Friday Feelings #259

Le confinement n’est pas une raison pour arrêter les états d’esprit, au contraire. Bon par contre, pour l’horaire, c’est un peu décalé, école à la maison oblige.

Fatigue: physique pas du tout, intellectuelle oui! L’école à la maison avec 4 enfants en terminale, troisième, sixième et CP, ça m’épuise. Surtout la philo. Principalement la philo. Énormément la philo. Rhaaa….

Humeur: je ne sais pas trop…ça oscille.

Condition physique: finie la peinture, et donc finies les courbatures!

Esprit: alors là, c’est beaucoup plus calme que d’habitude. Spinoza m’a assommée.

Estomac: à force de ne pas se laisser abattre, il va finir par exploser.

Boulot: le bureau est complètement fini! Ça y est, c’est officiel, l’intérieur de la maison du petit requin est entièrement rénové. Youpidoo. Sinon, on bosse dur. Marichéri télé travaille et aide GeekAdo en math et en sciences. Je fais le reste. Dans la joie et la bonne humeur pour l’instant. On fait le point, les 4 enfants et moi autour de la table de la salle à manger à 8h30 tous les matins, armés des iPad (les trois grands en ont un fourni par l’école). Je télécharge les docs avant 8h ou la veille. On réparti le travail pour la journée et hop, c’est parti. Je n’ai pas eu un emploi du temps comme ça depuis le lycée, et encore. Par exemple aujourd’hui ça donne 9h français niveau CP, 10h histoire géo niveau sixième avec la Grèce antique, 11h math niveau troisième, 12h math niveau cp pour 20 minutes, pause déjeuner et ça continue l’après midi. Évidemment, les trois grands font beaucoup de choses seuls, mais il faut vérifier, montrer, expliquer quand ils coincent et Wizzboy n’est pas du tout autonome. Quand je pense qu’il y a à peine une semaine, je disais encore que ça me manquait d’enseigner, ahaha (pour les nouveaux, j’ai été prof de français pour des élèves anglais).

Culture: vous ne m’en voulez pas si je ne reviens pas sur Spinoza? Sinon, on peut parler de Kant…ou de la poésie engagée, de l’Iliade et l’odyssée ou de timioche le petit poisson. Au moins, c’est varié…

Avis perso: Boris Johnson et sa herd immunity (immunisation d’un troupeau, si si, pour lui, les britanniques sont un troupeau) sont des dangers pour l’humanité.

Message perso: à tous, bon courage, et bien sûr prenez soin de vous et des votres en restant chez vous.

Loulous: L’Ado est donc coincé à Londres. Je suis sereine, en tout cas lui est très calme. Son université est fermée mais les examens ne sont ni annulés ni reportés pour le moment, on a donc demandé à tous les étudiants de rester sur place au cas où ils ne pourraient plus revenir à temps pour les partiels. Je trouve ça un peu léger, comme approche…heureusement, L’Ado n’est pas tout seul. Il est avec son colloc qui est son meilleur pote depuis 12 ans et dont les parents ne sont pas loin, et on a des amis sur place aussi qui ne vont pas abandonner notre fils à son sort. C’est très rassurant. GeekAdo stresse beaucoup pour le bac et parcoursup, mais sinon, ça va. Je suis sûre qu’il fait exprès de me torturer avec sa philo que soit disant il n’arrive pas à faire tout seul…MangaGirl râle, mais elle travaille aussi. Apparement, j’explique mieux que sa prof d’espagnol…disons plutôt qu’elle n’a pas peur de se tromper avec moi, du coup, elle se lance et elle progresse. PrincesseChipie épuise ses profs, même à distance. Elle finit ce qu’ils envoient presque instantanément, elle a terminé tous les exercices pour la semaine prochaine, elle renvoie tout en exigeant d’être notée, bref, ils n’arrivent pas à suivre son rythme! Wizzboy aime bien l’école avec Maman, mais il est un peu perdu face à la situation générale, il ne comprend pas vraiment. On le rassure, et on évite certains sujets. Il est content d’avoir les grands pour jouer au foot dans le jardin, il profite de Marcel, mais ses copains lui manquent.

Divers: sérieusement, Spinoza, pourquoi?

Amitié: juste ❤️

Love: c’est officiel, il est en télétravail minimum jusqu’à mi avril maintenant. Il galère plus que les enfants avec ses connexions par contre. Du coup, c’est lui le responsable familial approvisionnement du frigo. Ça lui a permis de faire une rencontre hallucinante devant chez le boucher. Il y avait déjà 4 personnes dedans, donc il attendait gentiment dehors, en respectant bien les marquages au sol quand un couple de charmants pré centenaires est arrivé. Ils se sont plantés juste sous son nez, intrigués: vous attendez quoi, qu’est-ce qui se passe? Ils n’étaient au courant de rien! Marichéri a dû patiemment les informer et ils ont mis un moment à comprendre que peut-être il ne fallait pas rester coller à lui, pour leur propre santé. Ils ont fini par s’écarter pour revenir aussitôt à trois millimètres de lui et lui faire part de leurs impressions : c’est long d’attendre. Ahaha. Marichéri était tout estomaqué: c’est vrai que c’est rare pour lui, de se faire des nouveaux amis comme ça.

Penser à : n’importe quoi sauf Spinoza

Courses: on mesure toute la chance qu’on a d’être dans un village, qui plus est un village avec des commerces, dont une épicerie, une boucherie et une boulangerie.

Sortie: ahaha…je pense juste supprimer cette rubrique jusqu’à nouvel ordre, ça sera mieux.

