Throwback Thursday thunder: the know-it-all

J’aime bien comme titre ça sonne bien juste pour dire que je ressors une ancienne colère à destination des niveaux qui sont arrivés depuis mardi et commencent un chouïa à me taper sur les nerfs. Vous savez, ceux qui sont persuadés qu’il savent tout, absolument tout et mieux que tout le monde. À la limite, c’est leur problème (et éventuellement celui de leur psychiatre, parce que bon…) mais ils sont tellement contents de leur omniscience supposée qu’ils tiennent à partager avec la terre entière, dont moi. C’est gentil merci, mais c’est vraiment pas la peine.

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De toute façon ils perdent leur temps, qui est forcément plus précieux que le mien, puisque je ne les écoute pas. Ça les chagrine vivement, alors ils insistent. Lourdement. Je suis sûre que vous voyez le genre de personnes dont je parle, ces know-it-alls sont partout. Vous savez, ceux qui n’ont pas d’enfant, mais qui ont un petit neveu qu’ils voient une fois par an ou un collègue qui a des enfants, et qui viennent me dire à quel point je suis une mauvaise mère et ce n’est pas comme ça qu’il faut faire. Ils m’ont expliqué comment accoucher correctement aussi. Ceux qui viennent me raconter la vie en Angleterre parce qu’ils ont fait un échange scolaire super au collège, il y a 35 ans. Ceux qui me démontrent que je suis nulle, je ne sais pas du tout ce que ça implique de s’expatrier. Eux, ils savent, ils sont déjà partis en vacances à l’étranger. Ceux qui me disent que non, le brexit (puisque c’est de là que c’est parti), ce n’est pas du tout ça. Ils savent, ils ont entendu la fin d’un reportage sur leur radio locale de trifouilly les oies. Ceux qui prennent sur eux de me donner des conseils puisque je m’y prends très mal pour élever 5 enfants. Ils savent, ils ont eux-même trois poissons rouges et ça se passe très bien. C’est parce que je ne sais pas m’organiser que j’ai l’air fatigué. Ben non, c’est vous qui me fatiguez avec vos jugements et vos conseils bidons. Connards.

Généralement, c’est les mêmes à chaque fois. Ils ne s’arrêtent pas là d’ailleurs. Ils ont des avis médicaux. Si vous êtes malades, ils vous diront comment vous soigner. Certes, ils ne sont pas médecins, mais ils ont vu une émission où on parlait de cette pathologie. Une émission de jardinage. Ils ont des avis économiques. Ils ne savent pas ce que c’est exactement l’inflation, mais ils savent comment y remédier et pourquoi. Ils ont lu le papier d’un enfumeur quelconque qui lui-même ne sait pas compter. Ils savent tout et ont une opinion sur tout. Ben justement, puisque vous savez tout, il serait peut-être temps de vous rendre compte qu’une opinion n’est pas un fait, qu’ un avis personnel n’est pas une vérité universelle. Et qu’il n’y a pas de honte à dire je ne sais pas. Il n’y pas de honte à se renseigner, à écouter ce que des experts ont à dire avant de proférer votre ramassis d’insanités. Il n’y a pas de honte à ne pas s’intéresser à tous les sujets non plus. Il n’y a pas de honte à admettre qu’on peut avoir tort. Non parce que là, franchement, on frôle le charlatanisme. Désolée, mais  je préfère écouter un vrai spécialiste plutôt que de suivre les conseils de la voisine d’un collègue qui connaît une tisane qui soigne la calvitie et les cors au pied. Je refuse d’écouter les avis économiques du cousin Maurice, qui est éleveur d’escargots et a des supers placements dans la laitue, et je hurle de rire devant les théories « scientifiques » des astrologues.  Pour (mal) traduire un de mes stand up préférés, Dara O’ Briain, ce n’est pas parce que la science n’explique pas tout qu’il faut que vous bouchiez les trous avec les premières âneries qui vous passent par la tête. Et bien voilà, c’est ce que font les know-it-alls sur tous sujets. C’est insupportable.

Alors j’insiste, comme vous pour bien faire passer le message, chers chieurs finis know-it-alls, mais vraiment il n’y pas de honte à ne pas tout savoir sur tout. Il n’y a pas de honte à savoir se taire. Et surtout, surtout, il n’y a pas de honte à me foutre la paix,  merci.

