Le fou du volant

En plein débat sur le brexit, alors qu’on se demande en UK comment on va bien pouvoir se débarrasser de ces fichus 3 millions d’européens qui refusent de partir tout seul, voilà qu’on apprend qu’un de ces migrants, qui vit au frais du contribuable depuis des années en plus, non seulement provoque un accident de voiture, blessant légèrement une britannique, mais reprend le volant deux jours après sans aucune gêne. C’est inadmissible, un sale migrant européen logé royalement par l’état alors que les honnêtes brexiters n’ont droit qu’à des logements sociaux même pas monuments historiques. Ce Greco-danois est un fou du volant, un danger public et on ne lui sucre même pas ses allocs! Pire, on s’inquiète même plus de sa santé mentale que du sort des deux malheureux qu’il a accidentés…bref, Philou, ce petit coquin de 97 ans (et demi) a encore fait le fou au volant de son 4×4.

Source pépé Philou et mémé Lizzie…

C’est vrai que quand on voit Philou, momifié et l’œil mauvais, on se dit qu’on n’a pas franchement envie de le croiser au détour d’une route de campagne. Ou n’importe où d’ailleurs. Il a beau être un Royal, la conductrice en face (elle a eu un bras cassé), la police doit faire une enquête, surtout que cette dame réclame justice, c’est embêtant pour Philou. Heureusement, il a fini par envoyer un mot d’excuse. Alors déjà, il connaît très bien cette route, qui est dangereuse par elle-même, c’est un coup monté des gens qui l’ont bêtement mise là. De toute façon, c’est uniquement la faute du soleil qui la traîtreusement éblouit au moment où cette dame arrivait. Déjà, pourquoi elle est arrivée à ce moment prévus, hum? C’est pas un peu suspicieux ça? Si vraiment elle veut se plaindre, qu’elle fasse un procès au soleil, tiens. Voilà. Et il n’est pas parti aussitôt en la laissant sur le bas côté, sans s’en soucier. Pas du tout. Il était évidemment très préoccupé de son sort, c’est juste qu’il a dû partir à cause de la foule qui commençait à affluer, en rase campagne, autour des véhicules accidentés, sous les injections de son service de sécurité. Vous pensez bien que si il avait pu, il aurait secourir lui même cette pauvre femme. De toute façon, il a appris depuis qu’elle avait juste un bras cassé alors que lui franchement est tout bouleversé par l’accident, le pauvre petit. C’est quand même très traumatisant pour lui de rentrer en contact, littéralement, par carrosseries interposées, quelqu’un de même pas noble. Elle fait qu’elle prenne sur elle cette dame, elle devrait même être reconnaissante, ça lui fait de la pub. Bon allez, sans rancune et gros poutoux, signé Philou. Bon d’accord, j’ai peut-être un peu résumé, mais dans le style mot d’excuse, on a déjà fait mieux!

Depuis la conductrice se répand dans les médias en affirmant qu’elle n’a aucun soutien de la police. Bizarrement, elle est surprise… et Philou a été repéré conduisant une nouvelle voiture toujours comme un dératé, et sans ceinture. Le public est partagé, entre commisération pour ce pauvre prince qu’on harcèle comme ça et discussion timide sur l’opportunité pour un homme de 97 ans légèrement casse-coup, de conduire. Mais on ne va pas critiquer ouvertement un Royal non plus! Surtout que pendant qu’on discute des aptitudes automobiles de Philou, on ne parle pas de sujets plus graves…comme du sort des autres européens en UK.

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Sunny Monday #4

Pour ce dernier lundi en blanc, je reste à Washington. C’est la première fois que j’arrive à garder une unité de lieu pour le défi de Bernie, je ne garantis pas que ça continuera en février. Ce n’était pas intentionnel au départ mais après avoir choisi la Maison Blanche pour le premier lundi en blanc, je me suis prise au jeu. Je termine notre balade Américaine (enfin, la balade de Marichéri entre deux réunions) par le Capitole et son dôme blanc. C’est le siège à la fois du congrès et du sénat américains. Vu les relations légèrement pétulantes qu’on y entretient avec le locataire actuel de la Maison Blanche, je trouve amusant de rappeler que le dôme a été dessiné par un architecte…immigré (August Shoenborn, un allemand).

Bonne semaine à tous!

