A little bit of ireland

Comme c’est un jour férié en France, et que Zenopia et moi sommes très occupées avec le lancement du Youpidou’s tag (c’est un swap, j’en ai parlé ce matin ici…n’hésitez pas à nous rejoindre, on va s’amuser!) je me suis dit que c’était le moment de remettre des photos d’Irlande, c’est logique. À peu près. C’est donc à ce moment là que internet m’a lâché, aaargh, coupée du monde pendant plus d’une heure, j’ai cru ne pas m’en remettre. C’était revenu quand on est rentré de l’école, mais pour une raison obscure,  les jolies photos que je voulais vous montrer ont refusé de passer de  l’ordinateur de Marichéri à mon iPad, posé gentiment à deux millimètres et demi plus loin. Je suis restée très calme. Comme à mon habitude. Sh*t de m*rde (c’est culturel, je jure bilingue, d’où les petites étoiles, c’est très anglais).

Enfin bon voilà, quelques unes des courageuses qui ont consenti à faire le déplacement. Je suis parfaitement sereine, je prends cette faille technologique très bien… aaargh, c’est quoi, ce f*cking b*rdel! Je vous ramene sur la plage de Malahide, au nord de la baie de Dublin et dans la presqu’île de Howth ou j’habiterai quand je serais grande (et qu’on aura gagné au loto, plusieurs fois). 

Toutes les photos ont été prises sur une heure de temps, mais le ciel irlandais change très vite. Les locaux soutiennent qu’on a les 4 saisons dans la même journée…ahaha. Pas du tout, il n’y en a que trois. Le printemps avec les giboulées de mars, mais sur plusieurs mois,  l’automne et son humidité chronique et l’hiver qui est assez pluvieux aussi. Mais c’est sublime quand même, non? 

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The youpidoo’s Tag

Ne cherchez pas, le titre ne fait pas de sens au premier abord, mais je vais tout vous expliquer. Ma merveilleuse copine Fedo de Zenopia a eu une idée géniale pour nous remonter le moral à toutes les deux, et à qui veut jouer avec nous. Rassurez-vous même si vous êtes naturellement hilares et guillerets, vous pouvez participer quand même, on n’est pas sectaire. Mais on est un peu tristounette en ce moment toutes les deux, c’est vrai… donc pour améliorer l’ambiance, on vous  propose un petit swap juste avant Noël! Ça fait toujours plaisir d’offrir quelque chose et de recevoir un petit cadeau surprise, non?  

Source 

On n’a pas appelé ça le youpidoo’s tag uniquement parce que ça nous amuse, mais parce que le thème de ce swap, c’est de propager la bonne humeur, youpidou donc, et que c’est en chaîne. A envoie un colis à B qui envoie à C et on continue comme ça, évidemment A recevra aussi un colis du dernier participant de la chaîne  et si on arrive à Z on sera contente! On vous dira à qui vous envoyez vos surprises, mais pas qui vous en enverra, on est taquine comme ça. Et pour que ce soit youpidou, on s’est dit qu’il faudrait mettre dans votre colis une carte avec un gentil petit mot, une gourmandise, parce que ça qui fait toujours plaisir, une boisson (ça peut être un sachet de thé, ou du café en poudre, pas la peine d’envoyer une barrique d’eau de vie ou un pot de lait), et une petite surprise qu’on vous laisse choisir mais qui doit mettre de bonne humeur ou avoir un côté réconfortant. 

Pour participer, c’est tout bête. Il faut s’inscrire avant le 10 novembre en  nous envoyant un mail en passant par le formulaire de contact chez Zenopia ou en cliquant là haut sur l’onglet « me contacter ». On a besoin de votre identité (nom, adresse postale, adresse e-mail) ainsi qu’un petit descriptif de vos goûts (ce que vous détestez niveau alimentaire/boisson/couleur et vos allergies éventuelles…) et si vous êtes prêtes à envoyer un colis à l’étranger (je rappelle que Fedo est en Belgique et moi en Angleterre) . On vous enverra une confirmation de votre inscription et les informations concernant la personne à qui vous devez envoyer vos surprises. La date limite pour poster les colis est le 10 décembre. 

Et voilà! Si ça vous dit venez jouer avec nous, ça nous fera plaisir… Youpidou! 
 

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Trick or treating! 

Je rentre d’une heure et demi de marché forcée dans tout le quartier en compagnie d’une mariée zombie, d’une pirate zombie, de Harley Quinn version bonsai et d’un chevalier qui a refusé de mettre son déguisement qui fait peur parce qu’il voulait plutôt faire le knight. Il a aussi insisté pour traîner son épée en mousse. Ça n’a pas loupé…Au bout de trois maisons, je me suis coltinée l’épée. Ça n’allait pas du tout avec mon déguisement de sorcière. Et non je n’étais pas  la seule adulte déguisée, on a croisé un cheval, deux  fantômes, plusieurs squelettes, un dumbledore et deux Voldemorts. Adultes donc. Ahaha. 

