand elle arrive à Downing Street en 1979…Maggie y reste 11 ans, jusqu’à ce que son propre parti arrive à se débarrasser d’elle après plusieurs tentatives. Je ne reviendrai pas sur sa politique un chouïa  inflexible, autant en matière sociale qu’irlandaise, c’est connu. Mais bon, j’ai découvert récemment que Maggie avait fait une campagne acharnée lors du référendum d’adhésion de la Grande Bretagne à l’union européenne. Elle était farouchement pour, allant même jusqu’à porter en public un ignoble pull bleu décoré de tous les drapeaux des pays européens. Comme quoi, on croit connaître les gens…Maggie est morte en 2013 et a eu droit à des funérailles nationales en présence de Lizzie, ce qui n’est pas donné à tous les premiers ministres. Je sens confusément qu’on en fera moins pour Zaza, et pas uniquement parce que sa choucroute est ridicule comparée à celle de Maggie. 


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Thin lizzy: c’est uniquement pour faire plaisir à Marichéri. En plus c’est hors sujet, puisqu’ils sont irlandais. Il s’agit d’un groupe rock crée à Dublin en 1969 et qui a vu passé une foultitude de membres dont les noms m’échappent totalement  mais c’est pas grave puisque le plus important est mort depuis 1986 et qu’ils obstinent quand même à continuer . John  Linott (le troisième en partant de la gauche) était le fondateur, chanteur, bassiste, compositeur et parolier du groupe. Je ne sais pas si il faisait aussi la vaisselle. Il a grandi à Dublin, mais il est né en Angleterre, d’une mère irlandaise et d’un père de Guyane britannique. Je reste dans le thème, et toc. Bon sérieusement, je n’ai strictement rien à dire sur Thin Lizzy, je n’arrive même pas à copier le lien YouTube vers leur chanson la plus connue « the boys are back in town ». Ça pourrait être pire, ça au moins je connais, parce que Marichéri avait des suggestions musicales beaucoup plus pointues… 


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Turnip: cette fois, c’est la faute de GeekAdo, qui s’inquiète beaucoup du brexit, surtout depuis qu’il y a des restrictions dans les supermarchés. Il voulait savoir ce qui pousse ici. Ben des turnips. Des navets, mais encore? …Euh, c’est à peu près tout. D’ailleurs il y a quelques mois, on a eu droit à la Une d’un des tabloïds brexiters et racistes à deux articles fabuleux qui occupaient chacun une moitié de page: à gauche, on nous promettait une économie florissante et un avenir radieux et une licorne à paillettes grâce au brexit, et à droite 15 recettes à base de turnip. J’en ris encore. On en fait des purées, des frites, des soupes, mais ça reste quand même très fade. Sinon, les turnips occupent une grande place dans la culture populaire. Déjà, les premières  Jack o lantern d’halloween étaient creusées dans des navets. Et à partir du dix-septième siècle, les turnips deviennent synonymes de pauvreté, de beaufitude totale et de bêtise crasse. Je dis ça comme ça. 


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Project 52 season 3 #9

Cette semaine, Ma’ nous amène en ville. Ça tombe bien Marichéri va souvent dans une grande ville, à peu près 5 fois par semaine, sous prétexte qu’il y bosse. Enfin ça, c’est ce qu’il dit. On voit bien qu’en fait, il passe son temps à se promener sur les toits.


Pour une fois la photo est toute récente (3 jours) et Marichéri l’a prise exprès pour coller au thème. C’est évidemment Londres, avec Big Ben, le Shard dans le fond et le London Eye sur la gauche. Marichéri était au queen Elizabeth center, une monstruosité architecturale moderne qui sert pour des conférences, près de Westminster. Il n’était pas vraiment sur le toit, puisqu’il a pris la photo derrière la vitre et au téléphone, ce qui explique les espèces d’ailes difformes et asymétriques autour de Big Ben. C’est juste un reflet. Mais j’aime bien, ça donne un petit côté magique. On dirait que Big Ben va s’envoler, non?

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Friday Feelings #102

Je reprends les bonnes habitudes: alors,  je suis en retard pour les États d’esprit du vendredi de Zenopia et Postman parce que contrairement à ce que j’annonçais la semaine dernière, j’ai encore parlé à des gens ce matin. J’ai beau savoir que je suis née asociale, c’est plus fort que moi il faut que j’essaie de communiquer. Avec des vrais gens en plus. Dans mon salon. Je suis une grande malade. 

Fatigue: c’est bien simple. Je suis tellement épuisée nerveusement que je ne trouve même plus de blague à faire sur le sujet. Ça commence fort. 

Humeur: grinçante.

Condition physique: flasque.

Estomac: ça manque de chocolat tout ça. 

