Comme j’ai l’esprit tordu, quand j’ai vu le thème choisi par Ma’, j’ai décidé de ne pas mettre de végétaux. Je me suis rabattue sur des fleurs plus architecturales, avec des vitraux. Maricheri a plein de photos magnifiques dans de grandes cathédrales, mais j’ai préféré les vitraux floraux de la petite église de Thérouanne, pas si loin que ça de chez nous.
Le vendredi c’est états d’esprit, imaginés par ma copine Zenopia.
Fatigue : ça va beaucoup mieux! Les ouvriers sont partis, les fenêtres sont posées entièrement, youpidoo.
Condition physique: aie. Ça m’apprendra à attaquer sauvagement la jungle le jardin à coup de binette (et avec l’aide des poules) pour passer ma frustration pendant les travaux. Je suis toute courbaturée, mais au moins, Philomène m’adore! Des qu’elle me voit, elle attend que je gratte et fasse venir des vers de terre, comme elle. Si ça se trouve, elle me prend pour une congénère un peu bizarre?
Humeur: je suis tout à fait calme et logique, le soupçon de début de commencement de frémissement de beau temps qui a déjà disparu, ne me monte pas du tout au cerveau.
Esprit: éparpillé, mais le vit bien.
Estomac: fraises!!!
Boulot: il faut finir le potager, c’est un sacré boulot! J’ai déjà dit « aïe »?
Avis perso: par contre, non, un coup de peinture ne suffira pas à réparer les dégâts causés par les ouvriers aux moulures d’origine en bois autour des fenêtres. Je suis vivement contrariée.
Message perso: je risque d’être désagréable, mais quand on dit qu’on vient inspecter les dégâts, ça ne veut pas dire reporter sans prévenir à la semaine suivante! Grrr.
Loulous: L’Adulte est rassuré, les travaux sont finis, il peut venir la semaine prochaine. GeekAdo est aussi doué que son frère aîné niveau organisation de ses visites touristiques, mais il a bien aimé Madrid. Mangagirl révise la philo. Vocalement. Bref, ça la fait hurler. Princessechipie part en échange scolaire en Angleterre la semaine prochaine, elle est toute excitée, principalement parce qu’elle va visiter Cadbury World (une sorte de parc de loisir-chocolaterie, mais c’est très mauvais). Wizzboy fait le malin, qu’est-ce qu’il va être tranquille sans sa sœur alors, mais en vrai, ça le tracasse.
Divers: Màgagirl a prévenu, puisqu’elle aussi a dû faire cet échange scolaire (c’est obligatoire, pour découvrir la vie sur place. Y compris pour des élèves qui y sont nées et y ont en partie grandi), Princessechipie va vite être fatiguée de devoir traduire 24/7.
Amitié: à la semaine prochaine?
Love: il était en vacances cette semaine et il a un lundi férié aussi, merci Charlie-trois.
Penser à: acheter un cadeau pour la famille d’accueil de Princessechipie. Le correspondant de Mangagirl nous avait offert un bibelot immonde, violet et à franges, qu’on a jamais réussi à identifier. Ça me rappelle la joie très bien feinte de ma mère devant le pigeon en céramique peinturlurée qu’avait ramené ma correspondante espagnole…je suis sûre que je peux trouver quelque chose d’abject de typique à l’office de tourisme.
Envie de: soleil bien sûr!
Pic: Marcel, inspecteur des travaux finis. Alors, ça avance, ce désherbage?
Je ne mets pas « Thursday Thunder » , mais c’est uniquement parce que je ne paie plus d’impôt pour financer cette petite sauterie. Sérieusement, alors que le royaume-uni est plongé dans la pire crise depuis la seconde guerre mondiale, il y a de l’abus à dépenser plus de 250 millions de livres pour rien (sans compter les à cotés, ça c’est juste pour la cérémonie en elle-même). Si les autres monarques européens arrivent très bien à se passer de tout ce cérémonial rance, je ne vois pas pourquoi Charlie-trois ne le peut pas. Je trouve cette dégoulinade de dorures moisies d’une indécence rare quand 20% de la population vit, selon les chiffres du gouvernement, dans « absolute poverty », la pauvreté absolue. Ça monte à 38% si on parle de pauvreté relative. Mais c’est pas grave, jetons l’argent par les fenêtres des carrosses royaux, youpidoo, qu’est-ce qu’on s’amuse. Bon, je m’emporte, alors qu’à la base, je voulais juste faire un top 10 des absurdités du couronnement de Charlie-trois et Camilla-qu’on-sort (un rien m’amuse).