Je n’ai pas vraiment pu prendre beaucoup de photos, WizzBoy a été très énergique, une fois qu’il a compris le principe de trick or treat. Mais j’avais tout prévu, ce matin en l’amenant à la preschool. Je me suis même essayé au noir et blanc dans le cimetière. 

  
  

  
  

  
   

   
  
 

Happy Halloween

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Sunny Monday: Halloween Special

Dernière semaine en Bordeaux, pour le rendez-vous ensoleillé de Bernie…j’avoue que ça comme à devenir un challenge cette couleur! Heureusement je suis aidée par l’actualité…c’est Halloween! Ça ne saute pas aux yeux, mais mon grand couteau pour trépaner la citrouille est bien Bordeaux. Pour la peine, je vous ressers aussi mes explications limpides sur les origines des Jack o’ lanterns. Je  rappelle (ça va, vous ne saturez pas trop? ) que Halloween n’est pas une fête commerciale américaine, mais une tradition celte multimillenaire. Et bien, vous allez rire, il n’y avait pas de citrouille à la préhistoire sur les îles britanniques. Mais les celtes préhistoriques creusaient déjà des légumes, des racines comme les betteraves surtout et y façonnaient des têtes monstreuses pour faire fuir les mauvais esprits lors du Samhain ou Shamhan (Halloween en gaélique), il y a plus de 2000 ans.


Et voilà tout à coup que les romains débarquent en Angleterre (à Colchester d’ailleurs, qui était la capitale). On ne dira jamais assez tout le mal que les romains ont pu faire. Certes, ils ont légèrement massacré la population locale qui refusait bêtement de se laisser conquérir civiliser, fait cramer un ou deux ou des centaines de druides, trucider la reine Bouddica… Mais surtout, ils ont amené avec eux des navets. Franchement, introduire sauvagement un légume aussi insipide que ça, sans aucun égard pour les tribus locales…enfin bref, les celtes anglais ont trouvé les navets romains tellement indigestes (on les comprend), qu’ils se sont mis à y creuser leurs têtes de monstres pour Halloween. 

Ces figures légumières ne s’appellaient pas encore Jack o’ Lantern, et elles n’étaient pas éclairées. Il faut attendre pour ça les tribulations d’un certain Stingy Jack (Jack le radin). Ce méchant bonhomme viendrait des alentours de Limerick, en Irlande. Jack, qui avait des idées bizarres quand même, invite le diable au pub. Comme ça, en toute intimité. On se demande bien pourquoi. Mais au moment de payer, Jack refuse et suggère au diable de se transformer en piece de monnaie pour régler lui-même la note. Soit Jack est sérieusement bourré et a des hallucinations, soit le diable n’est pas très futé. Parce qu’évidemment, Jack ne paie pas. Il empoche la piece-diable qu’il dépose sur une croix en argent pour empêcher le diable de reprendre sa forme première. Cela dit le pauvre garçon est aussi assez simple. Il finit par libérer le diable en lui faisant promettre qu’il ne viendra pas embêter Jack pendant un an et qu’il ne le laissera pas aller en enfer après sa mort. L’année suivante, toujours pour Halloween, le diable revient pour se venger, mais il est décidément complètement crétin puisqu’il se fait encore avoir. Jack l’envoie en haut d’un arbre. Ben tiens. Pendant que le diable fait le singe dans son arbre, Jack sculpte une croix dans le tronc et cet imbécile de diable se retrouve coincé pour 10 ans. 

Finalement, Jack meurt pour Halloween, c’est fou les hasards du calendrier quand même. Le diable tient parole lui, et ne le veut pas en enfer, mais Dieu le refuse aussi au paradis. Ça va pas non, une espèce de voyou radin et menteur comme ça? Du coup, Jack est condamné à errer éternellement sur terre, avec seulement un morceau de charbon incandescent pour s’y retrouver. Il est donc à l’origine des légumes illuminés, notamment les navets, qu’on appelaient au départ des Jack of The lantern. Mais allez creuser un navet, ce n’est pas uniquement traditionnel, c’est surtout sportif. Le navet est traitre et refuse de se laisser vider sagement. Les irlandais qui ont émigré en masse en Amérique au 18 et 19 eme siecle sont alors tombés sur des espèces de gros machins ronds et oranges déjà à moitié creux. Ils ont donc décidé de laisser tomber leurs navets récalcitrants et de creuser les Jack o’lanterns dans des citrouilles. C’est beaucoup plus facile. Tellement que c’est maintenant la tradition aussi ici.

Happy Halloween,  sásta Oíche Shamhna! 


You can find another burgundy picture on Mrs PineCone.

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My own ABC #43

On va commencer les M parce que ça va bien comme ça, j’en ai marre des L, ce qui est un très bonne raison pour passer à la suite. 