Envie de: normalité comme beaucoup je pense

Pic: Bon, ben j’y retourne…

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Apprendre moyennement l’histoire anglaise en s’amusant: épisode II

Comme je suis toujours engluée dans les programmes de terminale, de troisième, de sixième et de CP (qu’est-ce qui nous a pris de faire autant de gamins?!? Et L’Ado m’envoie aussi ses papiers à relire, y compris en italien, que je ne parle absolument pas…), je continue à massacrer allègement l’histoire anglaise dans le seul but d’amuser la galerie.

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On en est à la conquête romaine. Non parce que la préhistoire, ça va bien 5 minutes, mais j’ai du mal à m’extasier sur un silex…enfin bref, pour faire son intéressant, ce qui lui arrivait souvent, César décide un beau matin de franchir la Manche. Il fait un flop en -55, mais comme il est têtu, il remet ça. Il monte une croisière transmanche avec plus de 30000 participants en -54. Il était comme ça, César, il n’aimait pas rester sur un échec. Ça l’énervait. Vous allez rire, les celtes anglais ne se laissent pas faire et arrêtent deux minutes de se taper dessus entre eux pour essayer de rejeter César et ses potes à la mer. Ils s’organisent autour d’un chef qui répond vraiment au nom de Cassivellaunus quand on lui parle en latin, ce n’est pas une blague tirée d’Astérix chez les bretons. Ça ne dure pas. Cassivellaunus est vite lâché par les autres chefs de tribu, qui en grands patriotes, préfèrent capituler devant César plutôt que se ranger derrière un compatriote. Je ne juge pas, si ça se trouve Cassivellaunus était antipathique, avait l’haleine fétide et des pellicules. Il faut comprendre les autres chefs…en plus, à vouloir unifier tout le monde contre un ennemi commun, il s’asseyait sur des siècles de tradition locale: si on ne peut plus se trucider entre nous sous prétexte qu’il y a un plus grand danger, où va-t-on ? Bref Cassivellaunus est vite obligé de capituler. Mais César étant légèrement hyperactif, il est déjà passé à autre chose et il laisse les anglais à leur île humide. C’est limite vexant.

Il faut attendre l’empereur Claudius pour que Rome s’intéresse à nouveau à ce coin paumé, tout là-bas, aux confins de l’empire. C’est d’ailleurs pour ça qu’on parle de Grande-Bretagne. Ça ne veut pas dire que cette Bretagne est plus grande que l’autre, mais qu’elle est plus éloignée de Rome, comme on parle de greater London ou de grande couronne pour les banlieues de Londres et Paris. Le great de great britain ne reflète aucune grandeur, aucune supériorité, c’est juste une question de distance. Mais revenons à Claudius et à la conquête romaine. Un beau matin de 43, il envoie en balade à peu près 20 000 soldats qui débarquent dans le Kent. Les tribus locales ne résistent pas assez longtemps pour empêcher Claudius lui-même de venir assister au triomphe de ses troupes à Camulodonum (Colchester aujourd’hui).

En 2006, comme les légionnaires romains avant nous, on débarquait à Colchester et je peux confirmer que c’est paumé, un peu plouc, pas très fun…mais ça n’a pas toujours été le cas. Colchester s’enorgueillit d’être la plus vieille ville d’Angleterre. C’était même la capitale. Malheureusement, les habitants étaient beaucoup plus agités à l’époque que maintenant. Ils se sont bêtement vexés des taquineries des soldats romains, qui les ont un tout petit peu trucidé et poussé dans un coin (pour les survivants) pour pouvoir construire leur capitale britannique. Les légionnaires romains étaient comme ça, très joueurs. Les Icenis, la tribu locale, emmenés par leur reine Boudicca ont pris la mouche. Boudicca avait du caractère, de l’autorité et un certain sens tactique. Selon les témoins de l’époque, elle était très grande, rousse, avait une voix de charretier et un caractère de cochon une autorité naturelle, mais bon, les témoins en question étant tous romains, si ça se trouve, elle était charmante et primesautière.

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Quand les romains lui piquent son héritage après la mort de son mari, violent ses filles devant elle et la torturent, ça l’énerve. On peut la comprendre. Et hop, profitant d’une absence de la garnison, partie en promenade champêtre rasé des villages plus à l’ouest, elle incendie toute la ville, avec tous ses habitants, y compris femmes et enfants. On ne va quand même pas faire de détail. Pour certains, Boudicca est une grande patriote (alors que franchement, je suis sûre qu’elle aurait aussi bien trucidé la tribu d’à côté si ils l’avaient contrariée) ou même une icône féministe. Si. Rien de tel pour faire avancer la cause des femmes que de faire cramer quelques gamins. Du coup, les romains, vexés, se s’installent à Londres. Ils se sont aussi un tantinet vengés quand ils ont réussi à attraper Boudicca.

