Friday Feelings #76

Dernier jour de vacances scolaires (le week end, ça ne compte pas comme vacances)…je suis partagée entre la joie de ne plus faire colo et l’angoisse du réveil matin! On verra ça lundi. En attendant, c’est parti pour les états d’esprit de Zenopia et Postman. Je n’explique même plus pourquoi je suis en retard, au point où j’en suis, c’est si j’arrive un jour à poster à l’aube qu’il faudra que je dise pourquoi. 

Alors donc 10h33 (je trouve que c’est pas si mal…en tout cas, c’est toujours le matin)

Fatigue: ça va. Mais il faut remettre le réveil lundi. Non, non, je ne suis pas une traumatisée des rentrées scolaires, du tout.

Humeur: ça n’évolue pas beaucoup…j’essaie, mais non. 

Estomac: il a peur…j’ai décidé de me remettre à faire un chouïa attention (faut pas pousser non plus, juste un chouïa) en prévision des excès noëlesques à venir. Je préfère m’y prendre tôt, c’est important d’être bien préparée. Et après on dit que je ne suis pas organisée! 

Condition physique : flasque.

Esprit: embrumé. Et ce n’est pas une allusion à la meteo, il fait inexplicablement beau. C’est exaspérant d’ ailleurs, juste pour la reprise. 

Boulot: j’en ris encore.

Culture: Marichéri refuse qu’on cultive des poules dans le jardin. Ou qu’on fasse pousser un mouton. 

Message perso: profite de ce soir, décompresse un peu. 

Avis perso: non, parce que le nouveau jardinier a l’air moins sanguinaire que l’autre (je vous ai dit qu’on a réussi à se débarrasser du psychopathe à la tronçonneuse, du dépeceur de végétaux?). Celui-là se contente de couper l’herbe, sans ratiboiser tout le jardin. Mais un mouton, ça serait pas mal non plus, pour s’occuper de la pelouse. C’est beaucoup plus raisonnable que d’avoir une vache, déjà, un mouton prend moins de place. En plus on pourrait se faire un petit pull aussi, avec la laine, j’ai des idées. Le fait que je ne sache ni tondre un mouton, ni fabriquer la laine et encore moins tricoter n’est pas un problème. Marichéri manque d’imagination, c’est tout. 

Loulous: c’est confirmé, L’Ado ne fiche rien jusqu’à la fin du mois. C’est beau l’université quand même. Du coup, il continue à se chercher un job, il commence à se dire qu’on a peut être raison, il va devoir faire caissier. GeekAdo est déprimé, ça lui fait ça à chaque rentrée. Ce n’est pas les cours qui lui posent problème, mais  l’idée de quitter de sa chambre et ses écrans, de voir des gens, et horreur suprême, de devoir communiquer avec des êtres non virtuels. Ça le met dans un état de stress pas possible, on dirait sa mère devant les News. PrincesseDiva fait des essais de coiffures pour lundi, c’est le grand jour, elle va conquérir rentrer au collège. PrincesseChipie est impatiente de revoir ses copines, c’est fun et en plus elle va avoir un teacher qui est fun aussi. L’école, c’est fun, youpidoo. GeekAdo la regarde comme une extra terrestre. WizzBoy recommence la preschool lundi aussi, chez les grands. Il aura 4 matinées par semaine.

Amitié: xoxo

Love: lui, il est rentré au boulot hier, et bien soudain il trouve mon idée de s’acheter une île excellente, ahaha. On pourrait élever des moutons à pulls incorporés? 

Courses : tiens, je vais pouvoir envoyer L’Ado au supermarché…ça le sortira et avec un peu de chance, il reviendra avec un  job. 

Pic: je me rends compte que j’ai beaucoup parlé de moutons…c’est pour être conciliante, parce qu’évidemment,  je préférais quand même une vache. Je dis ça comme ça. 

11h10

Publié dans vie de famille | Tagué , , , | 37 commentaires

Thursday Thunder: a news addict’s lament

C’est la rentrée…enfin pas pour mes enfants qui recommencent tous lundi (sauf le glandeur nouvel étudiant), mais beaucoup d’écoles rouvrent  aujourdhui. Du coup, j’ai  décidé de reprendre les colères du jeudi. Il y a du matériel. Entre les déclarations soit totalement débiles soit suicidaires du gouvernement et le traitement qu’en fait la presse, qui se complaît dans une incompétence notamment en matière d’économie qui laisse penser qu’il y a peut-être eu une épidémie de lobotomies cet été en Grande-Bretagne, je pourrais facilement m’énerver. Certes, les anglais ont réussi à exporter Farage, l’alcoolisé ex leader du UKIP et à le refiler à Trump, ça débarrasse, mais à part ça, il n’y a vraiment rien de réjouissant dans les News, que ce soit dans la forme ou dans le fond. J’ai bien cherché pourtant. C’est là que je voulais en venir, je suis donc furieuse…après moi-même. Je m’étais promis de ne pas replonger dans les News en rentrant de vacances, j’ai échoué lamentablement.


