J’ai pris du retard pendant les vacances! Du coup, je me rattrape, avec un petit récapitulatif des vacances donc, en images. On a commencé le premier tiers dans Les Landes.
J’ai remis les pieds sur les chemins de mon enfance, et j’ai cherché les écureuils.
On a évidemment mangé du canard, rôti à la cheminée en pleine canicule!
On est ensuite parti à Dublin, juste tous les deux. On a bien sûr fait les touristes (j’ai commencé une série de billets touristiques, il y en aura un autre demain), mais on était aussi en pèlerinage. On est allé manger chez Eddie Rocket’s, une chaîne de dîners style années 50 qu’on adorait quand on vivait en Irlande.
On est retourné voir la maternité où sont nés L’Ado et GeekAdo (et la moitié de Dublin). Comme dit Maricheri, le signe non fumeur n’y était pas à l’époque…ou alors il ne l’a pas vu, sous le coup de l’émotion!
Et on a ramené des Taytos, ces chips qu’on ne trouve qu’en Irlande. Ça n’est pas bon, mais c’est toute l’enfance de L’Ado. Tout petit, il allait les acheter presque tout seul, au comptoir à la sortie du supermarché. C’est lui qui donnait une pièce à la vendeuse, et il me lâchait même la main, pour montrer à quel point il était un grand. GeekAdo l’a accompagné (toujours avec moi bien sûr), dès qu’il a su tenir debout et la vendeuse les reconnaissait pour la plus grande fierté de L’Ado.
Finalement, on est retourné rejoindre les enfants qui attendaient plus ou moins sagement chez Papy et Mamie dans les Landes.
Je reprends le rendez vous de Ma’ après une trêve due aux vacances. D’ailleurs, pour illustrer le thème de la semaine, j’aurais pu mettre une carte postale landaise ou dublinoise (on a eu des vacances éparpillées). Mais quand j’ai vu « carte postale », j’ai de suite pensé aux cartes anciennes. Je l’ai déjà expliqué, j’ai la chance de faire partie du comité historique de mon village, qui dispose d’une collection remarquable de vieilles cartes postales des environs. J’ai choisi la gare car elle n’existe plus : elle était importante du temps des mines, elle a été bombardée en 1918 et plusieurs fois pendant la seconde guerre mondiale. Il n’y a plus qu’une halte voyageurs aujourd’hui, le bâtiment a disparu et il n’y a que les vieilles cartes postales pour en garder une trace.
Le vendredi, c’est états d’esprit imaginés par ma copine Zenopia.
Fatigue: on rentre de vacances…je suis donc épuisée.
Condition physique: dévorée par les moustiques tigres. Sales bêtes.
Humeur: contrairement à ce que laissent supposer les deux points précédents, ça ne va pas trop mal de ce côté là. Même si les vacances ont évidemment été trop courtes.
Esprit: bizarrement motivé, ça ne devrait pas durer.
Estomac: a fait une cure de canard gras.
Boulot: ça se remet en route doucement.
Culture: tout à fait! On a fait des tas de trucs culturels à Dublin, dont une visite à Trinity Collège pour voir le book of Kells, j’en parlais hier. Je vais continuer à monter d’autres photos. Non seulement on en a profité pour coir tout ce qu’on n’avait jamais fait quand y vivait, mais on est aussi revenu sur des lieux qui nous ont marqués, comme le National Maternity Hospital qui n’est pas exactement sur le chemin habituel des touristes.
Avis perso: la forêt qui brûle et brûle et brûle encore, ça me désole et céder un euphémisme.
Message perso: joyeux anniversaire!
Loulous: L’Ado est venu tenir compagnie à GeekAdo, lui même promu cat and chicken sitter, gardien de chats et poules, pendant qu’on était en vacances. Tout le monde va bien. Mangagirl est toute bronzée, les vacances dans les pins, ça lui a fait prendre l’air. Princessechipie attend la rentrée avec impatience. Elle a fait un calendrier pour compter les jours, les autres sont horrifiés. Wizzboy s’est totalement éclaté chez Papy et Mamie. Il a atteint l’extase quand son grand père l’a amené voir l’entraînement du Stade Montois (c’est du rugby) et qu’il a même pu jouer sur la « vraie » pelouse.
