Friday Feelings #119

Grande première, je tape les États d’esprit du vendredi de Zenopia et Postman dans le train pour Londres. Il n’y a pas de raison que seul Marichéri aille y faire son malin, aujourd’hui on inverse les rôles.

Fatigue: alors maintenant, les ouvriers ont décidé toujours de nuit, de déblayer le fossé du champs en face. Pourquoi? Sérieusement, pourquoi de nuit? Ils ont peur que le fossé se rebouche tout seul en journée?  

Humeur: affalée

Condition physique: spongieuse…enfin non pas vraiment, mais j’ai l’énergie d’une éponge de mer échouée. 

Estomac: on a reçu du chocolat…

Boulot: il faut tondre…c’est du boulot.

Culture: je suis sûre que si j’efface carrément la rubrique, personne ne remarquera,  non? 

Penser à: regarder un truc culturel quand même…

Message perso: j’espère que le retour n’est pas trop difficile. 

Avis perso: Le calendrier scolaire, c’est n’importe quoi! Pourquoi obliger ces pauvres parents au bord de la crise de nerfs enfants épuisés à se lever à l’aube pour continuer à aller à l’école jusqu’à fin juillet si c’est juste pour leur faire faire des activités sportives en public?

Loulous: L’Ado a donné signe de vie, tout va bien. Il a réussi à ne pas se faire virer. GeekAdo continue à assumer le rôle d’ainé de substitution , pour la plus grande frustration de PrincesseDiva, qui n’est pas du tout d’accord avec ses méthodes de management. Ça chauffe. Ils se sont quand même réconciliés hier, ils avaient sports day (eux aussi, mais c’est sans les parents au collège, youpi!). Ils détestent l’éducation physique avec une même fougue, l’un parce qu’il a la souplesse d’une enclume et deteste les activités de groupe (Marichéri est très fier), l’autre parce que ça la décoiffe et de tout façon, c’est nul. Comme ils sont dans la même house, ils étaient ensembles (ça marche comme dans Harry Potter). Ils ont perdu, certes, mais ça les à conforter tous les deux dans leur idée que le sport, c’est pour les autres. Ils sont revenus pratiquement en se tenant la main, tellement ils étaient d’accord. Ça les a surpris eux mêmes. PrincesseChipie a décidé d’apprendre le russe pour communiquer avec sa nouvelle camarade d’école. Qui parle anglais… oui, mais ça l’air fun. Da. WizzBoy a lui aussi eu droit à un sport Day, dont il est revenu avec une médaille, comme tous ses potes, ça lui a beaucoup plu. Moi un peu moins, mais je vous raconterai. 

Divers: le commute pour Londres, c’est très surfait, tout le monde tire la gueule, sauf le type là bas déguisé en Pokémon. Marichéri va encore dire qu’il n’a jamais croisé de Pokémon géant dans le train en 11 ans de commute et que ça n’arrive qu’à moi, mais je suis sûre que c’est parce qu’il ne fait pas attention. 

Amitié: elle a raison PrincesseChipie, c’est fun le russe. Mais c’est dur. C’est fou comme ça s’oublie avec une facilité inversement proportionnelle à la difficulté de l’apprendre. 

Love: il fait le school run aujourd’hui, je suis sûre que ça va lui plaire. Si, si…

Course: faites.

Envie de: je ne sais pas si j’ai évoqué récemment une certaine envie de vacances? 

Pic: je me promène aujourd’hui …

Publié dans vie de famille | Tagué , , | 28 commentaires

Thursday Thunder: beach ready, my arse!

Il y avait longtemps que je n’avais pas fait une colère du jeudi, et j’en ai marre de parler du brexit. C’est les vacances…enfin non, pas chez nous, mais j’ai envie de vacances et de me changer les idées, d’où le titre, plein de poésie et de délicatesse. Bref, j’ai délaissé deux minutes les News politico-économiques, l’inflation galopante, le fichage des sales migrants européens, et toute cette sorte de chose pour jeter un œil paresseux aux pages dites légères et féminines. Qui donc parlent de poids, en toute logique. Je rappelle qu’un cerveau même féminin, peut compter autre chose que des calories. Des paires de baffes dans la gueule de publicitaires sexistes par exemple. Cela dit, il n’y a pas qu’eux qui sont misogynes. Si j’en crois les signatures au bas des sombres torchons qui prétendent me donner des conseils pour être beach ready, prête pour la plage, la connerie se rit de la composition chromosamales de ses auteurs. On peut très bien être sexistes et anti féministes entre femmes. Si c’est pas choupinou. Petasses décérébrées, tiens. 


Source Excellente réponse à une affiche qui a pollué le métro de Londres en montrant une pauvre fille, mi phasme, mi mollet de héron et demandant si on était beach ready. Et un coup de pelle (de plage) dans la tête, ça aide?

Etre beach ready, avec des gamins, c’est ne pas oublier le chapeau de l’un, le ballon de l’autre et se trimbaler un semi remorque d’accessoires divers dont strictement aucuns ne sont destinés aux parents qui sont déjà bien contents si ils n’oublient pas leur maillot. N’importe lequel. Le vert trop petit et informe qu’on se traîne depuis 15 ans ou un violet à pustules trouvé par hasard au fond d’un placard et dont on n’est pas sûr d’être le propriétaire. Etre beach ready, ce n’est pas s’affamer pendant 6 mois pour perdre trente grammes avant de pouvoir penser éventuellement à prévoir d’aller à la plage, c’est se demander 3 minutes avant le départ si on a pensé à prendre la bouée licorne. C’est se moquer éperduement de l’apparence des autres sur la plage, on a déjà assez à faire avec nos gosses, entre le nudiste qui refuse d’enfiler son maillot et le timide, qui reste en anorak sur le sable par 40 degrés, on n’a vraiment pas le temps ni l’envie de s’inquiéter de nos voisins de serviettes. Ni de notre propre apparence. Soyons clair, je suis extrêmement dodue. J’ai un maillot rouge petant (style pompier, en pire) à gros pois blancs dont je suis très contente parce qu’il me met de bonne humeur. Je me contrefous de savoir si je suis beach ready ou pas tant que mes bourrelets rentrent plus ou moins dedans, en repartissant un peu, ça me va. Je me préoccupe plus de la température de l’eau que de la mode, ça me paraît plus important pour profiter de la plage! Sérieusement quelle sombre petasse veut être beach ready comme lui ordonne certains torchons dits féminins? Quelle pauvre fille juge sa valeur à la taille de ses cuisses plutôt qu’à l’état de son cerveau, affaibli à force de lire autant de conneries complexantes? Quelle ayatollah de la mode a osé penser que ce genre de logorrhée verbale était acceptable? 