Source

Je suis une news addict. Je sais que c’est mal, mais je n’arrive pas à arrêter. Pourtant, je me suis rendue compte à quel point  je me sentais plus détendue quand j’étais en sevrage forcé vacances. Pas d’Internet, ça aide! Pas moyen de consulter 50 fois par jours tous les sites d’infos sur lesquels je me rue dès le matin au petit dej. Surtout que depuis le Brexit, j’étais au bord de l’overdose  permanente. Ne pas suivre les déclarations de toute façon vides de sens des politiques, ignorer tout des soubresauts rigolos de la bourse, ne pas attraper le tournis à suivre les méandres de stats économiques que la presse essaie  tant bien que mal de cacher (ce qui m’énerve aussi), finalement c’est très reposant!  Je suis rentrée pleine de bonnes résolutions, les News, c’est décidé, j’arrête! À partir de maintenant, je me dé-tends, et je ne me préoccupe plus de l’état du monde, je n’y peux rien de toute façon. Si il se passe quelque chose d’important, Marichéri me le dira. Je suis zen et éthérée, hop, loin des contingences bassements materielles des news. Appelez-moi ermite. Le NHS coule? Ça ne m’atteint pas, je suis détachée de tout ça. May, notre nouvelle première ministre balance une insanité par jour? J’ignore totalement! Les journalistes se perdent en analyses abscondes sur les tenants et aboutissants de ces mêmes insanités et en tirent des conclusions désopilantes alors que globalement, c’est du vent? Ça ne vient pas troubler ma sérénité totale et mon sage isolement, loin des News. Je ne céderai pas, je ne leur accorderai pas un regard. Voilà. C’est tout simple. Ou pas. 

Parce que je reste persuadée que le Brexit et la montée du populisme idiot sont dûs en partie  à un manque d’informations. Que les gens ne savent pas (et ne veulent pas savoir) du coup, ils disent et font n’importe quoi et s’en mordent les doigts après. Dans ces conditions, je suis bien obligée de regarder un tout petit les News, non?  Juste un petit coup d’œil rapide? Promis, 5 minutes et j’arrête…bon après forcément, si il y a un sujet qui me semble important, je ne peux pas me contenter de ce qu’en dit BCC News, on est bien d’accord. Un peu de sérieux. Il faut que j’aille voir ailleurs aussi. C’est évident. Et que je fasse des recherches poussées. Non, non, je ne me cherche pas des excuses, pas du tout. Ça s’appelle comparer les sources, c’est essentiel pour développer son esprit critique (et son stress)…mais j’arrête quand je veux. Comment ça, ça fait une heure que je me prends la tête sur la valeur boursière des constructeurs immobiliers? Moi? Non, mais c’est  super important pour déterminer la santé économique d’un pays …et effectivement, ça n’a strictement aucun impact sur ce qui se passe dans mon salon en ce moment (WizzBoy essaie de jouer à cache-cache avec Capucine la chatte qui est très peu coopérative. Du coup WizzBoy la gronde: » Caçupine, méchante! You naughty chat! »). Par contre, ça me démoralise à fond. Ça ne va pas le faire. 

Bref, je n’arrive pas à me détacher des News. Et je m’en veux! Je sais que ça me stresse, alors pourquoi je n’arrête pas?  C’est idiot. En plus c’est un cercle vicieux: les News m’angoissent, non seulement ça me contrarie, mais je m’énerve aussi de m’en pas réussir à éteindre l’iPad et à aller prendre l’air. Une vraie News junkie…rhaaa! 

Publié dans Les colères | Tagué , , , , | 18 commentaires

And suddenly, I talked like a grown up…

Je me suis un peu répandue sur les résultats de L’Ado. Je ne veux pas vous lasser mais il va donc intégrer l’université qu’il voulait à la fin du mois, c’est un espèce de glandeur perpétuellement en vacances petit génie des langues (il en parle 4. Et il sait dire pomme en gaélique aussi).  Depuis qu’on est rentré d’Irlande, il s’éclate. Il  sort avec ses potes. On ne le voit jamais sauf quand on le croise par hasard au lever, vers 16 heures et qu’on le retrouve en train de ronfler dans le frigo parce que coin, non mais tu vois quoi, il a super mega bûché là, meuh, il doit décompresser. Bien sûr. En même temps, il décompresse depuis fin juin quand même…il va finir à l’état de baudruche avachie. On est évidement ravi de vendre un rein pour lui payer ses études (et encore ça ne couvre que la première année…il en a pour 4 ans ça ne va pas le faire. Il va falloir trouver autre chose), mais bon d’un coup d’un seul on en a eu marre avec Marichéri, de cette larve chevelue qui pille nos réserves avec des grognements de chameau qui se dégonfle, on a décidé de prendre les choses en mains. 


