Le serre-tête


J’ai déjà parlé quelque fois de ma tignasse, moitié chewbacca, moitié butagaz après explosion, moitié lama. C’est une tare familale que je tiens de ma maman, qui elle même l’a hérité de sa mère et que j’ai refilée à PrincesseChipie. Il n’y a pas de raison de ne pas en faire profiter toutes les générations. Ma maman, qui est d’une patience admirable, a plus ou moins réussi à dompter la chose, mais j’ai pendant longtemps renoncé à avoir l’air coiffé: si j’essaie de lisser mes cheveux, ils rebiquent, raides, certes, mais pas tous dans le même sens. Et puis, ils finissent par se rebeller et se tortiller comme jamais. Si j’accepte mes bouclettes et que j’essaie d’en faire quelque chose, elles se raidissent. Puis tirebouchonnent. Puis font les deux en même temps. C’est une plaie.

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Pour ne plus y penser, j’ai passé une trêve avec mes cheveux, il y a plus de 20 ans. On avait chacun notre territoire, délimité par la frontière que formait mon serre-tête (enfin, mes serre-têtes et autres bandeaux). C’est à dire que je laissais mes cheveux vivre leur vie, faire ce qu’ils voulaient de l’autre côté du serre tête et que j’évitais de me prendre une mèche intempestive dans l’œil. On s’est ignoré comme ça pendant des années et ça nous allait très bien. Sauf que comme beaucoup de gens, j’ai cédé à l’ennui capillaire au moment du confinement et j’ai décidé sottement de changer de coiffure, ce qui déjà est suspect, parce qu’on ne peut pas franchement qualifié ce que j’ai sur le crâne de coiffé. Du coup, j’ai aussi abandonné mes serres-têtes. J’en étais très contente, au départ. Et paf, une mèche dans l’œil.

Ivres de liberté, mes cheveux m’ont fait payer ce changement intempestif. Et une bouclette unique sur le front. Sans compter que je me sens toute nue, sans serre-tête. Et un épi hirsute et têtu sur l’oreille droite. Et une crête de hérisson, en biais derrière la nuque. En plus, il y a toujours du vent dans le coin, et c’était bien pratique d’avoir un serre-tête. Et une anglaise à ressors qui descend jusque sur le nez. J’avoue aussi, ça me manquait de remplir de confusion certaines personnes qui n’arrivent pas à réconcilier mon serre-tête et mes perles avec mes docs à fleurs et mes collants rouges, ou bleu ou vert (ou les 3)…oui, c’est mesquin, je sais.

Tout ça pour dire que j’ai craqué. Non seulement j’ai ressorti ma collection de serres-têtes, mais je l’ai encore agrandie et j’en suis tres heureuse. Là, j’ai un bandeau torsadé à fleurs et mes cheveux ont repris leur vie indépendante, sans que je les embête et ils en sont ravis, vu le buisson que j’ai à nouveau sur le crâne. Alors je sais bien que les serres tête ont parfois mauvaise réputation, mais ils ont toujours été des amis fidèles et je ne suis pas prête à m’en séparer.

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4 commentaires pour Le serre-tête

  1. Frédérique dit :

    J’adore la photo .. et j’aime bien aussi le concept de brouiller les pistes avec collier de perles, serre-tête et doc rouges, les chaussures rouges il n’y a que ça de vrai , et jaunes , oranges etc … 😉😉

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  2. Suzanne dit :

    Je connais ce problème capillaire, chez moi (= sur ma tête) il semble Ie chaque cheveu a décidé de vivre sa vie indépendamment de ses potes. Donc j’ai adopté le cheveu attaché en toutes circonstances.
    Le serre tête est une très bonne solution aussi.

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