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Projet 52: horizon

Avec la météo du moment, l’horizon est littéralement bouché, il a donc fallu que je me rabatte vers les archives pour trouver de quoi répondre au thème choisi par Ma’ cette semaine. Comme j’ai parlé de l’Irlande la fois dernière, je me suis dit que j’allais continuer. Je vous amène à Malahide, au nord de Dublin, dans le County Dublin d’ailleurs, c’est dire si c’est près. Ce qu’on aperçoit à l’horizon est une presqu’île, Howth qui est absolument charmante (et abrite quelques célébrités) avec au bout sur la gauche l’île déserte cette fois, de Eye of Ireland. Je recommande vivement une balade sur la plage de Malahide si vous avez l’occasion de passer par Dublin. Elle s’étend du centre de cette petite ville (qui a aussi un très joli château) et va jusqu’à la presqu’île. On est tout près de Dublin, et beaucoup de Dublinois en profitent. Il y a une promenade tout le long et de nombreux endroits pour s’arrêter en voiture. C’est là qu’on a découvert la passion des irlandais pour les piques niques à l’intérieur des voitures. Ils se garent devant la mer, ne sortent pas alors qu’il suffit de descendre quelques marches pour être sur la plage et attaquent leurs sandwichs. Il y a même des orignaux qui tournent le dos à la mer. On avait aussi des amis qui louaient la maison la plus originale du front de mer, juste face à cette vue sublime. C’était donc la seule maison sans fenêtre côté mer, elles donnaient toutes sur le jardin derrière. On n’a jamais compris mais ça ne nous a pas empêché de nous balader à Malahide très souvent.

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Friday Feelings #199

La pression monte, on approche de la deux centième des états d’esprit de Zenopia et Postman. Est-ce que je dois faire quelque chose? Mais quoi? Pour la centième, j’avais fait une sorte de selfie je crois, mais Postman m’avait confondu avec un ananas…

Fatigue: bof…

Humeur: la neige, c’est déjà pénible quand ça tombe….sérieusement, c’est juste de l’eau glacée, je ne comprends pas les gens qui se protègent de la pluie mais se précipitent dehors dès qu’il tombe un flocon pour être sûr de se le prendre sur la tête…alors quand ça fond (je parle toujours de la neige), que ça tourne en bouillasse infâme et que ça gèle juste après, c’est extrêmement désagréable, surtout quand on a besoin de marcher dessus sous prétexte qu’il faut amener les enfants à l’école. Moi, ronchon? Pas du tout, je suis naturellement très frileuse et je n’ai aucun sens de l’équilibre!

Condition physique: dérapante.

Estomac: forcément, avec ce froid sibérien, je suis obligée de prendre des forces, non?

Esprit: gelé aussi.

Culture: ne me demandez pas pourquoi, on a passé la soirée de hier avant que les enfants se couchent, à chercher des traductions de « frère Jacques » dans toutes les langues possibles. On s’est éclaté comme des petits fous, sauf KnightyDiva qui a même fait remarquer qu’on est une famille bizarre. N’empêche que maintenant, on sait dire « ding daing dong » en finnois (plus pau pou), en vietnamien (ra ma xen) ou encore en bulgare (bim boum bam). C’est toujours facile à replacer dans une conversation, non? Peut-être que KnigthyDiva n’a pas tort…

Avis perso: dans la série « tout va bien en Brexitland, on ne nage pas du tout en plein délire », les européens qui ont commencé à remplir leurs dossiers pour le settle status ont eu la surprise de voir qu’on leur demande des justificatifs de domicile pour 6 mois au choix sur…2019. Voilà que Zaza se prend pour Marty McFly maintenant.

Message perso: tu fais quoi pendant les vacances de février?

