Thursday Thunder: victims are victims, end of.


Tout va bien pour les droits des femmes en 2019, c’est merveilleux, dans l’après me too… Ou pas. Voilà qu’en Angleterre, la police exige maintenant d’avoir accès à l’historique digital des femmes qui osent venir porter plainte pour viol. Sous peine de refuser de prendre la plainte si elle ne peut pas tranquillement fouiller dans la vie privée de la victime. C’est quoi ce délire?

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Il y a peut être une minorité de cas, quand la victime connaît son agresseur par exemple, où ça peut être utile, je ne sais pas. Mais sinon à quoi ça sert? Ça fait avancer l’enquête de savoir que la pauvre fille qui s’est faite agresser à commander une botte de carottes et 6 œufs au drive, à surfer sur un site de vacances pas chères, qu’elle a répondu à un texto de sa mère en retard, qu’elle a raté une interro de math en sixième ou qu’elle a partagé des photos de chats qui louchent sur FB la semaine passée? Sérieusement? Ça va aider à retrouver et faire condamner son agresseur? Ou c’est juste un moyen d’encore une fois reporter la faute sur la victime? Une plaignante, agressée par un groupe d’inconnus, a expliqué que la police a demandé à avoir accès à tout son historique digital depuis 7 ans suite à sa plainte! C’est quoi le rapport? À Londres, la police demande à connaître toute l’activité sur les RS, l’historique des recherches internet, des e-mails, des textos, des photos, y compris effacées, mais aussi le dossier médical ou même le dossier scolaire des victimes. Absolument tout, sans limite de temps. Pourquoi? Et bien sûr une fois que ces infos personnelles, qui je le rappelle non strictement rien à voir avec le sujet, sont dans le dossier d’instruction, la défense peut y avoir accès. Le violeur peut tout connaître a posteriori de la vie privée de ses victimes. C’est à vomir.

Une aggression sexuelle n’est pas la faute de la victime. On se fout de savoir ce qu’elle portait, ce qu’elle faisait, ce qu’elle a mangé le midi ou regardé sur internet avant! Si on porte plainte pour vol de voiture, la police anglaise va regarder aussi si on a envoyé un texto à notre beau frère il y a 5 ans? Si on porte plainte pour cambriolage, elle va chercher si on n’a pas regardé une vidéo YouTube de chatons faisant du ski il y a 6 mois? Et en cas de meurtre, elle refuse d’enquêter si elle ne connaît pas l’historique des courses alimentaires en ligne de la victime? Non? Alors pourquoi, pourquoi la police anglaise exige ça des femmes victimes de viol pour prendre leur plainte? Pourquoi en 2019, on en est encore à culpabiliser les victimes? A tout faire pour les empêcher de porter plainte? C’est tellement scandaleux que je ne sais plus quoi dire.

Heureusement, des associations de victimes ont alerté les médias. Elles ont porté plainte aussi, contre ces pratiques policières. Mais en attendant, les victimes osent encore moins porter plainte (en chute de 23% sur un an en Angleterre)…non, tout ne va pas bien pour les droits des femmes en 2019, rien n’est merveilleux dans l’après me too.

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7 commentaires pour Thursday Thunder: victims are victims, end of.

  1. nannie06 dit :

    C’est effectivement à vomir…

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  2. C’est.. ignoble ! Mais terriblement efficace pour faire baisser le taux officiel d’agressions 😦

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  3. Axelle Duda-Gérard (Ax-L) dit :

    C’est… pfiou, je n’ai même pas de mots !

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  4. carrie4myself dit :

    WTF?!!! 😦
    Ignoble

    Aimé par 1 personne

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