Marichéri portrait reloaded

Non seulement Marichéri est en vacances ( youpidoo), mais c’est aussi un jour spécial: il a 10 ans aujourd’hui. Ou 5, je ne sais plus, enfin un truc comme ça…du coup, pour fêter ça, je ressors son unique billet sur le blog. Il avait voulu participer, et répondu à un tag (que j’avais fait ici. ). Je lui passe la parole:

1-Le principal trait de mon caractère? Chiant pour le plaisir 

2-la qualité que je préfère chez un homme? Qu’il me foute la paix. Et ça s’applique à tous, sans limite d’âge.

3-la qualité que je préfère chez une femme? Surprenante. 

4-ce que j’apprécie le plus chez mes amis? J’ai pas d’ami, je n’en ai pas besoin.

5. Mon principal défaut ? Voir question précédente.

6. Mon occupation préférée ? Il y en a plusieurs: être avec ma famille, faire de la musique, manger de la paella, boire la sangria de ma femme, voyager avec ma femme, m’endormir en meeting, passer ma frustration sur les gens…

7. Mon rêve de bonheur ? La retraite, plus de meeting! 

8. Quel serait mon plus grand malheur ? L’allongement de la durée du travail jusqu’à la retraite 

9. Ce que je voudrais être ? Je le suis déjà.

 
10. Le pays où je désirerais vivre ? N’importe où.

11. La couleur que je préfère ? le bleu. 

12. La fleur que j’aime ? Ma femme (haaaaaaan, il est mignon!!!!)

13. L’oiseau que je préfère ? Si il y a bien un truc sur lequel je n’ai pas d’opinion c’est les oiseaux. Ils ont tous l’air abruti. 

 14. Mes auteurs favoris en prose ? Pffff….je suis pas un grand lecteur, mais il y a des bouquins que j’ai bien aimé. On va dire: Amin Maalouf, Buzzati, Ken Follett, Desproges et Jean Yanne.

15. Mes poètes préférés ? Ceux qui ont préféré faire de la peinture au lieu d’écrire. Ou de la musique, ou n’importe quoi d’autre. 

16. Mes héros favoris dans la fiction ? Fireman Sam. 

17. Mes héroïnes préférées dans la fiction ? La Schtroumpfette.

18. Mes compositeurs préférés ? La liste est longue. Tout. De Anthrax à Zappa en passant par  Miles Davis et Schonberg .

19. Mes peintres favoris ? Velasquez et Poussin.

20. Mon héros dans la vie réelle ? Moi…non parce que c’est ma vie, non?

21. Mes héroïnes dans l’histoire ? Les gens qui ont fait quelque chose dans un contexte très précis m’inspirent très peu. Comme Jeanne d’arc, une pauvre fille paumée….je ne vois pas.

22. Mes noms/prénoms favoris ? Ceux de ma femme 

23. Ce que je déteste par-dessus tout ? Mon BlackBerry 

24. Personnages historiques que je méprise le plus ? Tous …c’est dur de répartir son mépris comme ça.

25. Le fait militaire que j’estime le plus ? Non mais vraiment? WTF????

26. La réforme que j’estime le plus ?…euh, la Réforme! 

27. Le don de la nature que j’aimerais avoir ? L’ubiquité. 

28. Comment j’aimerais mourir ? Dans les bras de ma femme. 

29. Etat d’esprit actuel ? C’est chiant ton questionaire, et où est mon marteau pour que je fasse taire le Blackberry?

30. Fautes qui m’inspirent le plus d’indulgence ? Aucune,  il y a toujours une bonne raison gueuler sur les gens. 

31. Ma devise ? « C’est pas que j’aime pas les gens, c’est que j’en ai pas besoin »

  

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Mes petites manies anglaises

Je suis en vacances (youpidoo!!!) comme Marichéri, alors, avec toute mon incompétence geekesque, j’ai essayé de préparer des billets à l’avance. Il est fort possible que ça ne passe pas tous les jours…enfin bref, j’ai fait une petite liste de choses que je fais machinalement mais qui surprennent. Il faut se rendre à l’évidence, même après 18 mois en France, j’ai gardé des manies anglaises.

