The date

Dans un effort d’intégration et pour faire tourner l’économie locale, on a décidé de tester un très sympathique (très…) restau du coin….je ne me sens pas très crédible. Je reprends. Parce que ça fait des mois qu’on vit dans le stress, avec la décision de partir, la mise en vente de notre maison, les démarches, le déménagement et l’arrivée en France et maintenant les travaux et la poussière et qu’on n’a pas eu de temps juste pour nous deux depuis une éternité, on a décidé de fuir le chantier qu’est la maison du petit requin pendant quelques heures après avoir déposé les enfants à l’école. On a profité que Marichéri soit en vacances cette semaine et on a fait une pause dans nos rénovations. Ça passe mieux comme ça, non?

En Angleterre, on essayait de partir, ne serait-ce que quelques jours juste à deux…bon, ça fait deux ans que ce n’est pas arrivé. Et ça ne risque pas d’arriver avant longtemps. On se réservait aussi une date night par mois…sauf que depuis le brexit, on n’avait plus du tout envie de sortir et côtoyer les charmants habitants de notre comté, un des bastions du vote leave, le seul coin du pays à avoir réussi le tour de force d’élire un député UKIP. Ça commençait à nous manquer. Ce n’est pas qu’on n’aime pas passer tout notre temps libre avec nos enfants, mais soyons logiques, ils n’existeraient même pas si on n’appréciait pas de passer du temps ensemble, tous les deux aussi…je ne sais pas pourquoi, mais je sens que je me suis mal embarquée dans cette phrase, je rappelle que la maman de Maricheri me lit en plus. Je voulais juste dire que c’est agréable de sortir tous les deux, autrement que pour aller faire les courses ou rencontrer les profs des enfants. Voilà. On est juste allé au restaurant, c’est tout. C’est la faute du cocktail maison si je m’embrouille toute seule comme ça. Il était très bien, ce cocktail. C’est dire si j’ai l’habitude d’aller dans des restaurants de grown up, de grands, sans menu enfant à colorier, je suis toute perturbée dès l’apéritif.

Ça nous a fait un bien fou de faire une pause. De sortir du chantier, de prendre notre temps, de ne pas avoir de BlackBerry qui sonne et d’enfants qui chouinent. De ne pas devoir affronter les grosses problèms à répétition de notre builder polono-ch’ti, les exercices de maths en français (bien sur mon chéri, je vais t’aider, je me souviens parfaitement de mes cours de première), les problèmes administratifs, ou le commute trans frontalier et les galères de boulot pour Marichéri…juste deux heures à profiter, juste tous les deux et à parler de tout et de rien sans être interrompus sauf par un serveur apportant des petites choses comestibles et très agréables. Au calme. Sans bruit intempestif, sans stress…Et puis, on est revenu dans le chantier. Le builder était en transe, prêt à nous sauter dessus. La moitié des radiateurs a profité de notre desertion momentanée pour s’arrêter tout seuls, et ça grosse problèm. Le sol de la salle de bain penche. Ça grosse problèm aussi. Le BlackBerry a sonné, alors que Maricheri est donc en vacances. Il faut poncer et peindre. On est allé chercher les enfants à l’école. Wizzboy sautait partout, PrincesseChipie a invité une copine, KnightyDiva a des problèmes de cœur de preteen, GeekAdo veut de l’aide pour les devoirs…il y a des enfants, des chats et des sacs de plâtre dans toute la maison. Des cris, des rires, c’est le chaos permanent. On court partout, on fait 50 choses en même temps. Et ça nous plaît comme ça. Mais ça aide aussi de faire une pause.

Et puis, soyons honnêtes, on est aussi très gourmand…quitte à faire des pauses, autant qu’elles soient gastronomiques!

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Saint Paddy, the king of craic

Je suis toute étonnée de voir fleurir depuis quelques jours des affiches pour la saint Patrick, faisant la pub de beuveries soirées, de fêtes et même de semi marathon (je me suis renseignée: c’est vraiment de la course à pied, pas un pub crawl, un marathon de pubs). Je ne savais pas que la France se mettait aussi à l’heure irlandaise et célébrait la saint Patrick, mais j’en suis charmée. Alors avec quelques jours d’avance, je vous ressors l’histoire du petit Paddy, saint de son état.