Déjà, j’ai horreur par principe qu’on me dise quoi faire, encore plus quand ça vient d’une pseudo journaliste qui n’est pas fichue d’aligner trois mots et se permet des jugements à l’emporte pièce sur des sujets aussi capitaux que la forme d’un maillot de bain ou l’épilation d’un sourcil avec des airs de grand gourou annonçant une avancée médicale révolutionnaire. Non mais, sérieux?!? Ça va pas mieux? Il faut se détendre un peu ma cocotte, je suis sûre que ça aide pour la plage…parce que tu vois, c’est tout le problème, se préparer à aller à la plage, ça veut dire qu’on se prépare à aller quelque part parce qu’on aime bien, on pense y passer un bon moment, pas parce que c’est une sorte d’examen ou une corvée qui demande des mois d’entraînement. Tu ne vas pas me croire, mais on va à la plage pour le plaisir, pas pour épater la galerie. Si tu vas à la plage ou ailleurs en ne pensant qu’à l’image que tu donnes à des inconnus qui sont heureusement plus occupés à vivre leur vie qu’à s’occuper de la tienne, tu ne dois pas rire tous les jours. Arrête de te demander ce que les autres pensent de ton apparence (probablement rien, ils s’en foutent) et reprends du dessert au lieu de nous bassiner avec tes dictats débiles. Vas faire un château de sable avec tes gosses ou rigoler dans l’eau avec tes potes, tu verras, la plage, c’est fun aussi. 

Publié dans Les colères | Tagué , , , , , | 37 commentaires

Holyrood week

Lizzie et Philou sont en vacances. Alors que l’école ne finit que le 20 juillet, c’est scandaleux…bon cela dit, ils sont juste partis  dans une de de leur nombreuses résidences secondaires, c’est pas non plus follement exotique. Ils sont à Edinburgh, en Écosse à Holyroodhouse. Ils y vont tous les ans, c’est dire si on doit s’y éclater. Et chaque fois, ils se tapent une semaine de festivité, je ne sais pas si c’est parce qu’ils sont particulièrement réjouis de commencer leurs vacances ou si c’est parce que les écossais sont contents de les voir ou une combinaison des deux. La chose s’appelle de façon toute à fait orignale, Holyrood week. 


Source On sent de suite à son air aimable que Lizzie s’éclate au milieu des militaires en jupette.  

Le palais de Holyrood est la résidence officielle des rois et reines d’Ecosse depuis le seizième siècle. Au départ, il n’y avait qu’une abbaye, construite en 1128 à la demande de David premier. Mais en même temps, ça aurait été bête d’avoir un joli bâtiment comme ça et de ne pas s’en servir pour les occasions officielles. On sait être pragmatique chez les monarques écossais, quitte à pousser un peu les moines dans un coin pour faire de la place pour réunir sa cour. C’est ce que fait Robert the Bruce (celui de Brave heart) en 1328. Mais même après avoir flanqué les anglais dehors, les rois écossais n’habitent pas à Holyrood. L’abbaye leur sert pour leurs événements mondains, les baptêmes, les mariages, les couronnements, les enterrements, tout ça. Il faut attendre 1501 et  James IV pour qu’on aménage une aile un peu plus confortable parce que bon, les cellules de moine, ça ne le fait pas, et que les royaux écossais s’installent vraiment. Espèces de petits squatteurs. Manque de chance, Holyrood est mis à sac et l’abbaye est incendiée pendant la réforme d’Henry VIII. Il ne reste que le palais, complétement reconstruit au dix-septième siècle. Mais bon, vu qu’il n’y a plus de roi local, il ne sert plus à rien. On y colle le comte d’Artois (le petit frère de Louis XVI) en exil une première fois en 1796 et 1803 avant qu’il reparte en France pour faire son roi sous le  nom de Charles X, puis une nouvelle fois en 1830 après qu’il se soit fait flanquer dehors. Après ça, Holyrood tombe en désuétude, jusqu’à ce que George V reprenne la boutique. Il fait même installer l’eau courante et l’électricité en 1920, et voilà Holyrood peut servir de colo aux Royals tous les étés. 


Source Holyroodhouse. C’est coquet. 

Holyrood Week commence avec la remise des clés de la ville d’Edinburgh à Lizzie. Qu’est ce que vous voulez qu’elle fasse avec ça? D’ailleurs, elle les rend aussitôt, soit disant pour montrer sa confiance aux édiles locaux mais à mon avis, c’est parce qu’elle  ne sait pas où les mettre. Après ça, Lizzie se tape un défilé militaire, avec une fanfare. C’est festif. Elle enchaîne avec une garden party, des remises de médailles et encore une revue de soldats en jupette. Il n’y a pas à dire, elle s’éclate Lizzie en Écosse. Elle va passer le reste de la semaine à inaugurer des trucs divers, à recevoir Trudeau (c’est inhabituel, mais il passait par là, il fallait bien le caser quelque part), à visiter des pots de fleurs…et après, c’est vraiment les vacances pour Lizzie et Philou. Ils ne font plus rien. En même temps, c’est sympa pour les écossais, alors que Lizzie passe toute l’année à faire sa Royal en Angleterre, elle expédie tout ça en une petite semaine en Écosse. Soit Lizzie et Philou se moquent des écossais, soit ils se fichent du monde le reste de l’année à nous faire croire qu’ils sont débordés avec leurs engagements royaux alors que ça peut tenir sur une poignée de jours en fait.