Source

-l’unique cuillère pour le café…certes, j’ai résisté avec succès au thé pendant 21 ans, restant fidèle au café. Mais je ne le sers plus comme en France. Je verse tous les cafés, je sucre toutes les tasses (après avoir demandé qui prend du sucre, je sais me tenir quand même). Je propose du lait, je prends une seule cuillère, je remue toutes les tasses avec, sous l’œil ébahi de mes invités français et je leur tends ensuite leur café, sans la cuillère bien sûr. Ça surprend, désagréablement. Ce qui ne me connaissent pas encore hésitent toujours à boire mon café « à l’anglaise ».

– j’appelle les gens par leur prénom automatiquement. Quelque soit leur âge et position sociale. Visiblement, à partir d’un certain nombre de décennies, ça ne se fait pas.

– je signe toujours mes textos avec mon prénom suivi d’un superbe X, pour les gens que je ne connais pas, comme des parents d’amis de mes enfants que je n’ai pas encore croisés devant l’école mais qui les invitent par textos à des fêtes d’anniversaire. Je passe carrément au xx, dès qu’on est intime, c’est à dire après le deuxième texte. Ça surprend. Non je ne veux pas rester anonyme (IRL je veux dire), et je ne suis pas outrageusement familière, ce n’est pas non plus « gros poutou baveux ». D’ailleurs, puisqu’on parle correspondance, il m’arrive encore de terminer automatiquement par « kind regards », ou juste un « regards » sec quand je suis en colère. Je n’ai pas la moindre idée de comment faire en français, alors que j’aime beaucoup cette manière très polie d’envoyer balader les gens.

-Puisqu’on en est aux grossièretés, il faut absolument que j’arrête de « flip the bird » quand je suis trèèès fâchée. Ça ne va pas du tout, je veux montrer tout mon mépris, par une insulte extrêmement vulgaire, et les gens croient que je fais le V de la victoire à l’envers. Ou alors c’est eux qui le font, tout à fait innocemment, et je suis outrée alors qu’ils n’avaient pas la moindre intention de me vexer.

– je trouve les choses funny, spooky, fluffy et tout un tas d’adjectifs en -y qui sortent automatiquement. Le pire, c’est quand j’essaie de franciser, mais toujours avec mes réflexes anglophones. Je suis formelle, on ne dit pas « il fait trente-ish degrés ». Enfin si on peut le dire, mais personne ne comprend à la boulangerie du village.

– je vais au supermarché pour acheter des médicaments et à la pharmacie pour les timbres. Le dimanche après-midi.

– je regarde si on a du courrier. Sur le paillasson, devant la porte, côté intérieur. Ah tiens, pourtant, j’attendais une carte….c’est généralement au bout de 3 ou 4 jours que je me rappelle qu’il faut que je sorte et que j’aille voir dans la boîte aux lettres, à côté du portail.

– je ne parle même pas de mon look ou de mon humour, qualifiés poliment de « très anglais » par des gens à l’air pincé…

La liste n’est pas exhaustive. Mais je progresse. La preuve, j’ai pensé finir par « work in progress » mais je ne l’ai pas écrit!

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Sunny Monday #31

Pour le mois d’août, Bernie a choisi « livres ». J’en ai pleins! Par contre, j’ai déjà montré mes livres anciens, notre bibliothèques, les livres qui ont une histoire familiale…je n’avais pas trop d’idée. Finalement, comme L’Ado a beaucoup participé le mois dernier, je me suis décidée à lui rendre hommage. Voici le livre de cuisine qu’il m’a offert en rentrant d’Italie. C’est en italien, langue que je ne parle pas, mais comme il dit, c’est pas grace: j’aime la cuisine et les vieux livres, alors un vieux livre de cuisine, c’est parfait. Parce que la chose a été édité en 1936 et faisait partie de la propagande mussolinienne… Comme dit L’Ado, qui est poète, c’est le mein kampf de la cuisine italienne. Il ne fait pas souvent des cadeaux, heureusement. J’angoisse déjà, qu’est-ce qu’il va bien pouvoir me ramener de Madrid?

Bonne semaine à tous!

