Wizzboy a repris l’école lundi, après deux tests négatifs et une forme toujours olympique. Il n’y a pas grand monde à la sortie en ce moment, ça a comme un air de pré vacances et certains parents se dévouent pour amener divers jouets et moyens de locomotion pour faire plaisir à leur progéniture à 16h30. Alors, c’est très gentil de leur part, mais ça a donné des idées à Wizzboy, qui veut qu’on amène aussi sa trottinette, parce que c’est indispensable pour aller du portail de l’école à la voiture 20 mètres plus loin… mais bon, je ne suis pas sûre, ça a l’air très dangereux, cette histoire d’après les hurlements indignés d’un de ses camarades, qui ont fait se retourner tous les parents:
Ça y est, la récolte des trottinettes est en marche! On ne s’en méfie pas assez, alors que les trottinettes sont clairement sauvages et assoiffées de sang…imaginez si la trottinette a la rage? Le gamin était très contrarié en tout cas, mais moins que son père qui essayait de le faire taire et de passer inaperçu, en pure perte. De toute façon, ça aurait été dommage de ne pas laisser ce gosse au sens de l’exagération délicieux, s’exprimer, je l’ai trouvé très sympathique et je suis de tout cœur avec lui. A bas les trottinettes mordantes!
Pendant que les enfants sont à divers stades du covid, entre ceux qui l’ont eu et sont guéris, celle qui est encore en plein dedans, ceux qui résistent toujours, j’ai décidé de faire originale et d’avoir la grippe (on a vérifié. Plusieurs fois). Ce qui confirme ce que pense Princessechipie, sa mère est totalement incapable de suivre la mode. Afin bref, je suis un peu vaseuse et débordée, du coup je ressors (sans aucune raison précise hormis le fait que ça m’amuse), ce qu’il ne faut pas dire à un anglais en France. Tout est du vécu, comme mon top 10 sur ce qu’il ne faut pas dire à un français en UK (c’est là): c’est l’avantage d’être à cheval entre deux cultures et deux pays, on se tape deux fois plus de clichés!
10- « tu viens de quel arrondissement de Londres? » est le pendant exact de « where in Paris are you from? « . C’est tout aussi énervant. Alors déjà, il n’y a pas d’arrondissement à Londres mais des Boroughs. Pourquoi voulez-vous que les anglais ou qui que ce soit d’autre reproduisent le système administratif français? Et il y a une vie hors de Londres. Il y a même 56 millions de britanniques qui ne vivent pas à Londres, c’est fou ça.
Les boroughs de Londres
9-« tu as déjà rencontré la reine, William-and-Kate, Harry (rayez la mention inutile)? » Mais carrément, on est pote, Lizzie passait nous faire coucou tous les matins.
8-« c’est vrai que tu manges des saucisses et des haricots sucrés au petit déjeuner? » alors déjà non, on n’a pas le temps, mais sinon effectivement, un full English beakfast contient des saucisses et des haricots blancs à la sauce tomate sucrée. Et du bacon, des œufs, du boudin, des potatoe waffles, des hash browns…ça y est, j’ai faim. Parce que c’est très bon mais on n’en mange pas tous les jours, sauf à être un touriste en vacances qui teste tous les Bed and Breakfast de l’Angleterre.
7- » ça doit te faire drôle de voir du ciel bleu! ». Ahaha, quel humour. Ou pas. Non, il ne pleut pas tous les jours en Angleterre. C’est bien simple, en arrivant d’Irlande, on a trouvé qu’il faisait positivement caniculaire et sec en Angleterre.
6- « aah, l’excentricité anglaise! » dit avec un faux enthousiasme et un vrai air dégouté. Alors peut-être que les anglais sont excentriques, mais au moins, ils ont de la personnalité, et se moquent de l’opinion des autres comme dans leur premières doc Martens à fleurs. C’est un exemple au hasard.
5- « vous vivez comme dans Downton Abbey? » Absolument. Tous les anglais sont soit domestiques soit châtelains et c’est bien connu, il y a un trou dans l’espace temps sous la Manche: on remonte dans le temps en passant sous l’eau.