M comme…

Mummy, mum, mom…forcément avec 5 enfants, je ne pouvais pas y échapper. Sauf que si, justement parce que je refuse qu’ils m’appellent mummy ou mum. C’est maman, même quand on parle en anglais. Ils ont tous essayé à un moment ou à un autre, pour faire comme les copains et copines, mais je ne céderai pas. Je déteste aussi cette manie horripilante qu’ont les anglais, notamment le personnel de santé, d’appeler mum n’importe qui qui a visiblement pondu. J’ai un nom, merci, je ne suis pas uniquement un utérus sur pattes. À défaut, dites Mrs, ou même Thingy, mais pas mum. 


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Mayfair: c’est un petit quartier de Londres, coincé entre Hyde park et la City connu pour être bourré d’argent. Entre les ambassades, les boutiques de luxe, les fonds d’investissement, les palaces et les hôtels particuliers qui ne coûtent pas un rein mais une tonne d’abats en même temps, c’est assez coquet. Ce qui est amusant, c’est que jusqu’au dix septième siècle, c’était des champs sur lesquels on organisait une espèce de foire aux bestiaux, tous les ans en mai, d’où le nom. Bref, je ne veux pas critiquer, mais Mayfair, c’est un truc de bouseux en fait, et toc. 


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Mary Stuart, reine d’Ecosse: la petite Mary était précoce, puisqu’elle est devenue reine en 1542 à l’âge de 6 jours, il faut le faire. Ça n’a pas eu l’air de l’intéresser plus que ça, surtout qu’elle a passé toute son enfance à la cour de France, en attendant d’épouser le dauphin François. C’est un chouïa glauque. Ça fait limite élevage royal. On les parque en attendant qu’ils soient en âge de se reproduire et paf en 1558, on les marie. En plus, François devient roi de suite, donc Mary est aussi reine de France, youpidou, mais ça ne dure pas. François était visiblement de mauvaise qualité, il s’use de suite et meurt en 1560. C’est pas malin. Pour se remettre de ses émotions, cette pauvre Mary décide d’aller faire un tour en Écosse, après  tout, elle y est toujours reine, autant aller voir à quoi ça ressemble. Elle débarque en 1561 et pour s’occuper elle épouse un certain Henry Stuart. Mais elle le trouve rapidement désagréable. Manque de chance, Henry est plus costaud que François  impossible de s’en débarrasser. Il faut attendre 1567 où par un malheureux concours de circonstances totalement indépendant de la volonté de Mary, la résidence de Henry prend feu bêtement et tout est détruit, lui y compris. Il faut avoir l’esprit mal tourné pour dire qu’il aurait été assassiné par le petit James, earl of Bothwell. Le fait que James épouse Mary aussitôt est un pur hasard qui n’a strictement aucun rapport avec l’accident de Henry. Un peu de sérieux…franchement , la vie de Mary,  ça tourne à la télénovelas…sauf que non en fait, c’est une tragédie. Mary a aussi une cousine légèrement acariâtre et rancunière. Mary et James sont renversés et elle doit ceder sa couronne à son fils (James Stuart, qu’elle a eu avec Henry. C’est confus cette famille recomposée, ils s’appellent tous pareil en plus) qui devient donc roi d’Ecosse à l’âge canonique d’un an. Mary, qui est soit extrêmement naive soit totalement stupide se réfugie chez sa cousine, une certaine Lizzie Première. Non parce que Mary étant catholique, il se trouve que ses coreligionnaires la considèrent comme la véritable reine d’Angleterre, et tiennent sa cousine  pour une usurpatrice. Vous allez rire, ça n’amuse que  très moyennement Lizzie qui place Mary en résidence surveillée pendant 18 ans, et puis elle finit par se lasser et lui coupe la tête, qu’on en parle plus en 1587.

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Miranda: c’est une série de la BBC avec Miranda Hart. C’était absolument hilarant au début, en 2009, mais la dernière saison est assez niaise. Ça raconte la vie d’une inadaptée sociale totale, qui se retrouve toujours dans des situations débiles dont elle ne sait pas se sortir, et elle n’est pas aidée par son entourage, tout aussi loufoque et excentrique qu’elle. Ça me plaisait bien, avec un humour très anglais. Et puis paf, ça a dégénéré  en bluette dès qu’on a collé un « lové interest » à cette pauvre Mirande, c’est dommage.


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Mince pie:  un grand classique des tables de Noël anglaises qui date du 13 eme siècle. L’idée de mélanger de la viande hachée, des épices et des fruits auraient été ramenée des croisades par des chevaliers désireux de conserver autre chose que la peste ou le choléra de leur petit voyage touristique. Et c’est moins encombrant qu’un coquillage peint souvenir de Tunis. Les mince pies font partie de l’histoire anglaises, elles ont même symbolisé les répressions envers les catholiques quand elles ont été interdites pendant la guerre civile. Les puritains les trouvaient outrageusement décadentes et papistes, on se demande pourquoi.

