Project 52#12

Cette semaine, Ma’ nous propose correspondance, et on a hésité entre celles des trains et celles des postes…comme Maricheri garde encore de très mauvais souvenirs de ses commutes, ses trajets en train tous les jours pendant 11 ans entre Londres et Colchester, on a préféré la deuxième solutions. Vous avez la machine à écrire pour faire votre correspondance, les tampons et même le téléphone pour joindre un correspondant. Le tout éclairé avec une lampe à pétrole bien sûr. C’est moderne!

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Friday Feelings #156

Je n’ai pas pu faire les états d’esprit de Zenopia et Postman avant parce que Maricheri et moi étions coincés en pleine réunion de chantier extrêmement houleuse avec un sous fifre d’une certaine mauvaise foi, dépêché par l’entrepreneur. Je suis très calme, mais je déteste qu’on se fiche de moi, et Maricheri aussi. Le pauvre homme est mal tombé. Entre Maricheri qui fait 6m08 et est très, mais alors très ferme quand on le prend pour un imbecile, et l’excitée à côté qui a l’air d’une pauvre petite femme sans défense jusqu’à ce qu’on l’énerve, il a passé un mauvais moment. Je ne veux pas critiquer, mais ça aurait aidé sa cause si il était resté poli, lui. Bref, il est reparti sans son chèque de fin de chantier, puisque le chantier n’est pas fini et après une leçon de vocabulaire. Tout va bien. Grrr.

Fatigue: je ne sais pas, je suis remontée comme un chihuahua enragé! Taïaut.

Condition physique: hérissée, et je ne parle pas que de mes cheveux.

Estomac: ça m’a donné faim tout ça…

Esprit: incendiaire

Humeur: pareil

Boulot: pour être pris au sérieux, il vaut mieux éviter de raconter d’énormes bobards. Oui, je sais, c’est limite hors sujet dans cette rubrique, mais je suis encore contrariée.

Culture: je suis tombée par hasard (j’ai ripé sur la télécommande en voulant éteindre alors que c’était sur Gulli, c’est dire le hasard) sur Talons aiguilles. Certes on l’a quelque part en DVD (je suis une fan inconditionnelle de Almodovar depuis au moins 25 ans, et j’ai converti Maricheri et L’Ado qui fait râler son père parce qu’il n’a pas besoin des sous-titres) mais ça fait toujours plaisir de le revoir. GeekAdo qui passait par là en route vers la cuisine pour préparer son goûter de 22 heures (indispensable à tout ado qui jeûne depuis 2 heures) a jeté un œil paresseux: c’est space ton truc. Petit béotien.

Avis perso: c’est une mauvaise idée de mettre en relation avec les clients quelqu’un qui ne sait pas se tenir, je dis ça comme ça. C’est aussi moyennement intelligent d’insulter ceux qui vous paient, surtout qu’on a l’esprit vif et le sens de la répartie d’un mérou en décomposition.

Message perso: on n’a pas eu le temps d’en reparler la dernière fois, mais tu viens quand tu veux.

Loulous: L’Ado arrive dimanche, il est en vacances. Il est tout content, il a fait ses premières interviews télé…bon d’accord pour la chaîne de l’université, mais c’est un début. On a eu droit à une photo, où il a l’air particulièrement éveillé derrière son micro. J’espère que les interviewés étaient plus dynamiques que lui, sinon ça a du être assez soporifique, comme reportage (je fais ma maligne, mais évidement, j’étais toute émue de voir mon bébé en presque journaliste). GeekAdo s’est perdu. Entre l’arrêt de bus et le lycée juste en face. En tout cas, c’était sa seule explication pour justifier son retard, bien sûr, et elle s’appelle comment? Non, mais pffrrr, bzzrrg. KnightyDiva a découvert avec joie que le collège monte une comédie musicale pour la fin de l’année. Elle s’entraîne donc à pleins poumons pour l’audition. Youpidoo. PrincesseChipie se cherche toujours un sport…en attendant, elle continue à faire la prof d’anglais à la place de son instit. Wizzboy a eu droit à un spectacle sur les animaux de la ferme. On s’éclate en maternelle. Il a été tout surpris, les animaux ne parlent pas pareil en France et en Angleterre. Il a testé sur Capucine mais elle fait toujours le même bruit qu’avant.

Amitié: il me tarde (expression toute à fait correcte, ce n’est pas ma faute si Maricheri n’y connaît rien on ne le dit pas au dessus de la Loire) d’en rencontrer enfin irl.