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Le petit requin passe à table

Après mon billet d’hier, on va faire dans le léger surtout que comme à chaque fois que je parle du brexit, les trolls se lâchent. On s’éclate. Cela dit, sans brexit, on n’aurait jamais acheté la maison du petit requin, donc ça se tient… On continue les rénovations et comme vous avez été plusieurs à demander, voilà le avant/après de la salle à manger. Elle est ouverte sur le salon, elle était donc saumon rassi aussi. J’ai même retrouvé une photo de la brochure d’agence dont j’ai habillement camouflé le logo, avec toute ma dextérité geekesque. Ou pas.

C’était assez chargé…en plus du saumon pourri sur les murs, les portes et les placards autour de la cheminée étaient d’un beigasse immonde (en plus de la crasse). Le carrelage qui devait être charmant il y a 90 ans, était cassé, râpé, mâchouillé, détruit à la masse…je ne sais pas quel hystérique s’est déchaîné comme ça, probablement à coup de marteau-piqueur, voire de lance-flamme sur ces malheureux carreaux, mais c’était du massacre.

Ça ne se voit pas bien sur la photo, un bon tiers des carreaux étaient coupés en deux, net. Il suffisait de mettre un pied dessus pour se le taillader jusqu’au genou. Ceux devant la cheminée et la porte fenêtre étaient raclés jusqu’au ciment…bref, irrécupérables malgré nos efforts. Le plafond de la salle à manger n’était pas tapissé comme celui du salon, mais à moulures. Du coup, probablement par vengeance, il avait été peint beige foncé cette fois. Un chef d’œuvre.

Après des heures de nettoyage industriel, des tentatives intenses mais infructueuses pour essayer de sauver le carrelage, des jours de ponçage et 5 couches de peinture (murs, plafond, portes, placards…youpidoo), on a un peu changé les choses.

Ce n’est pas tout à fait fini, il nous reste à accrocher le cadre avec les vaches et à changer la porte fenêtre qui me sort par mes yeux, mais ça se termine. Ce fichu plafond m’a donné un mal fou. Au bout de trois couches, suspendue à ma perche elle-même accrochée au pinceau, le dos en bouillie, j’ai eu un moment de doute: finalement le moderne, déjà propre, blanc et pas à 3m40 du sol, c’est sympa aussi.

Mais je me suis reprise quand on s’est rendu compte que la tapisserie au fond des placards était vraisemblablement d’origine. Autant elle me donnait des nausées au plafond du salon, autant là, une fois les placards bien blanc, ça passe. Ça reste dans le caractère de la maison. Et puis de toute façon je suis crevée, il me reste 13 portes à poncer et peindre avant de pouvoir m’attaquer à l’escalier, alors je ne vais pas commencer à detapisser les placards! Bon d’accord, on l’a fait dans notre chambre…j’avoue, je l’aime bien finalement ce papier peint vieillot, comme ça, à petites doses au fond des étagères de la salle à manger.

On a maintenant 3 pièces finies en bas ou presque, parce que vraiment, cette porte fenêtre très eighties au milieu, ça ne va pas. 3 pièces, c’est à dire…euh…la moitié du riz de chaussée. Mais on y croit. On attaque la deuxième phase des gros travaux (faits par des ouvriers je veux dire) en août…je n’ai pas fini de peindre, j’en ai pour des mois et des mois, Maricheri va continuer à se poncer les doigts et poser du parquet pendant longtemps, mais on commence enfin à nous sentir chez nous dans la maison du petit requin.

