6 nations top 10

J’ai déjà mentionné une ou deux fois à que j’aime le rugby (j’y ai joué) et à quel point le tournois des 6 nations est un grand moment familial, puisque je rappelle qu’on est deux français, trois franco irlandais et deux Anglo français. Et on aime bien les italiens par solidarité latine et les écossais sont toujours sympa. Jusqu’au brexit, c’était facile, on supportait dans l’ordre la France, l’Irlande et l’Angleterre. Depuis, on a adopté le « everyone except England » cher aux écossais, gallois et irlandais qui sont prêts à supporter n’importe qui jouant contre l’Angleterre. Pour des raisons obscures, on est aussi contre les gallois (en vrai, c’est parce que le présentateur gallois de la BBC est imbuvable. Ça peut paraître léger, mais c’est rédhibitoire, il est franchement désagréable). Enfin bref, ça m’a donné l’idée d’un top 10 rugbystique. Comme quoi, les footballeurs ne sont pas les seuls à ne pas toujours briller par leur sens de la répartie.

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10- Selon John Dickinson, ancien joueur anglais de légende: « le pub est aussi important au rugby que la pelouse ». De suite, ça met l’ambiance.

9-selon l’ancien sélectionneur de l’Afrique du Sud, Heyneke Meyer: « La danse de salon est un sport de contact. Le rugby est un sport de collision. » Voilà, entre ça et le pub, on sent qu’on est dans un sport intellectuel.

8-Quand en 1995, les écossais se plaignent que les français sont un peu trop physiques (c’est un euphémisme) Berbizier leur répond: « si tu n’es pas capable d’encaisser les coups, joue au tennis de table. »

7-Quand un père gallois apprend la trahison suprême de son propre fils qui a choisi de jouer pour l’Angleterre: « je m’en doutais, il est tone deaf (nul en musique) ».

6-Il faut dire aussi qu’il y a un léger contentieux entre le pays de Galles et l’Angleterre…ce qui nous donne un magnifique discours de la motivation épique et pas du tout exagéré du coach gallois avant d’affronter les anglais : « regardez ce que ces batards nous ont fait: ils ont pris notre charbon, notre eau, notre acier. Ils achètent nos maisons, et ils n’y viennent que 15 jours par an. Qu’est-ce qu’ils nous ont apporté? Absolument rien. On a été exploité, violé, contrôlé et puni par les anglais. Et c’est contre eux qu’on joue cet après midi. » Comme quoi, le rugby, ce n’est que de la rigolade.

5-Cela dit, tout s’explique puisque d’après le journaliste Mark Reason: « le job de coach du pays de Galles, c’est comme un petit rôle dans un film de Tarantino: tu titubes, tu hallucines, personne n’a l’air de comprendre un mot de ce que tu dis, tu vomis, tu te fais tirer dessus… »

4- On continue avec un ancien joueur anglais Richard Pool-Jones, reconverti commentateur en France, et qui est beaucoup trop gentil avec son pays d’adoption, en tout cas au niveau du rugby: « pour les anglais, l’Afrique commence à Calais et l’enfer au stade de France » . Enfin bon, depuis quelques années, ça doit plutôt les faire hurler de rire de jouer contre les français, vu la nullité infâme des bleus.

3-Le rugby est un sport tactique, comme le dit Ray Gravell, encore un ancien sélectionneur gallois: »tu dois faire ton premier tacle le plus tôt possible, même si il est en retard ». C’est très clair.

2-Les français aussi ont des idées sur le rugby. Bernard Laporte, ancien sélectionneur de l’équipe de France et actuel président de la fédération explique : »au rugby y’a 2 belles sorties : par saignement, et sur civière. Et même sur la civière faut que tu montres que t’as envie d’y retourner ! » Non mais.

1-Je termine par une citation inconnue et toute nouvelle de Wizzboy, qui suit Ecosse France avec L’Ado et tente de comprendre de quoi il est question. Il agite son petit drapeau français et pose des questions à son frère. Il est particulièrement enthousiasmé par la mêlée: » les humans de rugby, c’est comme des power rangers, fight, fight! « . Voilà.

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Project 52 #6

Le café, c’est la vie. En tout cas, c’est le thème choisi par Ma’ cette semaine, et c’est une excellente idée. Comme on est toujours dans les travaux et même plus encore (une sombre histoire de tuyauterie qui va obliger à couper l’eau à tout le village, je sens qu’on va être populaire), je reste dans les archives. En même temps, j’aime beaucoup cette photo, je crois que je l’aurais replacée même sans nos problèmes de robinetteries et de valves.

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Friday Feelings #150

Je ne suis pas en retard pour les états d’esprit de Zenopia et Postman, c’est un événement! Et j’ai du mérite, je vis dans la poussière et les bruits de marteau piqueur. C’est la joie.

Fatigue: musculaire…je ponce, peins, perce, cloue, et fais l’équilibriste sur un escabeau. Bref, je dors très bien, entre deux sérénades nocturne de Capucine, alias le ukulélé poilu.

Humeur: contente. Si. Ça me surprend moi-même.

