Friday Feelings #264

Quand je disais hier que le confinement commençait à me monter à la tête: je ne sais plus quel jour on est, j’ai failli oublier les états d’esprit! ( initiés par la merveilleuse Zenopia)

Fatigue: bof…j’appréhende un peu le retour de l’école à la maison lundi, sinon, ça va.

Humeur: moyennement hésitante. Si.

Condition physique: on a trouvé des restes de murs en creusant pour reboucher le bassin du petit requin! Du coup, on creuse encore plus: ce qui devait être un petit travail s’est transformé en véritable chantier de fouilles, même Wizzboy y va avec sa pelle. On veut savoir. Tout ça pour dire que je suis toute courbaturée.

Esprit: curieux. Dans tous les sens du terme.

Estomac: hiiiii, j’ai plein de chocolaaaaat!!!!!

Boulot: si vous avez l’intention de creuser un tunnel dans votre jardin, on peut aider, on commence à avoir une certaine expertise.

Culture: entre les débats sur le conservatisme ou non de Norman Rockwell (c’est un peintre américain), les délires de Caitlin Moran, et la relecture imposée par L’Ado, de Dante, le niveau remonte un peu. Il était temps.

Avis perso: c’est Darwin qui doit être content: après les déclarations de Trump qui conseille de s’injecter du désinfectant contre le Covid 19, l’espèce humaine va sérieusement être sélectionnée.

Message perso: merciiiii! Et aussi merciiii! (Bref, je suis allée chercher mes colis). Et merci aussi à tous ceux qui m’ont souhaité mon anniversaire.

Loulous: L’Ado participe aussi aux fouilles dans le jardin! C’est une première depuis qu’il est rentré, il avait jusque là consciencieusement évité toute activité famille impliquant un effort de sa part. On le voyait essentiellement aux repas. Mais comme on a toujours espoir de tomber sur le trésor en creusant…comme quoi, l’appât du gain est aussi fort que celui de l’estomac chez L’Ado. GeekAdo a été promus chef du chantier. Avec ses 4m02, sa musculation et son caractère légèrement mono maniaque, il est d’une efficacité redoutable. MangaGirl refuse de participer. Déjà, c’est quoi cette manie de sortir comme ça, à l’air libre. Elle consent parfois à mettre dehors un orteil mi goth mi emo mi boudeur, mais c’est parce qu’elle se dévoue et prend sur elle au milieu de cette famille de dangereux aérés. PrincesseChipie est à fond au contraire. Pour les fouilles, le trampoline, les devoirs, la fabrication de cadeaux pailletés pour l’anniversaire de Marcel, les devoirs qu’elle s’invente elle-même, le jardinage, les devoirs de ses frères et sœurs…je comprends l’épuisement de ses profs. Wizzboy est au même niveau d’énergie, mais il se dépense plus avec un ballon que sur des problèmes de maths. Son vocabulaire commence à évolué. Il y a quelque temps, je m’extasiais parce qu’il parlait comme un vrai petit français, mais à force de passer tout son temps avec les grands, il va finir par parler comme un ado. Bon ben ouais, tu vois quoi. Coin.

Divers: remarquez, d’après les chaînes FB pour ne pas attraper le virus, il faut boire des décoctions bouillantes d’ail dilué dans de l’eau de javel et de la nicotine toutes les trois minutes en comptant jusqu’au 5,7 et en faisant les pieds au mur, alors pourquoi ne pas s’injecter directement du cillit bang en intraveineuse? Pour en finir encore plus vite je veux dire.

Love: là, il est écroulé sur la terrasse en regardant tous les memes qui fleurissent sur Trump et en pleurant de rire. Pardon, je reprends: il bosse dur en télétravail (en vrai oui, jusqu’à deux heures du mat même parfois. Sous prétexte qu’il n’est pas fatigué dans les transports, il en fait trois fois plus que d’habitude).

Penser à: toujours et encore RIEN

Courses: sous contrôle. J’ai même tenté une nouvelle sortie pour aller chercher ma commande prépayée chez le boucher et je ne me suis pas faite lyncher cette fois. C’est marqué partout en grand maintenant, les gens qui viennent chercher des commandes sont prioritaires. Bon par contre, ça n’empêche pas les regards noirs des autres clients… surtout quand le boucher en chef sort me dire bonjour et « j’ai mis des petits saucissons en plus, pour Wizzboy, et des nuggets, c’est cadeau, je sais qu’il aime. Comment il va? Il nous manque ». Je suis très touché, Wizzboy lui manque! Vous croyez que je peux lui refiler le mercredi quand tout ça sera fini?

Envie de: euh… tiens on va dire faire des découvertes rigolotes dans le jardin…ça nous distrait.

Pic: vu les racines énormes qu’on a trouvé par dessus, c’est recouvert de terre depuis longtemps!

