Thursday thunder : sleepwalking into a brexit wall


J’ai hésité à parler (encore) du brexit, parce que tout le monde s’en fout, à commencer par les principaux intéressés…mais c’est justement ce qui me met hors de moi. Depuis mardi minuit, c’est officiel, il n’y aura pas d’extension de la transition entre l’UE et le Royaume-Uni. Ça signifie que accord ou pas accord, le 31 décembre, toutes les mesures transitoires de sortie de l’UE prennent fin. Le Royaume Uni sera dehors, définitivement.

Source

Je sens que ce n’est pas clair….le brexit a bien eu lieu, mais sur le papier. Dans les faits, vu que grâce aux caprices des brexiters, les deux parties n’avaient réussi à se mettre d’accord sur à peu près rien, on avait décidé d’une période de transition, extensible à la demande de Londres pendant laquelle rien ne bougeait. Ça laissait le temps de se mettre d’accord pour définir par exemple les modalités des futurs échanges commerciaux et financiers, les formalités de douanes, l’avenir des accords de paix en Irlande du Nord, et accessoirement le sort des 5 millions de gens qui n’ont pas eu le droit de voter pour le référendum, les européens en UK et les britanniques en UE (pour ceux installés depuis plus de 15 ans). Je passe sur toute la partie purement britannico-britannique, parce que c’est bien gentil de dire qu’on ne veut plus des normes européennes, de la convention européenne des droits de l’homme, des standards écologiques et j’en passe, mais on met quoi à la place? Parce que là, concrètement, si on enlève tout ce qui a été voté depuis 40 ans, il n’y a rien dans le droit britannique. On s’est donc laissé le temps de trouver une solution, ouf tout va bien. Ou pas.

Depuis que le brexit est acté, les négociations ont donc continué, malgré la pandémie, avec un succès pétaradant, puisque tout ce qu’on a réussi à faire, c’est effacer les maigres points d’accord du premier withdrawal agreement. C’est à dire qu’au lieu d’avancer, on a reculé. C’est là qu’on voit toute l’efficacité de Boris Johnson et sa clique qui ont rejeté en bloc ce qu’ils avaient approuvé, et même parfois exigé trois semaines avant, avec une constance dans l’imbécilité obtuse qui fait plaisir à voir. Barnier, le négociateur européen, a été d’une patience admirable, digne d’une nounou expérimentée face à un troupeau de sales gosses aussi stupides que capricieux. Il s’est juste permis de rappeler que bon, vu la catastrophe qui se précise, ça serait peut-être une bonne idée que les brexiters décérébrés demandent une extension là, histoire de pouvoir continuer à au moins importer de quoi bouffer. Et bien non! Les brexiters sont des cons finis des être fiers et libres qui refusent d’obéir à un sale européen qui essaie juste qu’ils ne crèvent pas tous seuls, sur leur île (dans le même ordre d’idée, ces génies ont refusé de participer à la lutte européenne coordonnée contre le coronavirus, résultat, ils sont le pays le plus touché, et de loin!).

Alors voilà, il n’y a toujours pas l’ombre du soupçon du début du commencement de la moindre avancée en vue d’un accord éventuel. Rien. Les brexiters foncent allègrement vers un no deal brexit le 31 décembre, par leur propre entêtement, et personne n’en a dit mot dans les médias britanniques. En pleine pandémie, ils ne savent pas comment ils vont continuer à importer des médicaments, mais c’est pas grave. En pleine crise économique démentielle, ils ne savent pas comment ils vont pouvoir exporter, investir, recruter les personnels indispensables (notamment dans la santé, mais pas que)…mais c’est pas grave. On a le temps de voir, c’est dans 6 mois. Ahah. Pendant ce temps, côté européen, on se prépare, comme l’a dit Angela Merkel hier, et on sera prêt. Si ça les amuse après tout, ces brexiters, de suicider leur pays, c’est leur problème. Tout va bien en Brexitland, on fonce en chantant dans le mur, et tout le monde s’en fout.

Cet article, publié dans Les colères, est tagué , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

7 commentaires pour Thursday thunder : sleepwalking into a brexit wall

  1. carrie4myself dit :

    Ils aiment peut etre travailler dans l’urgence… se dire: pandemie first et ensuite on travaillera sur le reste, le Brexit… 🙄
    Ca fait peut, tres peur. Et l’Europe ne pourra que dire: on vous avait prévenu…..

    J'aime

  2. chbgb dit :

    Merci de me dire que je ne suis pas seule à penser ça!!!! (Je suis tjs en GB)

    J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s