A partir de là, les romains décident d’aller voir un peu le reste du pays. Vous savez ce que c’est, quand on reste en vacances quelque part, on a envie de profiter à fond des attractions touristiques, quitte à se taper des exécutions de groupe. Les romains mettent 4 ans à tout conquérir sur leur passage. Certes, les gallois résistent un peu, mais c’est plus pour être polis qu’autre chose. Ils voient bien que les romains arrivent tous armés, prêts à en découdre, alors ils répliquent un peu, pour ne pas les vexer. C’est vrai qu’elle aurait eu l’air malin, l’armée romaine sans ennemi en face… Enfin bref, le chef de la résistance galloise, un certain Caratacus finit par être capturé bêtement en 51. Ce fin stratège a eu l’idée géniale de se réfugier chez une tribu ennemie…ça n’a pas loupe, il a été livré de suite aux romains, les gallois adoptant la même philosophie que les tribus en Angleterre qui préfèrent se soumettre gentiment à l’envahisseur plutôt que de s’allier avec le voisin. Cela dit, cette similitude de vue a peut-être une explication logique. Des historiens qui n’ont peur de rien, prétendent que les celtes qui vivaient dans ce qui deviendra l’Angleterre ont fui devant l’avancée romaine et se sont donc réfugiés au Pays de Galles. C’est à dire que d’après eux, les vrais anglais d’origine sont les ancêtres des gallois d’aujourd’hui, pas des anglais modernes. J’en ris encore. Cette théorie a le don de vexer autant les nationalistes gallois qu’anglais, et rien que pour ça, elle mérite qu’on en parle. Les Ecossais font meilleure figure, eux. Je ne veux pas critiquer mais alors que les futurs anglais sont déjà colonisés depuis plus de 30 ans, les Ecossais ne se laissent toujours pas faire.

Ça énerve le nouveau gouverneur, Julius Agricola qui débarque en 77 ou 78, les reportages d’époque sont confus. Ça doit être un problème de décalage horaire…. Et paf, le petit Julius se lance à la conquête de l’Ecosse avec un succès qu’on peut qualifier de mitigé pour être gentil. En plus, dès qu’il gagne un bout de territoire, il y flanque une garnison. Ça peut paraitre logique, mais c’est une erreur stratégique majeure. Les pauvres types deviennent neurasthéniques entre la solitude des landes écossaises aussi animées qu’un cirque lunaire et le climat beaucoup moins pimpant qu’à Rome, et ils délaissent toujours leurs positions, de tristesse. Finalement, l’empereur Adrien décident en 122 que les pictes et autres calédoniens, c’est à dire les écossais de l’époque, sont tellement barbares qu’ils ne méritent même pas d’être massacrés comme les tribus du sud. Les romains construisent un joli mur, audacieusement baptisé mur d’Adrien ou Hadrian wall en v.o. pour empêcher les écossais de venir dans leur cour de récréation, leur territoire, c’est dire à quel point ils refusent de jouer avec eux. Non mais.

Et voilà, c’est parti pour quelques siècles d’Angleterre romaine. N’ayant strictement aucune compétence pour parler, pas plus que j’en avais pour tout ce qui précède , je vous propose de le faire quand même la semaine prochaine, toujours pour s’amuser un peu en ces temps maussades. Et encore une fois, prenez bien soin de vous!

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Apprendre moyennement l’histoire anglaise en s’amusant: episode I

Dans un soucis d’égayer un peu l’ambiance et parce que je me suis transformée en salle des profs à moi toute seule depuis trois jours, j’entame une nouvelle rubrique spéciale confinement. Les plus anciens (lecteurs je veux dire, ça n’a rien à voir avec l’âge, on a tous 4 ans et demi, non? ) connaissent ma manie de massacrer l’histoire d’Angleterre. Je me suis dit que c’était l’occasion d’y aller à fond, ça me détendra et ça vous amusera peut être (j’espère, c’est le but), parce que franchement, côté pédagogique, soyons honnêtes, c’est pas ça…

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Commençons originalement par le début et la préhistoire. Enfin, pas trop loin non plus, parce que vraiment, je n’y connais absolument rien. Autant prévenir de suite. Alors donc, l’Angleterre et ses alentours comme ça, à première vue, c’est sur une île. Et même une île déserte au départ, parce qu’avant -800 000 à peu près, il n’y a personne. Ça commence fort, on s’ennuie déjà. Sauf que détail troublant, à l’époque, justement ce n’est pas encore une île, je sens que ça va être simple. La Grande-Bretagne est rattachée par une espèce de pont de terre au reste de l’Europe, comme quoi, les hommes préhistoriques étaient moins sectaires que certains électeurs d’aujourd’hui. Je vous passe les détails, les premiers humains modernes arrivent donc par cette bande de terre en -800 000, et se soucient de créer une nation comme de leur première peau de mammouth.

Ces vrais anglais, ces autochtones british, ces locaux d’origine ne sont absolument pas les ancêtres des brexiters nationalistes. J’irais même jusqu’à dire que les politiciens agités et les tarés xénophobes anglais sont en fait des descendants de migrants en tout genre, de vrais petits melting pots à eux tous seuls. Il n’y a vraisemblablement pas de descendant des premiers habitants de toute l’île. Et toc. C’était déjà soupçonné par les historiens voilà que c’est prouvé par les généticiens. Ça ne plaît pas à tout le monde. C’est sûr que ça doit faire un choc de passer son temps à hurler après les étrangers et de se réveiller un beau matin en apprenant qu’on est soit même issu de migrants alors que les vrais anglais de souche, les premiers habitants préhistoriques du pays,  ont disparu depuis longtemps.