Source Lizzie quand elle fait le citron. 

En tout cas, Lizzie et Philou ont bien fait d’aller en Écosse. Grâce à la first minister, Nicola Sturgeon, ils ont gagné un banc. Ça fait toujours plaisir de pouvoir s’assoir à leur âge. Surtout pendant les vacances. 

Publié dans Famille royale | Tagué , , , , , | 9 commentaires

Music assembly

Encore trois longues semaines d’école…les instits ne savent plus quoi inventer pour torturer les parents occuper les élèves. Les examens sont finis, les bulletins remplis et tout le monde en a marre. Ça se traîne. Du coup, on enchaine les festivités devant les parents. Vendredi dernier, c’était la music assembly, où les élèves vaguement musicaux se sont produits pour l’ebahissement de leurs camarades et l’assourdissement de leurs parents.  PrincesseChipie voulant faire comme Papa (c’est entièrement la faute de Marichéri. Qui n’était pas libre vendredi…), elle joue de la guitare. Elle fait du bruit avec une guitare. Elle massacre une guitare…Enfin bon, pas le choix, j’ai dû y aller avec un WizzBoy absolument pas coopératif. 


Source
Il faut dire aussi que j’étais de mauvaise humeur avant même que ça commence. On a dû faire la queue devant le hall dehors pendant 20 minutes…non mais fait pas pousser, c’est pas le concert de l’année non plus. Déjà que je n’avais pas envie d’y aller, devoir attendre comme ça…ça a vivement énervé WizzBoy, donc moi aussi. Il a pris sur lui de faire l’animation pour tromper l’ennui des parents qui attendaient sagement en rang d’oignon. En grimpant sur la rampe d’accès pour handicapés, façon gymnaste olympique pris de démangeaison intense. En sautant sur un tronc d’arbre. En zigzagant après un papillon au milieu de la foule…un pur bonheur. Du coup, une maman qui a amorti une des chutes de WizzBoy avec les orteils a été obligée de me parler, et sa mère avec elle. Soyons clairs, j’ai déjà dû croiser la mamie en question deux ou trois fois à l’école. Mais je ne lui ai jamais adressé la parole. On peut pratiquement dire qu’on ne se connaît pas. Et bien, elle savait tout. Où on habite, depuis combien de temps, quels travaux on a fait, le nom de mes enfants, que Marichéri bosse à Londres…tout. C’est terrifiant. C’est là que je me dis qu’aller vivre dans un village n’était pas forcément une bonne idée… 

Enfin bon, on a pu rentrer dans la salle, o joie. Je ne sais pas si c’est à cause de WizzBoy et de ses exploits de cascadeur pendant l’attente, de la mamie espionne ou parce qu’on est juste de sale migrants, ne l’oublions pas, mais personne ne s’est assis près de nous, on avait un océan de chaises modèles maternelles autour.  Enfin si, une maman est venue, parce qu’on lui a bien fait comprendre qu’il n’y avait pas de place ailleurs. Une nouvelle qui vient d’arriver dans l’école. Une russe…ah ben, c’est pour ça que personne ne vient s’assoir ici, alors qu’il y a plein de place, c’est le ghetto, l’espace réservé aux étrangers visiblement. La pauvre femme était dans tous ses états, j’ai dit bonjour en russe et en hurlant. Elle a répondu en français. L’acoustique du hall est excellente. La mamie James Bond était livide, c’est suspect tout ça, il va falloir qu’elle reprenne toute sa surveillance à zéro. On est clairement des éléments subversifs, des agents étrangers voulant attaquer l’Essex.  En même temps, heureusement que le spectacle commençait, parce que je n’aurais pas tenu longtemps comme ça…c’est sympa, trois ans de russe et je sais juste dire bonjour. Enfin bon, les enfants ont commencé à émettre des sons avec divers instruments.

Pour qu’on en profite mieux, ils passent tous un par un. Youpidoo. Un pianiste, un guitariste, un pipeauteur flûtiste, et on recommence. Rhaaa. WizzBoy qui avait entrepris d’escalader sa chaise par la face nord a fait part de sa contrariété. Il veut bien écouter sa sœur, pour être sympa, mais pas les autres. Il ne les connaît même pas, il s’en fiche. En tout cas, il est hors de question qu’il applaudisse ces inconnus. Bon. On a eu droit à un gamin qui voulait faire percussion mais que sa mère forçait à faire piano à la place. On sent que c’est le gosse qui s’eclaterait avec un marteau. Piqueur. On a eu l’imitation parfaite du chat qu’on étrangle à la guitare. Mais aussi à la flûte, ce qui est encore plus fort. On a eu la petite peste qui se prend pour une grande concertiste et a passé trente ans à ajuster son tabouret et ses tresses avant de nous sortir plic, couic, ploc au piano, sous les vivats de la foule et l’œil atterré de la prof de musique (personnellement, c’est les tympans que j’avais à terre). C’est sensé être le génie musical de l’école, elle nous avait fait le même numéro et les mêmes notes poussives l’année dernière. Je ne suis pas méchante, même la prof a fait remarquer que c’était le même « morceau » que la dernière fois, et elle a demandé à la petite russe de prendre la suite, en précisant que la gamine n’a commencé le piano que depuis 3 mois. Je n’y connais rien, mais on m’aurait dit que la gosse (de 8 ans) en faisant depuis trente ans, je l’aurai cru. Ahaha. Applaudissements crispés de l’assistance et air ravi de la prof (qui est très sympathique, malgré sa manie de vouloir faire faire du bruit à ces gamins). J’ai félicité bruyamment la maman. PrincesseChipie est passée après la gamine qui s’est mouchée dans sa flûte et avant le gosse qui se prenait pour une rock star en jouant au clair de la lune avec deux doigts. Ça tombe bien parce que WizzBoy n’en pouvait plus et il essayait de creuser un tunnel à même le lino, sous sa chaise, pour s’échapper. Quand il a vu sa sœur, il s’est rassi gentiment, yeah, go PrincesseChipie! You win! Elle n’est pas douée mais appliquée, et elle ne se laisse pas démonté, c’est passé. Plus qu’une interprétation asthmatique et vaguement disco  de old mac Donald had a farm à la flute et c’etait fini. Wizzboy en était à démonter sa chaise, pendant que je cherchais un moyen de m’arracher les oreilles, qu’on en parle plus. J’ai pu récupérer mon gamin hystérique, lancer un au revoir en russe juste pour ennuyer la galerie et vider une boite de calmants pour la migraine. 