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La phrase de la semaine #37

On ne passe pas exactement toute notre vie à la jardinerie (enfin, c’est plus une pépinière en gros/ concessionaire de traceurs, mais c’est local), mais presque. Quand on ne va pas au magasin de bricolage, évidemment. Au fur et à mesure qu’on débroussaille, on découvre d’anciennes plates bandes. On les nettoie et on tente d’y replanter des trucs…ça va probablement crever, vu mes talents horticoles mais on persiste. Comme on s’y connaît autant en outillage agricole qu’en broderie médiévale serbo croate, on a demandé conseil à un vendeur, qui ne doit pas être payé à la commission, parce qu’il nous a présenté un modèle, puis un autre en expliquant:

Ah. Bon, ben on va plutôt prendre le premier alors, celui qui est moins cher et pas plus mal. Vous êtes sûrs? Si vous nous dites que le plus cher n’est pas mieux…Il a insisté: il est juste un peu plus cher, mais il est presque pareil. On n’a pas été convaincu, mais comme le vendeur n’était pas rancunier, il ne nous en a pas voulu. Ce qu’il en disait, c’est juste pour dire. Nous voilà rassurés. Après les plantes hermétiques d’il y a 2 semaines, ça devient surréaliste, cette jardinerie…on va y retourner!

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Projet 52: ciel

On a des tas de photos pour illustrer le thème choisi cette semaine par Ma’, on aurait même pu simplement prendre le ciel depuis le jardin, entre deux coups de tronçonneuse (le débroussaillage intense continue). Mais Maricheri a insisté pour le ciel madrilène. Mon parisien de mari avait été ébloui par le bleu intense de ce ciel qu’il ne connaissait pas quand je l’avais trainé à Madrid et qu’il a photographié à fond. C’est vrai que ça se passe de commentaire…

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Friday Feelings #226

Attention, ces états d’esprit de Zenopia et Postman risquent d’être encore plus décousus que d’habitude: vacaaaances! Enfin, Marichéri est en vacances, et on part bientôt, youpidoo. Je préfère prévenir, ça va être joyeux.

Fatigue: j’ai mal partout entre le ponçage du parquet et le débroussaillage intensif du jardin, mais sinon, je pète la forme! C’est une image, à part mes cheveux, qui ont l’air d’avoir été pris dans une explosion de butagaz. C’est pour ça que je ne fais jamais de camping. Rien qu’à voir ma tignasse, les gens sont capables d’appeler les pompiers et ils n’ont vraiment pas que ça a faire. En fait, je me dévoue en refusant de camper, voilà. Je vous avais prévenus, ça va être décousu cette semaine.

Humeur: youpidoo!!!!!

Condition physique: courbaturée mais hilare.

Esprit: comme mes cheveux, en pleine explosion

Culture: alors là, on rigole moins. Je traduis pour de sombres raisons municipales, les journaux de soldats britanniques basés dans notre village pendant la première guerre mondiale, et c’est pas joyeux. On peut même dire que c’est effroyable. Mais interessant.

Boulot: il va falloir réussir à caser nos bagages dans la voiture, avec les enfants…ça sent le Tetris géant…

Avis perso: les vacances, c’est la vie. Tiens, ça fait longtemps que je n’ai pas caser un youpidoo!

Message perso: hiiii, à dans une semaine!

Loulous: L’Ado est de plus en plus épuisé. Il n’avait vraiment pas vu les choses comme ça quand il a insisté pour prendre un job d’été à Madrid. Non seulement, tous ses potes erasmus sont partis, mais il travaille vraiment! C’est fou ça, on ne le paie pas à rien à faire. Du coup, voilà qu’il lui tarde de rentrer chez papa et maman, le petit ange…GeekAdo prépare les vacances. On va visiter les châteaux de la Loire (enfin, quelques uns…). Il est donc plongé dans ses encyclopédies, il connaît déjà tout. Il est fichu de se faire embaucher comme guide bilingue si ça continue…MangaGirl s’inquiète, elle va devoir se lever avant midi, il est hors de question qu’on l’attende des heures pour aller se balader. On est des parents indignes, limite esclavagistes. PrincesseChipie fait des essais de maillots de bain, entre celui avec des licornes violettes et des paillettes roses, et celui avec des licornes bleues et des arcs en ciel (à volants), elle hésite. Wizzboy s’en fiche, il veut juste voir des chevaliers. Et nager avec Spiderman (on n’a pas compris non plus). Bref, toute la troupe est excitée, chacun à sa façon, d’autant plus que L’Ado râle sur Skype quand les autres lui font part de leurs préparatifs. Ça les amuse beaucoup.

