Projet 52: bulle(s)

Encore une fois, le thème proposé par Ma’ m’a fait cogiter…j’ai bien trouvé des photos de bulles dans les archives mais elles avaient un intérêt limité. J’ai fini par me rabattre sur une valeur sûre: des bulles…de bandes dessinées! Et celles de mon idole: Gotlib. Je suis une fan absolue de la rubrique à brac et des gags récurrents avec Isaac Newton.

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Friday Feelings #251

Je n’ai aucune idée d’intro alors on va y aller directement, juste le temps de preciser que vous pouvez retrouver les états d’esprit de Cécile, alias Zenopia sur FB. Voilà, c’est bref, mais je vais me rattraper après.

Fatigue: c’est pas possible, ce mois de janvier dure depuis plusieurs années, non?

Humeur: voir au dessus.

Condition physique: gelée. Rhaaa.

Esprit: frileux, et je ne parle plus de la météo.

Estomac: lui, ça va très bien!

Boulot: on n’a toujours pas commencé le bureau…on ne peut pas, il fait trop froid dehors. C’est une excuse valable, non? Même si on n’a pas besoin de mettre un orteil dehors pour commencer les travaux, on a déjà tout ce qu’il faut (sauf le courage de s’y mettre).

Culture: c’est le néant absolu, je comate lamentablement tous les soirs avec l’énergie d’une huître bouillie.

Avis perso: je trouve ça charmant: voilà que dans un élan de francophilie surprenant de la part d’un xenophobe, un sous ministre britannique prend sur lui d’illustrer une célèbre maxime de Audiard à la perfection. Les européens se plaignent de ne pas recevoir de preuve physique lorsqu’ils obtiennent le droit de rester en UK (alors même qu’ils doivent présenter cette preuve qui n’existe pas à leur employeur)? Pas de soucis, ils n’ont qu’à imprimer l’email qui leur dit qu’ils sont acceptés et qui précise aussi noir sur blanc que ce n’est pas une preuve. Tout va bien en Brexitland.

Message perso: bon rétablissement

Loulous: L’Ado est toujours englué dans les méandres administratifs français, c’est une joie. GeekAdo va pouvoir s’y mettre aussi, parcours sup est ouvert. Bon, ça l’effraie moins que ces copains, ça ressemble beaucoup au système anglais en fait. Du coup pour une fois, il a l’impression de mieux maîtriser que les autres. MangaGirl va chanter aux vœux du maire. Pardon, je reformule: on va devoir aller écouter MangaGirl chanter aux vœux du maire. Dans une salle à l’acoustique qu’on peut qualifier d’originale pour être poli. Youpidoo. PrincesseChipie a des problèmes vestimentaires: pourquoi on ne trouve pas des pulls licornes à sa taille? Wizzboy a une amoureuse, c’est lui qui le dit comme ça. Il est sorti de l’école hier avec un cadeau de son amoureuse, elle a même écrit en phonétique une grande déclaration enflammée. Il était tout rouge mais très content, il réfléchit à ce qu’il peut lui offrir maintenant. Je me sens lasse…

Divers: rien à rajouter au commentaire de Mathieu sur mon billet d’hier, c’est tout à fait ça, malheureusement. Et je partage ses inquiétudes.

Amitié: si je continue le décompte avant les vacances de février (et la visite de Tata F.), ça va vous lasser un peu, non?

Love: il ne met pas les pieds en Brexitland la semaine prochaine, on est très content tous les deux!

Penser à : arrêter de lire les news, ça ne peut que me faire du bien. Sauf qu’après, j’angoisse à l’idée de passer à côté d’une info importante. Je ne m’en sors pas…

Courses: notre fromager se diversifie dans la confiture. Ça nous a un peu surpris au départ, mais on a testé, c’est une réussite.

Envie de: passer une semaine tranquille. Voir la rubrique « penser à ».

Sortie: j’ai déjà mentionné les vœux du maire?

Pic: dernière bêtise de Marcel, en direct. Le reste du vase est en miettes par terre.