Source

Je précise pour les nouveaux que nous avons vécu 10 ans près de Dublin, nous nous y sommes mariés, trois de nos enfants y sont nés et ont la nationalité irlandaise, le deuxième prénom d’une de nos filles est en gaélique (et donc absolument imprononçable pour les non initiés), bref nous sommes des irlandais honoraires. On sait prononcer les noms de bleds paumés (Dun Laoghaire, ça se dit deun liri) et les prénoms charmants. On dit Paddy au lieu de Patrick, et Hawwya pour dire bonjour. On sait bien que le craic, c’est le sens de la fête et du fun des irlandais. On a vu débuter des stars locales qui ont depuis conquis le marché britannique, on se souvient des présentateurs vedettes de la RTE, la télé d’état, y compris Dustin the Turkey (si, si…), on connaît encore les restos sympas de Dublin, quand aller à la criée de Howrah pour avoir le meilleur poisson, on apprécie l’humour irlandais beaucoup plus que tous les autres, bref on a un peu l’impression de faire partie de la diaspora irlandaise. D’ailleurs quand on a commencé à réfléchir à quitter brexitland, le fameux « go back where you come from » nous a de suite fait penser à un retour en Irlande. C’est là que nous avons débuté notre vie d’adulte, on sait comment ça marche, alors qu’on est en pleine découverte en France. J’ai même regardé si je ne pouvais pas avoir un passeport irlandais moi aussi, pour en avoir pondu trois. Bref, pour la saint Patrick, on sera tous en vert, avec une gerbe de trèfles (shamrock en irlandais) accrochée au revers. L’Ado se prépare à un week end intense à Londres, profitant allègrement de son passeport irlandais non seulement pour prouver qu’il a bien l’âge de boire une pinte (une à la fois je veux dire) de Guinness, mais surtout pour se la faire offrir, c’est sa fête! On va manger irlandais, je vais ressortir ma recette de soda bread, on fera du colcannon, et il y aura de la limonade verte pour les enfants (et du snake bite pour les autres: bière blonde, cidre, liqueur de cassis)…vive saint Patrick, Paddy donc pour les intimes.

Paddy était un petit comique, mais aussi un migrant. Et oui. Alors que l’Irlande vivait dans le pêché, les chefs de clans s’éclatant joyeusement à coup de guerres tribales incessantes, entre Cumhall et Goll mac Morna, entre les kings of Tara et les princes de l’Ulster, que les leprechauns (les lutins) sautillaient sur les arc-en-ciel, d’une marmite remplie d’or à l’autre, que les banshees hurlaient mélodieusement à rendre sourd le plus téméraire des irlandais (tradition perpétuée par mes filles), en Angleterre, un certain Patrick, probablement boutonneux, car adolescent ne demandait rien à personne. Et bien, le pauvre s’est carrément fait enlevé, comme ça, hop, et a été emmené en Irlande. Il y a passé 6 ans en esclavage, mais c’était un petit malin. La preuve, il a réussit à s’évader et à regagner l’Angleterre. D’où on peut en conclure qu’il était également sportif, car qu’il ait nagé ou ramé, il faut le faire! Mais Patrick n’était pas rancunier non plus, et il est revenu un beau matin de 432 ( à peu près) , avec l’idée saugrenue de convertir tous ces charmants irlandais au christianisme (ce qui déjà, sent la légende, ça m’étonnerait qu’il ait fait beau, il devait sûrement pleuvoir.) Il en a profité au passage pour chasser tous les serpents de l’île, ce dont je lui suis éternellement reconnaissante. Et il s’est servi des moyens du bord pour évangéliser, c’est à dire qu’il a hardiment expliqué la Sainte Trinité à l’aide d’un trèfle. C’est une chance pour les irlandais, c’est facile à porter à la boutonnière. Alors que si Patrick s’était servi d’un trident, ça poserait problème.

Aujourd’hui, Saint Patrick est bien sûr toujours célébrée à l’église, mais aussi dans les pubs, où la Guinness coule à flots, dans les rues, la saint Patrick Day Parade avec ses chars, sa musique, ses danses, et son ambiance extraordinaire étant mondialement connue. Bien sur, on peut fêter Patrick à Londres, à New York, en Australie, à Hong Kong et dans le Nord de la France…partout où il y a des irlandais et des gens appréciant la Guinness. Mais, à mes yeux, et à ceux des milliers de touristes fiers de leurs arrière-arrière-grand père irlandais qui débarquent à l’aéroport des jours avant le 17 mars, rien ne vaut Dublin!

