Bref retour aux sources

Les filles, Wizzboy et moi sommes en vacances quelques jours chez mes parents. Elles se moquent de moi, je suis en plein trip souvenirs. Regarde, mon école primaire, mon collège, le bar où j’allais au lycée (mais il ne fallait pas le dire à papi et mamie. Il y a prescription maintenant), mon école de dessin, oh et j’avais une copine qui habitait là, et ça a bien changé tout ça…entre nos déménagements et changement de pays, ça fait un moment qu’on n’était pas venu. Mais surtout, quand on vient en famille, on passe du temps…en famille aussi, mais élargie, avec les oncles, tantes, cousins et à visiter le coin. J’ai traîné Maricheri un peu partout. Je ne pense jamais à aller en ville. À repasser dans ces rues que je connaissais forcément par cœur. Mont de Marsan, c’est une bonne partie de mon enfance et toute mon adolescence. Je n’avais qu’une hâte , c’était découvrir le monde. Pas pour partir à tout prix, mais pour voir ce qu’il y avait ailleurs. Ça me fait bizarre de revoir ma ville d’enfance aux travers des yeux de mes enfants.

Si ça vous intéresse il y a des infos ici

Les filles trouvent tout exotique, elles s’émerveillent des monuments que je ne voyais même plus et que je redécouvre avec plaisir. Elles ont chaud aussi. Elles goûtent de tout (j’insiste, dans les Landes, le pastis ne se boit pas, il se mange, c’est une sorte de brioche). Elles font des photos touristiques (et très, très floues). Je suis le mouvement. C’est très curieux comme expérience, je ne sais pas trop quoi en penser…je vais continuer à réfléchir et je vous en parle bientôt.

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Flying with kids reloaded

Bon, soyons clair, je suis en vacances, chez mon papa et ma maman, c’est à dire que je régresse en pleine enfance ou presque. Je suis certes très jeune (4 ans et demi), mais je ne crois pas qu’il y ait eu beaucoup de blogs quand j’étais gamine…déjà que internet…enfin bref, passons. Ça fait deux jours que les filles se fichent de moi et mes souvenirs, ce n’est pas la peine d’en rajouter. Tout ça pour dire que je n’ai pas vraiment pu tapoter quoique ce soit aujourd’hui. J’ai failli ne rien mettre, mais il se trouve que des gens me lisent. Des gens proches. Géographiquement, puisque certains poussent la proximité jusqu’à partager un bout de canapé, et ils m’ont fait remarquer qu’il y avait du laisser aller bloguesque. Avant de régresser complètement à l’état ado en pleine réunion de famille, qui n’est pas vraiment ma meilleur période (vous voyez PrincesseDiva? C’est de la rigolade à côté), je me suis traînée péniblement jusqu’à l’iPad et je ressors une vieillerie de circonstance pour leur faire plaisir. On n’a pas voyager en avion mais en train cette fois, pourtant il y a des similitudes. Malheureusement. C’était l’année dernière et j’en suis encore traumatisée.

Marichéri ne rentre pas dans un siège normal. Lui et ses 6m08 se sont pliés loin devant pendant que GeekAdo encastrait ses 4m02 derrière moi, moitié dans l’allée, moitié sur les genoux du voisin, moitié sur le crâne de sa sœur. L’éloignement de Marichéri, qu’on voyait pourtant bien dépasser de la marée de têtes devant nous, a déclenché les premières réclamations:

– Mamaaaan, on a perdu papaaaa.

-Non, il est devant.

-mais-euh, mamaaaaan, comment on va faire sans Papa quand l’avion va tomber?

Ahaha. Pas de soucis, l’avion ne va pas tomber. Vu que ça fait une heure qu’on est coincé dedans sur le tarmac sans avoir bougé d’un demi millimètre, les risques de chute sont très limités. Du coup, WizzBoy a enchaîné:

-Mamaaaaan, are we there yet?

-L’avion n’est pas encore parti mon chéri.

-Why?

– Je sais pas.

-…

-Mamaaaan, l’avion va tomber?

-are we falling down? Yeah!!!