Source je crois que tous les autres gens de mon âge sont adultes alors que moi, je fais juste semblant

Bref hier, on a parlé à L’Ado. C’est décidé, il faut qu’il se trouve un  job d’étudiant. Hop. On ne dit pas ça uniquement parce qu’on est des parents ignobles et qui ne pensent qu’à l’argent (oui, et bien tu ferais bien d’y penser un peu aussi…ouch! qu’est-ce que j’ai dit là? on dirait  mon père! Premier coup de massue sur mes bouclettes qui se croyaient encore juvéniles, ça fait mal). C’est très mal vu ici de ne pas avoir un boulot le week-end quand on est étudiant. Ça compte énormément sur les CV pour la première ‘vraie’ embauche. Et là, on collerait un gros néon avec marqué glandeur sur le CV de L’Ado, ça serait pareil. Ça serait faux aussi, il a quand même bossé un peu,  mais ça n’est pas vendeur…bref, ça ne va pas le faire. Donc hier, Marichéri a décidé d’agir (il repart au boulot demain, dans la joie. Presque). Il a réveillé tout doucement son fils pratiquement au milieu de la nuit,  à 10 heures du matin (tu vas te bouger, feignasse!). On l’a assis gentiment à table devant un café (on n’est pas des monstres quand même). Beuh, non mais ouais, coin, k’ess kiya? (Si,si, ça fait du sens). Alors, L’Ado, qu’est-ce que tu comptes faire de ta vie? 

L’Ado, il va falloir te prendre en main. Meuh? Il faut commencer à avoir le sens des responsabilités. C’est pour ton bien. Tu crois que tu sais, mais tu n’y connais rien, on va t’expliquer. Tu dois apprendre à travailler. La vrai vie, ce n’est pas comme à l’école. Plus tard, tu nous remercieras….rhaaa, je me sens mal! L’Ado était vert, totalement effondré devant nos discours moralisateurs. Il n’a même pas eu la force de nous traiter de fascistes, c’est dire comme il se sentait faible, d’un coup. Et bien, c’était du pipi de chat comparé à moi! J’ai eu un grand moment mystique, où je me suis sentie sortir  de ce corps d’adulte qui débitait des lieux communs avec l’air sentencieux d’un hibou constipé.  » Tu dois investir dans ton avenir » (…j’ai fait une école de commerce, j’ai des restes, je peux vous en balancer plein, des comme ça. On va permuter l’interface paradigmale,  ça va fusionner. Il y a même un terme technique pour désigner ce genre de discours en anglais: le bullshit.). C’est qui cette vieille pie fasciste qui raconte n’importe quoi?…Au secours, c’est moi! 

On est ressorti de là  effondré tous les trois. L’Ado est parti réécrire son CV (‘tu dois valoriser tes compétences’). Marichéri et moi déprimions comme des hannetons suicidaires…on a parlé comme des adultes, rhaaaa! Et c’était L’Ado le jeune, pas nous! On a fait style: on est responsable et on sait. On s’est même moqué avec des rires compassés de la naïveté désarmante de L’Ado qui croit si il va dégoter le job de ses rêves, payé à prix d’or juste comme ça, grâce à son sourire éclatant (c’est une image, vue sa coiffure on ne distingue pas vraiment son sourire derrière ses mèches grasses). Nous, des rires compassés.  Alors que pas plus tard que la veille on s’est tapé une crise de rire tellement délirante sur l’anatomie des bonhommes en papier (ne cherchez pas…vraiment j’insiste, ne cherchez surtout pas) que j’en ai attrapé le hoquet et Marichéri a failli vomir tout son goûter, à force de s’esclaffer. Et bien tout ça, c’est fini, ça y est, on a été vieux…je ne m’en remets pas. C’est la faute de L’Ado, qui passe son temps à grandir bêtement. Il va finir par être plus âgé que moi, à ce rythme. Fils ingrat. C’est trop injuste, je veux avoir 4 ans et demi…

 En attendant, L’Ado cherche un job, de préférence dans les langues. Il ne nous croit pas qu’on lui dit qu’il ne trouvera  que caissier à Lidl ou responsable des extincteurs muraux au McDo (j’ai des références quand même. Pour ceux qui n’en ont pas, c’est du Gaston Lagaffe. Pour ceux qui ne connaissent pas Gaston Lagaffe, je ne peux rien pour vous)…ça y est, je me remets à penser comme une adulte…je n’en peux plus, au secours!

Publié dans vie de famille | Tagué , , , , , | 40 commentaires

Socks science

Je recommence doucement à me plonger dans les news, après presque trois semaines de sevrage bénéfique (j’y reviendrai). Je reste prudente, je ne vais pas directement attaquer avec la foire d’empoigne pitoyable les débats pour l’élection d’un nouveau leader au labour ou l’amateurisme édifiant les hésitations du nouveau gouvernement sur des sujets aussi divers que variés que tout et son contraire. Il y a du lourd, surtout que la presse continue à raconter allégrement n’importe quoi, notamment en matière économique avec une incompétence enthousiaste qui force le respect. Mais je reste sereine. Je ne m’énerve pas. Non, j’y vais comme je rentre dans une piscine glacée, orteil par orteil. Donc là, j’ai lu un article fascinant sur la BBC (ici-j’ai aussi piqué leur photo) sur la science du triage de chaussettes. Ça fait plaisir de voir à quoi sert la rançon démentielle qu’on vient de verser pour se débarrasser de L’Ado payer les frais universitaires de L’Ado. C’est quand même grâce aux tuitions fees à faire passer le budget de la banque mondiale pour de la menue monnaie que les scientifiques britanniques peuvent conduire des recherches poussées dans des sujets essentiels comme le tri des chaussettes. C’est vital. Bon, je rigole, mais effectivement, j’ai un problème de chaussettes à chaque lavage, ça m’intéresse. 