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Thursday thunder : the tradwives

Je viens d’apprendre qu’un mouvement qui vient des États Unis est en train d’arriver en Angleterre: celui des tradwives, c’est à dire des sombres dindes traditional wives, des épouses traditionnelles qui revendiquent rien de moins que de vivre soumises à leur conjoint et on ne parle pas de SM, quoique….C’est donc un mouvement créé par des femmes. J’insiste parce que ça me parait tellement hallucinant que j’ai du mal à y croire.

Je déteste d’habitude ce genre d’images avec citation, mais là, c’est tellement ça…

Ces braves dames veulent vivre comme dans les années cinquante. Ce n’est pas moi qui le dit, c’est leur slogan. Elles « obéissent à leur mari et prennent soin de lui ». Elles affirment que « la place d’une femme est à la maison et dans la cuisine ». Et bien sûr, elles prônent « le retour aux valeurs traditionnelles britanniques ». Alors là, c’est génial, vu que d’après l’histoire britannique, leurs valeurs traditionnelles, c’est de coloniser et d’exploiter la moitié de la population mondiale en exterminant au passage ceux qui ne sont pas d’accord (je n’ai pas dit que c’était mieux en France), je ne vois pas comment on peut s’en servir pour justifier exactement l’attitude inverse, de passivité et même servilité absolue. Mais j’oubliais, je suis une femme, et donc je ne dois pas me servir de mon cerveau. Je ne sais pas si ça se sent, mais je suis un chouïa agacée par la bouillie qui tient lieu de réthorique à toutes ces connasses. Oui, je suis vulgaire, mais il y a de quoi.

Parce que, en plus de prendre les hommes pour des cons aussi (sérieusement, qui a envie de vivre avec une potiche qui d’un côté vous infantilise en vous empêchant de faire quoique ce soit par vous-même à la maison et de l’autre prétend vous obéir sans moufter? niveau conversation, ça doit être captivant), je disais, je suis vulgaire parce que ces femmes sont tout sauf de pauvres petites innocentes qui défendent leur droit à être débiles. Le « retour aux valeurs », ça ne vous rappelle rien? Les tradwives ne sont qu’un avatar de plus de la résurgence du fascisme (c’est même revendiqué par la branche américaine même si la britannique s’en défend). Je ne vais pas vous faire un cours d’histoire politique, mais on est en plein dedans. Les droits des minorités et les droits des femmes ont toujours été les cibles prioritaires des fascistes, pour qui globalement une femme est une mère sainte et soumise ou une pute. C’est tout. Les tradwives s’ajoutent aux attaques contre le droit à l’avortement, à la remise en cause permanente de la parole des femmes et au sexisme triomphant qui accompagnent la montée de l’alt right, néologisme anglo-saxon pudique pour ne pas dire fascisme. En Angleterre, les plus zélés des brexiters expliquent d’ailleurs qu’il n’y aura pas de chômage de masse même si les entreprises ferment en UK, parce que les femmes devront arrêter de travailler pour s’occuper des personnes âgées, des malades, des enfants qui ne pourront plus être accueillis par les services publics en faillite et en manque de personnel après que tous les européens qui y bossent aujourd’hui, seront chassés, youpidoo, c’est le nirvâna! Et bien voilà qu’il n’y a pas besoin d’attendre, les tradwives se portent volontaires dès à présent. Comment normaliser un discours fasciste en le faisant passer pour un choix de vie comme un autre.

Alors oui, je suis très, mais alors très en colère et absolument pas dupe des discours des tradwives qui me donneraient des nausées même si je ne savais pas ce qu’il y a derrière. Désolée pour le point Godwin, mais leurs discours, sous couvert de choix personnel, me rappellent furieusement l’incarnation de la femme parfaite selon la propagande nazi. Ce qu’elles assument parfaitement d’ailleurs. Leur sourire poli, leur tablier bien propre et leurs petits cupcakes sont tout sauf innocents. Ce sont des armes politiques parfaitement maîtrisées. Les tradwives ne font pas que me dégoûter, elles me terrifient.

