Le vendredi c’est états d’esprit, imaginés par ma copine Zenopia.
Fatigue: pas trop…on sent que Wizzboy grandit, il a arrêté de vouloir se lever à 5 h du mat quand il est en vacances.
Condition physique: on a fini l’entrée et le couloir, j’ai mal partout, mais je suis ravie du résultat.
Humeur: Halloweenesque bien sûr.
Esprit: boooooh!
Culture: avec tout cette activité, on n’a pas encore été au cinéma!
Boulot: rien à dire de mieux que la semaine dernière,
Avis perso: les estaminets, c’est très sympathique.
Message perso: bon courage pour la reprise.
Loulous: L’Adulte communique plus avec ses frères et sœurs depuis qu’il ne vit plus avec. Il veut tout savoir alors qu’il a passé des années à s’en moquer éperdument. GeekAdo sera en vacances ce soir, il n’a qu’une semaine. C’est un scandale, les étudiants qui ont repris fin septembre, auraient dû avoir deux déliés comme les écoliers. Ahaha. Mangagirl a reports son rythme habituel quand il n’y a a pas école et ne se lève pas avant midi. Princessechipie et Wizzboy font des bricolages d’Halloween et même de Noël. Il faut être sûr d’être prêt à temps.
Amitié: vivement qu’on se voit IRL!
Love: il profite encore un peu des vacances.
Penser à: retrouver ma cuillère crantée spéciale avant de m’attaquer à la citrouille géante. Ça vient d’Angleterre, c’est fait exprès pour creuser les Jack où lanterns et vu la taille du monstre, je vais en avoir sacrément besoin. Hiii.
Envie de: retourner au restau! Oui, je suis gourmande, et alors?
Parce que, comme tous les ans, on m’a demandé pourquoi je radote encore avec Halloween, je ressors mes explications. Je me suis aussi demandée très sérieusement pourquoi j’éprouve le besoin de défendre halloween tous les ans alors que ça ennuie pas mal de gens. Dès le premier octobre, je commence à ressasser, répétant à longueur de billets que ce n’est PAS américain mais irlandais. J’y tiens. Mais pourquoi? J’ai beaucoup réfléchi (oui, bon, on se comprend…) et je crois que j’ai une réponse. Si j’insiste autant pour défendre le vrai Halloween traditionnel, c’est précisément parce qu’il vient d’Irlande et des celtes en général.
Je ne reviens pas sur mon attachement profond à l’Irlande, pays où on est devenu adultes (en tout cas, on y a démarré officiellement nos vies d’adultes, mais j’ai toujours 4 ans et demi bien sûr…), où on s’est marié, où on est devenu parents. On a vu l’Irlande prendre son essor économique et grandir, mais rester toujours profondément marquée par ses rapports avec le Royaume Uni. On n’efface pas comme ça 800 ans…On en a rencontré, de ces anglais arrogants et puants qui venaient travailler « aux colonies » (dialogue vécu), qui méprisaient profondément l’Irlande et ne s’en cachaient absolument pas, au contraire. On a vu aussi ce que ça donnait en Angleterre où une partie du gouvernement actuel n’a toujours pas compris que Dublin est indépendant depuis presque un siècle. Où la ministre de l’intérieur promet de « faire à nouveau crever de faim les irlandais si ils n’obéissent pas à Londres ». Et on est arrivé en France, avec nos enfants binationaux. Franchement, comme ça a priori, les irlandais et l’Irlande ont plutôt l’air d’y avoir bonne réputation et sont considérés avec une certaine sympathie. Sauf que c’est plus compliqué que ça.