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Brexit et retour en France

Je l’ai brièvement évoqué, mercredi dernier, avec deux filles extraordinaires qui défendent avec passion et compétence, les droits des européens en Grande Bretagne, j’ai été invitée à témoigner au sénat, devant la commission brexit. J’espère que ça a un peu ouvert les yeux à tous ces sénateurs qui n’avaient pas compris que derrière les enjeux économiques, il y a de vrais gens. Ils sont tombés des nues quand on leur a expliqué la situation des français en Grande-Bretagne, alors qu’ils planchent sur le brexit depuis des mois. Mais à lire le trancript édulcoré de la séance, je ne suis pas sûre que le message soit vraiment passé, en tout cas auprès de tous …

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Non, le brexit, ce n’est pas que des problèmes d’imports exports automobiles. Les français, comme les autres européens vivent dans l’incertitude, l’angoisse et font face à un climat de xénophobie savamment entretenu par le gouvernement britannique, quoiqu’il en dise à Bruxelles. Non, on n’a jamais dit que tous les anglais étaient racistes. Mais on a toutes à raconter des incidents xenophobes dont nous et nos proches avons été victimes. Je comprends que c’est difficile à entendre, que c’est bien loin de l’image de tolérance et de multiculturalisme que vous avez de la Grande-Bretagne, que cela vous paraît inimaginable qu’un gouvernement britannique mette en place une discrimination d’état. Nous aussi, même en le vivant, on a du mal à y croire. Nous qui aimions tant la Grande-Bretagne qu’on avait choisi d’y construire nos vies, on est sous le choc, depuis juin 2016, on se sent perdu, trahi, abandonné. Oui, à deux heures de Paris, on traite les français de vermine, juste parce qu’ils sont français. On les agresse dans les transports, parce qu’ils parlent français. On les insulte, on leur dit de rentrer chez eux, on remet en cause leurs droits, parce qu’ils sont français.

Non, notre sort n’est pas réglé, loin de là, malgré les déclarations d’intention de Theresa May. Si rien n’est fait, en mars 2019, les français du Royaume-Uni (et tous les européens) tomberont dans un vide juridique et seront à la merci d’une politique anti immigration dont le seul but est de chasser le plus d’étrangers possible, même ceux qui sont dans leur bon droit, et de discuter après. A cause du hostile environment mis en place par Theresa May elle-même, nous ne pourrons plus avoir accès au logement, à l’emploi, aux soins. Malgré les beaux discours et les vagues promesses bruxelloises, la machine administrative implacable qu’elle a créée nous broiera. De facto, en mars 2019, si négociations n’aboutissent pas très vite, les européens en Grande-Bretagne n’auront plus de statut. Et si par hasard une solution est trouvée pour certains, on ne sait absolument pas à quoi elle donnera droit ni pour combien de temps. Les estimations varient: c’est entre 30 et 90 % (oui, moi aussi, j’ai eu du mal à y croire en entendant le chiffre) des européens qui seront contraints de quitter la Grande-Bretagne, par décision administrative (pour ne pas dire déportés) ou pour fuir des conditions de vie que le gouvernement aura volontairement rendu intenables. C’est tellement plus propre et économique de faire en sorte que les étrangers partent d’eux-même plutôt de d’affréter des bateaux pour les foutre dehors!

Alors on nous dit que c’est à nous de nous préparer, que ça ne concerne pas l’état français. Mais on n’a pas le temps de se préparer. Plus on est parti depuis longtemps, plus il est difficile de préparer son retour. Un expat qui part pour une durée donnée, même longue, peut organiser son retour, alors que pour beaucoup d’entre nous, ce retour n’était pas prévu. Dans mon cas, je suis partie à la fin de mes études, je ne connais rien à la vie d’adulte en France, sans compter que l’administration française n’aide pas. Vous êtes prêts à accueillir des dizaines voire des centaines de milliers de personnes en un laps de temps très court? Non. Vous savez ce qu’il adviendra des conjoints britanniques qui perdront leur statut de ressortissants européens? Non. Vous avez décidé de ce que deviendront nos cotisations? Non. Vous savez comment vous allez loger ces dizaines et dizaines de milliers de familles qui se trouveront dehors, parce qu’on leur demande des avis d’imposition français même quand elles proposent de payer deux ans de loyer en avance? Non. Comment on pourra se faire soigner, malgré le délai de carence même si on en a les moyens? Non. Comment les administrations vont faire face à cet afflux de personnes qui ne rentrent pas dans les cases? Non. Alors, on fait comment pour se préparer?