Alors pour ceux qui vont fêter le petit Paddy ce week end:

Lá fhéile Pádraig sona dhuit!

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L’attaque des pirates

Mamaaaan, mamaaan, pirates are attacking the house! Mamaaan y’a des pirates, yeah!

Samedi après midi, Wizzboy a vécu un grand moment. Il était partagé entre une petite frayeur et le ravissement total. Les pirates ont débarqué à la maison. Il les a repéré depuis la fenêtre du salon et a suivi leur progression jusqu’à ce qu’ils sonnent. Ils sont bien polis quand même les pirates dans ce pays, ils disent bonjour avant d’attaquer. Wizzboy s’est rué dans l’entrée, au bord de l’extase: mamaaaan, the pirates are heeeere! Les pirates, maaaaman! Il n’en pouvait plus. Maricheri attiré par les hurlements, est venu m’aider à ouvrir, armé de son briquet au cas où. En vrai il se préparait à sortir pour fumer, mais Wizzboy n’a pas vu les choses comme ça. Le gamin piaffait comme un fou d’avant la porte: les piraaates, les piiiiiirates! Effectivement, on s’est retrouvé nez à nez avec deux vieux messieurs en bicorne et grande cape noire, avec des parements bleus et des gants blancs immaculés. Ça surprend quand même un peu. Et ils voulaient bien s’en prendre notre trésor, enfin ils demandaient très poliment un don pour leur association.

Source je n’ai pas osé prendre une photo de nos pirates, mais ils ressemblaient beaucoup à ceux-la, en plus flamboyant.

On a donc fait la connaissance de deux membres éminents et tout en uniforme de la confrérie des Charitables de notre village. J’étais aussi réjouie que Wizzboy, qu’est-ce que c’est que cette charmante coutume locale? J’ai habilement profité de leur gentillesse pour enquêter. Il existe plusieurs confréries, une par village ou par quartier et portant chacune le nom d’un saint. C’est donc plus ou moins religieux mais les charitables sont des laïcs, des bénévoles qui donnent de leurs temps pour aider. La première confrérie des charitables remonte au douzième siècle et a été formée pendant l’épidémie de peste qui a sévit dans l’Artois vers 1188. Elle était placée sous la protection de Saint Éloi qui devait protéger à lui tout seul les membres de la confrérie de la peste, pour qu’ils puissent continuer leurs activités bénévoles. De suite, c’est moins drôle que les pirates de Wizzboy. Les premiers charitables s’occupaient des pauvres, des malades et surtout d’ensevelir les morts parce que bon soyons clairs, pendant une épidémie de peste, c’est du boulot et personne n’a vraiment envie de s’y coller.

Au cours des siècles, d’autres associations de charitables se sont formées dans tous les villages, toujours sous le patronage de Saint Éloi ou d’un saint local. Elles ont été interdites pendant la révolution mais elles continuaient leurs activités clandestinement. Aujourd’hui, il y a 32 confréries. Les charitables continuent à s’occuper des enterrements et portent les cercueils ou urnes de tous, y compris ceux qui n’ont pas les moyens d’une grande cérémonie, c’est même l’idée de départ, de faire en sorte que même les plus pauvres aient aussi un enterrement grandiose. Bon, c’est très gentil mais pas très folichon tout ça…les charitables font aussi des processions et donc des collectes de dons en uniforme et ça, c’est plus pimpant. En tout cas, ça ravit les petits garçons.

Wizzboy s’est empressé de raconter la chose par Skype à L’Ado. Il est peut être à Londres, mais il n’a pas vu de vrais pirates lui. C’était cool, les pirates étaient gentils, ils n’ont pas attaqué la maison, mais c’est parce que maman leur a donné des sous. It was fun, yeah!

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Sunny Monday #10

Comme on est toujours et encore en pleins travaux, et que je passe mes journées à peindre (mais enfin, quelle idée d’avoir mis les plafonds aussi haut!), je suis allée chercher un oiseau dans les archives pour le rendez vous de Bernie. Je vous amène au zoo cette fois. J’aime beaucoup l’air outré de cette bestiole et son plumeau me fait penser à mes pinceaux….c’est une idée tiens, pour atteindre les plafonds, je devrais dresser un oiseau à aigrette à voler avec de la peinture…je vais très bien, ça doit être les vapeurs.

Bonne semaine à tous!

