Confession of a Xmas addict 2017

C’est bientôt le premier décembre et je n’ai pas encore lancé mon appel pour le Xmas addict, j’ai failli être en retard! Ça ne va pas du tout. C’est ça, d’avoir la tête ailleurs, je suis impardonnable. On ne va pas laisser le Brexit et ses conséquences sur notre vie gâcher Noël quand même. Surtout qu’on attaque la saison 5 du Xmas addict, je n’arrive pas à y croire. Mon petit blog non seulement a un événement (n’ayons pas peur des mots) récurent mais c’est la cinquième édition, je suis toute émue.

Bon cela dit, j’ ai probablement perdu une partie d’entre vous avec cette histoire de Christmas addict (Xmas pour les intimes, c’est l’abréviation usuelle ici). A partir du premier décembre et jusqu’à Noël (soit le 25, je précise pour les distraits), je poste tous les jours des photos, enfin vos photos de décorations de Noël, dans les rues, les bâtiments publics, les vitrines… du monde entier. Je mets bien sûr le nom et le lien (pour ceux qui en ont un) des participants pour chaque photo, avec un récapitulatif et une surprise le 25. L’idée est de voyager partout en attendant Noël, dans un déluge de lumières, de paillettes et de sapins. L’année dernière, on a encore battu un record, avec des photos de Noël venant 22 pays, et vous avez eu droit à ma tête ou presque devant notre sapin le 25. Vous pouvez voir les photos du tout premier Xmas addict en cliquant sur l’onglet là haut. Marichéri doit juste le mettre à jour depuis trois ans avec les éditions suivantes, on y croit! Pour pzriciper, il suffit de l’envoyer vos photos par e-mail, l’adresse est dans « me contacter » , ou par messenger pour ceux qui me suivent sur FB.

Tout est parti du fait que je suis hystérique à Noël. J’adore. Je trépigne devant les étalages de Noël. Je pille les magasins de decos, plus c’est kitsch plus je craque ( alors que le reste de l’année, je déteste le kitsch), j’ai un placard dédié uniquement aux bricolages de Noël. Ma playlist est toujours coincée sur last Christmas, malgré la mort de George Michael. Je ne prépare pas un Christmas pudding dès août, comme certaines mamans ici, mais c’est juste parce que je déteste ça. Par contre mes menus sont prêts depuis septembre, je commence l’achat de cadeaux en été. Ce qui ne m’empêche pas de croire toujours un peu au père Noël. Une vraie gamine. Cette année, ça va être un peu triste aussi, c’est en principe notre dernier Noël ici. Une des raisons pour lesquelles j’ai tellement aimé vivre en Angleterre, c’est l’ambiance de folie qu’il y a pour Noël. Ça va me manquer. Je ne sais pas comment décrire exactement, il y a bien sur les décorations dans les rues et sur les maison, mais aussi les carol singers, les fêtes et spectacles à n’en plus finir dans les écoles, c’est tout un délire festif et collectif qui s’empare du pays. On ne rigole pas avec Noël en Angleterre. Et j’adore cette ambiance.

Alors voilà, comme tous les ans, je vais vous raconter les Xmas plays, les concerts, vous parler des pubs de Noël, des xmas chutneys, des chansons, des cadeaux royaux ou pas, des pulls…et on va compter les jours avant le 25 tous ensembles, grâce à vos photos. Parce qu’il y a assez de raison d’être sérieux et pas folichons toute l’année, ça fait du bien d’oublier un peu tout ça, d’enfiler son serre-tete à bois de renne clignotant, de chanter à plein poumons et très faux laaaast christmaaas, d’avoir à nouveau 4 ans et demi et de se laisser prendre par la magie de Noël. Je compte sur vous, let’s be xmassy!

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Sunny Monday #thisismyshithole

Cette semaine toujours en noire pour le rendez-vous de Bernie, j’ai eu envie de reprendre aussi le hashtag #thisismyshithole, inventé par Véronique, une européenne formidable que j’ai la chance de connaître un peu IRL et qui se bat contre tout ce qu’on subit depuis le Brexit. Depuis 18 mois, on a presque tous eu droit au moins une fois à « go back where you come from », retourne d’où tu viens. Et encore, c’est la version polie. Parce qu’il y a aussi « go back to your shit hole ». Je ne traduirai pas, c’est particulièrement immonde. Pour un Brexiter de base, on vient forcément d’un endroit pourri, puisque ce n’est pas en Angleterre (on ne peut pas dire qu’ils apprécient beaucoup l’Écosse non plus). Alors depuis plusieurs jour, pour leur montrer qu’il y a une vie civilisée ailleurs, on publie sur Twitter et ailleurs des photos de nos shitholes pour reprendre leurs mots, d’où on vient.

J’ai grandi dans les Landes, mais je suis née à Bordeaux, régulièrement citée parmi les plus belles des villes du monde à visiter absolument, même par les médias britanniques. Mon shithole, en noir et blanc pour rester dans le thème, c’est la Place de la Bourse, classée au patrimoine mondiale de l’UNESCO. Et chez toi, cher brexiter, ça ressemble à quoi?

Bonne semaine à tous!