Love : il y a longtemps qu’on n’avait pas détruit (verbalement) quelqu’un de concert. Ça nous aurait bien fait rire si on n’était pas aussi furieux.

Penser à: trouver une autre boite pour la suite…bon on va faire une pause, parce que ça va bien 5 minutes de vivre dans un chantier permanent, mais il y aura encore beaucoup à faire quand la première tranche des travaux sera enfin finie.

Courses: faites. J’ai trouvé des fraises, des gariguettes. Je n’ose pas les goûter. Ça fait 20 ans que j’attends ça en me lamentant sur l’insipidité des fraises anglaises, j’ai peur d’être déçue…

Sortie: au magasin de bricolage… je vais peut être pouvoir vous montrer le avant/après de la cuisine la semaine prochaine, on y croit! (Ben oui, elle est opérationnelle, l’ilot est arrivé, mais ce n’est toujours pas fini…on ne peut pas peindre tant que ce n’est pas prêt.)

Pic: et hop! C’est l’îlot famille nombreuse, on peut y manger à sept. Sauf que ça ne marche pas pour la répartition des gauchers du groupe sauf à en flanquer un directement sur la plaque. On va trouver….

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Thursday Thunder: free speech

Quand on a quitté brexitland, j’ai écrit un billet sur notre départ. C’était plus une sorte de thérapie personnelle qu’autre chose, j’avais besoin de mettre des mots et un point final sur un moment (18 mois depuis le référendum) qu’on n’a pas exactement vécu comme une joie. Comme on n’avait pas internet mais par contre, beaucoup d’autres choses à faire en plein déménagement, je n’ai pas trop suivi les aventures de ce billet. Il est parti vivre sa vie tout seul sur les RS, sans que je sois forcément au courant. Il m’a totalement échappé. Visiblement, il traîne toujours je ne sais où, le petit coquin, parce que je reçois encore des messages à son sujet. Le dernier date d’un français de France (je veux dire : pas d’un expat) dont le doux pseudo laisse très peu de doute sur ses revendications politiques. Ce brave homme me fait des tas de reproches, dont celui de ne pas respecter la liberté d’expression des brexiters. Puisque je suis assez sotte et perverse pour ne pas être d’accord avec eux, je dois me taire, toujours au nom de la liberté d’expression. La logique de la chose me laisse bouche bée.

Déjà, cher monsieur, la liberté d’expression de xenophobes qui en usent pour insulter mes enfants sous prétexte que leurs parents sont nés ailleurs, effectivement ça me défrise (et vu ma tignasse, il en fait beaucoup). Ensuite, sans vouloir faire ma maligne, et quelques soit vos convictions, je pense être plus qualifiée que vous pour décrire ma vie en brexitland. Je trouve ça remarquable que, parce que vous croyez être politiquement d’accord avec des gens que vous ne connaissez pas, vous vous arrogiez le droit de me dire que je ne peux parler de ce que j’ai vécu. D’ailleurs, si vous croyez que les charmants bisounours dont vous vous faites l’avocat avec autant d’incompétence vous accueilleraient à bras ouverts, ce serait plutôt vous qui n’avez rien compris. Ils se moquent éperdument de vos engagements dans votre pays, pour eux, vous ne seriez qu’un sale migrant européen à foutre dehors. Un étranger. Quand à dire que le brexit est un acte de courage, la prise de liberté du peuple et j’en passe, c’est tellement risible que je préfère ne pas répondre. De toute façon, aveuglé par votre idéologie nauséabonde, vous refuseriez de comprendre. C’est une des choses qui me choque le plus d’ailleurs, le brexit a été érigé en credo mystique. La réalité et l’esprit critique n’existent plus pour ses adeptes. Je ne pensais pas qu’un tel endoctrinement pourrait fonctionner en Angleterre.