Divers: on confie le troupeau de félins à la femme de ménage qui adore Marcel. Elle a plus de mal avec Penny, surtout depuis que la bestiole lui a fait pipi sur les pieds, par inadvertance, mais comme elle dit : c’est pas sa faute, la pauvre bête n’a pas toute sa tête. Ça devrait aller, même pour Capucine. Elle va bouder, mais elle sera avec quelqu’un qui la connaît.

Amitié: voir message perso.

Love: je le cite, quand il est arrivé mercredi soir: « vacaaaaaaaaances!!!!!!!!! »

Penser à: commander du soleil pour les vacances, c’est important.

Courses: faites. Y compris des flotteurs Spiderman pour Wizzboy (je m’adapte à la demande: ça lui a plu mais visiblement, ce n’est pas ce qu’il voulait dire. Je cherche encore).

Sorties: hahaha. Youpidoo!!!!

Envie de j’ai déjà dit soleil pour les vacances?

Pic: ça vaut la peine de s’attaquer à la jungle au fond du jardin, d’arracher ronces et orties, de décapiter des branches mortes, de me battre avec des souches, de détricoter des kilomètres de lierre emmêlés dans des végétaux non identifiés et agressifs (ça fait plus de 40 ans que le fond du jardin était à l’abandon): je suis courbaturée et griffée de partout, mais j’ai découvert un poirier. J’ai déjà que je n’aime pas les poires?

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Thursday Thunder: if in doubt, blame the Irish

Ceux qui sont là depuis longtemps savent qu’avant l’Angleterre, on a vécu 10 ans en Irlande. On s’y est marié, on y est devenu parents, trois de nos enfants ont la nationalité irlandaise, l’une a même un deuxième prénom imprononçable en gaélique. On est profondément attaché à ce pays, à tel point que quand on a pensé à quitter l’Angleterre et à « rentrer » quelque part, c’est l’Irlande qui nous est venue à l’esprit, pas la France. Pour des raisons pratiques, notamment de transports, ça n’a pas pu se faire…enfin bref, l’Irlande est toujours un chez nous. Quand on est arrivé à Dublin, on a vite été informé par les irlandais de leur léger contentieux toujours présent dans la mémoire collective avec l’Angleterre, mais on a aussi vu les choses évoluer. L’histoire ne s’oublie pas, mais on passe à autre chose, les relations se sont normalisées. La paix s’est même installée en Irlande du nord. Quand j’ai commencé à bloguer en Angleterre, pays que j’ai profondément aimé aussi, j’ai toujours évité la question. C’est du passé de toute façon…et puis, le brexit est arrivé. Il a rallumé les rancœurs et le comportement colonialiste de certains. Depuis quelques jours, ça prend une autre dimension. Le Irish bashing de Boris Johnson and Co tourne à fond et me donne des nausées.

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Après la ministre de l’intérieur qui menace de faire crever les irlandais de faim si ils ne font pas ce qu’on leur dit, c’est tout le gouvernement et la presse brexiteuse qui s’en prennent à Dublin, avec un culot et un mépris pour la réalité remarquables. Le no deal qui s’annonce à cause de leur incompétence, de leur intransigeance, et de leur connerie abyssale? C’est la faute des irlandais! Euh…depuis quand les irlandais ont voté pour le brexit, c’est pas vous qui avez demandé à partir? La frontière entre la république et l’Irlande du nord? C’est les irlandais qui posent problème, exprès! Ah ben ça alors, je croyais bêtement qu’au contraire Dublin fait tout depuis 3 ans, pour éviter de refermer la frontière, y compris d’accepter un back stop que vous rejetez avec véhémence aujourd’hui alors que c’était votre idée. Mais non, tout ça, c’est la faute des irlandais qui refusent de vous obéir, qui se comportent pratiquement en pays indépendant, c’est fou ça non? Voilà qu’ils ne sont plus une colonie et qu’ils préfèrent défendre leurs intérêts plutôt que de payer pour les délires des anglais. Franchement, ils se croient tout permis, ces irlandais. On va les punir. Et voilà comment un gouvernement en vient à utiliser une rhétorique guerrière, neo colonialiste et raciste à l’encontre d’un pays allié, avec qui il partage une histoire quelque peu difficile qui ne demande qu’à s’embraser à nouveau. C’est atterrant. C’est irresponsible. C’est scandaleux. C’est ignoble.