Il y a officiellement entre 300 et 400 milles français en Grande-Bretagne, mais tous ne sont pas inscrits dans les consulats, et cela ne prend pas en compte les conjoints et enfants britanniques. Ça fait beaucoup de monde qui risque de débarquer en même temps, et pas par choix, à Calais. Ça ne concerne vraiment pas l’état français? Cet état qui nous doit la protection consulaire? Vous pensez qu’on exagère? Que le brexit, ce n’est pas si grave? Le gouvernement britannique lui-même a prévu que si il n’y a pas d’accord, la nourriture et les médicaments commenceront à manquer en 15 jours (je mets un lien ici, je sais qu’on ne me croira pas sinon). On ne vous demande pas un traitement de faveur, juste qu’on se souvienne de notre existence pendant qu’on négocie les nouvelles règles d’imports exports automobiles.

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Sunny Monday #22

Nouveau mois, nouveau thème: Bernie a choisi le ciel pour juin. Je vous parlerai plus en détails demain du motif de mon escapade parisienne, en attendant voici un petition bout de ciel entre les poutres de métal de la Tour Eiffel.

Bonne semaine à tous!

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Country life top 10

J’étais très contente d’aller à Paris cette semaine…en vrai, j’étais stressée comme une mite saoule, mais normalement j’aime beaucoup flâner dans certains quartiers de Paris (tout comme j’adore le faire à Londres, alors que les deux villes n’ont pas du tout la même atmosphère). J’y vais relativement régulièrement puisque Maricheri en vient, on y a de la famille…mais c’est en touriste et ça me va très bien comme ça. Que ce soit pour ce qui devait être notre forever home en Angleterre ou pour la maison du petit requin, on a décidé de chercher dans un village. Hors de question de nous retrouver dans une ville, même moyenne. On n’est pas coupé de la civilisation, Marks Tey fait parti du borough council de Colchester, on y était en 10 minutes, et c’est pareil maintenant. On n’est pas non plus en rase campagne au milieu de nulle part. Mais on est au calme. On avait un champs (de colza, erreur grave allergiquement parlant) devant en Angleterre. On a un champs (de pommes de terre, c’est beaucoup mieux) derrière, mais on est en bordure de village et ça nous convient parfaitement.

10- c’est calme! J’insiste, mais les gens prennent leur temps ici, on ne voit pas le stress. J’imagine bien qu’il doit y en avoir aussi, mais personne ne coure dans tous les sens avec son téléphone vissé sur l’oreille. Pas de gens débordés qui ont l’air de s’agiter sans qu’on sache pourquoi. Ou alors c’est moi, mais c’est un autre problème.

9-les embouteillages sont constitués de tracteurs, ce qui enchante Wizzboy. On le plante à la fenêtre, et il peut s’extasier pendant des heures en commentant. Ça l’occupe.

8-Les voisins sont loin, et c’est un avantage. C’est bien connu, les voisins, c’est pas des gens comme nous. Ils font des bruits bizarres à des heures incongrues. Le voisin n’a été inventé que pour donner une définition au terme « nuisance sonore ». Bref, je suis bien contente avec nos voisines les pommes de terre, elles font très peu de tapage nocturne.

7-cela dit, ces voisins lointains sont polis et très gentils, en plus d’être discrets. Même leur coq est sympathique en ne chantant qu’une seule fois le matin. Hop, un cocorico, et un seul, on n’en parle plus, c’est juste assez pour être pittoresque et bucolique sans devenir pénible et tonitruant. Ce coq est un excellent voisin, au moins autant que les pommes de terre.

6-D’ailleurs, on mange plutôt bien à la campagne. Il y a les marchés bien sûr, mais on peut aussi aller directement chez les producteurs. Je ne me lasse pas des fermes autour du village qui proposent œufs et lait frais (vous savez, du vrai lait pas pasteurisé ni rien? ), fraises et légumes, beurre et poulet. J’adore. On a même un fermier moderne et visionnaire dans le coin qui a installé un distributeur automatique de pommes de terre devant son champ. Je voulais prendre une photo, mais on ne s’est pas arrêté, on était en retard après avoir attendu derrière un troupeau de canards qui se dandinaient très doucement sur la route. J’étais en transe, c’est mon côté Marie-Antoinette-avec-la-tête. Comment voulez-vous que je ne sois pas ravie d’habiter à la campagne? Une vraie gamine.

