Mummy’s boy reloaded

Je suis toujours en mode maman ravie débordée d’avoir enfin les 5 à la maison. J’en profite avant que L’Ado reparte sur Londres, même si on sait qu’il rentrera souvent. Avec les restrictions alimentaires qui s’annoncent pour après le brexit, j’ai confiance, L’Ado et son estomac reviendront même très souvent. Mais bon, je me suis dit que c’était le moment d’actualiser un vieux billet qui date de quand nos relations mère-fils ont commencé à évoluer. On en est toujours plus ou moins là, malgré les quelques mois d’erasmus et d’éloignement familial.

L’Ado n’a plus l’âge où c’est la honte d’être vu en public avec sa mère et il demande même spontanément à m’accompagner dans mes déplacements divers depuis qu’il est rentré. On discute, on refait le monde, c’est très bien (d’ailleurs, si un dirigeant quelconque me lit, on a de grandes idées. Si). Je me dis qu’il grandit et que c’est agréable qu’on arrive à bien s’entendre…mais comme l’a fait remarqué Marichéri, on s’est toujours bien entendu, même quand L’Ado me traitait de fasciste et que je râlais après ses sautes d’humeur adolescentes et vice versa. 


L’Ado est un grand qui se prend pour un adulte responsable, il vote, il a eu un job d’été et il date du siècle dernier, c’est à dire qu’il est presque un vieillard d’après ses sœurs. Il va vivre en colloc’ étudiante avec ses potes à Londres, et ça fait deux ans que ça dure. Il veut être journaliste et a déjà écrit plusieurs articles pour un magazine de foot en Angleterre, il a même été publié dans le Guardian. Je suis très fière de lui. Mais à la moindre petite anicroche,  il se précipite…mamaaaan….mon train est en retard. Ben attend le suivant. Ah, ouais, ok…, mamaaaaaan je mets un t-shirt crade ou une chemise pour mon interview ? Mamaaaaan, tu peux relire mon essai? mamaaaaaan, le prof conseille de lire Goethe, t’en penses quoi? Alors qu’il a quand même vécu en erasmus loin, très loin pendant un an, il était toujours pendu au téléphone à la moindre anicroche. Avec rappel toutes les trente secondes pour qu’on suive en direct: c’est bon, ils me font un contrat de location. Ok, ben accepte alors…aaah, ouais d’accord, attends je remonte leur dire. Mamaaan, c’est bon, j’ai le contrat…ben signe le! Aaah ouais, attends, je vais chercher un stylo….(ça a duré comme ça plus d’une heure, je n’étais pas du tout crispée, à 1500 km de L’Ado). C’est le seul qui demande mon avis sur tout comme ça. Pour trouver cet avis fasciste une fois sur deux certes, mais bon…on discute beaucoup foot aussi. Et il tient compte de mon opinion avant d’envoyer ses articles. Pareil pour ses disserts à la fac qu’il me fait relire (y compris pendant son semestre en Italie. Alors que je ne parle pas italien), on se lance dans de grandes explications de textes enflammées sur Montaigne par Skype. On partage nos idées sur Almodovar, c’est fun. Mais aussi sur Dante. Pas le footballeur, l’ecrivain…quoique, sur le footballeur aussi. Et on est tous les deux très contents de discuter comme ça. Mais on se dispute aussi comme des chiffonniers, surtout que niveau mauvais foi, je suis 100% pire que lui. Il râle et ça m’amuse. 