Les mince pies traditionnelles sont farcies de 13 ingrédients, en référence aux 13 apôtres, avec donc de la viande hachée sucrée, c’est assez particulier. Aujourd’hui, on trouve des préparations toutes prêtes pour mince pie, avec ou sans viande. Mais vous pouvez les faire vous-même. Après une enquête extrêmement sérieuse auprès d’un échantillon représentatif uniquement de mes copines, je suis en mesure d’affirmer qu’il n’y en a pas deux qui mettent la même chose dans leur mince pies. Certaines mettent bien du bœuf haché, d’autre du mouton. Beaucoup préfèrent une version juste aux fruits, avec des pommes, des oranges, des raisons secs, même des abricots secs et des amandes. Mais le principe est toujours le même, il faut rajouter autant d’épices que vous voulez, bien sucrer et alcooliser, avec des décorations sur le dessus, des petits sapins, des étoiles, même des pères Noël et de rennes pour les plus artistes. Je vois mets une recette de BBC goodfood ici si ça vous tente.

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Project 52 II #43

Cette semaine, Ma’ a choisi « maison ». J’ai déjà mis plein de petits bouts de notre maison, ça devient lassant. Du coup, j’ai eu l’idée de vous montrer une photo de notre toute première maison à deux, il y a tout juste 20 ans en Irlande. Enfin, notre deuxième maison, impossible de retrouver la première, où on est resté que quelques semaines. Elle a peut-être été détruite. Il faut dire qu’il n’y avait de l’électricité que dans une pièce, la salle à manger, c’était très peu pratique. On cuisinait avec une bonbonne de gaz et la peur de tout faire exploser. On se gelait, surtout dans la  salle de bain polaire, c’est là que j’ai appris à me laver les dents sans enlever mes moufles. Un pur bonheur. Revenons à la photo. Elle date de cet été et elle n’a strictement aucun intérêt, à part pour nous. Des maisons comme ça en Irlande et en Angleterre, il y en a des centaines de milliers. C’est comme dans Astérix chez les bretons, la description de la maison ne suffit pas pour la trouver!  Il y a des rues entières de maisons totalement identiques, en plus les briquettes sous la pluie, ça devient vite déprimant…cela dit à l’intérieur, c’était plus pimpant. On avait de la moquette bleue foncée à grosses fleurs multicolores dans le salon assortie merveilleusement à du papier peint bleu à rayures blanches en bas des murs et blanc à rayures bleues (non, ce n’était pas du tout le même) en haut, de la moquette vert pétant dans une chambre, du papier peint à gros noeuds dans la notre avec les rideaux assortis, des moulures et des frises de partout, tout ça dans une petite 3 bed semi. C’est à dire une maison mitoyenne avec 3 chambres. Enfin, 2 chambres et un placard à balais, la box room qu’on retrouve dans beaucoup de maisons ici,  mais comme il y a une fenêtre les agents immobiliers considèrent que c’est une chambre alors qu’on peut à peine y caser une chaise. 


À notre époque, il n’y avait pas d’antenne satellite, et la voiture garée devant était française, c’était l’attraction touristique du quartier. Il y avait aussi un buisson au milieu du carré de pelouse devant, jusqu’à ce que je tonde dessus par inadvertance (d’ailleurs on rangeait la tondeuse et les conserves dans les toilettes, par manque de place). Notre premier contrat de location a été fait sur une serviette en papier, où la proprio avait écrit l’adresse, le montant du loyer, son nom et les nôtres. C’était cool. On y est resté presque trois ans. On habitait là quand on s’est marié.  La fenêtre en haut à gauche, c’était la première chambre de L’Ado. Il a passé son premier été à ramper sur une couverture posée sur le carré d’herbe (le jardin derrière était plein nord, on pouvait faire pousser des icebergs). Il a fait ses premiers pas tout seul dans l’allée (il avait vu un chien)…il n’y a pas à dire, je préfère notre grande maison de maintenant! 

After this mind blowing picture, if you want to see the first house we brought it’s on Mrs Pinecone.

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Friday feelings #84

Vous ne vous attendiez pas à ce que je sois en avance alors que les enfants sont en vacances quand même? Même L’Ado est là et ronfle allègrement, puisqu’il n’a jamais cours le vendredi, ce que les autres trouvent scandaleux. Il n’y a que WizzBoy qui est très contrarié d’être en vacances, il réclame la preschool tous les jours. Bruyamment. Enfin bon, c’est parti pour les états d’esprit du vendredi de Postman et Zenopia. J’ai inversé le sens, pour replacer que Zenopia m’a proposé de préparer un petit truc sympa pour nous remonter le moral et pour Noël (c’est deux en un), et que c’est une idée géniale. Je ne dis pas ça parce que c’est une copine mais je suis ravie qu’elle y ait pensé, on en discute toutes les deux  et on vous tient au courant. 