Tout ça est savamment attisé par la presse brexiteuse qui en rajoute dans l’ignoble et le sentiment anti irlandais. Il faut savoir qu’en Angleterre dans les années 60, on trouvait encore des panneaux comme celui sur la photo: pas de noir, pas de chien, pas d’irlandais, à l’entrée de certains pubs ou commerces. Que pendant des décennies, l’irlandais immigré en Angleterre était considéré comme un alcoolique analphabète, juste bon aux travaux manuels. Quand il n’était pas pris pour un terroriste bien sûr. Il y a 20 ans, j’ai failli faire bouffer son fauteuil à un passager anglais dans le même avion que nous, qui se plaignait d’aller dans une colonie arriérée. Sur un vol Aer Lingus pour Dublin. On en a côtoyé au boulot, de ces anglais qui consisteraient toujours l’Irlande comme une dépendance, peuplée de débiles attardés et violents (je précise que c’était une minorité, mais vocale). Tout ça, c’était fini. On avait évolué, d’un côté comme de l’autre de la mer d’Irlande. Et Johnson et ses ministres rallument la mèche sans aucun scrupule, pour masquer leur incompétence et désigner d’autres coupables à leurs propres erreurs. Ils jouent à quoi? Ils attendent quoi? Que la guerre civile reprenne dans le Nord? Que les attentats recommencent? Ou, vu leurs délires colonialistes, que Dublin redevienne un vassal?

Ça risque de rater. Ils ne cherchent peut être qu’à se trouver une excuse pour le no deal et ses conséquences, dont ils seront les seuls responsables, mais ils risquent bien, avec leur irish bashing ignoble, de réussir là où les indépendantistes irlandais ont échoué il y a presque un siècle…pour la première fois depuis des décennies, le gouvernement irlandais évoque ouvertement la réunification. Et si ça marche, je pense que les irlandais qui sont taquins, se feront un plaisir de remercier Johnson, les brexiters et leur irish bashing!

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Coming of age

D’après un sondage, les britanniques se sentent adultes à 29 ans…et encore, c’est un peu juste pour les 20% qui situent plutôt ça vers 60 ans. Ça me rassure, j’ai encore de la marge. Et comme je prévois de devenir une vieille dame indigne, je devrais passer peu de temps dans la case adulte ennuyeuse, ça me va. D’un autre côté, L’Ado qui est loin des 29 ans, se trouve très adulte (j’en ris encore, Maricheri aussi, mais jaune, en payant déjà ses frais de scolarité pour l’année prochaine). C’est confus cette histoire d’âge adulte.

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D’un côté, je suis toujours fermement persuadée d’avoir 4 ans et demi. De l’autre, d’après mon passeport, j’ai l’âge de ma mère. Je suis même plus vieille que ma mère, qui a 40 ans. Il ne peut pas y avoir d’erreur, je me souviens très bien de son âge. Comment ça, ça change tous les ans? Ma mère a 40 ans depuis que j’ai l’âge de m’intéresser au sien et de lui faire des cadeaux avec mon argent de poche. Je n’en démordrai pas. Na. D’un autre côté, je me souviens aussi d’une conversation avec ma tante qui m’avait beaucoup surprise: elle affirmait qu’on est beaucoup mieux dans sa peau, adulte que teen-ager. Je n’avais pas vraiment compris, mais comme je lui faisais entièrement confiance, je l’ai cru et j’ai attendu de devenir adulte pour me sentir bien. C’est juste une question de temps, ça va venir. Honnêtement, ça ne vient pas vite, c’est quoi cette arnaque? Cela dit, c’est vrai aussi que justement vers 40 ans, j’ai commencé à développer un certain je m’en foutimse vis à vis des autres qui est très libérateur. C’est à dire que je n’ai pas changé du tout, je suis toujours aussi bizarre et immature parfois, mais maintenant, j’assume. Du coup, ça y est, je suis adulte?