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The shuttle top 10

Je l’ai dit, on a été en France vendredi dernier. C’est à dire qu’on a pris le train à bestiaux la navette du shuttle sous la Manche. Ce n’est pas la première fois, loin de là. En plus de 11 ans en Angleterre, on a eu largement l’occasion de devenir des habitués du tunnel. Ces derniers temps, on multiplie même les allers et retours dans la journée tous les 4 matins (si, départ vers 5 heures, c’est tôt. Très tôt. Beuh). On passe un temps fou sous la Manche! C’est bien simple, les mouettes sur le parking nous reconnaissent maintenant, Wizzboy voulait même en adopter une. Et donc, les voyages en navette du shuttle, ça donne lieu à des tas d’aventures sympas. Ou pas.


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10-ça commence avec l’embouteillage pour passer les guichets d’enregistrement. C’est mathématique, le nombre de guichets ouverts est inversement proportionnel au nombre de voyageurs (c’est le célèbre théorème de l’emmerdement maximum du shuttle). Par exemple, vendredi à 6 heures du mat, il n’y avait personne et 4 guichets ouverts, on était tellement ému, on ne savait pas lequel choisir. Alors qu’un jour de grands départs, il y aura une queue de 25000 voitures devant le seul guichet ouvert, qui sera en panne, ou le type devant ne sera pas où appuyer, ou la barrière sera cassée (rayez la mention inutile). Ah ben c’est ballot, on va louper notre train avec tout ça. Il va falloir prendre le prochain dans lequel il y aura de la place. Dans deux heures. 

9-si par hasard on arrive sur le parking, devant le terminal rempli de hargneux désagréables et trop nombreux qui font bêtement la queue pour un café aussi  voyageurs aimables, c’est qu’on ne pourra pas en ressortir. C’est très simple, il faut faire 25 fois le tour, dans un parcours à faire passer le labyrinthe du Minotaure pour une promenade de santé en ligne droite, guidé par une signalétique installée par des gens bourrés ou pour un pari ou les deux, pour espérer trouver la sortie, la seule petite sortie. Il y a donc un embouteillage monstre sur le parking, où trois millions de voitures essaient de se faufiler dans un trou de souris, toutes en même temps. C’est pas grave, on prendra le train quand on arrivera à s’extraire de là. Dans 4 heures.  

8- de toute façon il y a le temps, puisqu’il y aura une panne juste quand on arrive, pour notre train. Ah ben, c’est pas de chance, vous étiez là 2 minutes avant on vous faisait passer dans le train précédent, il restait de la place. Maintenant, il faut attendre qu’on répare, non, mais ça va vite repartir. Dans 6 heures.

7- les conditions climatiques s’en mêlent aussi souvent. Les ingénieurs qui ont conçu le tunnel ont juste oublié que des fois, il pleut, ou il neige, ou il fait très chaud. C’est ballot. En même temps, il faut les comprendre, leur spécialité, c’est les transports ferroviaires, pas la météo. Comment pouvaient-ils deviner qu’en hiver, il fait froid? Bref, tout ça crée de légers retards sans qu’on sache exactement pourquoi (en tout cas, on ne le dit pas aux voyageurs). Il va falloir patienter un peu, juste 12 heures.  

6-si on arrive par hasard à être prêts à embarquer, on doit passer la douane, et donc faire la queue pendant 3000 ans devant le seul guichet ouvert, tenu par un douanier myope et tatillon qui passe deux heures sur chaque passeport. Deux douanes. La britannique et la française. Je n’arrive toujours pas à comprendre ce qui peut bien se passer sur les 20 mètres de macadam désertique où ne dépasse ni un brin d’herbe ni un gravier et où patrouillent policiers et militaires pour que les douaniers pensent qu’on puisse y changer soudainement de date de naissance ou d’identité, hop par magie. 

5- attention grand moment, on arrive enfin dans les vraies files pour l’embarquement, on va pouvoir…attendre. Si il n’y a pas de panne de train, ça va vite. Sauf si le type devant cale et n’arrive pas à repartir. Le temps qu’on dégage tout ça, il faudra prendre le train suivant. Je suis très calme. Wizzboy, où est ta mouette? On va la lancer sur les gens, elle devrait leur attaquer le crâne façon marteau piqueur, ça marche dans Gaston Lagaffe. Ça me détendra.  

4- et là, miracle, on va monter dans le train, on a déjà une demi roue avant droite dedans , youpidoo! Euh…pourquoi la voiture devant n’avance pas?  Parce qu’un crétin vient d’empaler son pare-chocs dans la cabine des toilettes. On arrête donc l’embarquement. Et je précise pour ceux qui pensent que j’exagère que c’est du vécu. 

Source 
3-du coup, on fait passer toutes les voitures dans les wagons poids lourds qui sont très bien, beaucoup plus spacieux et hauts de plafond. Moi qui suis très légèrement claustrophobe (je passe la traversée en apnée, je finis vert fluo et entièrement congelée), j’ai adoré. Jusqu’à ce que les routiers déclenchent leur sono pour passer le temps. Je ne comprends pas qu’on n’organise pas plus de concerts dans les wagons du shuttle, l’acoustique est excellente. Je n’en dirais pas autant de la techno polonaise.  