Esprit: en pleine montagnes russes, wizzz. Le problème, c’est que je déteste les montagnes russes, les manèges et les fêtes foraines où on se fait rançonner par d’ignobles canards (avec un a) en plastique parce que cet abruti de gamin veut absolument essayer de gagner une peluche hideuse d’oursin galeux, tout ça au milieu d’une foule compacte et bruyante, entre les effluves de fritures rances, les cris d’agonie de la sono, et les traînées de barbe à Papa collante. Les fêtes foraines, c’est l’enfer. Je sens que je me suis un peu éloignée de la question de départ. 

Boulot: le bénévolat, ça compte?

Penser à: ne pas m’eparpiller comme ça , c’est devient de plus en plus confus ici.

Message perso: je te réponds très, très vite! 

Avis perso: je sens bien qu’il faut que je case quelque part une explication sur les derniers événements brexiters, j’ai reçu des questions (merci, ça me touche beaucoup). Les lords n’ont pas arrêté le brexit dans sa course, pas du tout, ils ont voté un amendement a minima sur les droits des européens, c’est tout. Et franchement, ils ne se sont pas foulés, si on doit compter là dessus pour être protéger, c’est pas gagné. Surtout que la loi repart maintenant devant les députés qui peuvent tout à fait voter contre cet amendement et auront le dernier mot au final. 

Loulous: L’Ado (qui je le rappelle veut être journaliste) a assisté à une conférence de Varoufakis à l’université. Vous savez varoufakis, l’ancien ministres des finances grec, celui qui se prend pour la rock star alternative de la scène politique européenne? L’Ado a beau être aussi timide et empoté en société que sa mère, il a pris sur lui d’aller lui parler à la fin. Ils ont tapé la causette un bon moment en tant qu’ex voisins potentiels, puisque Varoufakis a été étudiant puis prof à Colchester (on se demande ce qu’il venait faire là, niveau météo, il a dû y perdre). C’est bien simple, à la fin de la soirée, ils étaient potes et ils s’échangeaient des blagues désopilantes surl’Essex. Et L’Ado a même tenté une petite interview, qu’il a enregistrée. Il en était tout fier. Moi aussi. GeekAdo était impressionné aussi, d’autant plus qu’il ne comprend absolument pas pourquoi son frère choisit une carrière où on est obligé de parler à des gens. Non mais, pour travailler au CERN, il n’y a pas besoin de communiquer en vrai, c’est juste par email non? PrincesseDiva a promis que quand elle sera première ministre, elle donnera tous les scoops à son frère. PrincesseChipie s’en fiche, c’était world books day hier. Les enfants vont à l’école déguisés en personnages de livre. Elle avait décidé d’être en schtroumpfette, comme l’année dernière mais elle a opéré un changement de costume au dernier moment. Elle était déguisée en bella something, la gentile sorcière. Au moins, je n’ai pas eu à la peindre en bleu. WizzBoy par contre a refusé de se déguiser, alors que la preschool fêtait aussi world books day. Mais enfin WizzBoy, tu ne veux pas mettre au moins ton costume de Buzz, ou celui  de chevalier? Non. I want to go as me. I am super…bon. Au moins, il a confiance en lui. C’est une qualité, non? 

Divers: du coup L’Ado se demande si il ne va pas aller voir toutes les tournées publicitaires des politiques français aussi, qui se bousculent à Londres, pour s’entrainer à poser des questions. C’est marrant comme d’un coup, ils s’intéressent à nous ces braves gens. On se demande pourquoi…ça n’arrive qu’une fois tous les 5 ans.

Amitié: merci (oui c’est aussi un message perso, j’ai des tas de choses à dire)

Love: il bosse comme un fou et attend le Week end avec impatience. 

Course: j’ai déjà dit que ça manque de chocolat? 

Sortie: il pleut toujours. 

Envie de: chocolat. 

Pic: pour ceux qui voulaient des nouvelles de Penelope, après sa stérilisation: elle n’est pas traumatisée, juste à pilosité différée, sur le côté. Cette bestiole est aussi impossible à photographier. 

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Thursday thunder: birthing ayatollahs

Par pure étourderie, j’étais vraiment en avance tout à l’heure pour aller chercher WizzBoy à la preschool. Il y avait déjà deux mamans qui attendaient en discutant, et donc, forcément elles se racontaient leurs accouchements. Encore. Avec tous les détails. Arrive une troisième qui se jette dans la conversation avec joie pendant que j’essayais de masquer mes hauts le cœur derrière mon écharpe. Cette brave femme a sorti cette remarque grandiose: « ils ont été obligés de me faire césarienne. Je ne leur pardonnerai jamais de m’avoir privé de mon accouchement ». WTF?!? Un instant je vais me taper la tête contre le mur, pour me calmer, et je reviens. J’ai déjà dit à quel point cette manie de raconter à la première venue l’expulsion de son gamin m’énerve,  et j’ai déjà évoqué quelques fois la césarienne, mais sans insister avec ma subtilité habituelle et ma légèreté dans l’allusion digne d’une enclume en fonte. Mais là, je sens que je vais me lâcher. Elle m’a énervée.