Loulous: L’Ado se prépare à passer de l’Italie à l’Espagne. En Italie, il était inscrit, entre autres, en cours d’espagnol. A Madrid, il fera italien (et littérature espagnole, mais bon…). C’est logique. GeekAdo étudie un nouveau bouquin, « tu vois, c’est l’histoire d’un type, un certain Julien qui se la pete et saute sur tout ce qui bouge, style il dit qu’il a de l’ambition mais il est carrément pas sympa en fait, il est obsédé par Napoléon en plus et il finit avec la tête coupée et c’est bien fait pour lui ». Petit béotien. Massacrer comme ça le rouge et le noir, mon œuvre préférée. Et se marrer, incrédule quand je lui dis que non seulement je l’ai lu pour le plaisir, mais que je l’ai relu des centaines de fois, et que si il continue à se moquer de Stendhal, je le déshérite. Non mais. Je suis outrée. Il s’est défendu, soit disant qu’il a encore du mal à apprécier la literature française. Du coup, je lui ai conseillé de lire crime et châtiment, tu verras, c’est aussi un type qui a un problème avec Napoléon, mais c’est russe. Et toc. KnightyDiva est toujours captivée par la boxe, à la surprise générale. Avec ses bras de poulet anémique, c’est déconcertant. Elle qui est très douillette d’habitude, était ravie de m’apprendre qu’elle a même saigné du nez mais qu’elle a gagné le combat. PrincesseChipie a exigé que tous les devoirs soient notés, parce que ça veut dire quoi « très bien », on n’est pas en maternelle! Non mais t’inquiète pas maman, j’ai attendu que les autres sortent en récréation pour parler à la maîtresse, je suis pas bête. Ahah. Wizzboy est toujours à fond dans les chevaliers, d’ailleurs il a bien compris, les tournois, c’était comme des matchs de foot en fait, c’est juste qu’ils avaient pas de ballon au moyeu-nage, alors ils faisaient avec des chevaux.

Amitié: vive Skype! Et j’ai rencontré une maman américaine et paumée à l’école, on était aussi contente l’une que l’autre. C’est là que je me rends compte à quel point je suis empotée en français, je ne sais pas encore doser le small talk, alors qu’en anglais, ça va tout seul.

Love: lui qui aime beaucoup la neige d’habitude, est d’accord avec moi: ça ne va pas du tout. Elle ne tombe pas quand il faut, elle n’a fait aucun effort pour bloquer les transports avant qu’il ait besoin d’aller à Londres! Bon, ne soyons pas rancuniers, il n’a eu aucun problème pour revenir non plus, c’est une très bonne chose.

Penser à : commencer à réfléchir aux vacances d’été, ça nous réchauffera psychologiquement.

Courses: faites, c’est bon on peut survivre à l’assaut des intempéries. Ou hiberner, appelez ça comme vous voulez, de toute façon, je refuse de sortir de dessous mon plaid.

Sorties: voir au dessus.

Envie de: chaleur!

Pic: les plus anciens connaissent déjà la photo, mais sérieusement, est-ce que j’ai une tête d’ananas?

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The love/hate tag

Je me disais qu’il y a longtemps que je n’avais pas joué aux tags, et paf j’en reçois un, en anglais en plus! Merci ValerieK. C’est tout bête, il faut faire une liste de 10 choses qu’on aime, 10 chose qu’on déteste et tagguer 10 victimes copines à la fin. Je ne veux pas être contrariante dès le début, mais je vais plutôt commencer par ce que je déteste. Ce n’est pas que j’ai forcément mauvais caractère, mais ça m’inspire beaucoup plus. C’est au fur et à mesure que les idées me viennent, c’est à dire n’importe comment et en bazar, ce n’est pas un classement.

Source

Alors, ce que je déteste:

1-la neige: c’est froid, mouillé et glissant. Je ne comprends pas comment on peut aimer, à part ceux s’éclatent (littéralement) quand ils se vautrent et se pétent un bras ou ceux qui adorent attraper froid (après tout, chacun ses loisirs…). Vu qu’il y en a bêtement partout depuis trois jours dans mon coin, ça m’est venu de suite. Attention, je ne critique pas le côté esthétique de la chose. On est d’accord, c’est très joli. C’est le côté pratique qui me pose problème, surtout si on m’oblige à sortir et me déplacer là dessus. La neige ne fait rien qu’à faire express de faire tomber les honnêtes gens qui n’ont rien demandé et de leur casser un coude. C’est petit. Et non, je ne suis pas rancunière.

2-les concombres: le concombre est fourbe et n’hésite pas à se cacher sournoisement dans un sandwich mayo-crevette pour agresser sauvagement les papilles des innocents. Si ça se trouve, les concombres sont de mèche avec la neige pour ruiner la vie d’un maximun de personnes, tiens…

3-pour rester dans le comestible (enfin on se comprend), les poires: je déteste les poires avec fougue, j’ai donc eu le plaisir d’en manger sous toute les formes y compris en omelette sucrée (et pré mâchée. Voire pré vomie, style placenta albinos) à chaque fois que je suis invitée quelque part où je ne peux pas refuser d’avaler ce qu’on me sert sous peine de créer un incident diplomatique. Je hais les poires.