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Project 52 #10

Cette semaine, Ma’ a choisi asphalte…j’avoue qu’on prend très peu de photos de routes, ou alors des routes pavées (qui sont glissantes, et pas que en Carmélide). On se fait déjà assez remarquer dans le village avec notre voiture anglaise, nos travaux, nos ouvriers roumains qui vont à la boulangerie et miment ce qu’ils veulent, notre ribambelle de gamins qui ne vont même pas à l’école là mais en ville…on ne va pas se planter au milieu de la rue avec un appareil photo, ça surprendrait. J’ai donc fait encore une fois un tour dans les archives et je suis tombée sur une petite route de l’Essex, près de colchester. Je suis dans le thème, elle n’est pas pavée. C’est normal, l’Essex est beaucoup plus au sud de l’Angleterre que ne l’est la Carmélide, qui était dans les environs de Manchester, par là. D’ailleurs, je rappelle que certains historiens pensent que Camelot était en fait à Colchester, la capitale romaine de l’Angleterre, sous le nom de Camulodonum. Tout se tient….je précise que je n’ai pas complètement perdu la tête, toutes mes allusions subtiles font beaucoup de sens pour les fans de la série Kamelott en général et pour Maricheri en particulier.

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Friday feelings #154

Je suis en retard pour les états d’esprit de Zenopia et Postman mais c’est la faute de notre builder polonais ch’ti qui n’arrête pas de me poser des questions techniques pour la future salle de bain. Maricheri, qui travaille portant à la maison le vendredi, est prudemment planqué dans son bureau, soit disant au téléphone avec Londres depuis des heures. C’est petit comme excuse. A part ça, la cuisine n’a pas progressé d’un iota. Je ne perds pas exactement patience, mais presque…

Fatigue: ça va. Ça irait mieux si Wizzboy n’avait pas décidé de hurler à la mort à deux heures du mat parce que sa couette avait glissé. En plus, le pauvre gamin a une mère obtuse qui n’a pas du tout mesuré la tragédie de la chose. Du tout.

Condition physique: courbaturée, mais c’est pour la bonne cause: je peins. C’est haut de plafond quand même cette maison…

Humeur: colorée! Violet cercueil-aubergine, rouge pompier, bleu roi, gris souris, vert pomme…on s’éclate (je parle de toutes les chambres, ça n’est pas dans une seule pièce)

Estomac: ça manque de gaufres tout ça…heureusement, les enfants reprennent l’école lundi. On sera obligé de passer devant le marchand de gaufres. On se dévoue pour faire vivre les petits commerces. Sinon, les beignets de la boulangerie sont très bien aussi…

Esprit: emplatré.

Boulot: peinture, peinture, peinture…

Culture: sans vouloir vexer personne (j’ai fâché un ou une traducteur/trice la semaine dernière), je persiste. Les doublages sont une plaie. Et je ne comprends pas pourquoi les dialogues n’ont parfois strictement rien à voir avec les originaux. Pourquoi acheter une série marrante pour adultes et décider de la traduire en la dénaturant pour qu’elle s’adresse à un public pré pubère et niais? Je le disais en commentaire, Friends en français, c’est du grand n’importe quoi surtout les premières saisons.

Avis perso: je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée de faire tomber tous les plafonds pour voir si on y découvre autre chose, après les chaussures de bébé dans celui de la salle de bain (qui d’après le journal dedans datent de 1936)…je crois que je vais plutôt aller faire un tour à la mairie pour essayer d’en apprendre plus sur l’histoire de la maison.

Message perso: désolée d’avoir coupé court tout à l’heure.

Loulous: L’Ado commence enfin à s’inquiéter pour cet été….c’est quand même fou ça, qu’un job d’étudiant ne lui soit pas tombé dessus tout seul! Il est tellement désespéré qu’il m’a demandé de regarder dans notre coin. Il est même prêt à passer 4 mois complets avec nous si il le faut. GeekAdo commence à réfléchir à son avenir. Je rappelle qu’on a quitté un pays où les études coûtent une paire de bras pour la France, ou c’est plus ou moins gratuit (comparé à la Grande Bretagne c’est de la rigolade). En toute logique, il a donc décidé qu’il ferait bien une école de commerce. Payante. Ahaha. KnightyDiva est une petite comique: si je fais tous mes devoirs en anglais, tu peux les traduire pour moi? Nice try. Eeeeh, mais c’est de l’anglais! Oui, mais moi je n’ai pas de devoirs à rendre. PrincesseChipie s’ennuie, finalement, deux semaines de vacances, c’est trop long. Surtout que les chattes refusent bêtement d’être dressées. Wizzboy est en pleine forme aussi, à part ses problèmes de couette glissante. Et là, c’est moi qui commence à trouver les vacances interminables un peu longues.