Je n’avais pas conscience de cette relation spéciale avec L’Ado jusqu’à ce que Marichéri me le fasse remarquer. Depuis, je m’interroge. Est-ce dû à l’heureux caractère et la patience de L’Ado? Est-ce parce qu’on partage le même sens de l’humour débile (même si c’est Marichéri le grand maître en la matière)? Est-ce que L’Ado me rapporte tout parce qu’il en a pris  l’habitude petit, quand on n’était que tous les deux toute la journée avant l’arrivée de GeekAdo? Est-ce que je l’ai trop materné? Pourtant, il évolue. Il vit sa vie loin. Mais il téléphone toujours religieusement pour raconter tout, y compris ses repas (il n’y a que sur sa vie sentimentale qu’il est d’une discrétion qu’il croit hermétique). Attention, on s’entend bien mais on n’est pas pote, et il le sait. Certes, on rigole bien (et on s’engueule aussi), il me trouve trop excitée, je le trouve trop mou, mais même au milieu des rires ou des cris, c’est chacun à sa place. Il sait qu’il y a des limites et il y tient. Un peu de respect je suis ta mère pas ta pote, et oui je sais encore mieux que toi pour l’instant. Même quand il me traite de fasciste, il est au fond rassuré d’avoir une autorité à laquelle se raccrocher, tout presque adulte qu’il prétend être. D’où les coups de téléphone 50 fois par jour et les demandes de conseils incessants…j’en suis très touchée, émue même.

Bon cela dit, quand j’ai écrit ce billet au départ, L’Ado venait de me montrer les brochures publicitaires qu’il avait ramené de la foire aux logements de l’université (pour avoir mon avis). Un petit sachet carré et plastifié est tombé d’un dépliant. Aaaah, c’était pareil quand j’étais étudiante, des tas de boîtes n’arrêtaient pas de nous en distribuer gratuitement, ça servait de support publicitaire pour tout et n’importe quoi…L’Ado a  ramassé le petit carré plastifié et il a commencé à se marrer. C’était un sachet de thé. Oups! Non, mais ça va aller maman, t’es cool…ça doit être plus fun d’être étudiant en France qu’en Angleterre, quoi. Dix minutes après, on pleurait encore de rire tous les deux en délirant sur le sachet de thé et la vie étudiante des deux côtés de la Manche. L’Ado a raison, ça va.

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Le château de Langeais

Ça va, je ne vous lasse pas trop avec nos vacances? Je continue avec le château de Langeais qui présente la particulière d’être un château fort perdu en plein territoire renaissance, et Wizzboy en a été très content. Enfin un château qui ressemble à quelque chose, il y a même une armure de chevalier dedans! Cet enfant a des idées très arrêtées sur ce qui constitue un château. Si il n’y a pas de donjon déjà, ça lui déplaît. Enfin bref, le magnifique château de Langeais se trouve, vous allez rire, à Langeais dans le val de Loire. Il date de 1465 et a été construit par Louis XI (pas lui personnellement, je pense qu’il a pris un entrepreneur), mais il y avait déjà une forteresse médiévale, dont il reste de magnifiques ruines, dès le dixième siècle.

L’intérieur a vivement impressionné Wizzboy, qui après avoir boudé parce qu’il voulait faire les jeux dans le livret pour enfants tout seul mais c’était trop dur, et c’est pas juste, ouin, est donc tombé en arrêt devant une armure. Il a même carrément eu peur dans la salle du mariage, assez sombre, pour ne pas dire lugubre, avec ses mannequins grandeur nature, ses explications audio et sa musique assortie. On est ressorti en courant derrière un gamin qui hurlait. On a pu prendre un peu plus de temps pour admirer les autres salles, toutes meublées et magnifiques. Les carrelages anciens m’ont donné envie, je serais bien reparti discrètement avec un petit coffre, et les tapisseries du quinzième sont sublimes.

Mais ce que j’ai préféré à l’intérieur, c’est la salle d’art sacrée, avec les sculptures bois. Comme quoi, il n’y a pas que les gisants dans la vie (je sais, c’est nul comme blague).

L’extérieur est très sympathique aussi. On peut monter aux vestiges du premier château , d’où PrincesseChipie qui n’a pas le vertige, a pris une magnifique photo des jardins de Langeais. Il y a une très belle vue sur le village. On peut laisser courir les gamins dans le parc, il y a des jeux pour les enfants dont une impressionnante cabane perchée d’où il a fallu tiré de force GeekAdo qui visiblement a assouvi un désir de gamin en jouant à Tarzan dans les arbres. Bref, la visite a plu à toute la bande, même MangaGirl qui a beaucoup aimé l’intérieur. Un succès complet donc, sauf que Wizzboy aurait bien voulu ramené l’armure.