On sait aujourd’hui que la population britannique d’origine dans son ensemble a été entièrement remplacée d’un coup (je ne sais pas si ils sont partis tous seuls ou ont été poussés à la mer …) il y a 44 500 ans par des migrants venus d’Europe continentale, qui n’ont pas hésité à prendre le job de chasseur de mammouth des locaux, à leur piquer leurs allocations de silex, peut-être à ricaner sournoisement depuis leur grotte sociale (comme les logements sociaux) donnée d’office pendant que les pauvres vrais anglais grelottaient dehors et disparaissaient. En tout cas, ça fait des années que les brexiters nous expliquent qu’il n’y a rien de mieux à attendre des sales migrants européens qui réussissent l’exploit de prendre le boulot des honnêtes xénophobes et leurs allocations chômage en même temps. Manque de chance, l’ADN a parlé comme dans les séries policières, et les descendants de ces immondes profiteurs venus d’ailleurs, ben ce sont les anglais modernes. Je me demande ce qu’ils attendent pour rendre mammouth, silex et grotte et dégager fissa tiens, ces enfants de squatteurs étrangers. Go back where you come from et tout ça! Mais il y a mieux. Voilà que grâce au squelette d’un de ces premiers habitants (qui ont donc été lâchement remplacés par des migrants), gentiment surnommé Cheddar Man, et notamment grâce à l’ADN prélevé dans son crâne, les scientifiques peuvent affirmer que les premiers hommes vivants en Angleterre avaient les yeux clairs et la peau très foncée voire noire. Les vrais anglais pure souche étaient noirs. Certains racistes ne vont jamais s’en remettre. On a même fait un modèle en cire de Cheddar Man avec une coiffure mi rasta mi afro mi Chewbacca du plus bel effet. C’est là que je me dis que capillairement parlant, je ressemble beaucoup plus à une anglaise d’origine que les brexiters.

A part ça, franchement, à l’âge de pierre, il ne se passe pas grand-chose en Angleterre. On s’ennuie carrément. Déjà qu’il n’y a pas grand monde, ils ne font rien d’exaltant non plus. C’est d’un terne tout ça…il commence à y avoir des fermes, on domestique des cochons. Les néolithiques, probablement pour s’occuper un peu, se mettent à construire des remparts en terre. On ne sait pas trop pourquoi. Est-ce que c’était des fortifications pour protéger des habitations ? Est-ce que ça avait un intérêt religieux ou militaire ? C’était pour un pari ? Surtout que la terre et la boue, à force, c’est salissant. Du coup, ils se décident enfin à passer à la pierre pour leurs monuments funéraires. Encore aujourd’hui, les anglais n’hésitent pas à se glorifier des tumuli de New Grange, leur alignement avec le soleil, leurs entrelacs compliqués de motifs sculptés dans la pierre, leurs chambres funéraires. C’est vrai que c’est remarquable. C’est aussi très en Irlande. Il n’y a pas d’équivalent aussi remarquable en Angleterre ( j’ai déjà parlé de Stonehenge, je n’y reviens pas surtout qu’on ne peut plus sortir). Avant que leurs descendants s’attribuent honteusement ce qui n’est pas à eux, les premiers futurs anglais continuent d’évoluer. Non seulement tous ces braves gens arrivent du continent, mais ils commercent avec, ils y puisent leurs traditions, leurs religions, leurs avancées technologiques, leur modèle d’habitat… Je dis ça comme ça, sans faire aucune remarque sur les brexiters, ce n’est pas mon genre mais ils étaient très intégrés au continent. Il semblerait même qu’une des tribus préhistoriques les plus avancées d’Angleterre, les beakers people, connus pour leurs porteries rondes, étaient en fait des touristes ibériques égarés…

On passe maintenant à l’âge de fer, l’iron age. Ça n’a rien à voir avec Margaret Thatcher, même si elle avait des airs de T-Rex déplumé. On parle de la période pré-conquête romaine, juste avant Astérix chez les bretons, par là. Les tribus s’organisent, et donc commencent à se taper dessus entre elles. Ces braves gens sont celtes comme les Irlandais et les Ecossais d’aujourd’hui, pas du tout comme les anglais modernes donc. Ils construisent plus de 300 places fortifiées dans tout le pays dont une de plus de 18 kilomètres carrés à Colchester, dans l’Essex. Je ne dis pas ça pour crâner, mais on vivait dans le coin (pas à l’époque. Je préfère préciser quand même). C’était le plus grand centre de peuplement permanent de l’île, puisque beaucoup de places fortifiées n’étaient pas occupées toute l’année. On pense qu’elles accueillaient des marchés ou des cérémonies religieuses qui y attiraient des foules, mais elles se vidaient presque entièrement une fois les festivités terminées. Toute cette activité est le fruit des…vous avez rire, migrants européens, qui arrivent par vagues successives. Pour la plus grande joie des archéologues, ils commencent à se faire enterrer avec tout leur bardas, leurs armes, leurs trésors, leurs bijoux. C’est vraiment sympa d’avoir pensé à la science des siècles avant.

Il y a environ 2 millions habitants dans toute la Grande Bretagne vers l’an zéro, et presque autant de clans, c’est dire si on s’éclate, littéralement. Les celtes britanniques avaient la manie de se disputer entre eux, comme leurs petits cousins gaulois, et de se peinturlurer avant les batailles. Pour peu qu’ils mettent du bleu, ça fait mêlée de schtroumpfs…on se demande bien pourquoi les rugbymen anglais jouent en blanc maintenant. Et pourquoi les brexiters se disent britanniques, puisque même leur nom est une invention d’un migrant européen. Il leur a été donné par un marseillais, un certain Pytheas qui était en vacances dans le coin vers -320. Je ne sais pas moi, il souffrait peut être d’allergie au soleil et cherchait un endroit frais… en tout cas, il décide pour une raison obscure de dire à ces potes qu’il se balade en Prettania, qui deviendra Britannia puis Britain. Je ne suis pas sûre que les brexiters apprécient qu’on les traite de prittaniques, même pour faire plus authentique. Enfin bref, ça se traine tout ça, ce n’est pas que le temps passe, mais César et ses légionnaires à jupette s’impatientent…

On va donc s’arrêter là pour aujourd’hui, si ça vous a amusé, rendez-vous demain ou la semaine prochaine (ça dépendra de mon humeur) pour l’épisode II, et prenez bien soin de vous!