Je passe mon temps à courir après les chaussettes à chaque lessive. J’en retrouve systématiquement un nombre impair. J’ai essayé de ruser et de mettre volontairement 21 chaussettes dans la machine, en me disant que j’avais une chance d’en avoir 20 à l’arrivée. Ce fut un échec, non seulement je n’en ai récupéré que 19 mais trois dépareillées. C’est contrariant. Marichéri, L’Ado et GeekAdo ont des tombereaux de chaussettes noires, qu’on achète par paquet de 50 (la quantité, pas la pointure, ça serait trop petit, ce sont plus des chaussettes, mais des écharpes!), et pourtant, ils n’en trouvent jamais le matin. On rajoute les chaussettes multicolores de WizzBoy, les chaussettes blanches d’uniforme des filles et c’est carrément l’équivalent de la population moutonnière de l’Irlande en chaussettes que je dois trier toutes les semaines, c’est moyennement comique. Mais heureusement, le professeur Brian Christian, le gourou de la chaussette rangée vole à mon secours. C’est un mathématicien. Qui visiblement s’ennuie ou regrette son choix de carrière…ou alors c’est pour un pari? Ou il a été attaqué dans sa petite enfance par une chaussette carnivore et atteinte de la rage?  Il partage sa vie avec un millepatte qui a les pieds froids?… Enfin bref, ce brave chaussettologue (chaussetticien, chaussetiste?) nous apprend qu’il faut 4 fois plus de temps pour récupérer dans son linge 2 paires de chaussettes qu’une, et 10000 fois plus de temps pour 100 paires et oui, ça laisse rêveur. Ou pas. 

Il a donc pondu un bouquin qui ne peut que devenir un best-seller tellement c’est captivant qui explique entre autres qu’on est tous des imbéciles incapables à trier nos chaussettes n’importe comment comme une bande de petits néandertaliens décérébrés et aux orteils gelés. Alors qu’il suffit tout simplement d’appliquer au triage de chaussettes un bon petit algorithme mathématique. C’est évident, je ne vois même pas pourquoi on discute. Ce n’est pas parce que d’habitude, l’algorithme en question sert plutôt en informatique qu’on ne peut pas l’utiliser pour ses chaussettes. Un peu de sérieux scientifique dans ses sous-vêtements, ça ne peut pas faire de mal. On sent bien que le professeur Christian est un vrai petit comique qui doit avoir une vie sociale débridée. Cela dit, il n’a pas tort, puisque sa méthode révolutionnaire pour diminuer le temps de tri des chaussettes est basée sur la théorie des ensembles, comme j’ai eu la joie de l’apprendre au CP (je fais partie de la génération de cobayes sacrifiés petits veinards sur qui on a testé l’enseignement des maths modernes). Mais il se fiche un peu du monde, ce cher prof. En tout cas, il devrait faire une lessive et ranger son linge tout seul après, juste une fois au lieu de vouloir donner des leçons. Il croit qu’on l’a attendu, pour trier les chaussettes d’abord par couleur et taille avant de reconstituer des paires? Je ne veux pas être méchante, mais tout ce que les théories du petit Brian nous apprennent, c’est qu’il vit encore chez sa maman! 

En plus, la BBC ne rigole pas quand ses journalistes traitent un sujet sensible comme ça, c’est à fond. Ils n’hésitent pas à soulever les vrais problèmes: même si on n’a que des chaussettes noires pour éviter de perdre son temps à en retrouver 2 pareilles, ça ne marche pas: elles ne se délavent pas toutes à la même vitesse. C’est fou, quand je pense que j’ai vécu 44 ans dans l’ignorance…et tout ça ne règle pas le problème des chaussettes impaires. Franchement, la science chaussettarde a encore des progrès à faire. 

Publié dans société | Tagué , , , | 25 commentaires

Trim Castle & Abbey

Comme promis, encore un petit tour en Irlande (et j’en ai d’autres en réserve!), à Trim dans le county Meath au nord ouest de Dublin. Trim Castle est au bord de la rivière Boyne et c’est le plus grand château fort normand d’Irlande…oui, bon parce qu’il a été construit en 1172 (et les années qui suivent, déjà à l’époque, on ne pouvait pas faire confiance aux entrepreneurs pour tenir les délais d’un chantier) par des anglo-normands, des envahisseurs forcément, pas par des locaux. Trim a été donné à Hugh de Lacey par Henry II, qui ne se gênait pas pour distribuer des terres irlandaises. Ça a vivement contrarié un chef local dont je ne résiste pas à mettre le nom par plaisir,  Ruaidrí Ua Conchobair. Si. Ça c’est du nom qui claque! Le petit Ruaidrí a même attaqué le château, taïaut. Et donc c’est pour éviter de se prendre une intrusion d’irlandais énervés sur les remparts tous les 4 matins que le fils de Hugh, Walter a décidé de reconstruire en plus grand. Résultat, c’est immense et ça a pu servir de décor pour certaines scènes dans Braveheart. De là à dire qu’en fait Ruaidrí était pote avec Mel Gibson, ou qu’il voulait se reconvertir comme chef décorateur à hollywood …je sens que je m’éloigne dangereusement du sujet.



