C’est encore Maricheri qui a trouvé comment illustrer le thème choisi par Ma’ cette semaine. Depuis que son boulot a déménagé, il a une vue splendide sur la Tamise (alors qu’avant, c’était sur la gare de Liverpool Street, c’est moins bien). Et comme il ne va pas à Londres tous les jours non plus, quand il y est, il remplit ses journées à fond et commence très tôt, ce qui lui permet d’assister non pas au lever du soleil, faut pas pousser, mais à celui de la brume. La ville a l’air d’être posée sur l’eau de la Tamise, c’est assez spectaculaire, encore plus en direct.
Le vendredi c’est états d’esprit, imaginés par ma copine Zenopia.
Fatigue: par anticipation, le week end va être chargé.
Condition physique: trempée. On est en plein déluge.
Humeur: dubitative.
Esprit: ronchon.
Culture: j’ai appris avec joie que même les locaux ne savent pas prononcer « potjevleesch » ni l’épeler! Ça me rassure. Et oui, c’est de la culture. De la culture gastronomique même.
Boulot: je disais donc, week end chargé en perspective….on ne se rend pas compte de l’animation qu’il peut y avoir dans mes petites communes! Ni que des gens les mettent en place donc.
Avis perso: le mois de septembre, c’est surfait.
Message perso: à tout à l’heure?
Loulous: L’Adulte a fait une incursion professionnelle dans le Sud Ouest qui s’est transformée en repas familial. GeekAdo essaie de dresser Marcel pour qu’il synchronise ses miaulements avec le réveil matin: pour l’instant, c’est un échec. Mangagirl se prépare à la prérentrée universitaire: elle a prévenue, elle n’ira à aucune fête, les fêtes, c’est nul. J’attends de voir. Princessechipie compte les heures avant le lycée, elle va tous les mater la dedans, ça va être fun. Wizzboy préfère s’entraîner à crier en prévision du match de rugby de la France à Lille. Et il est très consciencieux dans son entraînement.
Amitié: souffre de l’incurie du NHS, le National Health Service, et ça commence à être inquiétant. Courage Tata F., on pense très fort à toi.
Love: il a dû aller à Londres cette semaine, et ça ne lui a pas plu. Déjà, il n’y a plus rien dans les rayons de M&S food.
Penser à: revue des fournitures, des cartes de transport, des emplois du temps…pfff.
Il y a un mois, je pondais un billet au titre bizarre (ici) parce que notre toute nouvelle Renault Austral était encore tombée en panne. Et bien depuis…rien. C’est à dire que cette voiture, qui nous coûte un rein par mois, est toujours chez le garagiste. Attention, ce brave monsieur n’y est pour rien et on ne lui en veut pas: il est plus mécanicien qu’informaticien, or il parait que ce serait un problème de logiciel. Mais bon, dans tous les cas, on n’a toujours pas de voiture, et le service client de Renault n’est pas en-dessous de tout, c’est pire.
C’est un trou noir. Ou une allégorie du service client de Renault.
C’est bien simple, si on ne les appelle pas, on n’a aucune nouvelle. Enfin non, même en les appelant, on n’a aucune nouvelle puisque bizarrement, on tombe toujours au mauvais moment: le chargé du dossier est en vacances, ou en maladie, ou en training de macramé sous marin dans la cordillère des Andes, ou au fin fond de l’univers, en tout cas, il n’est pas là. Mais pas de soucis, le temps de se familiariser avec le dossier, on nous rappelle. Je n’ai pas besoin de préciser qu’on ne nous rappelle jamais. A chaque fois qu’on téléphone, depuis un mois, c’est exactement la même réponse: on ne sait pas mais on vous rappelle. Et personne ne le fait jamais. Ça devient inquiétant. Le service client de Renault, c’est pire que le triangle des Bermudes, tout s’y perd. Ou alors ils n’embauchent que des amnésiques chroniques? Ou il y a un trou dans l’espace temps et les pauvres conseillers de Renault revivent en permanence les mêmes 10 minutes, depuis un mois? Ils ont été enlevé par les aliens? Ils se sont tous transformés en zombies? On se demande pourquoi les scénaristes de films catastrophe ne s’en inspirent pas plus: clairement, il se passe des choses dans le service client de Renault, des choses surnaturelles probablement, qui les empêchent donc de servir les clients.
