La phrase de la semaine #5

C’est notre première rentrée en France et j’ai découvert avec horreur les listes de fournitures toutes plus indispensables les unes que les autres pour assurer la réussite scolaire de ma progéniture : le cahier bleu moyens carreaux arrondis de 57 pages et demi, le crayon dur-tendre calibre 22, le classeur vert à rayure mauve écartement 3/4 à spirales convergentes et j’en passe. On se demande comment les enseignants et les élèves arrivent à quoi que ce soit en Angleterre, avec un modèle unique de cahier par gamin et par matière…enfin bref, comme je n’avais absolument pas l’intention de me traîner dehors avec ma liste de 253 pages de fournitures diverses et variées, j’ai commandé sur Amazon. Comme c’est arrivé au compte-goutte, le livreur est devenu un habitué. Et bien mardi, il m’a gratifié de la phrase de cette semaine:

Euh…j’ai un peu perdu (totalement par hasard) mais j’ai de la marge. J’ai un physique qui n’est pas exactement fluet, je passe rarement inaperçue (pour des raisons de volume donc, je préfère préciser). Comment a-t-il fait pour ne pas me voir alors que j’étais en face de lui? A la limite, si ça avait été une affirmation: « tiens, la porte s’ouvre il y a quelqu’un », mais non il m’a clairement posé la question. Je suis quoi, pour un livreur Amazon, si je ne rentre pas dans la catégorie des quelqu’uns? Un animal (si on peut choisir, je prends une vache mais avec des ailes) ? Un objet? Une ouverture automatique de porte? Enfin bref, je l’ai rassuré: il y avait bien quelqu’un et j’ai pris mon paquet. Mais je n’ai pas osé commander sur Amazon depuis, c’est angoissant tout ça.

Je précise que je ne me moque pas bêtement de ce pauvre livreur, ou des autres personnes précédemment cités (et à venir). On en fait tous, des phrases comme ça, moi la première. Le but de cette rubrique n’est pas de ridiculiser qui que ce soit, mais de cueillir toutes ces petites phrases comiques involontairement, absurdes, curieuses, saugrenues auxquelles on ne prête pas attention et qui pourtant rendent la vie un tout petit peu plus amusante l’espace d’un court instant.

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Projet 52: soir

Pour le thème choisi par Ma’ cette semaine, je vous amène sur une terrasse romaine, juste avant que le soir commence à tomber. J’aime beaucoup cette lumière si particulière, les ombres qui s’étalent et le soleil qui étincelle encore.

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Friday Feelings #178

Je cherche toujours une intro récurrente sympathique pour les états d’esprit de Zenopia et Postman….je sèche. Ça devient ridicule. Enfin bon, c’est parti, hop.

Fatigue: on commence doucement à se lever tôt, pour se préparer à la rentrée. Pour l’instant, ça va.

Estomac: j’ai ramené un livre de recettes traditionnelles des Landes…

Condition physique: emmitouflée…c’est quoi ces températures? Je ne veux rien savoir pas la peine de me dire qu’il fait encore beau. On a perdu 15 degrés, par rapport à la canicule certes, mais j’ai froid.

Esprit: encombré mais pas trop non plus.

Culture: le plâtrier a pris sur lui de me faire une conférence extrêmement détaillée sur l’évolution de la texture de la brique nordiste au travers des âges, et avec un accent ch’ti pétaradant. Ça a inspiré le chauffagiste qui a suivi la chose. Il a tenu à m’expliquer l’histoire du chauffage au charbon dans les maisons particulières (à ne pas confondre avec l’histoire du chauffage au charbon dans les bâtiments administratifs, on ne souligne jamais assez la différence. Un peu de sérieux voyons) et les inégalités tuyautieres entre les corons et les maisons de maître. J’étais fascinée. Les deux sont formels, vu la texture de nos briquettes et de nos tuyaux, la maison du petit requin est forcément plus vieille qu’on croit. Euh…ben, c’est le notaire qui nous a dit, c’est marqué sur l’acte…éclats de rire tonitruants: mais ma bonne dame, il n’y avait pas de permis de construire à l’époque et toutes les archives du village, mais aussi de la ville, ont été détruites pendant la guerre. On vous a mis une date au hasard sur votre acte. Bon, je ne suis pas persuadée par leurs arguments, mais j’adore vraiment apprendre des choses sur l’histoire et les traditions du coin. Notre plâtrier a même connu, il y a longtemps, la veuve du docteur du requin!