Je reste calme. Tout va bien. La preuve, on a fini par décoller, par surprise, juste quand une hôtesse  annonçait qu’on en avait encore pour une autre heure d’attente. Hurlements de terreur des filles, et cris de joie suraiguës de WizzBoy, ça y est le n’airplane va tomber! Charmant bambin.  Je vous passe le bébé qui pleure (en même temps, ça couvrait les bruits de ma tribu, c’était très bien), le groupe de demeurés congénitaux bourrés (et probablement brexiters) partis pour un enterrement de vie de garçon et les sommes démentielles qu’il a fallu verser d’urgence pour un muffin au chocolat. Parce que WizzBoy s’est mis à hurler quand il a vu le chariot des hôtesses. On l’affame. On ne le nourrit jamais. On est de vrais bourreaux d’enfants alors que ce pauvre petit est au bord de l’inanition. En plus, ça serait bête de ne pas manger un muffin en attendant que l’avion tombe.

-ça suffit, l’avion ne va pas tomber, eat your gold-plated muffin!

-Are we there yet?

– mais oui bien sûr, c’est juste que le pilote préfère rester en l’air encore deux heures, pour le fun.

-are we falling down?

Au bord de l’infanticide, j’ai décidé d’aller aux toilettes, principalement parce que mes enfants n’y étaient pas. Marichéri s’est plié comme il a pu à côté d’eux (Papa vient parce que l’avion va tomber? ). Évidemment,  il y avait une file d’attente d’à peu près  25 km. Et c’est pile quand je suis arrivée devant qu’il y a eu des turbulences (en plus de celles de mes enfants je veux dire) et que j’ai dû repartir tout de suite m’assoir, dans la joie.

– Ça y est, l’avion tombe?

– Noooon! L’avion ne va PAS tomber.

-Le n’airplane is falling!…are we there yet?

– mamaaaan, j’ai faim, soif, envie de faire pipi, perdu mon iPad (rayez la métion inutile). Fais quelque chose! Nooooow!

GeekAdo, qui est limite agoraphobe n’en pouvait plus d’être enfermé comme ça avec des gens. Il était au bord du malaise, on aurait dit sa mère. PrincesseDiva boudait. PrincesseChipie commentait les mouvements de l’aile.

-oh, mamaaaan, regarde, l’aile s’est cassée!

-quoi?!?

-yeah, the n’airplane is falling down!!!

-une dernière fois, nÔÔÔn, l’avion ne va pas tomber.

-…

– the n’airplane is falling, now?

Non, il atterrit. Les ivrognes infâmes derrière ont bêtement applaudi, mais pas WizzBoy, il était très déçu. Alors soyons clairs, ce n’est pas que je sois trouillarde (je suis pire) et que j’aie peur en avion, mais le prochain qui s’avise de parler d’un n’airplane qui tombe, il rentre en Angleterre à la nage! Non mais.

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Sunny Monday #33

On est toujours en bleu pour le rendez vous de Bernie, et je colle au thème avec un ciel …en direct des Landes. C’est un retour aux sources qui me permet de passer pour un vieux débris auprès des filles, à coup de « je me souviens », « là, il y avait » et autres « ça a changé ». Elles hurlent de rire. Filles ingrates. Mais ce qui n’a pas changé, c’est bien le bleu du ciel!

Bonne semaine à tous!

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La phrase de la semaine #3

En bons ex-expats, on est encore obsédé par la nourriture. Comme dit Maricheri, 21 ans à bouffer n’importe quoi, ça marque. Mais ce n’est pas la phrase de la semaine (ça aurait pu, Maricheri est un grand philosophe puisque je rappelle qu’il mesure à peu près 6m02). Non, la citation d’aujourd’hui vient de notre lieu favori: le marché. On ne s’en lasse toujours pas, comme de vrais touristes anglais. Pendant les vacances, on y amène les enfants avec nous (sinon, on les dépose à l’école avant), et Wizzboy est accueilli par ces mots charmants:

Soyons clair, il a d’abord eu peur. C’est qui ce type qui me saute dessus, armé d’une courgette ou d’un melon qu’il veut me faire goûter en plus? Et c’est qui ce Chtiot? La première fois qu’il a entendu cette phrase admirable, Wizzboy a opéré une retraite prudente derrière mes jupes (enfin, mon jeans). Et puis, il s’est laissé amadoué, à coup de fraises et autres cerises gentiment offertes. Il ne sait toujours pas pourquoi le maraîcher l’appelle ch’tiot, mais c’est pas grave. Le marché c’est fun, et le monsieur qui parle rigolo, il est très gentil. Et donc cette semaine, quand Wizzboy a eu droit à cette phrase devenue habituelle, il ne s’est pas démonté. Il est allé claqué la bise au maraîcher: « ça va et ze veux des fraises auzourd’hui ». Un vrai petit local.