10h12

Fatigue: vacances scolaires. 

Humeur: pareil. Enfin,  non toujours noire, mais je sens venir un changement…Après des semaines et des semaines  à m’agiter du clavier pour exprimer ma colère et pour essayer à ma petite échelle de faire bouger les choses (comme des milliers d’autres, britanniques et européens ensembles qui pétitionnent et écrivent inlassablement aux députés et autres élus) je me lasse. C’est fini, la Grande Bretagne peut couler, ça ne m’intéresse plus,il n’y a rien à tirer de ce ramassis de fachos débiles. 

Estomac: caféiné quand même. 

Condition physique: grognon. Si, si, c’est une condition physique, vous me verriez affalée sur mon canapé, mes petits doigts boudinés tapotant comme des puces éméchées sur l’iPad, les cheveux droits sur le tête, de contrariété parce que j’ai parlé du brexit au dessus, l’air aimable d’un cancrelat constipé… c’est tout à fait ça, j’ai la condition physique grognon. 

Esprit : boooh! (Ben oui, c’est bientôt Halloween quand même!)

Boulot: pfff…

Culture: ah, non. La culture a déserté ce pays. Je crois que c’est définitif. Je rappelle que les experts, les intellectuels, les universitaires et les gens qui savent lire sont les ennemis du gouvernement qui ne les laissera pas exprimer leur légers doutes. C’est officiel. 

Message perso: bonne route! 

Avis perso: je ne comprends pas pourquoi le gouvernement verse des millions à Nissan pour qu’ils ne quittent pas la Grande Bretagne, alors qu’on sait qu’on n’aura pas besoin des industriels étrangers pour survivre après le brexit puisqu’on exportera des confitures innovantes dans toute l’Europe (bon par contre, on ne produit pas de cane à sucre ici. Ni beaucoup de fruits non plus, mais c’est pas grave). C’est la ministre en charge du commerce extérieur qui l’a dit. Elle a insisté sur le côté innovant.  En plus, on va vendre des côtelettes d’agneau aux américains aussi (alors que l’agneau qu’on trouve en supermarché ici vient de Nouvelle-Zelande, mais c’est un détail) . C’est le ministre en charge du brexit qui l’a dit. Ou alors, c’est leur liste de courses? Ils vont se faire une bouffe ensemble ? Non parce que des côtelettes et de la confiture, c’est limité quand même comme politique économique. 

Divers: en plus ça ne va pas forcément ensemble. Côtelettes d’agneau à la confiture de fraise…beuh, même L’Ado n’en voudrait pas. Attendez, j’ai oublié le côté innovant…confiture d’agneau au côtelettes de fraises, et toc!… non, ça ne va toujours pas le faire, j’ai toujours des nausées. 

Loulous: L’Ado s’adapte bien à sa nouvelle vie étudiante et finalement le commute, c’est fun. Par exemple hier, il est arrivé avec deux heure de retard en cours, ça lui a permis de louper linguistique comparée, il en était très content. En plus c’est parce que son train a été arrêté à mi chemin et évacué le temps que les pompiers dégagent  un type bourré qui s’était coincé dans les toilettes. Il a trouvé ça hilarant (L’Ado, pas le type bourré. Pour lui, on ne sait pas). GeekAdo me surprendra toujours, il a fait une liste de ce qu’il veut à Noël. Des livres. Steinbeck, Orwell, Harper Lee. Cet enfant est bizarre quand même… Les filles se préparent pour trick or treat lundi. Cette après midi, on creuse la citrouille. WizzBoy à qui on a expliqué la chose refuse de se déguiser. On verra ça sur le moment.

Love: on est grand, on a 20 ans (pas 20 ans de mariage, on a quand même attendu quelques mois avant de se marier. Pas beaucoup cela dit….c’est logique on était tous les deux profondément contre le mariage avant de se rencontrer)

Amitié: après tout, celles qui sont parties ne devaient pas vraiment être des amies…et est-ce que j’ai vraiment envie d’être amie avec des gens à la limite de la xénophobie? 

Courses: ahah, on attend une commande spéciale en direct de Landes, on ne va pas se l’aider abattre. Le canard, c’est la vie. Coin. 

Envie de: la liste est longue. 

Sortie: on est sorti mercredi. J’en suis très contente. 

Pic: je dirais donc quelque part plus haut, c’est bientôt Halloween. C’est notre Jack o lantern de l’année dernière.