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C’est fastoche

Il y a deux ans, on débarquait en France. Wizzboy nous avait prévenu : I don’t speak la France. Effectivement, c’est le seul de nos enfants qui refusait catégoriquement de prononcer un seul mot de français. Il comprenait très bien mais répondait en anglais uniquement. Trois mois plus tard, après des débuts laborieux (il avait décrété que c’était aux autres enfants de sa classe d’apprendre l’anglais pour communiquer avec lui), il speakait la France à peu près intelligemment. Deux ans plus tard, il n’a plus aucune trace ne serait-ce que d’un vague accent anglais, contrairement à GeekAdo et surtout MangaGirl. C’est même pire, il a des intonations ch’ti maintenant! Il parle comme les copains, c’est à dire comme nous à son âge (moins l’accent local) . Et on en est tout ému.

Source

J’ai déjà essayé d’expliquer notre surprise ravie quand les enfants étudient les mêmes choses que nous à l’école, quand MangaGirl parle du Cid, GeekAdo de Camus ou PrincesseChipie de Molière. On compare le programme de math à notre époque (c’est à dire tout juste hier, je le rappelle) et maintenant. On échange des anecdotes de cours de philo avec GeekAdo…c’est tout nouveau pour notre famille! Pendant des années, la scolarité anglaise de nos enfants était une découverte permanente pour nous et voilà qu’on a la même maintenant. Ça nous fait tout drôle. Mais ce n’est rien comparé à notre ravissement quand Wizzboy nous dit « c’est trop fastoche! » …on se regarde avec un petit sourire, il parle comme nous à son âge. Évidemment, c’est normal mais ça n’est jamais arrivé avant dans notre famille.

Même si les enfants fréquentaient d’autres petits francophones, ils ne parlaient pas « enfant » entre eux. Forcément, non seulement leur français était loin d’être naturel, mais ils copiaient celui des adultes. Pendant des années, on a été le point de référence francophone de nos enfants, ils ont donc appris à parler comme nous, avec directement des expressions d’adultes et pas des tournures de phrases enfantines. Comme j’ai aussi insisté lourdement pour leur faire des cours de grammaire et de conjugaison françaises (après tout, c’était mon boulot!) malgré leur enthousiasme extrêmement limité, ils avaient aussi un français très scolaire. Soyons clair, ce n’était pas fastoche du tout, pour parler comme Wizzboy maintenant. Ils ne risquaient pas d’employer ce genre d’expression qu’ils ne connaissaient même pas. Le seul qui avait un langage jeune, c’était L’Ado…sauf qu’il avait notre langage jeune, légèrement (à peine) anachronique pour sa génération. Aujourd’hui, MangaGirl nous parle naturellement d’un gars trop nul. Wizzboy a les mêmes expressions que tous ses copains et on est surpris, ravi et donc même un peu ému alors que ce n’est pas toujours très poli. Nos enfants sont devenus de vrais francophones de leur âge!

Je me rends compte que mes explications sont assez confuses et ne doivent pas faire beaucoup de sens pour ceux qui n’ont pas connu l’expatriation (avec des enfants nés ailleurs en plus- ce n’est pas une critique, j’essaie juste, avec toute mon aisance naturelle, de me faire comprendre). Mais je vous assure que ces similitudes linguistiques entre nos enfants et nous au même âge représentent un bouleversement pour notre famille. Comme dit Wizzboy: C’est un truc de malade, hein ouais, maman?

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Layer Marney revisited

Je reprends les mardis tourisme. J’ai mis une photo de Layer Marney samedi, pour le projet 52 de Ma’ et ça m’a donné l’idée d’en reparler. J’avais fait un billet sur ce manoir Tudor il y a des années, à l’époque où je maîtrisais encore moins WordPress que maintenant. J’avais péniblement réussi à mettre 3 ou 4 photos, pas plus. Layer Marney mérite mieux que ça! Du coup, je vous propose d’y retourner, et cette fois, je vais pouvoir vous montrer à quel point c’est charmant.