Il me reste donc le sport Day de la preschool, celui de l’école primaire, la school fête et l’end of year assembly…ne vous moquez pas, je vous raconterai. Il n’y pas de raison que je sois la seule à souffrir. Sinon, je pense lancer une pétition pour réclamer un changement du calendrier scolaire et la suppression des activités en juillet. Ou alors que ce soit muet ou sans les parents. 

Publié dans vie de famille | Tagué , , , , , | 25 commentaires

Sunny Monday #26

Nouveau mois, nouveau thème. En juillet, le rendez vous de Bernie est rouge. Par contre, en Angleterre en tout cas, il n’est pas ensoleillé. Il fait un temps pourri, j’en ai même attrappé la crève, en juillet…pfff. Heureusement que j’avais déjà une idée très précise du rouge que je voulais vous montrer, je n’ai pas trop au à me creuser la tête ce matin. Par contre, il a fallu que je fouille les archives photos de Marichéri parce que ce rouge en question a beau évoquer irrésistiblement l’Angleterre dans l’imaginaire continental, en réalité, on n’en trouve plus beaucoup.

Je parle évidemment des phone boxes, des cabines téléphoniques rouges tellement british. Vous avez même la mailbox, la boite aux lettres assortie à côté, et l’union Jack avec la croix rouge de Saint George, le patron de l’Angleterre. C’est dans un bled paumé au fin fond de l’Angleterre profonde un jour d’été typique, juste avant les trombes d’eau. 

Bonne semaine à tous! 

Publié dans Tourisme | Tagué , , , , | 15 commentaires

Wimbledon crowd top 10 

Wimbledon commence demain. J’ai déjà fait un top 10 des anecdotes tennistiques ici mais c’était sportif, alors que le tournoi ne serait rien sans le public, qui en principe doit aussi suivre un dress code, comme les joueurs et se comporter correctement. Un peu de tenue, on n’est pas à Roland Garros. D’ailleurs les spectateurs parisiens n’ont aucun sens du décorum. Ils sont bruyants, ils s’y connaissent en tennis, ont des tenues ridicules, parfois même des bermudas, c’est dire, et s’intéressent aux matches. Non, à Wimbledon, on s’habille élégamment, on mange des fraises à la crème, on boit du pimm´s, on s’extasie sur les invités dans la Royal Box, et on jette parfois un œil mi amusé mi ennuyé sur les joueurs qui sautillent bêtement sur l’herbe….enfin ça, c’est la version officielle parce que si on se penche un peu (c’est une image, pas besoin de se peter la figure dans les gradins non plus) sur le public de Wimbledon il y a du relâchement…

10- on commence en douceur, avec toute la créativité et le chic anglais. Qui n’a jamais eu envie de se coller une balle de tennis sur le crâne et de consolider la chose avec un foulard orné de fraises? C’est un basique. Non? 

Source 

9- les anglais ne sont pas sectaires, ils tolèrent même les supporters étrangers à Wimbledon, comme les australiens pas exemple. On fait son malin avec son Commonwealth, sa colonisation,  tout ça, ben après, il faut assumer. 


Source

8- en même temps, les australiens sont très sobres comparés à certains supporters britanniques. Si il cherche une reconversion professionnelle, ce sympathique taré fan de tennis, je suis sûre que Lizzie a du boulot pour lui. 


Source 

7- sérieusement, on trouve de tout dans le public de Wimbledon , y compris des mimes. Je ne savais pas que Camilla était dans le théâtre moderne avant de faire Royals. En tout cas, elle fait très bien le coléoptère qui s’est coincé une aile dans le papier tue mouche, c’est criant de vérité. Littéralement. 


Source 

6- En plus, Camilla est sympa, elle a pris Kate (du célèbre groupe comique William-and-Kate) sous son aile (l’autre,celle qui n’est pas collée). Kate en pleine action de gauche à droite: le têtard constipé, l’arrière grand père édenté du roi lion et la Jack o lantern en décomposition. C’est remarquable. 


Source 

5-Il y a d’autres célébrités dans le public, comme par exemple la fraise de Wimbledon. C’est un classique mais on ne s’en lasse pas. Sauf peut être la pauvre femme assise derrière qui a l’air légèrement agacé. On remarquera aussi que la fraise de Wimbledon est poilue des bras ce que je n’aurais jamais pensé écrire un jour. 


Source

4-Depuis qu’il a gagné Wimbledon, Murray est non seulement devenu britannique, alors qu’avant il était juste écossais, mais il provoque aussi un enthousiasme délirant. Le public n’hésite pas à l’encourager par tous les moyens. C’est juste dommage de ne pas savoir épeler son nom…en plus, ces abrutis supporters fervents sont assez nombreux, si ils n’avaient pas mis un hashtag et un point d’exclamation, mais un A et un R, c’était bon. Enfin bref, allez Mury! 