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Mumization in progress

Je ne sais pas du tout si le terme mumization existe, mais je n’ai pas réussi à écrire « mémérisation » en titre. C’était au-dessus de mes forces. En anglais, ça passe mieux…quoique. Non parce que il faut se rendre à l’évidence, cette histoire de confinement en famille me monte au cerveau, je dirais même que ça le ramollit. Moi qui me suis toujours considérée comme une féministe intransigeante, je me transforme doucement en mère au foyer des années cinquante. J’en frémis rien qu’à l’écrire…

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Attention, mère, avec 5 gosses en plus, ce n’est pas nouveau pour moi. Non, ce qui me gêne, c’est plus le côté « année cinquante ». Ma préoccupation principale est devenu le gavage de ma famille (vu tout ce que je leur fais engloutir aux repas, je ne vois pas d’autre mot). J’ai toujours aimé cuisiner, mais pas tous les jours non plus. Ben là, je n’arrête pas. En mode cuisine ménagère traditionnelle, à coup de petit salé aux lentilles, de gigot aux flageolets et on n’oublie pas les carottes râpées en entrée. Je me fais peur moi-même. Moi qui étais connue pour mes expérimentations culinaires exotiques! Cela dit, je résiste à la mode de faire son pain soi-même qui envahit les réseaux sociaux. Ahah, pas de ça, je reste une rebelle. Je refuse de faire du pain. Non, moi, je fais de la brioche…pour le petit dej des enfants. Et je leur fais du goûter aussi. Beuh.

Mais ça ne s’arrête pas là. Depuis que l’école à la maison est suspendue pour cause de vacances scolaires, je passe la serpillère trois fois par jour dans la cuisine. Cinq fois par jour. 27 fois par jour. Enfin bref, dès que quelqu’un y met un pied et vu que la porte du jardin donne dans la cuisine, je n’arrête pas. Alors que pré confinement, j’avais adopté la saine méthode de : « c’est celui qui salit qui nettoie, je suis pas votre femme de ménage, bande de gougnafiers ». D’ailleurs je fais le ménage en continu (vraiment en continu je veux dire), je sors des draps du placard et je les déplie pour les replier différemment, je lustre la rampe d’escalier, on s’y voit dedans. Je me déplace en permanence avec mon plumeau à poussière. Je fais le café mais voilà que au lieu de gueuler normalement comme un charretier et avec toute mon élégance naturelle, que ceux qui en veulent n’ont qu’à se bouger, je vais en porter une tasse à Marichéri dans son bureau, alors qu’il n’a rien demandé, ou à L’Ado dans sa chambre. Sur un plateau. Rhaaa. C’est un cauchemar. Qu’est-ce qui m’arrive? J’ai touché le fond hier: j’ai cousu une jupe pour PrincesseChipie qui n’avait rien demandé non plus, à partir d’un vieux jeans et de chutes de tissus. Si. A la main en plus. C’est bien simple, j’ai l’impression de muter en ma grand-mère…ça y est, j’angoisse!

Il faut vraiment que je me reprenne, ça ne va pas du tout. Je donne quel exemple à mes enfants, là? Allez hop, GeekAdo, vas faire une lessive! MangaGirl, ça avance, cet exposé sur l’influence du mouvement des suffragettes dans l’art ? On se secoue. Et L’Ado, vas donc me faire un café pendant que je relis Caitlin Moran. Non mais.

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Apprendre moyennement l’histoire anglaise en s’amusant : épisode 11

J’ai décidé, dans l’espoir de détendre l’atmosphère à ma petite échelle en cette période de confinement, de massacrer l’histoire de l’Angleterre, sans aucune compétence ni prétention autre que celle de faire rire un peu. Résumé de l’épisode précédent: après une Anarchie ou toute l’Angleterre a été mise à feu et à sang par deux furies françaises se disputant le trône, les locaux en ont marre et souhaitent un peu de calme. Ils décident donc logiquement de refiler la couronne à…encore des français.

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Attention, on arrive à mes petits chouchous: les Plantagenets. Henry II Plantagenêt et sa femme, la pétulante Aliénor d’aquitaine débarquent. A eux deux, ils possèdent déjà près de la moitié (ouest) de la France quand Henry hérite du trône d’Angleterre en 1154 à la mort du fils de Matilda-Tout-Court (voir épisode précédent), qui est son tonton Stephen (oui parce qu’on dit nouvelle dynastie, mais bon, l’Angleterre reste quand même dans l’entreprise familiale). Par pur régionalisme, étant née comme elle à bordeaux, j’ai un faible pour Aliénor. Je ne mesure pas sa notoriété en dehors du Sud-Ouest, où elle est toujours aux premières places des hit parades des célébrités historiques, je ne suis donc pas sûre qu’elle soit vraiment aussi méconnue que ça. Grâce à elle, la moitié des gamines en Angleterre s’appelle Ellie, diminutif d’Eleanor. En effet, comme Guillaume/William, elle souffre d’un problème d’identités multiples passant d’Aliénor à Eleanor à Eléonore avec une souplesse remarquable. Elle a eu une vie trépidante, commençant évidemment par le plus important, duchesse d’Aquitaine puis reine de France et finalement reine d’Angleterre donc après avoir réussi à caser son deuxième mari Henry sur le trône.

