Wimbledon, les fraises et moi



Alors qu’en France, on se remet à peine de Roland Garros, en Angleterre , on s’extasie devant Wimbledon. Pour s’échauffer, il y a eu le tournois de Queen’s, à Londres aussi, que j’adorais suivre. Comme tous les ans, on subit admire en boucle les images du triomphe de Andy Murray, qui commence à dater un peu. Vous savez, ce grand moment où il est définitivement devenu un joueur britannique, alors qu’avant, c’était juste un vague tennisman écossais. (Pour ceux qui ne suivent pas, il a gagné Wimbledon, ça faisait 1500 ans qu’ils attendaient ça, au moins. La dernière fois qu’un british avait gagné, on n’avait même pas découvert le feu, c’est dire!)

Les anglais sont très polis. Ils reconnaissent donc sans mal que le tennis vient du jeu de paume français. Mais c’était un bazar incompréhensible quand ils l’ont récupéré bien sûr, et c’est grâce à eux qu’il y a des règles limpides. D’ailleurs, il suffit de voir la façon dont on compte les points au tennis, c’est d’une simplicité enfantine et d’une logique imparable (pourquoi 15, 30 et 40? Ça devrait être soit de 15 en 15, soit de 10 en 10…), un peu comme les scores de cricket. Les accessoires indispensables pour pratiquer le tennis en Angleterre ne sont pas des balles et une raquette, mais des fraises, de la crème et du Pimm´s (c’est une boisson, c’est alcoolisé). Sérieusement, Wimbledon, on n’y va pas pour le tennis, mais pour les fraises et la crème. Chaque année, 28 tonnes de fraises sont englouties accompagnées de 7000 litres de crème. On ne va pas se laisser abattre. Éventuellement, si le temps est beau, on peut aussi se munir d’un grand chapeau, pour mieux cacher la vue aux spectateurs derrière.

Quelques agités, probablement dangereux, préfèrent cependant jouer au tennis, plutôt que de le regarder poliment en trempant leurs fraises dans la crème fouettée, comme tout être civilisé qui se respecte. A part Murray et Emma Raducanu, on ne peut pas dire que le pays regorge de champions. Vous avez donc toutes les chances de vous retrouver classé parmi les 10 meilleurs joueurs britanniques simplement en réussissant à ramasser une raquette qui trainait par terre. Je ne plaisante pas (enfin pas beaucoup). En 1878, un anglais s’ennuie pendant ses vacances, ça peut arriver. Désœuvré, il décide pour rire de s’inscrire à Wimbledon, bien qu’il n’ait pratiquement jamais joué au tennis. Et donc Franck Hadow remporte le tournoi et invente le lob par la même occasion. Et bon, toutes bonnes chose sont une fin, à commencer par ses vacances. Il repart à ses activités habituelles et ne joue donc plus jamais au tennis. C’est motivant. J’ai donc essayé, à une lointaine époque, avec mon sens sportif inné, qui me permet de me faire un croc en jambe à moi même quand je cours, m’étalant avec la grâce d’une baleine échouée sur un banc d’oursins.

A ma décharge, il faut savoir que Marichéri mesure 32 centimètres de plus que moi, et qu’il a refusé que je mette des talons pour jouer. Forcément, ses balles me passaient largement au dessus de la tête. Et comme je me suis déjà tordu la cheville en dormant, je préfère ne pas sauter. Il paraît que le fait que je tienne la raquette comme une poêle à frire n’aide pas. Je ne vois pas le rapport, c’est clairement le filet qui est trop haut. Heureusement, je peux jouer avec L’Ado. Il a pris des leçons quand il était petit, ce fut un échec. Il servait systématiquement derrière lui, et était incapable de renvoyer la moindre balle, on aurait dit sa mère. Pourtant, il faisait exactement comme le coach, et tenait bien sa raquette de la main droite. Il est gaucher. Un fois ce léger problème réglé, son jeu ne s’est pas amélioré beaucoup pour autant. Il a abandonné et s’est mis au rugby. 

Bref, je continue à suivre Wimbledon depuis mon canapé, en regrettant de n’avoir jamais pu y aller quand on vivait en Angleterre. Cela dit, je vais continuer à m’entraîner pour les fraises et la crème fouettée, on ne sait jamais.

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Un commentaire pour Wimbledon, les fraises et moi

  1. carrie4myself dit :

    Finale du Queen’s faite 2 fois; j’avais adore!
    Wimbledon jamais tente.
    En tout cas fraises/chantilly (sucree) et pimm’s etaient de rigueur en ces périodes.
    Jolis souvenirs….. ❤

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