Thursday thunder: la fête des bonniches…


…Aussi connue sous le nom de fête des mères. Je n’avais pas piqué de colère depuis le confinement, ça ne me paraissait pas approprié, et puis j’ai bondi ce matin en attendant une pub à la radio. Une pub pour un robot pâtissier à offrir évidemment pour la fête des mères, parce que ces pauvres mamans ont bien besoin d’aide depuis qu’elles cuisinent en continu pour nourrir leur petit mari et leurs gosses en plein confinement. Aaargggh!!!!

Trente secondes de recherche sur Google, je n’ai pas su laquelle choisir…

Déjà, les femmes célibataires ou sans enfant (du tout ou à domicile), ont fait comment, elles se sont laissées mourir de faim par inadvertance: n’ayant pas à remplir le rôle pas du tout réducteur de mère nourricière, elles n’ont pas pensé à cuisiner pour elles-mêmes? C’est ballot alors. Et les hommes? Ils ont dépéri, perdus, en errant lamentablement dans leur cuisine sans savoir quoi faire? Ou alors ils sont allé chasser le mammouth laineux à main nue sur les parking de supermarché, et ils l’ont déchiqueté tout cru, en mordant dedans? Non mais c’est quoi ce délire? Alors je ne dis pas, depuis une certaine paella finie par le chien du voisin qui s’est dévoué (cette bête était admirable), je préfère effectivement que Marichéri ne cuisine pas. Mais c’est plus une question d’instinct de survie que de clichés sexistes…je sens que je m’éloigne du sujet…

Je précise que je n’ai rien contre la fête des mères en soi (quoique…mais c’est un autre débat), je pousse tous les ans des cris d’admiration béate devant des œuvres paillettées de mes enfants, je suis émue quand L’Ado me jette dessus un paquet de bonbons en grommelant « ouais meuh, bonne fête, tu vois, non mais coin » et je fais toujours un cadeau à ma maman. Des places de spectacle (Bon, cette année, c’est raté), un tableau, un livre sur le féminisme, ce genre de chose… jamais une serpillère ou un fer à repasser. C’est pas possible les sombres connards (et connasses, ne soyons pas sexistes, nous) qui pondent les promos fête des mères dans les grandes surfaces sont tous orphelins ou quoi? Ils ont un compte à régler avec leur mère? Elle les a inscrit au judo ou au foot quand ils étaient petits alors qu’ils voulaient aller au club « machisme et consumérisme » et ils leur en veulent à vie? Elle les obligeait à finir leurs endives bouillies? (Bon là, d’accord c’est carrément de la maltraitance). Sérieusement, c’est quoi leur problème à ces gens pour qu’ils confondent fête des mères et faites la lessive?

C’est merveilleux, on apprend donc à nos gamins le plus tôt possible que leur maman n’est bonne qu’à faire à bouffer, à passer la serpillère et repasser. Que ce n’est évidement pas leur papa qui peut faire tout ça. Les pubs de fête des pères sont d’ailleurs aussi débiles et sexistes, avec leurs perceuses et autres tondeuses (tiens, si je croise un publicitaire il faudra que je lui explique, chez nous le fer à repasser sert à Maricheri et c’est moi qui utilise la ponceuse. Ni l’un ni l’autre n’étaient des cadeaux). Mais revenons à la fête des bonniches mères. C’est merveilleux, rien n’a évolué depuis les années 50, les publicitaires sont toujours persuadés que la place d’une femme est dans la cuisine. Non seulement c’est d’un sexisme arriéré puant, mais ça donne quelle image des relations parents-enfants? On aime nos parents non pas pour ce qu’ils sont mais pour ce qu’ils font matériellement pour nous, c’est ça? Parce que ces pubs s’adressent aussi à nous, adultes qui devrions donc offrir une friteuse à 50% à nos mamans plutôt que de nous intéresser à leurs goûts et leurs passions et essayer de leur faire vraiment plaisir ( bon évidemment, si votre maman est passionnée par les frites, ça passe). On se contrefiche de ce qu’une maman apporte comme amour, éducation, souvenirs et j’en passe à son gosse, du moment qu’elle remplace gratuitement la femme (ou l’homme) de ménage, c’est ça? Je vais mordre.

Je précise aussi à toute fin utile que le premier ou la première qui songerait un jour à m’offrir un mixeur ou un aspirateur se le prendra dans la gueule. Avec tout mon amour maternel bien sûr.

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2 commentaires pour Thursday thunder: la fête des bonniches…

  1. carrie4myself dit :

    C’est dingue comme le confinement n’a rien change a leur cerveau!!!!

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  2. Anonyme dit :

    Pour illustrer le dernier paragraphe, regardez donc le générique de « Why women kill »…

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