Mais je perdrais mon temps à vous monter les chiffres, à vous parler de la réalité du terrain qui n’a rien à voir avec les beaux discours bien calibrés pondus méthodiquement par des officines propagandistes pour impressionner de pauvres gens comme vous qui en redemandent. Je présume que Cambridge Analytica, ça ne vous dit rien? Pour revenir à la liberté d’expression, si vous aviez pris la peine de lire tout ce que j’écris sur le brexit depuis deux ans, vous auriez vu que je n’ai jamais critiqué les souverainistes, même si j’ai répété de multiples fois à quel point je n’étais pas d’accord avec leurs idées. Je serais ravie de débattre et d’entendre leurs arguments raisonnés. Le problème, c’est que j’attends toujours…et non, vos trois slogans abscons, aussi vide de sens que plein de préjugés ne sont pas une démonstration logique. Je ne critique pas les brexiters (qui n’ont souvent aucune idée des théories souverainistes, mais sont juste bouffis de haine contre les étrangers, européens et autres) par ignorance, mais par auto défense. Ce sont eux qui ont commencé à nous attaquer, alors qu’on n’avait rien demandé et qu’on ne les a jamais empêché de se tirer une balle dans le pied si ça leur chante. Ils pouvaient tout à fait mettre à terre leur système de santé, faire fuir leurs entreprises et leurs services financiers, dévaluer leur monnaie, exploser l’inflation, et endetter encore plus leur pays si ça les amuse, sans déverser en plus des torrents de haine sur nous…quoique non, parce qu’on a aimé passionnément leur pays et voir l’état de désolation dans lequel ils le plongent par entêtement idéologique nous attriste profondément. J’imagine que ça vous échappe, ça aussi. Le fait que ces grands démocrates désignent tous ceux qui ne pensent pas comme eux comme des ennemies du peuple ne vous pose pas de problème? Non, probablement pas puisque vous m’intimez l’ordre de me taire au nom de la liberté d’expression…

Vous voyez, vous vous êtes plaint que je ne vous réponde pas, vous avez droit à billet entier. C’est juste que je ne laisserai pas passer vos commentaires par égards pour mes lecteurs. Après 18 mois en brexitland, je me suis malheureusement habituée à ce genre de logorrhée verbale agressive et dénuée de sens, mais il n’y a pas de raison que je la leur fasse subir. Par contre, c’est très gentil d’avoir mis des vaches dans votre conclusion. Mais je ne suis pas sûre que si chacun reste chez soi, les vaches seront vraiment bien gardées. La transhumance, ça vous dit quelque chose?

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House with potential

Pour me donner du courage au milieu des travaux qui ne sont toujours pas terminés et qui ne concernent qu’une toute petite partie de la rénovation de la maison du petit requin (pas beaucoup de gros œuvre mais toutes les pièces sont à refaire), je me suis replongée dans les photos de notre premier logement en Angleterre. On y est resté en location quelques mois. Quand on avait visité (en été, précision importante), on était tombé en extase à peine le portail franchi, naïvement. Il y avait les portes d’origine, les hauts plafonds, la sonnette dans la salle à manger qui tintait encore dans la cuisine, le passe-plat, un coffre fort caché dans une cheminée et même un passage secret entre deux chambres. Le loyer ridiculement bas pour une maison aussi grande ne nous a pas alerté, on ne connaissait pas les prix pratiqués dans le coin. On va vivre dans un décor de Jane Austen, c’est génial. Ahaha, on a vite déchanté.

Le problème d’une maison avec du potentiel comme ça (selon les mots de l’agent immobilier), c’est bien qu’elle peut être extraordinaire, mais que justement, elle ne l’est pas. Derrière les grandes fenêtres géorgiennes (simple vitrage et fissures béantes), on se gelait. Le parquet était sublime…enfin, il l’avait été, presque deux siècles avant. Celui de la cuisine notamment souffrait de se retrouver sous 10 centimètres d’eau à peu près un jour sur deux. Au début ça nous a surpris, on ne savait jamais quand il fallait sortir les masques et le tuba pour se risquer dans la cuisine mais on a vite pris le rythme. Tout ça parce que la cave était perpétuellement inondée à cause du lac artificiel dans le parc. Visiblement, l’eau remontait par capillarité toutes les 48 heures, un peu comme la marée. Donc, le parquet était légèrement moisi, je ne parle même pas des fondations englouties sous l’eau…en même temps, c’était assorti la passoire qui servait de toit. Les tuiles tombaient en poussière dès qu’on les touchait. La charpente aussi. L’entrepreneur mandaté par l’agence a failli y laisser une jambe et a pris peur, il a récupéré sa jambe vadrouilleuse puis l’autre et les a prises à son cou. On avait des cascades à faire pâlir de jalousie les chutes du Niagara dans le salon et notre chambre, mais il pleuvait globalement dans chaque pièce.

