Friday Feelings #269

Je suis en retard pour les états d’esprit (initiés par ma copine Zenopia), mais l’école à la maison bat toujours son plein: nos enfants ne sont pas prioritaires, parce que Marichéri et moi sommes à la maison et que les écoles n’accueillent que des demi groupes. Ça pourrait bouger, mais en attendant, qui c’est qui s’éclate avec les dinosaures, Gabriel Garcia Marquez en VO, l’existentialisme et les acides en chimie? Ben je sais pas, mais clairement, c’est pas moi. J’ai la migraine…

Fatigue: à part une lassitude certaine (les dinosaures parlaient espagnol en récitant des poèmes sur les acides? Ou sous acide? ), ça va.

Humeur: myxomatosée, vive les pollens. Ou pas. Grrr…

Condition physique: voir au dessus. Je disais donc, grrr…je croque les antihistaminiques comme des smarties.

Esprit: embrumé. C’est la faute aux pollens. Atchoum.

Estomac: s’est momentanément réjoui de la réouverture des restaurants avant de se rappeler que mes yeux larmoyants de lapins enragés (si, si, au pluriel, c’est dire la tête que j’ai, il faut au moins un troupeau de lapins pour arriver à mon niveau), ne me permettent pas vraiment de m’afficher en public.

Boulot: je ne veux rien savoir, je ne mets pas un orteil, une narine ou un cil dehors, tant pis pour le jardinage!

Culture: j’ai appris que les châteaux médiévaux en Angleterre sont opticiens. C’est beau…pour ceux qui n’ont pas suivi l’actualité britannique, le conseiller très spécial de Johnson, Cummings a enfreint les règles du confinement en se baladant dans tout le pays avec femme et enfant alors qu’elle (sa femme) avait des symptômes du Covid. Il a notamment conduit pendant une cinquantaine de kilomètres jusqu’à Barnard Castle, pour je cite, « tester sa vision ». Toujours avec femme et enfant dans la voiture. Selon Boris Johnson, c’est tout à fait normal, il n’y a rien à dire.

Message perso: merci à tous ceux qui suivent mes élucubration pseudo historiques, j’hésite à continuer.

Avis perso: voir culture. A ce niveau de foutage de gueule, c’est carrément une performance artistique, en fait Cummings est intermittent du spectacle…

Loulous: L’Ado était content, il a trouvé un super stage à Londres cet été. Mais vu qu’il n’a pas besoin de tester sa vision en visitant des châteaux, il ne va pas pouvoir y aller. Il est en train de négocier pour le faire en télétravail, mais ce n’est pas gagné. GeekAdo étant très serviable, il a décidé d’être solidaire de sa mère. Il a aussi la myxomatose, version lapin géant. C’est encore plus impressionnant que moi. Quand on est arrivé à la pharmacie tous les deux, en pleurant lamentablement, on n’a même pas eu besoin de parler que la préparatrice avait déjà sorti toutes ses boites d’antihistaminiques. MangaGirl s’inquiète quand même d’un retour possible à l’école. Elle milite activement contre. Déjà, c’est important de se dévouer et de laisser la place à ceux qui en ont vraiment besoin, non? Et puis, comme son conseil de classe est déjà passé? Sourire niais et plein d’espoir…oui ben, on verra ce que dit le collège. Non mais. PrincesseChipie elle est désespérée, pourquoi elle ne peut pas être prioritaire? C’est pas juste! L’incompréhension grandit entre les deux sœurs…Wizzboy se captive pour les dinosaures, qu’il étudie donc en ce moment. Il a tout compris, il y avait des dinosaures carnivores qui mangeaient du poulet, des dinosaures herbivores qui mangeaient de la salade et les dinosaures qui préfèrent le dessert, ça s’appelle comment?

Divers: …des desserosaures, non? Des gourmandosaures? Des tartofraisaures?

Amitié: bon courage pour la reprise

Love: lui aussi milite activement pour ne pas retourner à l’école, enfin à Londres. De toute façon, en ce moment, c’est pas possible. On en est très content. La situation sanitaire en UK ne donne pas envie.

Penser à : mettre un masque pour aller dans le jardin, sur les conseils de la pharmacienne qui m’a assuré que ça serait plus efficace contre les pollens que contre les virus. Elle est très commerçante comme ça…

Courses: il n’y a déjà plus de cerises, alors que j’en ai ramené une demi tonne du marché il y a deux jours! Il va falloir patienter, celles de notre cerisier ne sont pas prêtes du tout.

Sortie: ahaha, pas du tout. A bas les pollens!

Envie de : retrouver une tête habituelle…j’allais dire normale, mais bon, restons lucides.

Pic: je soupçonne que c’est à ce moment là que j’ai commis une erreur et que je suis restée trop longtemps dehors. Mais Wizzboy m’expliquait les metrorites qui écrabouillent tous les dinosaures…sinon, oui, il a des pieds en rapport avec sa taille plus que son age, c’est à dire des péniches. Il m’a presque rattrapé.

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souvenirs des health visitors

Il y a exactement 5 ans, jour pour jour, je subissais mon dernier rendez vous obligatoire avec une health visitor, ces imposées du système de santé de la petite enfance en Uk et en Irlande (où j’ai eu droit à une health visitor qui était bonne sœur pour L’Ado, c’est dire si elle savait de quoi elle parlait)… Je ne sais pas, il doit y avoir un équivalent en France, c’est une sorte de puéricultrice avec des compétences médicales qu’on peut qualifier de minimes mais juste pour être poli. Pour mes plus grands, ses visites étaient fixées à juste avan5 la naissance, puis 10 mois, 18 mois et 3 ans. Mais comme le NHS n’arrive pas à suivre son propre calendrier, ils ont élargi, le premier Check up est maintenant officiellement entre 9 et 12 mois. Officieusement, entre 9 et 14 mois, et il n’y en a plus que 2, sans compter la visite prénatale. J’ai failli flanquer dehors à coup de balai celle pour Wizzboy, quand elle était venue me voir avant sa naissance pour remplir son dossier et me donner des conseils (alors qu’elle n’avait jamais eu d’enfant elle-même, mais elle avait lu des livres). Elle cochait ses petites cases, sans lever le nez.

