Pour une fois, je n’ai pas cherché d’interprétation un peu capillotractée au thème choisi par Ma’, ce que je fais pourtant souvent. Je mets une porte, sélectionnée par Marichéri parmi la multitude de ses archives. C’est l’explication de son choix qui est légèrement tirée par les cheveux. Voici la porte principale de la cathédrale de Bath, mais il ne l’a pas choisi pour son architecture remarquable, mais parce que l’Angleterre est en pleine tempête Dennis. Il y a des inondations de partout. Bref, et je cite Marichéri, c’est une porte anglaise dans le bain, c’est donc en pleine actualité. Voilà. Je n’y suis pour rien. Cela dit, j’aime beaucoup cette porte, qui permet d’entrer à Bath Abbey, ou plus exactement l’Abbey Church of Saint Peter and Saint Paul. L’Abbey a été fondée au 7eme siecle mais a été entierement reconstruite par les normands dans un premier temps puis au 12ème et encore une fois au 16eme. La porte d’origine a disparu lors de la dissolution des monastères par Henry VIII , mais Elizabeth a ordonné qu’elle soit remplacée. Cette nouvelle porte (West door, la porte de l’Ouest) date de 1611, elle a été financée par Lord Montagu, justement ministre de la justice de Lizzie Première, qui en a profité pour y faire figurer son blason. C’est un bel exemple de product placement avant l’heure!
Je ne suis pas en retard du tout pour les états d’esprit (initiés par Zenopia, qui les continue sur FB maintenant qu’elle ne blogue plus et Postman): Wizzboy n’ayant pas école aujourd’hui, il s’est levé encore plus tôt que d’habitude,
Fatigue: par anticipation. Deux semaines de vacances scolaires avec un Wizzboy en pleine forme…
Humeur: dubitative
Condition physique: arrimée. C’est dans la tempête qu’on voit l’intérêt de mes kilos: je ne me suis pas envolée!
Esprit: flou, ce qu’on peut considérer comme un progrès.
Estomac: ça va toujours très bien de ce côté.
Culture: dans le style culture locale, j’ai expliqué le carnaval de Dunkerque et son célèbre lancé de harengs crus sur la foule à mes enfants. Bizarrement, ils sont moyennement convaincus et soulagés qu’on n’ait pas choisi d’habiter Dunkerque…pfff, ils ne savent pas ce qu’ils perdent!
Boulot: bon, ça suffit comme ça, avant la fin des vacances, il faut que le plafond du bureau soit fini. Si, si, ça va le faire. Peut-être.
Avis perso: c’est beau, la démocratie façon Boris Johnson…non seulement pour être ministre, il faut être un brexiter convaincu, mais maintenant, il faut aussi avoir toujours soutenu Johnson et n’avoir aucune compétence ni personnalité. Bref, après le remaniement ministériel d’hier, Johnson est entouré de fantoches extrémistes au QI global inférieur à leurs années d’expérience à leur poste respectif. C’est sûr qu’avec une équipe pareille, il va faire peur à Bruxelles. Ou pas.
Message perso: à lundi! Hiiiiiiiii:
Loulous: L’Ado est encore une fois en vacances, mais il ne vient pas: il se prépare à accueillir GeekAdo. J’en frémis d’avance, les deux frères lâchés dans Londres, aussi excités l’un que l’autre, ça va donner. Le grand (qui est plus petit en taille) est ravi de faire découvrir la vie étudiante londonienne au petit (qui fait 4m02), qui attend ça avec impatience. Je ne suis pas inquiète du tout. Du tout…En vrai, je suis très contente de cette osmose fraternelle. MangaGirl va faire son stage de troisième pendant ces vacances, à la bibliothèque municipale (un grand merci à ma copine bibliothécaire), elle est motivée. En tout cas, elle a promis de répondre si on lui adresse la parole au lieu d’essayer de disparaître derrière ses mèches pendantes, c’est déjà ça. PrincesseChipie est hystérique, un peu comme sa mère (hiiiii), en attendant nos visiteurs d’Angleterre. Elle a prévu un sleepover dans sa chambre, ça fait des semaines qu’elle complote avec sa copine sur WhatsApp. Wizzboy n’a pas école aujourd’hui, il a donc donné sa carte de saint Valentin à son amoureuse d’hier. Elle lui en a donné une aussi, et elle lui a même fait un cadeau, mais il ne me montre pas, c’est que à lui. Mon bébéééée….!