5-On a vite l’impression de faire partie du village. Comme il y a très peu de nouveauté, forcément tout le monde s’est intéressé à notre débarquement et connaît mieux notre vie que nous-mêmes, grâce à la boulangère. Ça évite d’avoir à expliquer et surtout ça suscite des offres spontanées d’entraide. C’est formidable. J’aime beaucoup l’esprit de communauté, il y a des associations et des vins d’honneur pour tout, je songe déjà à trouver un moyen de participer activement. J’ai des idées à soumettre au maire pour les villages fleuris, la boulangère est d’accord. Mais c’est bien aussi d’être en bordure du village, un peu à l’écart quand même. Faut pas rigoler, je reste asociale…

4-La campagne est charmante, il y a des paysages très photogéniques, même si ils sont plats avec des clochers adorables qui dépassent au loin, c’est très joli. Ça n’a l’air de rien, mais c’est bien plus agréable comme vue le matin que par exemple, les abords de la Gare du Nord. Ça met plus facilement de bonne humeur.

3-il y a des vaches à tous les coins de rue ou presque. Je n’insisterai pas mais ceux qui me connaissent comprendront…

2- Il ne faut pas croire qu’on s’ennuie ou qu’on manque d’activités culturelles. Rien que ce week end, dans notre coin, il y a un marché aux puces, une foire équestre, une course de VTT, la fête de la fraise, et un concours d’improvisation théâtrale sur le thème des terrils. Si.

1- Et puis bon, l’intérêt aussi d’habiter un village, c’est d’avoir une grande maison un peu ancienne avec un grand jardin pour y caser notre grande famille, que chacun ait son espace et de quoi s’occuper sans s’entasser sur les autres. Parce que le calme, on l’apprécie aussi, autant que possible, à l’intérieur!

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Project 52 #22

Cette semaine, Ma‘ a choisi parfum. J’avais déjà parlé des pots pour récolter la résine de pin dans Les Landes, mais je suis bien obligée d’en remettre un. Ce parfum très particulier a embaumé mon enfance. Les gemmeurs saignaient les pins, ils découpaient une bande d’écorce, suspendaient leur pot et attendaient que ça coule tout seul, très, très lentement. Mais il n’y a pas besoin de ça pour que le pin pleure quelques gouttes de résine, toute collante, toute chaude, toute odorante pour la plus grande joie de ma sœur et moi qui nous en flanquions partout et donc pour le plus grand désespoir de ma mère.

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Friday Feelings #165

Je suis en retard…c’est une surprise non? Le papa et la maman de Maricheri sont très gentiment venus garder les enfants pendant que je faisais mon intéressante à Paris et que Maricheri bossait à Londres. Du coup, pour les remercier on les caféinent et on va les nourrir…toutes les excuses sont bonnes pour un restau! Bref, je suis débordée…mais je n’oublie pas les états d’esprit de Zenopia et Postman.

Fatigue: je récupère de mes aventures à l’aveugle dans le métro

Humeur: déterminée.

Condition physique : toujours myxomatosée

Esprit: en ébullition

Estomac: le restaurant du sénat est remarquable.

Boulot: je suis motivée…je suis même prête à montrer ma tête boudinée tellement je suis déterminée à faire bouger les choses. La journée de mercredi m’a convaincue, il faut parler du sort des européens en Grande Bretagne, sur le continent personne ne sait ce qui ce passe. Il faut expliquer.

Culture: je ne veux pas insister, mais le sénat c’est très beau, si vous avez la possibilité de visiter, n’hésitez pas. Entre les plafonds de Rubens et ceux de Delacroix, le trône de Napoléon III et la table d’état major de Napoléon l’original, le fauteuil de pair de Victor Hugo, les originaux de Renaudot…c’est passionnant.

Avis perso: quand même un diplomate britannique ne connaît pas les lois de son pays, ça fait peur. Quand il apprend tout surpris par la bouche de trois françaises que non, son gouvernement n’offre pas la nationalité aux conjoints de britanniques, c’est inquiétant.

Message perso: à lundi!