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La brave dame avait attaqué directement, à quelque jour de la naissance de Wizzboy:

-Et bien sûr, c’est un accouchement naturel. 

-Non. 

-Ah, et bien sur, vous allaiterez.

-Non. 

Elle m’avait pratiquement traitée de criminelle. Si je n’avais pas eu la souplesse d’une baleine échouée avec mon gros ventre, je l’aurais mordue!

Ensuite, pour le premier Check up de Wizzboy, à 10 moi, j’avais eu la joie de me traîner au Health centre flambant neuf du quartier. C’était pratique, pour un bâtiment sensé accueillir les mamans dans une ambiance conviviale et rassurante, il était bien caché, au bout d’une impasse, derrière le pavillon des scouts, sans aucun signalétique pour prévenir de son existence. D’ailleurs, pour faciliter la vie des usagers, qui débarquent généralement avec poussette, sac à langer, biberon de rechange, doudous en tout genre, il n’y a pas de parking public. Il faut se garer directement sur la pelouse du parc de jeux attenant. Ça commence fort. J’étais déjà d’humeur réjouie, vu que ni le jour, ni l’heure imposés du rendez vous ne m’arrangeaient, je suis arrivée à l’entrée un peu sur les nerfs, après avoir galèré dans la boue sur 50 mètres, avec Wizzboy dans les bras. L’accueil a été charmant, il était 11 heures, c’était le premier rendez-vous et donc le début de la journée pour la heath visitor, le temps de prendre un petit thé pour se mettre en train, et elle était à nous.

Il devait y avoir quelque part, dans une base de données du NHS, une rubrique à mon nom, en rouge, indiquant: « celle-là, vous pouvez lui refiler tous les étudiants…si, si, allez y ne vous gêner pas, elle adore. Si vous n’avez pas d’étudiant sous la main, on vous en prêtera, pas de problème! ». J’avais déjà eu droit aux étudiantes Health visitors avec MangaGirl et PrincesseChipie, j’ai eu 2 étudiants obstétriciens et 5 étudiantes sages femmes à la maternité. Bref, pour son premier rend-vous, Wizzboy a été vu par l’étudiante, sous l’œil critique de la Health visitor, plus occupée à la reprendre qu’à évaluer le développement de mon enfant. Heureusement , tout va bien. On passe ensuite à la séance des questions à la maman, et vu que la dame s’adressait à moi en disant mummy, j’ai été prise d’un doute. D’abord, j’avais bien 15 ans de moins qu’elle, c’est vexant, alors soit elle ne savait pas lire, parce que ce n’est pas du tout comme ça que mon mon ne s’écrit pas du tout comme mummy, soit elle était en pleine hallucination et croyait que j’étais vraiment sa mère. Dans un cas comme dans l’autre, ce n’est pas rassurant. Vous l’aurez compris, je déteste cette manie très britannique qu’ont les personnels de santé d’appeler toutes les mamans et futures mamans « mummy », comme si on n’existait plus à part entière, mais juste à travers nos enfants. Je ne suis pas un utérus sur pattes.

Cela dit, j’avais aussi beaucoup vexé cette brave dame, involontairement: je n’avais fait aucun effort pour avoir l’ombre du commencement du début d’une petite dépression, mais en plus, je n’avais trouvé aucune question à lui poser. Elle m’avait reproché de la rendre inutile….euh…En plus, elle était contrariée parce que Wizzboy ne rentrait pas dans les cases de son formulaire. Il est trop grand. Je fais quoi, je lui mets une enclume sur la tête, pour ralentir sa croissance? Et quand elle a voulu le tester pour s’assurer qu’il tenait bien debout tout seul il est parti en courant à l’autre bout de la pièce. Ça n’est pas bon du tout, il n’est pas sensé marcher à son âge…Bref, on à toujours été pote, la health visitor et moi. J’attendais donc cette dernière visite, à domicile cette fois, dans la joie et la bonne humeur.


Je le répète, mais la principale compétence d’une health visitor, c’est de remplir des cases sur un questionnaire. C’est tout. Elle m’a donc posé plein de questions aussi pertinentes que captivantes en gribouillant son papier, pour calculer au final l’indice de développement de Wizzboy (24 mois à l’époque), rien que ça. Il faut savoir aussi que baby est un nom féminin en anglais. Toutes les questions commencent par « she ». Ça surprend toujours. Pour L’Ado, je me sentais obligée de répéter en continu « c’est un garçon! »

-Alors donc: Votre enfant peut-il faire des phrases de plus de trois mots? Donnez des exemples. Ahaha, c’est sûr, en français, ça va le faire! 

-Est-ce que votre enfant peut courir sans foncer dans des obstacles? Oui, mais il préfère rentrer dans tous les obstacles qu’il trouve, c’est beaucoup plus drôle. 

-Est-ce qu’il peut sauter de 3 inches?..euh…il faut que je mesure. Et que je fasse la conversion, attendez je vais voir sur Google, je ne me souviens jamais. Sinon, c’est en quelle année déjà que vous êtes passé au système métrique? En 1965, non? 

-Est-ce que votre enfant tourne sa main pour ouvrir une porte ou un pot de confiture? Parce qu’il y a vraiment des irresponsables qui donnent un pot de confiture à ouvrir à enfant de deux ans? Et vous encouragez ce genre de comportement? 

-Est-ce que votre enfant prétend que les objets sont autre chose? Absolument. Il téléphone avec la télécommande, fait du cheval sur la chatte, du ski sur son camion à pousser, son canard rouge fait l’avion, il utilise les Barbies de ses sœurs comme marteau, mon iPad comme bavoir…il est très créatif. 

-Si votre enfant ne peut pas attraper quelque chose en hauteur, est-ce qu’il utilise une chaise ou une boîte pour se surélever? …sérieusement? Vous trouvez qu’il n’y a pas assez de monde aux urgences, vous encouragez les gamins à faire des acrobaties pour se casser la figure, c’est ça?

-En jouant avec une poupée ou une peluche, est-ce que votre enfant fait semblant de les bercer, les nourrir, les mettre au lit?…oui, et aussi de les éventer, les trépaner, les opérer de l’appendicite à main nue…

-Est ce que votre enfant utilise  » I « ou « me  » (je ou moi), plutôt que son prénom? Oui, il le double même, ça fait « me, me »(ça se prononce mi mi)…du coup, on l’a surnommé Mimile et ça nous fait bien rire. Ne cherchez pas, c’est de l’humour francophone. 