Divers: c’est un complot, on m’en veut personnellement, je ne vois que ça! La coupure d’électricité qui commence le matin pile quand je rentre après avoir amené Wizzboy à l’école et qui finit juste quand je pars le chercher à 4 heures, c’est bien suspect, non? Comment ça, parano, moi? En tout cas, ça m’a moyennement amusé, fichue tempête.
Amitié: voir message perso. Hiiiii.
Love: il s’est fait gronder par Wizzboy, décidément très investi dans la Saint Valentin, parce qu’il ne m’a pas fabriqué de cadeau en paillettes et papier mâché, ou un truc comme ça. Je lui en suis reconnaissante.
Penser à: faire le plein de franchouillardises pour nos invitées.
Courses: il nous faudrait une ancre ou deux, histoire d’arrimer les buts de foot de Wizzboy avant la prochaine tempête.
Envie de: calme météorologique.
Sortie: on verra selon la météo et les envies de nos visiteurs
Pic: Marcel est très concentré, il chasse les acariens.
Je ne parle plus des aventures Wizzboy, mais du déferlement de sexisme publicitaire, qui accompagne invariablement le 14 février, comme pour la fête des mères ou la journée de lutte pour l’égalité des droits que certains s’obstinent à confondre avec une fête des femmes-bonniches-échappées-des-pubs-des-années-cinquante. Sous prétexte qu’un type qui ne s’appelait même pas vraiment Valentin, mariait gratuitement les romains qui voulaient échapper au service militaire au III siècle, certains essaient de nous refiler des aspirateurs! Je ne vois pas le rapport entre des réfractaires prêts à tout pour ne pas aller se faire étriper au nom de l’empire romain et un besoin quelconque de me voir offrir une friteuse ou un fer à repasser. Surtout que ça risque justement de finir en meurtre, ce qui serait ballot pour une fête qui s’inspire donc d’un grand pacifiste.
Je vous mets le lien de l’observatoire de la publicité sexiste ici, ça peut servir
Mais je m’énerve alors que pour la Saint Valentin, selon les publicitaires, on n’a pas seulement droit à être de parfaites petites fées du logis décérébrées. Non, pas du tout, on est aussi de parfaites pétasses pour ne pas dire putes, décérébrées également. Ça fait chaud au cœur tiens. Ou pas…depuis quand on ne rêve que de lingerie immonde, de parfum puant ou de chocolats (bon là, je ne rajoute pas d’adjectif, restons sérieux), sous prétexte qu’on a un utérus? A la limite, on peut espérer que le jour où on inventera une poupée gonflable qui fait aussi la lessive et le repassage, on n’aura plus besoin de supporter les pubs sexistes. Quoique, il y aura toujours un ou deux pervers pour flanquer une femme en sous vêtement pour vendre du carrelage ou une tronçonneuse… sérieusement, quand est-ce que les publicitaires vont nous lâcher?
Pour en revenir à la saint Valentin, dont je ne comprends pas tout l’intérêt au départ mais passons, en quoi est-ce romantique d’offrir à quelqu’un un auto cuiseur? A part déclarer son amour à la blanquette de veau, je ne vois pas…et ce n’est jamais venu à l’idée d’un publicitaire qu’une femme peut préférer un livre à un rouge à lèvre? Sérieusement? En quoi nous réduire au rang de bonniche d’opérette plus ou moins sexy (visiblement, je n’ai pas la même définition de la chose que les publicitaires de base), est sensé nous faire plaisir? Les gens du marketing sont au courant que les femmes représentent la moitié de la population et ont aussi un certain pouvoir d’achat (en plus d’un cerveau et d’une volonté propre), malgré les efforts de tous les néandertaliens de leur espèce pour ne pas combler les différences salariales. Ça serait peut être rentable pour eux de cesser de nous prendre pour des dindes! Si par la même occasion, ils arrêtaient aussi les clichés sur les hommes, ça ferait plaisir à tout le monde. Saint Valentin ou pas, il ne me viendrait jamais à l’idée d’offrir une perceuse à Marichéri, en plus, il risquerait de se blesser avec!