Loulous: L’Ado tente un dernier entretient pour trouver un job d’été à Paris avant de devoir se résoudre à passer tout l’été chez papa et maman. Il y croit, la boîte a l’air aussi désespéré que lui, ils sont faits pour s’entendre. GeekAdo a commencé à ne plus rien faire. Il va en cours de temps en temps par intermittence et dans une semaine, c’est fini. KnightyDiva a adoré le Pouille du fourre. C’est trop mega cool, il y avait des chevaux et des feux d’artifice et des jets d’eau et même des gens qui marchaient dessus. Commentaire de PrincesseChipie, morte de rire: t’as vu Jesus? Elle se prépare à traduire encore, sa classe va en Angleterre dans quelques jours pour aller voir les correspondants anglais. Wizzboy prépare la kermesse, il va danser. Vu comme il se trémousse artistiquement pour nous montrer, il semblerait que le thème de la fête soit volaille épileptique. C’est un style.

Divers: et bien sur, il faut amener des gâteaux maison…et hop, je vais leur sortir des Victoria’s sponges. C’est tout bête, et ça fera culturel. J’espère que ça passera l’inspection de la super mum locale, il me tarde de voir à quoi elle ressemble.

Amitié: ça a été un bonheur de se rencontrer IRL

Love: il n’a pas du tout envie de travailler aujourd’hui… c’est un peu lié au point suivant

Courses: on s’est encore empiffré au marché.

Sortie : c’est décidé, ce week end on lâche les pinceaux et on va visiter quelque chose. On n’est pas difficile, on est prêt à aller n’importe où d’un tant soit peu touristique du moment que ce n’est pas à repeindre.

Envie de: vacances

Pic: et hop

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le train pour Paris

Comme Martine, il m’arrive des trucs formidables…C’est fou ce sens de l’aventure quand même. Bon, après avoir fait des mystères la semaine dernière, je peux le dire: j’ai passé la journée à Paris (je ne donnerai pas plus de détails pour l’instant…et paf, voilà que je fais du teasing) avec deux filles absolument formidables et d’une détermination sans faille pour défendre les français victimes du brexit, d’autant plus que beaucoup courent le risque d’un retour forcé et très rapide d’ici un an ou deux. On ne lache rien. Mais bon ça m’a sorti aussi…pomdepin dans la vraie vie au milieu de vrais gens….je me fais peur moi-même parfois, c’est pas possible d’être aussi asociale.

Il faut dire aussi que ça n’aide pas de ne rien voir, avec mes yeux toujours boursouflés et larmoyants. Pour une fois que je vais quelque part, je ressemble à un lapin ébouriffé en phase purulente de la myxomatose, c’est pas malin. Vive les lunettes de soleil. Comme ça dans le métro, non seulement je vois trouble mais aussi sombre, c’est idéal pour foncer dans un poteau. Youpidoo. De toute façon c’est mal conçu, qu’est-ce qu’il faisait là ce poteau? Aïe. Mon asociabilité chronique s’est déclenché dès la gare la plus proche de mon trou perdu, qui reste quand même dans une ville qu’on peut qualifier de moyenne en comptant large. Je m’attendais à croiser trois voyageurs aussi égarés que moi et bien pas du tout. Comme ça, pratiquement en rase campagne, il y avait une colonie d’ados néerlandophones piaffeurs et leur prof. Sérieusement? A chaque fois que je prends le train en France, c’est à dire une fois par décennie (et ce n’est pas de l’exagération), je subis une horde de boutonneux hurleurs et hollandais. C’est un gag ou quoi?

Heureusement, grâce à la tarification innovante de la SNCF, j’étais en première (ce qui m’a coûté 40 euros de moins que le billet seconde, faut pas chercher…), j’ai abandonné mes ados en folie pour plusieurs couples rassis. Chevalière, carate rayée et vrai faux carré hermès de rigueur. C’est qui ces gens? Ils existent vraiment ou ce sont des figurants payés par la SNCF pour meubler la première classe? Je connais la réputation des bourgeois du nord certes, mais j’ai y vécu suffisamment longtemps pour savoir qu’elle est totalement fausse. En tout cas, je faisais tâche, et pas que à cause de mes yeux qui continuaient à couler allègrement. La conversation était captivante: la justice est trop laxiste, le maire n’arrivera à rien, tu as vu la tenue de Serena Williams, si on remettait les travaux forcés ça les calmerait, Thérèse Bertaud (Berthot?) a vendu dans son état c’est mieux, avec tous ces étrangers on n’est plus en France, elle vient d’avoir un bébé (je crois que c’était à nouveau Serena Williams, parce que cette pauvre Thérèse a l’air mal en point, elle)….rhaa. J’étais contente de retrouver la colo néerlandaise sur le quai.