Boulot: forcément quand on enlève les anciens radiateurs, il faut refaire les murs derrière et donc repeindre. Le plâtre et la poussière, c’est le domaine des ouvriers, mais pas la peinture. Taïaut.

Avis perso: j’ai déjà dit que j’ai froid?

Message perso: j’ai encore des problèmes avec messenger qui n’arrête pas de bugguer, je réponds dès que ça marche correctement. Je mets trente ans pour taper 3 mots et ça me les efface 9 fois sur 10. Bon courage pour ta maman et les cours.

Loulous: L’Ado fait son malin et nargue les autres. Il est encore en vacances pour trois semaines, lui. Ça n’amuse pas du tout ses frères et sœurs. GeekAdo angoisse déjà comme un fou. C’est terrible comme cet enfant se stresse tout seul pour rien, on dirait sa mère. KnightyDiva n’est pas ravie non plus, mais pour la première fois, elle peut préparer une tenue de rentrée. C’est quand même cool de ne pas avoir d’uniforme. Du coup, PrincesseChipie qui elle, est très contente de repartir à l’école, s’est demandée si elle ne devait pas elle aussi s’intéresser au côté vestimentaire de la chose. Elle m’a fait investir dans des converses bleues pailletées absolument radieuses. WizzBoy est en transe: il a fait un miur. Si. C’est à dire que le façadiste-dien-deur (enfin le type qui refait les façades, j’ai oublié de chercher le terme exact) refait le bas des murs (ou miurs en language Wizzboy). Vous voyez, dans les maisons du nord, la partie en dessous des briques, ça fait à peu près un mètre? Wizzboy était en admiration béate hier et ce monsieur lui a très gentiment passé sa truelle. Wizzboy a balancé gracieusement deux ou trois pâtés de ciment sur le mur. Il était tout fier.

Amitié: ça fait très plaisir de se retrouver, même par Skype.

Love: lui a déjà fait sa rentrée, avec autant d’enthousiasme que GeekAdo.

Penser à: refaire les cartes de bus scolaire.

Courses: comme on est tous un peu grognon avant la rentrée, on s’est vengé au marché.

Sortie: quand les travaux auront avancé un peu, on verra.

Envie de: canicule!

Pic: le côté brillant ne ressort pas trop sur la photo, c’est très discret.

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Thursday Thunder: chère SNCF

Très chère (vraiment très chère) SNCF

Il y a longtemps qu’on ne s’était pas vu, toi et moi, alors qu’on se fréquentait beaucoup quand j’étais étudiante en France. Je vais être honnête: tu ne m’as pas manqué. Je ne compte plus les fois où tu as pris sur toi de me faire visiter Paris de nuit, parce que j’avais raté ma correspondance à cause de tes retards malencontreux. Je me souviens d’un de tes cerbères grincheux guichetiers qui m’avait gratifié d’un language extrêmement fleuri quand j’étais venue me plaindre, encore une fois et déposer un dossier de remboursement très partiel. Quitte à me confronter avec tes potes, autant y aller à fond, j’en avais profité pour acheter un billet pour traverser la France, comme à mon habitude: Dunkerque-Arras-Paris Nord-Paris Montparnasse-Bordeaux-Mont de Marsan. Une vraie odyssée, sur deux jours que tes retards systématiques compromettait régulièrement alors même que ça occupait une sacrée partie de mon budget étudiant qui aurait été bien mieux employée ailleurs (non, pas en café, en boissons légèrement alcoolisées ou en BD, mais en pâtes. A l’eau.). Ce jour là, en tout cas, on a touché momentanément le fond de nos relations parce que ce monsieur a très mal pris, en ton nom, le fait que je paie…en bons d’achat. Ah ben vous êtes une habituée des réclamations vous, ça vous amuse? Non, je suis une habituée de vos retards.