Les magnifiques cheminées géorgiennes ne réchauffaient pas l’atmosphère, au contraire. C’est fou le bruit assourdissant que fait un conduit de cheminée qui s’écroule brutalement sur lui-même dans une chambre d’enfant, et je ne parle pas de la poussière et de la suie… c’est bien simple, c’était tellement bruyant et inattendu que ça a fait taire les grenouilles. Parce qu’un troupeau de grenouilles avait élu domicile permanent dans le marécage de la cave. La première fois que j’ai entendu leurs vocalises, j’ai eu la trouille de ma vie: au secours, le plancher croasse! C’était très animalier d’ailleurs, il y avait des lapins partout dans le parc, un héron sur le lac et une biche qui traversait la pelouse. Et une bande de hiboux ou de chouettes (je ne leur ai pas demandé) qui faisait des claquettes toutes les nuits dans le grenier à ciel ouvert (à cause des trous dans la toiture). La première nuit, ça surprend: au secours, le plafond applaudit. Je passe sur le chauffage inexistant, la plomberie d’époque, et les saignées béantes dans les murs pour faire passer les câbles électriques modernes et obligatoires pour pouvoir louer ce taudis grandiose.

Il aurait fallu dépenser des sommes folles pour remettre tout ça en état. On était ravi d’en partir, on n’a jamais eu aussi froid que là dedans. Et pourtant…on aurait aimé l’acheter, la rénover, en prendre soi de cette pauvre ruine. On était furieux après les propriétaires, non pas parce qu’ils nous ont bien arnaqués (enfin si, aussi pour ça…) mais parce que ces gougnafiers laissaient cette malheureuse maison à l’abandon (surtout que justement, eux disposaient des sommes folles nécessaires). Quand on est parti, ces sombres cretins parlaient de faire tomber la véranda victorienne vermoulue mais magnifique pour la remplacer par une horreur en pvc trois fois plus large. Juste de quoi défigurer définitivement la maison…vraiment, on a eu l’impression d’abandonner cette pauvre maison à des tortionnaires immobiliers. Je crois que c’est en pensant un peu à elle qu’on a craqué pour la maison du petit requin. Elle aussi avait besoin d’être aimée et rénovée…mais on a appris grâce à notre première maison en Angleterre qu’il y a des limites, et pas que financières à ce qu’on pouvait entreprendre. On a rejeté plusieurs maisons qui demandaient vraiment trop avant de tomber sur celle du petit requin. Ça reste à notre portée. On y arrivera. Peut être.

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Bilingual life in France

Depuis un peu plus de 2 mois, on s’applique à speak la France, comme dit Wizzboy. Les enfants font de gros progrès et moi aussi. Bien sûr, je devrais parler français sans problème…en principe. Mais on n’efface pas 21 ans comme ça. Sans m’en rendre compte j’utilise des expressions bizarres, des traductions littérales. J’ai de grands moments de solitude quand un mot, même courant refuse de sortir en français (PrincesseChipie, prends une spoon…oooh maman, don’t speak English!). J’ai des angoisses pas possibles à l’idée de téléphoner à des inconnus (au hasard: plâtrier, plombier, électricien, vive les travaux). Je sais exactement quoi leur dire en anglais, mais pas en français. Je me surprends encore à parler spontanément anglais à de pauvres gens qui me regardent avec les yeux ronds (mais la boulangère est très sympathique et elle prétend qu’elle était ravie d’avoir appris à dire it’s a bit chilly pour il fait frisquet. En vrai, il fait un froid sibérien, mais ce genre d’euphémismes météorologiques est très anglais aussi). Ça fait beaucoup rire les enfants qui s’en sortent de mieux en mieux. PrincesseChipie se débat quand même encore avec les accords et les masculins/féminins. Elle trouve ça idiot: on ne peut pas faire une règle logique pour définir le genre des choses une bonne fois pour toute, non? C’est quoi ce bazar, pourquoi une chaise mais un tabouret? Un bonbon et une sucette? Geekado et KnightyDiva ne se départissent pas de leur accent anglais. J’ai même l’impression qu’il est de plus en plus prononcé. Mais maaaaaman, c’est super classe ici en fait. Ok…Wizzboy fait des progrès fulgurants, mais il a encore du mal avec les pronoms. Ça donne souvent moi, c’est au lieu de je suis. Il apprend par contre des tas d’expressions que je ne connaissais pas auprès de ses camarades. Ben ouais maman, c’est hyper (qui se prononce hyYyper). Ahah.