J’ai enchaîné avec le métro et ses poteaux bêtement disposés. A ma grande surprise, je ne me suis pas perdue. Par contre, j’ai eu quelques secondes d’hésitation: tout le monde parle français! …ben oui, je suis dans le métro parisien pas le tube londonien, quelle empotée alors. Ça m’a rappelé aussi mes années étudiantes à Dunkerque, je l’ai prise un paquet de fois cette ligne en sortant de la gare du Nord qui est toujours aussi riante et propre, ahaha. Comme j’étais en avance je me suis posée en terrasse pour prendre un café et voir passer les gens…asocial certes, mais aussi curieuse des autres et de ces minuscules bulles de vie qui éclatent et s’évaporent aussitôt quand on prend le temps d’observer, ces touristes perdus, ce papi qui promène son petit-fils, heureux mais tout emprunté avec sa poussette, ce couple qui se dépêche et celui-là qui se dispute, les habitués qui plaisantent avec le garçon, la dame qui passe en courant, accrochée à son téléphone, le club du troisième âge qui débarque du sud-ouest (j’ai reconnu l’accent!) et qui cache son émerveillement parisien derrière des blagues régionalistes, le jogger qui se prend au sérieux…comme quoi, j’aime bien sortir un peu. Sauf qu’après la rêverie, il a fallu se bouger et participer à la vraie vie à mon tour, parler en public devant de vrais gens et tout…(j’en profite pour faire une parenthèse à propos pour une fois, merci les filles, vous êtes formidables et ça a été une joie de partager cette journée avec vous).

Ça m’a épuisé tout ça…pour le retour, je suis tombée sur une abrutie (vous avez vu comme je n’ai pas dit sombre pétasse?) qui devait être occupée à diriger le monde vu les airs débordés qu’elle se donnait. J’ai failli lui faire bouffer le clavier qu’elle pianotait sauvagement dans un cliquetis pincé. Madame était dérangée par le bruit des autres (j’ai reçu un texte, ça a fait légèrement bzzz, bouh la vilaine) et par les interruptions du malheureux contrôleur venu nous proposer des bouteilles d’eau parce que la clim était en panne. Finalement, j’aime bien être asociale…

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La myxomatose

Je fais des allergies, on ne sait pas trop à quoi, du style rhume des foins, comme beaucoup. Je réagis très mal au colza par exemple. Je me retrouve avec les yeux rouges et larmoyants, on dirait que j’ai la myxomatose, c’est radieux. Avec un nouvel environment, donc de nouveaux végétaux à proximité, je me suis dit que ce serait une bonne idée, pour faire mon intéressante, d’avoir une toute nouvelle réaction comique: j’ai les paupières boursouflées, c’est encore plus ridicule. N’ayant pas encore de médecin traitant (et visiblement c’est pas gagné dans le coin), j’ai du aller sur les recommandations de la pharmacienne, aux urgences.