Condition physique: aie! Mais c’est pour la bonne cause.

Esprit: a besoin d’un deuxième, troisième autre café.

Estomac: on est obligé d’aller acheter un goûter en sortant de l’école, pour compenser notre manque de cuisine. O-bli-gé. En ce moment, il y a plein de gaufres, pour carnaval…

Boulot: chambre mauve finie et décorée! J’ai même installé des buntings, ces espèces de guirlandes de fanions en tissu, c’est très british et PrincesseChipie adore. J’attaque celle de GeekAdo, c’est moins primesautier.

Culture: d’ailleurs, les gaufres, c’est en plein dedans. On découvre la culture traditionnelle carnavalesque de notre nouvel environnement. Voilà.

Message perso: le petit requin vous remercie, la plaque est arrivée! (C’est absolument limpide pour ceux à qui ça s’adresse, je n’ai pas encore totalement perdu la tête)

Avis perso: glisser négligemment une clause qui permet à l’état de faire ce qu’il veut des données personnelles des étrangers, qui empêche ces mêmes étrangers d’avoir accès à leur dossier et donc de se défendre en cas d’erreur, comme par exemple le gel de leurs avoirs ou une décision abusive de déportation, c’est légèrement abusé, non?

Loulous: L’ado arrive demain pour une semaine de vacances. Il s’est renseigné pour préparer au mieux son séjour, c’est où qu’on trouve des gaufres alors? Et c’est bon, vous avez les chaînes de sport maintenant? Et la cuisine, ça en est où (nulle part) ? GeekAdo se désespère toujours devant la logique fumeuse de son emploi du temps qui est très mal conçu, il n’aurait pas fait ça comme ça. Mais il commence à trouver ses marques et ça va beaucoup mieux. Finalement les maths ne sont pas différentes, le français est cool, et l’espagnol rigolo. KnightyDiva s’éclate toujours. Ça en devient suspicieux. Voilà qu’elle adore l’école maintenant, c’est très nouveau. PrincesseChipie commence aussi à s’installer et marquer son territoire. Elle va expliquer à son nouvel instit. Wizzboy ne speak toujours pas la France, mais ça va. Il a juste décidé que c’était aux autres enfants d’apprendre l’anglais pour communiquer avec lui. Ben voyons.

Divers: j’ai dû passer à la pharmacie (j’ai une vie passionnante), pour racheter de la crème pour GeekAdo qui a un léger eczéma et refuse de porter des gants, parce que c’est plus cool d’avoir l’air d’un lépreux que d’avoir chaud aux mains. Et bien, j’ai été sidérée par le service. La pharmacienne est extrêmement sympathique et a été d’une aide précieuse. Mais alors qu’en Angleterre, ça me prenait une demi seconde et un échange de mots minimum, il m’a fallu 20 bonnes minutes, en détaillant l’historique de l’eczéma, en comparant avec le neveu de la mamie derrière qui voulait aider aussi et en suivant un cours sur les mérites comparés d’une bonne trentaine de crèmes différentes. Je suis ressortie avec des instructions longues comme le bras de Marichéri (c’est à dire très longues), une nouvelle crème à tester et après avoir promis de repasser donner des nouvelles dans une semaine. C’est là que j’ai mesuré l’intérêt des français pour les bobos et petits problèmes de santé. Ça me change de la mentalité anglaise qui grâce à la faillite du NHS, serait plutôt ça passe tout seul ou ça crève. En tout cas, j’irai remercier la pharmacienne, GeekAdo a retrouvé des mains de bébé en deux jours alors qu’il refuse toujours de mettre ses gants.

Amitié: Dès que j’ai une cuisine, je lance les invitations!

Love: il bosse comme un fou pour rattraper les heures de conversations techniques avec le builder, l’installateur de l’alarme, les éboueurs…comme il dit, on n’a plus l’habitude du small talk, ça nous surprend.

Courses: on y va, en espérant que la neige ne posera pas de problème pour le ravitaillement. C’est quoi ces manies de bloquer les routes pour trois millimètres de neige alors qu’on doit aller faire des courses? On se croirait en Angleterre!

Sortie: je déteste la neige. C’est froid, mouillé et glissant. Alors que dedans c’est poussiéreux et en travaux, certes mais chaud et sec.

Envie de: je ne sais pas si j’ai évoqué notre manque de cuisine? On progresse, il y a une chape et un plafond. Avec des câbles qui pendent….rhaaa, je veux une cuisiiiine! A ce stade peut importe à quoi elle ressemble, du moment qu’elle existe.