Layer Marney Tower est un manoir Tudor de 1520 pas loin de notre ancien chez nous. On peut également visiter la ferme et l’adorable chapelle sur le domaine (j’en ai parlé ici), mais on va se concentrer sur le château pour aujourd’hui. Il est toujours habité, par le shérif de l’Essex (ce n’est pas une blague, il a vraiment été nommé shérif par Lizzie, mais c’est purement honorifique de nos jours), mais la tour et les dépendances sont ouvertes au public. Le manoir a été construit par le premier Lord Marney, capitaine des gardes de Henry VIII.

Évidemment, comme tout manoir Tudor qui se respecte, Layer Marney a reçu de nombreuses visites de Henry VIII et d’Elisabeth I. C’est le premier Lord Marney, capitaine des bodyguards (ça n’a rien a voir avec le film, ça veut dire capitaine de la garde) qui s’est lancé dans la construction de la tour, pour impressionner le roi. Pas de chance, les travaux ne lui réussissent pas, et hop, il meurt. Du coup son fils décide de prendre la suite, il faut bien s’occuper. Il a le temps de finir la chapelle, le great hall (la grande salle des banquets), et deux ou trois petites choses en briquettes, et voilà qu’il meurt juste deux ans après son père. Les héritiers suivants préférant rester prudents n’ont pas poursuivi. On ne sait jamais. D’où cette grande tour de 24 mètres, la plus haute tour Tudor, un peu disproportionnée, comparée au reste du bâtiment. Ou alors, c’est un hommage subliminal à Henry VIII…

La tour se visite, il y a même la salle de jeu des enfants, qui date du 19ème, avec une superbe maison de poupée. On peut monter sur les toit et admirer la campagne environnante et l’estuaire de la Colne. La chapelle est charmante, blanchie à la chaux, et conserve les gisants des premiers Lords. Tout ça est bien sur en briquettes, avec des torsades compliquées, et des décorations sur les façades typiques de l’époque Tudor.

On peut aussi se promener dans le parc et admirer la vue qui va jusqu’à l’estuaire de la Colne…quand la brume se dissipe, ce qui arrive de temps en temps. Enfin, après une bonne douzaine de visites, on a dû le voir une fois…

Enfin bref, si vous passez par l’Essex, n’hésitez pas aller admirer la tour de Layer Marney…et a dire bonjour au shérif, c’est souvent lui qui tient la caisse à la boutique!

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Sunny Monday 2020 #3

Pour ce troisième lundi en blanc pour le défi de Bernie, je continue à piocher dans le photos espagnoles de L’Ado. Il nous amène à Alcalá de Henares, (Complutum du temps des romains) à une trentaine de kilomètres de Madrid pour voir les mosaïques très bien conservées.

Bonne semaine à tous!

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Projet 52: motif

Pour le thème proposé cette semaine par Ma’, j’ai hésité à vous montrer le carrelage chez nous, mais finalement, on repart en Angleterre. Les manoirs Tudors sont souvent décorés de motifs géométriques en briquettes plus foncées. Layer Marney, près de Colchester où on vivait, ne fait pas exception. Le manoir qui s’enorgueillit d’avoir la plus haute tour Tudor du pays, date de 1520. Henry VIII, qui aimait bien squatter gratis est venu y faire un tour. Layer Marney se visite toujours et c’est charmant.

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Friday Feelings #250

Zenopia et Postman qui sont à l’origine des états d’esprit du vendredi ne bloguent plus ni l’un ni l’autre, mais vous pouvez suivre Cecile (alias Zenopia) sur FB, où elle a repris le format.

Fatigue: alternative…les vocalises félines continuent, mais s’espacent.

Humeur: aquatique. Il pleut.

Condition physique: tirebouchonnée. C’est toujours une allusion à ma coiffure.

Estomac: cafeiné.

Esprit: pareil, caféine je veux dire. Et bien, ça ne le réveille même plus.

Culture: toujours dans un souci de faire découvrir la literature française à mes enfants sans les décourager, j’ai pris les allumettes suédoises à la bibliothèque pour les filles. Vous allez voir, quand j’étais petite, ça m’a fait pleurer, c’est très bien.