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Jour 1…

Bon, honnêtement, j’ai hésité à écrire aujourd’hui…déjà, je n’ai pas trop le temps. L’école à la maison, de la terminale au CP, c’est la joie. Mais surtout je n’ai strictement rien à dire (c’est pas ça qui m’empêche de déblatérer d’habitude, on est d’accord, mais bon…). Déjà parce que comme beaucoup je pense, je suis en état de sidération. Ça a du bon d’ailleurs, je suis trop estomaquée par la situation pour angoisser. Ensuite, parce que je ne vois pas ce que je pourrais vous dire que vous ne viviez pas aussi. On est tous dans la même galère…

Je pourrais éventuellement vous parler du message ubuesque de Boris Johnson aux anglais, mais je risque de m’énerver et donc de sortir de ma sidération finalement confortable. Et donc de stresser pour L’Ado. Il est à Londres. Il a préféré ne pas se précipiter à l’ambassade pour être rapatrier même si son université a suspendu tous les cours, unilatéralement. Il a peur de ne pas pouvoir revenir pour ses examens. C’est un grand garçon, il se débrouille, mais bon…sinon, je pourrais vous raconter notre organisation, mais tous les parents ont plus ou moins la même, non? On a la chance que le collège et le lycée fonctionnent en temps normal avec des tablettes. Les trois grands y avaient déjà tous leurs cours, leurs livres, leurs devoirs, leurs exercises. Ils communiquent habituellement comme ça avec les profs et leurs camarades, il y a déjà des groupes de travail virtuels qui fonctionnent toute l’année. Bref, ça se passe bien. Marichéri a pris en charge les maths et les sciences pour GeekAdo, je fais le français, la philo, l’histoire géo, l’espagnol…et toute la classe pour les autres, dont Wizzboy! Là par contre, rien n’était mis en place avant. On a récupéré ses cahiers et ses livres, la maîtresse envoie des fiches de travail et j’ai ressorti mes cours que j’avais gardés plus par nostalgie qu’autre chose. Tu viens de classe de mer? attends, justement, j’avais des leçons sur ça! J’ai miraculeusement retrouvé tous mes plans de cours, mes exercices, les comptines, les activités: on a fait un magnifique poisson en 3 D hier. Wizzboy était impressionné: mais c’est vrai alors que tu étais maîtresse avant? A peu près, oui…

Marichéri est celui qui a le plus de problème à s’organiser, les serveurs sont saturés, mais sinon ça va. Il a été désigné à l’unanimité responsable de l’approvisionnement familial, c’est lui qui se tape la queue à la boucherie. Non, on ne fait pas des stocks, on a plein d’enfants, dont un qui mange pour 10, le semi remorque de denrées, là, c’est juste pour un repas. En tout cas, on est bien content de vivre dans un village avec des petits commerçants qui nous connaissent bien. Pendant que Marichéri nous ravitaille, je révise Spinoza, le passé simple en espagnol niveau troisième, la filtration niveau sixième et la formation des volcans au CP. On va sortir de là, je serais prête pour repasser le bac!

Finalement, j’ai trouvé des choses à dire…un peu. Je crois que je devrais me concerter sur écrire des bêtises, d’abord parce que c’est inné, et on a besoin de se changer les idées (clairement, après 2 heures de Spinoza, n’importe quelle distraction fera l’affaire), non? Vous en pensez quoi? Et surtout, prenez bien soin de vous.

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Sunny Monday #12

Marichéri occupe le bureau et l’ordinateur. Je dois faire avec les archives dans mon iPad pour trouver une photo ensoleillée et avec la couleur du mois, magenta, pour le défi de Bernie. Encore une fois, je puise dans les souvenirs erasmus de L’Ado, avec des massifs de fleurs à Vitoria, au pays basque espagnol.

J’en profite aussi pour vous souhaiter bon courage à tous.

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Projet 52: en surface

Comme le bureau est inaccessible, rénovation oblige (ça se termine, Marichéri va être très bien installé pour télétravailler!), j’ai décidé de puiser dans les photos espagnoles de L’Ado pour le thème choisi par Ma’ cette semaine. Comme elle, j’ai pensé à la surface de l’eau. Mais j’ai eu la chance de trouver aussi une autre surface intéressante et tout aussi réfléchissante: celle du Guggenheim de Bilbao. Le bâtiment est recouvert en surface de plaques de titane, qui se reflètent sur la surface de l’eau. En plein dans le thème! L’architecte Gehry, voulait obtenir une surface rugueuse, organique et réfléchissante, c’est une réussite.

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Friday Feelings #258

Sérieusement, qu’est-ce que je peux mettre comme intro aux états d’esprit?

Fatigue: par anticipation, comme beaucoup de parents j’imagine.

Condition physique: ramollie. Non parce que autant je ne panique absolument pas (ça m’étonne moi même, mais vraiment, j’ai beau cherché, ça ne me fait strictement rien. J’arrive à rester très cartésienne parfois) au niveau santé, autant j’étais dans un état de stress intense depuis lundi matin. J’avais peur qu’on ferme les frontières et que Marichéri ne puisse pas rentrer. Résultat, j’ai été tellement pénible qu’il est arrivé plus tôt, et donc, je me sens toute molle de soulagement après avoir été un chouïa tendue…c’est agréable.