2- je ne parlerai pas de la traversée elle-même, je vais me sentir mal (ça y est, j’ai la nausée, j’ai les mains qui gèlent et je n’arrive plus à respirer…claustro, moi?). Disons que ça se passe bien. On arrive, on est tout content (rhaa, laissez-moi sortir, j’étouffe). C’est là qu’on découvre qu’un sale gosse a coincé un jouet dans les rainures des volets métalliques entre les wagons qui sont bloqués et refusent de s’ouvrir de plus de 20 centimètres. Impossible de passer. C’est toujours du vécu. 

1- évidement pour éviter tout ça, on peut prendre le ferry, ça met juste 30 ans de plus, retards expliqués plus haut compris. Et je vous ai déjà parlé de mon mal de mer? La dernière fois, j’ai failli sauter à l’eau tellement je me sentais mal et finir à la nage, alors que j’ai l’aisance d’une enclume même en piscine. Alors qu’avec le shuttle quand ça marche, on est de l’autre côté en une heure (en comptant depuis le guichet d’enregistrement), on peut même passer en avance. C’est juste qu’il faut que je fasse 35 minutes en apnée…facile! 

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Project 52 #45

Cette semaine, Ma’ a choisi un sujet que je maîtrise parfaitement: le flou. Je suis même une spécialiste des photos floues. C’est bien simple je ne fais pratiquement jamais de photos non floues, c’est dire…par contre Marichéri réussit ses photos, lui  à éviter le flou. Sauf si on lui demande, évidemment et là, il nous sort du flou artistique, probablement pour me narguer. 


Il suffit d’un rayon de soleil à travers les vitraux de notre petite église de village et voilà du joli flou! J’en ai déjà parlé, c’est une église normande tout ce qu’il y a de plus banal au départ, construite vers 1100 avec des pierres romaines de récupération. Le clocher a été détruit en 1648 pendant la guerre civile. Les républicains n’ont pas hésité à bombarder l’église, et après Cromwell nous fait sa chochotte mystique, je suis l’envoyé de Dieu et tout ça…je ne veux pas cafter, mais pour un puritain à poils durs comme lui, détruire une église, ça fait désordre. Enfin bref, les habitants se sont empressés de reconstruire un clocher avec ce qu’ils avaient sous la main, c’est à dire quelques planches de bois. Ce devait être provisoire. Non seulement le clocher en bois est toujours là, mais c’est grâce à lui que l’église est classée et connaît une petite célébrité. Et l’intérieur est charmant aussi. 

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Friday Feelings #137

Je triche un peu pour ces états d’esprit de Zénopia et Postman, j’ai commencé hier. On passe la journée en France, dans le nord. On a l’intention de visiter à fond les rayons fromages du premier supermarché sur lequel on tombera. C’est scientifique, on cherche à savoir si on pourra s’adapter… 

Fatigue: sous contrôle, à peu près. 

Humeur: hésitante…

Condition physique: gelée…en plus, c’est ridicule, quitte à faire froid comme ça, il pourrait au moins neiger. Je déteste la neige (c’est froid et mouillé) mais dès qu’il y a un demi centimètre, les écoles ferment et les trains s’arrêtent, on peut passer la journée tranquille à la maison tous ensembles.

Estomac: impatient 

Esprit: éparpillé 

Culture: j’ai lu un truc sur la BBC sur la nouvelle planète au nom de bataille navale découverte récemment. J’ai même cliqué volontairement sur le lien externe fourni gentiment pour ceux qui voulaient en savoir plus. Ça compte?  Le pire, c’est que je soutiens toujours à Marichéri, qui lui se passionne pour ce genre de chose, que tout ça m’indiffère totalement, et c’est vrai. Je ne sais pas ce qui m’a pris, ça m’inquiète un peu…

Avis perso: ce serait bête aussi de passer devant une boulangerie pâtisserie et de ne pas s’arrêter. C’est culturel, c’est pour montrer aux enfants. 

Message perso: bonne fête en retard

Loulous: L’Ado est encore là, il dort et mange. C’est à peu près tout. GeekAdo est très deçu de manquer un contrôle de math, KnightyDiva (je n’arrive pas à m’y faire…) trouve qu’il est fou. PrincesseChipie a décidé de se mettre au russe avant de partir en France. Bon. WizzBoy ne veut plus être un wizard, il est maintenant un cool Ninja avec une épée magique. Toujours une cuillère donc. Mes fils ont vraiment des problèmes avec les cuillères. Petit, GeekAdo avait choisi une grande cuillère en bois comme  doudou avant de passer carrément à une louche. Hier, L’Ado m’a fait un café (j’en étais toute émue) en remuant avec la cuillère la tête en bas parce qu’il dit trouver ça plus facile. Je commence à m’inquiéter. Pour mes cuillères. 

Amitié: sont adorables, merci! 