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Projet 52: passage

Cette semaine, j’innove! J’ai mis le titre en français, (en même temps, il m’a suffit d’enlever un C) et comme je me lassais de numéroter, j’ai préféré y mettre directement le thème choisi par Ma’ aussi. C’est trépidant tout ça. Enfin bref, on disait donc passage. Alors là, c’est une évidence. J’ai de suite pensé à cette photo. Je rappelle que Maricheri vient de Paris (ou juste à côté, mais on ne va pas chipoter) et qu’on aime bien s’y balader de temps en temps. J’adore le Palais Royal, son côté désuet, à la fois grandiose et oublié. Il n’y a pas grand monde, on croise des gens pressés qui coupent par la pour gagner du temps, sans s’arrêter, des amateurs éclairés d’antiquités et quelques flâneurs paresseux, un ou deux touristes égarés aussi. Il y a une certaine nostalgie sous les passages de ces arcades que j’apprécie beaucoup.

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Friday Feelings #176

C’est parti, comme ça sans préambule pour les états d’esprit de Zenopia et Postman

Fatigue: les travaux ont repris…on est à nouveau envahi par des ouvriers. C’est la joie.

Esprit: fumeux.

Condition physique: gélatineuse

Estomac: se prépare à son séjour landais…de très bonne humeur donc.

Humeur: contradictoire. Si. Et non.

Boulot: Marichéri reprend bientôt. Ça sent la rentrée…

Culture: il faut vraiment qu’on arrête de regarder des documentaires quand on est fatigué. On suit beaucoup moins bien. Par exemple l’autre soir, je ne suis pas sûre que ça racontait l’invention d’un nouveau sport, ça avait plutôt l’air d’être sur l’Égypte. En même temps, un triathlon marche, ping-pong et sumo, ça peut être intéressant non? Ne cherchez pas, il n’y a aucune explication rationnelle à nos délires. Les enfants se plaignent d’ailleurs. Il paraît qu’on a ri si fort qu’on a réveillé PrincesseChipie, au deuxième et KnightyDiva nous a fait remarquer d’un air pincé que nous, on est les adultes, pas les enfants.

Avis perso: les courses de rentrée française vont me faire regretter les uniformes anglais.

Message Perso: je n’ai pas oublié ton anniversaire, au contraire j’avais une idée de cadeau peut être un peu trop précise. Ça a raté, du coup j’ai perdu du temps et j’ai remplacé par autre chose. Mais le paquet attend que L’Ado se traîne à la poste, c’est imminent. D’après lui.

Loulous: L’Ado est impatient, il va être chef de la maison pendant 4 jours. Non mais ça va coin, j’chuis adulte, je vis tout seul à Londres, meuh. Il n’a pas tort. Mais il y a GeekAdo aussi. C’est bon maman, ça va aller, je dors, je mange et j’ai internet, je verrais même pas que t’es pas là. Bon. Je me sens rassurée certes mais aussi confusément vexée. KnightyDiva est partagée, d’un côté elle est ravie de partir chez papi et mamie, de l’autre, elle trouverait ça cool de rester à la maison toute seule comme les deux grands. Bien sûr, ma chérie quand tu auras leur âge…mais c’est dans super longtemps! Ben oui. Non mais, c’est quoi ces manies de vouloir se débrouiller sans moi en riant, bande de gamins ingrats. PrincesseChipie est surexcitée comme toujours. WizzBoy aussi. Je sens le voyage va être une joie. Non mais c’est quoi ces manies de vouloir rester collés à moi en chouinant, bande de gamins gluants.

Divers: je laisse donc les deux grands, les chattes et un congélateur plein à craquer pour quelques jours. Maricheri part bosser à Londres mais les ouvriers seront là en journée et on commence à être potes avec eux depuis 6 mois. La boulangère est prévenue aussi. Tout va bien. Bon et puis j’avoue, je suis bien contente d’échapper un peu aux travaux.

Amitié: j’ai des problèmes avec messenger qui a le hoquet, ça n’aide pas à leur répondre.