Il y a également une Abbaye Augustine un tout petit peu plus loin, en sortant de la ville, de l’autre côté de la Boyne. Il faut passer un petit pont charmant et on peut se garer devant le pub. J’adore ce pub! C’est la quintessence du pub irlandais de campagne, on dirait presque une attraction posée là juste pour les touristes, mais pas du tout. D’ailleurs, ces touristes ignares qui se bousculent dans le château  négligent les ruines de St Mary’s Abbey,  alors qu’elle est non seulement très jolie, mais elle aurait été fondée par Saint Patrick lui-même, ce qui n’est pas donné à la première abbaye venue quand même! 


On habitait tout près, on amenait tous nos visiteurs de France à Trim. Le château était déjà en cour de rénovation qu’on a quitté l’Irlande, mais la première fois qu’on l’a visité, c’était encore à moitié sauvage. On rentrait là dedans comme dans un moulin à l’équilibre très précaire, les ruines menaçaient de s’écrouler. Il y avait aussi une certaine végétation un peu envahissante, et des corbeaux dodus qui voletaient en haut du donjon. On pouvait grimper  partout et se faufiler entre les éboulements dans le moindre recoin des tours. Aujourd’hui Trim Castle est remarquablement sécurisé et aménagé, mais je trouve que ça a un peu perdu en pittoresque du coup. Bon, évidement on ne risque plus de se prendre une tour sur la tête, c’est un progrès. Et le donjon de Trim reste toujours aussi  impressionnant,  encore plus sous le soleil! 

Publié dans Tourisme | Tagué , , , , , | 26 commentaires

Sunny Monday # 35

Pour ce dernier lundi ensoleillé en bleu, en attendant la nouvelle couleur choisie par Bernie, je vous amène…à Madrid! Il n’y a pas que l’Irlande dans la vie, surtout si on cherche un ciel bien bleu. 


Bonne semaine à tous!

Publié dans Tourisme | Tagué , , , | 17 commentaires

My Own ABC 35

J comme…

James II ou VII: c’est le même roi, mais il n’était pas numéroté de la même façon en Angleterre et en Écosse, alors que pourtant c’est le même fuseau horaire. Il n’a pas que cette particularité qui le rend intéressant: c’est aussi le dernier monarque catholique du royaume-uni, il a été détrôné par une révolution, il était coiffé comme un caniche électrocuté et il est mort en France. Bref, avec James numéro deux, sept, neuf ou pi (c’est vous qui voyez), on ne s’ennuie pas. Il est né en 1633 et c’est le fils de Charles I et de Henriette de France, ça le poursuivra toute sa vie, le parlement anglais lui reprochant sa francophilie pétaradante. Enfin bon, avant de devenir roi, il est duc de York, comme le jambon et passe son enfance à s’éclater littéralement puisque c’est la guerre civile, youpidoo, qu’est-ce qu’on s’amuse. Pour faire court je résume, on coupe la tête son papa Charles Ier (oui, la blague est nulle), les royalistes tentent de faire couronner son ainé, sous le nom de Charles II, mais ça contrarie les parlementarians, et les deux frères s’enfuient en France. C’est la joie en Angleterre, mais pas longtemps. Parce que passer d’un roi qui se veut monarque absolu à un Cromwell mystique et sanguinaire qui rigole quand  il se coince la barbiche dans sa bible, ça n’est pas forcément fun. Et voilà comment on rappelle fissa les deux frères à la mort de ce joyeux luron de Cromwell. Charles II récupère sa couronne et il la passe à James en 1685. Seulement le petit James a profité de son séjour en colo à Versailles pour se convertir au catholicisme, ce qui fait mauvais genre en Angleterre. En plus, il décide d’un coup d’un seul d’imposer la liberté de culte, c’est outrageusement moderne et tolérant pour l’époque. Bref en 1690, on le renvoit en France à la faveur d’une autre révolution, c’est une manie, et son gendre et sa fille prennent sa place.  Si on ne peut même plus faire confiance à la famille…James meurt à Saint Germain en Laye en 1701. Je ne veux pas dire, mais pour un type même pas fichu de savoir son numéro,  il faisait preuve d’une certaine ouverture d’esprit qui n’est pas toujours évidente encore aujourdhui. 