C’est L’Ado, fier de son irishness, qui m’a fait prendre conscience de la chose: il a découvert stupéfait la chanson les lacs du Connemara, bramée à chaque beuverie étudiante et il l’a très mal pris. Pour lui, c’est totalement xenophobe! C’est clair que c’est assez moyen de présenter les irlandais comme une bande de frustres alcooliques congénitaux et débiles profonds. Les faux pubs irlandais qui fleurissent partout en France, c’est pareil. Ça a l’air mignon et bon enfant, mais l’Irlande, c’est pas Disneyland pour ivrognes non plus. Toutes ces irisheries de pacotille ont beau partir d’une sympathie envers l’Irlande, elles donnent quand même une image simpliste, voire arriérée de ce pays. Pareil pour la Saint Patrick, ça a l’air marrant, cette beuverie planétaire, mais ça a une vraie signification historique et culturelle. En fait, on parle constamment de l’Irlande de façon extrêmement stéréotypée et condescendante, style ils sont bien gentils avec leur folklore un peu bébête…Évidemment, les clichés qu’on véhicule en France sur l’Irlande et les irlandais sont beaucoup plus positifs que ceux répandus par certains anglais. Mais comme dit L’Ado, faut arrêter avec ça, les irlandais, on n’est pas les pauvres cons trop sympas et toujours bourrés de l’Europe non plus. Vous trouvez ça drôle en France, d’être représentés par des anglo-saxons comme portant systématiquement une baguette sous le bras, un béret et un collier d’ail? Ben c’est pareil pour les irlandais! Ce ne sont pas de sympathiques leprechauns roux dansant la gigue et buvant des Guinness en continu.
Et bien voilà, c’est pareil pour Halloween. Cette fête multimillenaire a un vrai sens en Irlande, et y est encore célébrée traditionnellement. Ça m’énerve de la voir réduite à une caricature américaine par bons nombres d’anti Halloween. D’accord ce n’est pas leur faute, ils n’en connaissent que ce qu’ils voient dans les séries américaines, mais c’est justement pour ça que je rabâche inlassablement. Alors voilà, par amour pour l’Irlande et la culture irlandaise, je continuerai à vous assommer avec Halloween l’année prochaine encore. Et bien sûr, OicheSamhain Shona Duit, joyeux Halloween!
La tornade qui s’est abattue dans la région ce week end, était encore dans toutes conversations chez les commerçants ce matin. On n’a pas été touché par les dégâts, c’était plus au sud du département, mais on a effectivement eu énormément de vent, ce que j’ai toujours entendu exprimé par: ça souffle! Et bien, j’ai appris ce matin que les chtis ont une autre façon de dire:
Ça m’a beaucoup plu. J’aime bien apprendre comme ça les expressions du coin, entre la vitrine du boulanger et la porte du boucher. En tout cas, pour que cette dame d’un âge certain ait été aussi impressionnée par autant d’air, c’est bien que ça n’arrive pas tous les jours, un vent pareil. Du coup, je ne pourrai pas recaser cette nouvelle expression, alors que j’ai été ravie d’adopter « ça drache » ou « espèce de moule cuite », mais pour une fois, ça me rassure!
Comme tous les ans, j’ai commandé deux énormes citrouilles à creuser chez notre maraîcher, et bien sûr, on m’a demandé pourquoi, comment et ben ça alors. Donc je ressors l’histoire des Jack o lanterns, vous allez voir que ce n’est pas récent comme tradition: c’est irlandais et ça date de la préhistoire.
Cela dit, il n’y avait pas de citrouille à l’époque sur les îles britanniques. Mais les celtes préhistoriques creusaient déjà des légumes, des racines comme les betteraves, et ils y façonnaient des têtes monstreuses pour faire fuir les mauvais esprits lors du Samhain (Halloween en gaélique). Et voilà tout à coup que les romains débarquent en Angleterre (à Colchester d’ailleurs, qui était la capitale, où on vivait mais pas à la meme époque, je sens que je m’embrouille toute seule…). On ne dira jamais assez tout le mal que les romains ont pu faire. Certes, ils ont légèrement massacré la population locale qui refusait bêtement de se laisser conquérir civiliser, fait cramer un ou deux ou des centaines de druides, trucider la reine Bouddica… Mais surtout, ils ont amené avec eux des navets. Franchement, introduire sauvagement un légume aussi insipide que ça, sans aucun égard pour les tribus locales…enfin bref, les celtes anglais ont trouvé les navets romains tellement indigestes (on les comprend), qu’ils se sont mis à y creuser leurs têtes de monstres pour Halloween.