Mais je ne veux surtout pas qu’ils oublient leur anglais. On a donc décidé que dès que Wizzboy speakera suffisamment la France, on passera à tout en anglais à la maison. Cela dit, on parle encore pas mal notre franglais familial, comme on l’a toujours fait entre nous. Déjà, Marichéri, qui passe beaucoup (trop) de temps à Londres soit disant pour bosser, a du mal à switcher…ah, voilà que ça me reprend. On parle aussi volontairement (et correctement) anglais entre nous très souvent. GeekAdo et KnightyDiva ont très vite compris qu’ils pouvaient communiquer comme ça en toute liberté et sans crainte d’être compris même dans un bus scolaire bondé. Ça m’arrive aussi de parler anglais avec les enfants en public pour que nos conversations restent privées. Et surtout, dès qu’on a quelque chose d’important à expliquer, on passe à l’anglais, les enfants parce qu’ils ne maîtrisent pas encore assez toutes les subtilités du français pour faire passer exactement ce qu’ils veulent dire et moi pour être sûre qu’ils comprennent bien.

J’ai donc droit régulièrement à l’école à des regards en coin. Il y a ceux qui me prennent pour une affreuse snob qui parle anglais à son fils par pure prétention. Généralement, ils ont déjà du mal à me comprendre (pourtant, j’ai toujours mon accent franchouillard en anglais), ils restent bouche bée quand ils entendent Wizzboy répondre. Et il y a les autres, c’est à dire…euh, ben, les affreux snobs. Ceux qui me félicitent et d’ailleurs ils font pareil à la maison, ils parlent toujours anglais avec Eusebe-Ignace et Raymonde-Iphigenie. C’est important que les enfants soient bilingues. C’est sûr. Sauf que ce qu’ils font est certes louable mais ça ne fera pas de leurs enfants des petits bilingues. On ne transmet pas une langue, une culture, une histoire qu’on n’a pas. Je ne parle pas anglais avec Wizzboy pour épater la galerie, mais parce que c’est sa langue (et qu’il la parle mieux que moi). Au même titre que je lui parlais français en Angleterre. Ce n’était pas uniquement pour narguer les brexiters (bon, un peu aussi…).

Bref, la vie bilingue en France, ça a l’air aussi comique (j’avais écrit fun mais j’ai corrigé, je progresse) que ça l’était parfois en Angleterre. On pourrait abandonner, ce dire qu’une fois que les enfants parleront correctement français, c’est bon on peut oublier l’anglais. Sauf qu’ils sont nés en Irlande et en Angleterre, ils ont grandi en anglais, c’est leur histoire et leur culture. L’anglais fait partie de leur identité, comme le français. Sans compter que les parents de Georgette-Salammbo et Hector-Isambar ont raison, c’est une chance énorme d’être, de naître bilingue. Il faut juste qu’on swappe nos langues familiales et sociales par rapport à l’Angleterre. Et qu’on arrête avec le franglais, c’est pénible …

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Sunny Monday #11

On continue le défi de Bernie avec le thème du mois de mars: oiseau. Je vous amène à Cambridge, avec le coq sur la girouette de l’église du saint sepulchre (avec un H en anglais). A part une surprenante francophilie affichée de la sorte, cette église est remarquable parce qu’elle est ronde. Elle a été bâtie en 1130 et doit sa forme à des croisés nostalgiques de leurs petites vacances en terre sainte (où ils ont bien ri, les massacres, la peste, le choléra, tout ça…) et qui ont voulu copier ainsi la rotonde de l’église du saint sépulcre de Jérusalem. Il n’existe que 4 églises rondes en Angleterre, je ne sais pas si les autres sont aussi ornées d’un volatile.

Bonne semaine à tous!

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Irish food (without potato) top 10

En ce week-end de saint Patrick, alors que j’ai fait du Irish stew hier, je me suis dit que ce serait sympa d’essayer de prouver qu’on mange autre chose que des pommes de terre en Irlande. Ce qui n’est pas gagné comme ça a priori. Je garde un souvenir ému de mon premier repas au self de la boite où nous travaillions à Dublin. En légumes, on avait le choix: pommes de terre bouillies, pommes de terre au four, purée, hash browns (sorte de beignets de pommes de terre râpées et oignons, c’est très bon mais pas très léger) ou frites. Mais bon, malgré ce que peuvent laisser penser tous les kilos que j’y ai pris en 10 ans, il y a une vie gastronomique sans pommes de terre en Irlande.