10-the robe of state and robe of estate: alors, en anglais courant, une robe, c’est une robe de chambre, mais là forcément, on parle plutôt d’un espèce de cape avec une traine de 3 kilomètres, recouverte de fils d’or et de tout un tas de fanfreluches. Ça fait un chouïa à descente de lit pour motel des seventies. Camilla-qu’on sort va porter celle qu’avait Lizzie pour son propre couronnement et les royalistes fanatiques ne savent pas si c’est un hommage ou un scandale.
9- the coronation crown: C’est quand même le but de cette petite fête intime, de flanquer plusieurs kilos d’or et de pierres précieuses sur la tête de Charlie-trois. Il paraît qu’il tient à montrer qu’il est frugal, moderne et proche du peuple.
8-the swords of spiritual justice, mercy and temporal justice. Non mais seriously? il se croit dans un jeu de rôle, Charlie-trois? C’est parce qu’il a raté son audition à game of thrones? C’est pour une partie de dungeon and dragons?
7-the supertunica: c’est bien ce que je disais, Charlie-trois nous la fait jeu de rôle, avec sa super tunique.
6-the coronation chair, la chaise du couronnement. Il s’agit d’un trône datant de 1308 et qui a servit au couronnement de Edward I. Alors je ne dis pas, c’est magnifique, mais justement, la place de cet objet est dans un musée, pas sous les fesses de Charlie-trois.
5-the diamond jubilee coach: le carrosse qui servira à transporter Charlie-trois et Camilla-qu’on sort de Buckingham à Westminster, a été construit exprès pour l’anniversaire de Lizzie. C’est un bel effort de le recycler comme ça, mais encore une fois, ça montre que les Royals s’assoient littéralement sur l’histoire et la culture: en plus de la débauche de dorures pas du tout tape à l’oeil, ce carrosse a été décoré avec des objects qui devraient être au musée, pas décortiqués pour faire plaisir à un type qui fait passer Mariah Carey pour une adapte du minimalisme (il y a des bouts de Big Ben, de possessions de Shakespeare ou encore de Florence Nightingale dans ce carrosse!)
4-the gold state coach: Ben oui, parce qu’un seul carrosse, ça suffisait pas. Celui là, c’est pour le trajet dans l’autre sens. Si. Cette chose, a côté de quoi le carrosse barbie est un modèle de bon goût, est en or massif et a été construit pour Victoria. Il est tellement lourd que les chevaux ont du mal à avancer et qu’il va au ralenti. En or massif….je ne sais plus quoi dire.
3-the stone of destiny. Si. Ce gros caillou a été transporté, sous escorte policière depuis l’Écosse jusqu’à Londres après une cérémonie. voilà. C’est donc bien un caillou.
2- l’endoctrinement des petits écoliers: je ne sais pas comment dire autrement. Je suis allée voir le site de l’école où j’ai travaillé: il y aura un pique-nique de célébration, en costume (c’est à dire déguisé en royals) et l’école sera pavoisée entièrement. La dernière école primaire anglaise que mes enfants ont fréquenté, demande à tous de venir habillés aux couleurs de l’union jack et de confectionner des drapeaux. Je mets en illustration une lettre reçue par les parents d’élèves d’une autre école, partagée sur les RS. La dernière phrase est digne de la Corée du Nord.
1-je n’ai pas de photo pour le numéro un, parce qu’il ne s’agit pas d’un objet ou d’une lettre. On a demandé à tous les sujets (parce que clairement, les britanniques ne sont que des sujets), de prêter serment au nouveau roi, devant leur télé, pendant le couronnement en disant, « I swear that I will pay true allegiance to your majesty, and to your heirs and successors according to law. So help me God ». On frôle le délire psychiatrique, là, mon petit Charlie. Parce que même sa maman n’a jamais demandé ça, pour son couronnement (avant, il n’y avait pas la télé). Il semblerait que ça ne passe pas, même des britanniques se proclamant royalistes, sont choqués qu’on leur demande de s’agenouiller devant leur télé pour « jurer véritable allégeance à sa majesté, à ses héritiers et successeurs selon la loi, avec l’aide de Dieu ». Rien que ça.