11h09

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Thursday thunder: Citizen of nowhere 

Parmi le monceau d’âneries journalières que nous balance notre grand leader Theresa May, il y a eu sa désormais célèbre maxime ‘if you believe you are a citizen of the world, you are a citizen of nowhere’, si vous croyez être un citoyen du monde, vous n’êtes un citoyen de nulle part. Je passe sur la pauvreté linguistique de la chose, parce que pour quelqu’un qui est connu pour répondre inlassablement à tout « brexit means brexit » c’est un progrès. Déjà, il y a plus que 3 mots. Pardon je suis injuste,  elle a aussi un autre best seller: la volonté du peuple… hop, 4 mots d’un coup. Bonjour Theresa, ça va ce matin?  brexit means brexit! Ok…tu veux un café? La volonté du peuple! Aaah, et sinon, tu pars en vacances à Noël? Brexit means brexit. C’est fou, la pauvre femme a plus de paires de chaussures que de vocabulaire. Mais bon, même quand elle réussit une phrase plus longue, ça ne fait toujours pas de sens. Je ne veux pas critiquer, mais le monde ce n’est pas nulle part au contraire, c’est partout. Ou alors, le gouvernement va nous sortir une politique anti martiens? C’est vrai, ils exagèrent ces extra terrestres à venir piquer le job des honnêtes chômeurs anglais xénophobes qui refusent de bosser. J’ai confiance, on va avoir droit à un visa pour les martiens. Vu que les ministres brexiters puisent directement leur inspiration dans le Sun, ça ne devrait plus tarder. On veut bien des martiens médecins, mais que jusqu’en 2025. On fera des exceptions pour les martiens banquiers ou constructeurs d’ovni, mais pas plus. 


Source 

J’avoue qu’avant que la grande prêtresse Theresa, étoile polaire de la pensée rétrécie nous en parle, je ne m’étais jamais penchée sur la question de citoyenneté du monde. Juste comme ça, sans penser à mal, je suis allée voir qui s’est déjà déclaré dans un discours à un moment ou un autre, citoyen du monde, c’est à dire crétin fini donc d’après notre grand soleil de la nation (je suis tombée sur la liste des titres de Kim Jung-il en Corée du Nord, je peux en faire plein des comme ça, je m’amuse d’un rien). On a donc d’un côté Theresa May, Boris Johnson (lui même bi-national d’ailleurs) et une poignée d’adhérents tories sont l’état de déliquescence cérébrale est une insulte au nom de leur parti (les conservateurs) et de l’autre d’horribles citoyens du monde ridicules, comme Nelson Mandela, le Dalaï Lama, Bill Gates, Einstein… bref de sombres ignares probablement dangereux. En plus ils sont partout (c’est logique). Même aux nations unis qui ont créé une récompense baptisée citoyen du monde et qui a déjà été remise à d’affreux internationalistes comme Bill Clinton, Pelé, Angelina Jolie ou Richard Branson (qui est britannique, tiens…). C’est fou! Heureusement que le rayon lumineux de la montagne Ben Nevis (Ben oui, j’adapte à la géographie locale…en même temps, le Ben Nevis est en Écosse, ça ne va pas le faire longtemps comme titre pour Theresa May) va leur expliquer qu’ils sont idiots. Que le manifeste d’un parti qui s’enfonce allègement dans le fascisme,  c’est autre chose que la déclaration d’une convention qui prétend defendre la paix, l’environnement, l’éducation pour tous et qui veut promouvoir la démocratie. Ahaha. Elle ne va pas discuter avec des gens qui affirment que les êtres humains sont égaux quelque soit l’endroit où ils sont nés alors qu’elle sait bien que c’est faux, les anglais, les constructeurs automobiles et les fabriquants de confiture sont évidemment supérieurs, voyons. 

Sérieusement, chère Theresa, il faut que  je vous remercie. Avant je ne savais même pas que j’étais une migrante, c’est vous qui me l’avait appris. Je croyais que j’étais juste une personne lambda, comme mes voisins mais pas du tout. Mais surtout je n’arrivais pas à comprendre pourquoi certains dans mon pays d’origine étaient aussi contrariés par les expats que vos supporters le sont par les immigrés. Ahaha. Et bien tout ça, c’est lié. C’est bien sûr parce que je suis une citoyenne de nulle part. Je suis de culture Franco britannique, avec des racines françaises dont je suis très contente certes, mais effectivement je n’éprouve aucun attachement pour mon passeport français. C’est juste un bout de papier qui me permet de voyager. Je ne considère pas non plus qu’être née par hasard quelque part me donne une supériorité quelconque sur des gens nés par hasard ailleurs. Quand je vois les guerres, les haines, et le racisme au quotidien, j’avoue que tout ce qui s’approche d’un nationaliste triomphant, excluant, puant, et totalement débile me donne envie de vomir. Quand je vois les connards du BNP (British national party) ou de l’EDL (ça n’a rien à voir avec de l’électricité,  d’ailleurs il n’y a rien de lumineux chez eux, c’est English défense league) qui défilent avec leurs drapeaux anglais et leurs croix gammées, je suis malade. Quand  je vois votre définition de la citoyenneté, chère Theresa May  (plus grande incarnation de la revolution brexiteuse…j’adapte encore, mais ça sonne bien non?), je peux affirmer que oui je suis une citoyenne de nulle part. Et j’en suis fière. 