10-Le soda bread

Ça n’a l’air que d’être un bête pain, mais ça me rappelle tellement l’Irlande. J’ai même failli le mettre en numéro un, c’est ma madeleine de Proust irlandaise…une tranche de soda bread beurrée, et paf, je me retrouve à Dublin. Lors de nos vacances irlandaises il y a deux ans, Maricheri et moi avons beaucoup surpris nos enfants en nous jetant comme des fous sur ce pain presque noir. L’Ado a consenti à gouter, du bout des lèvres et ça lui a rappelé quelque chose, vaguement, du coup tous s’y sont mis.

Source et recette

9-Barmbrak

c’est une sorte de cake aux raisins secs, ça nous a beaucoup marqué en arrivant de France. Ça nous paraissait tellement exotique et local, mais en fait ce n’est qu’une variante des tas de cakes aux fruits qu’on trouve en Angleterre aussi. C’est un peu décevant finalement.

Source et recette

8-Dublin coddle

Bon d’accord, il y a des pommes de terre, mais pas que. C’est un peu un pot au feu, avec tous les restes qui vous tombent sous la main, y compris des Saucisses irlandaise et du bacon. Comme dit Marichéri, c’est un plat d’hiver.

Source et recette

7-Porter cake

Encore un bête cake aux fruits, sauf que celui là est parfumé à la Guinness. De suite, ça fait typique. Bon, je ne suis pas spécialement fan, mais je n’aime pas vraiment les cakes, ça doit être pour ça. Je n’aime pas la Guinness non plus d’ailleurs. Tout ça pour expliquer pourquoi le porter cake n’est que septième alors qu’il fait pourtant bien plus irlandais que les autres cakes.

Source et recette

6-Beef in Guinness

Bon maintient qu’on a commencé à s’alcooliser, autant continuer. Les irlandais sont très inventifs, ils sont prêts à mettre de la Guinness avec tout et n’importe quoi, en toute circonstance. D’ailleurs, quand j’étais enceinte de L’Ado (qui date certes du siècle dernier, mais n’est pas si vieux que ça), on conseillait encore aux mamans de boire de la Guinness en quantité, pour le fer. Ahah, à la grande surprise de mon médecin, je me suis abstenue. On s’éloigne du bœuf à la Guinness. C’est un peu comme une daube. Ce n’est pas mauvais.

Source et recette

5-Creamy oysters and bacon stout chowder

On continue toujours à nager dans la Guinness. Pourquoi pas avec des huîtres? La recette est pratiquement contenue dans le titre, c’est pratique. Des huîtres, de la crème, du bacon, quelques légumes et une Guinness, on laisse mijoter tout ça et voilà. C’est très bon, quand on aime les huîtres évidement.

Source et recette

4-Apple and Guinness fritters

Ça va, vous survivez aux vapeurs de Guinness? Prêts pour le dessert? Ça tombe bien, on peut en faire à la Guinness, c’est fou non? On sent un thème dans la gastronomie irlandaise quand même…je ne mets pas de recette en lien, parce que j’en ai une, tirée de British régional food de Mark Hix qui malgré son nom à un chapitre sur l’Irlande: on mélange 150 ml de Guinness, 110g de farine avec du sucre. On y trempe les rondelles de pommes et on les frit. C’est tout. Comme ça reste très léger, on mange ça avec de la crème.

Source

3-Baked salmon

Vous allez être surpris, il n’y a pas de Guinness dans cette recette. Mais du whisky. Ça change. Le saumon est mariné dans du whisky et du miel, et c’est très, très bon. Je ne veux pas insister lourdement mais c’est une réussite.

Source et recette

2-Dublin lawyer

C’est du homard. C’est très bon aussi. Et oui, il y a du whisky.

Source et recette

1-Baked limerick ham

J’ai fait systématiquement du limerick ham à Noël pendant des années, comme presque toute l’Irlande. Depuis je me suis diversifiée, mais il revient certaines années. Le jambon est mariné dans du cidre, badigeonné de moutarde, de sucre roux et décoré de clou de girofle avant d’être passé au four.