Les vacances scolaires sont finies, les enfants sont repartis à l’école hier. Princessechipie commençait par une heure d’anglais et elle a été plus que surprise quand la prof lui a demandé:
Il faut dire que les rapports de mes filles avec les profs d’anglais sont assez particuliers: soit ils se vexent et prennent très, très mal d’avoir dans la classe quelqu’un qui les corrige (ce qui veut dire qu’il y a besoin de les corriger), soit au contraire ça les enthousiasme au point d’être envahissant. La prof actuelle de Princessechipie oscille entre les deux. On sent qu’elle a voulu faire un effort: elle a essayé d’arrêter sympa avec la petite anglaise dans sa classe qui dans son esprit, devait donc forcément être exaltée par le couronnent de Charlie-trois. Elle a fait un flop. Et elle connaît autant l’Angleterre que les médias français qui rapportent n’importe quoique, c’est à dire très peu. Le sentiment républicain et anti monarchiste n’a jamais été aussi fort. Même des royalistes convaincus trouvent que Charlie-trois abuse avec sa petite sauterie et franchement, ce qui intéresse le plus les anglais, c’est le jour férié qu’ils ont pour l’occasion.
On a profité de changer les fenêtres pour faire installer une chatière dans la porte de la cuisine. Comme on passe notre temps à ouvrir et fermer les portes pour Marcel et Capucine (Penny ne bouge pas, jamais), on a bêtement pensé qu’une chatière allait nous changer la vie. Pour l’instant, on va dire que c’est un succès mitigé.
Marcel s’est de suite intéressé à la chose. Il faut dire aussi qu’il a passé la semaine à superviser les ouvriers, vérifier derrière eux, inspecter leurs matériels, y compris leur camion…ce chat a été débordé. Alors forcément, il est allé voir ce truc bizarre dans la porte. On lui a montré, en soulevant le battant. Ça l’a enthousiasmé. Il est rentré/sorti une bonne vingtaine de fois, en continu sous les applaudissements de la famille réunie. Il a très bien compris l’usage de la chatière. Sauf que donc, il s’attend à un public admiratif à chaque fois qu’il l’utilise et il nous convoque à coup de miaulements stridents pour qu’on vienne s’extasier quand il sort. Et il fait pareil de l’autre côté de la vitre pour rentrer. Bon.
Capucine n’a pas aimé. Du tout. Déjà, elle a boudé tout le temps des travaux. Elle a daigné venir renifler la chatière, et nous a copieusement engueulé: c’est quoi encore cette histoire? Capucine déteste les changements, quand on déplace un coussin, ça la contrarie, alors faire un trou dans une porte, franchement…elle a fini par s’y faufiler, poussée énergiquement par Mangagirl, en protestant vocalement. Très vocalement. Bref, elle hurle à la mort en nous maudissant sur 7 générations à chaque fois qu’elle est obligée de passer par la chatière. Elle résiste et refuse de l’utiliser si on ne l’y pousse pas. Capucine méprise la chatière et ce collabo de Marcel. Elle nous hait. D’ailleurs, elle hait l’humanité toute entière et sa vengeance sera terrible, ça se sent.
Il nous reste Penny, surnommé le blob, c’est dire son énergie naturelle. Penny a autant d’activité physique que le coussin dont je parlais au dessus, et encore moins d’activité cérébrale. Si elle est dehors, c’est parce qu’on’ l’y aura posée. Et elle peut attendre, sous une pluie battante, qu’on la récupère et qu’on la pose à l’intérieur. Penny a le physique et le cerveau d’une peluche. On l’a donc fait passer manuellement par la chatière. Ça n’a provoqué strictement aucune réaction. On a essayé à nouveau. Toujours rien. A la limite, elle est fichue de se rendormir dans la chatière. En même temps, elle ne nous a jamais demandé à rentrer/sortir (il faut la poser dehors à intervalles réguliers pour qu’elle fasse pipi, en espérant tomber au bon moment). La chatière n’était pas pour elle, mais si elle pouvait comprendre, ça serait pas mal…enfin bon, vu qu’elle ne comprend rien, il y a peu de chance.
Après trois jours, on en est là. C’est pas gagné du côté des chats. Par contre, Philomène, qui est la plus curieuse et sociable de nos trois poules, observe la chatière et les allées et venues sous les vivats de Marcel avec intérêt. On va finir par se retrouver avec une poule dans la cuisine et trois chats qui ne sont pas fichus d’utiliser cette chatière. Ça se dit, poulière?
La semaine a été marquée par l’installation de nouvelles fenêtres dans la maison du petit requin. Ça a été bruyant, très bruyant, laborieux, poussiéreux et j’en ressors avec une haine accrue des variétés, mais je reconnais que le résultat est bien.
J’ai essayé de désherber un peu, principalement pour ne plus être en contact avec les ouvriers et leur radio. Ça a beaucoup plu à Philomène qui a décidé de m’aider en montant directement sur la binette.