J’ai dû aussi écouter sagement la health visitor m’expliquer comment élever un enfant bilingue. Je m’étais juste permise de lui dire que c’est mon cinquième, les autres sont bilingues aussi, et que c’était un petit peu mon métier. Mais gentiment, pour ne pas la vexer. Sinon, scoop Wizzboy était grand pour son âge, voilà. Mais comme elle n’ avait rien trouvé d’autre à dire, et que je n’avais pas de questions (pourtant elle a insisté), c’était fini, plus de health visitor!…après des années et des années, j’ai pu enfin dire au revoir aux health visitors . Je suis formelle, je ne les regrette pas.

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Apprendre moyennement l’histoire anglaise en s’amusant, épisode 21

J’ai décidé, dans l’espoir de détendre l’atmosphère à ma petite échelle en cette période bizarre, de massacrer l’histoire de l’Angleterre, sans aucune compétence ni prétention autre que celle de faire rire un peu. Résumé de l’épisode précédent: après les Tudors, les Stuart s’installent sur le trône anglais. On va donc pouvoir passer tranquillement à …la guerre civile. Et paf, encore raté!

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Sérieusement, les anglais sont bien gentils, ils nous bassinent avec le fait qu’ils n’ont été envahis par l’ennemi depuis 1066…oui ben, mais il n’y a pas de quoi se vanter, vu que quand ils ne font pas la guerre à l’extérieur, ils s’entretuent entre eux, pour passer le temps. Je ne veux pas critiquer, mais ça fait bien 4 fois qu’on parle de guerre civile depuis le début, ça devient répétitif…d’ailleurs celle là, on ne lui a pas trouvé de petit nom, pas d’anarchie ou de comparaison horticole, c’est bêtement la guerre civile et puis c’est tout, on sent que même les historiens les plus vindicatifs se lassent.


On en était donc à Charles I, le petit fils de Mary Stuart qui récupère la couronne en 1625 après que tous les Tudors aient fini de s’exterminer entre eux. Le petit Charles ne faisait rien qu’à faire son malin, et ça a contrarié pas mal de monde, surtout au parlement. Figurez-vous qu’il a levé son standard à Nottingham en 1642, mais je ne pense pas que c’est un rapport avec Robin des bois, ça n’est pas la même époque…C’est quoi, ce standard ? Il a agité au dessus de sa tête un journal (the 17 century standard peut-être) ? Il a décidé qu’il y avait du relâchement dans la tenue des gardes royaux et leur a demandé de mieux boutonner leur pourpoint? Ou ça a un rapport avec les standards téléphoniques? Sur la photo d’époque, on voit juste qu’il a un bras en l’air…il veut aller aux toilettes? (D’où le journal…). En fait, rien de tout ça. C’est encore une déformation d’un mot français, à savoir étendard. Quand le roi levait son étendard, c’est qu’il déclarait la guerre, tout bêtement. Je suis un peu déçue. Mais il veut faire la guerre où, Charlie? Et bien sur place, en Angleterre, pourquoi s’embêter à voyager quand on peut monter de bons petits massacres chez soi, au milieu de malheureux paysans qui n’ont rien demandé à personne.

Charles et le parlement ne faisaient rien qu’à se disputer, chacun voulant plus de pouvoir que l’autre, et c’est le premier qui dit qu’y est, et tout ça. Quand le roi a eu l’idée d’étendre un impôt maritime à tout le pays, les parlementaires se sont énervés, c’est sûr que géographiquement parlant, c’est crétin. Charles n’a pas apprécié, et a donc décidé d’envoyer l’armée contre son propre parlement et ses députés, qui se sont empressés eux aussi de lever une armée, il n’y a pas de raison. On s’est joyeusement étripé pendant trois ans, Cromwell et ses petits copains du parlement ont gagné et Charlie est parti boudé, laissant Cromwell peter complètement les plombs et commencer à gouverner en tyran bien plus autoritaire que n’importe quel roi.


Mais voilà qu’en 1648, les écossais décident qu’ils veulent jouer aussi, on ne sait pas trop pourquoi ils viennent se mêler à cette galère, à part de sombres raisons vaguement religieuses. Ils sont catholiques, Cromwell est un ayatollah hystérique de l’anglicanisme, forcément, ils ne s’apprécient pas. Et Charlie a beau être désagréable, c’est quand même un Stuart, donc un écossais. Ou alors les écossais s’ennuyaient tout simplement, ça faisait un petit moment qu’il n’y avait pas eu de massacre entre eux et les anglais…enfin bref, les écossais envoient une armée sur Londres pour défendre le roi. Du coup, ragaillardis par ces renforts tardifs, les copains de Charles qui s’étaient enfuis en France, reviennent mettre la pagaille, et marchent joyeusement sur Londres aussi. Et ben, ils ont tout perdu, c’est encore Cromwell et compagnie qui gagnent. En pleine débandade, les royalistes atterrissent à Colchester (c’est une image, ils étaient probablement à cheval, pas en hélicoptère). Et ils se font mettre une pâtée une dernière fois dans les faubourgs, à Boxted. La ville est définitivement tombée le 28 août 1648. Tous les nobles ont été fait prisonniers et Colchester, qui n’avait rien demandé, a dû payer une rançon de £14 000 pour ne pas être rasée…avec ce joyeux luron de Cromwell, pas de petit profit. Ça n’a pas dû amélioré l’opinion des locaux sur les londoniens! Cromwell, qui n’était pas un comique, décide que ça suffit comme ça, et hop, on coupe la tête de ce pauvre Charles le 30 janvier 1649. Et les valeureux parlementaires, qui se sont battus pour les droits du peuple contre un méchant roi tyrannique en prennent jusqu’en 1658 de dictature cromwellienne….à leur place, j’aurais été un chouïa vexée. Ça s’appelle se faire avoir en beauté quand même!

Cromwell, ce joyeux luron mérite bien un épisode à lui tout seul, maintenant qu’il a définitivement gagné…mais pas maintenant, c’est l’heure du goûter. Une tradition charmante et agréable que Cromwell, aurait donc sûrement supprimée si il en avait entendu parlé.