Heureusement que je ne suis absolument pas chauvine, sinon je pourrais m’emporter et vous ressortir toute la biographie d’Alienor que j’ai pondu cet été après qu’on soit passé lui dire coucou à Fontevraud, qui est une abbaye royale anglaise, ça nous ramène à notre sujet. Enfin, notre roi, le petit Henry II et donc sa femme la grande Alienor (ça y est, ça me reprend…). Ils devraient être contents, ils ont réussi à s’installer sur le trône anglais sans que ca provoque un bain de sang, ce qui est une première depuis longtemps, mais voilà qu’ils se disputent bêtement. Aliénor repart bouder en France, pour ne pas dire qu’elle est écartée manu militari du pouvoir ce goujat de Henry. Il faut dire aussi que Aliénor a la manie d’encourager ses fils à se rebeller contre leur père, dans la plus pure tradition familiale, mais que Henry le prend mal. Il se vexe vraiment pour un rien. Regardez ce qui se passe avec leur fils Richard. Je veux dire Richard Cœur de lion et pas Lionheart comme l’appellent les anglais, parce bon, il était quand même très français ce brave garçon, d’ailleurs il ne parlait pas un traître mot d’anglais, même pas « Hello », « please » ou « where is The French embassy? ».

Cela dit, il est bien né en Angleterre, à Oxford, en 1157, mais Richard a réussi à être roi d’Angleterre sans y flanquer les pieds pendant 10 ans (sauf un petit séjour, en passant, de moins de 6 mois). C’est de la double expatriation, il était fort quand même! Au départ, le petit Richard n’a aucune raison de devenir roi, puisqu’il a deux grands frères. Pour l’occuper, on le bombarde duc d’Aquitaine, duc de Normandie, comte de Poitiers, comte d’Anjou, étoile polaire de Nantes, grand manitou du Maine, Empereur intergalactique de Bretagne et j’en passe. C’est toujours le problème dans les familles royales, avec les cadets, on ne sait pas quoi en faire. Regardez ce pauvre Harry qu’on avait casé dans l’armée, par pure étourderie et qui prenait les talibans pour des points bonus à la PlayStation. Mais Richard n’a pas le caractère enjoué de Harry, ça ne lui plait pas. Il doit avoir des problèmes d’acné, parce qu’à 16 ans, il pique une crise d’adolescence épouvantable, et vivement encouragé par sa maman, ne fait rien qu’à se rebeller contre son papa. Vous allez me dire, à cet âge-là, c’est normal. Sauf que Richard a une armée, une vraie, il ne se contente pas de bouder dans sa chambre. C’est embêtant. Surtout que ces frères font pareil, c’est une vraie pagaille cette famille, on se demande ce que font les services sociaux.

Après, ça devient confus, Richard passe son temps à se réconcilier avec son père, comploter contre lui, se réconcilier à nouveau, se fiancer avec tout ce qui bouge, bref on sent que le pauvre garçon s’ennuie. D’ailleurs moi aussi. Pour s’occuper, Richard décide de massacrer des tas de gens en Aquitaine, un coup parce qu’ils se rebellent contre lui, un coup parce que c’est lui qui se rebelle, on ne sait plus trop contre qui, le roi de France, ou alors son père, ou pour protester contre les prix des casques à l’Apple store, parce que c’est du vol, non mais quoi! C’est un vrai boute en train, ce Richard. C’est à ce moment-là qu’il gagne son surnom de Coeur de lion, parce qu’il est courageux et ne recule pas devant la bataille et le danger. C’est une façon de voir. Personnellement, le type qui tue tout ce qui passe et rigole devant une volée de flèches bien pointues qui lui arrive dessus, j’appelle plutôt ça un débile profond à tendance psychopathe, mais visiblement au 12 eme siècle, c’était très mode.

Là-dessus l’ainé, dont le nom m’échappe, mais on s’en fiche, meurt bêtement, et hop, Richard devient héritier du trône. Avec toute la logique qui le caractérise depuis le début, c’est à dire aucune, il se rebelle encore et commence à taper sur son frère, le petit John qui n’a rien demandé à personne et obéit gentiment à son papa, lui. On sent de suite que celui-là, c’était le nerd de la famille et que Richard ne faisait rien qu’à l’embêter et se moquer. Il n’y a pas de quoi être fier. Finalement Richard devient roi d’Angleterre en 1189 à la mort de Henry et Aliénor en profite pour récupérer le pouvoir, vu que pour fêter ça, son abruti de fils décide de partir en croisière au club med en croisade autour de la méditerranée. Vous savez ce que c’est ce genre de petites vacances, ça coûte un bras. Du coup, comme c’est un petit rusé, au lieu de nommer des gens responsables et compétents pour surveiller l’Angleterre pendant qu’il va bronzer à Tunis, il cède les postes aux plus offrants. Incompétent et vénal, ce cher Richard!

En même temps, ses aventures commencent à être longues, on sent qu’il fait sa star parce qu’il a joué dans pleins d’adaptations de Robin des bois, tiens. Ça ne m’impressionne pas du tout, la preuve, on continuera plus tard, et toc.