4- les portes qui grincent: bon je suis un peu injuste, tout ce qui grince me tape sur les nerfs, me vrille les tympans et me colle la migraine, y compris les humains grinçants qui sont aussi pénibles.

5-les fourmis et autres insectes rampants et volants qui n’ont strictement aucun sens du personal space, pour ne pas dire qu’ils sont sans gêne et carrément envahissants. Le pire que j’ai rencontré, c’était au Mexique. Je ne parle pas des crickets grillés à l’apéritif, mais des espèces de bestioles gluantes et vaguement fluorescentes qui vivaient dans les plantes grimpantes autour du porche sous lequel je devais passer pour rejoindre ma chambre. Rhaaa…rien que de l’écrire, j’ai des hauts le cœur. Ces choses immondes et poilues tombaient sur les crânes et les épaules de tout ceux qui rentraient dans la maison, je fonçais, avec mon sac sur la tête et une fois à l’abris, je passais 20 minutes à vérifier que je n’en avais pas dessus.

6- l’humour gras, en dessous de la ceinture, facile, moqueur gratuitement. L’humour est une chose délicieuse qui doit être manié avec délicatesse, ou noirceur (c’est encore mieux), mais pas avec de gros sabots.

7-les aéroports: j’en ai déjà parlé ici. J’adore arriver quelque part, je déteste le trajet et le pré trajet, c’est à dire l’attente interminable à l’aéroport, où j’ai bien le temps de m’angoisser ( je suis légèrement claustrophobe, ce n’est pas que j’ai peur de l’avion, c’est que j’étouffe).

8-le bruit des autres surtout des voisins quand j’en ai (sauf le coq, que je trouve charmant et pittoresques alors que le chien est un cretin bruyant).

9- les certitudes, les jugements péremptoires, les idéologies bouchées, les avis définitifs. Ils m’angoissent encore plus que je les déteste d’ailleurs.

10-oh et puis bien sûr, les intolérants, les xenophobes, les racistes, les sexistes, les homophobes, les violents, les hargneux…mais ça va vite faire discours de miss France tout ça.

Je sens que j’ai bien cassé l’ambiance, on va vite passer à la suite avec ce que j’aime. Comme au dessus, c’est totalement désordonné.

1- le chocolat, qui je le rappelle vient d’une plante, c’est à dire que c’est pratiquement un fruit.

2-les soirs d’été quand il a fait très chaud, caniculaire, et qu’on peut enfin respirer…bon ça marche mieux dans le sud, et plus particulièrement le sud ouest (je ne suis pas chauvine, c’est sentimental, toute mon enfance!), avec l’odeur des pins qui ont chauffé au soleil toute la journée et le bruit des grillons.

3-chanter faux, parce que chanter juste, je ne sais pas faire, surtout brailler last Christmas à pleins poumons avec les enfants.

4- le chocolat

5-les vaches, mais aussi les pingouins, les marcassins ( alors que les sangliers moins. Je n’ai jamais dit que j’étais logique…) et les canards. Les moutons, les ânes et les hérissons. Les chèvres, les lapins et les chats…je suis très gamine, j’aime bien les animaux de la ferme (et je ne vois pas pourquoi un pingouin et un marcassin ne pourraient pas être des animaux de la ferme si ils veulent, ne soyons pas sectaires), mais propres sur eux et potty trained, c’est mon côté Marie-Antoinette-avec-la-tête.

6-Les brocanteurs, bouquinistes et autres échoppes vieillottes et poussiéreuses où je peux traîner pendant des heures et m’émerveiller devant un vieux bouquin en arménien ou javanais, un fauteuil éventré et unijambiste, un bougeoir ébréché, un casque rouillé de scaphandrier soviétique ou une antique pompe à essence. Heureusement, Marichéri adore aussi. D’ailleurs, il a failli acheter le casque de scaphandrier mais il s’est finalement rabattu sur une vieille plaque de rue. De un mètre 20 de long.

7-le sauterne. Avec du foie gras. Je suis du sud ouest, c’est pratiquement une obligation.

8- j’ai déjà mentionné le chocolat?

