Après l’Angleterre et l’Espagne, on part au Portugal, à Lisbonne pour le défi de Bernie. On est toujours en vert, comme la porte de ce poste avancé en pleine nature…verte aussi!

Prenez bien soin de vous.
Après l’Angleterre et l’Espagne, on part au Portugal, à Lisbonne pour le défi de Bernie. On est toujours en vert, comme la porte de ce poste avancé en pleine nature…verte aussi!

Prenez bien soin de vous.
J’étais partie pour une photo de calèche pour illustrer le thème de la semaine, mais j’ai vu que Ma’ l’avait déjà très bien fait. Je me suis mise à chercher lamentablement une autre inspiration, en regardant autour de moi, comme si il y avait un moyen de transport dans mon salon…dans la salle à manger non plus…ah ben si! Enfin, pas exactement…on a ramené de Bruges une reproduction d’une œuvre de Marcel Broodthaers qu’on a vue sur place et qui m’avait forcément enthousiasmée. Elle trône au dessus du bahut, mais j’ai préféré vous mettre l’original en photo. Si vous vous demandez ce qui m’a pris de mettre des vaches pour illustrer le thème, grossissez un peu la photo et regardez les légendes…j’adore!

J’ai failli être en retard pour les états d’esprit (d’après une idée de la merveilleuse Zenopia), c’est la faute de l’école à la maison qui continue: le son eil et le vocabulaire du cirque, les équations à deux inconnues, la voix lactée et Marx et Engel. Bref, les clowns Marx et Engel, ces grands inconnus, font du trapèze sur une comète qui a oublié son réveil, un truc comme ça…
Fatigue: tiens, une semaine complète, ça fait bizarre…
Condition physique: frigorifiée….c’est quoi ce froid sibérien en mai?!?
Humeur: hiiii (voir Love)
Esprit: c’est décidé, j’arrête de procrastiner. Si. Prochainement…
Estomac: en pleine cure de fraises. Depuis qu’on est rentré d’Angleterre, je ne me lasse pas des fraises en printemps. Ça m’a beaucoup manqué (on trouve bien des fraises de l’autre côté de la Manche mais elles sont énormes et sans aucun goût).
Culture: j’ai appris avec ravissement qu’il y a une ville gallo-romaine avec un magnifique forum à moins de 100 kilomètres de chez nous, dans le Nord (on a vérifié, ça fait 91 km à vol d’oiseau, même un petit oiseau). Youpidoo. On attend que ça rouvre et on fonce!
Boulot: ce week-end va être intense: on va enfin finir de peindre notre muraille! (On a fait construire un petit mur de clôture de 2 mètres de haut dans un trou de la haie, pour remplacer un arbre tombé pendant la tempête. Comme on n’a pas de voisin, la mairie nous a dit qu’on peut faire ce qu’on veut, une réplique de la muraille de chine peinte en mauve, une palissade de 15 m en paillettes ou même un mur normal tout bête, ils s’en fichent.) Bref, on va pouvoir aller chercher de la peinture…
Avis perso: c’est pas possible, il y a un concours chez tous les populistes pour savoir celui qui fera le plus de dégâts…entre Trump, Johnson, Bolsonaro, c’est du délire.
Message perso: merciiiiii! (Voir pic)
Loulous: L’Ado est content, il peut arrêter de courir en rond dans le village. Pour fêter ça, il a été jusqu’à la ville voisine, en petites foulée et pareil au retour. C’est sûr, on est en pleine campagne, il y a des chemins charmants à travers champs, mais c’est mieux d’aller courir sur les trottoirs, en plein traffic…espèce de londonien tiens. GeekAdo après une petite pause, s’est remis à stresser comme un hanneton tachycardique: il attend les résultats de parcoursup. On a beau lui dire que ça risque de prendre des semaines, voire plus, il préfère commencer à angoisser en avance. MangaGirl n’a jamais autant suivi l’actualité, elle est cramponnée à la carte de France: pour l’instant, tout va bien, on est toujours classé rouge, pas de réouverture du collège pour le moment. PrincesseChipie et Wizzboy étaient hilares mardi: ils sont sortis pour la première fois depuis deux mois. Grand moment, on a été à la boulangerie. Ça nous a bien pris 5 minutes, mais ils étaient aussi ravis l’un que l’autre. On a même croisé un copain de Wizzboy et sa maman, j’ai encore les tympans qui saignent à cause des cris de joie des deux gamins.
Divers: j’ai mis le comité historique du village sur le coup, je sens qu’on va percer le mystère des vestiges dans le jardin!
Amitié: on croise les doigts pour août
Love: il est joie! C’est officiel, télétravail à plein temps minimum jusqu’en septembre. Pas besoin d’aller à Londres! Je suis joie aussi, hiiii….
Penser à: prendre rendez vous pour le contrôle technique de Marcel qui vient de fêter son premier anniversaire en attrapant un oiseau tout seul, pour la première fois. Il était très fier, il a tenu à nous faire admirer la chose. Beuh. Capucine a eu beau faire sa dédaigneuse, on a bien senti une certaine satisfaction professorale aussi, c’est elle qui lui a tout appris.
Envie de: bulles. De rire, de détente, de légèreté, de normalité, de jeux…
Courses: contrairement à toute la ville, d’après les observations de L’Ado jogger, je n’ai pas tenté de sortie shopping post confinement, non par peur du virus mais de la foule. Ça y est, je ne peux plus être asociale discrètement….
Pic: je disais donc merci, on joue en famille, et on s’éclate (sauf que Marichéri a failli tomber de sa chaise: MangaGirl, sa petite fille toute mignonne grandit, on peut même dire vieillit, et comprend très, très bien certaines blagues…).