Divers: Marichéri aime bien regarder de temps en temps les stats du blog, purement par déformation professionnelle. Ça l’amuse. Hier, ça l’a même fait hurler de rire. Il m’a dit d’aller voir les recherches Google qui ont amené sur Pomdepin. J’espère que celui qui a insisté comme ça, n’a pas été trop déçu en arrivant chez moi parce que ça ne correspond du tout à ce qu’il cherchait. En même temps à ce niveau d’entêtement c’est psychiatrique…déjà qu’il ne faut pas être doué pour confondre Pom et Porn…

Love : il veut ramener des cornichons aussi

Penser à : ne plus oublier cette rubrique.

Sortie: bof…

Course: oh oui! 

Envie de voir les choses avancées plus vite.

Pic: voilà, voilà…

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Thursday thunder: charity here at home

J’ai toujours admiré l’esprit caritatif des britanniques, leur générosité tant en dons qu’en volontariat. Il y a tout un tas  d’associations très actives ici, je l’ai déjà expliqué, qui prennent en charge beaucoup de choses qui ne sont pas assurées par l’état, des soupes populaires aux monuments historiques. Mais forcément, en ce moment, ce n’est pas facile pour elles de se faire entendre et elles rivalisent d’ingéniosité publicitaire pour attirer l’attention du donateur potentiel. Ça ne me me contrarie pas du tout, d’autant plus quand je suis sensible à la cause qu’elles défendent. A l’approche de Noël, elles en rajoutent évidement dans le sirupeux pour émouvoir les bonnes âmes mais c’est normal. Sauf que là, je trouve qu’il y en a une qui a légèrement dérapé, et ça m’a profondément écœuré. 


Source 

Entre une pub appelant aux dons pour les enfants syriens dans les camps de réfugiés, ceux là même que le gouvernement britannique a refusé d’accueillir malgré ses engagements, et une autre pour secourir les enfants malnourris en Afrique, ceux là même que l’ex secrétaire d’état à l’aide internationale voulait laisser crever (elle a dû démissionner hier, pour totalement autre chose), j’ai vu passer le spot d’une association, Action for children qui vient en aide aux enfants maltraités. Ici. Here at home. Je ne m’en suis pas remise. C’est la première fois que je vois ça. Une autre association, bien plus connue, le NSPCC fait la même chose mais n’éprouve pas le besoin, dans ses appels aux dons de marteler que c’est pour les enfants d’ici. Alors que la pub qui m’a donné envie de hurler insiste lourdement. Très lourdement. Trop pour que ce soit innocent. Donnez pour aider les enfants here at home. C’est répeté  plusieurs fois en trente secondes de spot, c’est même l’argument final. Here at home. Un instant, je vais vomir et je reviens. Depuis quand, pour sensibiliser aux violences domestiques contre les enfants, on éprouve le besoin de rabâcher en continu que ce sont des enfants d’ici? En quoi c’est pertinent?

Je suis sûre que l’association en question n’est absolument pas raciste et fait un boulot formidable. Je comprends aussi que ce n’est pas l’association la plus connue en matière de protection de l’enfance et qu’ils essaient de se faire entendre pour recolter des dons. Mais pourquoi cette campagne puante ? Pourquoi cette litanie de here at home? Ils ne pensent pas que le public puisse être sensible au problème sans qu’on précise encore et encore que ça concerne des enfants d’ici, qu’avec les dons, on va secourir des enfants d’ici? Parce que les petits étrangers en Syrie ou ailleurs, ils peuvent crever, c’est ça? On ne va quand même pas  leur donner un penny alors qu’ils ne sont pas d’ici! D’ailleurs, en matière de lutte contre maltraitance, la seule chose qui compte avant d’intervenir et d’aider les pauvres petites victimes, ce n’est pas la gravité de leurs blessures physiques et morales, mais de savoir si ils sont bien d’ici. Le premier devoir d’une association caritative, c’est bien de rassurer ses donateurs, ne vous inquiétez pas, on aide que les gens here at home, peu importe ce qu’on fait, contre quoi on lutte, tant que pas un Penny, pas une pensée ne va aux étrangers ailleurs. Après, le travail réel de l’association auprès des enfants, c’est secondaire…en tout cas, ce n’est pas un argument valables pour récolter des dons.

Je m’énerve, je caricature, mais cette pub m’a laissé un gout amer…on est tombé si bas pour qu’on ne s’indigne pas simplement des violences contre les enfants, pour qu’on soit obligé de préciser les enfants d’ici? J’ai la nausée et pourtant, j’espère que cette campagne marchera pour les enfants. Mais les autres ?  Ce qui ne sont pas here at home?

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Lizzie’s paradise

Rien ne va plus en Grande Bretagne, l’économie plonge, les récoltes pourrissent dans les champs (vraiment, il n’y a plus de saisonniers européens pour les ramasser), les politiciens sont englués dans des scandales sexuels ou diplomatiques ou les deux, la livre vacille, la dette explose, Marks and Spencer sort une pub de Noël en disant f*ck à Paddington Bear (c’est , la polémique m’a fait hurler de rire)….bref, c’est la panique. Heureusement dans ces cas là, on peut se tourner vers une institution locale immuable et exemplaire, je veux bien sûr parler la reine. Ahaha, raté! Voilà que même Lizzie s’y met. Ben alors Sausage (c’est le petit nom que lui donne Philou), on fraude maintenant? On donne dans les paradis fiscaux? C’est pas très royal tout ça. 


