General Post Office, Dublin


On continue les visites dublinoises. On ne va pas parler courrier, contrairement à ce que le titre pourrait faire croire, mais histoire: la General Post Office, ou GPO pour les intimes, c’ est la poste centrale de Dublin. Le bâtiment géorgien trône au milieu de O’Connell street, mais aussi dans l’imaginaire national irlandais. La GPO occupe une place exceptionnelle dans l’histoire du pays.

Lorsqu’on est arrivé en Irlande, en 1996 (ouch!), la GPO est la première chose que nos collègues nous ont amenés voir. J’ai d’ailleurs tenu à y acheter des timbres, pour le souvenir. Le bâtiment d’origine date de 1814, mais il a été reconstruit après 1916. En effet, la GPO a presque entièrement était détruite lors du Easter Rising, de la rébellion de Pâques 1916 qui l’a faite rentrée dans l’histoire. La GPO fonctionne toujours comme bureau de poste, mais les sous-sols ont été aménagés en musée et c’est très bien fait. C’est sobre et factuel, j’allais dire neutre et c’est un compliment. Déjà, le Easter rinsing n’est plus présenté comme un événement mythologique isolé, comme on nous l’avait raconté en 1996, mais il est replacé dans le contexte historique, politique et social européen de 1916, qui était un chouïa agité en pleine première guerre mondiale. Et surtout, on montre des faits historiques vérifiés, étayés, et sans parti pris. Ça change de la représentation légendaire et déformée qui primait encore quand on est arrivé en Irlande. C’est beaucoup plus intéressant, et le musée est très bien conçu.

La GPO est donc au cœur de O Connell street, du nom d’un précurseur de l’idée d’indépendance. Ça tombe bien puisque le fameux Easter Rising dont je parle depuis le début est bien l’acte fondateur qui conduira finalement à l’indépendance de l’Irlande en 1921. Le 24 avril 1916, le lundi de Pâques, 1200 hommes (et quelques femmes) des Irish Volunteers et de la Citizen Army lance une insurrection contre le pouvoir colonial anglais. Les chefs se retranchent dans la GPO: au départ c’était pour couper les communications avec Londres, mais ça devient vite leur quartier général, puis finalement le dernier point de résistance face à la répression anglaise. Franchement, toute cette agitation laisse la population dublinoise de marbre, sauf que justement, la répression anglaise est féroce et totalement hors de proportion et que les victimes civiles qui n’avaient rien à voir avec tout ça, dont des enfants, s’accumulent. Ça fait désordre. Le sort des chefs rebelles, qui seront tous exécutés, finit de faire basculer l’opinion publique mais fait aussi scandale à l’étranger, notamment en Amérique. Du coup, cette révolution avortée permet au mouvement d’indépendance de prendre son essor. Les volontaires affluent, les américains d’origine irlandaise envoient argent et armes, la population soutient le mouvement…les chefs de l’Easter rinsing Éamonn Ceannt, Thomas James Clarke, James Connolly, Seán MacDiarmada, Thomas MacDonagh, Patrick Pearse et Joseph Mary Plunkett ne l’ont pas vu, mais ils ont bien permis l’indépendance de l’Irlande.

La visite est très instructive, pas bondée de touristes et toute la rue est sympathique. Si on se promène à Dublin en s’intéressant à l’histoire du pays, on est obligé de passer par la GPO.

Cet article, publié dans Les leçons d'histoire(s), Tourisme, est tagué , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s