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Apprendre moyennement l’histoire anglaise en s’amusant, épisode 20

J’ai décidé, dans l’espoir de détendre l’atmosphère à ma petite échelle en cette période bizarre, de massacrer l’histoire de l’Angleterre, sans aucune compétence ni prétention autre que celle de faire rire un peu. Résumé de l’épisode précédent: alors que son père a décapité tout ce qui bougeait autour de lui par dépit, croyant sottement qu’il lui fallait un fils pour lui succéder, Lizzie Première a brillamment pris la suite de la boucherie familiale. Mais elle n’a pas eu d’enfant, on passe la couronne à qui maintenant?

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Lizzie Un, qui pourtant n’aimait pas du tout les catholiques laisse la place à James Ier en 1603, vous savez, le fils de Mary, Queen of scotts et de Henry Stuart-tout-court, c’est-à-dire le petit cousin d’Elizabeth. C’est sympa de la part de Lizzie, certes, elle a décapité sa mère, mais elle le nomme héritier c’est une compensation. Après être monté sur le trône d’Écosse à treize mois sous le nom de James VI, il devient aussi roi d’Angleterre avec un nouveau numéro (James Ier…). Ces petites histoires de successions royales permettent au passage à l’Angleterre d’annexer gentiment l’Ecosse, l’air de rien, après des siècles de disputes sanglantes. On baptise glorieusement la chose Union of the Crowns, mais soyons clairs, les Écossais se sont fait avoir. Enfin bon, passons. Le règne de James commence en 1603 et franchement, ça part mal. Personne ne l’apprécie en Angleterre, sauf les catholiques qui pensent bêtement qu’ils vont être enfin tranquilles. Comme le nouveau roi est à moitié catho, ça devrait le faire. Mais pas du tout, le petit James fait du zèle. Du coup, les catholiques en ont marre de se faire taper dessus, on peut les comprendre et décident de se débarrasser du méchant James. 13 comploteurs, sous le commandement d’un certain Robert Catesby ont l’idée brillante de vouloir faire exploser le parlement avec le roi dedans évidement. C’est sûr, c’est discret et facile à mettre en œuvre, on sent les comploteurs pratiques et qui aiment se simplifier la vie (ils vont même se la simplifier tellement qu’elle va s’arrêter rapidement et dans les flammes, c’est plus festif). Ils entassent 36 barils de poudre dans la cave de Westminster, comme si de rien n’était …mais bon, pris de remord un des comploteurs prévient un copain, Lord Monteagle de ne pas se balader au parlement le 5 novembre 1605, parce que ça va chauffer. Lord Monteagle, le fayot, avertit James, et le 5 novembre au matin, des officiers royaux débarquent à Westminster, et trouvent Guy Fawkes qui attendait sagement, comme un imbécile au milieu de ses barils. Il est arrêté et envoyé au bûcher. C’est la joie populaire, James remonte en flèche dans les sondages et depuis, on fête ça tous les ans en cramant des effigies de Guy et en tirant des feux d’artifice. Voilà pour la version officielle, mais de plus en plus d’historiens, notamment catholiques mais pas que, ont des doutes certains sur la véracité de la chose.
Déjà, les 13 conspirateurs étaient connus des services de police et pas en bien. On ne peut pas dire que James était particulièrement populaire, au contraire, ni auprès des catholiques ni des protestants ni qui que ce soit (peut-être son chien, et encore…). Il y avait donc pas de mal de gens qui râlaient plus ou moins ouvertement et étaient surveillés. On n’avait peut-être pas les mêmes moyens technologiques à l’époque, pas possible d’écouter leur téléphone ou de les suivre par satellite, mais il y a peu de chance que des types surveillés aient pu pénétrer comme ça, innocemment, dans Westminster (un tout petit peu gardé aussi en temps normal) avec 36 barils de poudre sous le bras, coucou, on est plombier, c’est pour la fuite dans les toilettes du premier (Premier, James Premier). Ensuite, on est certain aujourd’hui que la fameuse lettre à Lord Monteagle est un faux et qu’elle a été écrite par des officiers royaux. C’est embêtant. La lettre est anonyme, aucun des conspirateurs qui ont pourtant été torturés gentiment, n’en avait connaissance et elle est aussi particulièrement vague. Attention, il va y avoir une explosion à Westminster. Mais les officiers royaux sont de petits malins, ils savent lire entre les lignes et à partir de rien, ils déduisent tous les détails du complot, les revendications, les noms des participants et tout. C’est très fort. Mieux que dans une série télé. Bref Guy Fawkes et ses copains se sont fait avoir. Ensuite, c’est plus flou. Certains pensent qu’il y a bien eu un complot de catholiques, mais qui étaient surveillés depuis le début : On les a laissé faire (mais bien sûr que vous êtes les plombiers, on peut vous aider à porter vos barils votre matériel ?) et arrêter au moment où ça aurait le plus d’impact pour faire monter la popularité du roi. D’autres pensent au contraire que tout a été manigancé dès le début par James et ses potes, et qu’ils ont même fourni les fameux barils. Franchement, Guy Fawkes n’était pas très futé.

En tout cas James survit au gunpower plot et même renforce son pouvoir. Il meurt en 1625 et pour une fois dans cette famille, la succession est facile. C’est son fils Charles qui prend la suite, tout simplement. On se dit que ça y est, après les premiers tâtonnements la dynastie des Stuart s’installe correctement et qu’on va pouvoir souffler un peu…raté.

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Sunny Monday #22

On continue à voyager en vert pour le défi de Bernie du mois de mai. Après l’Angleterre, l’Espagne et le Portugal, on part en Hongrie, toujours grâce à L’Ado, avec la coupole du Palais Royal de Budapest.

Prenez bien soin de vous!

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Projet 52: bibliothèque

Je suis allée puiser dans les archives de L’Ado pour le thème choisi par Ma’ cette semaine: je voulais vous montrer la tour de la très célèbre bibliothèque Bodleian d’Oxford. C’est une des plus anciennes et plus grandes bibliothèques d’Europe qui occupe plusieurs bâtiments, mais le plus remarquable est donc l’emblématique tour, connue sous le nom de Ratcliffe Camera ( d’après John Radcliffe qui l’a commissionné, ça n’a rien avec Harry Potter). La tour est une addition « récente », elle date de 1737 et elle a été ajouté parce que les bâtiments originaux commençaient à être trop petit pour le nombres d’ouvrages qu’il fallait y entreposer.