Et voilà, pas de Chelsea Flower show cette année, ce rendez-vous horticole royal qui me fait hurler de rire tous les ans…du coup, je me suis replongée dans les top 10 des tenues délirantes qu’on y trouve à chaque fois et j’ai sélectionné mes préférées. Le choix a été très difficile, mais voilà mon best of de ces 5 dernières éditions. Je rappelle avant toute chose que le chelsea flower show est une exposition jardinière qui voit défiler tous les Royals, c’est dire si c’est fascinant. Chaque année, l’un d’eux s’y colle pour « désigner » son jardin, tout seul avec ses petites mains dans le fumier. C’est l’endroit où il faut être vu, et certains font beaucoup d’efforts pour bien se faire remarquer.
10-On commence en douceur et en 2016, avec un très joli parapluie. Sérieusement, il est bien plus discret que le mien (avec des vaches) et c’est pile dans le thème! Je ne serais pas contre. Bon par contre, la moumoute rose…

9- En 2017, ce couple charmant et cacté m’avait beaucoup plus. C’est un peu tristounet, mais c’est peut être une tenue de camouflage? Si ils partent en vacances dans un désert mexicain par exemple?

8- Alors que là, par contre, on sent que le type en 2015 est à fond . C’est très chou…ou alors comme c’est un photographe, il a essayé, lui aussi, de se camoufler, pour ne pas effrayer les fleurs. A mon avis, c’est raté.

7- On continue avec un duo chapeauté en 2018…un vieux pot de fleurs qui traîne, quelques graines et on a un joli haut de forme original. Je n’ai qu’une chose à dire, comme Prunelle dans Gaston , oui mais si on danse?

6-J’aurais pu mettre ce monsieur de 2016 ex æquo avec son copain fleuri au-dessus, mais je trouve que le jaune petant apporte un petit plus… C’est guilleret.

5- Évidemment, pour avoir des jolies fleurs, il faut des graines. C’est totalement logique. Je ne sais pas quoi dire d’autre. Il n’y aurait pas un ou deux volatiles quelconques à proximité , pour arranger la chose?…en même temps, même sans les graines ça doit être très laid aussi. La chose vient de 2017.

4-En 2019, toujours dans le frais et primesautier, il y a cette œuvre d’art. Alors là, je ne dis plus rien, je m’incline. C’est génial.