-Non mais maman, ça va, y’a que toi et GeekAdo pour lire toujours des trucs qui finissent mal! C’est qui qui meurt à la fin encore?

-Non, non, c’est juste mignon, personne ne meurt à la fin.

-bon d’accord alors, fais voir ton truc…

-il y a juste un mort au début…

-Mamaaaaaaan!

Boulot: bof…ah si, le tour de cheminée est installé dans la cuisine, j’en suis très contente!

Avis perso: j’ai la solution pour Johnson qui voulait que Big Ben sonne pour marquer la sortie officielle de la Grande Bretagne de l’Union européenne alors que ce ne sera pa possible pour des raisons technico-économiques: il suffit d’accrocher un ou deux brexiters (au hasard, Mark Francois, cet immonde débris moitié gâteux, moitié facho, moitié sponge cake) aux aiguilles, en costume de Morris dancers (c’est folkloriques, avec des grelots aux chevilles) et de secouer un peu. En s’entrechoquant, ils feront tinter leurs grelots et voilà, le tour est joué!

Message perso: bon premier anniversaire en avance! (Ses parents savent lire, ça ira…)

Loulous: L’Ado continue à se battre avec l’administration universitaire française: il a besoin de passer un test de français ou pas? That is the question. GeekAdo et MangaGirl sont épuisés, l’un par le bac blanc, l’autre par le brevet blanc. La semaine a été loooongue! Ça nous a donné un aperçu de ce qu’on va subir en juin. On va bien s’amuser. Sans compter que L’Ado passera ses examens finaux. Rhaaa. PrincesseChipie trouve qu’elle n’a vraiment pas assez de devoirs, elle a donc décidé de pondre une trilogie sur l’histoire des pharaons. Tout va bien. La prof d’historie ne s’en remet pas, ses frères et sœur non plus. WizzBoy est en pleine forme, comme toujours. Il a donc dévalé les pavés sur les fesses ce matin pour aller à l’école. Je disais donc, tout va bien.

Divers: on a fini par acheter une friteuse…on vit au pays de la frite et on n’en avait pas! Résultats, les enfants veulent aussi des beignets et des merveilles maintenant, sous prétexte que le gaufrier est cassé, je sens que je me suis fait avoir.

Amitié: on compte les jours!

Love: en même temps, c’est lui qui a insisté pour la friteuse. Et il aime les beignets. Je soupçonne une conspiration familiale…

Penser à : très bonne idée, je vais essayer de penser à quelque chose, tiens.

Courses: faites très tôt ce matin avant l’école, avec Wizzboy qui a encore mangé pour la journée. Il a très bien compris, comme il dit: quand je fais mon sourire mignon, les marchands me donnent plein à manger, c’est rigolo.

Sorties: et voilà, les corvées de foot le week-end commencent…Wizzboy est ravi, nous un peu moins.

Envie de: printemps. C’est long…

Pic: il y a longtemps que Marcel ne s’était pas montré par ici, non? Je précise qu’il ronronne, il ne tire pas la langue parce qu’il est fâché, mais parce qu’il est content.

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Thursday Thunder: parenting advice

Je viens de tomber sur un article du huff post uk qui parle de la colère d’un papa quand une parfaite inconnue s’est permis de lui faire une remarque sur ses enfants. Sur comment il élève ses enfants et comment il devrait plutôt s’y prendre, parce que c’est évident, une interaction d’une demi seconde dans la rue, ça permet forcément de juger quelqu’un et de savoir exactement comment il élève ses gosses. Je compatis totalement avec ce monsieur.