Ces figures légumières ne s’appellaient pas encore Jack o’ Lantern, et elles n’étaient pas éclairées. Il faut attendre pour ça les tribulations d’un certain Stingy Jack (Jack le radin). Ce méchant bonhomme viendrait des alentours de Limerick, en Irlande. Jack, qui s’ennuyait ferme, en tout cas il avait des idées bizarres quand même, invite le diable au pub. Comme ça, en toute intimité. On se demande bien pourquoi. Mais au moment de payer, Jack refuse et suggère au diable de se transformer en piece de monnaie pour régler lui-même la note. Soit Jack est sérieusement bourré et a des hallucinations, soit le diable n’est pas très futé. Parce qu’évidemment, Jack ne paie pas. Il empoche la piece-diable qu’il dépose sur une croix en argent pour empêcher le diable de reprendre sa forme première. Cela dit Jack est aussi assez simple. Il finit par libérer le diable en lui faisant promettre qu’il ne viendra pas l’embêter pendant un an et qu’il ne le laissera pas aller en enfer après sa mort. L’année suivante, toujours pour Halloween, le diable revient pour se venger, mais il est décidément complètement crétin puisqu’il se fait encore avoir. Jack l’envoie en haut d’un arbre. Ben tiens. Pendant que le diable fait le singe dans son arbre, Jack sculpte une croix dans le tronc et cet imbécile de diable se retrouve coincé pour 10 ans. Finalement, Jack meurt pour Halloween, c’est fou les hasards du calendrier quand même. Le diable tient parole lui, et ne le veut pas en enfer, mais Dieu le refuse aussi au paradis. Ça va pas non, une espèce de voyou radin et menteur comme ça? Du coup, Jack est condamné à errer éternellement sur terre, avec seulement un morceau de charbon incandescent pour s’y retrouver. Il est donc à l’origine des légumes illuminés, notamment les navets, qu’on appelaient au départ des Jack of The lantern.
Mais allez creuser un navet, ce n’est pas uniquement traditionnel, c’est surtout sportif. Le navet est traitre et refuse de se laisser vider sagement. Les irlandais qui ont émigré en masse en Amérique au 18 et 19 eme siècles, sont alors tombés sur des espèces de gros machins ronds et oranges déjà à moitié creux. Ils ont donc décidé de laisser tomber leurs navets récalcitrants et de creuser les Jack o’lanterns dans des citrouilles. C’est beaucoup plus facile. Tellement que c’est maintenant la tradition. On allume sa citrouille pour dire qu’on est à la maison et qu’on est ravi de distribuer des bonbons, pas de citrouille, les enfants ne sonnent pas, tout simplement!
Cette dernière semaine avant les vacances scolaires, on a commencé les bricolages d’Halloween. Wizzboy est un artiste, c’est évident.
On a croisé une poule dans les rues, près de l’école. J’aime beaucoup.
On a ramassé des feuilles colorées pour les faire sécher, entre deux déluges torrentiels. C’était dans les devoirs de Wizzboy, il a une institutrice très sympathique cette année, ça change des pages et des pages d’exercices de l’année dernière.
Cette semaine, c’était très facile d’illustrer le thème choisi par Ma’. On a dans notre montée d’escalier un « mur des ancêtres » où sont affichées des vieilles photos de famille, mélangeant les générations du côté de Maricheri et du mien. La plus ancienne montre mes arrières-arrières-arrières grands parents, les plus récentes représentent nos parents bébés. Nos enfants adorent ces photos, la collection s’agrandit au fur et à mesure des découvertes dans les greniers et autres boites à souvenirs oubliés pendant longtemps et qu’on fait revivre à notre façon.
Le vendredi c’est états d’esprit, imaginés par ma copine Zenopia.
Fatigue: les vacances scolaires commencent ce soir.
Condition physique: mouillée, réchauffée, gelée, réchauffée, mouillée, réchauffée…c’est bizarre cet automne. Et inquiétant aussi.
Humeur: voir fatigue.
Esprit: d’Halloween, bouh…!
Culture: j’ai envie d’aller voir le film sur Simone Veil, si quelqu’un y a été, c’était comment?
Boulot: il faut que j’arrête de parler à des gens, ça sera plus simple.
Avis perso: je l’ai déjà dit, mais qu’est-ce que je suis soulagée de ne plus vivre en Brexitland. Je ne pensais pas que ça pouvait être pire, mais les brexiters se surpassent de jour en jour (44 jours même pour leur dernière égérie, qui n’a pas tenu deux mois au poste de première ministre mais a réussi à couler ce qui restait de l’économie).
Message perso: bonnes vacances, repose-toi.