Love: il ne veut pas du tout retourner à l’école au boulot. Je suis à fond avec lui.

Penser à: prendre les maillots de bain ou pas?

Courses: le congélateur est au bord de l’explosion, le frigo est plein de cochonneries à passer au micro ondes, il y a de quoi nourrir 150 personnes pendant 3 mois, ça devrait le faire pour deux morfales pendant 4 jours.

Sorties: je laisse mes parents décider du programme, je ne suis pas sectaire.

Envie de: voir les travaux finir vite. Mais on en a repris pour trois mois…

Pic: je suis joie. En débarrassant la mezzanine du grenier pour refaire l’isolation, les ouvriers ont trouvé par terre ce qu’on a tous pris pour de vieilles fenêtres pourries. Il y avait aussi une impressionnante collection de crucifix, une vieille scie, un lit démonté, une valise antique mais vide et de grands panneaux grisâtres tombant en poussière. En regardant de plus près, j’ai eu un doute. Les grands panneaux étaient les portes fenêtres d’origine de la salle à manger. Je suis extrêmement déçue, c’est irrécupérable. J’essaie depuis hier de persuader Marichéri de les garder quand même au cas où j’arriverai à en faire quelque chose, mais bon…par contre, les « vieilles fenêtres » une fois nettoyées étaient en parfait état et pas du tout des fenêtres. Ce sont les portes vitrées des placards autour de la cheminée, celles que je croyais détruites depuis longtemps. Lessivées, un peu rabotées et hop, les voilà. Il ne reste plus qu’à les peindre.

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Throwback Thursday Thunder: Beach ready, my arse

La maison est à nouveau pleine d’ouvriers après quelques semaines de calme très relatif et j’ai la migraine. Du coup, comme je me prépare aussi à partir dans les Landes, où on trouve de très belles plages (sans chauvisme aucun bien sûr) avec des gens en maillot de bain dessus, je vous ressors une colère qui m’échappe après avoir jeté un œil paresseux aux pages dites légères et féminines de divers journaux. Qui donc parlent de poids, en toute logique. Je rappelle qu’un cerveau même féminin, peut compter autre chose que des calories. Des paires de baffes dans la gueule de publicitaires sexistes par exemple. Cela dit, il n’y a pas qu’eux qui sont misogynes. Si j’en crois les signatures au bas des sombres torchons qui prétendent me donner des conseils pour être beach ready, prête pour la plage, la connerie se rit de la composition chromosamale de ses auteurs. On peut très bien être sexistes et anti féministes entre femmes. Si c’est pas choupinou. Petasses décérébrées, tiens.

Source Excellente réponse à une affiche qui a pollué le métro de Londres en montrant une pauvre fille, mi phasme, mi mollet de héron et demandant si on était beach ready. Et un coup de pelle (de plage) dans la tête, ça aide?

Etre beach ready, avec des gamins, c’est ne pas oublier le chapeau de l’un, le ballon de l’autre et se trimbaler un semi remorque d’accessoires divers dont strictement aucun n’est destiné aux parents qui sont déjà bien contents si ils n’oublient pas leur maillot. N’importe lequel. Le vert trop petit et informe qu’on se traîne depuis 15 ans ou un violet à pustules trouvé par hasard au fond d’un placard et dont on n’est pas sûr d’être le propriétaire. Etre beach ready, ce n’est pas s’affamer pendant 6 mois pour perdre trente grammes avant de pouvoir penser éventuellement à prévoir d’aller à la plage, c’est se demander 3 minutes avant le départ si on a pensé à prendre la bouée licorne. C’est se moquer éperduement de l’apparence des autres sur la plage, on a déjà assez à faire avec nos gosses, entre le nudiste qui refuse d’enfiler son maillot et le timide, qui reste en anorak sur le sable par 40 degrés, on n’a vraiment pas le temps ni l’envie de s’inquiéter de nos voisins de serviette. Ni de notre propre apparence. Soyons clair, je suis extrêmement dodue. J’ai un maillot rouge petant (style pompier, en pire) à gros pois blancs dont je suis très contente parce qu’il me met de bonne humeur. Je me contrefous de savoir si je suis beach ready ou pas tant que mes bourrelets rentrent plus ou moins dedans, en repartissant un peu, ça me va. Je me préoccupe plus de la température de l’eau que de la mode, ça me paraît plus important pour profiter de la plage! Sérieusement quelle sombre petasse veut être beach ready comme lui ordonne certains torchons dits féminins? Quelle pauvre fille juge sa valeur à la taille de ses cuisses plutôt qu’à l’état de son cerveau, affaibli à force de lire autant de conneries complexantes? Quelle ayatollah de la mode a osé penser que ce genre de logorrhée verbale était acceptable?