Amitié: en vacances encore, quelle chance!
Love: il lui reste quelques jours avant de reprendre et il ne partage pas l’enthousiasme de Princessechipie pour sa rentrée.
Envie de: j’hésite, repartir en vacances de suite ou faire mon anglaise et planifier Noël dès le mois d’août?
Penser à: rhaa, j’ai failli oublier les cartes de bus!
Pic: 25 ans plus tard, Maricheri m’a amené dans la même bijouterie à Dublin…C’est une claddagh (ça se prononce cloda). « With my two hands, I give you my heart and I crown it with my fidelity. »
Pas de colère du jeudi, je suis encore toute chose de notre pèlerinage dublinois. J’avais promis de partager, et bien voila: on commence par Trinity Collège, c’est à dire l’université en plein coeur de Dublin.
Trinity College a été fondé en 1592 par Lizzie première, pour remplacer l’ancienne université très papiste elle, puisque créée par Clément V en 1311. Tout ça pour dire qu’on étudie ici depuis un certain temps. Une tripotée de prix Nobel dont Beckett, d’auteurs (Wilde, Swift, Burke…) et de présidents sont passés par Trinity. Il y avait une cérémonie de remise de diplômes quand on l’a visitée, à l’ouverture, pour éviter autant que possible la foule. Ça m’a permis de constater qu’aucun diplômé n’était en jeans et en baskets sous sa toge. Je dis ça comme ça, sans penser à L’Ado bien sûr. Passons. On s’est baladé autour de Parliament square, la grande place centrale juste après l’entrée, mais on a aussi poussé derrière. C’est charmant et sans touriste. C’est là qu’on voit que Trinity est une université en exercice, pas juste une série de monuments historiques.
On a quand même fini par rejoindre la file de touristes qui attendaient l’ouverture de l’exposition du Book of Kells. C’est un manuscrit enluminé absolument sublime du neuvième siècle. C’est juste extraordinaire. Dans la première grande salle, on explique sa fabrication, sa signification, on revient sur les moines scriptes et les détails les plus marquants. On passe ensuite dans une deuxième salle, assez sombre, pour apercevoir le manuscrit, derrière une sorte d’épais caisson de verre. Il est très bien protégé et mis en valeur, mais je regrette le temps où le book of Kells était plus accessible. Il faut dire que la première fois que j’ai vu ce chef d’œuvre, les touristes étaient infiniment moins nombreux à Dublin, à part quelques américains d’origine irlandaise en pèlerinage, on n’en voyait pratiquement pas. Et comme j’étais enceinte et qu’il faisait plus de 20 degrés, le gardien de l’époque, persuadé de vivre une canicule et inquiet pour le futur irlandais que je portais (L’Ado), s’est empressé de me faire passer devant, de m’amener une chaise et de me poser le nez dans le book of Kells, pour ma plus grande joie. Évidemment, on ne peut pas laisser exposer comme ça un manuscrit du neuvième siècle, et heureusement qu’il est aujourd’hui protégé, mais je garde un meilleur souvenir de ma première visite.
On passe ensuite dans The long room, c’est à dire la bibliothèque de Trinity. J’y serais encore si je pouvais, tellement j’aime. C’est extraordinaire. Elle date de 1712 et fait 65 mètres de long. On y trouve des bustes en marbre de philosophes et d’écrivains, un original de la déclaration d’indépendance et le symbole de l’Irlande: la brian boru harp, la plus ancienne harpe médiévale irlandaise encore préservée. Elle doit son nom au roi d’Irlande Brian Boru, mort en 1014 à la bataille de Clontarf. Mais la long room, c’est bien sûr des rayons et des rayons de livres anciens, à perte de vue.