Source

Et puis le temps est passé et je t’ai oublié. J’ai découvert les joies du Dart irlandais, mais j’étais juste contente qu’il existe, vu l’état des transports en commun à Dublin il y a 20 ans, il ne m’est jamais venu à l’idée de prendre ses grilles horaires pour autre chose que des panneaux décoratifs. J’ai enchaîné (enfin, c’est plutôt Maricheri qui a subi ça) avec les élucubrations horaires des trains anglais et leurs raisons toujours plus inventives pour être non pas en retard mais annulés. Il y a un cheval sur les rails, pas de train pendant 4 heures et retards sur 2 jours. Il faut couper tout le trafic de Liverpool Street (l’une des gares les plus importantes en terme de voyageurs de Londres) à cause d’un plant de tomates sur les voies (c’est du vécu). Pas de train quand il neige un demi millimètre, quand il fait chaud (dès 20 degrés), quand il pleut un peu fort… Finalement, rentrée en France je me suis dit qu’apres tout ça, je pouvais sans crainte renouer avec toi. Je suis entraînée. Soyons honnête, tu as été très bien pour nos retrouvailles quand j’ai dû aller à Paris il y a quelque temps. Tu as même très gentiment fait en sorte, grâce à une tarification originale, que je me retrouve pour moins cher en première et que je puisse profiter pleinement des conversations des autres passagers. C’était tellement remarquable que je me demande encore si ce n’était pas des figurants que tu mets là pour égayer le voyage. Tu les féliciteras de ma part, j’ai bien ri. Cette fois c’est sûr, chère SNCF, on est réconcilié, toi et moi! Ahah.

C’est donc confiante mais légèrement naïve que je n’ai pas hésité à réserver des billets de train pour partir en vacances avec mes trois plus jeunes enfants, prête à retraverser la France comme quand j’étais étudiante mais sûre que cette fois ça se passerait très bien. Il faut dire que tu as bien changé. Déjà, tu vas beaucoup plus vite, plus la peine d’étaler ça sur plusieurs jours, en partant tôt le matin, on arrive pour le déjeuner. Il n’y a pas à dire, tu t’es sacrément améliorée. On va être potes toutes les deux, tiens. Il y a même moyen de prendre un TER à notre petite gare perdue (pardon, il faut dire « halte » visiblement) pour aller rejoindre la civilisation gare TGV. C’est parfait. J’étais donc sur le quai en rase campagne à 5h du mat, avec mes valises et mes enfants endormis mais excités. Regardez, le train arrive. Il a même ralenti pour qu’on l’admire bien quand il est passé sans s’arrêter malgré l’affichage qui annonçait bien deux minutes d’arrêt. J’étais donc sur le quai en rase campagne à 5h du mat avec mes valises et mes enfants qui pleuraient. Sérieusement, chère SNCF, halte ça veut dire quoi pour toi? Et tes horaires qui indiquent un arrêt, c’est de l’art abstrait? Et tu vends des billets pour une gare, un horaire et un train précis pour faire une blague ou quoi? Non parce que c’est moderne, vu que j’ai pris les billets sur ton site, tu devais savoir que je serais là sur le quai en rase campagne à 5 h du mat avec des enfants (tu m’as même demandé leur âge). De là à dire qu’effectivement tu as changé mais en pire…

Sans l’extraordinaire gentillesse d’un monsieur qui rentrait de son travail de nuit et s’est arrêté parce qu’il a vu une femme seule avec des enfants au milieu de nulle part alors qu’il faisait encore très sombre, on n’aurait jamais rejoint la gare TGV à temps. Le manque à gagner financier est ridicule et ne justifie pas que je perde mon temps en réclamation comme quand j’étais étudiante. Mais tu vois, chère SNCF moi aussi, j’ai changé. Je suis maman maintenant et je n’ai jamais été plus en colère contre toi que ce matin où tu as failli gâcher les vacances de mes enfants en les lassant en rade sur un quai perdu presque en peine nuit. Finalement, très chère, vraiment très chère SNCF, toi et moi, ça ne va pas le faire.