Source 

Parmis tous les gens cités dans les paradise papers, qui viennent de révéler de très jolis montages financiers à l’extrême limite de la légalité pour ne pas payer d’impôts, on trouve donc Lizzie elle-même. C’est pas très glorieux tout ça. Elle (enfin ses conseillers financiers) aurait investi la bagatelle de 10 millions de livres sterling de ses revenus privés issus du duché de Lancaster aux îles Caymans et aux Bermudes, bien connues pour leurs institutions financières rigolotes  climat charmant. C’est d’autant plus gênant que Lizzie est sensée payer des impôts ( a peu près, j’explique plus bas) sur les profits générés par ce fameux duché de Lancaster (Comme Charlie sur celui des Cornouailles), qui est en fait une exploitation agricole dont les revenus lui appartiennent en propre. Les finances royales, c’est déjà assez compliqué comme ça, on n’était pas obligé d’y rajouter de l’évasion fiscale…

Lizzie possède à titre privé plusieurs résidences, elle peut faire ce qu’elle veut avec, les repeindre en mauve ou y monter des boites échangistes, c’est son problème, personne n’a rien à dire. Elle a aussi l’usufruit du Royal estate (dont le duché de Lancaster). C’est à dire que ça lui appartient, mais parce qu’elle est reine, ça vient avec le job, un peu comme une voiture de fonction, pas parce qu’elle est Lizzie. Je ne sais pas si je suis très claire…ce sont des propriétés qui appartiennent au monarque en exercice. Si Lizzie abdique, ça va revenir automatiquement à Charlie, alors qu’il doit attendre d’hériter pour récupérer Sandringham Castle par exemple (en même temps c’est mal fichu, dans le Norfolk  et la déco n’est pas au top…). Lizzie reçoit aussi de l’argent public à travers le Sovereign Grant et les parlementary annuities en Écosse. Elle a également des petites économies investies un peu partout, quelques bijoux et de vagues œuvres d’art…ce genre de choses. Lizzie aurait une fortune personnelle estimée à 340 millions de livres sterling. Lizzie et Charlie sont exemptés d’impot mais dans une grande opération d’auto-promotion par pure générosité ils ont décidé depuis 1993 de verser des contributions volontaires à l’état correspondant plus ou moins à un impôt sur les bénéfices générés par leurs propriétés privées, immobilières ou non. Sauf apparemment quand ils les investissent dans des paradis fiscaux. Il n’y a pas à dire, ça fait désordre. 

Heureusement pour Lizzie, à part deux ou trois agités, les médias sont extrêmement discrets sur le scandale…puisqu’ils appartiennent pour beaucoup à des gens qui ont la même vison paradisiaque, fiscalement parlant que la reine. C’est marrant, j’aurais cru pourtant qu’ils auraient été ravis d ’appartenir au même club privé que Lizzie et qu’ils ne manqueraient pas de s’en vanter, comme quoi… 

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The student’s return 

Il y a longtemps qu’on n’avait pas parlé de L’Ado, ce déserteur. Il est à la maison pour 10 jours. Vu qu’il a commencé les cours il y a un mois, il lui fallait bien des vacances, le pauvre petit. Il a quand même cours trois jours par semaine, c’est épuisant. On est vraiment content de vendre un bras par semestre pour payer ses études, on sent qu’on en a pour notre argent (sans compter qu’on va encore avoir besoin d’une demi douzaine de bras, à deux ça va vite devenir problématique). Mais on est bien sûr ravi d’avoir L’Ado à la maison. Il a été accueilli par des cris de joie de tous ses frères et sœurs massés devant la porte jeudi soir, youpidoo. L’Ado est là, pas juste pour le week end. 


Source 

Il a tout de suite repris ses marques. Il se lève aux aurores, à 14 heures. Il torture sa guitare à trois heures du matin. Il pille le frigo. Il se fait des bouffes bizarres en pleine nuit et laisse des reliefs de repas non identifiés dans la cuisine. Je n’ai plus l’habitude. Ça surprend au réveil de croiser un reste de pizza broccoli-confiture de prune (non mais, ça va pas, y’a plus de chorizo ici maintenant?) à la machine à café. Il fait un boucan d’enfer à jouer avec son chat dans toute la maison à minuit. Il a déversé un monceau de t-shirts répugnants (je parle du design. Entre autres) à côté de la machine laver…en fait, il régresse au stage ado pur et dur alors qu’il en est presque sorti. Je veux dire qu’en temps normal, il devient vaguement responsable, enfin, un chouïa plus éveillé. Il arrive même à parler à peu près intelligemment, mais depuis qu’il est en vacances à la maison, il a repris ses grognements indistincts et ses meuh, coin, non mais ouais quoi. Bon, c’est vrai aussi qu’il a réussi à faire évacuer tout son immeuble en provoquant une alerte incendie suite à un malencontreux incident culinaire. Mais il lit la presse et discute presque comme un grand en prenant son café assis dans le salon, avec nous, et plus dans sa chambre en faisant les pieds au mur sur son lit. Il a certes déjà perdu ses clés et a dû amputer son budget beuveries sorties pour les remplacer, mais ça prouve bien qu’il a budget, non? C’est pratiquement un adulte. Qui profite donc des vacances pour retomber en enfance. 