Pour ceux que ça intéresse et qui se rendent en Irlande bientôt, il faut absolument réserver ses billets plusieurs jours avant. Je conseille aussi d’y aller à l’ouverture, il y a un peu moins de monde. Cela dit, c’est tellement beau qu’on arrive à faire à peu près abstraction de la foule.
And we are back! Voilà, les vacances sont finies, je reprends le chemin du blog. J’aurai plein de photos à montrer, des landes mais aussi bien sûr de Dublin. C’est d’ailleurs à Dublin, en débarquant à l’aéroport, qu’on a entendu la phrase de la semaine: on a eu la chance de trouver un taxi de suite, un vrai dublinois dont l’accent ne nous fait plus peur depuis longtemps. Ça lui a paru bizarre. Pour des touristes, on s’en sort bien. On a donc dû raconter notre vie, les irlandais sont gentiment curieux. Mais comme il a donc bien compris qu’on parle le local, il s’est lâché. Quand on est arrivé à l’hôtel et que je me suis confondue en excuses parce que je n’avais pas la monnaie exacte, il m’a donc naturellement répondu:
Et Marichéri et moi étions ravis. Ça, c’est l’Irlande! On ne dit pas « you’re fine », comme le premier anglais venu, mais « grand » qui se prononce «grant » pour une raison inconnue. J’étais tellement contente que j’ai lancé un tonitruant « bye now » en guise d’au revoir. Ça ne passerait pas du tout en Angleterre, mais à Dublin, c’est normal puisque c’est la traduction littérale de la formule en gaélique.
Contrairement aux étés précédents, je vais faire une demi pause bloguesque cette année. C’est à dire que je vais essayer de préparer à l’avance les rendez vous récurrents, mais c’est tout. Si je suis inspirée, je ferai peut être d’autres billets, par ci par là. Ce n’est pas que je ne veux pas partager mes petites histoires, je ne boude pas, mais ce n’est pas toujours facile en vacances, d’avoir la connexion et/ou le temps (non parce que, quand on va voir la famille, c’est moyen de délaisser les gens irl pour aller taper un billet à l’écart). Je vais donc me contenter la plupart du temps de mettre de jolies photos prises par Maricheri.
Encore une citation de mes enfants, il va falloir que j’arrête! Mais je ne résiste pas au plaisir de citer Princessechipie, grande adoratrice des produits laitiers en général et du fromage en particulier. Elle voue une passion à tous les fromages depuis toute petite: à deux ans, elle a fait un caprice (alors qu’elle n’en faisait jamais et était d’un calme qui nous surprenait toujours) dans un restaurant asiatique parce qu’il n’y avait pas de fromage. Il a fallu trouver un malheureux bout d’emmental pour la calmer. A 10 ans, elle a découvert le maroilles fermier: elle a trouvé ça « mignon ». Plus le fromage embaume, plus il a l’air dégoulinant, plus elle aime. En pratiquante assidue du culte aux fromages, elle ne comprend pas les gens qui n’aiment pas ça. Du coup, elle s’interroge:
C’est une excellente question! Déjà, je suis très fière d’elle pour son vocabulaire novateur, on s’en trouve l’influence linguistique de sa mère. Mais surtout, elle soulève un vrai problème, fromagèrement parlant, non?
Je suis en pleine négociation avec Wizzboy: on prépare les valises et non, on ne va pas amener toute sa chambre! Bref, je suis débordée. On part d’abord dans les landes, on y laisse les enfants avant d’y revenir, mais on fait un détour par Dublin, juste à deux, pour célébrer nos 25 ans de mariage. On a l’intention de retourner voir l’ambassade (qui a déménagé depuis aussi) où donc on s’est marié, l’hôtel où on a fêté ça, et tout un tas de choses. Du coup, je me suis dit que ce serait une bonne idée de reparler de notre dernier pèlerinage irlandais, en famille cette fois. C’était il y a 6 ans, à la demande de L’Ado qui voulait revoir son pays natal.