4-« ça doit vous faire plaisir d’enfin pouvoir manger quelque chose de comestible? » C’est clair, les anglais dépérissent et ne se nourrissent jamais sur leur île maudite gastronomiquement parlant. Sauf que non en fait. Je ne reviendrai pas sur les scones, les shortbreads, les muffins mais aussi le stilton, les saucisses, le bacon, les casseroles…
3- « tu bois que du thé et de la bière, hein? » bien sûr, comme tous les anglais. Dès le biberon, c’est exclusivement thé et bière. Ou pas.
2- « j’adooore ton accent, tu fais exprès de parler comme Jane Birkin (ou n’importe quelle célébrité anglo-saxonne s’exprimant en français)? » Réponse de ma fille: j’adoooore quand on me fait remarquer comme ça qu’en fait, je parle mal français.
1-on termine non pas par une réflexion, mais un réflexe. Je rappelle donc que mes enfants sont anglophones de naissance. L’anglais, c’est leur langue maternelle même si ce n’est pas la mienne. Et bien depuis qu’ils sont en France, ils ne comptent plus le nombre de fois où quelqu’un, avec autant arrogance aveugle que d’absence totale de logique, a voulu leur traduire des paroles d’une chanson anglaise, leur apprendre à prononcer le nom d’une célébrité Anglo saxonne ou leur expliquer un texte en anglais en étant persuadé de savoir mieux qu’eux et vous allez voir, je vais montrer. Ça peut vous étonner, mais les anglais parlent mieux leur propre langue que les français, ils n’ont pas besoin que vous leur traduisiez, et non, vous n’avez rien compris. C’est encore plus gênant quand ça vient d’un prof d’anglais…
Pour finir le thème du mois du défi de Bernie, je persiste avec des animaux blancs, et pour faire ma landaise, j’ai choisi des canards! Pourtant, ceux là sont anglais et ne courent pas le risque de finir en foie gras, même si ils profitent bien des graines lancées par les visiteurs.
Le thème choisi par Ma’ cette semaine m’a posé problème…je ne sais pas où c’est exactement, chez moi. Où je suis née? où j’ai grandi? en Irlande? en UK? où on habite maintenant? On va dire ça, « où on habite maintenant », c’est ce qui fait le plus de sens. Bref, il faut que je montre un bout de la maison du petit requin …sauf que je l’ai déjà fait, plusieurs fois.
Je cogitais désespérément et en pure perte depuis un bon moment quand je me suis soudain rappelée que je fais quand même partie du comité historique du village et que j’ai toute une série de vieilles cartes postales sur clé USB. J’ai foncé et oui, il y a notre rue! Chez moi, c’est juste là à gauche, derrière la charrette. On ne voit pas qu’un bout du mur de clôture qui a presque disparu et nous sépare maintenant du parking du stade de foot mais on est toujours les derniers de la rue, avec un champs derrière. Et j’aime beaucoup la maison du petit requin et son histoire.
Le vendredi, c’est états d’esprit, imaginés par ma copine Zenopia
Fatigue: au moins, quand on s’isole, on n’a pas besoin de se lever pour aller à l’école
Condition physique: negative. Et pour une fois, c’est une bonne chose.
Humeur: très contrariée par le « protocole » sanitaire qui a donc permis à trois de mes enfants (ceux qui vont au primaire, collège et lycée, comme par hasard et qui n’ont pas eu de troisième-de deuxième même dans le cas de Wizzboy- dose) d’attraper le Covid.
Esprit: grrrr!
Estomac: du coup, comme on est coincé dedans, on se venge sur le chocolat…
Boulot: je ne fait rien à part l’école à la maison. Dans la joie et la bonne humeur, à peu près.
Culture: le son K, ça compte?
Avis perso: si la pharmacienne achète une villa en bord de mer, ça sera probablement grâce à nos achats d’auto tests par quintaux.
Message perso: félicitations pour tes résultats!
Loulous: L’Ado et GeekAdo se sont isolés aussi, par précaution, mais ils sont négatifs. On les a testé presque tous les jours. Mangagirl a beau être positive, elle va très bien et elle n’est pas du tout déçue d’avoir loupé l’évaluation de sport. Princessechipie a rangé ses moqueries et ses sous entendus le deuxième jour, quand son test à J+2 est devenu positif aussi. Wizzboy, le premier touché, est dans une forme olympique et comme il s’ennuie dans sa chambre, il déborde d’énergie. Cela dit, je préfère les voir comme ça, il faut bien avouer que j’ai bien plus stressée qu’eux devant leurs tests.