Il passe beaucoup de temps avec les autres, WizzBoy ne le lâche pas et lui raconte toute ses histoires. Quand je pense qu’il refuse de me dire ce qu’il fait à la big school et que L’Ado a droit à tous les détails. Plusieurs fois. GeekAdo a repris une complicité vaguement admirative avec son grand frère. Même KnightyDiva s’y met, ce qui a beaucoup surpris L’Ado. Il n’avait pas remarqué quand il vient dormir et manger le week end (c’est tout ce qu’il fait), qu’elle était sortie du stade princesse à paillettes. Il est un peu vexé qu’elle ose grandir comme ça, sans sa supervision. Surtout quand elle le traite de vieux qui ne peut pas comprendre. Ou qu’elle se marre avec GeekAdo…non mais c’est quoi cette histoire? L’Ado est tout perdu. C’est lui le cool ici d’abord. Hurlements de rire des autres. PrincesseChipie en profite pour le chambrer aussi, gentiment. Encore un peu, et c’est lui qui va venir se plaindre que les autres ne veulent pas jouer avec lui ou font des blagues nulles après des années où ses frères et sœurs le lui reprochaient. Puisque c’est ça, il retourne jouer au foot avec WizzBoy. 

Enfin bref, L’Ado hésite depuis qu’il est en vacances entre jouer au grand frère responsable, à l’adulte protecteur et attendri (il m’a même demandé de lui prendre un ticket pour aller voir la Xmas pay de WizzBoy), revivre toute son adolescence depuis le début ou retomber complètement en enfance. J’ai l’air de râler comme ça (et quand on est réveillé par une cascade de casseroles à deux heures du mat, parce qu’il voulait se faire un sandwich saumon-pêche au sirop, je râle même très fort), mais je trouve ça tout mignon. Ne lui répétez pas. 

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Sunny Monday #44 Mersea Island 

Pour les lundis de novembre, Bernie a choisi le noir. Du coup, je vous ramène à Mersea avec ses maisons typiques en noir et banc. Colchester, la capitale de notre communauté de communes (borought council) , est une ville paumée et pas très reluisante malgré un passé flamboyant charmante petite ville sur la mer du Nord, et pourrait avoir une très jolie baie. A la place, on a une île! Toute la baie, ou presque est remplie par Mersea Island (ça se prononce Merzy, pas merci). L’île servait déjà de lieu de villégiature au temps des romains. Par contre, son nom viendrait du saxon et veut dire l’île dans le plan d’eau. Ils étaient d’une logique implacable, ces saxons. Ou alors, ils avaient des sortes d’îles bizarres, qui se sont perdues depuis…


Mersea est reliée à la terre par une jetée, connue sous le nom de « the strood. » C’est assez surprenant, de loin, on a l’impression que les voitures roulent sur l’eau. C’est parfois le cas. Plusieurs fois par jour, avec la marée, Mersea est coupée du monde. En cas de tempêtes ou pendant les grandes marées, l’île peut rester isolée plusieurs jours. C’est une volonté délibérée des habitants qui refusent mordicus d’avoir une vraie route pour rejoindre la ville. Ils sont bien comme ça! Mersea ne fait que 18 km2 et est l’endroit habité le plus à l’est de toute l’Angleterre.

Source les autres photos ont été prises par Marichéri et mon papa qui n’ont aucune envie de rester coincés sur le strood en le photographiant. Je voulais juste montrer à quoi ça ressemble, mes explications n’étant pas limpides.  

En été, la plage de Mersea est noire de monde, elle est bien plus chic que les autres (celle de Clacton on the naze par exemple, c’est moins bien! ) qui n’ont pas forcément mis la barre très haut non plus, mais quand même. Les cabanes de plage de l’île sont parmi les plus chères de l’Essex, et peuvent vous coûter plus de £20 000 quand il s’agit de cabanes victoriennes restaurées. Il y en a même une noire, je suis toujours dans le thème. 


Personnellement, je refuse de tremper un orteil dans la mer du Nord. C’est quand même très froid. Mais ça ne dérange pas les locaux ni les touristes d’ailleurs. Parce que Mersea a des tas de visiteurs Londoniens le week-end, même en hiver! C’est à dire à quel point l’île est charmante et renommée, pour que même ces prétentieux de londoniens traversent volontairement l’Essex pour y venir! (Non, je ne suis pas sectaire et bêtement anti-londonienne, je m’adapte: un habitant de Colchester se doit d’afficher une animosité profonde pour les sales migrants Londoniens, même si une bonne moitié travaille à Londres ou est originaire de Londres. Ça ne s’explique pas, c’est comme la fête de l’huître et les déguisements de Romains, c’est une coutume locale).