Pic: beuh…le premier qui me dit oui mais c’est joli, reçoit une boule de neige

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Thursday Thunder: no, it’s not normal

Ce n’est pas parce que je ne suis plus en brexitland que les colères du jeudi vont cesser. Les colères sur le brexit je veux dire, puisque vu mon caractère légèrement pétulant je peux toujours trouver des sujets de contrariété autres. Mais je ne digère toujours pas le brexit. Au contraire même, puisque je ne suis plus rongée par l’angoisse sourde et permanente qu’il me provoquait, puisque je peux comparer la vie en brexitland et la vie ailleurs, je me rends vraiment compte du mal qu’il fait et je suis encore plus en colère. Quand je lis les élucubrations fumeuses et contradictoires qui tiennent lieu de stratégie de négociation au gouvernement britannique, quand je vois leur mépris total pour 3 millions de ressortissants européens et toutes les discriminations sournoises mais déterminées qu’ils glissent négligemment dans n’importe quel projet de loi, quand j’entends les peurs, l’indignation, le dégoût, le stress permanent et les pleurs parfois de ceux qui sont coincés en brexitland, je suis furieuse. Comment peut-on laisse faire? Ce n’est pas normal. La vie des européens telle qu’elle est aujourd’hui en brexitland, ce n’est pas normal. Ça ne doit pas le devenir.

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Ce n’est pas normal d’être bouffé par le stress comme ça, ce n’est pas normal de vivre dans l’incertitude permanente depuis bientôt 20 mois, de ne plus pouvoir faire de projet, de ne plus trouver de job ou de logement, de ne pas savoir si on sera foutu dehors ni quand, d’avoir peur de tout perdre. Tout le temps, sans répit depuis 20 mois et sans qu’on n’y puisse rien. Ce n’est pas normal d’être suspendu aux décisions imbéciles d’une poignée d’excités démagogues et xenophobes qui sont prêts à tout, y compris couler leur propre pays pour s’accrocher au pouvoir. Mais qui vont déjà commencer par désigner d’autres coupables c’est à dire les méchants ressortissants européens responsables de tous les maux. Ce n’est pas normal d’être quotidiennement traînés dans la boue par une presse qui vous rend responsable de tout, de la crise du logement à l’inflation en passant par la ruine du système santé alors même qu’il ne peut pas fonctionner sans son personnel européen. Ce n’est pas normal de ne pas pouvoir sortir de chez soi sans tomber sur des unes de journaux, aux supermarchés, dans les gares, les épiceries de campagne, partout qui réclament au mieux que tous les européens soient déportés. Au pire…je ne reproduirai pas ces infâmes torchons, mais visiblement en brexitland, l’incitation à la haine raciale et l’appel au meutre ne sont plus interdits, en tout cas à certains médias qui étalent complaisamment leur haine devant tous, y compris nos enfants. Et ce n’est pas normal de devoir élever ses enfants dans un tel climat.

Quand je dis au revoir à mes enfants devant l’école aujourd’hui, je ne me dis pas qu’ils risquent encore d’être insultés à cause de leur nom étranger, qu’ils vont encore pleurer parce qu’ils sont les seuls à ne pas être invités aux anniversaires, qu’ils vont être moqués ou pire à cause du lieu de naissance de leurs parents. Non, je me demande si ils ont bien fait leurs devoirs, si la prof d’histoire-géo est toujours malade, si ils n’ont pas oublié leur goûter. Et c’est là que je comprends à quel point notre vie n’était plus normale en Angleterre ces derniers mois. Ce n’est pas normal qu’une gamine de CM1 est plus de notions de géopolitique que bien des adultes parce qu’elle lit et s’inquiète pour son avenir, ce n’est pas normal qu’un ado passe plus de temps sur les sites d’infos qu’à écouter de la musique imbuvable parce qu’il décortique tout en stressant. Ce n’est pas normal que les points Godwin malheureusement justifiés remplacent les blagues débiles dans les conversations d’ados. Ce n’est pas normal qu’un gouvernement fasse subir ça aux enfants de 3 millions de personnes dans l’indifférence totale. Ce n’est pas normal de ficher nos enfants, ce n’est pas normal de déshumaniser et discriminer une catégorie de la population en raison de ses origines. Ce n’est vraiment pas normal et pourtant ça se passe aujourd’hui et dans une démocratie occidentale.

Je mesure aussi l’indifférence totale du reste de l’Europe, ou en tout cas son ignorance. On vit à 45 minutes du tunnel, 45minutes de la frontière donc puisqu’elle est installée de facto de ce côté de la Manche. Et pourtant, les personnes qui m’ont posé des questions n’ont pas la moindre idée de ce que vivent les européens en Grande Bretagne et de leurs angoisses. Ils ont été sidérés quand j’ai tenté d’expliquer qu’on n’est pas rentré chez nous à cause du brexit, on a fuit chez nous à cause du brexit. Il n’y a pas que des conséquences économiques. Il y a des européens déportés, des européens dont on gèle les comptes, qu’on refuse d’embaucher, qu’on insulte impunément dans la rue, au travail, dans les transports, les écoles, des européens fichés, sans recours contre l’état, des européens déjà soumis au hostile environment décrété par le gouvernement britannique. Là, juste à côté, à 45 minutes d’ici. Ce n’est pas normal. Évidemment, en Grande Bretagne beaucoup, y compris des européens se laissent berner par la propagande du gouvernement qui assure que le sort des trois millions est réglé, et que tout va bien youpidoo, tout le monde peut rester avec à peu près les mêmes droits. Pour certains. Et sous conditions (dont celle d’être considéré a priori comme un criminel). Et un tiers ne rentre pas dans les cases. Et ça peut encore changé. Et il n’y a aucune garantie….alors forcément, comment voulez-vous qu’en dehors de brexitland on mesure ce qu’y vivent vraiment les européens?