Depuis quand on a besoin d’un jour spécial pour offrir quelque chose à ceux qu’on aime? Et pourquoi un cadeau générique au goût plus que douteux, fleurant bon le sexisme ordinaire serait plus personnel qu’une attention qui tient compte des goûts et de la personnalité de celui ou celle qui le reçoit plutôt que de sa composition chromosomale? Bon cela dit, je n’ai rien contre du chocolat. Mais toute l’année, en approvisionnement continu.
Depuis qu’on est en France, et plus précisément dans le Nord Pas de Calais, PrincesseChipie et Wizzboy ont du mal avec les traditions locales en matière de cartes. Ils ont eu la surprise de découvrir qu’on donne une carte de saint Nicolas à tous les garçons de la classe, puis une de sainte Catherine à toutes les filles. Par contre, on ne fait pas la même chose pour la Saint Valentin.
PrincesseChipie est frustrée. Elle qui passait des semaines en Angleterre sous des tonnes de paillettes et de papier cartonné pour fabriquer une carte de saint Valentin pour tous ses camarades d’école, elle doit se restreindre (elle en fait quand même pour toute la famille, y compris les chats). En bonne petite anglaise un chouïa américanisée par les séries télés, elle considère les cartes de saint Valentin comme des témoignages plus ou moins obligés d’amitié. C’est comme pour les fêtes d’anniversaire au primaire en Angleterre, on invite toute la classe, pas forcément parce qu’on est pote avec tous, mais pour ne pas faire de discrimination (sauf évidemment quand il y a une et une seule gamine dont les parents sont nés à l’étranger bien sûr, PrincesseChipie a arrêté d’être invitée après le brexit). Il a fallu que je lui explique qu’il ne valait mieux pas distribuer ses cartes de saint Valentin faites maison à tour de bras à l’école en France, ça risque d’être mal interprété. Elle trouve ça dommage. Mais ce n’est pas grave tout ça. Non, ce qui me chiffonne grandement dans l’affaire, c’est que Wizzboy a suivi mes explications limpides: une carte de saint Valentin en France, ce n’est pas pour les ami/es c’est pour les amoureux/ses. Ça l’a inspiré.
Voilà donc que j’ai dû accompagner un Wizzboy extrêmement motivé chez le buraliste ce matin: il a bien compris, et il voulait choisir une carte pour son amoureuse. Mon bébééééé! PrincesseChipie l’a très mal pris aussi: il est tout petit, et il en est déjà à sa deuxième amoureuse alors que elle n’a jamais eu de boyfriend. Non mais ça suffit, cette manie de vouloir me vieillir comme ça avoir une vie amoureuse! Au moins, les deux grands ont toujours eu la décence de ne pas m’en parler, même si certains indices ne trompent pas. Par exemple quand on est obligé de porter un masque à gaz dans le sillage de L’Ado qui sort, aspergé de plusieurs hectolitres de déodorant: non mais l’idée, ce n’est pas de l’asphyxier non plus, tu fais comment si la pauvre fille suffoque? Visiblement, Wizzboy, qui je le rappelle est au CP, maîtrise déjà beaucoup mieux ce genre de choses que son étudiant de grand frère. Après d’intenses délibérations, il a choisi une très jolie carte (vraiment, je ne serais pas contre recevoir la même si je ne considérais pas la saint Valentin comme une vaste fumisterie mercantile et sexiste) qu’il compte personnaliser en plus.
C’est le premier des cinq qui me fait un coup pareil, et franchement, je n’étais pas prête. Mon bébéééé! Je suis comme PrincesseChipie tiens, je regrette le côté amical et universel de la saint Valentin anglaise.