 

Source

3- revenons aux célébrités, même les Wombles vont à Wimbledon. Au moins pendant qu’ils sont là, ils ne chantent pas et n’abrutissent pas sciemment de pauvres gamins sur les chaînes jeunesse de la BBC. C’est toujours ça de pris. C’est une idée à creuser d’ailleurs. On devrait envoyer d’autres personnages pour enfants à Wimbledon. Un exemple au hasard, je suis sûre que les teletubbies pourraient avantageusement remplacer les balles. En tout cas, ça m’encouragerait à reprendre le tennis. 

 

Source 

2- ça a failli être mon numéro un. C’était l’année dernière, on a repéré à plusieurs reprises des aliens sans visage dans le public. C’est bien connu, les migrants, surtout les migrants intergalactiques, ça ose tout. Même aller à Wimbledon. La presse qui n’a rien d’autre à faire, a planché sur la question pendant un moment avant de conclure après une enquête poussée qu’il  s’agissait en fait de petits plaisantins avec des masques munis de petits trous pour voir et respirer. Je suis deçue…


Source

1-finalement, j’ai préféré finir avec des fleurs…enfin une fleur qui a tellement l’air de s’éclater sous la pluie  que ça mérite la première place.


Source 

Publié dans Les tops 10 | Tagué , , , , , , | 17 commentaires

Project 52 season 3 #26

Il semblerait que British Télécom refuse de bosser le week-end. On a encore une coupure de wifi. Ça commence sérieusement à nous contrarier. GeekAdo n’en peut plus. Moi non plus. Grrrr! J’ai attendu patiemment depuis ce matin pour transférer la jolie photo que Marichéri a faite pour vert, le thème choisi cette semaine par Ma’…mais il n’y a pas moyen. Je suis à peine énervée. À la place, j’ai dû courir dans toute la maison, en cherchant quelque chose de vert. Evidemment, du vert il y en a plein le jardin, mais j’en ai mis hier. Sinon la tête hagarde et vert pomme de GeekAdo devant son ordinateur qui refuse de se connecter? Le t-shirt irlandais de PrincesseDiva? Em plus, je me retrouve à taper d’un doigt sur mon téléphone, ça m’horripile…je n’étais pas du tout agacée et je suis tombée nez à nez avec du vert alors que je pestais toute seule en descendant l’escalier. 


Ça n’a aucun intérêt, ce n’est pas du tout une photo artistique comme celle de Marichéri, mais c’est vert! Pour ceux qui ne connaissent pas les beuveries infâmes, pardon les ferias ou fêtes de mon sud ouest natal, le monsieur au milieu pousse un toro de fuego, une effigie de taureau sur roulette où l’on accroché des feux d’artifice et qui parcourt la foule. Ce n’est pas dangereux du tout. Ou presque. Mais c’est festif! Pour les fêtes de Bayonne, les gentils participants sont en rouge et blanc comme sur l’affiche. A Mont de Marsan, d’où je viens, les festayres (les fetards) sont en bleu et blanc. L’Ado qui a découvert la chose l’été dernier, a été conquis et il garde précieusement son foulard pour la prochaine fois. Je lui ai expliqué qu’à son âge, je pouvais commencer à faire la fête dès le mois de mai et tenir non stop jusqu’en septembre, chaque ville et village organisant sa feria. J’ai dit que je pouvais, pas que je le faisais bien sûr…et puis on parlait du vert, ne nous éparpillons pas. 

Publié dans Tourisme, vie de famille | Tagué , , , , , | 11 commentaires

Friday Feelings #118

J’avais dit que j’arrêtais d’expliquer pourquoi je ne suis jamais en avance pour les États d’esprit de Zenopia et Postman, mais là vraiment, il faut que je partage, pour soulager mes nerfs et mes tympans étaler ma fierté maternelle. Il nous reste encore 3 semaines d’école, les enseignants n’en peuvent plus et ils ne savent les quoi inventer pour meubler. Ce matin, c’était la music assembly. Et évidement, PrincesseChipieveut faire comme papa. Une heure avec un WizzBoy hystérique, coincée sur une chaise format nain de jardin à subir tout ça…ahaha. Je vous raconterai, il n’y a pas de raison que je sois la seule à souffrir. Enfin bref, je suis rentrée avec une migraine carabinée, un gamin hurlant et aucune idée pour les États d’esprit. 

Fatigue: ahaha. Les ouvriers refont toujours les trottoirs, de nuit. En plus, ils se sont plantés et ils ont dû tout recasser devant chez nous pour déplacer une plaque dégoût de trois millimètres et demi…mais ça avance, ils vont pouvoir passer au trottoir d’en face. Toujours devant chez nous. J’en ris encore. 

 Humeur: ça m’a fait du bien de m’étaler hier. Mais bon…

Condition physique: marshmalloweuse

Estomac: rhaaa…on a fini tout le chocolaaaat….c’est trop injuste! 

Boulot: ça cogite vaguement…

Penser à: acheter des boules quies, pour la prochaine assembly. 

Culture: ah ben tiens, ça fait deux semaines que j’oublie cette rubrique…ce n’est pas parce que je n’ai rien à y mettre qu’il faut se laisser abattre. Ah sî j’ai vaguement jeté un œil endormi sur House of cards. Ça ne m’a pas réveillé. 

Message perso: désolée pour la conversation écourtée…tu es libre la semaine prochaine? 

Avis perso: je ne veux pas cafter, mais Zaza ne s’arrange pas. Et camarade Jerry non plus, le soit disant chef de l’opposition qui punit ses députés quand ils s’opposent. Où est mon bazooka? 