Amitié: on n’a pas eu le temps d’en reparler, mais je compte sur toi! Tu viens quand tu veux.

Divers: Wizzboy joue à la wii en français: ouiiii, allez moi!!!

Love: il est en vacances à partir de ce soir, youpidoo! Je vais pouvoir arrêter de grimper sur l’échelle pour peindre…

Penser à: racheter de la peinture, et non je ne suis pas monomaniaque. Il faut tout repeindre, y compris les portes dans la maison du petit requin.

Courses: faites. Il faut que je regarde si Ocado est arrivé en France aussi.

Sorties: on se disait: c’est bien de faire vivre les petits commerçants du coin, mais les restaurateurs alors?

Envie de: tiens, à manque de chocolat tout ça….

Pic: Capucine a décidé d’aider et de se reconvertir en chat de garde. Elle passe ses journées sur le rebord de la fenêtre, c’est nouveau pour elle. Au départ, on a cru qu’elle regardait dehors comme ça parce qu’elle voulait sortir, mais non. Elle refuse de poser un coussinet dans le jardin alors qu’elle vivait dehors en Angleterre. Par contre, dès qu’elle voit le facteur arriver, elle nous prévient en aboyant se planquant sous le fauteuil.

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Thursday Thunder: Phyllis Schlafly, the ultimate feminist traitor

Pour cette journée internationale des droits de la femme dont le concept même m’énerve, je ressors une colère contre une sombre cretine anti féministe, parce que les droits des femmes, c’est tous les jours qu’ils sont bafoués, déniés, attaqués et qu’il faut se battre pour, pas juste le 8 mars. D’ailleurs, pourquoi les droits des femmes? Être payé au même salaire à compétence égale, pouvoir sortir de chez soi sans se faire harceler, avoir accès à l’éducation…ce sont des droits humains, human rights qui concernent tout le monde. Les femmes sont des humains comme les autres! Women are people too. Non mais. Enfin bref, revenons à Phyllis Schlafly, qui vient de mourir (je ne mets pas le lien de l’article du Times où j’ai découvert sa vie, il faut être abonné pour pouvoir le lire). Je ne soupçonnais pas l’existence de cette femme avant son décès, mais c’est une bonne chose, si j’en avais entendu parler, ça m’aurait contrarié grandement. Ou alors Phyllis souffrirait du syndrome de Stockholm… Dans ce cas-là, si c’est pathologique, je veux bien. Sinon, je suis assez d’accord avec la féministe Betty Friedan, qui était prête à incendier littéralement Phyllis. Et encore, c’est trop gentil.

Alors donc, Phyllis est une faciste démagogue américaine, née en 1924 à Saint Louis et qui, attention la précision est importante, a fait de brillantes études à Harvard et était avocate, mais n’avait visiblement aucun sens de l’ironie.  Il se trouve que c’était une militante républicaine, une activiste politique très impliquée et vociférante à faire passer Sarah Palin pour un modèle de sagesse et de tolérance bienveillante. Un vrai petit bisounours. Parce que Phyllis a été l’égérie du mouvement anti féministe. Voilà. Cette traitre arriérée, imbécile rétrograde, dangereuse maniaque populiste a lutté avec acharnement toute sa vie contre l’égalité entre les femmes et les hommes.  Elle était contre l’avortement, pour les femmes au foyer, contre le féminisme, pour que les hommes ne fichent rien à la maison et contre la pénalisation du viol marital. Un instant, je vais vomir et je reviens. C’est quoi, cette tarée? Elle prétendait que le féminisme était une invention démoniaque des femmes célibataires frustrées contre les valeurs traditionnelles américaines. Du coup, j’imagine qu’elle aurait préféré que je lui défonce la choucroute à coup de poêle à frire plutôt que de fer à souder, ça reste traditionnel. Cette sombre connasse, qui a donc payé ses études en travaillant (mais on ne va pas lui demander d’être logique, ça fatiguerait son petit cerveau confit dans ses certitudes religieuso-fachistes) était fière de dire que son mari n’avait jamais fait la vaisselle. Ben, elle non plus, elle a toujours eu une femme de ménage à domicile. Elle en pensait quoi, cette pauvre femme des théories pathétiques de sa patronne? Et la dégénérée des chromosomes X, ça ne la dérangeait pas, d’avoir une employée de maison alors qu’elle voulait que toutes les femmes restent au foyer?  Elle n’avait pas peur d’aller contre ses grands principes de demeurée congénitale en payant une autre femme pour récurer ses toilettes alors qu’elle affirmait que toutes les femmes devraient rester chez elles, pondre des mioches et compter sur leurs maris pour les faire vivre (visiblement, Phyllis ne soupçonnait même pas qu’on puisse ne pas être marié). Cette infâme rétrograde activiste, qui a réussi à retarder, voir faire annuler purement et simplement des lois sur l’égalité des droits plusieurs fois et qui donnait des conférences aux 4 coins du pays devant des frustrés sexuels mous du cerveau et d’ailleurs, se déclarait  « maman » sur les formulaire administratifs (elle a fait 6 gamins). Et personne n’a eu l’idée de lui répondre à coup de bazooka?