Déjà, j’ai horreur par principe qu’on me dise quoi faire, encore plus quand ça vient d’une pseudo journaliste qui n’est pas fichue d’aligner trois mots et se permet des jugements à l’emporte pièce sur des sujets aussi capitaux que la forme d’un maillot de bain ou l’épilation d’un sourcil avec des airs de grand gourou annonçant une avancée médicale révolutionnaire. Non mais, sérieux?!? Ça va pas mieux? Il faut se détendre un peu ma cocotte, je suis sûre que ça aide pour la plage…parce que tu vois, c’est tout le problème, se préparer à aller à la plage, ça veut dire qu’on se prépare à aller quelque part parce qu’on aime bien, on pense y passer un bon moment, pas parce que c’est une sorte d’examen ou une corvée qui demande des mois d’entraînement. Tu ne vas pas me croire, mais on va à la plage pour le plaisir, pas pour épater la galerie. Si tu vas à la plage ou ailleurs en ne pensant qu’à l’image que tu donnes à des inconnus qui sont heureusement plus occupés à vivre leur vie qu’à se pencher sur la tienne, tu ne dois pas rire tous les jours. Arrête de te demander ce que les autres pensent de ton apparence (probablement rien, ils s’en foutent) et reprends du dessert au lieu de nous bassiner avec tes dictats débiles. Vas faire un château de sable avec tes gosses ou rigoler dans l’eau avec tes potes, tu verras, la plage, c’est fun aussi.

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Arras

Je continue ma grande opération (n’ayons pas peur des mots) de promotion touristique de ma nouvelle région avec Arras, ce qui m’a surpris aussi. Je ne savais pas du tout que Arras est en fait extrêmement sympathique.

On commence par la Grand Place, qui est magnifique. D’après Wikipedia qui est mon ami, et le dépliant qu’on nous a gracieusement offert à l’office de tourisme, les façades sont un mélange admirable de baroque flamand et de classicisme français. En tout cas, c’est une réussite.

Toutes les façades datent du XVII et sont sur le même modèle sans être exactement identiques, sauf une, qui se détache avec ses briquettes bien rouges et son architecture typiquement gothique et flamande. C’est la plus vielle maison d’Arras et elle date de 1467.

On prend ensuite la rue de la Taillerie, avec ses maisons de marchands, toujours dans le même style et ornées d’écussons et ses cafés (je dis ça comme ça, mais il y a une pâtisserie qui est très bien juste à côté).

On arrive sur la place des héros qui ressemble beaucoup à une grand place avec son superbe beffroi. On peut y monter mais j’ai le vertige. Le premier beffroi de 1554 a d’abord été restauré en 1833 avant d’être reconstruit à l’identique après avoir été détruit par les bombardements allemands en 1914.

À l’intérieur, on trouve l’hôtel de ville, l’office de tourisme, une expo sur la première guerre mondiale et les géants d’Arras. Ils datent du carnaval de 1891 et continuent à sortir régulièrement pour participer aux festivités locales.

On arrive ensuite devant la cathédrale Saint Vaast (ça se prononce Saint Va) qui elle aussi a été joyeusement bombardée pendant la première guerre mondiale. On trouve partout des traces des ravages de la guerre dans le coin… On a reconnu les poppies britanniques et on a été particulièrement touché par le mémorial aux combattants du common wealth, à tous ces malheureux venus du fin fond de l’empire britannique pour finir dans les tranchées du Nord Pas de Calais.

En se baladant dans le centre ville, on peut aussi voir l’hôtel de Guines, ancien hôtel particulier qui accueille maintenant des expositions ou encore le musée des beaux arts dans le couvent Saint Vaast.

En fait, il y a plein de choses à voir à Arras, on y retournera. Surtout qu’il y a bientôt la fête de l’Andouillette et que ça intéresse vivement Maricheri et GeekAdo. Comme quoi, Arras est vraiment très sympathique!