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J’ai a-do-ré. Ahaha. Je ne remercierai jamais assez la clinique s’être mis en 4 comme ça pour que je ne sois pas dépaysée par rapport au NHS, le système de santé britannique, avec ses temps d’attente fossilisants, son efficacité légendaire (je rappelle que les légendes, ça n’existe pas) et l’amabilité urticante de son personnel d’accueil. Ça m’a fait chaud au cœur de découvrir que c’était exactement la même chose en France. Comme quoi, quand d’un côté comme de l’autre de la Manche on se gargarise d’avoir le meilleur système de santé au monde que la terre entière envie, ce n’est pas contradictoire, comme je le croyais. Les deux systèmes sont aussi remarquables l’un que l’autre, c’est tout, j’en ris encore. Ça a commencé d’entrée de jeu, je suis un élément louche, voir carrément un agent double ou un suppôt de satan: je n’ai pas de carte vitale. Ben non. C’est la joie de revenir en France, ça s’appelle le délai de carence et ça fait hurler de rage rire tous les ex expats. Impossible de remplir un dossier à la CPAM avant trois mois après notre retour. Ce n’est même la peine d’essayer, on se fait bruler en place publique, envoyer paître. Après les sacro saint trois mois (et preuve à l’appui, vous avez un tampon dans votre passeport? Non connasse madame, je suis française, la douane ne tamponne pas mon passeport quand je rentre chez moi), on a enfin le droit…d’attendre. Dans les meilleurs des cas, ça ne prend que quelques jours, mais certains ex expats attendent parfois jusqu’à 18 mois pour recevoir le graal leur carte vitale. Et sinon, vous avez un médecin traitant?…j’ai cru que la charmante infirmière allait me fusiller du regard. Et non, pas de médecin traitant non plus, ce n’est pas faute de chercher d’ailleurs, mais ex expat, retour en France, tout ça…bon, ça ira pour cette fois, on vous envoie la facture, vous avez une pièce d’identité et un justificatif de domicile? Je crois qu’elle était presque vexée que je sois préparée cette fois.

J’ai ensuite eu le droit de visiter la salle d’examen numéro 4. J’irais même jusqu’à dire que la salle d’examen numéro 4 n’a plus aucun secret pour moi. Je suis carrément intime avec la salle d’examen numéro 4 et ses 4 m2 blancs, sans fenêtre et joyeusement éclairés d’un néon agressif. C’est bien simple, au bout de deux heures, même en fermant les yeux, j’avais l’impression de toujours voir les murs de la salle d’examen numéro 4. C’est d’autant plus remarquable que j’étais donc dans le brouillard total avec mes yeux boursoufflés. Il faut dire que je suis empotée aussi, à aller aux urgences juste au moment du changement de garde. Forcément, les docteurs doivent se passer les dossiers, discuter des patients qui attendent (on était foule. Trois, et j’étais la première), prendre un café, taper la causette aux infirmières (« la numéro 4 a même pas de carte vitale! « ), recevoir une visiteuse médicale parce que c’est quand même plus important de se faire offrir un stylo publicitaire que de traiter des patients, parler du week-end, se refaire un café, et revoir les dossiers parce que là, ils ont oublié de ce que ces empêcheurs de papoter tranquille patients peuvent bien avoir.). La salle d’examen numéro 4 est à côté du bureau des médecins. Je songeais à y mettre le feu, amicalement quand un interne de 12 ans et demi a daigné venir me voir. Aaah, c’est pas beau. Merci, et bonjour. C’est une allergie ça. En effet, c’est bien, il a bien suivi en cours. Vous mettez un gant humide chaud dessus, ça soulage. Vous vous foutez de moi? Non mais, je vais vous faire une ordonnance pour de la cortisone. C’est ça, ça sera gentil. Je suis ravie d’avoir attendu deux heures pour un remède de grand mère et une ordonnance que j’aurais pu remplir toute seule.

Résultat, l’œil droit va très bien maintenant, mais pas encore le gauche qui empire même (c’était prévisible et c’est normal). J’ai le doux regard de Quasimodo en pleurs, c’est très discret et j’y vois encore moins que d’habitude, grâce au collyre. Il fait voir flou, la pharmacienne m’avait prévenu. Juste avant de me demander ma carte vitale. C’est reparti pour un tour, ex expat, délai de carence, administration française…youpidoo.

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Sunny Monday #21

Dernier lundi en jaune pour le rendez vous de Bernie…j’ai beaucoup hésité, mais vu les problèmes des viticulteurs bordelais victimes de la grêle ce week-end, par solidarité régionale, je vous propose une vieille sulfateuse. La chose se portait sur le dos et on aspergeait les vignes grâce à l’espèce de tuyau à gauche. Le traitement chimique des vignes est aujourd’hui polémique, mais c’est ce qu’on avait trouvé de mieux à la fin du dix neuvième pour lutter contre le mildiou, un champignon parasite. On projetait avec ces sulfateuses de la bouillie bordelaise, c’est à dire un mélange d’eau, de sulfate de cuivre et de chaux. C’était la minute historico régionale!

Bonne semaine à tous!

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