Le village de pêcheurs est extrêmement sympathique. Il y a plein de petits cottages absolument charmants, noirs et blancs donc. Il est divisé en deux parties, audacieusement appelées west Mersea et East Mersea. Le bled a connu son heure de gloire entre le 16eme et le 19 eme siècle, quand les habitants roulaient sur l’or. Littéralement, puisqu’ils ont alors développé une activité beaucoup plus lucrative que la pêche: ils sont devenus naufrageurs et contrebandiers. Il faut bien vivre…


Aujourd’hui, c’est beaucoup plus calme. Beacoup de cottages sont des résidences secondaires et les habitants vivent surtout du tourisme. Comme quoi, tout se perd. Mes enfants regrettent vivement qu’on ne croise plus aucun naufrageur. Moi aussi.


Mersea est aussi très connue pour ses huîtres. Les romains adoraient déjà les huîtres de Mersea. Sur le port, une enfilades de cabanes de pêcheurs vendent poissons et fruits de mer à peine pêchés, et donc des huîtres, élevées sur place. On peut même y manger. C’est un endroit rêvé sauf bien sûr pour ceux qui sont allergiques. Et qui, sous prétexte que ça les rend violemment malades refusent d’y mettre les pieds et privent les autres qui aiment huîtres, eux. C’est clairement de la mauvaise foi, surtout que leur teint verdâtre à la vue de la plus petite huître innocente est parfaitement assorti à la couleur des algues. Je ne dis pas ça pour Marichéri bien sur. Absolument pas. Du tout…


La cabane la plus célèbre, et la meilleure niveau fruits de mer, c’est le mondialement connu Company Shed. Au premier abord, on ne se doute pas que le Shed est pris d’assaut à l’heure des marées, par des gens très bien (et qui viennent de Londres exprès…je commence à faire plouc non, à répéter ça?). Le Company Shed est le plus miteux du port, mais vous ne pouvez pas le louper, il y a foule devant. Il faut amener son pain, son vin et son citron. Rien n’est fourni, vous vous installez sur de grandes tablées’très  rustiques. On vous sert les produits bruts. Ils font l’effort de vous ouvrir les huîtres si vous demandez vraiment gentiment, sinon débrouillez- vous. Si vous préférez vous pouvez vous servir au comptoir et ramener tout ça chez vous. C’est délicieux, convivial, et donc très populaire .


Si vous n’aimez pas la mer, vous pouvez toujours vous promener dans l’intérieur de Mersea Island. Il y a deux églises, dont St Edmund qui date du 12 eme siècle. En cherchant bien, vous verrez aussi une sorte de monticule, en plein milieu de l’île. Il s’agit d’un tumulus, une tombe préhistorique. Ça n’a strictement aucun intérêt puisque tout ce qui a été trouvé lors des fouille est exposé à Colchester Castle. C’est juste une vague bosse au milieu d’un champ. C’est dommage.


Si vous êtes très courageux, vous pouvez aussi tester le vin local. Et autant les huîtres de Mersea sont délicieuses, autant leur vin est épouvantable. Mais à part produire un breuvage infâme, l’ile est vraiment très sympathique!

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Guy Fawkes, the anonymous and the bonfires 

Pas de top 10 cette semaine, actualité oblige. C’est bonfire night aujourd’hui, le soir des feux d’artifice, pétards et autres feux de joie, youpidoo c’est la fête. On célèbre dans la joie le supplice d’un pauvre type pas très futé, c’est très frais. On va jusqu’à recréer des bûchers et cramer des effigies de Guy…il n’y a pas à dire, les anglais savent s’amuser. Pour une raison qui m’échappe, Guy et sa bande de losers carbonisés ont aussi inspiré les Insurgents, les anonymous et autres manifestants contre le pouvoir et l’ordre établi. Je rappelle quand même qu’ils ont été ridicules et ont lamentablement échoué. Comme modèles de révolutionnaires subversifs, on doit sûrement pouvoir trouver mieux, en tout cas, moins cramés (au sens propre) que Guy et sa brochette de potes. Enfin bref, je ne résiste pas au plaisir de vous ressortir son histoire.  