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Apprendre moyennement l’histoire anglaise en s’amusant: épisode 10

Je ne pensais pas arriver à dix épisodes quand j’ai commencé…et ce n’est pas fini! J’ai décidé, dans l’espoir de détendre l’atmosphère à ma petite échelle en cette période de confinement, de massacrer l’histoire de l’Angleterre, sans aucune compétence ni prétention autre que celle de faire rire un peu. Résumé de l’épisode précédent: les franco-normands se sont installés en Angleterre, mais ils ne font rien qu’à se disputer. C’est l’Anarchie, avec une majuscule, vu que c’est le nom officiel donné à cette période de franche rigolade par les historiens britanniques, qui voit s’affronter pour le trône, les descendantes de Guillaume. D’un côté, on a l’héritière legitime, la fille de Henry I, et de l’autre sa cousine, une certaine Mathilda. Le girl power au début du douzième siècle, ça ne rigolait pas.

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Déjà, comme la quasi-totalité des Royals britanniques, Mathilda est une migrante européenne, une française même. En plus, elle est morte à Hedingham Castle, près de chez nous. On y allait tous les 4 matins pour voir les reconstitutions de tournois et autres combats de chevaliers. Bref Mathilda, c’est carrément une voisine. Remarquez, c’est pas ça qui simplifie les choses. Déjà, la reine Mathilda est connue des français sous le nom de Maude de Boulogne, franchement ça n’a rien à voir. Voilà que les migrants prennent une fausse identité en passant la Manche maintenant, probablement pour passer inaperçus au milieu des locaux. Un peu comme si un certain Guillaume le conquérant se faisait appeler William. Ou si Lizzie Saxe-Coburg und Gotha prétendait être en fait Elizabeth Windsor….c’est vicieux quand même, un migrant!

Enfin bon la petite Maude-Mathilda nait probablement en 1105 mais bon déjà qu’on n’est pas sûr de son vrai nom, alors son anniversaire…par contre, bizarrement elle est bien née à Boulogne. Pour une adepte des pseudos, c’est sympa. Partie comme elle était avec ses identités multiples, elle aurait très bien pu naître à Boulogne et se faire appeler Thérèse de Carcassonne. Mais là non, elle est même comtesse de Boulogne. En 1125 Maude-Mathilda épouse un certain Stephen de Blois, petit-fils de Guillaume le conquérant, on vient d’en parler… alors là, j’en ris encore. Un Stephen, à Blois en 1125? Alors qu’on n’avait même pas la télé et que la mode débile saugrenue de baptiser ses gamins de noms piqués dans les séries américaines n’était pas encore lancée…Ben voyons. En même temps, c’est déjà assez compliqué comme ça, si ça fait plaisir aux anglais, on va l’appeler Stephen aussi sans chercher à comprendre pourquoi on ne peut pas utiliser son vrai nom, c’est à dire Estienne. Précision importante, Maude/Mathilda est cousine germaine (non, pas le prénom) avec Matilda-tout-court, qui prétend au trône d’Angleterre parce que elle, c’est la fille unique du roi Henry I et que comme on vient de le voir, il lui a légué le poste…c’est à dire que cette Matilda-tout-court est aussi la cousine germaine mais côté paternel cette fois, de Stephen et que c’est aussi une migrante. Je ne sais pas si vous me suivez. En tout cas, ça va poser problème tout ça, parce qu’il se trouve que le job de roi d’Angleterre intéresse aussi notre faux Stephen. On sent que ça va barder aux réunions de famille…

Ça ne loupe pas, c’est la pagaille générale. En 1135, Henry Ier meurt et son neveu Stephen et Maude/Mathilda se ruent en Angleterre pour se faire couronner à la place de Matilda-tout-court. C’est ça ou ils bloquent les ports et le ravitaillement à Boulogne. Ça énerve Matilda-tout-court qui estime, avec raison, qu’elle était l’héritière légitime et paf, on commence une jolie petite guerre civile comme l’Angleterre en connaîtra d’autres, c’est un sport national. Au départ, ça se passe bien pour Stephen et Maude/Matilda: elle a même le temps de fonder Cressing Temple, un site templier toujours dans mon ex coin (l’office de tourisme de l’Essex lui doit beaucoup). Ça n’empêche qu’elle a l’air de s’ennuyer (en même temps, on peut la comprendre il y a plus fun qu’inaugurer des monastères), du coup elle laisse son mari faire son roi en Angleterre et elle repart tranquillement à Boulogne. Mais Matilda-tout-court commence à sérieusement à se faire remarquer en remportant victoire sur victoire et comme cet empoté de Stephen avec son prénom ridicule, ne s’en sort pas, Maude/Matilda prend les choses en main et la tête d’une armée. Ça va chauffer. À ce niveau de boucherie sanglante, on ne peut plus considérer que c’est juste une petite dispute entre cousines…