Mais ce n’est pas normal. Ce n’est pas une vie normale pour ceux qui la subissent, ce n’est normal que le gouvernement britannique agisse de la sorte, ce n’est pas normal que le reste de l’Europe ne soit pas au courant. Alors je vais continuer mes colères brexiteuses, tant pis si je radote, tant pis si je m’énerve toute seule dans le vide. Parce que je ne peux pas me calmer, ce serait accepter, ce serait trouver tout ça normal, banal.

Non, ce n’est pas normal.

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Sufrajitsu

Alors que la Grande Bretagne s’apprête à célébrer le centenaire du droit de vote des femmes, la ministre de l’intérieur Amber Rudd a annoncé qu’elle était pour le pardon des suffragettes, c’est à dire pour que les condamnations pour violences ou désordres publiques que les suffragettes ont reçues il y a plus d’un siècle soient effacées. Ça va leur faire bien plaisir, tiens. Si il y a une suffragette zombie ou fantôme dans l’assistance, je suis sûre qu’elle appréciera. Je sais bien que c’est pour le symbole, mais si vraiment Amber Rudd voulait rendre hommage aux suffragettes, elle pourrait déjà s’attaquer aux discriminations que son ministère fait sciemment subir aux femmes au foyer européennes. C’est un exemple au hasard bien sûr, parmi le monceau de discriminations en tout genre touchant tout un tas de gens que le home office met en place à la vitesse d’un cheval au galop. La comparaison n’est pas dûe au hasard, puisqu’en 1913 une suffragette, Emily Wilding Davidson, se suicide pour protester en se jetant sous le cheval du roi à l’Epsom Derby. Enfin bref, ça me donne l’occasion de revenir sur un détail de la lutte pour le droit de vote des femmes que j’adore.

Pour résister aux violences policières qui étaient un chouïa disproportionnés, scandaleuses débridées quand même, les suffragettes ont eu  l’idée géniale d’apprendre le jiu-jitsu. En 1910, il fallait y penser! Les policiers avaient la main et la matraque plutôt lourdes et les suffragettes en ont eu marre de se faire taper dessus au sens propre (au figuré, c’était visiblement réservé aux députés, hommes donc, qui refusaient depuis 1867 de terminer concrètement un seul débat sur le droit de vote des femmes). Lors d’une manifestation le 18 novembre 1910, 300 suffragettes affrontent des policiers, une centaine est blessée (et arrêtée, il n’y a pas de raison de se gêner à les soigner, une suffragette à terre est beaucoup plus facile à attraper que une qui courre), et deux sont mortes. Sans compter que des passants frustrés sexuels imbéciles se sont joints aux forces de l’ordre pour leur taper dessus aussi. Et policiers comme civils n’avaient pas que la main lourde, ils l’avaient aussi baladeuse. On nage en plein glauque, un instant, je vais m’aérer.

Bref, les suffragettes ont décidé d’arrêter de se laisser faire et de servir de défouloir  à tous les policiers  enragés et les passants obsédés,  et ont commencé à suivre les cours de jiu jistu qu’Edith Garrud (et son mari William. Comme quoi, il y avait aussi des hommes féministes en 1910) leur proposait à l’instigation de Sylvia Pankhurst, leur chef de file. La presse a d’ailleurs inventé le terme suffrajitsu à l’époque. Non seulement on n’avait pas franchement l’habitude de voir une femme se rebeller physiquement contre un homme, sourtout un policier, mais encore moins lui flanquer une pâtée! Les caricaturistes ont beaucoup aimé, et au lieu de se moquer de suffragettes, pour changer un peu, ils ont tourné en ridicule les policiers.

La fille de Sylvia, Emmeline a encouragé toutes les suffragettes à apprendre le jiu-jitsu, pour se défendre contre les violences policières, mais pas que. Comme sa mère était sous le coup d’un mandat d’arrêt, elle se déplaçait de réunion publique en réunion publique protégée par une trentaine de gardes du corps, toutes entraînées au jiu-jitsu et prêtes à en découdre. Elles empêchaient les forces de l’ordre d’approcher et donc d’arrêter Sylvia! Elles étaient prêtes à partir sur un simple appel, n’importe quand et n’importe où pour protéger Sylvia Pankhurst. Elles cachaient matraques et autres objets contondants dans leur robe, faisaient preuve d’une combativité certaine qui leur a valu le surnom d’amazones dans la presse et et n’hésitaient pas à user de tous les stratagèmes possibles. La BBC rapporte que pour la « bataille de Glasgow » (si,si, carrément une bataille) en 1914, la police essayait d’arrêter Sylvia en plein meeting . Ses gardes du corps avaient tout prévu, elles avaient caché des barbelés dans les fleurs  autour de la scène, les policiers se sont empétrés dessus en voulant charger. S’en ait suivi  un pugilat acharné entre 30 suffragettes et 50 policiers. Toujours en 1914, les amazones protégent cette fois  Emmeline Pankhurst, qui fait un discours depuis un balcon londonien. A nouveau, on a assiste à une bataille rangée entre féministes et policiers qui finissent par arrêter une Emmeline camouflée sous un voile et inconsciente à force de coups. Ben oui,  sauf que ce n’est pas elle mais une de ses gardes du corps dévouées qui a pris sa place pendant qu’elle s’échappait, Ahaha!