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Sunny Monday #37

Après une route portugaise et une route pavée du nord pas de calais, je continue le thème choisi par Bernie ce mois-ci avec une route irlandaise. J’ai déjà parlé de multiple fois de Howth, la presqu’île au nord de la baie de Dublin où on vivra quand on sera grand (et qu’on aura gagné au loto. Plusieurs fois même, c’est assez cher dans le coin). Je ne résiste pas au plaisir de remettre la route qui part du Summit (le sommet de la presqu’île donc) et va au phare. Contrairement aux apparences, elle n’est pas réservée aux piétons, mais c’est de là qu’on a le plus beau point de vue sur la baie de Dublin et les randonneurs le savent!

Bonne semaine à tous!

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La phrase de la semaine #41

Avec le retour de L’Ado, on cherche des activités familiales mais avec les différences d’âge et d’intérêt des enfants, ce n’est pas toujours facile. Marichéri a eu une idée, lui qui a passé une licence de belote à la fac (ou un truc comme ça…). Il a donc entrepris hier soir d’apprendre aux enfants à jouer, avec des succès variés. Wizzboy est parti se coucher, malgré ses cris de protestation (je suis une mère ignoble certes, mais ça l’arrange aussi parfois d’être le plus petit, notamment pour ne pas débarrasser après les repas). MangaGirl a exprimé tout son mépris pour les activités de groupe en grognant et en opérant une retraite dans sa chambre. Mais L’Ado, GeekAdo et PrincesseChipie ont bien aimé. Elle s’est même complètement pris au jeu. Et donc, elle a lancé, triomphante:

Pour ceux qui ne connaissent pas (et ils ont toute ma solidarité. Je n’apprécie que très moyennement les jeux de cartes), il aurait fallu dire belote et rebelote. Ça n’a rien avoir avec un plateau de fromages. Ou alors, c’est subliminal, PrincesseChipie avait une petite faim?

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Projet 52: feuille

Pour le thème choisi par Ma’ cette semaine, j’ai gardé en réserve une photo des vacances. Je ne l’ai pas mise quand je vous ai parlé de la maison de Ronsard au prieuré de St Cosme, alors que c’est là qu’elle a été prise. Mais comme elle est pleine de feuilles, je la réservais à ce thème. Toutes les occasions sont bonnes pour reparler de ce prieuré près de Tours, qui m’a beaucoup plu.

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Friday Feelings #232

Les états d’esprit continuent même si Zenopia et Postman ne bloguent plus. Je ne lâché rien!

Fatigue: alternative…on reprend le rythme doucement.

Humeur: L’Ado est rentré!!!! C’est à dire que je suis très contente.

Condition physique: courbaturée…je ne sais pas si ma petite course tous les matins compte comme du sport mais j’ai mal aux jambes! Sérieusement, je détale comme une dératée après avoir déposé Wizzboy à l’école jusqu’à l’arrêt de bus, c’est intense.

Esprit: de famille, forcément.

Estomac: L’Ado a fait une liste de tout ce qu’il veut manger. Il a été impressionné, j’ai pas mal anticipé. Ah, ouais, comment t’as deviné? Ahaha, c’est pas comme si tu réclamais la même chose à chaque retour…

Boulot: je suis débordée par mes activités historico municipales. D’ailleurs, j’ai été présentée hier par le maire comme la Franco-anglaise de service, je ne sais pas comment le prendre. C’était gentil de sa part, et je ne parle pas de son discours, mais ça m’a encore replongé dans mon questionnement existentiel sur mon identité, mes racines, tout ça…il faut vraiment que j’apprenne à me détendre un peu.

Culture: c’est parti pour un week end d’expo locale donc!