Loulous: aucune nouvelle de L’Ado depuis samedi. On va dire que si il avait un problème, il aurait appelé…sale gosse. Pour se venger, on a rangé sa chambre et même déplacer ses meubles, ahaha. Non mais. GeekAdo prend à cour son rôle d’aine de substitution, ca ne rigole pas, il va nous organiser tout ça, ça va filer droit. La sortie des poubelles est devenue une opération militaire. Je ne parle même du vidage du lave-vaisselle, qui est chorégraphiée au millimètre. Fini de rigoler. Bref, les filles réclament le retour de L’Ado et la fin du règne du tyran usurpateur…il va y avoir une bonne ambiance pendant les vacances. PrincesseDiva s’inquiète déjà de sa garde robe pour les vacances à Rome…ma chérie, tu es anglaise. Il va faire chaud. Peut importe ce que tu amènes, tu seras toute rouge et transpirante, ça cassera l’effet. PrincesseChipie a donc répéter consciencieusement toute la semaine pour la music assembly. Je préfère ne pas m’étaler plus que ça sur le sujet. WizzBoy a passé une journée complète à la Big school mardi. Il a même mangé des frites et des fraises à la cantine. Il a adoré. Par contre pour une raison obscure,  depuis il réclame un lapin. On ne sait pas pourquoi. Il n’y pas de lapin à  l’école. Aucun de ses copains n’a de lapin. L’instit est formelle, ils n’ont pas parlè de lapin…on a essayé de lui expliquer que ça ne plairait pas aux chattes. Il a réfléchit et il a trouvé la solution. On n’a qu’à prendre une tortue. Avec des oreilles de lapin. 

Divers: rhaaa….voilà. Sinon, je ne suis pas folle vous savez. 

Amitié: il faut que je ressorte mes bouquins de russe. Si, si, c’est logique. 

Love: il travaille à la maison le vendredi maintenant. Mais il est débordé, il n’a pas pu aller à la music assembly…alors que c’est entièrement sa faute si nos gamins insistent pour être musicaux. 

Courses: je les fais livrer. Les livreurs sont généralement originaires d’Europe de l’Est. Cette semaine, je suis tombée sur un livreur anglais. Très sympa. Voilà, ça méritait d’être dit. 

Envie de: ailleurs. 

Pic:les cerises sont finies…on attend les prunes. 

Publié dans vie de famille | Tagué , , , | 26 commentaires

I am not crazy you know…

Je sais, j’avais promis une colère du jeudi, et ça n’en est pas vraiment une. Je vais encore chouïner. Quoique…je me tape sur les nerfs moi-même à me lamenter comme ça en continu, du coup je m’énerve et je me secoue, c’est logique. Bref, avoir mauvais caractère, c’est bon pour la santé mentale. C’est évident. Je sens que je m’éloigne du sujet avant même d’avoir commencé… je voulais expliquer pourquoi je vous saoule encore et toujours avec le brexit après un an, pourquoi ça ne passe pas. Je ne parle pas des conséquences pratiques, matérielles du brexit mais des répercussions sur mon moral et celui de plus de 3 millions d’européens. J’en fréquente beaucoup, notamment grâce sur les réseaux sociaux, et on est tous encore sous le choc, 12 mois après. Je sais bien que vu de France ou d’ailleurs, notre réaction semble exagérée. Ça n’est pas si grave, voyons! Pour nous, si. Pour vous donner une idée, lundi matin, au moment de sortir de chez moi pour amener mes enfants à l’école, j’ai fait une crise d’angoisse, et ce n’est pas la première. À l’idée de sortir, d’être dehors au milieu de locaux pas toujours accueillants, de croiser des mamans que je sais brexiteuses et xénophobes (et qui ne se privent pas pour me le faire comprendre), j’avais des nausées, je ne pouvais plus respirer. Voilà, c’est ça vivre en brexit britain. C’est se sentir incapable physiquement d’amener ses enfants à l’école.  Je ne suis pas folle, vous savez.


Source  

On est des immigrés, mais des immigrés chanceux, des immigrés volontaires, on n’a pas dû fuir nos pays d’origine, on aurait très bien pu y rester. Souvent, la météo, la nourriture, les services publics y sont bien meilleurs qu’ici. On a choisi de venir en Angleterre. Pas pour profiter d’allocations auxquelles on n’a pas toujours droit d’ailleurs, mais parce qu’on est tombé amoureux de quelqu’un ou d’une ville, d’un pays, d’un état d’esprit… on a aimé notre Angleterre avec passion. C’était le pays de la libre entreprise pour certains, le pays de la tolérance, des projets, de l’humour, de l’excentricité, du pragmatisme, du multiculturalisme, de la joie de vivre, c’était chez nous. Évidement on savait qu’une partie de la population ne correspondait pas du tout à ça, on en riait même parfois avec nos amis anglais, ceux qui croyaient naïvement (ou avec arrogance, je ne sais pas) qu’ils étaient la majorité, qu’ils représentaient le vrai esprit britannique. On les croyaient aussi. Les premiers doutes, les premières interrogations et les premiers hauts le cœur ont commencé il y a dix-huit mois. Quand la campagne pour le référendum s’est muée en une déferlante populiste et xénophobe à vomir, digne de la presse fasciste des années trente. On ne voulait pas y croire. C’est pas possible. Comment ce genre de discours populistes et xénophobes, ces unes de journaux incendiaires peuvent être tolérés dans un pays démocratique, comment peut-on lancer impunément de tels appels à la haine raciale, à la discrimination, à l’épuration ethnique? (non je n’exagère pas. Je refuse de reproduire les discours et affiches de campagne du ukip, mais allez voir) Pas ici, pas maintenant, pas dans notre Angleterre. Pas nous. On est chez nous. La peur et le dégoût montaient mais on essayait encore d’y croire, et tous nos amis anglais avec nous. C’était tellement inimaginable, tellement irréel. Enfin, qui peut sérieusement accorder le moindre crédit au Sun et autres tabloïds, alors qu’ils annoncent régulierement la résurrection de Diana ou une invasion de martiens? Tout le monde sait bien que c’est de la foutaise, voyons, même leurs lecteurs…la moitié du pays ne peut pas être aussi stupide, aussi raciste, aussi violente que ça, ne peut pas nous détester juste parce qu’on est né ailleurs…Ben si.  Où est notre Angleterre, si polie, si pratique, si accueillante? Ce n’est pas ça la mentalité anglaise, ça ne peut pas être ça. Je les connais quand même…mais la peur était déjà là. Je ne suis pas folle, vous savez. 