Humeur: je disais donc, soulagée. Je vais pouvoir m’inquiéter pour savoir si L’Ado pourra rentrer aux vacances de Pâques maintenant.

Esprit: emulsifié. Visiblement, d’après mon correcteur d’orthographe, le mot n’existe pas. C’est dommage, ça devrait.

Estomac: tiens, on va se venger sur le fromage…

Culture: il faut que j’arrête de m’endormir devant un documentaire pour me réveiller sur celui d’après. Ça donne des trucs bizarres, le temps que je comprenne qu’on a changé de sujet. Non, les égyptiens n’ont pas construit la cathédrale de Strasbourg. Et les lynx n’ont pas envoyé de sonde sur mars. Enfin, je crois pas.

Boulot: ahaha, on va le mater ce bureau! Sinon, réunion lundi annulée ou maintenue? C’est le flou total.

Avis perso: la gestion de crise à la Boris Johnson, c’est quelque chose! Bon alors, il y en a sûrement qui vont mourir, mais lavez-vous les mains et demerdez-vous. Ça, c’est de l’allocution télévisée qui rassure autant ceux qui paniquent que les marchés. Ou pas.

Message perso: bon Netflix!

Loulous: L’Ado est inquiet pour Arsenal, sinon, ça va très bien. GeekAdo, après avoir partagé un hurlement de joie avec sa sœur hier soir, était très inquiet ce matin : c’est bien gentil leurs délires là, mais et le bac alors? MangaGirl, elle était toujours euphorique jusqu’à ce que je l’informe que c’est moi qui prends le relais des profs, on va en profiter pour rattraper son retard en français. Ça ne l’a pas amusé du tout. PrincesseChipie par contre est extrêmement contrariée depuis hier. Elle a besoin d’aller en cours, d’être notée, de recevoir les compliments des profs….rhaaa, mamaaaaaan! Elle n’en peut plus. Pendant ce temps, Wizzboy est toujours en classe de mer. Il rentre tout à l’heure. Au vue des photos envoyées par l’école, il a l’air de s’éclater. Je sens qu’il sera aussi excité au retour qu’il l’était avant le départ.

Divers: la prof de math qui envoie tous les cours, les exercices et les devoirs dès 7 heures du mat, c’est une incroyable conscience professionnelle ou alors elle attendait la fermeture des écoles avec impatience? Comme j’ai été impressionnée par son organisation, on va dire la conscience professionnelle.

Amitié: soigne toi bien

Love: hiiiiii! Il est obligé de travailler à la maison pour les deux prochaines semaines, minimum! Non, il n’est pas prof, mais travaille dans un milieu extrêmement international, où il côtoie des gens venant de partout et en partance vers ailleurs en continu, à qui on a demandé de rester chez eux à partir de lundi. Je suis pour. Marichéri aussi, même si il râle parce qu’il doit réorganiser toute son équipe.

Penser à: réviser le programme de physique chimie de terminale, ça pourrait servir dans les prochains jours. Surtout que GeekAdo pense bêtement que je sais, comme j’ai fait le même bac que lui. Ahah, je comprenais déjà pas à l’époque, ça ne s’est pas arrangé depuis…

Courses: ben oui, normalement. On n’a pas fait des stocks. Non seulement je ne vois pas l’intérêt, mais c’est impossible à faire: GeekAdo mangerait tout directement.

Sortie: alors là, par contre, c’est annulé. On devait voir France-Irlande féminin (c’est du rugby) dimanche. Dommage.

Penser à: justement, il faut que je regarde quand ça aura lieu du coup.

Envie de: calme. C’est pas gagné

Pic: je vous envoie des fleurs à tous. J’aime beaucoup les hortensias blancs, c’est doux, rond, fluffy…

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Thursday thunder: don’t feed the troll

Suite à mon Thursday thunder de la semaine dernière, je fais une petite piqûre de rappel en ressortant un vieux billet toujours autant d’actualité. Quand j’ai commencé un blog, je savais que j’allais être confrontée à des trolls, pas des petites créatures mythologiques méchantes certes mais comiques, mais des aigris qui éprouvent le besoin pour une raison qui m’échappe de déverser leur bile sur les réseaux sociaux, de préférence anonymement, c’est plus courageux. On en voit passer des tonnes dans les commentaires en ligne des journaux, sur FB, sur Twitter… visiblement, ils n’ont pas que ça à faire, s’en prendre à des gens ne connaissent pas ou des idées qu’ils ne maîtrisent pas, juste pour le plaisir. Je savais que la meilleure façon de répondre, c’est de ne pas le faire. Mais ce n’est pas si facile.