Comme on est naïf, on a tenté l’approche par écrit. On est ridicule franchement! Là, c’est bien simple, on n’a aucune réponse non plus, mais on ne sait même pas si quelqu’un lit notre prose. Rhaa, c’est sûr, le service client de Renault est un repaire d’ectoplasmes, du coup, ils ne peuvent pas répondre par écrit, c’est trop matériel pour eux. Je ne vois que ça comme explication logique. On a aussi essayé les réseaux sociaux. Vous allez rire, on a eu….aucune réaction. Rien. Enfin si, au début, la première fois qu’on a tenté de communiquer, un community manager m’a proposé de continuer la conversation en privé. On s’est bêtement réjoui, enfin une trace d’activité cérébrale! Ahaha, le service client de Renault nous a bien eu, puisque la seule réponse qu’on a jamais reçue sur les RS, c’est ça:
Depuis, rien, malgré mes relances. Après c’est vrai que « les plus brefs délais », c’est assez flou. Si ça se trouve, on parle en années, voire en millénaires, on ne sait pas. Ou alors, les conseillers ont contaminé les CM qui se sont zombifiés aussi?
Franchement, ça devient angoissant tout ça. Est-ce que quelqu’un connaît un conseiller Renault? Est-ce qu’il a donné des preuves de vie depuis un mois? Du style un selfie avec un journal du jour? Si c’est une prise d’otage par des aliens, ils peuvent essayer d’envoyer un message codé de détresse? Pour rassurer les familles? Et calmer les clients aussi parce que là, ça commence sérieusement à nous agacer, de payer pour une voiture tout aussi absente que le professionnalisme du service client de Renault.
La phrase de la semaine est toute fraîche, on vient juste de l’entendre ce matin. Comme tous les mercredis, Wizzboy et moi avons fait le tour des commerçants du village, on aime bien faire nos courses localement. D’habitude, Wizzboy apprécie beaucoup, surtout qu’il revient toujours avec des petits cadeaux des commerçants (dont un saucisson ce matin). Mais là, il a fini par mal le prendre parce que tous, les uns après les autres, l’ont accueilli avec la même phrase:
Il a pardonné au premier (le saucisson a aidé), mais bon, il voit pas ce qu’il y a de drôle à parler de la rentrée, il a soupiré discrètement aux suivants, mais arrivé au dernier alors là, ça suffit! c’est quoi cette manie des adultes de lui parler de choses qui fâchent comme ça, hum?
On part enfin en Alsace cette semaine, et plus précisément dans le Bas Rhin qui contrairement à ce que son nom laisse supposer, peut montrer très haut parfois, mais j’y reviendrai.
La petite ville de Schirmeck annonce fièrement partout à tous les visiteurs qu’elle possède un château fort et on l’aperçoit bien tout là haut, dominant les alentours. C’est juste qu’on ne trouve pas le sentier pour y monter. En même temps, ça nous a permis de visiter le bourg, à la recherche de ce fichu sentier, et d’admirer la petite église.
Finalement, malgré notre sens de l’orientation défectueux, on a réussi à tomber par hasard sur le bon chemin. Alors soyons clair, il est très accessible, ce sentier, et même pas si long que ça. Mais il est très étroit et surtout, il monte. Si. C’est à dire que pendant que Princessechipie et Wizzboy gambadaient joyeusement devant, Maricheri m’a péniblement remorqué: non je n’ouvrirai pas les yeux, il y a le viiiiide là, à côté de mon piiiiiied. Rhaa. Bref j’ai le vertige. Mais la montée en vaut la peine, le château est charmant et non je ne m’ approcherai pas plus du bord de la muraille pour mieux admirer le paysage.
Le château de Schirmeck date du treizième siècle mais il a été en partie détruit pas les suédois en 1633, pendant la guerre de 30 ans et n’a plus jamais été occupé. On voit bien que le donjon a accueilli un musée fermé depuis longtemps, mais ce qu’il reste du château est encore assez impressionnant. Et effectivement, la vue est magnifique.
Bref, même pour ceux qui ont une légère appréhension bien compréhensible du vide (non mais c’est vrai quoi, on peut pas au moins y mettre une rambarde, à ce sentier? Comment ça, il y a pas la place? C’est ce que je disais, c’est trop étroit, on va tomber. Hystérique moi? Pas du tout!), je disais: je conseille vraiment la balade!
C’est une semaine paresseuse et entre deux qui vient de se passer: on est rentré de vacances, mais l’école n’a repris pour personne, même pas Maricheri. On a profité, avant l’agitation (qui commence dès demain, rhaaa!).
Maricheri a tenté de communiquer avec les canards pour leur expliquer que se servir dans la gamelle d’eau des autres,c a ne se fait pas, surtout quand l’autre, c’est Capucine qui est très ppartageuse.