9-les fous rires avec Maricheri quand on part dans nos délires qui font le désespoir de nos enfants, surtout de KnightyDiva qui nous trouve très immatures pour des parents.

10-bon, je n’ai pas dit Marichéri et mes enfants, mais on se comprend, non?

Finalement, comme ça m’a mis de bonne humeur, je ne taggue personne, mais n’hésitez pas si ça vous tente.

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We are not bargaining chips

Bannière de the3million sur Facebook 
Il faut dire aussi qu’on est des êtres sans scrupule qui profitons lâchement de l’immense générosité de notre pays d’accueil, au point même de nous croire chez nous. Ça ne m’étonne pas de nous, tiens. On n’a aucune honte, à venir payer des impôts, à contribuer comme ça au budget de l’état britannique proportionnellement plus que ne le font les locaux (pour £1 reçu, les européens ont versé £1,44. C’est £0.97 pour les britanniques, bref, on paie pour leurs allocations). C’est évidemment pour les narguer. De toute façon ça ne marche pas, ils savent très bien qu’on est ici pour profiter des allocs, même quand on n’en touche pas. On n’hésite pas à piquer le boulot d’honnêtes brexiters qui refusent de bosser, c’est dire à quel point on est fourbe. Certains sont même venus avec l’intention de repartir, et puis paf, ils se retrouvent maintenant à vivre avec un ou une britannique. Franchement, les migrants européens, ça se croit tout permis, même de faire des enfants britanniques. C’est fou!  Les hôpitaux qui ne fonctionneront plus correctement sans nous, sont pleins de médecins et personnel soignant européens. On est partout. Dans les entreprises, les restaurants, les supermarchés, dans les exploitations agricoles où les récoltes pourriront sur place sans nous, dans les banques, véritable poumon financier du pays, qui sera ruiné quand elles partiront, dans les universités, à la poste, dans les entrepôts, dans les écoles où on n’hésite pas à enseigner aux petits britanniques (un exemple au hasard, on leur apprend parfois le français et la différence entre le conditionnel et le futur de l’indicatif que j’emploie pour parler de la Grande Bretagne post brexit. Je dis ça comme ça)…on s’investit dans des associations, on aide nos voisins, on devient potes avec eux même parfois ( je ne parle pas de notre harceleur charmant voisin légèrement envahissant très sympathique). Bref, on fait carrément comme si on était chez nous. Quand je vous dis qu’on est des êtres ignobles! 

Heureusement Theresa May, l’éternelle-victorieuse-commandante-à-la-volonté-de-fer (il est pas mal aussi celui-là, non?), ne perd jamais une occasion de nous remettre à notre place, celle de pions et rien d’autre. On est vraiment obtus, ça fait bientôt 6 mois qu’on nous le dit! On va pouvoir rester ou on va être déporté? Taisez-vous d’abord, et puis la glorieuse-générale-qui-descend-du-ciel (j’ai féminisé…c’est moi, ou ça à un petit côté xmas carol? ) n’a pas encore décidé. Si on peut rester, ce sera avec quels droits, à quelles conditions?  Mais enfin, on vous a dit de la fermer! Pourquoi avoir soudainement compliqué les formalités administratives, pourquoi nous faire remplir des tonnes de formulaires, peut-être en pure perte ? Parce que vous êtes des pions, c’est clair bon sang! Il faut la comprendre aussi, Theresa May plus-grande-incarnation-de-l’amitié-revolutionaire. Elle n’a rien d’autre que nous pour impressionner Bruxelles. Ce n’est pas avec ses confitures innovantes qu’elle va faire fléchir les négociateurs européens. Alors qu’avec nous, elle a 3 millions d’otages sous la main (sans compter les britanniques résidants en Europe). 3 millions de bargaining chips. 

Ben voilà-t-il  pas qu’on n’est pas d’accord, qu’on refuse d’être traité comme ça. Qu’on se rebiffe dans toute la presse, sur les réseaux sociaux, à coup de petitions, de manifestations, et même jusqu’aux portes de Downing Street…que des gens formidables font entendre notre voix et défendent nos droits. On est 3 millions, et on a bien l’intention d’être traité comme des êtres humains et de rester chez nous. En Grande-Bretagne.

Je précise que ce n’est pas un billet sponsorisé. Déjà, je n’en fais jamais, et The3million n’a rien à vendre. C’est un billet engagé.
 