Cette semaine, j’ai aussi reçu un cadeau amusant d’une amie française en Angleterre (et je suis bien contente de ne plus payer d’impôts pour financer la petite sauterie de Charlie-trois!).
Pour illustrer le thème choisi cette semaine par Ma’, j’ai de suite pensé aux cabanes sur la plage de Mersea, l’île au milieu de la baie de Colchester (où on habitait), dans l’Essex. En été, la plage de Mersea est noire de monde, elle est bien plus chic que les autres (celle de Clacton on the naze par exemple, c’est moins bien! ) qui n’ont pas forcément mis la barre très haut non plus, mais quand même. Les beach huts de Mersea sont parmi les plus chères de l’Essex, et peuvent coûter plus de £20 000 quand il s’agit de cabanes victoriennes restaurées. J’en avais déjà montré quelques unes, mais j’ai trouvé une photo beaucoup plus dans le thème, grâce à la cabane au premier plan.
Le vendredi, c’est états d’esprit imaginés par ma copine Zenopia.
Fatigue: rhaa…ça fait 4 nuits que je ne dors pas, je n’ai même plus la force d’inventer une comparaison animalière ramollie. De toute façon, j’ai dépassé le stade du ramolli, j’en suis à la liquéfaction.
Condition physique: ça existe ça? malgré une perfusion ininterrompue de café, je n’arrive pas à me rassembler avec mon cerveau. C’est embêtant.
Esprit: évaporé.
Humeur: normalement je devrais être très énervée après les ouvriers, mais je soupçonne un plan machiavélique de leur part: ils m’empêchent de dormir pour que je sois trop crevée pour leur faire bouffer leurs fenêtres. Ça marche. Mais je me vengerai, je récupère un peu et je les éparpille façon verre pilé, pour rester dans le thème, sur les RS, ça va saigner autant que mes oreilles massacrées par leur radio à fond. Et toc.
Avis perso: la convention de Genève devrait interdire l’usage des radios et autres moyens de vomir des variétés aux ouvriers du BTP.
Message perso: happy strike!
Loulous: L’Adulte a décidé prudemment de ne pas venir nous voir tant que le chantier n’est plus qu’un (mauvais) souvenir. GeekAdo est bien content aussi de ne pas être là. Les traîtres. Mangagirl a eu un accès de rage quand elle a découvert ses legos architecture détruits en mille morceaux sur le sol par ces assassins d’ouvriers. Je suis de tout cœur avec elle. Princessechipie est aussi outrée: elle a pris sur elle de dire bonjour à l’ouvrier qui est rentré dans sa chambre sans prévenir alors qu’elle dormait toujours et il n’a pas répondu. Même Wizzboy est scandalisé par leur sans gêne et impolitesse et si sa maîtresse voyait ça, ils auraient un point rouge, ce qui est visiblement le sceau de l’infamie suprême au primaire.
Divers: je sens qu’il faut que je développe cette histoire de sommeil impossible. Les ouvriers ont décidé de poser les fenêtres sans aucune finition ni isolation, ils préfèrent les faire toutes en même temps le denier jour (et ça sera aujourd’hui, parce qu’on ne les laissera pas partir avant que ça soit fait). Donc on a un vent glacial qui s’engouffre dans toute la maison (mardi matin par exemple, il faisait 2 dehors), et on ne peut pas chauffer sous peine de faire sauter les plombs. Donc on se gèle toute la nuit, mais on profite aussi à fond des bruits extérieurs qui sont bien plus nombreux que je le pensais. Rhaa.
Amitié: à tout à l’heure
Love: bizarrement, cette semaine, ça ne l’a pas autant dérangé que ça d’aller à Londres…
Penser à: faire la liste de tout ce que ces sombres dégénérés ont endommagé.
Envie de: dormiiiiiiir!
Pic: et Marcel reste imperturbable au milieu du chaos.
Depuis lundi, on est envahi par des gougnafiers infâmes et grossiers ouvriers qui changent les fenêtres et je suis au bord de l’explosion. Vu le bruit, le fait que je n’ai pas dormi depuis trois nuits (parce que ces immondes personnages ne feront les finitions qu’en dernier, on vit donc sans chauffage, dans les courants d’air, la poussière et le froid polaire depuis lundi et le bruit de mes dents qui claquent me réveille constamment), je ne suis pas en état d’écrire quoique ce soit, je ressors donc une ancienne colère toujours d’actualité.