Divers: sur les conseils d’une copine, je songe à rajouter laborantine sur mon CV, à coup de 7 auto tests pratiqués sur la famille par jour, ça le fait.
Amitié: d’ailleurs, merci pour tous vos messages!
Love: avec tout ça, il a failli oublier de poser des vacances!
Penser à: autre chose, n’importe quoi, mais plus le Covid!
Envie de: voir au dessus
Pic: Marcel continue à s’interroger sur les possibilités d’une carrière musicale
Pour illustrer mon billet sur les 4 ans de notre brexodus, j’ai cherché une image adéquate et je suis tombée sur le site d’une boutique en ligne spécialisée dans les accessoires pour anniversaires. Pourquoi pas, c’est une activité comme une autre, certains ont commencé comme ça et ont même fini par caser leur fille chez les Royals (pour ceux qui se demandent comment les parents de Kate Middleton ont financé sa rencontre presque pas arrangée avec William). Mais j’ai vite tiqué en tombant sur les deux rubriques : anniversaires filles, toute en rose, et anniversaires garçons, toute en bleue. Ah.
Je ne mets pas de lien volontairement pour ne pas faire de pub à un site qui pense qu’à un an, un bébé fille et un bébé garçon sont déjà à enfermer dans des clichés pas du tout rétrogrades. Vous croyez quoi? Que les bébés filles n’explosent pas leurs couches comme les bébés garçons? Que les bébés ne pleurent pas pareil, ne bavent pas pareil, ne font pas leurs dents pareil, qu’ils aient un chromosome Y ou pas? C’est quoi ce délire? A un an, un bébé se contrefout de la couleur des vêtements dans lequel il ou elle vomit sa purée d’épinards! A un an, un bébé n’est pas plus attiré/e par une poupée qu’une petite voiture et va de toute façon essayer de bouffer les deux, après s’en être servi de marteau pour tenter d’agresser le chat. Qui sont les adultes qui éprouvent le besoin de sexualiser de la sorte des bébés de un an, et est-ce qu’ils ont pensé à consulter? J’étais déjà énervée, j’aurais dû me retenir, mais ça a été plus fort que moi. J’ai cliqué sur la rubrique suivante et là, j’ai failli en lâcher mon iPad, d’effarement. Rhaaa.
Donc en 2022, les garçons fêtent leurs anniversaires pendant que les filles sont girly, parce qu’elles sont tellement idiotes, qu’il faut bien répéter en plusieurs langues qu’elles sont des filles. Et qu’elles ne peuvent se rêver qu’en princesse, de préférence de chez Disney, pour être bien sûres de cocher tous les clichés sexistes et niais, et tout ça avec du rose et des paillettes dégoulinantes de partout bien sûr. Les garçons peuvent pendant ce temps, s’imaginer en sportifs, en super héros ou en aventuriers. Tout va bien. La petite fille qui veut devenir astronaute ou joueuse de foot, on lui interdit de fêter son anniversaire? Le petit garçon qui aime les fleurs, les licornes et rêve de devenir pâtissier, on l’oblige à se déguiser en Batman-bûcheron? Non mais c’est vrai ça, ils se croient tout permis, ces gosses, à vouloir s’amuser selon leurs goûts et leurs envies du moment alors que les adultes savent mieux qu’eux ce qui est bien pour ne surtout pas déranger les clichés sexistes! Imaginez’ si ça donnait des idées aux petites filles et si elles se mettaient à avoir des ambitions, à ne pas vouloir être des potiches?
Pour ses 4 ans, et à sa grande honte aujourd’hui, Mangagirl a voulu un anniversaire de princesses. J’étais horrifiée, mais je me suis empressée d’organiser ça pour lui faire plaisir. Un troupeau de cendrillons, blanches-neige et assimilées a débarqué chez nous, avec au milieu, une gamine déguisée en pirate. J’ai adoré. L’année suivante, Mangagirl a demandé une chasse au trésor en extérieur. Plusieurs enfants sont quand même venus déguisés, dont un invité, en princesse. J’ai tout autant adoré.
