Mardi Tourisme: le quartier du Zocalo, Mexico D.F.


Marichéri a toujours de bonnes idées. Je cherchais une inspiration pour le mardi tourisme, et il m’a fait remarquer qu’en ce moment, on a besoin de se changer les idées, de voyager virtuellement en attendant de pouvoir à nouveau le faire IRL. Il m’a donc suggéré d’abandonner momentanément les balades locales ou landaises et d’aller plus loin. Justement, le plus loin où je suis jamais allée, c’est le Mexique, et même la capitale, Mexico, ou pour faire local: Mexico D.F (comme Washington D.C.), pour districto federal. J’y ai vécu quelques temps, il y a plus d’une vingtaine d’années, pour mon stage de fin d’études. Comme ça m’a beaucoup plu, et que mon maître de stage a proposé de me garder, j’y suis restée plusieurs mois après, jusqu’au jour exact d’expiration de mon visa, dégoûtée de devoir rentrer en France mais avec la ferme intention de revenir dès que possible. J’avais même une offre de job sur place: mon patron avait essayé de me convaincre de faire un mariage blanc, avec un collègue gay qui ne voulait pas que sa famille le sache, pour régler ce bête problème de visa et m’embaucher directement…euh…c’est peut être une coutume locale, mais ça ira merci, je vais rentrer en France et redemander un niveau visa, ça ira aussi. Et puis, une fois rentrée, j’ai croisé un grand garçon de 6m08, j’ai oublié le Mexique et je me suis finalement retrouvée en Irlande, mais je m’éloigne du sujet. Revenons à Mexico D.F, et plus précisément au quartier du Zocalo, la grande place où se trouve le palais présidentiel et la cathédrale.

Mexico D.F. est immense, elle fait à peu près 1500 km2 (pour vous donner une idée, Paris n’a qu’une superficie de 105 km2). Quand on arrive de nuit, c’est impressionnant: avant d’atterrir, on voit les lumières de la ville à perte de vue, sans fin. Sauf des taches sombres au milieu de l’immensité de la ville, dues aux bidonvilles sans électricité (à l’époque, je ne sais pas maintenant). Même mes collègues mexicains se perdaient dès qu’ils sortaient des delegaciones (un peu comme des arrondissements) qu’ils connaissaient. Il n’y a pas un centre ville, mais des centres ville et même des centres dans les centres. On va donc rester pour aujourd’hui dans un petit périmètre, le centre historique, celui où les conquistadors espagnols ont commencé à s’installer après avoir gentiment rasé la ville aztèque. On commence par la place elle- même, le gigantesque Zocalo, dont le nom officiel est Plaza de la Constitucion, qui fait quand même 240 mètres de long par 195 de large.

On y trouve le palais présidentiel, ou palacio national qui occupe tout un côté. Les conquistadores ne se sont pas embêtés, ils l’ont construit en 1522 sur le site même du palais de Moctezuma, l’avant dernier empereur aztèque. Tout autour de la place, il y a des bâtiments administratifs qui datent aussi des conquistadores, des grands magasins, implantés par des français d’ailleurs, venus de Barcelonnette au dix-neuvième et qui ont amené dans leurs bagages ce modèle de commerce, tout nouveau à l’époque, type Bon Marché. Il y a aussi les hôtels et les cafés, bourrés de touristes américains reconnaissables avant même qu’ils ouvrent la bouche et à qui ont fait payer le double des locaux, ou de la petite française là, qui a droit à un jus d’orange gratuit pour avoir ri aux blagues anti gringos du patron (j’en profite pour expliquer « gringos », terme dérogatoire désignant les américains qui vient de la contraction de « Green go home », popularisé pendant la guerre de 1846 entre Mexico et les US et due aux uniformes verts des soldats américains). Enfin non, on ne me prenait pas pour une française d’ailleurs, mais pour une Argentine. Apparemment, j’avais l’air d’être hispanophone, mais avec un accent argentin venu d’on ne sait où. Sur le zocalo, il y a bien sûr un monde démentiel, une nuée de taxis ignorant superbement le code de la route (qui est probablement une invention maléfique des gringos et qui donc ne les concerne pas le moins du monde), des vendeurs de rue qui vous haranguent en essayant de vous refiler tout et surtout n’importe quoi, des couleurs qui explosent de partout…j’adore. Sur le côté de la place, à gauche en regardant le palais présidentiel, vous avez la cathédrale, construite en 1571 par les espagnols toujours sur les ruines d’un temple aztèque, et même avec les ruines des aztèques, puisque les conquistadores ont réutilisé les pierres, quitte à coloniser un pays et détruire une civilisation autant y aller à fond.

Cela dit, en marchant un peu, on tombe sur le musée nacional, et là, on voit enfin l’héritage aztèque. Mais soyons clair, c’est génial de mettre en valeur ses racines, de célébrer le génie des aztèques et tout ça…mais bon, l’expo interminable sur la culture du maïs indigène ou celle sur les plans de tomate pré colombiens, honnêtement, ça m’a moyennement enthousiasmé. Alors qu’à côté de ça, il y a des choses sublimes dans ce musée. Et d’autres un peu gore aussi, parce que les aztèques, avant d’être sauvagement massacrés par Cortes et ses potes, avaient un chouïa exterminé ceux qui les gênaient aussi et je ne parlerai même pas des sacrifices, brrr. On va ressortir, et aller plutôt admirer les quelques ruines aztèques du coin qui ont échappé à la destruction totale. Il s’agit de la base d’une pyramide, et juste la base, il fallait bien des pierres aux espagnols pour construire tous les bâtiments autour du zocalo quand même!

D’ailleurs, revenons en arrière. Si on passe derrière la cathédrale, on arrive sur la place des écrivains publics. Je ne sais pas si ils sont toujours là, peut être que l’alphabétisation a fait des progrès, mais j’aimais cette ambiance. Sans compter qu’il y avait beaucoup moins de touristes. En continuant encore, on trouve le palais épiscopal, et son merveilleux patio qui est absolument charmant. Toutes les rues du quartiers méritent une petite balade. C’est évidemment un coin très touristique mais qui reste agréable, et puis, on peut même jeter un œil à l’intérieur du palais présidentiel. C’était formellement interdit, mais qu’on a 20 ans, un grand sourire, un accent argentin qui m’étonnait moi-même et une envie de faire pipi, les militaires armés jusqu’aux dents à l’entrée n’hésitent pas à vous laisser passer et même à faire les guides touristiques jusqu’aux toilettes. C’est la premiere fois que j’ai utilisé cette excuse, qui en l’occurrence n’en était pas une, pour aller fouiner où je n’ai pas le droit. Je m’en suis beaucoup resservi par la suite, j’ai même découvert que c’est encore plus efficace avec un bébé ou une petite fille à couette! Je sens que je m’éparpille encore.

Voilà, les photos datent, elles sont d’une qualité épouvantable, mal cadrées et floues depuis le départ, et jaunies ou bleuies avec les années, mais chargées de souvenirs. Si ça vous dit, j’en ai encore beaucoup en réserve du Mexique (certaines réussies!) et pas que du districto federal, même si je pense déjà à une autre destination pour la semaine prochaine. Marichéri a raison, ça fait du bien de s’évader, même virtuellement. Et viva Mexico!

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5 commentaires pour Mardi Tourisme: le quartier du Zocalo, Mexico D.F.

  1. nannie06 dit :

    Merci pour l’évasion !

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  2. carrie4myself dit :

    Genial; jamais ete la bas et… ca risque de prendre du temps avant de voyager aussi loin.
    Les vie cliches apportent une belle touche 😉
    Belle semaine 🙂

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