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Friday Feelings #268

Je ne suis pas en retard pour les états d’esprit (sur une idée de la merveilleuse Zenopia), je fais le pont. Voilà, hop.

Fatigue: ça va…franchement, les levers à 6h30 pour l’école (enfin, surtout pour le bus de l’école), ne me manquent pas du tout.

Humeur: ça va aussi….je me fais peur moi même, avec toute cette bonne humeur, je n’ai pas l’habitude.

Condition physique: Pomdepin 1-2 mauvaises herbes dans l’allée en graviers. Ahaha, je remonte, je viens clairement de marquer un point. En dégommant carrément les graviers et tout le reste devant le garage certes, mais bon…et oui, ça rentre bien dans la rubrique condition physique, je ne peux plus bouger les bras à force de biner.

Esprit: entreprenant, ça aussi, ça m’inquiète, ce n’est pas dans mes habitudes…

Estomac: le stock de chocolat diminue dangereusement, surtout de nuit, quand je dors. C’est curieux…Il va falloir que je trouve une autre cachette, ou alors que je n’achète que du chocolat aux noisettes (L’Ado est allergique) .

Culture: j’ai lu les bouquins de Lorant Deutsh. Je ne sais pas trop quoi en penser…c’est sympa de vouloir vulgariser l’histoire, mais il est quand même très royaliste tendance révisionniste. Sinon, petite semaine d’école à la maison. On a juste eu le temps de voir le passé simple en espagnol, de l’optique en physique, les fabliaux picards du moyen âge et bien sûr, le son « ll » comme dans couillon. Je rappelle que la maman de Wizzboy (oui, bon, c’est pour dire que c’est ma faute, je reconnais, pas la peine d’insister…) vient du Sud-Ouest. Couillon, c’est mignon, limite affectueux, voilà. Et c’était un très bon exemple du son « ll ».

Boulot: on attend la livraison de 15 tonnes de matériel…on l’aura notre piscine pour l’été , on l’aura…

Avis perso: je me répète, mais je suis vraiment très, très soulagée de ne plus vivre en UK. C’est terrifiant.

Message perso: hiiii, ça fait très plaisir de se revoir même virtuellement!

Loulous: L’Ado, deux ans après ses frères et sœurs, vient de découvrir le concept très français de « faire le pont ». Il trouve que c’est une coutume charmante qui mériterait de s’exporter. GeekAdo a passé la journée de mardi en apnée, il était vert pomme. Et puis, vers 17 heures, il est devenu tout rouge. Bref, il a eu ses résultats sur parcoursup, et on est très fier de lui. Il est ravi, il va aller où il voulait. Il est juste un peu déçu, après deux ans de stress, ça fait très « anticlimactic”…c’est vrai, et c’est une chance aussi que ses futurs cours soient en anglais. MangaGirl trouve ça très bien au contraire, elle ne voit l’intérêt ni de passer le brevet, ni de retourner en cours. PrincesseChipie a découvert la pâte polymère. Tous aux abris! Wizzboy est monté dans la voiture pour la première fois depuis le confinement et sans siège auto. C’est un événement, il a enfin atteint la taille limite, il était très fier. Comme quoi, être un géant pour son âge, ça a des bons côtés…

Divers: pour ceux qui ont vu mon post FB hier, il y a du nouveau. Devant le scandale et grâce à un vrai chef de l’opposition (Corbyn a été remplacé à la tête du Labour, et ça se sent, même si je n’ai aucune sympathie particulière pour son successeur non plus, il a le mérite d’exister), Johnson a opéré un revirement spectaculaire hier soir et accepté de supprimer la surcharge médicale que devaient payer les personnels soignants étrangers pour avoir le droit de…se faire soigner. Par contre, le non britannique de base doit toujours, en plus de ses impôts et cotisations sociales, payer cette fameuse surcharge.

Amitié: je disais donc, hiiii. En espérant que la frontière ouvre d’ici août.

Love: il a décidé de faire le pont lui aussi, c’est important de respecter les traditions du pays depuis lequel on télétravaille…Il a donc dû expliquer à ses collègues anglais qui trouvent aussi que cette histoire de « bridge day » est une invention très intéressante. En plus, comme en Angleterre, c’est férié lundi, Marichéri fait carrément l’aqueduc.

Penser à: passer à la jardinerie. Celle à côté, plus agricole voire rurale profonde qu’horticole, il n’y a jamais personne à part des tracteurs, ça me va beaucoup mieux que les centres commerciaux.

Courses: on reprend un rythme normal, sauf qu’il nous faut toujours des cargaisons pour remplir les ados. On recroise les habitués aussi dans le village: les commerçants avaient raison, leurs « nouveaux » clients de confinement les délaissent déjà pour les supermarchés. C’est plus sympa pour nous, il n’y a plus de file d’attente, mais c’est dommage pour eux.

Envie de: cerises. La saison des fraises se termine…

Sortie: j’hésite…je remets cette rubrique ou c’est prématuré? Non parce que, c’est positif d’en reparler, mais pour l’instant, je ne vois pas quoi y mettre.

Pic: le bassin du petit requin, rebouché, est devenu le potager de Wizzboy et PrincesseChipie. Je ne sais pas si ça donnera quelque chose, mais ça les occupe!

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Apprendre moyennement l’histoire anglaise en s’amusant, épisode 19

J’ai décidé, dans l’espoir de détendre l’atmosphère à ma petite échelle en cette période bizarre, de massacrer l’histoire de l’Angleterre, sans aucune compétence ni prétention autre que celle de faire rire un peu. Résumé de l’épisode précédent: l’Angleterre inaugure une nouvelle famille de gérants, les Tudor. Le premier est assez discret après avoir pris le pouvoir par surprise, du coup son fils Henry VIII assure le spectacle jusqu’à sa mort…bon et après, on fait quoi avec les Tudors?

