Happy birthday to youu, haaappy birthdayyy to you, our mooove! Bon d’accord, ça fait bizarre. Mais ça y est, c’est officiel, on vit en France depuis un an. Pourtant j’écris encore presque tous mes titres en anglais et je ne pense pas changer. J’ai bien essayé de mettre les états d’esprit (de Zenopia et Postman) en titre, mais je ne m’y habitue pas.
Fatigue: pas vraiment, enfin pas plus que d’habitude. Et j’espère que la neige annoncée nous permettra d’hiberner un jour ou deux.
Humeur: maussade mais pas trop non plus.
Condition physique: gelée et ébouriffée, c’est à dire que le vent sibérien fait voler mes bouclettes qui gèlent ensuite directement en mode droit sur le crâne, ou presque. On dirait que je me balade avec un hérisson givré sur la tête.
Estomac: je suis obligée de me protéger du froid, non?
Esprit: aussi emberlificoté que ma coiffure
Boulot: journée productive hier, réunion aujourd’hui…rhaa, voilà que je parle à des gens! Sinon, niveau travaux, j’essaie de convaincre Marichéri pour la peinture du bureau. Je penche pour une espèce de vert amende douce, il n’est pas convaincu. C’est la faute des fabricants de peinture, à toujours donner des noms idiots à leurs couleurs…
Culture: j’ai passé ses derniers jours suspendue aux débats parlementaires britanniques, ça n’aide pas. Cela dit, c’est très culturel aussi, avec tout un décorum désuet. Par exemple, on compte les noes et les ayes à chaque vote, le speaker (le président de l’assemblée) crie « order, order » pour réclamer le silence, on s’adresse à ses adversaires politiques qu’on ne peut pas supporter en disant « the honorable gentleman », on se parle face à face, mais en respectant la distance réglementaire de deux longueurs d’épée…
Avis perso: finalement, toutes mes comparaisons animalières ne marchent pas pour Theresa May. Sa façon de s’accrocher désespérément à son poste, quelques soient les conséquences catastrophiques pour le pays, est plutôt végétale. Zaza, c’est le lierre venimeux du brexit, le lichen teigneux du brexit, la glycine urticante du brexit…
Message perso: à tous les frexiters acharnés, sérieusement just f*ck off. Et je suis polie, j’ai mis une jolie petite étoile à fuck.
Loulous: L’Ado bûche, passe des partiels, bûche, passe des partiels…il n’a même plus le temps de faire du tourisme! Et il se prépare déjà pour Madrid, la grande question étant bien sûr de décider si il supportera le réal ou l’atletico (les deux équipes de Madrid, je précise pour ceux qui ne suivent pas le foot). C’est bien d’avoir le sens des priorités comme ça. GeekAdo commence à stresser pour le bac blanc de français, ça nous donne un léger aperçu de ce qu’on va subir en juin. Cet enfant est pénible à s’angoisser comme ça, on dirait sa mère. KnightyDiva a entrepris d’apprendre à parler chat pour communiquer avec Capucine. C’est pas gagné, elles ne font rien qu’à se disputer. PrincesseChipie est toute triste, ses bottines à paillettes ont rendu l’âme. Elle en teste de nouvelles, roses à moumoute, mais elle trouve ça terne. WizzBoy se passionne pour les châteaux forts cette semaine, il connaît tout: les douvres pour noyer les zennemis, les môôrtrières pour tirer des flèches sur ces imbéciles de zennemis, les tréteaux en haut des cremparts pour voir arriver les méchants de zennemis…il fait aussi très bien la corne de brume glapissante quand on essaie de le corriger. Mon chéri, on dit les créneaux des remparts….nooooooon, ze saiiiiiis, c’est des cremparts! Bon.
Amitié: nos Skypes du mercredi me manquent…
Divers: je me demande si ça ne mérite pas un gâteau voire même deux (un cake anglais et une pâtisserie française, pour la symbolique bien sûr), cet anniversaire de déménagement…
Love: il espère que la neige arrivera plus tôt que prévue, de préférence dans la nuit de dimanche à lundi…
Penser à: arrêter de penser un peu
Course: on a passé un temps fou au marché, dans le froid polaire ce matin. Tous les commerçants nous ont soudainement posé des questions sur le brexit, ça les inquiète. Y aura-t-il toujours des touristes anglais dépensiers cet été?
Envie de: rester au chaud.
Sortie: voir au dessus.
Pic: voila…Marichéri se fiche de moi dès qu’il me voit tricoter, il n’en peut plus de rire. Puisque c’est ça, je garderai mon plaid pour moi et il aura froid, na!









Thursday thunder: les bas fonds de l’humanité
C’est un peu grandiloquent comme titre…je veux parler encore une fois des RS, ces déversoirs à insultes, ces décharges à internet ouvert des pires outrances, ces vomis dégoulinants de racisme, de sexisme et d’homophobie, ces réceptacles puants de fascisme, d’anti sémitisme et de haine de l’autre, ces tombeaux de la courtoisie, du débat, de l’échange et du respect…bref, j’en ai marre des trolls.