Et puis, il a eu ce matin ou plutôt cette nuit du 24 juin où notre Angleterre, notre monde, celui qu’on avait choisi, qu’on espérait pour nos enfants et qu’on avait tellement aimé s’est écroulé. On était abasourdi, hébété, groggy. Ça fait mal, physiquement, comme un uppercut à l’estomac. En pire. Parce que la panique irrationnelle, le dégoût profond et la colère dévorante qu’on a éprouvé ce jour-là se sont installés, ils ont pris leurs aises, ils ne nous quittent plus. Ce pays qui était le notre, ces gens qu’on appréciaient tant, nous ont mis une immense baffe dans la gueule. Parce que toutes les enquêtes d’opinion, toutes les analyses sociologiques le montrent, ils n’ont pas voté pour un quelconque projet souverainiste, mais pour une chose et une seule: nous mettre dehors. On se croyait tellement intégrés qu’on n’y pensait même pas. Et ils nous ont rejeté. On n’est plus le collègue, la voisine, le docteur, l’instit, la copine, le gendre…on est l’étranger, l’indésirable, la vermine à déporter (ce ne sont pas mes mots, je ne fais que répéter ce à quoi j’ai eu droit). Encourager par un gouvernement qui attise la haine et prône la discrimination, un gouvernement qui vient de dévoiler un projet qui ferait de nous des sous-citoyens, les masques tombent, les langues se délient. Envolés la politesse anglaise, la retenue, la tolérance, l’humour…place à la haine. C’est ça, le vrai esprit britannique? On s’est donc trompé toutes ces années, on a vécu un mensonge? Où sont nos amis, ceux qui se moquaient des lecteurs du sun et qui nous rassuraient avant le référendum? Il en reste bien sûr, qui sont encore plus atterrés que nous, encore plus déboussolés. Mais les autres se taisent. Ils nous ignorent. Ils balaient nos peurs avec indifférence, quand ils ne se rangent pas au côté de ceux qu’ils disaient combattre hier, ils préfèrent ne pas voir, ne pas entendre. Ça ne les concernent pas après tout. Ils ne sont pas étrangers. Eux. Ils nous ont menti. Notre Angleterre n’était qu’une façade, et ce qu’il y a derrière n’est pas beau à voir. Et on le voit enfin. Je ne suis pas folle, vous savez. 

Jour après jour, l’hostile environment (c’est le nom officiel) promulgué par Theresa May nous suffoque un peu plus. C’est tellement plus propre de faire en sorte que les étrangers partent d’eux-même plutôt que de les déporter! C’est tellement facile de jouer des peurs de gens qui sont à bout de nerfs. De gens qui sont en plein désarroi. On a perdu notre pays rêvé, nos amis, parfois nos familles britanniques. C’est comme une trahison amoureuse, comme la fin brutale et inattendue d’une relation qu’on découvre trompeuse, ça fait mal. C’est une crise d’identité aussi, on ne sait plus qui on est. À part l’autre. L’étranger. L’indésirable.  La vermine. On n’a plus de repère, plus de projet. On est rejeté, insulté, moqué par ce qu’on a tant aimé. On ne sait plus où l’on en est. Alors il y a pire bien sûr, mais non, ça ne passe pas. Je continue à amener mes enfants  à l’école, parfois au bord des larmes, parfois en ayant la nausée, parfois en colère, parfois sans y penser aussi, comme avant. Je ne suis pas folle vous savez.  

Publié dans Les colères, société | Tagué , , , , | 44 commentaires

Henry number 8 

Ou Henry VIII pour les latinistes…c’est le moment de reparler de lui puisque c’est son anniversaire aujourd’hui, à ce petit coquin d’Henry. J’ai déjà parlé de son père, Henry Tudor qui a quand même pris le pouvoir alors qu’au départ il avait autant le droit de devenir roi que son fils coiffeur pour dames (Henry coupait beaucoup trop bas sur la nuque….et trop profond.) et au prix d’une légère guerre civile. J’ai parlé de la fille de Henry, Elizabeth, sponsorisée bien avant l’invention du cinéma par Hollywood, ce qui prouve à quel point elle était visionnaire. J’ai évoqué l’architecture Tudor et tous ses jolis manoirs qui parsèment la campagne anglaise. J’ai parlé des églises de church of England, la religion imposée inventée par Henry…bref, je tourne autour du sujet (enfin non, du roi, mais comme il était sphérique, c’est logique), et je n’hésite pas à recaser ma biographie légèrement personnelle du petit Henry.


Source juste parce que ça m’a fait rire. Il m’en faut peu.

Alors donc Henry n’était pas grand, mais il compensait en largeur. Enfin on dit ça, mais avant de devenir roi par hasard, il était sportif de haut niveau, faisant de l’équitation et surtout vous allez rire, du tennis. C’est bien simple avant que Murray ce sympathique britannique (quoiqu’il a perdu récemment, je crois qu’il est de nouveau écossais) se décide à gagner Wimbledon, Henry était pratiquement le dernier champion britannique de tennis connu…Je sens que je m’égare complètement. Reprenons, Henry est né à l’heure à Greenwich en 1491. Il n’a strictement aucune raison devenir roi, puisque c’est la roue de secours le cadet. Je dis ça comme ça, mais je rappelle que le vrai nom du prince Harry, c’est Henry, à la place de William, je me méfierais, il y a des précédents historiques. C’est dommage d’ailleurs parce que si son frère aîné n’avait pas été de mauvaise qualité et n’était pas mort bêtement comme ça avant d’avoir pu servir, c’est lui qui aurait été roi. Et il s’appelait Arthur. Le roi Arthur, c’est pas mal. Ça sonne mieux qu’un Henry numéroté. Enfin bref, Henry ado s’éclate, il chasse, fait du latin, de la musique, parle français couramment et devient auteur de best sellers. Quand on pense que la plupart des Royals maintenant ne fichent rien… En même temps, je ne suis pas sûre qu’ils sachent tous lire, alors écrire des bouquins…Henry avait aussi un humour débordant, puisqu’un de ses livres, récompensé par le prix Nobel, la médaille fields, le premier glaçon en patinage, un joli diplôme de défenseur de la foi décerné par le pape lui-même, ce bouquin donc défendait hardiment le catholicisme contre Luther et le protestantisme. A mon avis, c’est ce qu’on appelle de l’humour d’anticipation. 