L’unique fils souffreteux et probablement boutonneux de Henry VIII, Edward VI, ne dure pas. Il est aussi guilleret que son grand père, le premier roi Tudor. On passe rapidement à la première fille de Henry VIII, Mary, qui est devenue reine après avoir décapité Jane Grey, pour de sombres histoires de religion. On savait s’amuser dans cette famille. Mais Mary ne tient pas ses promesses, on la croyait rigolote, après la série de petits meurtres et autres légers massacres de ses débuts, et bien pas du tout! Elle a eu l’idée saugrenue de vouloir revenir au catholicisme et en plus de faire des sortes de grossesses nerveuses à répétition. Ça faisait mauvais genre. En plus, elle est bêtement morte dans son lit, franchement, aucun sens du drame! Heureusement sa demi-sœur Elisabeth a pris la suite.

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Elisabeth I devait être une grande visionnaire, puisqu’elle a réussi à se faire sponsoriser par Hollywood plusieurs siècles avant l’invention du cinéma. Il faut le faire. Mais à part garantir un oscar à toute actrice capable de porter une fraise autour du cou sans piquer un fou rire (le col, pas le fruit), qu’à fait Elisabeth? Elle a continué la grande campagne de décapitation commencée par son père, en s’entraînant sur sa cousine, Mary Stuart. La petite Mary Stuart était précoce, puisqu’elle est devenue reine d’Ecosse en 1542 à l’âge de 6 jours, il faut le faire. Ça n’a pas eu l’air de l’intéresser plus que ça, surtout qu’elle a passé toute son enfance à la cour de France, en attendant d’épouser le dauphin François. C’est un chouïa glauque. Ça fait limite élevage royal. On les parque en attendant qu’ils soient en âge de se reproduire et paf en 1558, on les marie. En plus, François devient roi de suite, donc Mary est aussi reine de France, youpidou, mais ça ne dure pas. François était visiblement de mauvaise qualité, il s’use tout de suite et meurt en 1560. C’est pas malin.


Pour se remettre de ses émotions, cette pauvre Mary décide d’aller faire un tour en Écosse, après tout, elle y est toujours reine, autant aller voir à quoi ça ressemble. Elle débarque en 1561 et pour s’occuper, elle épouse un certain Henry Stuart. Mais elle le trouve rapidement désagréable. Manque de chance, Henry est plus costaud que François, impossible de s’en débarrasser. Il faut attendre 1567 où par un malheureux concours de circonstances totalement indépendant de la volonté de Mary, la résidence de Henry prend feu bêtement et tout est détruit, lui y compris. Il faut avoir l’esprit mal tourné pour dire qu’il aurait été assassiné par le petit James, earl of Bothwell. Le fait que James épouse Mary aussitôt après est un pur hasard qui n’a strictement aucun rapport avec l’accident de Henry. Un peu de sérieux…franchement, la vie de Mary, ça tourne à la télénovelas…sauf que non en fait, c’est une tragédie. Mary et James sont renversés et elle doit céder sa couronne à son fils (James Stuart, qu’elle a eu avec Henry. C’est confus cette famille recomposée, ils s’appellent tous pareil en plus) qui devient donc roi d’Ecosse à l’âge canonique d’un an. Mary, qui est soit extrêmement naïve soit totalement stupide se réfugie, chez sa cousine Lizzie Première. Non parce que Mary étant catholique, il se trouve que ses coreligionnaires la considèrent comme la véritable reine d’Angleterre, et tiennent sa cousine pour une usurpatrice. Vous allez rire, ça n’amuse que très moyennement Lizzie qui place Mary en résidence surveillée pendant 18 ans, et puis elle finit par se lasser et lui coupe la tête, qu’on en parle plus en 1587.


Pour s’économiser des divorces coûteux et ne pas finir comme Mary, Lizzie préfère aussi ne pas se marier. Et quand on voit comment ses demi-frères et sœurs se sont tous massacrés entre eux, on comprend qu’elle n’ait pas voulu d’enfant. Incapable de partager et d’attendre son tour pour jouer avec la couronne, bande de petits malappris! On prête à Elisabeth une foultitude d’amants, dont un certain Dudley, mais je ne pense pas que c’est un rapport avec le cousin de Harry Potter. Et surtout, toujours comme Henry VIII, elle a fait construire des palais à foison et comme elle avait un grand sens de la fête et des économies, elle se faisait inviter par tous les nobles du royaume, pour des sortes de rave parties Tudor. Du coup, eux aussi se sentaient obliger de se lancer dans la construction d’un château rien que pour accueillir leur monarque dignement. Ils ne pouvaient quand même pas les envoyer au Formule 1 du coin.
Bref le règne de Elizabeth numéro un, soit de 1558 à 1603 est considéré comme l’âge d’or de l’histoire anglaise malgré le caractère légèrement pétulant de la reine. Culturellement parlant, déjà c’était pas mal, avec Shakespeare ou encore Marlowe. C’est le début de la colonisation de l’Amérique du nord et les explorateurs comme Drake sont de vraies stars. Les campagnes s’ornent donc de manoirs Tudors charmants, c’est l’apogée de la renaissance anglaise. Le pays jouit aussi d’une certaine stabilité politique, après les petites disputes précédentes entre Tudors. C’est bien simple, même la météo était sympathique à l’époque, puisqu’elle a gentiment participé à la défaite de la si mal nommée invincible Armada en la coulant avant même qu’on tire le moindre coup d’épée. C’est vrai que c’est plutôt plus pas mal tout ça…en tout cas, c’est ce que les victoriens ont décidé, puisque c’est eux qui ont commencé à promouvoir une image d’Epinal merveilleuse certes, mais un chouïa optimiste de cette période, audacieusement baptisée l’Elizabethan Era. Parce que bon, il y avait aussi des rébellions écrasées dans des bains de sang, des massacres sauvages notamment en Irlande, où les anglais débutent ce qui deviendra une tradition à savoir affamer les malheureux irlandais qui se rebellent contre le colonisateur, des épidémies rigolotes et tout ça mais on ne va pas chipoter.

Bon, ils sont bien marrants, ces Tudors à s’entretuer gaiment, mais Lizzie première n’ayant pas d’enfant, et ayant massacré tous ses cousins, on refile l’Angleterre à qui maintenant? On verra ça la prochaine fois.

