The tiour de France en Angleterre


Maintenant que le foot est fini, soyons clair, on s’ennuie un peu. Vous allez me dire, il reste le Tour de France (et non le « thé tiroir » comme l’a marqué mon correcteur d’orthographe, qui a définitivement peté les plombs. On n’est pas aidé)…oui, mais non. Je ne critique pas ceux qui adorent suivre les étapes et tout ça, chacun ses vices mais comme on dit en anglais, je préfère regarder sécher de la peinture qu’admirer les pédalages tous ces agités du guidon. Il y a 4 ans, pour une raison qui m’échappe totalement le tour de France (the tiour, avec l’accent) démarrait en Angleterre, et j’ai fais un billet pour l’occasion que je n’hésite pas à ressortir avec autant par esprit d’à propos que par flemme d’en faire un autre, alors que pourtant dimanche dernier, le tour est encore passé vers chez moi. Je suis poursuivie.

Il y a 4 ans, ça partait donc du Yorkshire, pour passer ensuite par chez moi, dans l’ Essex avant d’aller jusqu’à Londres. C’était la folie du Tiour en Angleterre! Déjà, ça faisait deux ans de suite qu’ils le gagnaient, c’est encourageant. Visiblement, les anglais maîtrisent en cyclisme.

Pas moi, non seulement je n’y comprends rien à leurs maillots jaunes, à pois, à rayures, mais surtout ça m’ennuie profondément. J’ai eu la joie et le bonheur d’assister aux 4 jours de Dunkerque quand j’étais étudiante. C’est du vélo, et c’est une plaie. On attend pendant trois heures, sous la pluie au bord de la route, au milieu d’une foule de demeurés, avec effluves de merguez, parapluies publicitaires, bobs multicolores, les papiers gras et les blagues nulles volent dans tous les sens…c’est un supplice. (Alors que vous mettez les mêmes dans un stade de foot, et c’est tout de suite des supporters distingués, moi la première, qui entonnent poliment des chants mélodieux pas du tout vulgaires à propos du choix de carrière de la maman de l’arbitre). Et donc, trempée, morte d’ennui, développant une haine viscérale pour mon prochain (lui, là avec son rire gras, ses saucisses, sa casquette fluo et son t-shirt Michelin), j’ai eu le bonheur de voir passer à toute vitesse une poignée de maigrichons casqués, façon spermatozoïdes sous acide mais sur des vélos…ça a duré trente secondes. Tout ça pour ça. Bref, je ne suis pas fan du Tiour of France. Mais les anglais si.

On avait eu droit à une cérémonie d’ouverture, comme pour les JO. C’était chanté, ô joie. La ville de départ, Leeds était décorée pour l’occasion, on a même sorti Riri, Fifi et Loulou Harry, William et Kate. (Ils avancent groupés, William-and-Kate sont là pour décorer, et Harry pour rigoler). Il y a eu une parade dans les rues. Les gens n’ont pas hésité à repeindre leur maison aux couleurs des maillots du tour, on avait accroché des vélos partout (je suis pour, tant qu’ils sont plantés sur un toit d’église, c’est que personne ne grimpe dessus et m’oblige à aller les voir passer). Certains fermiers avaient même déguisé leurs moutons en cyclistes.

Et tous ces braves pédaleurs ont ensuite débarquer dans l’Essex. Des tas de gens que je croyais sains d’esprit ont même pris une journée de congés pour aller voir ça, beaucoup d’écoles organisaient des sorties scolaires pour applaudir le Tiour sur le bord de la route, la moitié du comté est habillé en jaune de la tête aux pieds et me parlait avec ravissement du Col du Tiourmalett. Malgré l’engouement délirant des anglais, je n’ai toujours pas réussi à m’enthousiasmer pour les exploits vélocipèdiques d’une poignée d’agités casqués, épilés, exhibitionnistes (vous avez vu leurs espèces de shorts? Ils n’ont pas les moyens d’en acheter un à leur taille, ils sont obligés de piquer le pantalon de leur petit neveu?) et probablement daltoniens, vues les couleur flashy de leur t-shirts.

Les valeureux cyclistes partaient de Cambridge et ont donc pédalé sur les routes de l’Essex pour finir à Londres, en passant faire coucou à la reine. D’ailleurs, je ne sais pas comment Elisabeth qui choisit toujours la couleur de ses tenues pour être vue le plus possible dans la foule, a-t-elle pu faire avec la concurrence des pédaleurs bariolés en fluo? A part se mettre un gyrophare sur le chapeau, je ne vois pas…

Les habitants de l’Essex étaient déchainés. Youpi! Une foule de gens d’habitude calmes et sains d’esprit avait envahi les bords de la route tôt le matin, puisque beaucoup avaient pris un jour de congés pour l’événement. Les enfants des écoles avaient fait le déplacement, un headteacher, un directeur d’école, a même eu l’idée saugrenue d’inviter tous les élèves et enseignants dans son jardin, sa maison étant sur le parcours. C’est beau, l’inconscience. Mon école, toute fière de compter dans ses rangs une française m’avait même proposé de faire un cours sur le Tiour of France en assembly, c’est à dire devant tout le monde réuni dans le hall, avec écran géant derrière pour suivre les cyclistes en direct. Ah. C’est bête, j’étais encore un peu malade, ça aurait été avec plaisir, vraiment…

Le journal local (la mondialement connue Colchester Gazette) donnait même des conseil dans son édition spéciale:

-arriver en avance. Ça aurait été ballot de manquer le début des réjouissances. Du coup, les spectateurs campaient sur les trottoirs dès 8 heures du mat. Et comme il faisait chaud, ils se sont désaltérés. A la bière apparemment. C’est sur, l’événement n’a pu qu’y gagner en élégance et délicatesse.

-se garer loin: de toute façon, les routes étaient barrées dans tout le comté. Ce n’était pas le jour pour aller se balader.

-amener un pique nique, pour digérer la bière probablement.

-s’entraîner à attraper les somptueux cadeaux publicitaires jetés en pâture joyeusement depuis la caravane, ça aurait été bête de manquer le porte clé de ses rêves. Sans entraînement, on risque l’accident, un reporter courageux de Essex Chronicle a été assommé par une boîte de thé! C’est fou, il s’en passe des choses sur la route du Tiour…j’en baille d’émotions.

-parler français. C’est sûr, ils ont pu l’apprendre la veille. Ça tombe bien, il n’y avait pas foot, il fallait s’occuper.

Une journaliste imbécile probablement londonienne, de BBC Essex a osé dire que le Tiour of France de 2014 est la chose la plus excitante qui se soit passée dans mon ancien comté en 10 ans. On voit bien qu’elle n’a jamais été à la fête de l’huître.

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