Avis perso: personne ne comprend rien à la situation en Brexitland, même pas les principaux décisionnaires, je renonce.

Message perso: bon voyage!

Loulous: L’Ado est donc rentré hier, c’est LA grande nouvelle de la semaine. Il repart à à fin du mois, mais à Londres. On va pouvoir retrouver notre routine pre-Erasmus, il peut rentrer tous les weekends. Il peut, mais je doute qu’il le fasse quand même, il va retrouver tous ses potes. En tout cas, on est très content qu’il soit là. En parents facétieux, on avait décidé de ne rien dire aux autres pour leur faire la surprise. GeekAdo, qui domine son grand frère du haut de ses 4m02 était tout content de le retrouver. MangaGirl et PrincesseChipie se sont jetées sur lui en hurlant de joie, il été très flatté. Et le cri suraigu poussé par Wizzboy quand il a vu son grand frère à la sortie de l’école a détruit les tympans de toutes les personnes sur un rayon de 50 mètres au moins. Depuis, il s’est littéralement greffé sur lui et ne le lâche plus. L’Ado fait son blasé, mais il affiche un sourire ravi, c’est agréable d’être une star familiale. Et il a carrément prévu une cérémonie de distribution de cadeaux ce soir.

Divers: j’ai appris avec ravissement que le docteur un petit requin avait également un écureuil domestique et que les enfants du village venaient jouer avec lui. C’est un vieux monsieur absolument charmant qui m’a raconté ça hier, il était content de me raconter ses souvenirs d’avant guerre. J’aime beaucoup.

Amitié: il faut vraiment qu’on s’organise un peu.

Love: il est moins hystérique démonstratif que moi, mais tout aussi ravi d’avoir retrouvé L’Ado

Sortie: je vais voir ce qu’il y a de prévu dans le coin, comme manifestations culturelles.

Courses: les frigos sont en pleine aérophagie ( on est 7, 10 avec les chats, on a deux frigos), mais ça ne devrait pas durer bien longtemps.

Envie de: profiter

Pic: L’Ado revient avec la ferme intention de repartir à Madrid très vite. Il a la tête pleine de souvenirs. Il a même été au Santiago Barnabeu, le stade du réal Madrid, Wizzboy est béat d’admiration.

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La chambre d’ado, ce cauchemar

J’attends L’Ado, il arrive. Je suis sa progression lente et pas très logique de Madrid à Bruxelles et de Bruxelles à chez nous sur mon téléphone. C’est imminent, au moment où j’écris il a passé frontière belge pour la deuxième fois, il sera là dans moins d’une heure. Je suis joie! C’est bien gentil, Erasmus, mais on avait pris l’habitude d’un étudiant qui rentre le week-end, pas d’un ingrat qui disparaît pendant des mois. Enfin bref, en mère un chouïa attachée (d’après ma sœur, les clichés réunis des mères juives, italiennes et autres, c’est du pipi de chat comparé à moi), je suis surexcitée et je cuisine non stop depuis trois jours pour accueillir mon bébé. En même temps, ses exploits culinaires passés et présents (je ne reviendrai pas sur ses spaghettis à la Marmite) laissent à penser qu’effectivement, il va falloir le nourrir, tout au moins qualitativement. Bref, je suis débordée et je saute partout d’excitation (d’ailleurs, la hotte suspendue au dessus de l’îlot dans la cuisine, c’est bien mignon, mais c’est un peu bas en fait). Du coup, pour fêter le retour de L’Ado qui n’en est plus vraiment un (d’ado), je ressors un vieux billet qui parle de lui et de sa chambre. Ce qui fait chaud au cœur (ou pas), c’est qu’il n’a pas changé du tout, à la difference de sa chambre que j’ai pris sur moi d’organiser, ça lui apprendra à déserter pendant si longtemps!