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(Quite) a few years ago…

Ce n’est pas trop la joie en ce moment, on ne peut pas dire que j’ai le moral. Je m’énerve toute seule à rabâcher à cause de ce fichu brexit qui a foutu en l’air notre avenir et celui de nos enfants. Enfin non, qui a foutu en l’air nos plans mais on va en faire d’autres, dès qu’on y verra plus clair. Après tout, ça fait 20 ans qu’on s’adapte, et on s’en sort à chaque fois, entre les grossesses intempestives (on avait prévu de faire un seul gamin, vers trente ans. On l’a fait, entre autres…), les changements de pays, et tout ça…


Il y a un peu plus de 20 ans, en rentrant du Mexique et avec l’idée d’y repartir rapidement, j’ai commencé un boulot en région parisienne, pas un truc génial mais ça occupe. On était tous à peine sortis de l’université là dedans (ou de l’école de commerce), il y avait une ambiance assez cour de récré. Avant la fin de la première semaine de formation, on a vu débarquer un espèce de geek géant à lunettes qui a commencé à nous expliquer des histoires de statistiques incompréhensibles. Le pire, c’est que ça avait l’air de l’enthousiasmer, lui. On était assis, il était debout 15 mètres plus haut. Bon. Le lundi suivant, après m’être emmêlée dans les horaires du RER, j’ai débarqué avec une demi-heure d’avance. Par la suite j’ai réitéré la chose volontairement, parce que le lundi, on avait droit à des croissants gratuits à la machine à café, mais il fallait arriver tôt pour qu’il en reste. Je suis tombée sur le géant statisticien et son pote, un petit rondouillard (hello, L.!!!) il paraît que tout le monde les surnommait Laurel et Hardy… Euh…avec quand même 20 ans de moins, mais bon. Bref on a pris café et croissant ensembles, on a discuté et on a bien ri. On a recommencé tous les trois tous les lundis matins. Et on s’est retrouvé d’autres matins juste pour un café, à cause de ma peur pathologique d’être en retard. Finalement, il est assez sympa, le geek géant. Voilà. Voilà. 

Il s’occupait aussi des vacances. J’ai eu besoin d’un jour, je suis allée le voir. Je maintiens qu’il a fait exprès de me dire de m’assoir alors qu’il n’y avait pas de chaise (à part la sienne). Forcément, je ne pouvais que me percher sur son bureau. Non?  Ça nous a permis de nous parler à la même hauteur d’ailleurs, pour la première fois. Il est vraiment sympa ce garçon.  Voilà. Voilà. J’ai eu besoin d’aide pour un projet, une sorte d’étude de concurrence avec des stats. Je me suis dit que ça devait être son truc. Ça l’était. On a bien ri, à se moquer des autres qui n’y comprenaient rien (oui, je ne suis pas geek mais bon, j’aime bien les maths aussi. Étudiante je faisais du calcul matriciel pour me détendre…). Il n’y a pas à dire, il est vraiment extrêmement sympathique. Voilà. Voilà.

Comme on était donc toute une bande à peu près du même âge, à partir tous en Irlande pour le boulot qui était notre premier emploi, on était toujours en mode étudiants en fait,  on se retrouvait le week-end, on faisait des fêtes. Il paraît qu’une fois,  j’étais un peu éméchée, mais je ne vois pas. Et le geek sympa est arrivé à ce moment là. Il a passé la porte et j’ai su que je ne repartirai pas au Mexique. Ça tombe bien, il s’est à peu près dit la même chose en même temps, Mexique en moins. Voilà, voilà….je vous laisse, ce soir on laisse les 5 gamins à la maison sous la tutelle de L’Ado, on sort pour fêter ça. 

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Halloween story

Je me rends compte que je suis en retard cette année. D’habitude, je vous assomme avec Halloween dès le début d’octobre mais là rien. Il faut dire aussi que depuis que la Wicked Witch est à la tête du pays, ça casse l’ambiance. On cauchemarde en continu depuis le 23 juin, du coup c’est pas facile de jouer à se faire peur. Mais bon, comme tous les ans, j’ai quand même eu droit à des cris horrifiés: Halloween, c’est américain et commercial, beurk, pas de ça chez nous ma bonne dame, vade reto Halloween. Ahaha, déjà c’est remarquable autant d’ouverture d’esprit. C’est sûr que dès que quelque chose vient d’ailleurs et qu’on ne le connaît pas du tout, il vaut mieux s’en tenir à des préjugés basés sur une ignorance totale de la chose et tout rejetter en bloc. Ou alors, on peut essayer de se détendre un peu et de s’amuser, c’est bien aussi, surtout que je le répète, Halloween est une fête traditionnelle irlandaise multi millénaire. Ce n’est pas américain. Halloween est arrivée là bas dans les bagages des irlandais qui y ont émigré en nombres. Et franchement, il y a trois milles ans, il y avait très peu de supermarchés qui profitaient des festivités pour essayer de refiler lâchement des masques de Dracula en plastique à 50%. C’est fou non?  Bref, je vous propose, encore une fois de revenir aux sources d’ Halloween, c’est autre chose que ce qu’on en voit dans les mauvais téléfilms. 