Source

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Project 52 #11

Ma a été très inspirée cette semaine, avec parapluie …il pleut. Il pleut même beaucoup et encore, on nous annonce de la neige pour demain. C’est dire si je suis joie…grrr. Heureusement, en cas de mauvais temps, j’ai mon arme bonne humeur: mon parapluie vaches. Oui, je sors en public avec. C’est même le deuxième, le premier (offert par la maman de Maricheri, comme quoi mon entourage m’encourage) identique n’a pas résisté à la tempête à Bath lors de nos dernières vacances à deux. J’ai cherché pendant des mois jusqu’à ce que j’arrive à retrouver le même parapluie. Il existe un modèle avec des poules qui est très sympathique aussi, mais je n’ai pas résisté aux vaches.

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Friday Feelings #155

Cette fois je suis en retard pour les états d’esprit de Zenopia et Postman à cause du plombier. J’avais lâchement décidé de laisser Maricheri se dépatouiller avec tout seul, parce que ça va bien comme ça, je commence à en avoir marre de faire du small talk en continu avec les représentants régionaux de tous les corps de métier du bâtiment, mais on est tombé sur un bavard. On a dû s’y mettre à deux. Je commence un chouïa à saturer de vivre dans un chantier avec des ouvriers partout.

Fatigue: j’ai mal partout, mais ça ne m’empêche pas de dormir, au contraire.

Condition physique: aie. Je suis courbaturée de partout, mais ça avance. C’est à dire que rien n’est fini, mais on commence à deviner ce que ça pourra donner dans certaines pièces,

Estomac: il a beaucoup aimé notre pause gastronomique d’hier. Beaucoup.

Humeur: je suis admirable, je n’ai pas encore mordu de builder. En même temps, je ne sais pas où ils ont traîné…dernier exploit: nous couper la moitié du circuit du chauffage par mégarde en installant une paroi de douche. Je suis très calme.

Esprit: hésitant

Boulot: ça va, je ne vous lasse pas avec mes histoires de ponçage et peinture? J’attaque les moulures des fenêtres du premier…pas les fenêtres ni les encadrements qui sont neufs mais les espèces de corniches décoratives au dessus. Certes, ça fait partie du charme de la maison, mais c’est quand même très haut. On aurait très bien pu faire des décorations à ma hauteur, au lieu de les percher comme ça au plafond, non?

Culture après l’épisode des pirates, je me dis qu’il faudrait que je me penche un peu sur les traditions locales. Déjà, j’ai eu le plaisir de retrouver des faluches, ces petits pains ronds très peu cuits que j’avais découverts pendant le carnaval de Dunkerque quand j’étais étudiante, mais il n’y a pas que la nourriture quand même!

Avis perso: je ne suis pas sûre que Zaza passe pour une foudre de guerre: attention les russes, tremblez, ma colère sera terrible et ma vengeance implacable. Si vous faites les méchants à venir tuer des gens chez nous, je ne vous envoie pas William-and-Kate pendant votre coupe du monde de foot, nananèreuh. A mon avis, Poutine en tremble encore. De rire.

Message perso: Skype la semaine prochaine?

Loulous: L’Ado commence vraiment à paniquer, aucun job d’été à l’horizon…tu peux toujours bosser au drive ici, ils cherchent du monde. Non mais ça va coin, je vais chercher mieux. GeekAdo découvre les joies des absences intempestives de prof. Ça lui plaît bien, surtout qu’il a le droit de sortir du lycée quand il n’a pas cours. KnightyDiva qui elle se retrouve en permanence dans ces cas là, crie au scandale. C’est pas cool le collège! PrincesseChipie a fait du hockey sur gazon à l’école, elle trouve ça génial. Comme elle se cherche un sport depuis qu’on a déménagé, ça peut être une idée. Elle faisait du netball, une sorte de basket simplifié féminin qui n’existe pas en France. Et comme elle dit, elle ne peut pas faire du basket parce que c’est différent parce que ce n’est pas pareil. C’est très clair. Wizzboy continue à speak la France de mieux en mieux, tant et si bien qu’il s’est indigné que la maîtresse lui demande de parler pendant le cours d’initiation à l’anglais. En même temps, il maitrise mieux qu’elle…et pourtant ça ne va pas beaucoup plus loin que hello and bye bye.

Amitié: je dis ça comme ça, mais je compte bien que les copines expats s’arrêtent ici quand elles viendront en France pour Pâques. Je ne veux pas insister lourdement, mais bon…

Divers: en même temps, je comprends les Royals, je n’aurais pas vraiment envie d’aller en Russie en ce moment. En plus, l’équipe d’Angleterre est nulle et n’a aucune chance.