C’était donc il y a quelques années, j’avais décidé subitement que ça suffit comme ça, on ne peut pas vivre décemment avec dans la maison une pièce maudite, un antre moitié grotte préhistorique moitié terrier d’ours (si, si, c’est possible, pour les ours qui sont asociaux), moitié friperie et 0,5% désert (le coin avec le cactus)…oui je sais, on arrive à 150,5% mais j’ai refait le calcul, c’est bon. Bref, dans un grand élan d’optimisme (qui a dit d’inconscience?), j’ai décidé de m’attaquer à la chambre de L’Ado, jusqu’à même changer son lit de place. J’ai une vie ébouriffante (d’où ma coiffure mi Berger des Pyrénées, mi Chewbacca).

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(source photo)

Ce fut une erreur. Déjà, la population locale de la chambre (c’est à dire L’Ado et Capucine) a bruyamment exprimé son mécontentement. J’ai osé les réveiller avant midi. La chatte est partie bouder dignement, en se rendormissant aussitôt sur le canapé, en signe de protestation. L’Ado m’a traité de fasciste tyrannique, et d’abord, c’est sa chambre et lui il aime bien comme ça, et après il ne retrouvera rien, et ça va pas non, de le sortir du lit à l’aube (10h30) pour lui gâcher la vie. Je suis clairement une mère indigne à tendance bourreau, et fasciste (deux fois, c’est dire si je le suis). J’ai dû menacer de laisser rentrer Wizzboy qui piaillait derrière la porte et de le lancer sur la collection de BD de L’Ado pour tirer la chose du lit. Les protestations se sont muées en râles infâmes quand j’ai décrété que L’Ado allait aussi m’aider. J’aurais tenter de lui arracher un bras avec une lime à ongle, il aurait trouvé ça plus humain que de devoir ranger sa chambre.

On a commencé à déblayer le terrain, pour pouvoir déplacer le lit. Le cactus, dans un élan de solidarité remarquable avec L’Ado, qui pourtant l’assoiffe consciencieusement depuis des années (quand est-ce que ce végétal acariâtre va se décider à crever une bonne fois pour toute?), s’est jeté sauvagement sur mon mollet droit, le traître. Ça a fait rire L’Ado, je savais que c’était un coup monté. Du coup, je n’ai eu aucune pitié. Puisque c’est comme ça on va complètement changer la disposition de la pièce, et hop. Si vous avez des travaux de terrassement à faire ou des fouilles archéologiques poussées, je peux venir aider, c’est bon, je suis bien entraînée. On a retrouvé sous le lit : 17 chaussettes (il semblerait que ce soit la faute de la chatte) dont une datant de son uniforme du collège, trois espadrilles, dont une verte fluo à la provenance inconnue, une corde de guitare enroulée autour d’une chaussure de rugby fossilisée dans sa boue (visiblement, c’est de l’art, L’Ado essayait un truc…), 9 cahiers de cours, certains ayant plusieurs années, un poster d’Arsenal saison 2006/2007 avec des taches de pizzas, trois stylos ayant bavé partout, une chemise qui fut blanche dans une vie antérieure et un dinosaure en plastique. 

L’Ado continuait à me traiter de fasciste pendant toutes les opérations, le cactus m’attaquait par surprise dès que je croyais l’avoir mis hors de portée (ce truc se déplace tout seul, je ne vois que ça, comme a-t-il pu se retrouver sous ma plante de pied, à côté de l’armoire alors que je venais de le poser sur le rebord de la fenêtre à l’autre bout de la pièce?). Bref, j’étais de bonne humeur, j’ai donc réussi toute seule à déplacer tous les meubles. Ça m’a valu un tour de rein et des cris hystériques de L’Ado, mais tant pis. Le lit est à la place de l’armoire qui a remplacé la bibliothèque qui a opéré un glissement le long du mur à côté du bureau qui a poussé le portant à guitare. L’Ado ne voit pas l’intérêt, mais c’est beaucoup mieux comme ça. C’est un succès puisque devant le résultat, il a arrêté de me traiter de fasciste pour dire que j’étais une grande malade hystérique qui déplace les meubles pour le plaisir alors que ça ne sert à rien. Cet enfant n’a aucun sens de la déco et de l’aménagement de l’espace. 