3- On enchaine avec l’indispensable photo de groupe datant de 2018, je sens que ça vous manquer. Tout est dans les couvres chef, et les épaulettes piqués en moumoute rousse. Ça a un côté volaille punk remarquable.

2- Il y a des couples comme ces deux charmants originaux en 2017, qui finissent toujours pas s’habiller pareil et se prendre pour une haie montée sur échasses. Pourquoi?

1- Ce monsieur était déjà mon numéro un en 2019, mais vraiment, j’adore, je ne pouvais pas mettre quelqu’un d’autre en tête de ce best of. C’est tellement admirable, dans tous les détails que j’en suis bouche bée. Il y a même une vache, c’est dire si j’adore. Je rappelle que ce monsieur se promène comme ça, l’air de rien avec son lapin sur la tête, volontairement et en public, dans un endroit qui foisonne de célébrités et de Royals. Il y a des fois, je regrette vraiment une certaine Angleterre et ses merveilleux excentriques.

J’ai décidé, dans l’espoir de détendre l’atmosphère à ma petite échelle en cette période bizarre, de massacrer l’histoire de l’Angleterre, sans aucune compétence ni prétention autre que celle de faire rire un peu. Résumé de l’épisode précédent: la guerre des roses bat son plein, c’est du massacre, un peu comme quand je jardine, ce qui nous ramène au sujet, ou presque. On s’est arrêté une victoire des York contre les Lancaster quand tonton Richard décide de prendre le pouvoir après avoir mis ses neveux en garderie dans la tour de Londres, ce qui a le don d’énerver les deux camps. Les combats reprennent donc de plus belle.