Et Maricheri? Il a un costume d’adulte. Il met des cravates. Il parle de chiffres et de choses très compliquées et ennuyeuses pour les enfants, et ça l’intéresse! Il fait peur à des adultes pas rigolos du tout, style inspecteur des impôts, auditeurs, des choses comme ça. Mais il fait de la musique de fou en pleine nuit. Et des goûters avec tout ce qu’il trouve dans le frigo à 3 heures du mat. Il ne veut pas travailler ni dire bonjour à la dame. Il fait des blagues du niveau de Wizzboy…mais justement, puisqu’on parle de Wizzboy, on est bien obligé d’être responsable quand on a des enfants. C’est ça? On devient adulte à partir du moment où on est parent (ce qui explique le sondage et la majorité de britanniques qui pense que c’est à partir de 29 ans, c’est à cet âge quils commencent à pondre aussi). D’un côté, on est très jeune comparé aux parents de L’Ado qui ne nous prenaient pas au sérieux, et plus du tout comparé à ceux de Wizzboy. qui nous prenne pour de anciens combattants, des vieux sages de la parentalité. Ça n’aide pas. Et ceux qui n’ont pas d’enfant alors? De toute façon, d’après MangaGirl, qui est la juge des bonnes manières adultes dans cette famille, on est irrécupérable et totalement inacceptable, et c’est carrément la honte, tu vois, de sortir en public avec des parents pareils. On a un look qui fait pas parent, déjà, c’est un problème. D’un autre côté, faire honte à ses ados, c’est bien le signe qu’on est adulte non? D’ailleurs, ça nous fait hurler de rire. En fait, on est adulte, mais pas à temps complet. Voilà ça doit être ça…

En tout cas, je me demande bien ce qui peut se passer à 60 ans pour que 20% des sondes disent que c’est l’âge adulte. On reçoit enfin le mode d’emploi de la vie d’adulte? Ou alors, ça fait tellement longtemps qu’on fait semblant d’être responsable et de savoir ce qu’on fait, que plus personne ne soupçonne qu’on a toujours 4 ans et demi dans sa tête?

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Emily Brontë, à peu de choses près

J’ai déjà dit et répété à quel point je suis fan de Jane Austen. Soyons clairs, je ne voue pas la même admiration sans borne aux sœurs Brontë, principalement parce que je trouve toutes leurs histoires déprimantes. Mais avec toute mon incapacité pour, je suis toujours prête à faire l’apologie d’autrices géniales qui ont en plus réussi à se faire publier à une époque où on considérait que les femmes étaient juste bonnes à pondre des gosses et rapiécer des chaussettes ou inversement. Il faut reconnaître aussi que je préfère nettement wuthering heights (les hauts de hurlevent) que Jane Eyre. J’ai du mal avec le côté bluette de la chose (oui, je sais, c’est un chouïa résumé, je n’ai jamais dit que je n’étais pas de mauvaise foi). Bref, à choisir entre ces trois génies de la literature anglaise, je préfère Emily que ses sœurs et ça tombe bien, c’est son anniversaire aujourd’hui! Alors comme il y a longtemps que je n’ai pas massacré sauvagement une biographie, c’est parti. Hop.

Source toute la joie innée de la petite Emily en une phrase.

Alors donc la petite Emily naît le 30 juillet 1818 dans le Yorkshire et une famille nombreuse à moitié irlandaise, ce qui déjà n’incite pas à la rigolade. Là dessus, sa maman meurt, alors qu’elle a 3 ans (Emily, pas sa mère, un peu de sérieux). Leur papa, sous-vicaire et bien embêté avec sa marmaille, se débarrasse des gamines en les envoyant en pension et c’est là qu’on commence à se demander si elles n’ont pas la poisse. Voilà qu’une épidémie de typhus ravage leur pensionnat et on les rapatrie à la maison, où les deux sœurs aînées de Emily en profitent pour mourir aussitôt, probablement pour protester contre les conditions d’accueil de la petite enfance de l’époque ( leur charmant pensionnat servira de modèle à Charlotte dans Jane Eyre, on se sent de suite qu’elles ont dû bien rigoler dans leur bouge infâme charmante colo). Emily et les survivantes (Charlotte et Anne) ont dès l’enfance, de grandes prédispositions au comique avec tout ça. Ce pauvre monsieur Brontë qui a déjà perdu sa femme et deux filles décide que ça suffit comme ça, il garde ce qui lui reste de gamines à la maison, plus d’école et pratiquement plus d’interaction avec l’extérieur, c’est plus prudent. De toute façon, avec la malchance qu’ils ont, ses gosses seraient fichus de provoquer des inondations en plein désert et c’est pas avec son salaire de misère qu’il pourrait payer les compensations. Je résume un peu…