Maude/Mathilda réussit même à convaincre les écossais, qui n’avaient pourtant rien à faire dans l’histoire, de s’allier à elle. Et paf voilà que pendant ce temps, cet abruti de Stephen se fait sottement capturer par Matilda-tout-court qui s’auto proclame carrément impératrice début 1141. Tant qu’à faire, autant y aller à fond. Ça aurait très bien pu être Super Matilda, Grand Vizir Matilda, Etoile polaire de la pensée Matilda, mais bon elle a préféré impératrice, c’est son choix. Maude/Mathilda ne trouve pas ça drôle du tout, elle fonce sur Londres avec son armée pour empêcher sa cousine de se faire couronner. On sent la fille légèrement contrariée et qui en a marre. Ça va barder. Sur sa lancée, Maude/Mathilda capture son cousin Robert of Gloucester (le demi-frère de l’impératrice déchue) et met le pays à feu et à sang jusqu’à ce qu’on lui rende son imbécile de mari et son trône en novembre 1141. Comme quoi, il ne faut pas trop énerver les migrants, on se vexe facilement. La reine Maude/Mathilda meurt en 1152 dans l’Essex donc, mais avec sa couronne sur la tête. Non mais.

Aussitôt, l’impératrice Matilda qui était dans son bon droit depuis le début, puisque je le rappelle, son papa Henry I l’avait désignée comme héritière, se venge en collant son fils sur le trône. C’était bien la peine de se massacrer comme ça pour en revenir pratiquement au point de départ. Ce sont les barons anglais qui avait préféré Stephen et Maude/Mathilda, au mépris de leurs engagements à l’égard Henry I et sa fille. Bref, parce qu’ils ont voulu faire leurs malins, n’ont pas respecté les règles du jeu et se croyaient plus forts que tout le monde, des anglais n’ont rien trouvé de mieux qu’à énerver deux furies françaises et surtout à livrer leur pays à l’anarchie…je dis comme ça. En tout cas, le règne des normands finit moins bien qu’il a commencé…du coup les anglais vont inaugurer une nouvelle dynastie, venue, vous allez rire, de France. C’est une Manie.

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Sunny Monday #17

Non seulement on a le soleil (car oui, il fait un temps radieux dans le Nord Pas de Calais!), mais aussi du brun, la couleur du mois pour le défi de Bernie. On trouve de tout en débroussaillant le jardin du petit requin, ça a permis à Marcel de très gentiment prendre la pose avec sa nouvelle meilleure amie, la souche.

Prenez bien soin de vous!

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Projet 52: animaux de la ferme

Alors cette semaine, le thème choisi par Ma’ m’inspire énormément. Trop même, je ne sais pas quelle photo choisir. Les animaux de la ferme, c’est pour moi. C’est mon côté Marie-Antoinette-avec-la-tête et j’assume totalement.

J’adore les animaux de la ferme, mais comme au hameau de la reine, tous propres, bien peignés et potty trained, dans une ferme qui sent bon, bucolique et tout. J’ai traîné les enfants dans toutes les fermes éducatives de l’Essex (et je suis frustrée ici, le concept n’a pas l’air d’être arrivé dans le Pas de Calais), je rêve d’une vache animal de compagnie, ou à défaut d’un canard…du coup Marichéri prend plein de photos d’animaux de la ferme pour me faire plaisir (et parce qu’il préfère les avoir en photo qu’en vrai).

Tout ça pour dire que je ne savais pas quoi choisir , parmi notre bon milliers de photos d’animaux de la ferme, j’ai donc laissé Marichéri décider, ce qui explique que je ne poste pas de vache. Mais je suis très contente de cette photo aussi. J’ai un peu la même coiffure…

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Friday Feelings #263

Cette fois, aucune excuse : je suis en retard pour les états d’esprit parce qu’on prend notre temps, petit déjeuner avec Marichéri, qui profite du décalage horaire avec l’Angleterre pour savourer son café, jeux avec Wizzboy, toujours aussi matinal, mais pas trop énergique à cette heure, blagues avec PrincesseChipie, discussions avec les chats…ça fait du bien!

Fatigue: vacances! Pas d’école à la maison cette semaine, c’est la joie. On verra pour les devoirs la semaine prochaine, on a tous besoin de souffler.

Humeur: printanière, il fait beau, les oiseaux chantent, les arbres fruitiers sont en fleurs…et les bouleaux répandent leur pollen. Rhaaa.

Condition physique: pas encore de myxomatose en vue, j’en suis contente. Mais je me méfie des bouleaux…

Esprit: attentiste. Ce qui n’a jamais été mon fort, avec ma patience légendaire.

Estomac: ce n’est pas parce que je suis privée de restaurant que je vais me laisser abattre….quoique, L’Ado propose gentiment de cuisiner à la place, pour mon anniversaire. Sa dernière invention gastronomique, les pains perdus aux olives, laisse présager du pire. J’ai peur.

Culture: ce qui est bien, quand on s’endort devant des documentaires, c’est que les rediffusions ne nous dérangent pas plus que ça…

Boulot: je suis débordée! Ben si, il faut creuser tout autour du bassin du petit requin…

Avis perso: le pollen de bouleau, c’est pas des gens comme nous.

Message perso: Bon anniversaire T et F!