Dans un premier temps, Richard gagne contre Henry Stafford, un ancien supporter. Franchement, si on ne peut pas compter sur les copains quand on s’empare plus ou moins subtilement du pouvoir, où va-t-on ? Mais le triomphe de Richard a été de courte durée, il s’est ensuite frotté à Henry Tudor, un pèquenot qui passait par là par hasard mais qui était sensé être dans son camp. Bref, un traitre. Malheureusement pour Richard, Henry était sponsorisé par Shakespeare…euh par les français. Richard III s’est fait massacrer, littéralement en 1485 puis figurativement à chaque fois que des collégiens anglais jouent la pièce éponyme et légèrement biaisée de Shakespeare. Ce n’était que le début de ses aventures. On l’a bien enterré correctement, mais comme Richard avait décidément la poisse, sa tombe a ensuite été détruite pendant la réforme (quand Henry VIII a créé la Church of England) et on a perdu sa trace pendant 5 siècles. Le squelette de ce pauvre roi, le dernier de la dynastie des Plantagenet, a été retrouvé sous un parking à Leicester en 2012. Si. Et donc, alors que personne ne s’intéressait à lui depuis sa mort, des tas de gens se sont disputé ses restes avec passion. C’est vrai ça, que faire du squelette, maintenant qu’on l’a identifié ? On ne peut pas le laisser dans le parking, ça fait désordre. Tout le monde a réclamé le tas d’os roi. Dans un camp, il y avait les archéologues qui l’ont identifié et la municipalité qui voulaient garder ce malheureux Richard chez eux (on ne sait jamais, ça peut attirer des touristes à l’esprit macabre), dans l’autre de vagues descendants, la Plantagenet Alliance, qui penchaient pour un enterrement à York, pour des raisons historiques pas très claires. Les universitaires et la municipalité de Leicester avait l’air d’avoir l’avantage, le directeur d’office de tourisme avait déjà commandé des effigies royales en plastique et fait construire une boutique souvenir un musée, quand voilà-t-il pas qu’une troisième équipe est rentrée jeu pour réclamer Richard qui n’a jamais été aussi populaire de son vivant: une association catholique a exigé le squelette! Ils refusent que Richard soit inhumé dans une cathédrale protestante, comme prévu, c’est à dire la cathédrale de Leicester. L’association catholique crie au scandale. Déjà, Ils sont outrés que ce pauvre Richard soit donc la risée de tous depuis que Shakespeare, dans un ignoble acte de propagande pro-Tudor digne des pires courtisans, l’a décrit comme un roi cruel, bête, ignoble et ayant des pellicules, alors que les catholiques sont formels, Richard était charmant, pieux, poli et probablement primesautier (c’est par pure gentillesse qu’il s’est débarrassé de ses neveux). Ils réclament donc qu’on l’enterre dans une église catholique. C’est reparti pour un tour…
Finalement, la justice a dû trancher et Richard a bien été ré-enterré (pour la troisième fois…tri-enterré?) dans la cathédrale protestante de Leicester, dans l’effort louable d’offrir une jolie attraction touristique à la ville et d’être à portée de mains si jamais l’université veut encore faire des recherches rigolotes dessus. Ricard a eu droit à une procession dans les rues de Leicester en mars 2015 et les cérémonies grandiose de son tri-enterrement ont été retransmises en direct à la télé anglaise. De là à dire qu’il était en fait un visionnaire et qu’il a su attendre son heure pour avoir droit à des festivités royales…Ou qu’il a un petit côté zombie… je sens que je m’égare. Reprenons. Avant de ré-empaqueté Ricard dans un nouveau cercueil, on a découvert des tas de choses désopilantes sur lui à partir de son squelette : avant de faire carrière comme cale de voiture, Richard III buvait comme un trou; une de ses ancêtres à fauter et biologiquement parlant, il n’est pas plus Plantagenet que moi, si ça se trouve, il descend du facteur. On a aussi appris qu’il est mort bêtement, en se prenant un coup d’arbalète sur la tête après avoir perdu son casque dans la bataille, quel empoté.
Enfin bon, la guerre des roses où les cousins Plantagenet se sont disputés la couronne, n’a profité qu’à un vague supporter qui s’est donc finalement emparé du trône de Richard en 1485 à la surprise générale… Bref, à force faire leurs malins, ces abrutis de Plantagenet ont tout perdu et l’Angleterre s’est retrouvée aux mains d’Henry Tudor, soit d’un plouc surgi de nulle part. Franchement, perdre le pouvoir comme ça, c’est ballot. Enfin bon, fini les Plantagenet, l’Angleterre va connaître une autre dynastie, on parlera des Tudor la prochaine fois.
Suite aux incalculables demandes (au moins 5!), je continue à massacrer l’histoire anglaise, toujours sans aucune qualification, mais pour le plaisir. On s’était arrêté à la fin de la guerre de 100 ans et ses épidémies de peste. Maintenait que les choses se calment et que la santé revient aussi, les anglais pourraient être contents. Certes, ils ont perdu leurs possessions françaises sauf Calais, mais c’est la paix, youpidoo ! Et bien non, sans personne sur qui taper, ils s’étiolent. C’est donc le moment de se lancer dans une bonne petite guerre civile, la célèbre guerre des roses, histoire de s’occuper un peu. Enfin, quand on dit la guerre des roses, c’est réducteur, il y a eu des tas d’épisodes.