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Ypres

On a profité des vacances pour aller s’empiffrer de chocolat faire un tour en Belgique. On s’est baladé à Ypres, qui n’est pas comme ça, à priori, la destination la plus guillerette, et je ne parle pas de la météo qu’on peut qualifier de changeante pour être poli (c’est sûr qu’entre bruine épaisse et déluge torrentiel, il y a une nuance énorme, demandez à mes cheveux…). Je faisais évidemment allusion aux diverses petites sauteries mondiales qui ont eu lieu dans le coin, au début du siècle dernier, vers 1914 et les quatre années suivantes, par là….en même temps, quand on vit dans le Nord Pas de Calais, on n’échappe rarement aux cimetières militaires (on en a même un dans notre village). Au moins, à Ypres, il y a aussi d’excellents chocolats.

Avant de devenir mondialement connue pour ses tranchées et autres bombardements, Ypres a été au moyen âge, très prospère grâce au commerce textile. C’était même une des plus grandes villes d’Europe au XIII siècle d’après Wikipedia, qui est bien plus avenant que les préposés à l’office de tourisme local. Cela dit, son aisance médiévale a permis à Ypres d’avoir de très jolies rues et de grands monuments, dans le pur style flamand. C’est charmant (et très bien reconstruit…). La grande place est splendide et je ne sais pas si j’ai mentionné qu’on y trouve de très bons chocolatiers? Il y a aussi l’hôtel de ville et surtout l’imposante halle aux draps reconvertie en musée et office de tourisme francophobe mais heureusement anglophone. Ypres (Ieper en flamand), comme toute la region n’a pas attendu la première guerre mondiale pour connaître des massacres immondes batailles à n’en plus finir et elle a changé plusieurs fois de nationalité, passant notamment des anglais aux français en 1658 ce qui fait qu’on peut se promener en hauteur sur les fortifications Vauban pour avoir une vue d’ensemble sur la ville. Franchement, c’est très sympathique.

La cathédrale Saint Martin, derrière la grand place avec le cloître a été entièrement bombardée mais reconstruite à l’identique après la première guerre mondiale, un peu comme toute la ville en fait. Marichéri n’a pas résisté à prendre une photo d’un pigeon perché sur une statue pour sa collection ( de pigeons sur des statues, notamment d’un en train de faire pipi sur la tête de Jeanne d’arc à Paris…je sens que je m’éloigne du sujet), mais ce n’est pas le plus spectaculaire. Je vous fais grâce des monuments, mémoriaux et autres souvenirs aux malheureux soldats, notamment ceux de l’empire britannique à l’intérieur de la Cathédrale, mais c’est parce que je vais y revenir.

Je disais donc qu’à Ypres, on n’échappe pas au souvenir de la première guerre mondiale. Ypres a commencé les festivités qui l’ont rendu si tristement célèbre dès octobre 1914, avec une première offensive allemande et ça n’a plus arrêté jusqu’à la libération de la Belgique, c’est dire si on s’est amusé pendant 4 ans. On ne parle pas de la bataille de Ypres mais des batailles de Ypres, notamment la troisième, celle de Passchendaele (je vous passe les détails immondes). C’est à Ypres qu’a été lancé pour la première fois ce grand classique de l’époque: le gaz moutarde, qu’on appelle aussi ypérite, en l’honneur de ce premier massacre cette inauguration. Ça doit bien faire plaisir aux malheureux canadiens sur qui s’est tombé, qu’on donne le nom de leur lieu d’agonie au poison qui les a tués. On estime que quelques 300 000 soldats sont morts juste à Ypres, dont une majorité de pauvres malheureux arrachés aux fins fonds de l’empire britanniques pour finir là, de l’autre côté de terre. On ne compte plus les monuments aux morts, mais c’est le mémorial de la porte de Menin qui est le plus impressionnant. C’est une gigantesque porte, tapissée à perte de vue des noms des pauvres types tombés là. La litanie est sans fin. Des gamins de l’âge de mes deux grands, des hindous qui ne devaient même pas savoir où ils étaient, des fratries entières…on a même retrouvé le nom de notre ancien village de l’Essex sur les couronnes de poppies, de coquelicots commémoratifs. C’est à hurler de rage même un siècle après, et terriblement émouvant. Les soldats n’ont pas été sectaires, ils ont laissé la population civile jouer aussi. Elle a diminué de moitié entre 1914 et 1918. Ypres a été pratiquement toute anéantie…