Il fait froid, autour de zéro, humide, le ciel est blanc depuis plusieurs jours…bref, ça parlait neige sur le marché samedi matin. Comme Wizzboy n’était encore que cas contact négatif, on y était et on a pu profiter des lumières météorologiques d’un charmant couple de centenaires (à peu près…). D’après eux, c’est un temps à neige ça, mais avec la météo de maintenant, on ne sait plus. Eh oui. De toute façon, j’ai appris ébahie, que si il neigeait, ça serait de la mauvaise neige parce que:
Mais maintenant, on n’en a plus. Allons bon, voilà qu’il y a de la mauvaise neige et de la bonne neige…Ça marche comment, c’est comme les chasseurs ? (Oui, j’ai des références qui datent moi aussi, arrête de te moquer, L’Ado!). On n’a pas réussi à savoir, ils finissaient de remplir leur panier et partaient, mais ils ont quand même eu le temps d’expliquer que c’est la faute à tous ces machins modernes là, les choses de l’informatique et tout ça… Wizzboy était prêt à leur expliquer le réchauffement climatique, il en a parlé à l’école, mais ils s’éloignaient déjà, bringuebalants et cramponnés à leur panier.
Je crois que je comprends un peu ce qu’ils voulaient dire, mais la façon de le faire m’a amusée. Depuis, je regarde mon iPad avec suspicion, et si il en sortait soudainement de la mauvaise neige? C’est inquiétant.
Avec l’instruison du Covid dans le monde depuis deux ans et chez nous depuis deux jours (je rassure ceux qui s’inquièteraient, les deux touchés pour l’instant, Wizzboy et Mangagirl, sont asymptomatiques), j’ai failli oublié un anniversaire. Ça fait 4 ans qu’on a déménagé, quitté Brexitland pour le pays des chti. J’ai du mal à me dire que ça fait déjà 4 ans, mais les deux dernières années ont été tellement WTF pour la planète entière que c’est probablement normal de perdre un peu la notion du temps.
Il y a 4 ans, j’écrivais que je me sentais légère d’avoir quitté Brexitland. Je savais que le brexit me rongeait la vie, m’étouffait, m’enfermait dans une colère et des angoisses permanentes, mais je ne me rendais pas compte à quel point. J’ai eu d’abord l’impression de me retrouver en quittant cette Angleterre qui me faisait si peur, mais j’ai peu à peu perdu ce sentiment de soulagement intense. En relisant ce que j’écrivais, je me rends compte que tout n’est pas parfait, que je stresse encore énormément, que la pandémie n’aide pas (ni l’actualité en général), mais que c’est sans commune mesure avec les angoisses qui me dévoraient 24/7 avec le Brexit. Il ne domine plus ma vie, ne monopolise plus mes nuits, ne m’étouffe plus. Et après 4 ans, je continue à me sentir plus légère, libérée de ce Brexit.
En fait, je chouine, je stresse, je me noue la cervelle sur des petits rien, j’ai des angoisses nocturnes qui me coupent le souffle en plus du sommeil, j’hypocondrie (du verbe hypocondrier bien sûr…je regrette l’anglais et sa souplesse linguistique, tiens), mais c’est mon état normal! Je gère (Maricheri, pas la peine de rire!). C’est ma routine. Alors que ça avait atteint des proportions maladives, au sens propres, en brexitland. Rien que pour ça, malgré la situation sanitaire et l’état du monde, je me sens toujours infiniment plus légère, c’est juste que j’oublie parfois de m’en souvenir.
Certes, je n’aurais jamais imaginé qu’on partirait d’Angleterre, surtout comme ça. Je regrette toujours l’Angleterre d’avant qui n’existe plus et je me demande parfois, toute surprise de me retrouver là, ce qu’on fait ici. Mais je suis toujours persuadée que c’était la bonne décision. Alors happy 4th anniversary à notre déménagement!
Je continue mon thème dans le thème avec des animaux blancs pour illustrer le défi de Bernie. J’aime beaucoup les alpacas, je trouve qu’ils ont un air tres sympathique!
Pour illustrer le thème choisi par Ma’ cette semaine, je reprends une photo que j’avais déjà mise sur FB mais pas ici. On n’a eu chance de tomber en plein mariage traditionnel dans un village des landes cet été, et il y avait une « mayade » devant la maison des mariés. Il s’agit de pins coupés et décorés qu’on plante devant la maison de quelqu’un qu’on veut fêter ou honorer, pour un anniversaire, un départ à la retraite, un diplôme, une naissance, une promotion…et donc pour un mariage. Il y a un mai pour chacun des mariés et la couronne au milieu symbolise les noces.