Halloween, ou  Samhain pour reprendre son nom d’origine en gaélique,  c’est quoi? Déjà, ça commence fort, j’ai appris avec ravissement que alors que beaucoup dont Wikipedia croient que Samhain était le dieu des morts pour les celtes, pas du tout, espèces de petits ignares non druidiques (druidesques?), ça veut dire fin de l’été, ou début de l’été. Et les druides d’aujourd’hui trouvent la chose d’une logique implacable, puisque figurez-vous que quand l’été finit ici pour les simples mortels non initiés que nous sommes (en tout cas, pour moi, après tout, je ne sais pas pour vous…si ça se trouve, il y a des tas de druides ou neo-païens selon le terme officiel derrière leur écran en ce moment, prêts à venir m’attaquer à coup de menhir…), l’été donc finit ici en même temps qu’il débute dans l’underword, le monde souterrain des esprits maléfiques (je vous sens bluffés, là non? De là à dire que les Australiens ne sont rien que des farfadets et autres fantômes rigolos….bon, je m’égare).

Le 31 octobre était ainsi fêté un peu comme le premier de l’an maintenant. On célébrait la fin des travaux des champs, le retour des troupeaux dans les étables et tout ça. On se préparait pour essayer de passer un hiver tranquille, sans que les méchants esprits, les fées malignes et autres joyeusetés (les Aos sí…aucune idée de la prononciation, mais il y a bien un joli accent sur le « i »), probablement désœuvrés puis qu’apparemment pour eux c’était les vacances d’été ne viennent embêter les gentils humains innocents. Parce que le 31 octobre, des espèces de passages comme de vulgaires portillons, s’ouvraient pour laisser passer les Aos sí , l’air de rien, au milieu des gens normaux. C’est traître quand même un mauvais esprit….(d’ailleurs, pourquoi parle-t-on toujours des mauvais esprits? Il doit bien y en avoir de gentils aussi quand même. Je trouve ça carrément sectaire), ça voit une porte ouverte et hop, ça se jette dans le monde des vivants, sans même avoir été invité. Quel malappris! Du coup, on leur déposait des offrandes (les treats) pour qu’ils retournent soigner leurs indigestions de sucre chez eux (c’est vrai, quand on est ballonné, on profite moins de ses vacances et on a qu’une envie, rentrer à la maison). On essayait de leur faire peur en se déguisant soi-même en esprit encore plus méchant, ou pour réciter des sortes de prières de protection en passant de maisons en maisons. Bref la tradition du « trick or treat » n’est ni nouvelle ni commerciale. Je dis ça sans insister lourdement bien sûr.

Tant qu’on y était (chez les celtes, on est comme ça, on ne va pas gaché une fête juste pour un truc, autant s’en servir à fond), on célébrait les ancêtres, surtout qu’on ne sait jamais, si ça se trouve la grande tante Aoife (ça se prononce Ifa) ou le grand père Darragh (c’est sobre, ça se dit juste dara) sont peut-être devenus des esprits eux-même, autant essayer de leur faire plaisir…les esprits des morts étaient donc très gentiment invités à participer aux festivités (ben oui, eux aussi pouvaient passer par la porte ouverte, ça devait se bousculer là dedans, entre les méchantes fées, les arrières grands-parents sans compter les cousins oubliés…une vraie pagaille. La gare de Liverpool Street à Londres aux heures de pointe, c’est calme en comparaison). On faisait des repas pas possibles, dans la joie, la bonne humeur et les vapeurs des ancêtres. On allumait de grands feux de joie, pour faire fuir les ignobles Aos sí, et purifier l’atmosphère pour survivre à l’hiver (je rappelle qu’on parle de trucs vieux de plus de 300p ans. On avait une vie paisible à l’époque, si on ne se tapait pas un petit virus désopilant, style choléra, c’est qu’on se faisait embrocher gentiment par la tribu d’à côté). La tradition a été reprise par les chrétiens, et ça nous donne la Toussaint.
Bref, c’est vous qui voyez, mais je préfère les bonbons d’hallowe’en aux chrysanthèmes imposés. Et je préfère aussi être invitée à une fiesta sympa par mes arrières-arrières petits-enfants après ma mort que de recevoir des fleurs (ce n’est pas parce que je n’y crois pas que je ne peux pas apprécier l’intention, non?). Cela dit, à titre préventif, au cas où des neo-païens me liraient et se sentiraient un tantinet énervés par mes explications pourtant limpides, je rappelle que je connais très bien une grande prêtresse druidique (elle est comptable dans le civil, comme quoi…), et qu’elle me trouve très sympathique, elle!

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