Baby fever


En ce moment, on parle beaucoup dans les médias internationaux de la famille royale britannique et du « royal baby ». N’importe quel tabloïd digne de ce nom spécule à l’envie sur l’accouchement de Kate. Comme tout ce qui touche à la famille royale, le public anglais est partagé entre l’enthousiasme le plus fou, un intérêt poli, ou une franche indifférence. Par contre, l’excitation des journalistes est palpable. C’est l’été, il ne se passe pas grand chose, ça remplit toujours du papier. Mais contrairement à ce que l’on pourrait croire en lisant la presse française, le royal baby, à part chez les fans de célébrités en tout genre, ne préoccupe pas plus que ça les gens. La canicule- je me répète, mais il fait très beau en Angleterre-occupe bien plus de place dans les conversations que le royal nourrisson. D’ailleurs, les journalistes qui font le pied de grue depuis une semaine devant la maternité où Kate doit accoucher, sont majoritairement étrangers. Ce qui permet aux médias britanniques de continuer à faire du remplissage en interviewant leurs collègues venus d’ailleurs….on tourne en rond.

Mais la famille royale ne se résume pas à une sorte de pouponnière. On dénombre une pléthore de « royals », et bien sur, certains sont plus populaires que d’autres. La Reine est appréciée par beaucoup, avec une certaine affection. Elisabeth reste dans son rôle, mais laisse parfois échapper des traits d’humour, que l’on espère volontaires. Alors que son mari, Philip fait lui des plaisanteries toutes à la fois voulues et d’un goût douteux. Ses gaffes sont légendaires et il a donné des sueurs froides à bien des diplomates britanniques. En visitant un hôpital anglais, il a demandé récemment à une des infirmière, étrangère si son pays était vide, puisque tous ses compatriotes avaient l’air de travailler là. Charles lui semble totalement dépourvu d’humour, sauf quand il s’agit de la déclaration d’impôts de son duché ( les Cornouailles), que certains soupçonnent d’être follement imaginative.

Les futurs parents, William et Kate sont beaucoup moins amusants. Ils sont là pour être décoratifs, pas pour avoir de la personnalités ou des idées. Et il faut reconnaître qu’ils remplissent très bien leurs rôles. Il y a toute une série de seconds couteaux, les frères de Charles par exemple, l’un étant transparent, l’autre, Andrew l’étant malheureusement beaucoup moins. Il a visiblement hérité des qualités de diplomate de son père. Ses filles, Eugènie et Béatrix n’existent que par leurs tenues. Le pretzel géant qui a fait la célébrité de celle qui l’arborait fièrement sur la tête lors du médiatique mariage de William, n’était pas une anomalie. Elles ont une constante dans le mauvais goût qui n’a d’égale que leur incapacité à s’habiller à leur taille. C’est tout un art, elles arrivent à porter des vêtements qui sont à la fois trop grands et trop petits pour elles. C’est une prouesse remarquable, largement saluée par la presse, qui ne s’en lasse pas.

Finalement, il y a le plus populaire, Harry, qui est très apprécié des journalistes. Avec Harry, il y a toujours matière à un article, de ses frasques auprès de la gent féminine à ses exploits militaires, et vice versa. Harry réussit le tour de force d’être très peu apprécié par les royalistes convaincus et extrêmement populaire auprès de tous les autres anglais, y compris certains républicains purs et durs. On peut toujours compter sur lui pour amuser la galerie, et bien qu’il semble partager le sens de l’humour particulier de son grand père Philip, beaucoup le trouve très sympathique. Non seulement on peut toujours alimenter les rubriques à scandales grâce à lui, mais, et c’est parfait pour les médias, il arrive aussi à improviser. Si on lui pose une question, il donne une réponse intelligible, quoique pas forcément intelligente. À la différence de certains membres de son illustre famille, ce qu’il dit à le mérite d’être compréhensible à défaut d’être hautement philosophique. Si il y a quelque chose à ne pas dire ou ne pas faire, Harry fonce dessus tête baissée, avec un sans-gêne désarmant. Quand, dans une grande opération de communication royale, les médias relatent ses exploits en Afghanistan, il ne peut pas s’empêcher d’expliquer qu’il a trouvé facile de détruire les cibles et donc des vies ennemies, vu qu’il est champion à la Playstation…un vrai boute en train!

Les paris sont ouverts pour le prochain « royal ». La reine ayant fait remarquer qu’elle part en vacances prochainement, la moindre des politesse serait de naître bientôt.

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