Les suffrajitsu étaient prêtes  à tout, y compris la violence, pour obtenir le droit de vote. Mais elles ont arrêté  leur mouvement au début de la guerre pour se mettre au service du pays apparament. Et du coup, quand les hommes politiques se rendent  compte en 1918 que pour être élu, il faut un électorat et qu’il a bêtement été décimé dans les tranchées, elles obtiennent enfin le droit de voter. Je ne sais pas si c’est grâce au jiu-jitsu, mais ça a peut-être aidé un peu!

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The philosophical builder

Depuis jeudi, on vit dans la poussière et les courants d’air glaciaux (Littéralement, je suis persuadée d’avoir vu passer Penny avec des stalactites aux moustaches. Ou alors cette abrutie a essayé de bouffer du ciment, c’est possible aussi). On n’a plus de cuisine. C’est à dire qu’on avait une pièce sans four ni plaque, avec des placards préhistoriques et répugnants, maintenant on a juste un trou béant, sans plafond, sans sol, rien. On se nourrit grâce au micro onde et au cookeo branchés dans le salon, on mange dans des assiettes en carton, on fait la vaisselle dans la baignoire…et pourtant, ce n’est pas le pire. J’arriverais très bien à supporter tout ça (oui, bon faut pas pousser non plus, il ne s’agit pas que ça dure des mois) si il n’y avait pas en plus les conversations avec l’ouvrier en chef. Celui qui veut absolument me parler. Constamment. Et ce n’est pas réciproque. Attention, je précise de suite que ce brave homme est vraiment très gentil, dévoué, poli et extrêmement consciencieux. Je suis sûre qu’il nous fera une cuisine phénoménale. J’insiste, il est très bien. Depuis que j’ai découvert qu’il parle vaguement anglais, la communication est même un chouïa plus facile, enfin pas trop non plus. Il faut dire que j’ai de grosses lacunes en polonais ch’ti (et j’ai toujours autant de mal à parler français, ça n’aide pas du tout). Mais ce n’est pas le problème. Le problème, je devrais dire le grosse problèm, c’est que notre builder porte sur lui tous les malheurs du monde. Forcément, c’est épuisant.

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Ce pauvre type se pose des questions existentielles en continu et il tient à me les faire partager. Les conversations commencent toujours comme ça:

-Mââdam, moi avoir grosse problèm…

-et shit de m…euh, oui, qu’est-ce qu’il y a?

Bon, au départ effectivement entre les fausses cloisons, le conduit de cheminée dissimulé et la chape à refaire, il y avait bien des problèmes. Mais ce n’est pas une raison pour me demander mon opinion technique sur la chose. Soyons clairs, je n’en ai aucune. Le builder est aussi désespéré parce qu’on refuse de raser la maison et reconstruire entièrement. Alors que c’est vieux et pas toujours droit. Ce qui nous plait. Il n’y comprend plus rien. On sent qu’il ne dort plus la nuit, ça le mine totalement, voilà qu’on veut conserver le caractère de la maison au lieu de tout moderniser comme des gens civilisés. Mais Mââdam, ça tout vieux. Oui, et c’est très bien comme ça. Il ne dit pas ça pour avoir plus de boulot (visiblement, c’est plus cher pour nous de lui faire rénover plutôt que de construire à neuf), mais pour aider. Lui, il ferait autrement…L’architecte s’en est mêlé. Grosse problèm réglé, le builder suit les plans et garde ses idées décos modernes pour lui. Mais ça ne s’arrête pas là.

-Mââdam, moi avoir grosse problèm: il y aura un dénivelé d’un demi millimètre entre le sol de la cuisine et le carrelage de la salle à manger (je résume, il a déjà fallu 20 minute de considération philosophique sur l’histoire des carreaux depuis le paléolithique pour que j’arrive à comprendre de quoi il était question)

-ça ne me gêne pas.

-ah si Mââdam, ça grosse problèm!

-non vraiment, ce n’est pas grave…

Alors là, c’est carrément la fin du monde, j’ai peur que le pauvre type ne s’en remette jamais. Il a tenté, pour mon bien, avec des trémolos dans la voix de me faire comprendre que ce demi millimètre allait me gâcher la vie, détruire la civilisation, entraîner l’apocalypse et je n’ai rien voulu savoir. Alors qu’il essaie juste, par pur dévouement et malgré les atroces souffrances morales que mon aveuglement lui fait subir de sauver mon âme perdue. Game of throne à côté de la vie de notre builder, c’est du pipi de chat.

-on va aussi changer le sol de la salle à manger, on verra à ce moment là…

-noooooooo, ça pas possible, ça grosse problèm!