Ça a commencé avec les druides. Alors soyons clairs, j’adore les druides. J’en parle régulièrement, mais ça les énerve. J’ai vite reçu des commentaires un chouïa agressifs quand même, surtout venant de la part de grands maîtres druidiques qui se recommandent d’une immense sagesse multi millénaire et tellurique, sans bouger les oreilles. C’est marrant, je les aurais crus plus calmes et sereins, pas agités de la serpe comme ça… Bon évidement, je n’ai jamais approuvé  leurs commentaires, parce qu’ils s’en prennent aussi à mes gentils lecteurs, sinon j’avoue  ça ne m’aurait pas dérangé, même quand ils me promettent les pires calamités (de toute façon, ça a l’air essentiellement météorologique leur truc, c’est à base de foudre, de ligne mystique, de force cosmique et tout ça, vu le temps pourri qu’on a déjà en Angleterre, ça ne peut pas être pire). Honnêtement, ils me font hurler de rire. Même quand ils me traitent de tous les noms. Comme j’adore les originaux, j’ai aussi pondu des billets sur des jedis ou encore des survivalistes. J’ai été vaguement déçue que jamais un seul Jedi n’ait daigné réagir. Par contre c’est officiel, les survivalistes ne m’aiment pas non plus et eux, ils sont armés. Bon cela dit, ils sont comiques aussi…non parce que vraiment je ne pense pas qu’une fois morte dans une catastrophe nucléaire, je reconnaisse qu’ils avaient raison. Ou alors ils sont de mèche avec les druides, et ils vont me faire revenir sur terre sous forme de fantôme, juste pour que j’aille m’excuser auprès de survivalistes imperméables aux radiations? C’est bien ce que je disais, j’adore ces gens, mais je comprends aussi qu’ils puissent se vexer. Certes je les trouve sympathiques  à vivre leur petite folie, mais c’est vrai que je me moque. Bref, ce genre de trolls ne me dérange pas du tout.

Mais tout ça, c’est du pipi de chat comparé à ceux qui se déchaînent régulièrement suite à mes billets sur le brexit. J’en avais déjà eu quelques uns avant, qui m’accusaient d’être une traitre à la patrie, une horrible expat, une évadée fiscale et j’en passe. Mais on est passé à un niveau de trolling supérieur (ce qui est ironique pour parler des bas fonds des RS). Ils ne me connaissent pas mais ils espéraient bien que je aller crever sur mon île avec ces sales anglais qui auraient mieux fait de me déporter et c’est bien fait pour moi, je n’avais qu’à pas partir de France. Déjà, je ne vois pas comment j’aurais pu à la fois rester en Uk pour y crever et être déportée en même temps, c’est à dire envoyée ailleurs, mais c’est pas grave. Honnêtement, chers connards décérébrés et probablement racistes, je n’ai pas de temps à perdre avec vous, n’attendez pas de réponse de ma part. J’ai assez à faire avec vos semblables et leurs conneries qui m’affectent dans la vraie vie, vos insultes virtuelles ne me touchent pas. Honnêtement, ce genre de trolls, j’arrive très bien à l’ignorer aussi. Je ne parle même pas des frexiters, ils n’en valent pas la peine.

Et puis il y a la troisième catégorie, les trolls professionnels ou pas, ceux qui n’ont aucune raison de s’en prendre à moi ou à quiconque, mais qui le font quand même. J’ai passé une soirée il y a quelques années à recevoir des coms et des emails d’une enragée qui voulait absolument m’expliquer à quel point j’étais nulle. Je conçois parfaitement que ce que j’écris ne plaise pas, par contre pourquoi perdre du temps à m’envoyer un email pour me dire à quel point mon blog est affligeant et mon sens de l’humour pitoyable ? Comme je suis d’un naturel calme et serein, ça ne m’a pas du tout perturbé. Rhaaaaa, je fais quoi? J’arrête le blog, je me flagelle, je vais me cacher au fond d’une grotte? C’est terrible, il y a quelqu’un qui m’écrit pour me dire qu’il n’aime pas ce que je fais. Pourquoi quelqu’un vient me lire si il trouve ça aussi pénible? Et pourquoi tenir absolument à m’en informer? Il y a suffisamment de choix sur la blogosphère quand même! Je lis plein de blogs mais parce qu’ils m’intéressent, m’amusent, me font découvrir des choses et des gens sympas. Pas parce que je les trouve insupportables. Et quand je tombe sur un truc que je n’apprécie pas, je clique ailleurs. Il ne me vient pas à l’idée d’envoyer un email incendiaire à l’auteur du blog. C’est de très mauvais goût, et franchement, qui a le temps de faire ça? Quel plaisir peut-on y trouver? Il faut vraiment s’ennuyer et avoir une vie toute triste pour prendre plaisir à critiquer gratuitement des personnes qu’on ne connait même pas. Le pire c’est que je voulais absolument répondre, pas politesse. C’est Marichéri qui m’ a arrêté juste à temps.

J’ai retenu la leçon. Mais j’ai du mal. Autant j’arrive très bien à ignorer les trolls sur les forums et autres groupes auxquels je participe (en tant que modératrice en plus, j’en vois passer de belles), autant ça fait mal quand c’est personnel. J’ai eu un échange comme ça sur FB récemment, ça m’a démoralisé. Je sais pertinemment que la seule façon de faire taire un troll, c’est de l’ignorer. Mais c’est plus fort que moi, j’ai envie de lui expliquer gentiment sans lui exploser la tête contre son clavier, à quel point il est débile ou pathétique ou les deux. Mais je me retiens, par pitié pour eux aussi. Alors donc chers trolls, posez vos claviers, respirez un grand coup et même si vos vies sont aussi minables que vos mots le laissent croire, arrêtez de pourrir celle des autres. Essayez de sourire un peu, vous verrez, c’est agréable.

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La classe de mer

Ce matin, très tôt, à l’aube, aux aurores, pratiquement en pleine nuit, Wizzboy est parti en classe de mer. Il était prêt une bonne heure à l’avance. Il a passé la soirée de hier à rebondir partout en poussant des cris d’excitation suraigus jusqu’à pas d’heure…bref, si on me demande comment je vis cette première séparation, je répondrai simplement, en mère attentionnée « où est mon lit? beuh… ». Mais je suis sûre qu’une fois que j’aurais récupéré, ça me fera quelque chose.