Source 

Donc cette sombre illuminée ne pardonnera jamais à un docteur d’avoir fait son job et peut être sauver la vie de son bébé, voire même la sienne parce qu’elle préférait expulser naturellement son placenta au son du chant des baleines? C’est bien ça? Alors soyons clairs, je n’ai rien contre les accouchements naturels et celles qui vivent ça comme une grande expérience mystique. Tant mieux pour elles. Mais je me permets de rappeller que le but d’un accouchement, c’est de faire sortir un bébé en bonne santé, pas de faire vivre à la future maman un moment psychédélico-tellurique. Si il y a un problème, c’est normal de tout faire pour aider le bébé et/ou la maman, y compris une césarienne si besoin. Je ne comprends même pas pourquoi on discute. Sur 5 accouchements, j’en ai eu 3 par césarienne, et mes gamins vont très bien merci. Personne n’a été traumatisé, surtout pas moi. Alors que j’ai testé aussi l’accouchement naturel (mais sans le chant des baleines) et là par contre, ça m’a laissé un souvenir assez marquant. Vous voyez, celui qui dure 24 heures, avec un bébé cramponné de toutes ses forces à un rein de la mère pour ne pas sortir pendant que l’obstétricien attaque tout à la machette pour aller le tirer de là à main nue avant qu’il y reste…ça va, vous n’êtes pas à table? Ben oui désolée, mais un accouchement ce n’est pas fait pour être un grand moment mystique. Ça fait mal, c’est gore, il y a du sang et des fluides divers qui giclent partout. Il ne faut pas confondre la salle de travail et le spa relaxant. Je ne sais pas à quoi s’attendait cette sombre conne pauvre femme, avec son accouchement, mais je trouve ça limite égoïste…le plus important, c’est la sortie réussie de son bébé, peu importe comment! 

 Évidement je ne dis pas, c’est scandaleux de faire des césariennes pour le plaisir et qui n’ont pas lieu d’être. Mais quand elles s’imposent,  je ne comprends pas qu’on puisse en vouloir au médecin. Visiblement, pour ces trois abruties finies la césarienne est une invention démoniaque. Parce que les deux autres ont renchéri, ‘ah ben oui, j’aurais été pareille ma bonne dame. Accoucher a été le plus beau moment de ma vie de femme et de mère’ . Un instant, je vais vomir cette fois et je reviens. Déjà, sans vouloir faire de mauvais esprit (ça n’est pas mon genre), si c’est ça le meilleur moment de sa vie de femme, le père du gamin s’y prend très mal. Et puis c’est quoi ce fétichisme de l’accouchement? Elles croient que pour avoir une vie de femme (déjà rien que l’expression m’agace prodigieusement), il faut absolument pondre? De préférence naturellement et dans la douleur? C’est sympa pour celles qui n’ont pas d’enfant! Ou pour les mamans adoptantes…cette sanctification de la maternité bêlante m’horripile profondément. Avoir un utérus en état de marche ne justifie pas de se mettre sur un piédestal et d’oublier qu’on a aussi un cerveau (quoique, pour la maman en question, j’ai des doutes…) .  Et je ne veux pas briser les illusions de ces ayatollahs de l’accouchement, mais être mère, ça ne consiste pas uniquement à expulser son placenta  au milieu des vapeurs d’encens. Ça, c’est la partie facile. On en prend pour des années de nuits blanches, vomis sur l’épaule, explosions de couche, vomis sur la moquette, maladies infantiles, petits et gros bobos, vomis sur le canapé, pleurs, caprices, vomis dans son lit, chagrins, colères, peurs, disputes, angoisses, vomis de la premier cuite sur le joli costume de la prom night…

Si vous n’explosez pas d’amour (c’est une image, j’arrête avec les détails gore) quand on vous pose dessus pour la première fois cette petite créature gluante et hurlante parce qu’elle n’est pas sortie en suivant la procédure que vous aviez établie, vous risquez d’avoir des problèmes pour la suite. Je ne veux pas cafter, mais il y a peu de chance que ça se passe exactement comme vous l’avez prévu. La preuve, le malheureux gamin de cette abrutie se roulait par terre dans la boue avec son nouveau blouson pendant qu’elle chouinait et ne faisait pas attention. Et bien, elle a fini par s’en rendre compte et elle l’a très mal pris, surtout à cause de l’état du nouveau blouson. A mon avis, ça lui a gâché sa vie d’acheteuse de blouson.

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