On continue à alterner des deux côtés de la Manche pour les mardis tourisme. J’ai commencé cette rubrique avec les châteaux de la Loire, et je me suis rendue compte que j’ai oublié de parler de Cheverny, alors que c’est le préféré des enfants!
Ça saute aux yeux, même pour les moins tintinophiles, on dirait Moulinsart, le château du capitaine Haddock. C’est normal, Cheverny a servi de modèle à Hergé. Du coup, et c’est là que les enfants adorent, les propriétaires, descendants du comte de Cheverny, ont eu la bonne idée d’organiser une expo Tintin dans les dépendances. Ils ont même recréé le laboratoire du professeur tournesol!
Mais le château lui même est très sympathique aussi, avec des clins d’œil à Tintin. Cheverny date de 1315 mais a été totalement remanié au seizième siècle d’abord puis encore complètement refait en 1630. Il ne reste plus grand chose de la forteresse médiévale du début!
Bref, c’est parfait pour une visite familiale, et soyons honnête, il n’y a pas que les enfants qui apprécient de voir Moulinsart, pardon Cheverny!
On est toujours en violet pour le rendez vous de Bernie, et ça manque de soleil aujourd’hui. La tempête Ciara se déchaîne, tout comme les présentateurs météos français qui m’écorchent les oreilles à chaque fois qu’ils essaient de prononcer son nom (c’est K-iara, pas S-iara). J’ai quand même profité d’un tour d’inspection dans le jardin entre deux bourrasques pour photographier de courageuses petites fleurs violettes qui se cramponnent comme elles peuvent.
La phrase de la semaine a été récoltée par la maman de Marichéri. Non, je ne suis pas une horrible tortionnaire qui fait bosser toute la famille, elle était volontaire! C’est à dire qu’elle était tellement surprise par la sortie d’une lingère croisée dans l’hôtel où elle et le papa de Marichéri séjournaient, qu’elle me l’a gentiment offerte pour cette rubrique (la sortie, pas la lingère):
Depuis, on s’interroge. Est-ce un terme technique hôtelier, pour désigné les gens qui ont l’audace de rester une deuxième nuit? Est-ce plutôt une expression régionale? Si il y a des spécialistes ch’ti du tourisme dans l’assistance, n’hésitez pas à nous faire part de vos lumières. En tout cas, la maman de Marichéri a rassuré cette brave dame, une fois qu’elle a compris, oui, c’était bien elle la recouche.
Comme on est en plein déluge, j’ai bien pensé photographier la pluie pour illustrer le thème choisi cette semaine par Ma’, mais on a dépassé le stade du petit grain. Et puis j’avais envie de quelque chose de mignon et primesautier, pour égayer un peu cette journée particulièrement grisâtre. Alors, je me suis décidée pour cette petite chèvre qui vient brouter des grains dans la main de MangaGirl. On ne sait pas laquelle des deux étaient la plus ravie.
Ces états d’esprit vont être un peu moins maussades que la semaine dernière, mais pas trop non plus. Je ne veux pas revenir sur les images des célébrations en UK, dont certaines m’ont glacée par leur ressemblance avec celles qu’on trouve dans les livres d’histoire traitant de l’Allemagne des années 30. Sans parler des frexiters potentiels qui se sont congratulés sans savoir de quoi ils parlent, enfermés fièrement dans leur idéologie pourrie et leur haine de tout, absolument tout ce qui n’est pas eux. Youpidoo donc.
Fatigue: ça se maintient…
Humeur: pareil. Au moins, je suis constante.
Condition physique: complètement frigorifiée. Quand je vois GeekAdo qui se balade en t-shirt avec un vague petit blouson par dessus, espèce d’anglais! Même déguisée en yourte, tellement j’ai d’épaisseurs des vêtements dessus, je grelotte à côté.
Esprit: il va toujours moyen…l’état du monde le déprime.