J’ai grandi les Landes, le moins qu’on puisse dire, c’est que c’est calme. On avait des pins comme voisins et soyons clairs, ils n’ont jamais posé de problème de tapage nocturne. Maricheri a grandi en région parisienne et en partie en appartement. Avec le bruit des voisins. Résultat, l’un comme l’autre, moi par manque d’entraînement dans mon enfance et lui au contraire par saturation, on est allergique au bruit des autres.
Vous allez me dire, c’est un peu le cas de tout le monde. On est bien d’accord que les voisins, c’est pas des gens comme nous comme dirait ma copine Cécile. Ce sont de dangereux maniaques qui font des bruits bizarres et intempestifs à tout heure juste pour ennuyer les honnêtes gens. Alors que nous tous, pas du tout. Si les voisins, ces êtres étranges et probablement malveillants nous reprochent parfois nos légers gazouillis charmants, c’est par pur mauvais esprit. C’est une évidence. Je suis sûre qu’on est tous du même avis, non? Qui a dit que j’étais de mauvaise foi? C’est malin, j’ai perdu le fil maintenant…ah oui, je disais que tout le monde a du mal avec le bruit des autres (ne niez pas, on est entre nous), mais que Maricheri et moi avons développé une véritable aversion. Ça n’aide pas d’être un chouïa asocial aussi…quand on cherchait une maison en France, Maricheri s’est même pris de passion pour une ferme isolée avec rien ni personne à des kilomètres à la ronde. C’était charmant et extrêmement silencieux mais quand même légèrement angoissant. Je précise aussi que les bruits extérieurs ne me dérangent pas tous, la circulation, les trains, les cris d’animaux, je n’ai aucun problème avec. Le coq qui se prend pour le Pavarotti des gallinacés dès 5 heures du mat dans notre rue, ça m’amuse. Les conversations dans le jardin des voisins (qui ne sont même pas à côté, il y a un champs entre nous et il faut vraiment qu’ils hurlent pour qu’on entende un murmure), ça m’agresse. Je suis d’une tolérance admirable, ça me fait peur moi même…
Tout ça pour dire que je vis un enfer à cause des ouvriers. Je ne parle pas du marteau piqueur qui détruit les anciennes fenêtres, dans des tourbillons de poussière, mais de leur radio. Je n’en peux plus. Le bruit des autres qui rentre jusque chez moi et vient me narguer …rhaaa. Il y a une réglementation dans les industries du bâtiment, les ouvriers sont obligés de maintenir un certain niveau sonore, c’est ça? C’est pour ça qu’ils poussent leur radio à fond? Ou alors c’est vraiment pour m’ennuyer? Sérieusement, ils ont vraiment besoin de tout ce vacarme pour bosser? Sans compter qu’on n’a pas du tout les mêmes goûts musicaux. Je n’ai rien contre les gens qui aiment les variétés françaises en général et Johnny Hallyday en particulier (comme je l’ai dit sur Twitter, je ne juge pas, chacun sa croix), à condition qu’ils s’adonnent à leur passion chez eux, avec un casque. Ou par mime. C’est une bonne idée tiens, vu qu’on est en plein dans les chansons à textes, ils ne peuvent pas plutôt mimer les paroles au lieu de les meugler? Parce qu’en plus, ils se mettent à braire à pleins poumons, probablement pour rendre le coq jaloux, dès qu’une chanson est encore plus insupportable connue. Je n’en peux plus.
Je précise quand même qu’on a eu des tas d’ouvriers depuis le début des rénovations il y a 5 ans, et que certains ont réussi à bosser sans me faire partager leurs choix musicaux. Et qu’ils ont fini dans les temps, eux. Bref, je ne crois pas être un monstre en réclamant le mutisme radiophonique.
Cette semaine, la phrase du mercredi nous est offerte par les ouvriers qui nous cassent les oreilles avec leur musique de m*rde, salissent tout, font des dégâts dans toute la maison, changent nos fenêtres. Ces braves gens, qui ne se doutent pas à quel point ils sont à deux doigts de bouffer leur radio par les oreilles, de se faire éviscérer à coup de casque audio, d’être donné en pâture au coq du lointain voisin, beaucoup plus mélodieux, de m’exaspérer un chouïa m’ont annoncé ce matin:
Me voilà rassurée, le chantier devrait aller plus vite, enfin je crois. Ça n’est pas d’une limpidité absolue. Je suis très calme. Je n’ai rien à priori, contre les fans de Johnny Halliday, chacun sa croix, mais là, ça devient carrément une arme de destruction massive…Heureusement qu’en bas, grâce à ce mouvement fenestral révolutionnaire, ça sera plus rapide. Sinon, c’est la radio des ouvriers qui sera défenestrée.