Loulous: L’Adulte me fait toujours relire ses devoirs, comme à l’école. C’est mignon. GeekAdo prépare son Erasmus, il va falloir qu’il progresse rapidement en espagnol. MangaGirl est ravie de faire encore une sortie, ça devient ridicule. C’est pas comme si il y avait le bac cette année. Princessechipie est en mission: je lui ai demandé de se renseigner discrètement pour la préparation d’un cadeau de noël. Alors, pour le côté discret c’est raté, mais au niveau renseignements, c’est complet. Trop même. Wizzboy attend les vacances avec une impatience inversement proportionnelle à la mienne et c’est lié,
Divers: j’hésite à créer un compte Twitter pour Gladys et Millicent, « poultry philosophy » ou quelque chose comme ça.
Amitié: à tout à l’heure
Love: il est en vacances ce soir!
Penser à: réserver un resto
Envie de: finir la déco de l’entrée. C’est à dire que j’ai une idée de truc depuis la première fois où on a visité cette maison, mais il y avait clairement plus urgent.
Pic: Mamaaaan, je peux pas faire mon lit, c’est pas ma faute, y’a Marcel. Effectivement, on ne va pas déranger le chat.
J’ai appris avec joie et grâce à la presse britannique, qu’un sondage avait établi ce qui fait une succesfull woman, une femme parfaite en fait. Sur ces bases, on peut dire que les succesfull women doivent être invivables. Je crois même qu’elles n’existent pas, mais j’en connais qui essaient de ressembler à ça. Effectivement, ce sont des chieuses finies femmes légèrement crispantes. De mon côté, il faut se rendre à l’évidence, j’ai raté ma vie. Ou pas.
Selon un sondage pétaradant, réalisé auprès de femmes de 18 à 45 ans, une succesfull woman est une femme qui gagne bien, très bien sa vie. Et même, plus que ça (si,si, vous allez voir la suite…). Déjà, c’est râpé pour moi. Mais attention, la succesfull woman ne croule pas sous un salaire mirobolant parce qu’elle s’épanouit dans un super job, ni même pour être indépendante ou tout ce genre de chose, ce serait mesquin. Non, c’est juste pour pouvoir se payer des vêtements et accessoires de marques…enfin de luxe. Ah. Bon d’accord, le sondage a été visiblement commandé par une marque de fringues quelconques, les personnes interrogées ont peut-être répondu ça pour être polies. Parce que sinon, je ne vois pas. Je ne veux pas faire ma maligne, mais j’ai un joli sac par exemple. D’une marque plus ou moins de luxe. J’en suis très contente, il est très pratique, juste la taille que je voulais, et il me plait beaucoup esthétiquement. Mais je ne me sens ni succesful ni parfaite avec. Il ne me rend pas plus intelligente non plus…ou alors, je me suis fait refiler un modèle défectueux?
Mais on ne va pas s’arrêter là, la succesful woman a aussi un intérieur impeccable. Je ne pense pas qu’on parle son tube digestif ou de l’état de ses poumons, mais de sa maison. C’est encore raté pour moi. Je ne sais pas comment elle fait, une fois qu’elle a dépensé tout son argent en produits de marque, il ne doit même plus lui rester de quoi payer une femme de ménage. Non, parce qu’une femme de ménage est la seule explication logique qui me soit venue à l’esprit devant l’intérieur parfait de la succesful woman, puisque je rappelle qu’elle bosse aussi comme une folle et passe son temps libre à dévaliser les boutiques de luxe. On ne peut pas être partout. Ou alors elle prend sur ses heures de sommeil pour briquer ses toilettes, en faisant attention à ne pas mettre de la javel sur son pyjama de marque, ça serait dommage. À moins qu’elle ne vive pas chez elle? Pour ne pas salir et déranger? Du coup, il n’y a personne non plus, ni compagnon, ni enfant, ni animaux…même pas une plante , ça perd ses feuilles c’est salissant…
La succesfull woman adore faire du DIY. Alors là, je ne m’y attendais pas. Comment une maniaque du ménage et du luxe peut prendre son pied à monter des étagères Ikea? Cela dit, ça m’inquiète un peu… j’avoue que j’aime bien bricoler des trucs bizarres, poncer, taper, percer, peindre…je me sens d’un coup plus succesful tiens. Mais du coup, je suis bien placée pour savoir que tout ce DIY, c’est extrêment salissant et pas du tout luxueux….je suis un peu perdue là. On va passer au critère suivant. La succesfull woman, qui a découvert le secret des journées de 48 heures ou a le don d’ubiquité ou les deux, va au moins deux fois par an en vacances à l’étranger. J’imagine que la succesful woman part comme ça à l’étranger pour découvrir de nouvelles marques de luxe (en même temps pour quelqu’un de succesful, elle n’est pas très futée, elle ne connaît pas internet? ) ou étudier des techniques de nettoyages exotiques in situ. Je ne vois pas d’autre explication à cette migration saugrenue de la part de quelqu’un qui est déjà bien occupée en restant sur place. Surtout que la succesful woman est apparement aussi la reine des dîners parties. Si.