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Le settle status expliqué aux journalistes français

Hier a été une journée très difficile pour mes amis européens en UK. Une de plus. Depuis juin 2016, ils sont partagés entre colère et angoisse, ils ne dorment plus, ne vivent plus comme avant. Depuis hier, ils peuvent déposer une application ( qui sera bientôt obligatoire) pour demander la permission de continuer à vivre dans leur propre foyer. Le rétropédalage de May devant le parlement hier soir, n’a rien fait pour les rassurer. Elle a cédé devant le groupe de pression the3million (dont je fais partie, comme 36000 européens en UK, je dis ça par honnêteté intellectuelle et pour ceux qui vont encore m’accuser d’en rajouter) et annoncé que l’application sera maintenant gratuite. Mais elle n’a strictement rien changé aux modalités ni répondu aux angoisses des européens. J’ai eu l’agréable surprise de voir que les médias français en parlaient, pour une fois. J’ai vite déchanté.

Le très sérieux Monde annonce benoîtement que l’enregistrement des européens en uk a commencé. J’insiste: ce n’est pas un enregistrement, c’est une demande obligatoire qui peut être refusée et on ne sait toujours pas ce qu’il adviendra de ceux qui seront rejetés. En sachant que près de 20% des dossiers ont « posé problème » pour employer des euphémismes comme le Home Office, lors de la première phase de tests, ça ne rassure pas. J’ai vu aussi passé un article sur le HuffPost qui m’a fait bondir. Il parlait « des européens qui souhaitent rester »…sérieusement? Quand on parle de continuer à vivre chez soi, garder son job, ne pas être séparé de son conjoint, de ses enfants? Ça lui dirait au journaliste, qu’on débarque chez lui un beau matin en lui disant qu’il n’a plus de droit d’y vivre et qu’il doit dire au revoir à ses gosses, il pourra toujours leur parler sur skype? Je n’exagère pas, c’est l’argument du home office britannique pour arracher des parents étrangers, y compris des mamans allaitantes à leurs enfants. Cher journalistes français, allez faire un tour sur Google, tapez juste Skype families, vous verrez…comment osez-vous dire « ceux qui souhaitent rester »? Vous croyez que c’est facile après 10, 20, 50 ans de déménager toute sa vie vers un ailleurs qu’on ne connaît plus, d’y retrouver un boulot, un logement, d’y refaire sa vie? Je peux vous raconter si vous voulez, et encore je fais partie des privilégiés qui ont eu les moyens de quitter brexitland.

Mais l’article en question ne s’arrête pas là, pourquoi ne pas gober la propagande du gouvernement britannique sans rien vérifier, c’est pas comme si on était journaliste? Il prétend que le settle status s’adressent aux européens qui veulent continuer à travailler et toucher des allocations. Ah ben ça alors, c’est gentil de nous traiter de sales profiteurs qui volent les allocs et le boulot des honnêtes brexiters en même temps! Le settle status concernent tous les européens, les retraités, les parents au foyer, les malades longue durée, les travailleurs indépendants, les enfants, tous, pas que les salariés qui souhaitent garder leur job comme le dit l’article. Il ne donne pas le droit de toucher des allocs, en tout cas pas plus que celles pour lesquelles on cotise déjà, il donne le droit de se loger (sans lui, pas possible de louer), de se faire soigner, de changer de boulot, de revenir après des vacances à l’étranger…non parce que je ne sais pas ce que les journalistes français considèrent comme une « allocation », mais ne pas être refoulé à la frontière quand on rentre chez soi en UK, c’est quoi pour eux?

Je répète, le settle status n’est pas un enregistrement tout bête des européens en UK. C’est un fichage unique (les autres immigrés et évidemment les britanniques ne sont pas concernés) d’une catégorie de la population en fonction de ses origines. C’est un état qui demande à un groupe défini selon son éthnicité, de lui remettre ses données personnelles en échange de la permission, révocable à tout moment, de continuer à vivre chez eux mais avec moins de droits qu’avant. C’est l’attribution d’un numéro identifiant spécifique à chaque membre de cette communauté pour les différencier du reste de la population. Seuls les européens auront ce numéro spécial, pas un numéro de sécu, pas un code pour les impôts (qu’ils ont déjà), pas un numéro de carte de séjour ou de permis de résident. Non, un numéro juste pour eux qui les désignent comme européens et que bailleurs, médecins, employeurs, demanderont pour savoir si ils sont indésirables ou ont encore des droits. Et pour obtenir ce numéro, on doit aussi abandonner toute idée de protection de ses données personnelles puisque non seulement on n’aura plus accès à son propre dossier, même si on veut faire appel, mais l’état britannique s’arroge le droit de le vendre à n’importe quel tiers….alors, les journalistes, ça a toujours l’air d’un simple enregistrement?