Bon, j’ai bien cassé l’ambiance (attendez, on n’a pas encore été visité Notre Dame de Lorette, ça risque d’être fun aussi). Mais Ypres a été magnifiquement reconstruite et son charme flamand préservé. Elle mérite d’autres visiteurs que des militaires déposant mécaniquement des gerbes souvenirs devant des monuments désolants. Ses petites rues, ses restes de grandeur médiévale et ses façades flamandes valent la peine d’être vus pour eux mêmes. Et puis, n’oublions pas le chocolat…

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La redécouverte

La semaine dernière, PrincesseDiva, PrincesseChipie, Wizzboy et moi sommes donc allés passer quelques jours chez mes parents, dans Les Landes, j’en ai déjà parlé. J’avais promis de revenir sur notre séjour. Mes parents ne sont pas du tout en centre ville, et franchement, je n’ai jamais éprouvé le besoin lors de nos précédentes visites d’aller y faire un tour. On mange du canard, on voit la famille, on mange du canard, on se balade dans la région, on mange du canard…on tourne autour mais on ne va pas dans Mont de Marsan. Il se trouve que ça a changé. Mon papa a voulu nous monter et les filles ont voulu visiter. J’ai donc arpenté pour la première fois depuis presque 25 ans les rues de mon adolescence, avec mes enfants enfin, surtout mes filles parce Wizzboy honnêtement, s’en fichait complètement du moment qu’il y avait du goûter (sans canard).

Source

Cette petite ville que je ne voyais pas parce que j’étais très peu sensible au décor à 15 ans m’a surprise. C’est comme ces parisiens qui n’ont jamais visité la Tour Eiffel, quand on vit sur place, on ne prête aucune attention aux attractions touristiques. Enfant, on en a même très vite assez des visites obligatoires de toujours les mêmes sites à chaque fois que nos parents reçoivent quelqu’un qui n’est pas du coin. Franchement, ces adultes, ils ne savent pas s’amuser. Marichéri en est même arrivé à être plus que lassé du château de Versailles, à force d’y être traîné régulièrement. Alors forcément, à Mont de Marsan, on sature encore plus vite et j’ai très vite été fermement persuadée que ma petite ville n’avait strictement aucun intérêt.

Pour faire plaisir aux filles, il a fallu que je ressorte un peu de ma mémoire ce qu’il pouvait bien y avoir à voir à Mont de Marsan. Après tout, je suis d’habitude persuadée qu’il y a toujours quelque chose non pas nécessairement spectaculaire mais intéressant partout, même dans les endroits les plus paumés ou les moins accueillants. Il y a forcément des choses à découvrir, touristiquement, culturellement, sociologiquement… j’en ai oublié où j’ai grandi comme si c’était le seul endroit au monde sans intérêt. Et pourtant, à travers les yeux curieux de mes enfants, j’ai vu que le donjon, la mairie, la minoterie, le théâtre, les berges de la Midouze, les petites rues, le soleil, les maisons rénovées ou abandonnées ont quelque chose à offrir. Meme Wizzboy était fou, yeah, un château de chevalier. Comment j’ai pu ne pas m’en apercevoir avant? Est-ce que dans mon obsession pathologique de toujours aller voir ailleurs par curiosité, je ne suis pas passée à côté de quelque chose? Je me suis vraiment posée la question. Pendant trente secondes. Je ne pense pas. Au contraire, c’est précisément parce que je suis allée plus loin que je peux comparer, apprécier, redécouvrir d’autant plus en sachant que je ne fais que passer. Si je n’avais pas d’autres horizons que ce magnifique donjon, il m’ennuierait vite. On peut admirer un endroit sans que ce soit exclusif, sans que ça coupe les ailes. Bien sûr que j’ai besoin de me poser, mais ailleurs, quelque part où j’ai tout à découvrir. C’est de la curiosité, pas de la bougeotte.