Après un périple à travers l’Angleterre, le pays de Galles et la mer d’Irlande, on était tous ravis d’arriver à Dublin. Marichéri et moi avons reconnu de suite, il pleuvait à verse, il y avait des embouteillages monstres pour passer le péage parce que le seul employé présent n’avait pas compris qu’il fallait appuyer sur le bouton pour que la barrière se lève et les panneaux indiquaient n’importe quoi. On s’est regardé, heureux et complètement paumé sur la nouvelle autoroute, c’est bien notre Irlande!
On a passé la première nuit à Swords, au nord de Dublin. C’est là qu’il y a l’aéroport et qu’on a habité pendant 3 ans, quand on est arrivé en 1996 et où Marichéri (et moi aussi au début) travaillait. 10 ans après notre départ, ça a beaucoup changé : il y a un nouveau centre commercial, une nouvelle rocade….et exactement la même main street, avec les mêmes magasins miteux, les mêmes pubs, les mêmes restos. Ça fait plaisir à voir. En fait, rien n’a bougé, y compris notre ancienne maison qu’on est religieusement allé voir. On a même pris une photo. On a revu tout ça avec émotion, ou indifférence totale, ça dépend des âges. L’Ado était au bord des larmes, moi aussi. Les 4 plus jeunes par contre, n’ont pas franchement apprécié.
Pour nous faire pardonner, on les a amené à Eddy Rocket, un diner fifties qui a de très bons milkshakes. C’est une chaîne mais c’est sympa. On a en profité pour plonger la serveuse dans des abîmes de perplexités, ça c’est d’ailleurs reproduit systématiquement par la suite. On parle français entre nous, mais nos enfants s’expriment en anglais comme de vrais britishs, avec un accent très anglais aussi, mais pas forcément populaire en Irlande. Et nous, on a toujours notre accent franchouillard en anglais, mais on sait prononcer les noms locaux en gaélique, et on connait toutes les expressions idiomatiques typiquement irlandaises. C’est quoi cette famille de détraqués linguistiques? Les irlandais adorent discuter, on s’est donc expliqué. Nos petites aventures les ont passionné. Le lendemain on a profité du soleil radieux pour aller à Howth, une presqu’île sublime d’où on a une vue sur la baie de Dublin à tomber par terre. J’ai impressionné Marichéri en expliquant qu’il fallait se garer sur le parking paumé au sommet, juste après le couvent et couper par le chemin entre le ruisseau et les maisons par là pour aller au phare, au lieu de suivre bétement les panneaux touristiques. J’avais raison. Je ne fais pas ma maligne, mais pour quelqu’un n’a strictement aucun sens de l’orientation et qui s’est déjà perdue dans une ligne droite, j’ai de la mémoire ! Bref, c’était extraordinairement beau et PrincesseDiva et GeekAdo qui n’ont pourtant aucun souvenir irlandais, se sont sentis pousser des élans nationalistes, quand même notre pays, c’est joli!
On est aussi passé ramasser des coquillages sur la plage de Malahide, on a revu la maison où il y avait une vache domestique dans le jardin (et qui a démarré mon obsession, il y a 20 ans), on a retrouvé le petit chemin où je m’étais faite coursée par deux cygnes déplumés et rhumatisants agressée par une bande de cygnes mutants et psychopathes, probablement assoiffés de sang, sous les rires hystériques de Marichéri…la nostalgie fonctionnait à plein régime, mais ça n’a pas amusé notre troupe. Cette fois, on restera juste sur Dublin centre (c’est pas immense non plus). On poussera peut être jusqu’à Phénix Park quand même…l’Irlande, c’est vraiment une partie de nous.
Cette semaine passée, on a fêté nos 25 ans de mariage, en attendant l’Irlande, puisqu’on retourne voir où on s’est mariés.
Il a fait plus ou moins beau: c’est à dire que les enfants sont persuadés qu’il fait un temps radieux et que de mon côté, je râle après ce temps pas assez estival…mais bon, ils ont encore profité de la piscine. Le truc là, qui flotte en haut, ça n’est pas une méduse, c’est un bout de Princessechipie.
Et cette semaine passée, Marcel a rencontré une grenouille. Il a été tellement surpris qu’il ne l’a pas attaquée.