Thursday Thunder: brexitland, de pire en pire


Il y a longtemps que je n’avais pas parlé du brexit, non? Forcément, avec la pandémie, ça passe un peu inaperçu. Grâce à la gestion abyssale de la crise du covid par Johnson and co, le Royaume Uni enregistre les pires résultats en Europe voire dans le monde, et encore, c’est en ne tenant compte que des statistiques officielles qui sont légèrement tronquées. Du coup, vu le désastre sanitaire, le brexit peut achever l’économie britannique tranquillement, sans se faire remarquer. Le royaume uni est définitivement sorti de l’Union européenne au premier janvier, et le moins, qu’on puisse dire, c’est que ce n’est pas un succès. Les importations et exportations sont bloquées, noyées sous des tonnes de paperasses et de taxes déguisées imposées par Londres. Le poisson écossais pourrit sur place sans acheteur. Pareil pour la viande, alors que le consommateur anglais erre dans des rayons de fruits et légumes vides. Le gouvernement en est à conseiller aux PME britanniques de se délocaliser en…union européenne, embarquant avec elles emplois, impôts et savoir faire. C’est génial. Et donc au milieu de tout ça, alors que les hôpitaux saturés sont en sous effectifs, que l’économie craque de partout à cause du brexit et de la pandémie combinés, le plus important, pour la ministre de l’intérieur et la clique de xenophobes du gouvernement britannique, c’est évidemment de se débarrasser des européens. Voilà.

Je rappelle que beaucoup d’ européens travaillent dans le NHS, le système de santé, des cabinets de généralistes aux hôpitaux. C’est clair qu’on n’a pas besoin d’eux en ce moment, c’est pas comme si le gouvernement britannique avait été obligé de démonter en catimini les hôpitaux de campagne érigés à grand frais pour lutter contre la pandémie, faute de personnel soignant pour les faire fonctionner. Pour bien faire passer le message, les médias rappellent que certains soignants étrangers pourront être exclus de la campagne de vaccination, ça leur apprendra, à venir sauver des vies britanniques, à ces sales migrants. On apprend aussi que le gouvernement est tellement déçu que seul un million et demi d’européens soient partis, il est prêt à payer pour se débarrasser de ceux qui restent. Je me demande si ça fait le coup de tenter une démarche rétrospective…non parce que là, l’état britannique nous doit £14000 quand même!

Source

Il y a aussi les merveilleuses publicités financées par l’état pour expliquer qu’on ne peut plus embaucher un européen comme ça, espèce de sale traitre qui donne du boulot à des gens qualifiés sans se soucier de leur nationalité, si c’est pas scandaleux. Maintenant, il faut un permis pour ça, il faut faire une tonne de paperasse et bien sûr, que l’européen en question est assez de points. Ah oui, parce que le gouvernement dans sa grande mansuétude, attribue des points selon des critères qui n’ont strictement rien à voir avec les besoins des employeurs britanniques et être marié à un/e britannique ne compte pas. Si vous n’avez pas assez de point, vous ne rentrez pas, c’est tout. Évidemment, ça ne s’applique qu’aux nouveaux arrivants, les européens déjà installés sont protégés par le fabuleux settle status qui leur donne moins de droits que ce qu’ils avaient avant, et après on dit que le gouvernement n’est pas aux petits soins avec eux. Bon après, ils sont quand même très nombreux, il ne faudrait pas qu’ils s’incrustent non plus…heureusement, le ministère de l’intérieur a pensé à tout: entre les retards de traitements, les problèmes techniques et les erreurs de dossiers, tous les européens éligibles n’auront pas leur settle status et pourront donc être renvoyés de l’autre côté de la Manche très bientôt. Et puis, même ceux qui l’ont, ce settle status virtuel, vu qu’ils n’en ont aucune preuve physique, on peut les dégoûter facilement, pour qu’ils partent d’eux même le jour où leur employeur leur dira qu’il doit se débarrasser d’eux parce qu’il n’a pas pu vérifier leur status, que leur bailleur les mettra dehors pour les mêmes raisons, ou qu’un douanier zélé les bloquera à la frontière. C’est pas leur faute, c’est un problème informatique, une consigne gouvernementale contradictoire, un manque d’information, de la xenophobie pure (ne rayer pas la mention inutile, il n’y en a pas et oui, ça se produit déjà).

Bref, depuis un mois, la situation des européens en UK a encore empiré, dans l’indifférence générale. C’est vrai que tout le pays est plongé dans la crise, mais je ne suis pas sûre que l’urgence soit de traiter les européens comme des parasites à faire partir absolument. Welcome to brexit Britain!

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3 commentaires pour Thursday Thunder: brexitland, de pire en pire

  1. carrie4myself dit :

    Sans parler des vaccins qu’ils gardent… ils s’en fichent, ils ont quitte le continent et ont eu l’argent! So British, arghhhhh
    Et la Barclays qui me réclame des tonnes de preuves d’identité, des photos pour un changement d’adresse….. (et aussi fermer mon compte anglais).
    Bref fun fun 😦

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