Source Je vais essayer de traduire, mais j’ai des hauts le cœur:  » les américaines ont tellement de chance. Quand je me suis mariée, la chose que je voulais le plus au monde, c’était un sèche linge pour ne pas avoir à étendre les couches. Aujourdhui, les femmes ont des couches jetables et toutes sortes d’aides ménagères. Et ce sont les hommes et la technologie qui ont rendu le foyer aussi plaisant pour les femmes.  » C’est sûr qu’à ce niveau de diarrhée verbale, c’est important d’avoir des couches jetables.

Je vous rassure, Phyllis n’était pas uniquement anti féministe, et anti avortement. Elle était aussi homophobe et raciste. Tant qu’a faire, autant y aller à fond. J’imagine que son pire cauchemard c’était de rencontrer une femme noire, gay, mère célibataire et bossant. Ou alors un père arabe au foyer…Ou n’importe qui ayant un cerveau en état de marche. Cette immonde donneuse de leçons à gerber déclarait   » les femmes ont été créées pour faire des bébés. Les hommes pour gagner l’argent du foyer. Si vous n’êtes pas d’accord demandez des comptes à Dieu ». Ahaha, j’en ris encore. Déjà, c’est pas un chouïa prétentieux, chère Phyllis de penser que tu sais ce que Dieu veut? Pour une intégriste religieuse arriérée comme toi, c’est osé. Et puis il semblerait que ton Dieu se soit lassé aussi de tes conneries après avoir rigolé pendant des années devant ton incapacité totale à mesurer l’ironie de ta situation. Parce que tes grands discours pour soutenir Trump auront  été ton dernier exploit, bon débarras Phyllis! Et si tu as raison, si tu es effectivement devant dieu en ce moment, bon courage, parce qu’en tant que raciste, homophobe et sexiste qui a passé sa vie à juger les gens, tu n’as pas tout compris niveau compassion et amour du prochain. Tu risques d’avoir du mal à t’expliquer. Tu aurais dû en parler avant avec ton fils, tu sais, celui qui est gay.

Quand un homme tient ce genre de propos anti féministe, j’ai déjà du mal ( beaucoup), mais venant d’une femme…j’ai des accès de violence! Pour reprendre Caitlin Moran, chroniqueuse genialissime du Times: vous avez un utérus? Vous voulez décider de ce que vous en faites? Félicitations, vous êtes féministe! Non mais.

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Les devoirs

Les enfants se sont bien habitués à l’école en France, mais il y a encore un sujet qui fâche. Énormément. C’est quoi cette montagne de devoirs? Ça ne les fait pas rire du tout, et moi non plus.