Source
J’en ai toujours croisé depuis que j’ai commencé à bloguer, on m’a reproché d’être une traître, une exilée fiscale, une libérale, une communiste (j’en ris encore), une intégriste catho, une illuminati, un dauphin mutant, une étrangère, et j’en passe. Mais ce n’est rien comparé à ceux qui se déchaînent en ce moment. Ce n’est rien comparé à tous ces gentils partisans du frexit qui m’ont trouvé je ne sais comment, ont réussi à comprendre en surchauffant des neurones, que je n’étais pas du même avis qu’eux, et prennent sur eux de me couvrir d’insultes. Ce n’est rien comparé aux menaces de mort que reçoivent presque quotidiennement sur FB certains de mes amis. Ce n’est rien comparé aux appels au viol et au meurtre qui se répandent dans un langage aussi incohérent que fleuri, sur les pages FB de simples internautes que je connais. Ce n’est rien comparé aux tombereaux d’horreurs que reçoivent des gens connus qui ont le malheur de ne pas plaire à tous ces courageux décérébrés derrière leurs écrans.
Devant ces appels à la violence et à l’intolérance de trolls hargneux, ça fait chaud au cœur de voir où sont les priorités d’un de leurs RS préférés. C’est rassurant de savoir que FB n’hésite pas une seconde à censurer une œuvre d’art mais ne trouve rien à redire quand on lui signale des pages et des pages appelant aux pires exactions. C’est gentil de nous avoir prévenus mais ça ne semble pas contrevenir à nos règles. Ah bon? Désigner une catégorie de population en fonction de ses origines, sa religion supposée, sa sexualité ou son boulot comme une cible à abattre, ce n’est pas un problème pour FB? Ça l’est pour la loi pourtant. Ce que tous ces braves connards oublient bien sûr. Puisqu’ils s’auto congratulent en toute impunité sur FB, pourquoi ne pas transposer leurs fantasmes malsains et leurs violences hystériques IRL? Ils ont forcément raison, ils ont des like! Ce n’est même pas la loi du plus fort, ou la loi de celui qui gueule le plus fort, c’est la loi du plus liké. Ou de celui qui se dit le plus liké, parce que bizarrement, on parle très peu de forums de tricot ou de sites de voyages où les échanges restent courtois et qui reçoivent bien plus de trafic que certains sites ouvertement racistes qu’on porte pourtant au pinnacle de la popularité virtuelle alors qu’ils ne représentent qu’eux-même et leurs idées pourries.
Je parle bien sûr des médias traditionnels qui leur déroulent le tapis rouge, les adoubent, les encensent, les glorifient. Les commentaires sur les sites des médias dit d’information sont devenus un dépotoir à connerie. Le racisme, le néo nazisme (d’ailleurs pourquoi on dit « neo nazisme »? il n’y a rien de nouveau dans cette horreur), le négationnisme fleurissent en toute impunité. On leur ouvre même les colonnes des journaux, on leur tend avidement les micros, venez donc déverser votre intolérance, votre violence, votre inhumanité sur nos plateaux télés, vous faites du buzz sur les RS, vous nous ferez bien de l’audience! C’est même double bénéfice pour ces braves journalistes puisqu’après avoir légitimé les discours immondes de tous ces gens, ils peuvent ensuite débattre à n’en plus finir sur la montée des incivilités et de la violence dans la vraie vie. Ah ben ça alors, ma bonne dame, on se demande comment ça a bien pu arriver…c’est pas comme si on l’avait banalisée pourtant. C’est pratique, non? Mais bon sang, puisque vous vous piquez d’un intérêt soudain pour les RS, vous devriez peut-être suivre le célèbre « don’t feed the troll » au lieu de les accueillir à bras ouverts, ces trolls. Ce n’est pas juste une expression de geeks coincés du clavier, c’est du bon sens ( le vrai, pas celui qui sert à cacher les pires populismes). Si on ne prête ne serait-ce qu’une miette d’attention aux trolls en leur répondant, ils ne se sentent plus, ils grandissent, grandissent, et voilà qu’ils finissent pas sortir des RS pour répandre leur bile immonde à coup de courriers anonymes et autres tags sur la voie publique.
Bon voilà, ça ne sert à rien et j’enfonce des portes ouvertes. Mais ça fait du bien de pousser une gueulante, sans menacer personne. Comme quoi, c’est possible…et les RS, ça peut aussi servir à échanger, à s’entraider et à envoyer une énorme pensée, tout mon soutien à une amie qui ose s’y exprimer et qui croule sous les commentaires les plus abjects en ce moment, sans que FB ne trouve à y redire. Ça sert aussi à reprendre un peu foi en l’humanité en voyant que pour chaque haineux qui hurle sa violence, des dizaines et des dizaines de messages courtois et chaleureux viennent un peu redresser la balance. Mais cette plongée dans le cloaque des RS qui éclabousse maintenant la vraie vie, dans ces bas fond de l’humanité qui resurgissent triomphalement, fait peur.
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