Loulous: L’Ado a aimablement accepté d’aller au ravitaillement, pour la première fois. C’est curieux, je ne me souvenais pas d’avoir commandé des bières… « non mais attends coin, maman, il faut soutenir les petits producteurs locaux, quoi, c’est important! » Ben voyons. GeekAdo, toujours aussi réjoui depuis qu’il sait qu’il a le bac, participe à fond à mes fouilles dans le jardin, façon bulldozer sous acide. Ça aide, de faire 4m02 et de la musculation. Si ça continue, il va regretter de ne pas avoir demandé archéologie sur parcoursup. Ou terrassier. MangaGirl est dégoûtée, elle a un rapport de stage et un dossier à rendre qui comptent pour le brevet, c’est quoi cette arnaque? PrincesseChipie est engluée sous les paillettes, ce n’est pas parce que Pâques est passé qu’elle doit arrêter ses bricolages. Wizzboy s’entraîne au rugby. Au foot. Au trampoline. A la course. Au saut. Je songe à l’orienter vers le décathlon du coup…surtout que toute cette activité ne le fatigue absolument pas, alors qu’il m’épuise.

Divers: Marcel chasse les papillons. On sent qu’il progresse, il en était encore aux brins d’herbe il y a quelques jours. Mais il a toujours peur des oiseaux.

Amitié: prenez bien soin de vous.

Love: il se fait vraiment très bien au télétravail à plein temps.

Penser à: rien, rien et encore rien.

Courses: ça ouvre des perspectives, de pouvoir envoyer L’Ado chercher mes commandes. Surtout pour lui visiblement.

Envie de: ahaha…..

Pic: Marcel, inspecteur des travaux finis

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Le bassin du petit requin

Comme on a l’immense chance d’avoir un jardin en cette période de confinement, on en profite à fond. Mais il se trouve que ce jardin, comme la maison, a été laissé à l’abandon pendant des décennies. C’était une jungle, qu’on a laissé vivre sa vie pendant qu’on s’occupait de rénover la maison, partant du principe qu’on vit plutôt dedans. On a quand même débroussaillé en gros l’année dernière, ce qui nous a permis de mettre à jour un bassin pour poissons en forme de pyramide inversée, entourée d’une espèce de terrasse cimentée. Si. Avec le blockhaus à l’envers qui servait de bassin au petit requin domestique qui a donné son nom à la maison, c’était radieux.

On s’est renseigné. Le docteur loufoque qui élevait un requin avant la deuxième guerre mondiale était franc maçon, d’où visiblement son envie d’avoir un bassin à poissons en forme de pyramide. La terrasse autour n’en était pas une, il s’agit des fondations d’une volière, où il avait un écureuil. Et un tigre. Si. Les souvenirs des habitants nonagénaires du village ne nous ont pas permis de savoir si le tigre avait bouffé l’écureuil. Et donc, on profite de prendre l’air pour dégager plus en détail le jardin, en espérant tomber sur le trésor du docteur qu’il aurait caché en 1943 avant de fuir la gestapo, puisqu’il n’était pas qu’un amoureux des animaux exotiques, il dirigeait aussi la résistance dans le coin. Comme quoi, les scénaristes de James Bond n’ont rien compris, celui avec le requin et le tigre domestiques, c’est le gentil!

Enfin bref, on a habilement camouflé le bassin pyramide (qui est devenu une vraie terrasse), on a remis à jour des plates bandes, des massifs de fleurs, des allées, un petit muret. On a libéré divers arbres fruitiers du lierre…et on entasse tous nos déchets verts dans le bassin du petit requin dans l’espoir de le reboucher complètement. Ce bassin lui, a toujours été bien visible, bien dégagé. Et bien moche, planté bêtement juste là. Même le lierre envahissant n’a pas osé l’attaquer. C’est dire si c’est laid, pour arriver à faire peur jusqu’au lierre. Sauf dans un petit coin, à droite…sur ma lancée, vu que je me bats contre ce fichu lierre depuis 3 semaines, j’ai donc entrepris de le dégommer aussi sur le bassin. Il y en a pour 5 minutes, c’est juste un petit tas, sur le côté .

Trois heures plus tard, et après les renforts de GeekAdo, vivement intéressé et de Marcel, encore plus passionné, on a dégagé la valve d’alimentation du bassin. Il y a aussi une sorte d’avancée, style bénitier pour requin, qu’on ne voyait pas sous le lierre. On ne sait pas d’où partent les tuyaux ni où ils vont, mais on a bien l’intention de trouver. Il faut dire aussi que ce qu’on prenait pour un massif c’est révélé être un puit bouché. Relié à la cuve sous la cave par un tunnel. Ahah. GeekAdo bêche énergiquement pendant que je dégage la valve en douceur avec une petite cuillère. Il s’agit d’enlever la terre et les racines de lierre sans la tourner, on ne veut pas se retrouver avec un geyser au milieu du jardin. On en est là. GeekAdo propose une série de tranchées, en étoile, autour de la valve. Il est vivement encouragé par Marichéri, qui espère qu’on aura une piscine à la fin de nos recherches archéologiques. Les filles sont venues voir dubitatives…bon c’est sûr, c’est pas le trésor. Mais on tient une piste là, non?