Il n’a pas rajouté vade rétro, mais c’était l’idée. Voilà que je passe du statut de victime à celui de démon et tortionnaire de carrelage. Mais ce brave homme ne m’en veut pas, il est juste tout dévoué à la cause et prend sur lui d’essayer de me ramener vers le droit chemin, la lumière salvatrice et le carrelage droit. A ce stade de la conversation, non seulement je suis épuisée, mais je commence à avoir de la peine pour lui tellement il a l’air de souffrir personnellement de mon manque d’intérêt. J’ai eu la présence d’esprit inattendue de lui expliquer qu’on voulait remettre un pas de porte en bois comme il y a dû en avoir un. Ça l’a calmé d’un coup. Le grosse problèm est résolu mais on est passé à côté d’une déflagration planétaire. C’est une très bonne idée, il la replacera. Je n’ai pas osé lui dire que c’était plus pour conserver le caractère de la maison que pour régler ses grosses probléms techniques, je n’ai pas voulu l’affoler.

J’ai cru que il allait repartir aider ses manœuvres à finir la chape, mais il y avait encore un grosse problèm. F*ck…euh, oui? Il doit installer au sol un câble électrique qui alimentera la plaque sur l’îlot (ça lui plaît, c’est très moderne). Ok…Et donc, il le met là, bien au milieu du futur îlot ou 2 centimètres plus loin, côté plaque? En sachant que ça ne change rien et que ça ne se verra pas. La position du câble, ça grosse problèm existentiel, lui explique à moi. Rhaa, je n’en peux plus…

Bref, je suis épuisée. Et ça ne fait que 4 jours que les travaux ont commencé. Je ne devrais pas me plaindre d’avoir un builder qui a une conscience professionnelle aussi développée qu’il se pose de grandes questions philosophiques à chaque étape et s’investit personnellement autant (en tout cas, sa santé mentale a l’air d’en souffrir énormément) mais j’en frémis d’avance en pensant qu’après la cuisine, il attaque le premier. Il a déjà repéré un grosse problem, avec le plafond d’origine de notre chambre qui n’est pas parfaitement lisse. Mais c’est du solide. Bon très bien, on va le laisser tranquille alors ce plafond. Mais mââdam…

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Sunny Monday #5

Je me suis demandé pourquoi Bernie avait choisi rouge pour février…parce que je l’associe automatiquement à Noël! Après d’intenses réflexions, je me suis dit que ça avait peut être un rapport avec la saint Valentin, tout ça. Du coup je vous mets une photo du grand amour de L’Ado, à savoir Arsenal. Qui joue en rouge. Je suis doublement dans le thème! J’ai déjà parlé plusieurs fois des gunners (Arsenal pour les intimes) que L’Ado vénère littéralement. D’ailleurs, il n’habite pas loin de l’Emirates Stadium et va voir religieusement tous les matchs qui sont dans son budget d’étudiant, c’est à dire une poignée de rencontres de troisième zone par saison, mais c’est déjà ça. Le reste du temps, comme tous les supporters fauchés qui ne peuvent pas se payer un abonnement annuel (en même temps, ça vaut des sommes démentielles), il suit les rencontres d’Arsenal dans un pub près du stade, pour noyer son chagrin à coup de pintes à chaque défaite rester dans l’ambiance.

Bonne semaine à tous!

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Parenting with teenagers top 10

Je suis épuisée rien qu’avec le titre, c’est dire à quel point ce top 10 va être éprouvant nerveusement…ce top 10 date de L’Ado, c’est une rediffusion (je peins des lambris en mauve là, à la demande de PrincesseChipie, j’ai une vie trépidante), mais il est toujours d’actualité. Doublement, voire triplement puisque L’Ado refuse de sortir de l’adolescence, GeekAdo est en plein dedans et KnightyDiva commence sérieusement à participer. Je ne veux pas faire peur aux parents de jeunes enfants mais vous allez y passer aussi. C’est d’autant plus incompréhensible et difficile à vivre quand on est fermement persuadé d’avoir toujours 15 ans. Comment peut-on brutalement se retrouver propulsé dans la catégorie vieux croûtons has been par un boutonneux ingrat? Mais il y a aussi des bons moments!

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10-Un Ado a un rythme de vie assez particulier, entre la marmotte et la momie égyptienne, bref, il dort une grande partie de la journée. C’est toujours ça de pris.

9-Toujours selon le même principe, il est scientifiquement prouvé qu’un ado ne se réveillera jamais tout seul et à l’heure. Ça vous permet de faire des tas d’expériences rigolotes pour le tirer du lit. On a testé la trompette, la guitare, la cloche, et les cris stridents d’un bébé. Si ça ne marche pas et que vous tenez absolument à réveiller la chose, on peut passer à l’attaque d’un fauve (Capucine toutes griffes dehors et très énervée, jetée directement sous la couette), le verre d’eau dans la figure et le plus efficace, les ciseaux qui s’approchent lentement des mèches grasses sur la tête du monstre: devant la menace de finir coiffé comme un épi de maïs plutôt que comme une serpillère usagée, L’Ado bondit du lit comme un ressort, en faisant voler la chatte, le verre d’eau et la trompette.