Malgré les apparences, les anglais ne se sont pas tapés dessus à coup de fleurs. Ça a été un chouïa plus sanglant pour la populace bêtement coincée au milieu alors qu’elle n’avait rien demandé. Il faut savoir qu’à la base, tout ce petit monde, les York et les Lancaster sont cousins. Ce sont des Plantagenets, des migrants français. On a d’un côté les tenants du titre, qui occupent le trône, les Lancaster en rouge et de l’autre les outsiders de York en blanc. Il n’y a pas d’arbitre ni de ballon, mais plutôt des épées et des arbalètes, c’est sportif aussi. La guerre des roses commence officiellement en 1455 mais dans cette famille, ça a toujours été la pagaille. Les cousins avaient déjà commencé à se taper dessus, c’est juste que ça passait plus ou moins inaperçu. On était occupé avec la guerre de cent ans, les petites querelles familiales comme ça ne pouvaient pas faire la une des journaux non plus. On ne peut pas être partout, une boucherie internationale et interminable, c’est quand même plus fun que des cousins qui se chamaillent… Ça peut arriver dans les meilleures familles, dès qu’il y a un héritage, ça dégénère à cause de cousins grincheux, mais je m’éloigne du sujet. Revenons à nos rosiers. En 1399, Henry de Bolingbroke, du Lancaster (les rouges) décide que son cousin Richard II Plantagenet est un gros nul qui ne sait même pas comment régner correctement, et il prend sa place. Hop. Voilà donc les Lancaster sur le trône, sans raison valable un peu comme Boris Johnson devenant premier ministre sans élection.
On arrive à Henry VI, le petit-fils de Henry de Bolingbroke. Henry VI est peut-être très sympathique, on ne sait pas, mais par contre il est carrément idiot et très peu doué militairement. La preuve, il égare bêtement les deux ou trois territoires français qu’il avait encore. Ça contrarie ses cousins. Il faut les comprendre aussi, ils avaient tous de superbes résidences secondaires pour les vacances sur le continent, où la bière est beaucoup moins chère, et là, ils se demandent si ils pourront continuer à y aller. Si ça se trouve, ils vont devoir demander un visa. Qu’ils n’obtiendront peut-être pas ou à des prix prohibitifs. Je ne parle même pas du taux de change qui ne les fait pas rire non plus…je rappelle qu’on est au quinzième siècle et qu’il s’agit des nobles anglais énervés par leur roi Henry VI, évidemment. Toute ressemblance avec des événements plus récents est purement fortuite. Mais bon, ça a fini par une guerre civile tout ça, entre anglais qui se sont entretués, pendant que les français se marraient, tranquilles. Je dis ça comme ça, sans penser à mal. Les anglais sont donc là, à râler après leur gouvernement roi quand Edward de York prend les choses en main (c’est à dire son épée) et décide d’entamer les massacres pour se débarrasser de Henry VI et surtout de la reine, Marguerite d’Anjou (tiens, encore une migrante…) qui fait preuve de beaucoup plus de caractère que son ramolli de mari.
Les réjouissances commencent par une petite sauterie, la bataille de Saint Alban, près de Londres en 1455. Les Lancaster flanquent une pâtée aux York royalistes qui se vexent et se rebiffent. Ça continue jusqu’à 1459, où les blancs obligent les rouges et Edward à fuir en France. Et bien, il ne trouve rien de mieux que d’aller installer un campement à Calais en essayant par tous les moyens de rentrer clandestinement en Angleterre. Je ne ferais aucune remarque désobligeante, mais bon…non parce que lui, c’est un héros national alors que d’autres qui font pourtant strictement la même chose…encore une fois toute ressemblance avec une certaine actualité est purement le fruit du hasard. Je n’y suis pour rien. Edward revient en Angleterre, il se débarrasse de Henry VI en le rangeant dans la tour de Londres et se déclare lord protector du royaume. Les Lancaster se regroupent dans le nord, grâce à la reine Marguerite qui est fâchée, et c’est reparti pour un tour. On est déjà en 1460. Les Lancaster de Marguerite reprennent la main, ils tuent même Edward et son fils Edmond, mais il avait un autre rejeton, aussi prénommé Edward qui finit par gagner et s’empare du trône sous le nom de Edward IV. Le 29 mars 1461 Edward de York s’auto proclame donc vainqueur après avoir poussé Henry VI hors du trône. Ça pourrait s’arrêter là. Ou pas.
A parti de là, ça devient encore plus compliqué. Pour de sombres raisons matrimoniales et limite romantiques qui font désordre au milieu de cette boucherie fratricide, Edward IV (de York donc, l’équipe des blancs) se met tout à coup à favoriser outrageusement les perdants, c’est à dire les rouges de Lancaster. Ça défrise ses supporters qui en appellent à …la reine Marguerite. C’est à dire que les York parce qu’ils sont déçus que leur roi soit sympa avec les Lancaster vont demander l’aide de ces mêmes Lancaster pour se venger de Edward et remettre un Lancaster sur le trône…C’est très clair. C’est Marguerite qui a dû bien se marrer. Enfin pas trop longtemps non plus, puisque en 1471 après diverses péripéties sanglantes que je vous épargne parce que ça devient lassant, Edward IV se débarrasse définitivement de Henry VI et Marguerite. Les Lancaster ont perdu, les York ont gagné, mais ça reste dans la famille. Certes, à la mort de Edward, son frère Richard s’empare sournoisement du trône en évinçant ses neveux, mais c’est pas grave. Richard a gentiment rangé ses neveux au placard dans la tour de Londres, pour prendre la couronne à leur place, le petit coquin. Il y a des gens qui l’ont mal pris…surtout parce qu’ils ne voyaient pas pourquoi ils ne profiteraient pas eux même de la situation. D’où la pagaille qui continue, mais on va s’arrêter là pour aujourd’hui, je commence à avoir la migraine avec tout ça…décidément, l’histoire anglaise, c’est le bazar en continu.
On est toujours en vert pour le challenge de Bernie, et après l’Angleterre, je vous amène en Espagne. Le pays basque est connu pour être très vert, mais cette fois, je n’ai pas choisi la végétation. Je vous amène voir du street art dans les rues (et sous les passerelles) de Bilbao