Source 

Jersey: c’est une île connue pour ses vaches, Victor Hugo  et ses pommes de terres nouvelles. Pardon, je reprends, c’est une des îles anglo-normandes, c’est à dire que c’est dans l’eau. Je ne suis pas concentrée, mais ça va venir, je peux le faire. Je recommence. C’est une des îles anglo-normandes dans la Manche, qui appartenait déjà à Guillaume avant qu’il ne débarque à Hasting. Forcément, il l’a gardée après. Ça sert à quoi de conquérir un pays, si on ne peut pas conserver aussi ses petites îles en bas par là, sur le côté? Du coup Jersey cultive toujours une certaine particularité linguistique, avec un patois franglais incompréhensible  charmant, deux langues officielles le français et l’anglais à égalité, et des noms de bleds imprononçables pour un britannique de base comme Grouville, Saint Clément ou encore Saint Martin le vieux. Jersey ne fait pas partie du Royaume-Uni, même si Lizzie est son chef d’état et si elle a délégué à Londres sa politique étrangère et sa défense. Mais sinon, Jersey fait ce qu’elle veut, notamment en matière fiscale. Je précise aussi pour mes copines expats, qu’il y a de très bonnes écoles, qu’on peut y poursuivre des études supérieures (bon faut pas rigoler non plus, uniquement dans la  finance…) et que Jersey se moque éperdument du Brexit qui ne la concerne pas du tout, puisqu’elle ne fait donc pas partie du royaume-uni, et a déjà négocié avec Bruxelles son statut non pas de membre à part entière de l’UE, mais de territoire européen en 2003. Et les habitants ne sont pas contre couper complètement les liens avec Londres si les britanniques coulent. Au contraire, ça les fera bien rigoler. 


Source 

Joyce: en plus il s’appelle James (Augustine Aloysius, ce qui est charmant), il cultive les J. Attention je précise de suite que c’est un écrivain irlandais, pas britannique, ce n’est pas parce que certains tentent de se l’attribuer outrageusement qu’il faut se laisser faire. Bon évidement, il est né  à Dublin en 1882, et l’Irlande n’était pas encore indépendante.  Je ne vais pas vous faire sa biographie, ni vous raconter Ulysses, The Dubliners ou Portrait of the artist as a young man, parce que devant un génie absolu comme ça, je suis toute intimidée et je n’ose pas dire des bêtises. Si ça vous intéresse, on  célèbre Joyce tous les 16 juin pour le Bloomsday (il suffit de lire Ulysses pour comprendre) et il y a même un circuit touristique à Dublin, voilà….c’est malin, je me retrouve toute gênée, je ne peux pas faire de blague sur Joyce!


Source

Jaffa cake: bon, là ça va, je peux me lâcher. Et c’est culturel aussi à sa façon…Bref, ça se mange. En principe on les achète tout fait (pour Noël, on trouve des paquets de Jaffa cakes d’un mètre de long, Marichéri est fan. Et il y a aussi une version au citron vert pour Halloween), si ça se trouve c’est arrivé en France aussi. Les Jaffa cakes sont produits par Mc Vities depuis 1927. Depuis, il y a tout un tas d’imitations, mais franchement ce n’est pas la peine d’en parler tellement elles sont ridicules. C’est un biscuit composé d’une petite génoise et d’une couche d’orange avec un nappage de chocolat par-dessus. C’est une institution, et donc j’ai appris avec ravissement qu’on peut les faire soi-même. Si.  j’ai même trouvé une recette, que je n’hésite pas à partager ici

Source 

Jeeves and Wooster:
c’est une série télé adaptée des bouquins de PG Wodehouse qui a quand même viellie, mais reste amusante. Il y a eu 4 saisons entre 1990 et 1993. Pour les  fans de House, c’est bien Hugh Laurie en Wooster, l’aristocrate totalement incapable et demeuré mais gentil sur la photo à côté de Stephen Fry qui jouait Jeeves le majordome. Honnêtement, ça vaut la peine de revoir la série juste pour eux, ils sont toujours drôles. 


Source

Publié dans Les leçons d'histoire(s), société | Tagué , , , , , | 27 commentaires

Project 52 II #34

Attention, je ne vais pas mettre une photo d’Irlande. Je sais, ça fait un choc…mais vous n’y échapperez pas longtemps! J’ai des tas de billets tourisme prévus, pour le prochain, je vous amènerai à Trim Castle (c’est du teasing assumé). Mais cette  semaine Ma’ a choisi « détail » et Marichéri a plutôt fait des photos panoramiques en Irlande, ça ne pouvait pas le faire. Et il n’a pas vraiment eu le temps de réfléchir à la question depuis qu’on est rentré, on n’arrete pas de déplacer des meubles, on s’éclate. Il n’y a rien de tel que de partir en vacances pour vouloir complètement réaménager en rentrant, ce n’est absolument pas ma faute si après avoir fait faire 4 fois le tour de la pièce au canapé, je me suis rendue compte  que finalement, il vaut mieux le changer, ça sera plus simple. Enfin bref, avant les vacances familiales en Irlande,  on s’est fait des vacances à deux à Bath en février dernier. C’était très bien aussi. 