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Je ne reviendrai pas sur l’imbécilité de Guy qui aurait pu prévoir que sa mort deviendrait une fête nationale et faire son petit coup d’état manqué à une autre date. N’importe quand, en juillet ou août, bref à un moment de l’année où il pleut moins et où on ne risque pas de perdre un orteil à aller se gèler en pleine nuit pour applaudir un feu d’artifice trempé. C’est ballot de la part de Guy…cela dit, il n’a pas vraiment réussi sa vie, on ne peut pas lui reprocher aussi d’avoir raté sa mort, un peu de compassion. 
Elizabeth Iere, qui était une comique comme son papa Henry VIII et n’aimait pas du tout les catholiques laisse la place à James Ier en 1603. James est le fils de Mary, Queen of scotts et de Henry Stuart-tout-court, et petit cousin d’Elizabeth. Il monte sur le trône d’Écosse à treize mois sous le nom de James VI, sa mère ayant un empêchement (pour ne pas dire qu’elle avait perdu la tête), c’est sportif pour un enfant de cet âge, j’espère que ce n’était pas trop haut, il aurait pu se blesser. Quelqu’un a pensé à mettre des cousins autour au moins? Enfin bref, quand il devient aussi roi d’Angleterre avec un nouveau numéro (James Ier..c’est confus cette double numérotation, il n’y a pourtant pas de décallage horaire… Ou alors, c’est une histoire d’indicatif téléphonique?), les catholiques pensent bêtement qu’ils vont être enfin tranquilles. Comme le nouveau roi est à moitié catho, ça devrait le faire. Mais pas du tout, le petit James fait du zèle. Du coup, les catholiques en ont marre de se faire taper dessus, on peut les comprendre et décident de se débarrasser du méchant James.
 13 comploteurs, sous le commandement d’un certain Robert Catesby ont l’idée brillante de vouloir faire exploser le parlement avec le roi dedans évidement. C’est sûr, c’est discret et facile à mettre en œuvre, on sent les comploteurs pratiques et qui aiment se simplifier la vie (ils vont même se la simplifier tellement qu’elle va s’arrêter rapidement et dans les flammes, c’est plus festif) . Ils entassent 36 barils de poudre dans la cave de Westminster, comme si de rien n’était …mais bon, pris de remord un des comploteurs prévient un copain, Lord Monteagle de ne pas se balader au parlement le 5 novembre 1605, parce que ça va chauffer. Lord Monteagle, le fayot, avertit James, et le 5 novembre au matin, des officiers royaux débarquent à Westminster, et trouvent Guy Fawkes qui attendait sagement, comme un imbécile au milieu de ses barils. Il est arrêté et envoyé au bûcher. C’est la joie populaire, James remonte en flèche dans les sondages et depuis, on fête ça tous les ans en cramant des effigies de Guy et en tirant des feux d’artifice. Voilà pour la version officielle, mais de plus en plus d’historiens, notamment catholiques mais pas que, ont des doutes certains sur la véracité de la chose.
Deja, les 13 conspirateurs étaient connus des services de police et pas en bien. On ne peut pas dire que James était particulièrement populaire, au contraire, ni auprès des catholiques ni des protestants ni qui que ce soit (peut-être son chien, et encore… ). Il y avait donc pas de mal de gens qui râlaient plus ou moins ouvertement et étaient surveillés. On n’avait peut-être pas les mêmes moyens technologiques à l’époque, pas possible d’écouter leur téléphone ou de les suivre par satellite, mais il y a peu de chance que des types surveillés aient pu pénétrer comme ça, innocemment, dans Westminster (un tout petit peu gardé aussi en temps normal) avec 36 barils de poudre sous le bras, coucou, on est plombier, c’est pour la fuite dans les toilettes du premier (Premier, James Premier). Ensuite, on est certain aujourd’hui que la fameuse lettre à Lord Monteagle est un faux et qu’elle a été écrite pas des officiers royaux. C’est embêtant.
La letter est anonyme, aucun des conspirateurs qui ont pourtant été torturés gentiment, n’en avait connaissance et elle est aussi particulièrement vague. Attention, il va y avoir une explosion à Westminster. Mais les officiers royaux sont de petits malins, ils savent lire entre les lignes et à partir de rien, ils déduisent tous les détails du complot, les revendications, les noms des participants et tout. C’est très fort. Mieux que dans une série télé. Bref Guy Fawkes et ses copains se sont faits avoir. Ensuite, c’est plus flou. Certains pensent qu’il y a bien eu un complot de catholiques, mais qui étaient surveillés depuis le début: On les a laissé faire (mais bien sûr que vous êtes les plombiers, on peut vous aider à porter vos barils, euh votre matériel?) et arrêter au moment où ça aurait le plus d’impact pour faire monter la popularité du roi. D’autres pensent au contraire que tout a été manigancé dès le début par James et ses potes, et qu’ils ont même fourni les fameux barils. Franchement, Guy Fawkes n’était pas très futé.

Guy Fawkes n’a pas tout perdu non plus (à part la vie, mais bon…) puisque non seulement il a acquis une célébrité pétaradante en Angleterre, pour des siècles, mais il est aussi très mode ces derniers temps. Vous voyez le masque bizarre des Anonymous et tout ces gens là? Oui? Vous allez rire, c’est Guy! Ce masque est apparu au 18 eme siècle en Angleterre donc, pour que les enfants se déguisent lors de bonfire night, ça faisait partie de la fête. Il a été repris par le héros dans V for vendetta et est devenu très populaire. Et donc, ce soir beaucoup vont porter ce masque et allumer des feux où ils ont apparement l’intention de faire cramer d’autres effigies que celle de Guy (un certain Boris à l’air très mode, on a eu droit à pas mal de Trump l’année dernière aussi…). Depuis 2006, le masque de ce pauvre garçon est le symbole de tout un tas de manifestants de par le monde, notamment des altermondialistes, ça va leur faire bizarre d’être rejoint par des anglais très middle class mais europhiles qui entendent protester discrètement contre le gouvernement de Theresa May. En même temps, historiquement ça fait du sens, il s’agit bien de renverser le pouvoir en place, c’est à dire les brexiters. Bon par contre, ça colle aux traditions d’accord, mais quitte à se choisir un modèle d’insurgés, il aurait peut être fallu en trouver qui ont réussi leur coup, non? 

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