Prenez bien soin de vous!
Comme Ma’, j’ai dû aller chercher dans les archives pour le thème de cette semaine. Comme on célèbre la journée de l’Europe aujourd’hui, j’ai choisi une sculpture installée à Paris, d’un artiste anglais, vivant en Allemagne. Il a bien dû aller en vacances en Espagne ou en Italie au moins une fois dans sa vie aussi, c’est dire si ça le fait. Il s’agit d’une colonne de grès, originalement baptisée Column du sculpteur Tony Cragg. La chose fait quand même 4m40 de haut et trône au jardin des Tuileries depuis 2009, mais je ne vais pas recopier tout Wikipedia non plus. Bref, c’est de l’art, à Paris, qui est une ville. En plein dans le thème!

C’est parti pour les états d’esprit (sur une idée brillante de la merveilleuse Zenopia).
Fatigue: on pourrait penser que les jours fériés ne comptent pas en ce moment, mais si. Pas d’école à la maison, Marichéri qui exceptionnellement ne travaille pas non plus et ne va pas passer la journée (et une grosse partie de la soirée) cloîtré dans son bureau, ça aide à se sentir reposée!
Humeur: il fait beau!
Condition physique: aïe. Ça devient ridicule, je n’ai jamais autant jardiné, je n’arrive même plus à bouger les bras, et bien, clairement, je perds contre les mauvaises herbes dans l’allée. Je dirais même qu’elles me narguent, à repousser comme ça en pleine forme alors que je suis toute courbaturée à force de les arracher. C’est vexant.
Esprit: frémissant
Estomac: il regarde notre essai de potager avec circonspection…(oui, je parle d’un estomac qui a des yeux, c’est une image). C’est pas gagné. Déjà, on a une salade (on se comprend, une espèce de petit machin verdâtre et rabougri qui refuse de pousser), qui a mystérieusement disparu pendant la nuit. On a soupçonné un animal quelconque, mais Capucine patrouille le jardin toute la nuit et quel animal rebouche proprement après avoir arraché une salade?
Boulot: taïaut! Je ne me laisserai pas vaincre par de mauvaises herbes teigneuses! Où est le lance flammes?
Culture: L’Ado, en plein soucis d’intégration et surtout en manque de foot, a décidé de se plonger dans l’historique du RC Lens, et il partage son nouveau savoir, ça compte?
Avis perso: je suis chaque jour un peu plus soulagée de ne plus vivre en Grande Bretagne, entre la gestion calamiteuse, pour ne pas dire criminelle, de la pandémie, la probabilité grandissante d’un hard brexit et la xénophobie ambiante (figurez-vous que pour les tabloïds, on ne célèbre pas aujourd’hui la paix, voire la victoire contre le nazisme, mais je cite: « victory over Europe » )
Message perso: par contre, je pense très fort à tous mes amis là-bas, bon courage!