Je pensais terminer triomphalement par éjecter définitivement le cactus. Mais L’Ado s’est jeté dessus, c’est son ami d’enfance, lui vivant (sous mon toit) il est hors de question que je touche à une épine de ce végétal. Il l’a aussitôt aspergé d’un litre d’eau pour montrer son attachement, j’ai bon espoir que cette fois ci, le cactus ne s’en remette pas…et bien, il s’en est remis. Je précise que deux déménagements plus tard, dont un trans Manche, le cactus était toujours vivant. Et puis, Marcel le chaton est arrivé. L’Ado ne le connaît pas encore, j’espère qu’ils s’apprecieront quand même. Parce que Marcel a eu raison du pot et du cactus qui n’en finissait pas de crever dedans, et qui le narguait clairement sur son appui de fenêtre. Le cactus n’est plus, la nouvelle chambre de L’Ado est toute rangée et toute belle, et il rentre à la maison. Youpidoo!

Édit: il est bien arrivé!

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Speaker Bercow top 10

Pour ceux qui ne sont pas familiers du système politique britannique, le titre peut surprendre. Le speaker, c’est celui qui conduit les débats à la chambre des députés, à Westminster. Il décide de l’agenda des discussions, de ce qui sera mis au vote tel jour, et il (ou elle, mais en l’occurrence, on va parler d’un speaker) a la lourde tâche d’essayer de faire régner un semblant d’ordre quand les députés tombent dans la foire d’empoigne verbale. Et personne n’a jamais fait le job aussi bien, aussi consciencieusement, aussi drôlement, que le speaker démissionnaire, John Bercow. Il a beau être du même bord que le gouvernement (et celui de Zaza avant), il est d’une impartialité totale. Depuis 3 ans, il a défendu les droits du parlement face à l’exécutif avec une détermination sans faille et un humour certain. Avant de se faire démissionner, il a choisi de prendre les devants et de partir de son propre chef, et Westminster sera beaucoup plus terne sans ses cravates délirantes et ses célèbres « oooooorder, ooooorder! ». Ça valait donc bien un petit top 10. Pour la compréhension de la chose, je précise qu’à Westminster, on ne s’adresse pas aux gens par leur nom (ça serait trop simple), mais par leur fonction ou titre honorifique (on ne dit pas Monsieur Johnson, si monsieur le premier ministre, mais « the prime minister »; on ne dit pas non plus monsieur/madame le/la député/e, mais « the honourable gentleman/lady »)

10- alors que les députés protestent bruyamment quand Tim Fallon, ancien chef des LibDems doit prendre la parole, Bercow, sans pouvoir réprimer un sourire taquin, les fait taire « quelque soit l’irritation suscitée par l’honorable membre, il a le droit de parler et il parlera ». Même Fallon était hilare.

9- A un député qui s’énervait un peu trop « vous êtes bien excité, si on doit vous donner des médicaments pour vous calmer, on le fera ».

8- Bercow sait aussi remettre à sa place un jeune élu qui se prend pour le centre du monde et qui hurle comme un dément pour empêcher l’opposition de parler  » j’ai moi aussi de grandes espérances pour votre futur de chef d’état, mais votre comportement montre bien que votre période d’apprentissage n’est pas finie ».

7-au ministre de la santé, Jeremy Hunt, connu pour son incompétence crasse et son intelligence limitée, qui regarde son téléphone  » je rappelle calmement que s’assoir sur les bancs (de l’assemblée) et jouer avec un appareil électronique défie les conventions de cette assemblée (…). C’est tellement évident que seul quelqu’un d’extraordinairement intelligent et sophistiqué peut ne pas s’en rendre compte ». Je rappelle que Bercow est donc du même parti que Hunt.

6- Alors que David Cameron quand il était encore premier ministre, prenait trop de temps pour répondre, Bercow l’a interrompu. Cameron s’est défendu « mais je n’ai pas fini! ». Riposte du speaker: « en réponse à cette question, le premier ministre a fini, et je peux vous assurer qu’il est fini ».