La succesful woman est aussi intelligente, ce qui peut surprendre vus les critères précédents, et a fait de hautes études (ça n’a rien à voir avec de l’alpinisme). Déjà, c’est un chouïa subjectif comme description, mais passons. Je ne veux pas critiquer, mais la fille qui a fait un doctorat en physique quantique, c’était juste pour se payer des Louboutin ? Non parce que je crois qu’elle s’est plantée. Du coup, j’ai des doutes sur son niveau d’intelligence…enfin, la succesfull woman a une vie sexuelle ébouriffante. On se demande quand elle trouve le temps et surtout avec qui. Parce qu’elle a l’air sérieusement chiante. Ou alors, il existe des succesful men aussi horripilants, irréalistes et superficiels? Aaaaah, si ça se trouve, ils se reproduisent…mais non, suis-je bête (après tout, je ne suis pas succesful), ils ne risquent pas, les gamins c’est salissant et ça prend un temps fou! De toute façon la succesful woman qui a pondu mute automatiquement en SuperMum. Ce n’est pas mieux
Emoi dans notre petite rue, qui a l’immense privilège d’avoir un feu au bout, c’est à dire à l’entrée (ou la sortie, ça dépend du sens) du bourg. Ce feu est en panne depuis plusieurs jours et c’est bien embêtant. A chaque fois qu’un technicien vient le réparer, il s’éclaire un instant, le temps que le technicien en question parte satisfait de son travail, pour s’éteindre à niveau. On a donc droit à un nouveau technicien tous les matins depuis une semaine, avec toujours le même résultat. L’énervement monte dans la rue, et en ma qualité de voisine la plus proche du feu, je suis allée enquêter. Heureusement, un technicien plus décidé que les autres est arrivé hier, je lui ai donc demandé quel était le problème. Eh bien, c’est tout simple:
C’est pas faux…qu’est-ce que je peux répondre à ça, hum? J’en suis encore à me demander ce que je vais bien pouvoir expliquer aux voisins qui attendent le résultat de mon enquête. Sinon, ce matin, alors il a fonctionné hier soir après le passage du technicien logique, et pour la huitième fois consécutive, le feu ne marchait plus. C’est sûrement parce qu’il est toujours en panne.
Comme j’ai recommencé à parler d’Halloween la semaine dernière, ça n’a pas loupé, j’ai eu droit aux sempiternels cris horrifiés: Halloween, c’est américain et commercial, beurk, pas de ça chez nous ma bonne dame, vade reto Halloween. Ahaha, déjà c’est remarquable autant d’ouverture d’esprit. C’est sûr que dès que quelque chose vient d’ailleurs et qu’on ne le connaît pas du tout, il vaut mieux s’en tenir à des préjugés basés sur une ignorance totale de la chose et tout rejetter en bloc. Ou alors, on peut essayer de se détendre un peu et de s’amuser, c’est bien aussi, surtout que je le répète, Halloween est une fête traditionnelle irlandaise multi millénaire. Ce n’est pas américain. Halloween est arrivée là bas dans les bagages des irlandais qui y ont émigré en nombres. Et franchement, il y a trois mille ans, il y avait très peu de supermarchés qui profitaient des festivités pour essayer de refiler lâchement des masques de Dracula en plastique à 50%. C’est fou non? Bref, je vous propose, encore une fois de revenir aux sources d’Halloween, c’est autre chose que ce qu’on en voit dans les mauvais téléfilms.