J’en avais trop beaucoup parlé à ce moment là. Bath est une ville extemement sympathique. Les thermes romans qui ont donné son nom à la ville sont magnifiques. Du coup, paf un détail d’une des mosaïques. C’est amené subtilement en plus…

Publié dans Tourisme | Tagué , , , , | 21 commentaires

Friday Feelings #75

Je suis encore en retard pour les états d’esprit de Zenopia et Postman, alors que j’ai retrouvé internet (youpidoo!), aucune excuse…enfin si, les enfants sont toujours en vacances et surtout dans un éclair de génie on a décidé en rentrant de déplacer les meubles dans la chambre de WizzBoy. Il aime beaucoup sauf qu’il ne s’est pas encore habitué à la nouvelle position de son lit. Il se réveille complètement désorienté plusieurs fois par nuit. C’est épuisant. Pour moi. Du coup, je tourne au ralenti le matin (l’après midi aussi… Et le soir.) Ça explique l’heure: 

10h23 ça pourrait être pire…

Fatigue: no comment.

Humeur: vaseuse…pas facile de quitter l’Irlande, et ça m’a fait réfléchir à pas mal de choses (Qui a dit, tout arrive?)

Estomac: se remet du ferry. C’est entièrement ma faute, j’ai voulu faire la maligne au départ, j’ai pris un café et un croissant. Cet hypocrite de croissant m’a lâchement trahi. Ou alors c’est pour se joindre à sa façon aux commémorations du centenaire de la révolte de Pâques (Easter Uprising) qui ont marqué le début de la guerre d indépendance de l’Irlande qu’il a décidé lui aussi de reprendre son indépendance…vis à vis de mon estomac. Ça va, vous n’êtes pas à table au moins? 

Condition physique: ramollie.

Esprit: confus. En même temps, c’est assez habituel chez moi…

Boulot: WizzBoy reprend la preschool dans 10 jours, pour 4 matinées par semaine, je vais pourvoir m’y mettre. 

Culture: c’est terrible, pour rester dans l’ambiance pendant les vacances j’avais pris le dernier roman de Marian Keyes, une auteur irlandaise que j’aime beaucoup. Et bien, j’ai été déçue. Ce n’est pas mauvais, mais  je crois que je ne supporte plus la Chick lit. Ça m’a bien servi au début, quand je commençais  à lire en anglais, c’est facile à suivre, mais là, j’ai envie de quelque chose d’un peu plus substantiel. Cela dit, je conseille quand même vivement Marian Keyes, qui est très drôle. 

Message perso: je croise les doigts aussi. Et ne laisse personne te faire croire que tu n’es pas formidable. 

Avis perso: je suis formelle, il y a au moins autant de vaches que de moutons en Irlande maintenant, c’est une évolution bovine remarquable en 10  ans. Ça ne peut qu’être un message, non? 

Loulous: L’Ado est invisible depuis qu’on est rentré, il fête ses résultats avec ses potes la nuit et dort le jour. On les relit beaucoup, ses résultats, c’est bien marqué noir sur blanc il doit être intelligent… Même si ça ne saute pas aux yeux comme ça, quand on le voit endormi devant la machine à café qui coule alors qu’il a toujours sa tasse à la main, à côté. GeekAdo n’est pas beaucoup plus présent, sauf aux repas. Il a retrouvé ses ordinateurs et son internet, il n’en peut plus. Il est parti dans de grandes recherches pour comprendre la signification des arabesques préhistoriques de Newgrange…les meilleurs archéologiques irlandais s’arrachent toujours les cheveux dessus, mais ça ne lui fait pas peur. PrincesseDiva se demande comment exploiter sa nouvelle passion pour sa nationalité irlandaise. En vivant en Angleterre, il y a sûrement  un potentiel dramatique à la chose, elle va voir…PrincesseChipie relance les invitations aux copines, encore une semaine de vacances. WizzBoy est ravi d’avoir retrouvé  sa maison, et même son lit déplacé. Il s’est aussi remis de sa déception de ne pas avoir vu de canard sur le ferry, on en a croisé sur la route. Les voitures s’arrêtaient pour les laisser traverser, en plein  Dublin. 

Amitié: je suis désolée de ne pas être dans le même pays, et de n’être là que virtuellement. 

Love: il reprend le boulot la semaine prochaine, ça ne le met que très moyennement en joie. 

Courses: on tourne à fond…

Pic: la vue depuis le salon du cottage en Irlande, sous la pluie pour faire plus authentique. GeekAdo nous a demandé pourquoi on était parti d’Irlande…et bien après 10 ans sous le déluge torrentiel et quasi continu, on s’est bétement lassé. C’était partir ou accepter de développer des pieds palmés. Mais c’est vrai que dès qu’il a un rayon de soleil, c’est la fête! Et c’est sublime, même sous la pluie. 