5- Il a souvent traité les députés comme des gamins turbulents, et ils le méritent. Il n’a pas hésité à punir Michael Gove, ministre aux portefeuilles interchangeables dans tous les gouvernements conservateurs : « vous êtes bien surexcité, vous allez copier 1000 fois : je dois me comporter correctement pendant les questions au gouvernement ».

4- Il participe parfois aux facéties des députés, ça donne lieu à cette sortie, après l’intervention d’un député roux:  » l’activité embrasse un roux est certainement tout à fait légale, mais je n’ai pas l’intention d’y participer activement ».

3- Il n’hésite pas à donner des conseils bien-être aux députés trop bruyants:  » calme-toi, mec, calme-toi…tu devrais faire du yoga, tu trouverais ça bénéfique ».

2-Quand un ministre outrepasse ses droits et essaie de mener les débats à sa place en lui coupant la parole, Bercow répond sèchement:  » je n’ai pas besoin de l’aide d’un jeune sous ministre, c’est une proposition absurde ».

1- sa sortie que je préfère reste sa réponse lorsqu’un député l’accuse d’être contre le brexit puisque je cite, « il a sur sa voiture un sticker bollocks to brexit  » (j’en ai collé quelques uns aussi, y compris à Colchester, en plein territoire brexiteur, et j’en suis très contente). John Bercow, avec un sourire de délectation de plus en plus évident, a eu la répartie suivante:  » j’ai la plus grande estime et affection pour l’honorable gentleman, mais la seule raison pour laquelle je dois l’interrompre, et j’espère qu’il m’en excusera, c’est qu’il y a une erreur dans sa remarque. Je suis sûr que cette erreur est involontaire, et je le dis sincèrement. Il a dit qu’il y a un autocollant à propos du brexit sur ma voiture. Il se trouve que cet autocollant est sur la voiture de ma femme. Et je suis sûr que l’honorable gentleman ne suggérerait pas un instant qu’une épouse est de quelque manière la propriété ou le bien de son mari. Ma femme a le droit à ses propres opinions! ». J’ai particulièrement apprécié, comme beaucoup en Grande Bretagne, son sourire narquois qu’il n’arrivait pas à réprimer et son air à la fois triomphant et écroulé de rire à la fin de cette tirade. Ça va être dur, de remplacer un tel speaker!

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Fontevraud

Je continue avec les souvenirs des vacances et les jolies photos prises par Marichéri…cette fois, j’ai vraiment eu du mal à choisir. Il a fallu que je me calme, sinon, je vous en aurais bien mis une bonne centaine: j’ai adoré Fontevraud. Ça faisait longtemps que je voulais visiter l’abbaye, et je n’ai pas été déçue.

Déjà, comme je l’ai expliqué à mes filles ébahies, on est en plein girl power médiéval à Fontevraud (oui, je sais, c’est limite, mais j’essaie de les intéresser, et en l’occurrence ça a marché à fond). Bien sûr, il y a Alienor, mais pas uniquement. L’abbaye de Fontevraud a été fondée en 1101, c’est un des plus grands ensembles monastiques d’Europe (le site fait 13 hectares, mais possédait au temps de sa splendeur toute la région), et c’était mixte! C’est déjà une curiosité en soit, même si on a rapidement séparé les moines et les nonnes dans deux bâtiments différents pour éviter tout scandale (Le monastère du Grand Moutiers pour les unes, celui de Saint Jean l’habit pour les autres), espèces de petits coquins. Mais surtout, l’abbaye de Fontevraud, côté homme comme côté femme, a toujours été dirigé par une abbesse. Et toc.