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Deconfinement d’une asociale

Ce week end, toute excitée, j’ai fait ma première “vraie” sortie, c’est à dire plus loin que le bout de ma rue. Je n’ai jamais été aussi exhaltée d’aller au magasin de bricolage…j’ai vite déchanté. C’est officiel, il ne faut pas me mettre en public. Marichéri a été admirable de calme…et un peu mort de rire aussi devant mes angoisses. Je ne parle pas de la peur d’attraper quelque virus que ce soit, je parle de mon asociabilité qui a grandi de façon exponentielle pendant le confinement, sans que je m’en rende compte. Ça devient gênant.

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Déjà, j’ai un problème avec le masque obligatoire dans certains magasins. Je suis légèrement claustrophobe et j’ai des lunettes. C’est à dire qu’en trois minutes, non seulement je n’y voyais rien et j’avais peur de foncer dans une palette de briques et de m’exploser la tête dessus ce qui est aussi dangereux qu’un virus, mais surtout, j’étouffais. Littéralement. Je vous passe les sueurs froides, les vertiges, l’envie de vomir, la sensation de glace qui monte dans les membres…d’habitude, je réserve ça pour les voyages sous la Manche, les salles de spectacles petites et pleines (pour le cinéma ou le théâtre, ça dépend de la taille de la salle et du degrés de remplissage), les tunnels en voiture, ce genre de choses (je ne parle même pas des ascenseurs, que j’évite comme la peste). Je ne pensais pas qu’un masque, qu’après tout je ne vois pas (de toute façon, je n’y vois rien avec), me provoquerait des étouffements comme ça…il faudrait que j’essaie de faire comme la dame que j’ai aperçue juste avant que mes verres soient définitivement obscurcis par la buée de ma respiration haletante: elle avait un magnifique masque, très festif, orange avec un soleil jaune, certainement fait maison. Au crochet. Sans doublure. Autant porter une passoire…mais je suis sûre que cette dame respirait très bien.

Enfin bon, suspendue à Marichéri qui me guidait en essayant de ne pas se rouler par terre de rire devant mes airs hallucinés de poissons rouge hors de l’eau, j’ai réussi à me mêler à la foule. A la cohue. A la charge…une mêlée de rugby à côté, c’est du pipi de chat. Les gens sont fous. Ils sont collés les uns aux autres, en tout cas à moi. Ça n’a rien à voir avec un virus, mais ils n’ont jamais entendu parler du personal space? Rhaaa, mais poussez-vous! Non je ne suis pas parano, mais je ne veux pas que vous me colliez comme ça, espèce de dangereux social. Je ne veux pas partager vos conversations, votre haleine, vos pellicules… Laissez moins respirer. Sans compter que, sans verser dans les clichés, les français ont quand même l’air d’avoir du mal avec ce passe-temps national anglais qui consiste à faire la queue correctement et qui me manque beaucoup. Je ne parle pas non plus des aboiements hargneux et très, très bruyants (sérieusement, il y a vraiment besoin d’une acoustique de salle d’opéra aux caisses d’un magasin de bricolage?) de clients enragés que doivent supporter les malheureux personnels qui méritent clairement d’être béatifiés parce qu’à leur place, j’aurais tué quelqu’un. De pitié bien sûr, pour abréger les souffrances de ce malheureux là par exemple, celui qui exige de passer devant parce que lui, il n’a qu’un bout de tuyau (avec lequel il a déjà embroché trois autres clients), mais aussi de quoi carreler un océan…d’ailleurs, où est mon bazooka, que je fasse dégager la famille entière qui a décidé de camper sur mon épaule pour voir si la file avance? Comment ça j’exagère? Oui peut-être, mais en ressenti, c’était ça!

Bref, il faut se rendre à l’évidence, je ne suis pas sortable. Enfin si…parce que je suis asociale, certes, mais asociale contrariée, c’est à dire que j’aimerais beaucoup être sociable et que je n’y arrive pas. Alors que Marichéri lui est asocial pratiquant et fier de l’être. Asocial militant même. Et qu’il aurait été pire que moi au milieu de tout ça, si je n’avais été là pour le faire rire avec mes angoisses. Ahaha.

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Apprendre moyennement l’histoire anglaise en s’amusant, épisode 18

J’ai décidé, dans l’espoir de détendre l’atmosphère à ma petite échelle en cette période bizarre, de massacrer l’histoire de l’Angleterre, sans aucune compétence ni prétention autre que celle de faire rire un peu. Résumé de l’épisode précédent: après que le dernier roi Plantagenet change de voie (de garage) et se reconvertisse en cale de voiture, le petit Henry Tudor reprend la boutique du royaume anglais et commence sa propre dynastie en 1485. Le pèquenot de base s’en contrefiche, il espère juste avoir un peu la paix. Le pèquenot de base ne sait pas ce qui l’attend…

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La période des Tudors couvre tout le seizième siècle. Il y a eu 6 monarques, mais globalement, tout le monde se fiche complètement de la moitié d’entre eux. Le premier Henry VII, à part avoir trahi ses anciens patrons pour s’emparer du pouvoir, avoir une tête d’enterrement sur tous ses portraits et engendré Henry VIII, n’intéresse plus grand monde. Sérieusement, commencer une nouvelle dynastie, ça n’a pas eu l’air de le mettre en joie, le petit Henry Tudor, on sent que c’est le roi qui souriait quand il se coinçait les doigts dans son armure. Cela dit, il a clairement influencé son fils, puisqu’il passait son temps à se marier, mais plus pour raison politique que pour faire son intéressant. Franchement, comme début, c’est terne. Heureusement, Henry VIII est arrivé, et là on va bien s’amuser.