En Angleterre, en primaire c’était lecture tous les soirs, à noter dans le reading diary signé par les parents. Pour le reste, ils avaient un exercice par semaine de maths, et encore pas tout le temps et des mots à apprendre pour le contrôle d’orthographe du vendredi. Voilà. Bon certes, il y avait aussi la corvée des devoirs « artistiques ». Pour une raison obscure, les instits anglais sont tous fans de papier mâché et créations immondes. J’ai dû faire un stade olympique, un bouclier romain, plusieurs volcan, châteaux forts, usines de recyclage, fusées, et même une chaise en bouteilles en plastique et j’en passe. Parce que ce sont toujours les parents qui réalisent ces magnifiques projets éducatifs et la compétition est féroce. Les enseignants ne sont pas dupes, mais ils s’obstinent quand même à donner ça à faire en devoirs et c’est une plaie. A côté, la cargaison de posters en couleurs qu’on a aussi dû pondre pour se laver les dents, manger des légumes (qui sont nos amis), recycler et tout ça, c’était de la rigolade. Mais si ça continue je vais regretter les maquettes du jubilé de Lizzie en rouleaux de papier toilette. Sérieusement, qu’est-ce qu’ils fichent en classe en France pour devoir se taper tout le boulot à la maison ?

Source

Je ne parle pas de GeekAdo, il est au lycée, et la charge de travail à la maison est à peu près la même que celle qu’il aurait eu en Angleterre, si je compare avec ce que faisait L’Ado (qui pourtant ne se foulait pas trop). Je trouve même qu’il y avait plus de travail indépendant en Angleterre. Le 6th form (plus ou moins l’équivalent du lycée) prépare vraiment à l’université et il y a beaucoup plus de recherches personnelles et de mémoires à rendre. Ça va aussi pour Wizzboy qui avait commencé à apprendre à lire (c’est à 4 ans). Quant à PrincesseChipie qui est en primaire, elle croule sous les devoirs, mais ça lui plaît. Elle avait l’habitude d’en faire 10 fois plus que demandé donc elle n’est pas dépaysée. Elle trouve bien que les devoirs qu’on lui donne sont totalement inutiles et ne lui apprennent rien, mais elle est ravie de les faire. Ça l’occupe, c’est toujours ça. Par contre au collège pour KnightyDiva, c’est moins bien. Elle avait pourtant des devoirs en Angleterre, mais beaucoup moins. En plus, les profs sont sympas et lui en ont donné plus pendant les vacances pour qu’elle travaille son français. Ça part d’une bonne intention, mais le résultat n’est pas là. Elle est tellement dégoûtée et énervée qu’elle jure à pleins poumons et en anglais.

– stupid f*cking French homework!

-non mais ça va pas? Tu ne parles pas comme ça! Ou alors en français…

-I don’t understand this stupid shiii….euh…machin idiote!

-Bon, on se calme. Qu’est-ce que tu ne comprends pas?

-tout!

Effectivement, ça fait beaucoup. Elle a une espèce de fiche de présentation puissance 10 (avec illustrations, sommaire et 15 pages de contextualisation. Si) à faire sur un bouquin très connu. Mais pas d’elle. Elle était plongée dans Wikipedia. Enfin, pas exactement plongée puisqu’elle était bloquée sur la première phrase. Donne-moi ça. Où est la consigne…ah oui, effectivement, c’est original, il n’y a pas besoin de lire le livre, juste de faire des recherches dessus. Comme quoi, la pédagogie a bien changé depuis mes années de collège. Bon, ben continue avec Wikipedia alors…mais j’y comprends rien à ce stupid French thing! Et elle est repartie à pleurer et hurler comme une banshee, c’est à dire en anglais. On ne peut pas dire que ça fasse progresser son français tout ça.

J’ai été lâche. Pour ma défense, ma pauvre gamine était vraiment en pleine crise de nerfs, et elle est effectivement submergée de devoirs. A ce niveau, ça devient contre productif et ça la dégoûte du français plus qu’autre chose. Et c’est important aussi de préserver son anglais, c’est un avantage énorme d’être bilingue…Enfin bref, Wikipedia, ça existe en anglais aussi tu sais…elle s’est calmée instantanément. Et voilà, les devoirs sont presque finis…ce qui compte, c’est qu’elle les ait écrits en français, non?

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Le petit requin et les chaussures de bébé

On continue dans les travaux. La cuisine est au point mort, on attend toujours l’îlot et la hotte d’Italie qui n’arrive pas à cloche pied mais en rampant à reculons. J’ai quand même fait remarquer à l’entrepreneur qu’on se fiche éperdument d’où vient la hotte, du moment qu’elle arrive. Les chambres du premier sont finies…c’est à dire prêtes à peindre. J’ai donc passé la journée d’hier avec les enfants qui sont en vacances à barbouiller allègrement dans la chambre de KnightyDiva. Les avis sont partagés. Elle trouve ça trop cool. GeekAdo pense que c’est nul, PrincesseChipie n’aime pas du tout, ça fait cercueil ton truc. Quant à moi, ça me fait penser à une aubergine géante, pourtant KnightyDiva déteste les légumes. Bref, elle a maintenant une chambre violet pétant. Elle est en extase, alors que bon franchement, le mur où s’est déchaîné Wizzboy est tout à refaire. On attaque aussi sa chambre, avec des pompiers partout. Ça avance.