En fait, il n’y en a qu’une qui a repris à peu près une activité normale cette semaine: coucou les archives! J’ai réussi à atterrir dans celles de Jersey, en partant donc des compagnons flandriens (et donc locaux, il y a une raison quand même à mes pérégrinations virtuelles) de Guillaume le conquérant, c’était inattendu mais je ne suis pas sûre que ça serve beaucoup lors de nos prochaines expos.
On est aussi allé faire un tour chez notre brocanteur préféré et on a bien sur ramène quelques petites choses .
Après une pause vacances, je reprends le projet photo Ma’, et pas avec le thème le plus facile. C’est à dire qu’on a des tas de photos de moments joyeux, mais généralement un ou deux ou sept membres de la famille sont dessus et je ne vais pas commencer à montrer leurs têtes, même réjouies. Je me suis donc rabattue sur une fête foraine. Attention, je déteste ça, c’est mon côté naturellement guillerette et sociable, mais je connais des gens très bien qui adorent, dont mes enfants d’ailleurs. Et ils me soutiennent qu’il y a toujours une ambiance festive et joyeuse. Voilà, on est en plein dans le thème!
Le vendredi (quand les vacances sont finies), c’est états d’esprit imaginés par ma copine Zenopia.
Fatigue: pas du tout, vive les vacances!
Condition physique: en ce moment, avachie sur le canapé avec la motivation d’une palourde bouillie, c’est l’effet rentrée.
Humeur: de sale gosse qui ne veut pas repartir à l’école. Na.
Esprit: a du mal à passer du mode vacances au mode reprise, d’ailleurs il refuse de s’y mettre. Carrément.
Estomac: a goûté avec bonheur du vrai munster fermier de la vraie ferme au bout du chemin du gîte dans la vraie Alsace. Bref, une vraie découverte qui fait plaisir.
Boulot: je ne sais pas si ça se sent, mais j’ai un chouïa du mal à trouver la motivation, là…
Culture: à part le munster, ces vacances ont été marquées par tout un tas de découvertes culturelles, dont la prononciation alsacienne des noms de village que je ne voyais pas du tout comme ça.
Avis perso: la rentrée, c’est pas des gens comme nous.
Message perso: joyeux anniversaire un peu en retard.
Loulous: L’Adulte est jaloux de la rentrée universitaire lui, il commence à être nostalgique. GeekAdo termine ses lectures: il a reçu toute une liste de bouquins à lire avant la rentrée, justement. Mangagirl, après un été de béatitude zen suite aux résultats du bac, recommence à angoisser à l’idée d’aller en fac. Pourtant, c’était le but, non? Princessechipie compte les jours, comme tous les ans, avec impatience et sous l’œil ahuri de Wizzboy qui ne comprend vraiment pas son empressement à repartir à l’école. Lui, il préfère faire le décompte avant la coupe du monde de rugby, c’est quand même plus important!
Divers: les poules m’ont reconnu après les vacances, et j’en suis toute émue, il fallait que je partage ça. En tout cas, elles se sont précipitées vers moi toutes les trois, avec un empressement qu’elles réservent d’habitude à la nourriture, et elles se sont faites caressées. Si.
Amitié: à tout à l’heure?
Love: il est encore en vacances pour quelques jours, mais ça sent la rentrée aussi et ça n’est pas rigolo.
Penser à: pfff, les cartables, les cartes de bus, les abonnements de train et tout ça…rhaaa, ça me déprime tiens.
Envie de: repartir en vacances, bien sûr!
Pic: elles sont très mignonnes, ces canes (c’est leur race, ce sont des canards mignons, c’est à dire tout petit), mais pourquoi veulent elles bouffer la toile de la tonnelle?
Comme je suis encore un peu en mode vacances, je ressors paresseusement un petit top 10 de ce qu’il ne faut pas dire à un anglais. Je précise que c’est du vécu, compile par mes enfants. C’est l’avantage d’être à cheval entre deux cultures et deux pays, on se tape deux fois plus de clichés!
10- « tu viens de quel arrondissement de Londres? » est le pendant exact de « where in Paris are you from? « . C’est tout aussi énervant. Alors déjà, il n’y a pas d’arrondissement à Londres mais des Boroughs. Pourquoi voulez-vous que les anglais ou qui que ce soit d’autre reproduisent le système administratif français? Et il y a une vie hors de Londres. Il y a même 56 millions de britanniques qui ne vivent pas à Londres, c’est fou ça.
Les boroughs de Londres
9-« tu as déjà rencontré le,roi, William-and-Kate, Harry (rayez la mention inutile)? » Mais carrément, on était pote, Lizzie passait nous faire coucou tous les matins.