L’église abbatiale est magnifique et grandiose, il faut bien ça pour une nécropole royale. Elle date de 1119 et fait carrément 90 mètres de long. Elle devient très mode à partir de 1154, quand Henry Plantagenêt, roi d’Angleterre et local, et donc sa femme Alienor d’Aquitaine, mon idole, viennent y faire un tour. Comme quoi, Kate et Meghan n’on rien inventé, déjà au moyen âge, on suivait les « Royales ». En tout cas, Fontevraud paît tellement à Henry et Alienor qu’ils y laissent en pension leurs deux plus jeunes gamins, Jeanne et le futur Jean Sans Terre…ou alors, ils avaient tellement d’enfants qu’ils ne se sont pas rendus comptes qu’ils en avaient égaré quelques uns, c’est une possibilité. Je sens que je casse l’ambiance. Un peu de sérieux, reprenons.

Quand Henry meurt subitement à Chinon en 1189, on est bien embêté. Rien n’était prévu, et voilà qu’on se retrouve avec un cadavre royal sur les bras, en plus, avec la chaleur exceptionnelle de cet été là, franchement, c’est pas un cadeau. Fontevraud a le mérite d’être juste à côté, allez hop, on y case Henry et puis c’est tout. Si ça ne lui plait pas, il avait qu’à mourir ailleurs aussi. Bref, c’est grâce à lui et à la précipitation de son entourage à se débarrasser au plus vite de sa dépouille qu’on peut admirer de sublimes gisants à Fontevraud. Il y a donc Henry, qui est rejoint en 1199 par son fils Richard Cœur de lion. Alienor prend sa retraite à Fontevraud en 1200 et y meurt en 1204. Je ne suis bien sûr pas du tout chauvine, mais il faut reconnaître que son gisant est le plus beau non? Il y a également celui d’Isabelle (femme de Jean), mais ce ne sont pas les seuls Plantagenêt enterrés à Fontevraud, on y trouve également Jeanne et ses fils Richard et Raymond.

Le monastère du Grand Moutier, celui des femmes, se visite entièrement et c’est juste sublime. il fallait bien ça pour me détacher des gisants. Non, je ne suis pas morbide, je suis toujours émue par la sculpture médiévale en général, et les gisants en sont le plus bel exemple.

La salle capitulaire a particulièrement impressionné Wizzboy avec ses fresques de 1565 puisqu’elle lui a inspiré une réflexion artistique dubitative: « c’est bien dessiné ». C’est pas faux. Maricheri qui est un petit comique (de 6m08 quand même), a aussi fait remarque que c’était probablement les premiers photobombs de l’histoire, puisqu’on retrouve dans chaque scène l’abbesse commanditaire des fresques, Louise de Bourbon qui s’incruste de manière parfois surprenante.

On peut aussi voir le réfectoire ou encore la Chapelle St Benoît et sa magnifique charpente qui a servit un temps de brasserie, détail qui a vivement intéressé GeekAdo. On peut voir aussi l’extérieur du prieuré St Lazare, et c’est moins drôle, puisqu’il accueillait des lépreux. Il a été transformé en restaurant aujourd’hui. Je ne sais pas pourquoi, mais ce n’est pas forcément ce bâtiment là que j’aurais choisi pour ouvrir l’appétit, mais bon…

Après la révolution et la dissolution des ordres monastiques, Fontevraud s’ennuie. C’est ballot, tous ces grands bâtiments tout vides…ça donne une idée à Napoléon qui ordonne de transformer l’abbaye en prison en 1804. Elle le restera jusqu’en 1963.

Bref, j’ai adoré, et pas seulement pour Alienor. Le village de Fontevraud-l’Abbaye est charmant aussi (je ne dis pas ça pour faire plaisir à Tata F!). Mes filles sont ressorties de l’abbaye avec une haute idée d’Alienor, ça fait plaisir, GeekAdo s’intéresse toujours à ce genre de visite, Maricheri a fait des centaines de photos, Wizzboy n’a rien cassé…une réussite!

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Sunny Monday #36

On est toujours sur la route pour le défi de Bernie. Après le Portugal, je reviens à du local avec les célèbres routes pavées de Carmelide du Nord Pas de Calais.

Bonne semaine à tous!

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