Source

Je n’ai jamais compris ce besoin qu’ont des gens qu’on ne connaît pas, et qui n’ont pas forcément des enfants, de se mêler de la vie des autres comme ça. Pourtant, critiquer, pardon « conseiller » une mère ou un père inconnu, ça leur paraît naturel. Par contre, il ne leur vient pas à l’idée d’aller apostropher quelqu’un dans les transports en commun pour lui dire ce qui devrait manger le midi. Mais si il a un gamin avec lui, les mêmes n’ont aucun problème pour lui dire qu’il devrait lui enlever son manteau, le porter, ne pas le porter, lui apprendre à se déplacer seul ou au contraire ne pas le lâcher…personne ne va arrêter une passante dans la rue pour lui conseiller d’améliorer son transit intestinal, mais si elle porte son bébé, on lui expliquera qu’elle s’y prend mal et ferait mieux de le mettre dans une poussette. Rhaaa. Pourquoi, dès qu’on est parent, on est obligé de subir une flopée de malotrus qui perd tout sens de la plus élémentaire des politesses qui consiste à ficher la paix au gens qu’on ne connaît même pas? Qu’est-ce qui leur passe par la tête pour qu’ils s’imaginent que leurs « conseils » sont bienvenus et pas outrageusement déplacés? Le pire, c’est quand on a de jeunes enfants. Visiblement, pour certain, il suffit de voir une maman (ou un papa) avec un bébé, pour abolir toutes les conventions sociales et se permettre de venir les saouler avec des « conseils » ou des remarques aussi subtiles que leurs connaissances en puériculture, c’est à dire nulles.

Mais je déteste aussi les autres, ceux qui ne viennent pas m’embêter directement, mais pondent de grands jugements dans les médias, sur les réseaux sociaux…ceux qui font leur fond de commerce de l’éducation de mes enfants, les grands gourous autoproclamés de telle ou telle tendance parentale à la mode. Attention, je ne suis pas obtuse. Il y a vraiment des professionnels de la petite enfance, qualifiés et qui savent de quoi ils parlent. Mais je pense plutôt à Hortense-Félicité, qui a monté un groupe Facebook pour apprendre à la multitude inculte comment éduquer son enfant dans la béatitude et le miel d’acacia, ou à Hildegarde-Quiterie qui sort un bouquin pour expliquer qu’il faut élever ses enfants sur le modèle des oursins (parce que c’est naturel…c’est vrai, pourquoi toujours les dauphins, les loups, ou je ne sais quoi, pourquoi cet ostracisme envers les oursins?). Tout ce petit monde, sous couvert d’aider, entretient savamment le stress de jeunes parents qui n’ont besoin que d’une chose: qu’on leur foute la paix!

Cela dit, pour en revenir au début, au cinquième enfant, je ne me laisse plus faire. J’ai appris à ignorer tous ces conseillers pédagogiques bénévoles qui éprouvent le besoin de me faire part de leurs lumières. Ah, vous lui parlez anglais, c’est pour qu’il apprenne? Moi, j’ai mis Oscar-Maurice au chinois, c’est mieux pour l’avenir, il faut penser un peu à eux. My children are English, you noisy interfering moron…désolée, je ne connais pas d’insulte en chinois, mais ça va, vous voyez ce que je veux dire? Et toute ma sympathie à votre pauvre petit Oscar-Maurice.

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Les deux ans du petit requin

Il y a deux ans, on récupérait les clés de la maison du petit requin. On n’aménageait pas encore tout à fait en France, il a fallu quelques aller-retour sous la Manche, mais c’était quasi fait. Je me suis dit que pour fêter ça, il fallait revenir sur nos premières impressions mais aussi tout ce qu’on a appris de cette maison qui nous a tellement aidé, en deux ans. L’adaptation n’est pas facile mais elle aurait certainement été plus difficile sans la maison du petit requin, ses travaux, ses mystères et son histoire. On l’a choisie pour ça, et elle remplit très bien son rôle.