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Évidemment, L’Ado nous a lâchement abandonné depuis longtemps, et je ne compte plus tous les voyages scolaires de l’ensemble du troupeau. Mais c’est le premier pour Wizzboy, il est tout petit! (On se comprend, c’est le fils de son père, il est parti pour faire 6m08 aussi). D’ailleurs, tous ses camarades n’y sont pas allés, il a fallu des semaines pour en convaincre d’autres. Pas WizzBoy, qui est en extase depuis la rentrée de septembre à l’idée de partir à l’aventure à une heure de route de chez nous, pour trois jours (deux et demi en vrai, mais on peut dire trois quand même, hein ouais maman?). Ça fait un mois qu’il réclame de faire sa valise. Enfin, je devrais dire son conteneur, vue la liste démentielle donnée par l’école. Après négociations avec un petit garçon qui n’hésite pas d’habitude à « aménager » ses devoirs, j’ai réussi à le convaincre qu’il pourrait se passer de la crème solaire (il tombe des trombes d’eau) et des pinces à cheveux. Mais on a pratiquement vidé toute sa penderie dans la valise. C’est bien simple, j’ai dû demander à GeekAdo de transporter la chose dans l’escalier tellement c’est lourd. J’espère que les roulettes tiendront le coup…ce qui me rassure, c’est que tous les camarades de Wizzboy étaient aussi chargés comme des mulets haltérophiles en pleine tentative de record du monde. Et tous les parents dubitatifs se demandaient le pourquoi du comment de la liste: c’est pas possible, les instits veulent revendre les vêtements ou faire un trafic de chaussettes enfantines avec les oursins (c’est dans le programme, ils vont voir des fruits de mer, voilà que j’ai faim, en plus d’avoir sommeil…).

Wizzboy a refusé de prendre un doudou ou une peluche, il n’est pas un bébé. J’ai rajouté discrètement, au cas où…il s’est empressé de se jeter sur ses copains ce matin en attendant le bus, dans un nuage de cris de joie hystériques, pendant que je faisais comme les autres parents et que j’essayais de ne pas m’écrouler sous le poids de la fatigue et de la valise réunies. C’est encore monté de plusieurs décibels quand on a aperçu le bus au coin de la rue. A mon avis, les vitres sont blindées, je ne vois que ça. Sinon, elles auraient forcément volé en éclats. Les instits qui avaient l’air épuisé d’avance, ont demandé aux gamins de se mettre en rang devant le bus, ce qui a instantanément déclenché une ruée en sens inverse: les enfants se sont soudain souvenus de l’existence des papas et mamans. Gros câlins, embrassades, cohue, chutes de valises, deuxième gros câlin, et c’est parti, tout le monde dans le bus, direction l’aventure!

Je suis restée à faire coucou sous la pluie, avec les autres parents, soulagés du silence soudain, toujours pas très réveillés, un peu inquiets, et pas que pour la santé mentale de ces pauvres instits, fiers de nos petits aventuriers: pas un seul n’a pleuré! On récupère Wizzboy vendredi. Voilà, il commence à être un grand. Enfin, pas aussi grand que sa valise quand même…

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Mardi Tourisme: le château de Montréal

On ne part pas au Canada, mais en Dordogne, près d’Issac entre Périgueux et Libourne. Le château de Montréal a été construit au douzième siècle par la famille de Saint Astier, mais ça n’a rien à voir avec le roi Arthur (blague nulle pour les fans de Kaamelott, désolée pour les autres…).

Les petits Astier n’ont pas choisi le site par hasard, on domine la vallée de la Crempse, c’est charmant. Par contre, de nouveaux propriétaires avec un nom qui prête moins à faire des blagues télévisuelles, les de Pontbriand ont tout refait au début du seizième siècle. Ils ont quand même gardé les remparts moyenâgeux, ça peut toujours servir, au moins à se protéger du vent et donc à avoir un joli jardin fleuri, d’ailleurs classé « jardin remarquable ». Ils ont bien fait de conserver la structure originale, les remparts du douzième sont charmants, dorés au soleil.

Le château est toujours habité mais on peut le visiter en été. Il présente la particularité d’avoir des souterrains caverneux taillés dans la roche pas du tout adaptés aux claustrophobe et une bibliothèque ronde absolument adorable, elle. Je ne veux pas insister, mais vraiment les souterrains ont beau avoir fait pousser des cris béats d’admiration à GeekAdo, c’est quand même très caverneux et humide. D’ailleurs, ils relient officiellement le château à une grotte juste en dessous, je vous mets une photo prise au péril de son équilibre par Marichéri (parce que c’était glissant à cause de l’humidité, évidemment, pas parce que je me cramponnais lamentablement à son mollet…)

La chapelle de la Sainte Épine dans la cour, en face du bâtiment principal du château, est beaucoup plus pimpante. Elle date de la rénovation au seizième et elle est franchement mignonne comme tout. Surtout quand on sort des souterrains. Ce n’est pas que je sois claustrophobe…enfin si. Disons que j’ai moyennement apprécié les souterrains et leur grotte, à la différence de la chapelle donc.

Je recommande quand même de vérifier les horaires d’ouverture pour ne pas se retrouver à attendre une heure devant…remarquez, ça permet d’admirer la vue et la campagne environnante. Bref, c’est une visite charmante, même avec les souterrains!

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