Loulous: L’Ado est content, il va pouvoir arrêter de tourner en rond dans le village quand il sort courir. Je lui ai dit qu’il pouvait aller à plus d’un kilomètre de la maison à partir de lundi: « enfin!…mais attends, coin, tu m’as pas dit la limite, je peux courir jusqu’à où? -Ah oui, effectivement, mais comme c’est 100 km, je pense que tu as de la marge ». GeekAdo continue les fouilles dans le jardin. On a trouvé ce qui a l’air d’être la base d’un pilier rond, des sortes de tuyaux en métal mais à la verticale et un verre à pied. Il est déçu, on a commencé à reboucher et aplatir sans avoir atteint le fond. On préfère éviter un éboulement de terrain, il est contrarié. On n’a aucune curiosité scientifique, c’est scandaleux! Je l’ai rassuré: dès que ça ouvre, il pourra venir avec moi fouiller dans les archives municipales pour voir si il y a traces de notre construction mystérieuse sur les différents cadastres. Réactions diamétralement opposées des filles quand on a appris qu’on était en zone rouge hier soir et que donc le collège ne rouvre pas pour l’instant: MangaGirl a crié de joie en sautant partout, PrincesseChipie s’est écroulée en pleurant. Elle n’en peut plus, elle en est à faire les devoirs de sa sœur, tellement elle est en manque. Wizzboy ne retourne pas à l’école non plus, il n’est pas prioritaire: « c’est quoi plimobitaire? ».
Divers: aucune idée…c’est bizarre, je dois être en manque de café.
Amitié: je vais enfin pouvoir tenter d’envoyer des cadeaux d’anniversaire très en retard en Angleterre.
Love: il essaie de trouver un moyen d’installer son bureau sous la pergola au fond du jardin, mais la connexion internet ne veut pas. Il est déçu.
Penser à: aller boire mon café qui va refroidir.
Courses: on veut profiter de la réouverture du marché pour changer de primeur…on fait comment pour rompre avec son primeur, il y a de modalités particulières? Non parce qu’on ne veut pas le vexer, mais le crémier est juste en face et on n’a pas l’intention d’en changer, ça risque de provoquer des incidents diplomatiques…
Envie de: chocolat….ça tombe bien, j’en ai encore, même si ça diminue vite.
Sortie: allez, je tente de remettre cette rubrique même si je n’y crois pas trop. Comment voulez vous qu’on aille quelque part alors que les rassemblements de plus de 10 personnes sont interdits? On est déjà 7 à nous tous seuls!
Pic: voila l’état d’esprit fouilles, je vous ai fait un schéma, c’est plus clair. Si quelqu’un a une idée de ce que ça peut être, je prends!

Je l’ai déjà dit, on a énormément de chance avec l’école à la maison: tout existait déjà avant le confinement pour les grands. Ils travaillaient déjà sur des iPad que l’école leur remet dès la sixième (on se comprend, c’est payant bien sûr). Ils y ont leurs livres, leurs cours, leurs exercices, leurs devoirs. Ils communiquent avec les profs et entre eux. Ils n’ont eu qu’à rajouter les cours sur zoom pour passer en mode école à la maison. Par contre pour Wizzboy, rien de tout ça. C’était traditionnel. Pour s’adapter au confinement, le primaire s’est rajouté sur le système des grands, et tout fonctionne bien. Tout fonctionne même tellement bien que la maîtresse de Wizzboy a décidé de copier vraiment les collégiens à fond : on va faire classe sur zoom nous aussi! Avec donc une quinzaine de gamins de 6/7 ans. Un pur bonheur.