Estomac: forcément, pour équilibrer, il se dévoue… et puis c’est bien connu, pour lutter contre le froid, il n’y a rien de tel que le gras, non? Et le chocolat, évidemment.
Culture: je suis joie, j’ai enfin réussi à dénicher un livre, la maison de Monet qui est en rupture de stock depuis à peu près une éternité. Par contre, je n’ai trouvé que la traduction française (ça a été écrit en anglais, par Heide Michels), mais comme ce sont les photos qui m’intéressaient, ça n’est pas gênant. J’adore Monet depuis mes cours d’art (je ne faisais pas de sport le mercredi après midi, je passais plutôt des heures dans la poussière de fusain et les vapeurs de térébenthine, c’est ce qui a dû me monter au cerveau). Le prof avait une approche originale de l’apprentissage de la peinture à l’huile: on a fait des faux. C’est comme ça qu’un “pont d’Argenteuil » trône chez mes parents, identique au vrai qui se trouve au musée d’Orsay. J’en ai gardé une passion totale pour Monet.
Boulot: en parlant de peinture, le plafond du bureau est au point mort…
Avis perso: humain, c’est surfait, je veux être chat. Les chats s’en foutent de la couleur de poil de leurs congénères. Ils méprisent tout le monde indifféremment.
Message perso: hiiiiiiiiiii! Si,si, c’est très clair pour la personne concernée. Vous voyez que je n’exagère pas avec cette histoire de vapeur de térébenthine, je suis sûre que c’est toxique! Bref, ce n’est pas entièrement de ma faute si je suis bizarre…non?
Loulous: L’Ado va passer rapidement par Paris ce week end, enfin, par le stade de France, il va voir le rugby! Je ne suis pas jalouse du tout. Du tout. Même en rajoutant l’aller-retour en Eurostar, c’est moins cher que d’aller à Wembley, sans compter qu’il voulait plutôt voir jouer la France. GeekAdo a été aux portes ouvertes de l’université de Lille. Ça y est, il a sa liste complète pour parcoursup, c’est un premier pas. J’en stresse déjà, lui beaucoup moins. MangaGirl a été bombardée assistante de cours en anglais pour les petits de quatrième, elle en est très contente. PrincesseChipie est partie à l’école ce matin avec un pétard sur la tête, un pull mauve à pompons, un pantalon argenté, des tennis roses à paillettes avec des rubans à la place des lacets, et une doudoune à fourrure violette: elle devient sobre. Wizzboy a suivi le rugby, il trouve ça charmant, surtout les mêlées. J’ai marqué des points le week end dernier, quand j’ai appris à ses copains et lui à se faire des passes avec un vrai ballon de rugby. Ses potes étaient vivement impressionnés, et lui très fier.
Divers: c’est un temps à raclette…
Amitié: et allez hop, encore un hiiiiiiiii
Love: alors que lui, il a raté une grande carrière de rugbyman, pour de bêtes raisons géographiques. La première fois que je les ai amenés dans mon Sud-Ouest natal, lui, ses 6m02 et sa carrure, il a failli provoqué une émeute chez les recruteurs. Sérieusement, il n’avait jamais vu un match avant de me rencontrer et maintenant, il est encore plus acharné que moi. Je suis très fière de lui.
Penser à : arrêter de regarder les news, vraiment.
Courses: j’ai ramené des tulipes du marché, Marcel a essayé de les bouffer. Je n’ai pas compris.
Sortie: on a été à un salon du livre la semaine dernière, on a rencontré des gens passionnants.
Envie de: chaleur! Et vacances aussi, tant qu’à faire.
Pic: Capucine maîtrise l’art du camouflage. Là, elle fait la poule, c’est frappant de ressemblance.
Ça n’a pas loupé, les célébrations des brexiters ont donné lieu à un déferlement de comportements racistes et xénophobes. Sûrs de leur impunité maintenant qu’ils pensent avoir gagné, ces braves gens se déchaînent. Un sombre cretin a eu l’idée de placarder un avis dans un immeuble de logements sociaux proclamant qu’à partir de maintenant, il faut obligatoirement parler anglais et uniquement anglais, et même l’anglais de la reine, le queen’s English pour vivre là.