Si je n’étais pas partie, je n’aurais rien à redécouvrir. Je n’aurais pas ce plaisir là. Je suis donc bien décidée à revenir avec Marichéri, juste en touriste pour une fois. A laisser les enfants chez papi et mamie et à me balader le nez en l’air en attendant d’être surprise, impressionnée, amusée, comme je peux l’être ailleurs et partout…et c’est agréable!

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Sunny Monday #34

Pour finir ce mois en bleu du rendez vous de Bernie, je vous amène dans le Sud Ouest. J’en rentre, et il faisait beau, chaud et ensoleillé, ça tombe bien. Voilà un peu du bleu du bassin d’Arcachon.

Bonne semaine à tous!

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La phrase de la semaine #4

Cette semaine, j’ai eu la joie et le bonheur de passer par le métro parisien avec ma marmaille qui a vivement été impressionnée. On n’a pas ça dans notre campagne. Enfin, on doit aussi avoir des cas, mais ils sont finalement plus discrets. Parce qu’on est tombé sur une illuminée, debout dans le wagon, qui débitait son prêche d’une voix monocorde sans se laisser perturber par la cohue, l’indifférence quasi générale, et les gloussements de rire de PrincesseDiva. On ne l’entendait qu’à l’arrêt, impossible de saisir un mot de ce qu’elle déblatérait entre les stations, mais elle ne s’interrompait pas pour autant. On a de la chance, elle est montée en même temps que nous, on a bien saisi le début:

La mort éternelle, à ne pas confondre évidemment avec la mort momentanée. La mort par intermittence. La mort en alternance. Ou la mort zombiesque. Enfin, un truc comme ça. Bon par contre, vu que le métro a démarré juste à ce moment là, je ne sais pas du tout comme cette brave femme s’y prend pour sauver comme ça d’un coup, tout un wagon pas forcément enthousiasmé, des affres de la mort éternelle. C’est ballot. Arrêt suivant et on a appris, ébahi, qu’on avait le choix, soit suivre ses conseils qu’on n’avait donc pas pu entendre et avoir la vie sauve, soit mourir pour toujours. C’est carrément angoissant. Voilà qu’à cause de bêtes problèmes d’acoustiques, on ne va pas pouvoir ressusciter. Ou alors, elle parlait de mourir à répétition? Ce n’est pas clair…

Sans compter qu’on ne sait pas ce qu’elle fait les autres matins. Ce matin, elle voulait nous sauver mais si ça se trouve le soir, elle repasse dans le métro pour apprendre aux gens à parler vulcain. On ne sait pas. Et c’était peut être juste ce matin là qu’elle était dans le métro pour nous éviter la mort éternelle. Le lendemain, elle a peut être donné la recette pour une mort alternative, pour soigner les cors aux pieds ou pour réussir les lasagnes au fromage. C’est trépidant tout ça.

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Projet 52 : faire une pause

Je ne crois pas que Ma‘ voulait s’arrêter cette semaine, il s’agit bien du thème. Je n’avais strictement aucune idée. Heureusement, Capucine a pris sur elle de m’aider. Je ne veux pas dire qu’elle fait une pause en dormant un peu. Pas du tout. Elle fait une pause dans sa sieste en ouvrant un œil paresseux pour participer. Cette bête est admirable de dévouement.