La seule chose qui est sûre, dans tout ça, c’est que quoi qu’on trouve (ou qu’on ne trouve pas), quoi qu’on décide de faire du bassin, on n’y remettra pas de requin! On croyait qu’on avait fait le plus dur avec l’intérieur de la maison, mais le jardin du petit requin n’a pas fini de nous occuper. Bon, j’y retourne…

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Apprendre moyennement l’histoire anglaise en s’amusant: épisode 9

Toujours dans l’espoir de détendre l’atmosphère à ma petite échelle, je continue à massacrer l’histoire de l’Angleterre, sans aucune compétence ni prétention autre que celle de faire rire un peu. Résumé de l’épisode précédent: on en était à 1066, une fois débarrassé de Harold, le petit Guillaume venu de Normandie, prend le nom de scène de William the Conqueror pour montrer aux locaux que c’est lui le chef maintenant.

Après avoir gentiment fait comprendre aux seigneurs anglo-saxons que maintenant on ne rigole plus et que si ils sont pas contents, ils peuvent très bien aller se faire trucider, William fait comme chez lui et il les remplace par des hommes à lui, moins prompts à se rebeller bêtement contre l’envahisseur, puisqu’ils le sont (envahisseurs, c’est très clair, non ?), c’est-à-dire des français. Et toc. La noblesse anglaise est française depuis 1066. Certes les brexiters de base se gargarisent d’être, je cite, des gens du peuple (c’est quoi, des gens qui ne sont pas du peuple ? des martiens ?), mais leurs grands chefs non. Tous ces braves gens descendent de français, j’en ris encore. Enfin bref, Guillaume/William organise un peu son nouveau royaume, la pagaille saxono-viking, ça suffit.

Les normands s’installent donc, tranquilles, et construisent de partout. Guillaume/William règne d’une main de fer. Comme c’est un petit prévoyant, il décide de léguer la Normandie à son fils aîné, Robert, et l’Angleterre à son deuxième fils Richard. Manque de chance, Robert est un crétin qui se laisse manipuler par le roi de France et Richard meurt bêtement avant d’avoir pu servir. C’est finalement le troisième fils, William Junior qui devient roi d’Angleterre à la mort de Guillaume en 1087. Robert en profite pour tenter une sorte de fusion-acquisition en voulant réunir les deux côtes de la Manche. William Junior se fâche, se moque des idées de royaume franco-britannique de son frère, lui flanque une pâtée et sur sa lancée guerrière, pousse même jusqu’en Ecosse, qui n’avait pourtant rien à voir avec ces querelles fraternelles. Toute cette agitation militaire finit par lui peser, et il meurt sans héritier. C’est ballot. Heureusement que Guillaume le Conquerant senior, avait prévu le coup: il reste encore un fils en réserve.

Il s’agit du petit Henry, aussi connu sous son nom français d’Henri Beauclerc. C’est le pauvre garçon qui n’a pas de chance au départ, ce qui visiblement lui monte au cerveau et l’énerve passablement. Quand papa Guillaume/William distribue des hochets terres à ses grands frères, ce pauvre petit dernier d’Henry se retrouve sans rien, ça le contrarie vivement. On peut le comprendre. Il achète le Cotentin, pour s’occuper mais ne fait rien qu’à se disputer avec ses grands frères, qui donc se chipotent aussi entre eux. Franchement, cette famille c’est la pagaille. A la mort de leur père, Henry s’est même allié à son frère William Junior contre leur aîné Robert, mais il s’est fait avoir. Les deux grands se sont retournés contre lui et l’ont chassé. Vous imaginez comme il a dû bien rigoler, à la mort de William Junior, de finalement se retrouver roi d’Angleterre, en 1100. Comme quoi, il faut toujours se méfier des plus jeunes.

Robert continue à réclamer son jouet sa couronne à Henry, et voilà que son neveu William (on manque d’imagination niveau prénom dans cette famille!) se rebelle à son tour. Le roi de France Louis VI s’en mêle aussi, il n’y a pas de raison de se priver, avec des tas de gens aux noms rigolos que je mets par plaisir, pas pour embrouiller les choses encore plus: Balwin des Flandres et Fulques d’Anjou. Ça s’entretue joyeusement de partout. Le fils de Henry et Mathilda d’Écosse meurt bêtement dans une sorte de régate militaire contre je ne sais plus qui, parce que ça commence à bien faire cette histoire, vous n’avez pas un peu fini de tous vous massacrer? Un peu de tenue! Henry se retrouve sans héritier male et doit laisser le trône à sa mort en 1135, à sa fille Matilda et à son gendre Geoffroy d’Anjou. Forcément, dans cette famille de dangereux psychopathes, ça ne passe pas. Son neveu Stephen de Blois (qui, malgré son nom est donc le cousin germain bien que français de Matilda) s’empare lâchement de la couronne. Matilda n’apprécie pas. Il s’ensuit une période de guerre civile que les historiens appellent joliment l’Anarchie… Ah, parce qu’avant c’était pas déjà le bazar total?

