En juin 2016, après une campagne puante d’un côté comme de l’autre et une désinformation triomphante, les britanniques ont voté pour ou contre le Brexit. Ou plutôt non, puisque beaucoup (28%), pourtant pour l’Europe, ne se sont pas déplacés, parce qu’ils n’appréciaient pas le premier ministre Cameron. Et alors? On parlait de leur avenir à eux, pas de la popularité de Cameron, multimillionaire qui ne risquait rien, lui. Il y a aussi eu ceux qui disaient : de toute façon, qu’est-ce que ça change, d’aller voter? Ahaha, ça aurait changé beaucoup!

Aujourd’hui même, Boris Johnson vient d’annoncer que les réfugiés qui réussiraient par miracle à franchir la Manche (légalement) seront déportés au Rwanda. Ce n’est pas une blague (c’est expliqué ici). Ça vaut pour les ukrainiens bien sûr. Ça vous dirait qu’on fasse pareil ? Dans le même ordre d’idée, Johnson et sa clique ont été personnellement financés par Poutine et les oligarques ainsi que leur parti. Du coup forcément, on ne va pas se fâcher avec son banquier. On fait de grands discours pour épater la galerie, mais on ne touche pas à un centime de ces braves gens. Ça vous dirait qu’on soit aussi complaisant (pour ne pas dire complice) avec un génocidaire? Puisqu’on parle de ça, vous savez que le Brexit a été pensé, orchestré et donc financé par les mêmes qui sont derrière Trump? Et qu’on en a fait un copié/collé ici? (Allez lire l’excellente journaliste Carole Cadwalladr, dont je recommande le compte Twitter). Mêmes méthodes douteuses (entre financements opaques et propagande complotiste), même discours raciste, même aspiration nationaliste.
Vous savez quelle a été la première mesure de Johnson quand il est arrivé au pouvoir? Suspendre le parlement. Illégalement. Ça vous dirait qu’on tente ça ici? Non parce que les leçons ont été retenues, Johnson a finalement été contraint de rappeler le parlement à cause de la court suprême, et bien, pour éviter ce genre de contretemps, ici, on prévoit de supprimer le conseil constitutionnel, et voilà. Ça vous plait toujours? Vous savez combien de milliards de livres sterling ont été détournées, au grand jour, par les ministres et leurs proches en UK? Pendant que l’inflation flambe, que les impôts augmentent, que les aides sociales sont réduites à leur plus simple expression, que l’accès au soin est remis en cause, que les factures d’énergie n’augmentent pas de 4% comme ici mais de 54 % (en moyenne, ça va jusqu’à 140%)? Ça serait tellement amusant de faire pareil ici, non? C’est clair, le pouvoir d’achat des ministres britanniques, dont celui des finances qui lui-même pratique assidûment la fraude au point d’avoir réussi à être ministre du Royaume-Uni sans y être résident fiscal (il a régularisé depuis 2021. Pas son épouse, une des femmes les plus riches du monde), le pouvoir d’achat des ministres donc, a explosé. Celui des britanniques, à qui on a promis monts et merveilles, est au plus bas depuis trente ans (selon les chiffres du parlement lui-même). Ça serait fun d’essayer ici, non ?
Vous allez me dire, c’est pas grave, quand on est pas content du gouvernement, on n’a qu’à manifester! Ben non. C’est devenu illégal. Un manifestant même solitaire, risque 1 an de prison ferme pour tout ce qui peut être jugé comme disruptif. Tenir une pancarte sans rien dessus, lever le poing en silence, seul, ce genre de chose. Sauf bien sûr, si il proteste pour le climat et l’écologie, dans ce cas là, il sera jugé comme terroriste et peut être condamné à 15 ans fermes. Et puis, ceux qui s’obstinent à l’ouvrir, on peut toujours leur retirer la nationalité britannique, sans jugement et sans possibilité de faire appel, sans se soucier des traités internationaux, ce qui permet maintenant de les deporter au Rwanda. Qu’est ce qu’on rit, avec l’extrême droite au pouvoir! Ça vous dit toujours?
Il aurait suffit qu’une petite partie des abstentionnistes qui n’aimaient pas Cameron ou qui ne voyaient pas l’intérêt, qui pensaient que pour ou contre, c’était pareil, aillent voter en 2016 pour éviter que le Royaume Uni s’enfonce dans toute cette boue. Mais ils ne pouvaient pas savoir jusqu’où leur apathie entraînerait leur pays et eux avec. Aujourd’hui, on sait. Il n’y a aucune excuse, sauf à être d’accord avec ce qui va nous arriver si on n’y prend pas garde.










