Apprendre moyennement l’histoire anglaise en s’amusant : épisode 11


J’ai décidé, dans l’espoir de détendre l’atmosphère à ma petite échelle en cette période de confinement, de massacrer l’histoire de l’Angleterre, sans aucune compétence ni prétention autre que celle de faire rire un peu. Résumé de l’épisode précédent: après une Anarchie ou toute l’Angleterre a été mise à feu et à sang par deux furies françaises se disputant le trône, les locaux en ont marre et souhaitent un peu de calme. Ils décident donc logiquement de refiler la couronne à…encore des français.

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Attention, on arrive à mes petits chouchous: les Plantagenets. Henry II Plantagenêt et sa femme, la pétulante Aliénor d’aquitaine débarquent. A eux deux, ils possèdent déjà près de la moitié (ouest) de la France quand Henry hérite du trône d’Angleterre en 1154 à la mort du fils de Matilda-Tout-Court (voir épisode précédent), qui est son tonton Stephen (oui parce qu’on dit nouvelle dynastie, mais bon, l’Angleterre reste quand même dans l’entreprise familiale). Par pur régionalisme, étant née comme elle à bordeaux, j’ai un faible pour Aliénor. Je ne mesure pas sa notoriété en dehors du Sud-Ouest, où elle est toujours aux premières places des hit parades des célébrités historiques, je ne suis donc pas sûre qu’elle soit vraiment aussi méconnue que ça. Grâce à elle, la moitié des gamines en Angleterre s’appelle Ellie, diminutif d’Eleanor. En effet, comme Guillaume/William, elle souffre d’un problème d’identités multiples passant d’Aliénor à Eleanor à Eléonore avec une souplesse remarquable. Elle a eu une vie trépidante, commençant évidemment par le plus important, duchesse d’Aquitaine puis reine de France et finalement reine d’Angleterre donc après avoir réussi à caser son deuxième mari Henry sur le trône.

Heureusement que je ne suis absolument pas chauvine, sinon je pourrais m’emporter et vous ressortir toute la biographie d’Alienor que j’ai pondu cet été après qu’on soit passé lui dire coucou à Fontevraud, qui est une abbaye royale anglaise, ça nous ramène à notre sujet. Enfin, notre roi, le petit Henry II et donc sa femme la grande Alienor (ça y est, ça me reprend…). Ils devraient être contents, ils ont réussi à s’installer sur le trône anglais sans que ca provoque un bain de sang, ce qui est une première depuis longtemps, mais voilà qu’ils se disputent bêtement. Aliénor repart bouder en France, pour ne pas dire qu’elle est écartée manu militari du pouvoir ce goujat de Henry. Il faut dire aussi que Aliénor a la manie d’encourager ses fils à se rebeller contre leur père, dans la plus pure tradition familiale, mais que Henry le prend mal. Il se vexe vraiment pour un rien. Regardez ce qui se passe avec leur fils Richard. Je veux dire Richard Cœur de lion et pas Lionheart comme l’appellent les anglais, parce bon, il était quand même très français ce brave garçon, d’ailleurs il ne parlait pas un traître mot d’anglais, même pas « Hello », « please » ou « where is The French embassy? ».

Cela dit, il est bien né en Angleterre, à Oxford, en 1157, mais Richard a réussi à être roi d’Angleterre sans y flanquer les pieds pendant 10 ans (sauf un petit séjour, en passant, de moins de 6 mois). C’est de la double expatriation, il était fort quand même! Au départ, le petit Richard n’a aucune raison de devenir roi, puisqu’il a deux grands frères. Pour l’occuper, on le bombarde duc d’Aquitaine, duc de Normandie, comte de Poitiers, comte d’Anjou, étoile polaire de Nantes, grand manitou du Maine, Empereur intergalactique de Bretagne et j’en passe. C’est toujours le problème dans les familles royales, avec les cadets, on ne sait pas quoi en faire. Regardez ce pauvre Harry qu’on avait casé dans l’armée, par pure étourderie et qui prenait les talibans pour des points bonus à la PlayStation. Mais Richard n’a pas le caractère enjoué de Harry, ça ne lui plait pas. Il doit avoir des problèmes d’acné, parce qu’à 16 ans, il pique une crise d’adolescence épouvantable, et vivement encouragé par sa maman, ne fait rien qu’à se rebeller contre son papa. Vous allez me dire, à cet âge-là, c’est normal. Sauf que Richard a une armée, une vraie, il ne se contente pas de bouder dans sa chambre. C’est embêtant. Surtout que ces frères font pareil, c’est une vraie pagaille cette famille, on se demande ce que font les services sociaux.

Après, ça devient confus, Richard passe son temps à se réconcilier avec son père, comploter contre lui, se réconcilier à nouveau, se fiancer avec tout ce qui bouge, bref on sent que le pauvre garçon s’ennuie. D’ailleurs moi aussi. Pour s’occuper, Richard décide de massacrer des tas de gens en Aquitaine, un coup parce qu’ils se rebellent contre lui, un coup parce que c’est lui qui se rebelle, on ne sait plus trop contre qui, le roi de France, ou alors son père, ou pour protester contre les prix des casques à l’Apple store, parce que c’est du vol, non mais quoi! C’est un vrai boute en train, ce Richard. C’est à ce moment-là qu’il gagne son surnom de Coeur de lion, parce qu’il est courageux et ne recule pas devant la bataille et le danger. C’est une façon de voir. Personnellement, le type qui tue tout ce qui passe et rigole devant une volée de flèches bien pointues qui lui arrive dessus, j’appelle plutôt ça un débile profond à tendance psychopathe, mais visiblement au 12 eme siècle, c’était très mode.

Là-dessus l’ainé, dont le nom m’échappe, mais on s’en fiche, meurt bêtement, et hop, Richard devient héritier du trône. Avec toute la logique qui le caractérise depuis le début, c’est à dire aucune, il se rebelle encore et commence à taper sur son frère, le petit John qui n’a rien demandé à personne et obéit gentiment à son papa, lui. On sent de suite que celui-là, c’était le nerd de la famille et que Richard ne faisait rien qu’à l’embêter et se moquer. Il n’y a pas de quoi être fier. Finalement Richard devient roi d’Angleterre en 1189 à la mort de Henry et Aliénor en profite pour récupérer le pouvoir, vu que pour fêter ça, son abruti de fils décide de partir en croisière au club med en croisade autour de la méditerranée. Vous savez ce que c’est ce genre de petites vacances, ça coûte un bras. Du coup, comme c’est un petit rusé, au lieu de nommer des gens responsables et compétents pour surveiller l’Angleterre pendant qu’il va bronzer à Tunis, il cède les postes aux plus offrants. Incompétent et vénal, ce cher Richard!

En même temps, ses aventures commencent à être longues, on sent qu’il fait sa star parce qu’il a joué dans pleins d’adaptations de Robin des bois, tiens. Ça ne m’impressionne pas du tout, la preuve, on continuera plus tard, et toc.

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Un commentaire pour Apprendre moyennement l’histoire anglaise en s’amusant : épisode 11

  1. Cilou dit :

    Ah mais je le connaissais pas comme ça Richard ! Mes vagues connaissances reflètent les films et livres qui en font un héros. Et Jean un arriviste. Oui, bon, mes références, c’est surtout Robin des Bois chez Disney… C’est très iconoclaste ta présentation, mais j’ai comme l’impression qu’elle se rapproche plus de la réalité. C’est fou comme, débarrassé du vocabulaire grandiloquent, le preux chevalier devient un instable inculte et mal dégrossi!

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