Je ne sais pas vous, mais ça m’a épuisé, ces histoires de famille! On n’y comprend plus rien, avec leur manie de s’appeler tous William en plus. Franchement, Cent ans de solitude, c’est limpide à côté des querelles d’héritage de la famille Conqueror…On verra l’Anarchie dans un prochain épisode, le temps que je me remette.

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Apprendre moyennement l’histoire anglaise en s’amusant épisode 8

Toujours dans l’espoir de détendre l’atmosphère à ma petite échelle, je continue à massacrer l’histoire de l’Angleterre, sans aucune compétence ni prétention autre que celle de faire rire un peu. Résumé de l’épisode précédent: alors qu’il n’a strictement aucun droit sur la couronne britannique, le petit Harold, qui déteste les français, réussit à se faire désigner roi par hasard. Ça contrarie grandement Guillaume, qui se trouve être le neveu et héritier de Edouard, le roi précédent, et de l’autre côté de la Manche (si, si, ça fait du sens).

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Guillaume est un chouïa contrarié qu’un pèquenot nationaliste lui pique son trône. Il traverse la manche au pas de charge (c’est une image, c’était plutôt en bateau qu’à cheval…). Harold, qui faisait so intéressant dans le nord se dépêche de redescendre avec toute son armée, pas forcément ravie de se taper une randonnée à toute vitesse à travers tout le pays. C’est bien gentil de vouloir flanquer à la mer tu suces envahisseurs, mais ça fait une trotte pour arriver jusqu’à Hasting. Enfin non d’ailleurs, puisque la bataille de Hasting, comme son nom l’indique, ne s’est absolument pas déroulée à Hasting, riante ville balnéaire pour suicidaires (rien que l’aquarium rendrait alcoolique le plus forcené des buveurs d’eau) mais dans le village charmant de Battle. Je ne plaisante pas, le site supposé de la bataille, ainsi que les ruines splendides de l’abbaye que Guillaume a fait construire pour commémorer son triomphe ne sont pas à Hasting même, mais dans un bled à une dizaine de kilomètres, audacieusement baptisé Battle, et qui est adorable

La télé n’étant pas encore inventée en 1066, l’événement a été audacieusement relayé à coup d’aiguilles, dans la célèbre bannière publicitaire de Bayeux, qui prouve bien qu’un Guillaume le conquérant en pleine santé vaut mieux qu’un Harold embroché sottement sur une flèche. On estime qu’il y a entre 5000 et 12000 participants de chaque côté (c’est quand même large comme fourchette, ça doit être 5000 selon la police et 12000 selon les manifestants). Ce malheureux Harold était certainement très compétent, pour un anti immigrés, mais pas vraiment aidé. Il n’avait qu’une armé d’infanterie, un ramassis de pèquenots plus ou moins armés et à peine fichus de tenir leur lance sans s’embrocher eux-mêmes, et une poignée d’archets probablement myopes et unijambistes. Alors qu’en face, Guillaume disposait d’une armée de chevaliers ultra moderne, d’archers supersoniques et d’une aviation au top….euh, il faut que j’arrête de prendre des infos sur Wikipedia. Je crois qu’il y a un problème dans la vérification des sources. Je reprends.

Le 14 octobre 1066, Harold essaie de faire le malin et décide de surprendre Guillaume à Hasting au petit dej (c’est très touristique. Il y a des tas d’hôtels avec English breakfast inclus dans le prix). Manque de chance, Guillaume est prévenu et c’est lui qui tombe sur l’armée saxonne, qui campait un peu plus loin, dans un champ. D’où on voit les différences culturelles entre les deux, les français préférant le confort d’une auberge demi-pension pour leurs vacances pendant que les anglais restent sous la tente, même en plein mois d’octobre. Cela dit, ils passent quand même la journée entière à se taper dessus. C’est pas tout ça, mais il se fait tard, et ça n’avance pas cette petite affaire. Guillaume commence à perdre patience, on peut le comprendre. C’est amusant un moment de voir des chevaliers s’étriper, mais au bout de quelques heures, c’est lassant. Surtout que Guillaume a prévu de devenir roi sous le pseudo de William the Conqueror et a déjà commandé ses nouvelles cartes de visites….bref, ça se traine en longueur et Guillaume/William en a marre. Il décide de faire une bonne blague à Harold, pour détendre l’atmosphère (c’est fou comme l’ambiance peut être crispée lors d’une boucherie infâme, euh… bataille historique). Il fait sonner la retraite et son armée fait mine de reculer. Ahaha. C’était pour de rire. Mais Harold ne comprend rien à l’humour français, il croit avoir gagné, forcément, il se relâche, et hop, à force de voir les français d’un mauvais œil, il se prend une flèche en pleine pupille! Les normands reviennent au galop et finissent la partie, en massacrant ce qui reste de l’armée saxonne.

Guillaume s’empare ensuite de tout le pays au pas de charge, ridiculisant les quelques seigneurs saxons qui tentent vainement de s’interposer et il se fait couronner à Noël, sous le nom de William, appellation qui restera parmi la liste des prénoms acceptables pour un rejeton royal par la suite. Bref, la bataille de Hasting, c’est une chance pour les tabloids anglais, William-and-Kate ça sonne mieux que Harold-and-Kate.

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