Bref, Emily a une enfance désopilante…heureusement qu’elle s’entend bien avec son frère Branwell et ses sœurs, Charlotte et Anne parce que niveau sociabilité, c’est pas ça. C’est pas qu’ils s’ennuient ferme mais bon, il n’y avait pas la télé et je ne parle même pas du wifi. Encore aujourd’hui, essayez donc de trouver une connection correcte au fin fond du Yorkshire, alors imaginez au début du dix-neuvième…je m’éparpille de plus en plus. Pour ne pas sombrer définitivement dans la neurasthénie, les gamins Brontë lisent tout ce qui leur tombe sous la main, même si ce n’est pas forcément de leur âge, et pour s’amuser (c’est une façon de parler, c’est quand même la famille où on rit quand on se coince les doigts dans un cercueil, et de préférence celui d’un proche), ils écrivent de petites histoires. C’est toujours mieux que de tomber dans l’alcoolisme infantile.

A 17 ans, Emily tente une sortie. Elle suit Charlotte qui devient prof, à la Roe Head’s girls school, mais comme élève. Bizarrement, ça ne provoque aucune catastrophe majeure, mais Emily, en bonne petite asociale pathologique, péte les plombs et repart très vite se terrer à la maison. On sent la fille équilibrée et joyeuse. Ou pas. On tente de s’en débarrasser une nouvelle fois en la casant comme prof dans une autre école à Halifax quand elle a 20 ans. Ça ne loupe pas, elle tombe malade. A parti de là, on ne la sort plus pendant plusieurs mois, elle en est ravie. Sauf que les 3 sœurs ont comme projet de monter leur propre école pour filles, ça veut dire voir de vrai gens, dans la vraie vie. Anne réussit à traîner Emily jusqu’à Bruxelles pour apprendre le français et l’allemand pour leur école. Et paf, pendant que Anne s’éclate et qu’Emily s’enfonce dans la déprime et l’asociabilité en Belgique, c’est leur tante, qui les a élevée, qui en profite pour mourir. Ça faisait longtemps qu’il ne se passait rien dans cette famille de petits comiques. Emily et Anne rentrent dans le Yorkshire et les trois sœurs ouvrent leur école en 1844. Et là, oh surprise, elles n’arrivent pas à trouver d’élève, ah ben ça alors. Non parce qu’une école sans élève, c’est ballot. C’est pas comme si elles vivaient au fin fond du milieu de nul part et qu’elles n’avaient pour ainsi dire aucune connaissance IRL en dehors de leur papa et de leur frère depuis l’enfance…bret c’est un flop et les trois pauvres filles plongent dans la poésie, par ennui.

Charlotte, Anne et Emily publient leur premier recueil de poésie, sous des pseudos masculins, en 1846. C’est un triomphe, elles en vendent …2 copies. En 1847, Emily sort toute seule les hauts de hurlevent et c’est un scandale. Les anglais du dix neuvième sont choqués par l’ambiance légèrement noire de ce chef d’œuvre (sans compter que ça a inspiré un autre chef d’œuvre, musical cette fois et une vidéo culte de Kate Bush). C’est aussi un petit peu violent, graphique, amoral, gore, brut…enfin bref, c’est très frais. Mais tout le monde reconnaît que c’est remarquable. Du coup, on pourrait croire que les choses vont s’arranger pour Emily, mais c’est mal connaître sa nature de boute-en-train. A peine son bouquin publié, voilà que son frère meurt et qu’elle prend bêtement froid à l’enterrement, alors que pourtant, elle est entraînée (aux enterrements familiaux je veux dire. Au froid aussi, le Yorkshire, c’est moins riant que les Bahamas). Emily meurt de tuberculose trois mois après son frère, le 19 décembre 1848. Qu’est-ce qu’on rit.

Les avis divergent sur Emily. Charlotte l’a toujours défendue et a tout fait pour la présenter comme une fille sympa mais juste timide, à tendance écolo avant l’heure. Les rares personnes qui l’ont aussi approchée, parlent plus d’une fille profondément asociale à tendance psychopathe contrariée…je ne sais pas si c’est une bonne idée de lui souhaiter un bon anniversaire du coup…mais d’après ses vrais biographes modernes, c’était une incomprise féministe en avance sur son temps. Ça me plaît.

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Sunny Monday #30

Dernier lundi en bleu pour le défi de Bernie, et je persiste avec des azulejos. On est encore en Espagne, à Guadalajara cette fois, toujours grâce à L’Ado.

Bonne semaine à tous!

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