Thursday Thunder: they forgot


Alors que la Grande Bretagne célèbre en grandes pompes le Remembrance Day, en saupoudrant toute une série de Royals aux diverses commémorations, des litanies du célèbre « lest we forget » (n’oublions pas) envahissent tous les discours. Le 11 novembre, les britanniques se souviennent de tous les anciens combattants, pas que ceux de la première guerre mondiale. D’ailleurs, ils préfèrent la deuxième, mais le 8 Mai ne donnant donnant lieu à aucune commémoration, on sort les rares survivants le 11 novembre. Un certain public anglais, qui n’était pas né en 1944, est persuadé d’avoir libéré tout seul à main nue, grâce à sa supériorité intrinsèque de britannique, ou plutôt d’anglais, toute l’Europe. Ils récupèrent sans aucune honte le massacre de milliers de malheureux (d’un côté comme de l’autre) sur les plages normandes pour justifier toutes leurs idéologies présentes, en s’abritant faussement derrière leurs poppies et leurs « n’oublions pas ». Raté. Ils sont en train d’oublier.

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Déjà, ils n’ont pas compris exactement que non, ce n’est pas l’armée britannique toute seule qui a sauvé le monde du nazisme. Encore moins pendant la première guerre mondiale, mais qu’est ce qu’un peu d’ignorance crasse d’anachronisme face au nationaliste triomphant? Passons. Ces gens qui sont persuadés d’être les gentils de droit, n’écoutent même pas quand les quelques vétérans encore avec nous, essaient de les faire taire. Ces vieux messieurs si dignes s’inquiètent de ce qu’ils voient en Grande Bretagne. Ils sont atterrés qu’on ose salir la mémoire de leurs camarades pour justifier ce qu’ils ont justement combattu. Mais alors même qu’on prétend les honorer, on ne les entend pas. C’est la Grande Bretagne qui a quitté l’Union européenne, créée au départ pour garantir la paix en Europe. C’est en Grande Bretagne que la presse affiche les portraits des députés qui ne suivent pas la doctrine d’état en les traitant d’ennemis du peuple. C’est en Grande-Bretagne que le chef du gouvernement actuel (Rishi Sunak) n’a pas été désigné par des élections mais par une petite centaine de députés, sans l’avis de personne et c’est tout. C’est en Grande-Bretagne qu’un député a demandé que les universités dénoncent les professeurs qui parleraient du brexit. C’est en Grande Bretagne que Boris Johnson a pu suspendre le parlement pour pouvoir brexiter en toute tranquillité. C’est en Grande Bretagne qu’on a endoctriné les enfants des écoles avec le magnifique one Britain one nation day (il y a meme une chanson).

C’est en Grande Bretagne qu’on assassine dans la rue une députée anti brexit, qu’on élimine les aides sociales des handicapés et des malades, qu’on déporte des citoyens britanniques mais de couleur vers des pays qu’ils ne connaissent pas. C’est en Grande Bretagne que les juges de la cour suprême sont jetés en pâture à la vindicte populaire, et que le gouvernement ne tient aucun compte de leurs avis. C’est en Grande Bretagne qu’on fiche les européens, qu’on enferme sans jugement et sans limite de temps les étrangers ou qu’on les déporte au mépris de toutes les conventions internationales vers le Rwanda, sans possibilité de retour. C’est en Grande Bretagne que la nouvelle ministre de l’intérieur clame que son rêve le,plus cher, c’est de déporter le,plus d’étrangers possible. C’est en Grande Bretagne que l’état peut retirer, sans prévenir, sans donner de raison et sans possibilité d’appel, la nationalité britannique à qui il veut. C’est là que l’accueil des hôpitaux est devenu un poste de contrôle d’immigration qui rejette des gens installés légalement et ayant cotisés pendant des décennies.

C’est en Grande-Bretagne que les 4 derniers chefs de gouvernements ont été reconnus plusieurs fois chacun, parjures devant le parlement, ce qui est un délit, et tout le monde s’en fout. C’est en Grande Bretagne que le gouvernement s’est octroyé, au nom d’une sombre loi datant de Henry VIII, des pouvoirs pratiquement illimités pour mener les négociations du brexit comme il l’entendait, dans le plus grand secret et sans que le parlement puisse avoir son mot à dire. C’est en Grande Bretagne qu’une partie de la population est endoctrinée savamment par des médias qui dénoncent jour après jour l’autre, l’étranger, le coloré, le non chrétien en ressortant exactement les mêmes mots et la même infographie que les nazis. C’est en Grande Bretagne que le droit de manifester n’existe plus et que la police peut arrêter quiconque pourrait (c’est à dire qui ne fait rien mais a l’air de vouloir faire quelque chose) perturber l’ordre public, y compris des journalistes, selon son appréciation personnelle et totalement subjective de l’éventuelle perturbation et que le perturbateur potentiel risque 18 mois de prison. C’est en Grande Bretagne que porter une pancarte, sans rien dire, conduit au poste. Y compris une pancarte banche sans aucun message.

On ne parle évidemment pas de nazisme, on n’en est pas là et on n’y arrivera pas. Mais ça ressemble furieusement aux débuts quand même. Juste après le référendum en 2016, quand les premières dérives verbales du gouvernement ont commencé dans l’indifférence voire l’approbation d’une partie de la population, L’Ado a eu cette remarque: « je ne savais pas qu’on vivait dans l’Allemagne de 1933 ». La comparaison a été faite maintes fois depuis par des observateurs qualifiés. Et par ces vétérans que les brexiters font semblant d’honorer aujourd’hui. « Lest we forget »….too late. You forgot.

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2 commentaires pour Thursday Thunder: they forgot

  1. Frédérique dit :

    Bonjour , oui cela fait peur et on a l’impression, vu de l’extérieur , que les tabloïds très puissants en GB , mettent ( remettent ? ) de l’huile sur le feu en permanence … sans que des gens sensés, ou intellectuels puissent faire entendre leur voix . La GB plonge mais , c’est forcément de la faute des méchants européens et tutti quanti..
    qu’en pense la majorité silencieuse ?
    Frédérique

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