11h04

Publié dans vie de famille | Tagué , , , | 36 commentaires

Clonmacnoise

J’espère que ça va, vous ne vous lassez pas de mes irisheries? Je vais me calmer un peu, promis je ne ferais pas d’autres billets irlandais avant la semaine prochaine. Mais bon, ça fait trois jours que je dis que je vais vous montrer les photos de Marichéri, il faut bien que je me lance, surtout que Ma’ attend de pied ferme, à force, elle va s’ankyloser et ce sera pas malin. Elle risque de m’en vouloir. Je sens que je m’éloigne du sujet…on revient à Clonmacnoise, qui se prononce à peu près comme ça s’écrit, ce qui déjà est extrêmement sympathique et assez rare pour un site touristique majeur en Irlande. Attention, Marichéri qui ne s’en lasse pas vous le dira, c’est sublime. Ça risque de vous donner envie de sauter dans le premier avion pour Dublin.



En même temps, une fois à Dublin, vous êtes bien avancés, puisque ce n’est pas là du tout, mais en plein milieu de l’Irlande, dans le county Offaly, près d’Athlone. Soyons clair, c’est absolument paumé.  Clonmacnoise est un monastère  qui date du V et qui a été fondé par Saint Ciaran (ça se prononce Kieranne) of Rathcroghan. C’est déjà un bel effort de le trouver, c’est bien caché, les autorités locales ayant eu l’idée géniale de l’indiquer  par un panneau qui oriente les touristes exactement à l’opposé du site (il faut tourner à droite pas à gauche!).  Qu’est-ce qu’on ri,  petits farceurs. D’ailleurs, il y a à peine 10 places de parking devant le site. Et des centaines de touristes perdus, dont des français qui ont été ravis de tomber sur des compatriotes qui avaient l’air de connaitre. C’est là que j’ai compris que je suis vraiment devenue un peu irlandaise…non, parce que je n’ai pas répondu n’importe quoi à leurs questions géographiques pour les embêter. D’ailleurs, même si je ne connais absolument pas la réponse, j’ai une petite idée, basée purement sur mon intuition et mon sens de l’orientation défectueux. Si ça se trouve, c’était bon. On ne sait jamais. De toute façon, si j’ai répondu avec assurance, ce n’était pas pour les paumer encore plus, mais pour être polie. À l’irlandaise.  Si on vous indique un chemin farfelu en Irlance, ce n’est pas pour être méchant, au contraire, c’est parce qu’on ne sait pas mais qu’on veut aider quand même…enfin bref, Clonmacnoise, ça se mérite mais ça vaut la peine.



Le site domine la rivière Shannon, et il y a également les ruines retournées par le vent d’un petit château fort sur la gauche. Les touristes le méprisent sauvagement pour ne s’intéresser qu’au monastère. Ils ont tort, la vue est splendide. 


On avait déjà visité l’endroit, qui a laissé un souvenir ému à ma maman. Elle avait eu droit à un tarif étudiant alors que ça faisait plus de 20 ans que ça ne lui était pas arrivé. Cette fois, on a payé un billet famille pour 2 adultes et 2 enfants à nous 7 parce que ça doit être à peu près ça. J’adore les approximations à l’irlandaise comme ça. Il y a un petit musée sur la gauche, avec des croix protégées des intempéries, et quelques panneaux explicatifs très intéressants,  mais on n’a pas le droit d’y faire des photos. Par contre sur le reste du site, Maricheri s’est lâché. 


Il y a bien sûr la tour qui caractérise les sites religieux irlandais. Ça servait tout à la fois de clocher, de tour de guet, de silo et de refuge en cas d’attaque. La porte est en hauteur, volontairement. Impossible d’entrer sans une échelle et  sans se prendre sur la tête tout ce que les gens dedans ont envie de balancer, ça ralentit le plus teigneux des barbares. Il reste les ruines de la cathédrale, qui date de 909, plusieurs chapelles et bâtiments monastiques et des cellules des moines,  même si les toutes premières, construites en bois n’ont laissé que de vagues traces dans l’herbe. Il y a aussi  malheureusement une sorte de capsule en verre installée là pour gâcher le tout accueillir Jean Paul II qui s’était produit dans ce haut lieu de la spiritualité irlandaise et de la chrétienté en général. C’est une horreur, mais on arrive à faire abstraction.


Clonmacnoise a encore ses croix celtiques d’origine et elles sont juste sublimes. Elles ont été sculptées entre le VIII et le IX et ce sont les plus beaux exemples de tout le pays, qui en compte pourtant beaucoup, beaucoup d’autres. Elles méritent qu’on prenne le temps de les regarder à fond. Dans le petit musée,  on vous explique comment elles ont été fabriquées et ce qu’elles signifient…mais on peut juste les admirer simplement parce qu’elles sont belles. 


On peut faire le tour du site, en passant sur un chemin le long du Shannon. Il n’y a pratiquement personne qui s’y aventure alors que c’est pourtant tellement irlandais qu’il faudrait l’encadrer. Bon par contre, cette fois il n’y avait pas de mouton, comme il y a 15 ans… mais je n’ai pas été déçue pour autant, c’était plein de vaches. 

Publié dans Tourisme | Tagué , , , , | 28 commentaires