A l’heure dite, Wizzboy trônait fièrement dans le bureau, sur le fauteuil de Marichéri, face à l’ordinateur. Ça ne va pas, il est trop petit, on ne voit que le sommet de son crâne. Le temps qu’on règle tout ça, et on vu apparaître sur l’écran la maîtresse et tous les petits camarades de Wizzboy, tous plus surexcités les uns que les autres, avec les parents déjà en panique derrière. Ça a donné à peu près ça:
« -coucou maîtresse! »De 13 voix stridentes.
« -mamaaaaan, ça marche pas! »
La maîtresse a décidé de prendre la main directement et de couvrir le brouhaha assourdissant des gamins hystériques et les jurons du papa de T. qui n’arrivait pas à régler son écran:
« -bonjour les enfants, vous m’entendez? »
14 « ouiiii » ont grésillé de mille décibels dans le bureau. Wizzboy a hurlé aussi, Marcel a détalé, terrorisé, et le papa de T a secoué furieusement son ordinateur. Le petit M, qui était en retard a tenu à signaler son arrivée:
« -coucou maîtresse!
-oui, coucou M. Alors aujourd’hui on va étudier….A. s’il te plaît, baisse le son de ton micro… »
Malheureusement, A. et son léger zozotement ne savaient pas baisser le son du micro tous seuls. On s’est donc fait vriller les tympans. J’en vibre encore:
« -MAMAAAAAAM, LA MAÎTRESSE A DIT DE BAIZER LE ZOOOON!
-coucou maîtresse!
-grzzzzzzwwwiizzzzzz
-oui, coucou, M, je t’ai vu. Monsieur le papa de T., vous pouvez faire quelque chose, votre micro siffle. Alors les enfants, aujourd’hui, on va…»
La pauvre femme n’a pas eu le temps de finir sa phrase que S a commencé à pleurer:
« -maitrEEEsse, ça marche PAAAAAAS!
-mmffhhffl »
La maîtresse a décidé d’ignorer les bruits bizarres et les jurons venant de chez T. Elle a repris, stoïque:
« -Alors, aujourd’hui on va ….X, tu peux arrêter de chanter? »
Plus je repense à la chose, plus je suis persuadée que c’est là que cette malheureuse femme a fait une erreur. Elle n’aurait pas dû s’interrompre, malgré la sérénade de X. Les enfants ont clairement pris ça pour le signal du début des hostilités. C’est parti dans tous les sens.
« -Coucou maîtresse!
-je vais faire pipi!
-et même que moi, j’ai mangé des fraises!
-moi aussi!
-même pas vrai!
-coucou maîtresse!
-maman, je veux des fraises! »
Les parents se sont mis à hurler aussi, sauf peut-être le papa de T. En tout cas, on ne l’entendait plus, mais il était tout rouge et tapait sur son écran, pendant que T se curait le nez tranquillement. La maîtresse a tenté de ramener un peu d’ordre:
« -Bon les enfants, un peu de calme. Aujourd’hui on va…
-coucou maîtresse!
-oh maman regarde, c’est Y, SALUUUUT Y!
– maman, y’a plus de papier dans les toilettes!
-frwgtrrrrr » tiens, le micro de T est toujours vivant…
La maîtresse, qui vieillissait à vue d’œil, a repris son souffle et la parole:
« -T, tu peux couper ton micro? Alors, aujourd’hui, on va étudier…
-hé, salut, K! Tu m’entends, K?
-Coucou maîtresse!
-mais-euh chut-euh, les autres-euh, j’entends pas la maîtresse-euh! »
L’admirable instit a perdu patience: « bon, je coupe tous les micros, c’est moi qui parle. Oui, M, je te vois faire coucou. Alors, aujourd’hui, on va étudier…V, qu’est-ce que tu fais?!? Mais enfin, rhabille-toi! Où est ta maman? Attends, je remets les micros… »
Ça a donné une explosion de cris qui a dû faire dévier la lune de son orbite. Wizzboy était à fond, comme les autres. La maîtresse avait l’air presque aussi rouge que le papa de T.
Finalement, on a réussi à suivre la leçon. Cette extraordinaire enseignante au dévouement admirable, a vieilli de 10 ans en 30 minutes, elle s’est cassé la voix, elle a frôlé la crise de nerfs, les parents aussi, mais tous ses élèves ont compris. On est passé aux « au revoir ». Ça a pris 40 minutes. Et là, dans un râle d’agonie, la maîtresse, en PLS, a annoncé aux parents les horaires de la prochaine classe vidéo. Cette femme est une véritable héroïne.