Halloween, ou Samhain pour reprendre son nom d’origine en gaélique, c’est quoi? Déjà, ça commence fort, j’ai appris avec ravissement que alors que beaucoup dont Wikipedia, croient que Samhain était le dieu des morts pour les celtes, pas du tout, espèces de petits ignares non druidiques (druidesques?): ça veut dire fin de l’été, ou début de l’été. Et les druides d’aujourd’hui trouvent la chose d’une logique implacable, puisque figurez-vous que quand l’été finit ici pour les simples mortels non initiés que nous sommes (en tout cas, pour moi, après tout, je ne sais pas pour vous…si ça se trouve, il y a des tas de druides ou neo-païens selon le terme officiel derrière leur écran en ce moment, prêts à venir m’attaquer à coup de menhir…), l’été donc finit ici en même temps qu’il débute dans l’underword, le monde souterrain des esprits maléfiques (je vous sens bluffés, là non? De là à dire que les Australiens ne sont rien que des farfadets et autres fantômes rigolos….bon, je m’égare).
Le 31 octobre était ainsi fêté un peu comme le premier de l’an maintenant. On célébrait la fin des travaux des champs, le retour des troupeaux dans les étables et tout ça. On se préparait pour essayer de passer un hiver tranquille, sans que les méchants esprits, les fées malignes et autres joyeusetés (les Aos sí…aucune idée de la prononciation, mais il y a bien un joli accent sur le « i »), probablement désœuvrés puis qu’apparemment pour eux, c’était les vacances d’été, ne viennent embêter les gentils humains innocents. Parce que le 31 octobre, des espèces de passages comme de vulgaires portillons, s’ouvraient pour laisser passer les Aos sí, l’air de rien, au milieu des gens normaux. C’est traître quand même un mauvais esprit….(d’ailleurs, pourquoi parle-t-on toujours des mauvais esprits? Il doit bien y en avoir de gentils aussi quand même. Je trouve ça carrément sectaire), ça voit une porte ouverte et hop, ça se jette dans le monde des vivants, sans même avoir été invité. Quel malappris! Du coup, on leur déposait des offrandes (les treats) pour qu’ils retournent soigner leurs indigestions de sucre chez eux (c’est vrai, quand on est ballonné, on profite moins de ses vacances et on a qu’une envie, rentrer à la maison). On essayait de leur faire peur en se déguisant soi-même en esprit encore plus méchant, ou pour réciter des sortes de prières de protection en passant de maisons en maisons. Bref la tradition du « trick or treat » n’est ni nouvelle ni commerciale. Je dis ça sans insister lourdement bien sûr.
Tant qu’on y était (chez les celtes, on est comme ça, on ne va pas gâcher une fête juste pour un truc, autant s’en servir à fond), on célébrait les ancêtres, surtout qu’on ne sait jamais, si ça se trouve la grande tante Aoife (ça se prononce Ifa) ou le grand père Darragh (c’est sobre, ça se dit juste dara) sont peut-être devenus des esprits eux-même, autant essayer de leur faire plaisir…les esprits des morts étaient donc très gentiment invités à participer aux festivités (ben oui, eux aussi pouvaient passer par la porte ouverte, ça devait se bousculer là dedans, entre les méchantes fées, les arrières grands-parents sans compter les cousins oubliés…une vraie pagaille. La gare de Liverpool Street à Londres aux heures de pointe, c’est calme en comparaison). On faisait des repas pas possibles, dans la joie, la bonne humeur et les vapeurs des ancêtres. On allumait de grands feux de joie, pour faire fuir les ignobles Aos sí, et purifier l’atmosphère pour survivre à l’hiver (je rappelle qu’on parle de trucs vieux de plus de 3000 ans. On avait une vie paisible à l’époque, si on ne se tapait pas un petit virus désopilant, style choléra, c’est qu’on se faisait embrocher gentiment par la tribu d’à côté). La tradition a été reprise par les chrétiens, et ça nous donne la Toussaint.
Bref, c’est vous qui voyez, mais je préfère les bonbons d’hallowe’en aux chrysanthèmes imposés. Et je préfère aussi être invitée à une fiesta sympa par mes arrières-arrières petits-enfants après ma mort que de recevoir des fleurs (ce n’est pas parce que je n’y crois pas que je ne peux pas apprécier l’intention, non?). Cela dit, à titre préventif, au cas où des neo-païens me liraient et se sentiraient un tantinet énervés par mes explications pourtant limpides, je rappelle que je connaissais très bien une grande prêtresse druidique en Angleterre (comptable dans le civil, comme quoi…), et qu’elle me trouvait très sympathique.