8-Si vous rêviez de devenir archéologue, vous allez pouvoir assouvir votre passion en rangeant la chambre de votre ado. Il y a des strates de trucs inidentifiables, qui se fossilisent doucement sous le lit, des reliefs de repas qui germent un peu partout: après analyse, ça vous permettra de dater la chose et de tout connaître sur l’alimentation de l’espèce ado. Par exemple, ce truc gluant là, c’est un relief de pizza chorizo-nuggets-confiture de fraises.

7-Si votre passion, c’est plutôt l’anthropologie, pas de souci, un ado vous permettra de jouer à Claude Levi-Strauss sans quitter la maison! Parce que les ados se regroupent en tribus, avec chacunes leurs règles et accompagnement musical. Vous avec les pops, ou les gros nuls selon mon fils, qui sont en plein revival des années 80, avec maquillage fluo et coiffures butagaz ou l’inverse, les Goths, qui sont en plein revival des années 80 avec les mitaines noires et les coiffures à la Cure, les rocks qui sont en plein…oui bon, en fait, c’est toujours les mêmes. Mais il n’y a aucune raison que votre ado reproduise ce que vous faisiez. Et même si c’est le cas, il le fera moins bien, c’est évident. Demandez à Marichéri, il vous expliquera: ce gamin est nul, c’est moi qui lui ai tout appris en musique et les converses, c’est vraiment pas cool par rapport au Rangers. En plus, il n’a même pas d’épingle à nourrices…il ne sait pas être jeune, je vais lui montrer.

6- Un Ado, c’est écolo! Je ne veux pas dire que votre gamin sera forcément en croisade pour sauver la planète, les pandas (qui sont cools), les cochons dindes angoras ou toutes autres choses, mais qu’il va vous aider niveau tri des déchets. Parce qu’ un ado mange absolument tout ce qui est plus ou moins comestible dans un rayon de 15 mètres de son centre névralgique, sa chambre. C’est génial, plus de reste, et beaucoup moins de gaspillage de nourriture et de poubelles à sortir! L’Ado, il n’y a plus de place dans le frigo, tu peux finir les rillettes, le ketchup et le raisin? Il peut. En sandwich, tout ensemble.

5- Pour ceux qui ont peur des effets du vieillissement, (pas moi, je rappelle que j’ai 4 ans et demi), avoir un ado permet à la fois de tester son audition et sa vue. Comme la chose s’exprime par grognements de sanglier asthmatique, il faut avoir l’oreille fine pour faire la différence entre « j’ai perdu ma chaussure gauche à l’arrêt de bus » et  » j’ai fini les spaghetti de hier midi ». Pareil pour la vue, si vous allez chercher votre chérubin à la sortie de l’école, il prendra sur lui de se fondre le plus possible dans la masse d’ados gluants qui s’écoule par le portail du lycée. L’identifier là dedans, c’est pire que trouver Charlie!

4-Un Ado vous permet de révisez vos connaissances scolaires, surtout en math et en sciences. Comme dit Maricheri, on sait qu’on sait faire, c’est juste qu’on ne sait plus faire. C’est très clair.

3- Un ado, ça met de la joie dans les tâches ménagères. Avant, vider le lave-vaisselle, c’était monotone. Passer l’aspirateur, c’était très peu festif. Avec un ado, la moindre chose devient une grande tragédie, un soap captivant, une œuvre philosophique majeure. Comme un ado est toujours à la recherche d’argent de poche pour couvrir les essentiels (un nouveau casque pour son iPhone, un t-shirt de son groupe préfère, une chaussure gauche…), il vous aidera dans la maison, au prix de grognements inventifs, de râles mélodieux d’où il ressort que vous êtes des esclavagistes, fascistes, capitalistes, sans coeur et esclavagistes (si, si, deux fois, c’est dire!).

2-Un ado, ça fait voyager dans le temps. Vous n’imaginez pas à quelle vitesse, face à la mauvaise foi d’un ado qui prétend que sa chaussure gauche s’est enfuie toute seule, que le frigo se vide par enchantement, que les profs sont des fascistes qui font exprès de donner des devoirs en cachette (rayer les mentions inutiles), vous allez vous retrouver dans votre propre adolescence. C’est juste que bizarrement, cette fois, vous jouez le rôle de vos parents.

1-Un ado, c’est rigolo. C’est une source d’amusement inépuisable. Je viens de passer une bonne dizaine de minutes à le chambrer à propos d’une sombre histoire de saucisse, il part au quart de tour, j’en ris encore. On peut aussi faire des blagues désopilantes sur leur vie sentimentale, leur faire des frayeurs en prétendant téléphoner aux profs, leur faire croire qu’on coupe leur argent de poche ou qu’on donne leur iPhone à une association de sans abris. Non, je ne suis pas une mère ignoble, mais quand on a des ados dans la maison, il faut bien des compensations!

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Project 52 #5

Cette semaine, je vis carrément le thème choisi par Ma‘ puisque c’est pastel, et que la poussière ambiante rend tout extrêmement pastel dans la maison. Les ouvriers ont beau faire une pose pour le week-end, la poussière est toujours là. Enfin bon, vu qu’on vit dans un chantier, mais avec la wifi maintenant, je suis retournée dans les archives pour une jolie chapelle dont les couleurs passées sont dans le thème, sans poussière.