Ce n’est toujours pas un billet sponsorisé, mais comme d’habitude quand quelque chose me plaît, je vous mets un lien ici si ça vous intéresse.

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(Not) getting over brexit

Ça fait maintenant un peu plus de 6 mois qu’on est en France, qu’on a quitté l’Angleterre et pourtant je continue à vous saouler avec le brexit régulièrement. Je n’arrive pas à passer à autre chose. Je ne suis pas encore totalement habituée à notre nouvelle vie certes, mais c’est aussi que je ne digère toujours pas l’énormité du brexit et de ses conséquences en général et sur notre famille en particulier. Je continue à m’agiter du clavier autant que je peux et ça m’amène parfois à devoir discuter avec des journalistes, dont une la semaine dernière qui m’a dit qu’on sentait bien rien qu’au ton de ma voix que je n’avais pas fait le deuil de notre ancienne vie, de notre Angleterre. Sa réflexion m’a beaucoup perturbée, j’y réfléchis depuis une semaine. La formule est un peu forte, mais je crois bien que, toutes proportions gardées, elle a raison.

Source

Il m’arrive encore très souvent d’être submergée, presque physiquement par une vague de nostalgie. Qu’est-ce qu’on a fait? Pourquoi? Ça me prend n’importe quand, sans prévenir. Tout à coup, un petit bout insignifiant de notre vie anglaise revient et j’en ai littéralement le souffle coupé. J’en pleure presque en pensant à tout ce que nos enfants ne connaîtront pas de leur pays, parce que l’Angleterre était leur pays, entre ceux qui y sont nés et ceux qui y sont arrivés si jeunes qu’ils n’ont aucun souvenir de l’Irlande. Bien sûr, ils ont déjà trouvé leur place ici, bien plus rapidement que moi d’ailleurs, mais est-ce que l’Angleterre ne va pas leur manquer un jour? Évidemment, on peut toujours y aller en vacances, ils pourront peut-être y vivre adulte (avec un visa? Un permis de séjour à durée limitée dans leur propre pays de naissance?) mais ce n’est pas la même chose. Pas de prom, pas de graduation, pas UCAS, pas de tout ce qui faisait leur vie de tous les jours…et pour nous, fini le bonheur de vivre en deux langues, de s’extasier sur toutes les petites britisheries qu’on découvrait encore. Finies certaines amitiés, finies nos habitudes devenues si anglaises, finie notre routine bien huilée, finie notre vie d’avant.

Seulement cette vie ne s’est pas terminée quand on a déménagé. Elle s’est brisée le 24 juin 2016, même si malgré le choc initial on n’a pas de suite pris conscience de l’ampleur des dégâts. Il a fallu des mois de stress, d’angoisse, de discriminations, de xénophobie institutionnalisée, des mois de racisme au quotidien, des mois où le gouvernement a refusé inlassablement de garantir nos droits d’un côté et a continué à nous traiter d’otages de l’autre (ce sont leurs mots), des mois pour mesurer tout ce qu’on pouvait perdre peut-être inexorablement (le droit de se faire soigner, de se loger, de travailler, d’étudier…). Des mois pour comprendre que nous n’avions plus de place en Angleterre. Des mois pour comprendre que notre Angleterre n’existait plus. Le décalage n’est pas géographique mais temporel. On n’a pas quitté notre vie anglaise il y a 6 mois, elle a cessé d’elle-même en juin 2016, et depuis, elle me manque. Mais ce manque était bien plus difficile à vivre en Brexitland qu’en France. La différence entre ce qu’on avait perdu et notre nouvelle réalité était constante. Ici, on peut démarrer une nouvelle aventure, une nouvelle vie.

Je regrette énormément mon Angleterre d’avant, je n’en ai peut-être pas encore fait le deuil, effectivement. Je ne sais pas si j’y arriverai un jour. Même depuis la France, je continue à faire ce que je peux, à ma minuscule petite échelle pour que ce pays que j’ai tellement aimé, ne sombre pas complètement. L’Angleterre qui me manque a disparu et je ne regrette pas une seule seconde d’avoir quitté Brexitland.

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Sunny Monday #32

On est encore en bleu pour le défi de Bernie…mais parfois, même quand le soleil perce un peu, le ciel et la Manche restent gris. Heureusement qu’il y a les ferries pour mettre une touche de bleu!

Bonne semaine à tous!

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