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Friday Feelings #177

il faudrait que je trouve une introduction récurrente pour les états d’esprit de Zenopia et Postman. Ça serait plus simple…

Fatigue: aaargh. Retour en train tard hier. Avec Wizzboy qui a commenté tout le trajet.

Humeur: caféinée

Condition physique: dévorée. Par les moustiques je veux dire.

Estomac: très content de son séjour landais.

Esprit: pas encore démarré.

Boulot: les ouvriers ont bien avancé pendant qu’on était parti. C’est à dire que j’ai eu la joie de revenir dans un chantier rempli de poussière et de gravats, rhaaa. Ils ont enlevé tous les anciens radiateurs, pas forcément avec délicatesse. Ça nous a permis de découvrir les tapisseries d’origine. Le salon et la salle à manger étaient vert à fleurs, la cuisine orange, notre chambre avait un festival de fleurs pastel, style vomi printanier de guimauve… et on ne peut rien faire tant qu’ils n’ont pas fini. Ils doivent commencer à poser les nouveaux radiateurs la semaine prochaine.

Culture: le foie gras, c’est culturel, non? Sinon, on est tombé sur la vie est un long fleuve tranquille…comme ça faisait bien 6 mois qu’on ne l’avait pas vu, on a comaté devant. Ça prend une autre dimension quand on vit dans le Ch’Nord.

Avis perso: je reste persuadée qu’on doit pouvoir enlever tout ça (les vieux radiateurs et les tuyaux préhistoriques qui viennent avec) sans mettre un tel bazar. Parce qu’ils ont vraiment fait fort. Par contre, ça confirme que les premiers propriétaires inconnus étaient modernes. Le chauffage date de la construction, comme l’électricité. Il fallait y penser à l’époque.

Message perso: Skype la semaine prochaine?

Loulous: L’Ado et GeekAdo s’en sont très bien sortis. Ils ne voient même pas pourquoi je me suis inquiétée. Même les tentatives culinaires de L’Ado ont été qualifiées de « mangeables » par GeekAdo. Mais bizarrement, il faisait des grands gestes, style sémaphore épileptique derrière L’Ado qui se vantait de ses talents de cuisinier et proposait de nous faire tester aussi. Les filles ont adoré les quelques jours chez papi et mamie, malgré les moustiques. Elles ont traîné papi à la plage et mamie dans les boutiques. WizzBoy est en pleine interrogation géographique. Je suis sûre qu’on est resté en France parce que le train, c’était long. On est peut être en Russssssie? En Belzique? En Spain?

Amitié: je suis en retard, dans les mails comme dans les paquets!

Divers: je me suis faite insultée méchamment par un SDF! Comme on avait un peu de temps à la Gare du Nord, les enfants ont voulu des frites (ils deviennent de vrais petits ch’ti). J’ai vu grand, il nous en restait une demi tonne. J’ai voulu la donner à un SDF qui l’a très, très mal pris. Ça ne se fait pas à Paris? Je suis provinciale…

Love : il inspecte les murs qui étaient derrière les radiateurs avec des airs mi archéologue, mi plâtrier, mi qui n’y connaît rien. Ça l’intéresse. Ça me déprime (pas ses explorations, l’état du chantier).

Penser à: rappeler le façadier. Vérifier si ça existe comme mot et si non chercher le terme exact. Façadeur? Façadiste? Machin?

Courses: j’aurais bien ramené pas mal de choses (comestibles), mais le métro chargé comme un mulet en trainant Wizzboy, ça me tentait moyennement.

Sortie: ça dépend de la météo. Ou fête de l’andouillette ou festival de voitures rétro. On est peut être en province, on distribue des frites de manière éhontée, mais on a aussi des animations palpitantes comme ça. Non mais.

Envie de: vacances plus longues.

Pic: j’étais obligée de passer chez Baillardran. Obligée. Les connaisseurs comprendront.

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