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Friday Feelings #149

Je n’ai plus l’excuse du décalage horaire pour expliquer mon léger retard pour les états d’esprit de Zenopia et Postman. J’ai même internet maintenant…mais j’ai aussi un trou béant où il y aura une cuisine, de la poussière partout, des ouvriers qui parlent franco polonais avec l’accent ch’ti et qui insistent pour me poser des questions sur le treillis de la chape (ou la bouillie du chaton, je n’ai pas bien saisi), bref, je suis débordée. Le fouillis dans la cape? Le tournis du chalet? Le brouilly dans la carpe? Ça a un rapport avec le carrelage tout ça?

Fatigue: un peu, mais ça va.

Condition physique: poussiéreuse

Humeur: brumeuse, mais c’est la poussière.

Estomac: il est très inquiet, on survit grâce au micro ondes branché dans le salon. Heureusement, la boulangerie est tout près.

Boulot: il faut déjà penser aux plans de la salle de bain. Première chose, virer la moquette mutante.

Message perso: j’aurais bien fait des photos, mais on a condamné les portes de la cuisine en collant autour de grandes bâches et je refuse de sauter par la fenêtre.

Avis perso: le tapis de la charge? Le tamis du chameau? Je sens que je m’éloigne du sujet…

Culture: ahah, j’apprends des tas de nouvelles expressions. Le tréfonds de la nappe? Le trépied du chariot? Le tremplin du chat? C’est un terme technique dans l’industrie du bâtiment. Si. Le Tréport en chaleur?

Loulous: L’Ado a décidé d’attendre que les travaux de la cuisine soient finis pour revenir, le lâche. Il a fait ses demandes Erasmus et attend devoir où il va atterrir l’année prochaine. C’est important de bien choisir. Sinon, je n’ai pas encore visite Salamanque alors que Madrid oui. Je dis ça comme ça…GeekAdo commence à trouver doucement ses marques au lycée, mais il a encore du mal avec l’organisation. Il trouve que ça manque de logique. Il pense aussi être trop juste pour le bac de français. Mais comme il a sauté une classe en arrivant ici, il fallait s’y attendre. Il rit toujours autant en cours d’anglais par contre. KnightyDiva s’éclate totalement. Je ne sais pas ce que ça va donner au niveau des résultats scolaires, mais elle adore le collège français. PrincesseChipie était ravie aussi, hier il y avait piscine, et c’était une piscine couverte et chauffée! Ça n’a l’air de rien, mais pendant 4 ans de primaire anglais, elle a fait natation en extérieur, été comme hiver. Et j’étais la seule maman à trouver ça scandaleux. Wizzboy refuse toujours de speak la France parce it’s too difficile. Tu as dit un mot français Wizzboy. Nooo, I did not dire la France!

Divers: ou alors je pars complètement sur une fausse piste, si ça se trouve c’est juste le trémolo du chapon? Cela dit, c’est agréable de pouvoir demander à quelqu’un d’où il vient sans qu’il y ait d’arrière pensée négative ni d’un côté ni de l’autre. Depuis 18 mois, cette question avait perdue de son innocence et était trop souvent le prélude à un « go back where you come from »…du coup, j’ai hésité fortement avant de la poser alors que je le faisais naturellement avant le brexit, parce que ça m’intéresse vraiment de connaître l’histoire des gens. J’ai tenté timidement en me justifiant et notre ouvrier non seulement l’a très bien pris mais en a profité pour me parler de sa sœur en Angleterre. Voilà. Demander à quelqu’un d’où il vient est une question banale pour entamer une conversation ici, ce n’est pas un début d’agression comme en brexitland. Ça n’a l’air de rien, c’est un détail mais qui participe à tout un état d’esprit .

Amitié: on va pouvoir en renouer IRL d’anciennes qui étaient devenues virtuelles avec les années et l’éloignement et ça fait très plaisir.

Love: il a un talent inné et jusqu’à présent caché pour communiquer en polonais ch’ti. Je suis béate d’admiration. Et donc, il est formel, ce n’est pas le travers de la chope.

Course: le traiteur avec ses plats à réchauffer au micro onde est un ami. En tout cas, il nous reconnaît déjà très bien. La boulangère aussi qui suit avec passion l’état d’avancée des travaux. Pour la poussière, de toute façon il n’y a rien à faire, elle a fait abattre une cloison le mois dernier et elle en trouve encore partout. Me voilà rassurée.

Envie de : moins de poussière

Sortir: c’est une très bonne idée, il pleut certes, mais il y a beaucoup moins de poussière dehors.

Pic: à la demande générale de Zenopia…je n’ai pas pu prendre les colonnes fushia, sinon on voyait ma tête dans le miroir. Le tissu au dessus est en relief, avec des fils dorés. Voilà. Encore trois semaines à se doucher dans le noir sans allumer la lumière pour ne pas cauchemarder devant le décor.

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