8-« c’est vrai que tu manges des saucisses et des haricots sucrés au petit déjeuner? » alors déjà non, on n’a pas le temps, mais sinon effectivement, un full English beakfast contient des saucisses et des haricots blancs à la sauce tomate sucrée. Et du bacon, des œufs, du boudin, des potatoe waffles, des hash browns…ça y est, j’ai faim. Parce que c’est très bon mais on n’en mange pas tous les jours, sauf à être un touriste en vacances qui teste tous les Bed and Breakfast de l’Angleterre.
7- » ça doit te faire drôle de voir du ciel bleu! ». Ahaha, quel humour. Ou pas. Non, il ne pleut pas tous les jours en Angleterre. C’est bien simple, en arrivant d’Irlande, on a trouvé qu’il faisait positivement caniculaire et sec en Angleterre.
6- « aah, l’excentricité anglaise! » dit avec un faux enthousiasme et un vrai air dégouté. Alors peut-être que les anglais sont excentriques, mais au moins, ils ont de la personnalité, et se moquent de l’opinion des autres comme dans leur premières doc Martens à fleurs. C’est un exemple au hasard.
5- « vous vivez comme dans Downton Abbey? » Absolument. Tous les anglais sont soit domestiques soit châtelains et c’est bien connu, il y a un trou dans l’espace temps sous la Manche: on remonte dans le temps en passant sous l’eau.
4-« ça doit vous faire plaisir d’enfin pouvoir manger quelque chose de comestible? » C’est clair, les anglais dépérissent et ne se nourrissent jamais sur leur île maudite gastronomiquement parlant. Sauf que non en fait. Je ne reviendrai pas sur les scones, les shortbreads, les muffins mais aussi le stilton, les saucisses, le bacon, les casseroles…
3- « tu bois que du thé et de la bière, hein? » bien sûr, comme tous les anglais. Dès le biberon, c’est exclusivement thé et bière. Ou pas.
2- « j’adooore ton accent, tu fais exprès de parler comme Jane Birkin (ou n’importe quelle célébrité anglo-saxonne s’exprimant en français)? » Réponse de ma fille: j’adoooore quand on me fait remarquer comme ça qu’en fait, je parle mal français.
1-on termine non pas par une réflexion, mais un réflexe. Je rappelle donc que mes enfants sont anglophones de naissance. L’anglais, c’est leur langue maternelle même si ce n’est pas la mienne. Et bien depuis qu’ils sont en France, ils ne comptent plus le nombre de fois où quelqu’un, avec autant arrogance aveugle que d’absence totale de logique, a voulu leur traduire des paroles d’une chanson anglaise, leur apprendre à prononcer le nom d’une célébrité Anglo saxonne ou leur expliquer un texte en anglais en étant persuadé de savoir mieux qu’eux et vous allez voir, je vais montrer. Ça peut vous étonner, mais les anglais parlent mieux leur propre langue que les français, ils n’ont pas besoin que vous leur traduisiez, et non, vous n’avez rien compris. C’est encore plus gênant quand ça vient d’un prof d’anglais…
En vacances, on visite des monuments, des châteaux, des choses comme ça, grandioses et historiques qui nous laissent béats d’admiration et avides de savoir. On n’est pas les seuls touristes, forcément, mais parfois on le regrette. On le regrette même beaucoup. Comme lorsqu’on a visité le château du Haut koenigsbourg, pris d’assaut par des visiteurs curieux et intéressés, mais aussi par quelqu’un qui a risqué sa vie en hurlant, avec une élégance toute relative mais énormément de décibels, après son beau frère (parce qu’on sait tout, on a eu droit à toute la famille jusqu’à ce qu’on arrive à les semer, à mi parcours):
Ce que ce monsieur ne sait pas, c’est que Maricheri, qui voulait montrer le puit à Wizzboy et s’approchait innocemment, a eu les tympans explosés par cette sortie aussi tonitruante (et un château fort, ça a une acoustique remarquable et résonnante) qu’inappropriée. Et que donc Maricheri et ses 6m08 ont été soudain pris d’une envie irrésistible de balancer ce type au fond du puit pour qu’il aille vérifier lui même, et en silence, que non, au moyen âge, on ne s’amusait pas à jeter des bouteilles n’importe où. Franchement, vu les regards du groupe de touristes allemands à côté, je crois que Maricheri aurait été applaudi si il n’avait pas réussi à prendre si lui et faire abstractions des remarques désopilantes que Jean-Mi (le beauf frère de Juju donc, quand je dis qu’ils ont partagé toute leur vie!) a continué à hurler à pleins poumons dans tout le château.