Il y a donc deux ans, on achetait une maison en France pour quitter brexitland. Enfin une maison…d’après l’agent immobilier, c’était plutôt un projet plein de potentiel. Soit dans le langage courant, une ruine. J’exagère, il y avait des murs et un toit…du moins on le croyait, on s’est vite rendu compte que le toit ne tenait plus vraiment. Il y avait même un vague chauffage préhistorique et l’eau courante. Bon par contre, niveau électricité…le tableau avec ses plombs en porcelaine a pris feu alors que les travaux de rénovation battaient leur plein, après avoir craché des volées d’étincelles. Ce n’est pas qu’il fallait tout redécorer, il fallait tout restaurer. Ceux qui ont suivi les avants/après, notamment de la cuisine et de la salle de bains comprendront. Vous allez me dire, qu’est-ce qui nous a pris, d’acheter un tel taudis? Ben justement, ce n’était pas un taudis. L’agent immobilier avait raison (ça me surprend moi même d’écrire ça), il y a un potentiel énorme.

Il y a eu une histoire, une âme dans cette maison. Visiblement, un précédent propriétaire, médecin et original patenté avait fait construire un bassin dans le jardin pour son petit requin domestique. Si. D’où le titre, et les cris de joie de Marichéri et moi quand on a appris la chose. Le bassin est toujours là, il a servi de piscine aux enfants qui se sont succédés dans la maison par la suite. Il paraît même que le propriétaire du petit requin a enterré son trésor dans le jardin pendant la deuxième guerre mondiale devant l’avancée des troupes allemandes avant de prendre la fuite. Le trésor n’a jamais été retrouvé et attendrait toujours sagement dans le jardin, ou peut être la cave… deuxième salve de cris de joie. Il y a un grenier, avec une ancienne cuve pour l’eau de pluie, un dédale de salles mystérieuses à la cave, des cheminées de partout, des moulures aux plafonds, l’ancien bureau du médecin original qui se prenait pour un méchant de James Bond par anticipation, des carreaux de ciment d’origine, et un boulot monstre pour remettre tout ça en état mais bon…on a adoré.

On a appris beaucoup de choses depuis: le médecin au requin avait également une volière (pleine!) , un écureuil et même un tigre dans le jardin. C’est une gloire locale parce qu’il était chef d’un réseau de résistants. C’est d’autant plus sympa de sa part que ça m’a permis de retrouver une foule de documents sur lui, y compris ses témoignages lors de différents procès en 1945. L’amoureux des requins venait de Belgique, de Charleroi exactement et il a débarqué ici après avoir fini ses études de médecine à Lille en 1938. La légende locale a raison quand elle affirme qu’il a fuit en catastrophe et nuitamment en 1943 pour échapper aux nazis. Son réseau a été dénoncé, il a fait parti de ceux qui ont pu s’échapper. On sait que c’est lui qui a fait construire un autre bassin en forme de pyramide inversée au beau milieu du jardin. Qu’il cachait des aviateurs anglais à la cave. On n’a pas encore osé percer le mur qui ferme l’entrée de la pièce à la cave qui se trouve sous son bureau, mais on a retrouve la trace de l’escalier qui y descendait directement. On a même des témoins qui se souviennent qu’il fallait passer derrière le fauteuil du médecin pour accéder à cet escalier caché et rebouché depuis. On a découvert une source et d’une cuve assez profonde sous la cave et l’entrée d’un souterrain ressortant dans un ancien puit dans le jardin. On a trouvé une cachette dans la première marche de l’escalier. Et une autre dans le plafond d’une chambre au deuxième, avec une planche qui coulisse…il y a aussi les chaussures de bébés qui sont tombées du plafond de la salle de bain et datent de 1936, alors qu’ il n’y avait pas d’enfant dans la maison à cette époque, puisqu’on a pu remonter au propriétaire précédent le docteur du petit requin, un négociant en fourrage qui a fournit l’armée britannique installée ici pendant la première guerre mondiale. Il vivait dans la maison avec sa femme, sa fille, son gendre, la bonne et un ouvrier agricole. Avant lui par contre, on ne sait…mais on cherche, tout en continuant les rénovations!

Alors voilà on n’a fuit pas bêtement brexitland, on avait un projet, des choses à faire, à prévoir, à attendre, de nouvelles envies. Ça nous a permis de ne plus vivre notre départ comme un échec, un renoncement, mais le début d’une nouvelle aventure, qui continue encore après 2 ans. La maison du petit requin n’a pas fini de nous occuper!

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