Bref, Henry s’amuse bien et ne fait de mal à personne, et puis, paf, son frère se défile lâchement en mourant en avance comme un imbécile et voilà que ce malheureux Henry devient roi en 1509. C’est ballot. Surtout que pour ne pas gâcher une alliance diplomatique et une jolie dot, il épouse la veuve de Arthur, Guenièvre d’Aragon….non, ce n’est pas ça, je confonds. Catherine d’Aragon (je me répète, William, Kate de son vrai nom Katherine, Harry….?). Henry se soucie de gouverner comme de sa première beuverie, il confie le pouvoir à un pote qui passait par là, un certain Wosley, et ça va bien comme ça, il peut retrouver vaquer à ses maîtresses occupations. En plus, Wosley est le fils d’un boucher de Ipswich (c’est près de chez moi. Mais c’est plouc. C’est bien simple, les gens de Colchester méprisent ceux d’Ipswich, surtout depuis qu’ils ont osé avoir une meilleure équipe de foot. Et être pris pour un plouc par des gens de l’Essex, c’est tombé très bas. Je m’éloigne du sujet. Si si, je le sens bien). Bref, entre bouchers, ils devaient avoir des affinités. Henry continue à passer le temps en faisant la guerre à tout ce qui bouge et sautant sur tous les jupons alentours ou l’inverse. Ça l’occupe mais ça coûte cher. Henry est au bord de la faillite personnelle (je ne parle pas de sa moralité, parce que là, elle a coulé depuis longtemps). Et il n’a pas du tout envie d’aller quémander au parlement. Vous savez ce que c’est, les négociations salariales, c’est toujours délicat, surtout quand on est roi. 

Il se trouve que Henry décide aussi de renvoyer sa femme Catherine, dont il n’a plus l’usage pour épouser la soeur d’une de ses maîtresses (à mon avis, un soir, il était bourré, il a confondu les chambres, ou un truc comme ça. Ça peut arriver. Surtout à Henry VIII), Anne Boylen (la maman de Elizabeth). Henry envoie Wosley négocier un divorce avec le pape. Manque de chance, ça rate. Henry fait arrêter Wosley, qui a le mauvais goût de mourir tout à fait naturellement avant d’avoir pu être décapité, franchement, ces fils de boucher, aucun sens du spectacle. Henry entreprend alors de lancer sa propre religion, parce que ça va bien comme ça, mais si on ne peut plus divorcer quand on a envie à cause de vagues considérations papales, c’est pas la peine d’être roi. Et puis, ça règle surtout ses problèmes de fins de mois difficiles, puisque Henry n’a plus un centime, alors que les coffres des monastères et églises catholiques sont bien remplis, eux. En 1534 Henry se proclame étoile polaire de l’église anglicane, grand chef scout de l’empire, Darth Vader de Canterbury, guide suprême de son église-à-lui-que-c’est-lui-le-chef et tout cette sorte de choses. Et hop. D’un coup, il met à main sur les trésors catholiques et double ses revenus annuels. C’est pas bête. 

Vous allez me dire , et sa vie sentimentale dans tout ça? Il est débordé. Henry s’est débarrassé de Catherine, qui vu la suite des évenements, ne s’en est pas trop mal tirée, il épouse Anne juste à temps pour la faire décapiter parce que bon, on ne peut pas non plus changer de religion tous les 4 matins et qu’il n’y a plus personne à exproprier. Il se remarie avec Jayne Seymour, une originale qui décide bizarrement de mourir naturellement, puis avec Annes de Cleves. Et bien, Henry n’arrive toujours pas à avoir un fils. C’est pas faute d’essayer quand même! Comme ça le met en rogne, il fait décapiter aussi son nouveau premier ministre pour passer ses nerfs ( Il y avait peut-être une promo, deux exécutions pour le prix de une? ou alors c’est une histoire de don de sperme qui a mal tourné ? …oui, j’ai honte. Enfin, pas trop non plus. Henry VIII n’est pas sympa). Il épouse ensuite Katerine Howard, qui est exécutée rapidement, on n’a pas que ça à faire , puis finalement une autre Catherine, Parr cette fois …à ce stade, c’est peut-être du gâtisme, dès qu’il voit une Catherine il l’épouse, la décapite, et croit qu’elle repousse. Et recommence. Si ça se trouve, il était terrifié, persuadé d’avoir à faire à une Catherine zombie. Ou alors c’est un problème administratif, avec l’engorgement des tribunaux, pas moyen de faire un procès à quelqu’un, autant l’épouser pour pouvoir la decapiter, ça va plus vite. 
Comme Henry s’ennuie toujours entre deux exécutions  mariages il tente de faire la guerre avec ce qu’il a sous la main, c’est à dire le pays d’à côté, la France. Entre voisins, il faut bien se rendre de petits services. Mais ça rate complètement, et Henry s’étiole. Il plonge dans la dépression et l’abus de nourriture. Il meurt obèse (178 kg) et ruiné en 1547. Son unique fils souffreteux et probablement boutonneux ne dure pas, ses filles Mary et Elizabeth lui succèdent, ne se reproduisent pas, elles, et voilà, c’est la fin de l’entreprise familiale la dynastie. Je ne veux pas critiquer, dire que Henry était un dangereux psychopathe misogyne, mais il faut quand même reconnaître qu’il a coulé la boîte de son père! 

Publié dans Les leçons d'histoire(s) | Tagué , , , , , | 8 commentaires