Love: ses vacances sont bientôt finies…ça passe trop vite.

Penser à: racheter des pinceaux coudés, j’ai une vie palpitante.

Courses: Marichéri a trouvé le boucher très sympathique.

Sortie: il y a une fête foraine dans le coin. Soyons clair, il est hors de question que j’y mette un orteil, peu importe le nombres de dépliants publicitaires qu’ils enfournent dans ma boite aux lettres. Ou alors pour les leur faire bouffer. Je déteste les fêtes foraines, c’est bruyant, gras, bruyant, clinquant, bruyant, bondé et bruyant.

Pic: un jour, ça sera une salle de bains. Un jour…

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The date

Dans un effort d’intégration et pour faire tourner l’économie locale, on a décidé de tester un très sympathique (très…) restau du coin….je ne me sens pas très crédible. Je reprends. Parce que ça fait des mois qu’on vit dans le stress, avec la décision de partir, la mise en vente de notre maison, les démarches, le déménagement et l’arrivée en France et maintenant les travaux et la poussière et qu’on n’a pas eu de temps juste pour nous deux depuis une éternité, on a décidé de fuir le chantier qu’est la maison du petit requin pendant quelques heures après avoir déposé les enfants à l’école. On a profité que Marichéri soit en vacances cette semaine et on a fait une pause dans nos rénovations. Ça passe mieux comme ça, non?

En Angleterre, on essayait de partir, ne serait-ce que quelques jours juste à deux…bon, ça fait deux ans que ce n’est pas arrivé. Et ça ne risque pas d’arriver avant longtemps. On se réservait aussi une date night par mois…sauf que depuis le brexit, on n’avait plus du tout envie de sortir et côtoyer les charmants habitants de notre comté, un des bastions du vote leave, le seul coin du pays à avoir réussi le tour de force d’élire un député UKIP. Ça commençait à nous manquer. Ce n’est pas qu’on n’aime pas passer tout notre temps libre avec nos enfants, mais soyons logiques, ils n’existeraient même pas si on n’appréciait pas de passer du temps ensemble, tous les deux aussi…je ne sais pas pourquoi, mais je sens que je me suis mal embarquée dans cette phrase, je rappelle que la maman de Maricheri me lit en plus. Je voulais juste dire que c’est agréable de sortir tous les deux, autrement que pour aller faire les courses ou rencontrer les profs des enfants. Voilà. On est juste allé au restaurant, c’est tout. C’est la faute du cocktail maison si je m’embrouille toute seule comme ça. Il était très bien, ce cocktail. C’est dire si j’ai l’habitude d’aller dans des restaurants de grown up, de grands, sans menu enfant à colorier, je suis toute perturbée dès l’apéritif.

Ça nous a fait un bien fou de faire une pause. De sortir du chantier, de prendre notre temps, de ne pas avoir de BlackBerry qui sonne et d’enfants qui chouinent. De ne pas devoir affronter les grosses problèms à répétition de notre builder polono-ch’ti, les exercices de maths en français (bien sur mon chéri, je vais t’aider, je me souviens parfaitement de mes cours de première), les problèmes administratifs, ou le commute trans frontalier et les galères de boulot pour Marichéri…juste deux heures à profiter, juste tous les deux et à parler de tout et de rien sans être interrompus sauf par un serveur apportant des petites choses comestibles et très agréables. Au calme. Sans bruit intempestif, sans stress…Et puis, on est revenu dans le chantier. Le builder était en transe, prêt à nous sauter dessus. La moitié des radiateurs a profité de notre desertion momentanée pour s’arrêter tout seuls, et ça grosse problèm. Le sol de la salle de bain penche. Ça grosse problèm aussi. Le BlackBerry a sonné, alors que Maricheri est donc en vacances. Il faut poncer et peindre. On est allé chercher les enfants à l’école. Wizzboy sautait partout, PrincesseChipie a invité une copine, KnightyDiva a des problèmes de cœur de preteen, GeekAdo veut de l’aide pour les devoirs…il y a des enfants, des chats et des sacs de plâtre dans toute la maison. Des cris, des rires, c’est le chaos permanent. On court partout, on fait 50 choses en même temps. Et ça nous plaît comme ça. Mais ça aide aussi de faire une pause.

Et puis, soyons honnêtes, on est aussi très gourmand…quitte à faire des pauses, autant qu’elles soient gastronomiques!

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