Je sais bien que tout le monde s’en fout ici, des européens en UK. Mais ils vivent des moments très difficiles, ils n’ont pas besoin que les médias de leur pays d’origine réduisent leur cauchemar à une simple formalité administrative. Il y a quelques jours, l’un de ces européens a posté une photo de son grand père avec la légende: « la dernière fois qu’un membre de ma famille a été fiché par un gouvernement ». Enfin, pas une photo de son grand père, juste de son bras, en uniforme rayé. Avec le numéro tatoué. On n’en est pas là ok, mais s’il vous plaît, même si vous ne pouvez ou voulez pas soutenir les européens en UK, faites au moins votre boulot, renseignez-vous et évitez de tomber dans le panneau de la propagande grossière du gouvernement qui les traitent aussi mal!

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Sunny Monday 2019 #3

Pour le rendez-vous en blanc de Bernie, je continue le thème. Après tout, il y a des tas de monuments blancs à Washington, ça aide!

Bonne semaine à tous!

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La phrase de la semaine #20

On ne dira jamais assez les joies des transports en commun. Ça permet de côtoyer des gens fascinants qu’on ne croiserait peut-être pas autrement. Comme ces collégiens vociférants à l’arrière, en pleine interrogation philosophique:

Alors certes, c’est admirable d’aborder comme ça de vrais sujets de société, à même pas 8 heures du mat. Par contre, c’est un peu inquiétant pour leurs résultats scolaires, je trouve ça assez osé de comparer les maths et une visite chez le dentiste. Pourquoi pas physiques chimie et se casser une jambe? Art plastique et électrocution? Ou alors, pour rester dans le médical, histoire géo et amputation sans anesthésie? Mais bon, si je peux me permettre, quitte à s’interroger sans tabou, il faudrait peut-être, éventuellement, possiblement tourner la question différemment…si j’osais, je suggérerais : « vas-y, c’est quoi qu’est le plus urgent, cours de français ou cours de français?  » Mais j’ai bien peur que ce soit un peu subtil pour de si jeunes esprits. En tout cas, cet échange captivant m’a mis de très bonne humeur dès le matin: finalement, mes petits anglophones maîtrisent très bien le français!

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Projet 52: flou

Il y a des semaines comme ça, on dirait que Ma’ a choisi le thème juste pour moi: les photos floues, je ne fais que ça! Pourtant, j’ai de suite pensé à une photo prise par Marichéri, en Irlande. Quand lui fait du flou, c’est volontaire.

Il s’agit du phare en face de Ardgillan Castle, un de mes endroits préférés en Irlande. Je ne perds jamais une occasion de le replacer. Quand on y est retourné lors de nos vacances-pèlerinages en Irlande, j’ai pleuré d’émotion. Ça ne s’explique pas, j’adore Ardgillan Castle. D’ailleurs, je vous mets le lien pour voir les autres magnifiques photos non floues prises par Marichéri ici.

Ardgillan est près de Balbriggan, au Nord-Est de Dublin (et dans le country Dublin d’ailleurs). Il y a très longtemps, on habitait à Swords (où est l’aéroport de Dublin), il fallait pédaler pour avoir internet (haaa, le cri mélodieux du modem…) et le tourisme n’était pas encore une industrie en Irlande. Le county council avait édité une brochure, distribuée dans toutes les boites aux lettres avec des idées de balades locales. C’était parfait, on cherchait justement des endroits pour faire prendre l’air à L’Ado tout neuf dans sa poussette. On a été au plus près, Ardgillan Castle. Et on est tombé sous le charme. On y est retourné un nombre incalculable de fois en 10 ans, on est allé lui dire au revoir quand on a quitté le pays. J’ai pleuré, déjà. Et donc, on était tout ému d’y ramener L’Ado et le reste de la tribu en 2016. On s’est promis de ne pas attendre encore des années avant de revenir. To be continued then…

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