Par contre pour la salle de bain, c’est moins bien. L’ouvrier polono-ch’ti a tout cassé, y compris les murs. Il a aussi découvert plusieurs strates de parquet, toutes irrécupérables. Visiblement, un précédent propriétaire bricoleur a essayé de refaire le sol tout seul. Il n’aurait pas dû. Je passe sur les couches de papiers peints (désolée, je n’ai pas pu faire de photo des baigneuses années 20 mais je vais voir si l’entrepreneur en a. Il documente la rénovation). Enfin bref, notre builder a fait tomber le plafond aussi et c’est là qu’il a fait une découverte. Quand il m’a appelé, j’ai encore cru à un grosse problèm et j’ai eu peur. Mais non. Il n’a pas trouvé le trésor qu’aurait caché le médecin fou en 1940 selon la légende locale, mais des chaussures de bébé. Dans le plafond. D’après lui, elles sont probablement tombées quand une partie du grenier a été aménagé en chambres. Ça fait du sens, parce que je ne vois pas qui aurait l’idée de planquer les chaussures de son gamin dans le plafond de sa salle de bain. C’est curieux…

Ces petites chaussures sont en cuir, on voit qu’elles ont été réparées, on a mis une nouvelle semelle. Le gamin en question (impossible de savoir si c’était un garçon ou une fille) devait avoir un pied plus petit que l’autre, il y a du papier journal en rembourrage au fond de la chaussure droite. Je vais essayer de l’enlever mais j’ai peur qu’il tombe en poussière. J’ai mesuré les chaussures et en quelques clics (Google est mon ami), j’ai découvert que l’enfant ou les enfants qui les ont porté avaient environ 18 mois. Je dis les enfants, parce que vu l’usure, et la vitesse à laquelle grandissent les pieds de bébé, je pense qu’elle ont dû être portées par le petit frère ou la petite soeur aussi. Voilà, je me passionne pour ces petites chaussures. J’ai l’impression qu’elles vont m’aider à apprivoiser la maison du petit requin. J’ai encore du mal à m’y sentir chez moi. On n’a pas encore de routine et c’est en travaux en permanence. Il y a des ouvriers partout, de la poussière, des bruits, des sacs de plâtre, des poutres en métal qui traînent dans les couloirs…la maison du petit requin ne ressemble pas encore à un foyer. En tout cas, pas au mien. Ces petites chaussures de bébé sont tombées du plafond juste à temps pour me rappeler que cette maison a bien été un foyer pour d’autres familles. D’autres enfants ont grandi ici, ont joué, ont ri et ont détruit leurs chaussures. Alors nous aussi, on va arriver à faire notre nid dans cette maison!

En attendant que les ouvriers s’en aillent et qu’on puisse enfin se sentir chez nous et apprivoiser la maison du petit requin, je vais voir ce que je peux faire avec ces chaussures. Première étape, essayer de les nettoyer et d’enlever le journal sans le déchirer. Si quelqu’un a des suggestions, je prends! Finalement, c’est bien un petit trésor qu’on a déjà trouvé…

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Sunny Monday #9

Pour le mois de mars, Bernie nous propose oiseau. Ça me donne l’occasion de ressortir une photo de nos vacances d’été à Rome. Ces vacances nous avaient fait un bien fou, hors de brexitland alors qu’on ne pensait pas encore en partir comme ça. Mais elles ont été aussi un déclic, la preuve qu’on étouffait et qu’il fallait aller voir ailleurs. Vite. On s’est rendu comte à quel point notre vie anglaise était devenue oppressante. Pour la première fois, on n’a pas eu l’impression de rentrer à la maison à la fin des vacances, mais juste de réintégrer notre stress…enfin bref, cette pause romaine a été bien plus que de simples vacances, mais on n’en a aussi profité. Wizzboy s’est pris de passion pour les pigeons de la piazza Navona, qu’il a pris pour des aigles (à Rome c’est logique) …il faut dire qu’ils savent prendre la pose, ces pigeons!

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