Je passe sur le fait que sa prose était bourrée de fautes. Les locaux n’ayant pas eu de cours de grammaire pendant plusieurs générations, les migrants maîtrisent souvent l’anglais mieux qu’eux. C’est du vécu, j’ai même dû expliquer les subtilités de l’apostrophe et du possessif à une instit de primaire, c’est dire! Ça m’étonnerait aussi que la personne qui a écrit ça, parle avec le même accent que Lizzie, surtout au fin fond du Suffolk. Mais passons. Ce n’est qu’un incident de plus dans une longue série qui fait que beaucoup d’origine étrangère ont maintenant peur de parler leur langue maternelle en public, voire de parler tout court, même en anglais, à cause de leur accent. Là aussi, c’est du vécu…je n’osais même plus dire bonjour! Parce que tous les jours ou presque les journaux en UK rapportent des aggressions physiques parfois mortelles contre des personnes qui ont eu le malheur de ne pas parler anglais, entre elles, dans les transports en commun, dans la rue, avec leurs enfants…c’est terrifiant et ça crée un climat de paranoïa difficile à supporter pour les étrangers en U.K.
On ne parle pas sa langue maternelle en public pour narguer qui que ce soit, mais parce que c’est naturel. Quand on répond au téléphone à nos familles ou nos amis compatriotes, quand on parle à nos enfants à qui on essaie d’ailleurs d’apprendre notre langue d’origine…il ne me serait jamais venu à l’idée de parler anglais à Marichéri en public si la conversation n’incluait que nous. Ça aurait juste sonné bizarre, faux, contraint. Pareil entre amies francophones ou avec les enfants à la sortie de l’école si il n’y avait que nous. Après tout, ce sont des conversations privées, pourquoi le raciste à côté veut absolument qu’on les ait en anglais, en quoi ça le concerne? Et pourquoi prend-il ces mots étrangers qui ne lui sont pas destinés comme une attaque? J’avais l’habitude de répondre aux mamans qui faisaient faussement mine de s’inquiéter que je parle français à Wizzboy: « lui, à 2 ans est parfaitement bilingue, et vous, vous parlez combien de langues couramment? « Ça les calmait.
Ce que ces xénophobes oublient, c’est qu’on parle plusieurs langues, c’est qu’on a fait l’effort d’apprendre la leur, en plus de la nôtre. Si on parle anglais avec un accent étranger, c’est un signe d’intégration justement, pas l’inverse! Si on parle sa langue maternelle dans un échange privé, ça ne veut pas dire non plus qu’on ne sait pas passer instantanément à une autre langue si le besoin s’en fait sentir. Maintenant que je suis en France, il m’est arrivé de capter deux ou trois conversations dans une autre langue, ça fait partie du bruit de fond au marché ou dans le bus. La seule raison pour laquelle je tends l’oreille, c’est que j’espère toujours rencontrer des anglophones (ça n’a marché qu’une fois jusqu’à présent). Sinon, franchement, je ne vois pas…mais j’ai remarqué aussi que ça défrise certains. On n’est pas en Brexitland, on ne parle pas d’agression, mais de regards insistants, d’attitudes qui laissent soupçonner une certaine méfiance. Je trouve ça sidérant. Pour moi, quelqu’un qui parle une autre langue dans la rue, c’est quelqu’un qui a une histoire, des choses à m’apprendre, c’est quelqu’un que j’ai instinctivement envie de rencontrer. Je ne comprends pas qu’on puisse se sentir agresser par un accent, des sonorités étrangères ou des mots qui de toute façon, ne nous sont pas destinés.
Pour en revenir à l’incident du début, et sans vouloir verser à mon tour dans les clichés, j’aimerais bien savoir si cet anglais fan de l’accent de Lizzie fait l’effort de parler espagnol quand il va en vacances à Insolacion-y-cervezas? Je dis ça comme ça…oui je suis méchante mais they started it.