Alors donc le petit Henry n’était pas grand, mais il compensait en largeur. Enfin on dit ça, mais avant de devenir roi par hasard, il était sportif de haut niveau, faisant de l’équitation et surtout vous allez rire, du tennis. C’est bien simple avant que Murray ce sympathique britannique (quoiqu’il ne joue plus, je crois qu’il est de nouveau écossais) se décide à gagner Wimbledon, Henry était pratiquement le dernier champion britannique de tennis connu…Je sens que je m’égare complètement. Reprenons, Henry est né à l’heure et à Greenwich en 1491. Il n’a strictement aucune raison de devenir roi, puisque c’est la roue de secours royale, c’est à dire le cadet. Je dis ça comme ça, mais je rappelle que le vrai nom du prince Harry, c’est Henry, à la place de William, je me méfierais, il y a des précédents historiques. C’est dommage d’ailleurs parce que si son frère aîné n’avait pas été de mauvaise qualité et n’était pas mort bêtement comme ça, avant d’avoir pu servir, c’est lui qui aurait été roi. Et il s’appelait Arthur. Le roi Arthur, c’est pas mal. Ça sonne mieux qu’un Henry numéroté. Enfin bref, Henry ado s’éclate, il chasse, fait du latin, de la musique, parle français couramment et devient auteur de best sellers. Quand on pense que la plupart des Royals maintenant ne fichent rien… En même temps, je ne suis pas sûre qu’ils sachent tous lire un livre, alors en écrire…Henry avait aussi un humour débordant, puisqu’un de ses bouquins, récompensé par le prix Nobel, la médaille fields, le premier glaçon en patinage, un joli diplôme de défenseur de la foi décerné par le pape lui-même, ce bouquin donc, défendait hardiment le catholicisme contre Luther et le protestantisme. A mon avis, c’est ce qu’on appelle de l’humour d’anticipation.


Bref, Henry s’amuse bien et ne fait de mal à personne, et puis, paf, son frère se défile lâchement en mourant en avance comme un imbécile et voilà que ce malheureux Henry devient roi en 1509. C’est ballot. Surtout que pour ne pas gâcher une alliance diplomatique et une jolie dot, il épouse la veuve de Arthur, Guenièvre d’Aragon…non, ce n’est pas ça, je confonds. Catherine d’Aragon ( je me répète, William, Kate de son vrai nom Katherine, Harry….?). Henry se soucie de gouverner comme de sa première beuverie, il confie le gouvernement à un pote qui passait par là, un certain Wosley, et ça va bien comme ça, il peut retourner vaquer à ses maîtresses occupations. En plus, Wosley est le fils d’un boucher de Ipswich (c’était près de chez moi. Mais c’est plouc. C’est bien simple, les gens de Colchester méprisent ceux d’Ipswich, surtout depuis qu’ils ont osé avoir une meilleure équipe de foot. Je m’éloigne du sujet. Si si, je le sens bien…). Bref, entre bouchers, ils devaient avoir des affinités. Henry continue à passer le temps en faisant la guerre à tout ce qui bouge et sautant sur tous les jupons alentours ou l’inverse. Ça l’occupe mais ça coûte cher. Henry est au bord de la faillite personnelle (je ne parle pas de sa moralité, parce que là, elle a coulé depuis longtemps). Et il n’a pas du tout envie d’aller quémander au parlement. Vous savez ce que c’est, les négociations salariales, c’est toujours délicat, surtout quand on est roi.


Il se trouve que Henry décide aussi de renvoyer sa femme Catherine, dont il n’a plus l’usage, pour épouser la sœur d’une de ses maîtresses (à mon avis, un soir, il était bourré, il a confondu les chambres, ou un truc comme ça. Ça peut arriver. Surtout à Henry VIII), la petite Anne Boylen. Henry envoie Wosley négocier un divorce avec le pape. Manque de chance, ça rate. Henry fait arrêter Wosley, qui a le mauvais goût de mourir tout à fait naturellement avant d’avoir pu être décapité, franchement, ces fils de boucher, aucun sens du spectacle. Henry entreprend alors de lancer sa propre religion, parce que ça va bien comme ça, mais si on ne peut plus divorcer quand on a envie à cause de vagues considérations papales, c’est pas la peine d’être roi. Et puis, ça règle surtout ses problèmes de fins de mois difficiles, puisque Henry n’a plus un centime, alors que les coffres des monastères et églises catholiques sont bien remplis, eux. En 1534 Henry se proclame étoile polaire de l’église anglicane, grand chef scout de l’empire, Darth Vader de Canterbury, guide suprême de son église-à-lui-que-c’est-lui-le-chef et tout cette sorte de choses. Et hop. D’un coup, il met à main sur les trésors catholiques et double ses revenus annuels. C’est pas bête.


Vous allez me dire, et sa vie sentimentale dans tout ça? Il est débordé. Henry s’est débarrassé de Catherine, qui vu la suite des évènements, ne s’en est pas trop mal tirée, c’est à dire en un seul morceau. Il épouse Anne juste à temps pour la faire décapiter parce que bon, on ne peut pas non plus changer de religion tous les 4 matins et qu’il n’y a plus personne à exproprier. Il se remarie avec Jayne Seymour, une originale qui décide bizarrement de mourir naturellement, puis avec Annes de Cleves. Eh bien, Henry n’arrive toujours pas à avoir un fils. C’est pas faute d’essayer quand même ! Comme ça le met en rogne, il fait décapiter aussi son nouveau premier ministre pour passer ses nerfs ( Il y avait peut-être une promo, deux exécutions pour le prix d’une? ou alors c’est une histoire de don de sperme qui a mal tourné ? …oui, j’ai honte. Enfin, pas trop non plus. Henry VIII n’est pas sympa). Il épouse ensuite Katerine Howard, qui est exécutée rapidement, on n’a pas que ça à faire, puis finalement une autre Catherine, Parr cette fois …à ce stade, c’est peut-être du gâtisme, dès qu’il voit une Catherine, il l’épouse, la décapite, et croit qu’elle repousse. Si ça se trouve, il était terrifié, persuadé d’avoir à faire à une Catherine zombie. Ou alors c’est un problème administratif, avec l’engorgement des tribunaux, pas moyen de faire un procès à quelqu’un, autant l’épouser, ça va plus vite. Comme Henry s’ennuie toujours entre deux décapitations mariages, il tente de faire la guerre, avec ce qu’il a sous la main, c’est à dire le pays d’à côté, la France. C’est une manie. Entre voisins, il faut bien se rendre de petits services. Mais ça rate complètement, et Henry s’étiole. Il plonge dans la dépression et l’abus de nourriture. Il meurt obèse (178 kg) et ruiné en 1547.

Le pauvre pèquenot de base a donc dû changer de religion par décision royale et perdre tous ses jolis jours chômés catholiques. Le pèquenot de base apprécie moyennement, comme quoi, il n’y a pas que moi qui n’aime pas trop ce Tudor numéro 2. Pour la peine, on va attendre la prochaine fois pour les autres, vous allez voir, cette famille est encore pire, niveau querelles intestines, que toutes les autres dynasties anglaises précédentes!

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