Apprendre moyennement l’histoire anglaise en s’amusant, épisode 19


J’ai décidé, dans l’espoir de détendre l’atmosphère à ma petite échelle en cette période bizarre, de massacrer l’histoire de l’Angleterre, sans aucune compétence ni prétention autre que celle de faire rire un peu. Résumé de l’épisode précédent: l’Angleterre inaugure une nouvelle famille de gérants, les Tudor. Le premier est assez discret après avoir pris le pouvoir par surprise, du coup son fils Henry VIII assure le spectacle jusqu’à sa mort…bon et après, on fait quoi avec les Tudors?

L’unique fils souffreteux et probablement boutonneux de Henry VIII, Edward VI, ne dure pas. Il est aussi guilleret que son grand père, le premier roi Tudor. On passe rapidement à la première fille de Henry VIII, Mary, qui est devenue reine après avoir décapité Jane Grey, pour de sombres histoires de religion. On savait s’amuser dans cette famille. Mais Mary ne tient pas ses promesses, on la croyait rigolote, après la série de petits meurtres et autres légers massacres de ses débuts, et bien pas du tout! Elle a eu l’idée saugrenue de vouloir revenir au catholicisme et en plus de faire des sortes de grossesses nerveuses à répétition. Ça faisait mauvais genre. En plus, elle est bêtement morte dans son lit, franchement, aucun sens du drame! Heureusement sa demi-sœur Elisabeth a pris la suite.

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Elisabeth I devait être une grande visionnaire, puisqu’elle a réussi à se faire sponsoriser par Hollywood plusieurs siècles avant l’invention du cinéma. Il faut le faire. Mais à part garantir un oscar à toute actrice capable de porter une fraise autour du cou sans piquer un fou rire (le col, pas le fruit), qu’à fait Elisabeth? Elle a continué la grande campagne de décapitation commencée par son père, en s’entraînant sur sa cousine, Mary Stuart. La petite Mary Stuart était précoce, puisqu’elle est devenue reine d’Ecosse en 1542 à l’âge de 6 jours, il faut le faire. Ça n’a pas eu l’air de l’intéresser plus que ça, surtout qu’elle a passé toute son enfance à la cour de France, en attendant d’épouser le dauphin François. C’est un chouïa glauque. Ça fait limite élevage royal. On les parque en attendant qu’ils soient en âge de se reproduire et paf en 1558, on les marie. En plus, François devient roi de suite, donc Mary est aussi reine de France, youpidou, mais ça ne dure pas. François était visiblement de mauvaise qualité, il s’use tout de suite et meurt en 1560. C’est pas malin.


Pour se remettre de ses émotions, cette pauvre Mary décide d’aller faire un tour en Écosse, après tout, elle y est toujours reine, autant aller voir à quoi ça ressemble. Elle débarque en 1561 et pour s’occuper, elle épouse un certain Henry Stuart. Mais elle le trouve rapidement désagréable. Manque de chance, Henry est plus costaud que François, impossible de s’en débarrasser. Il faut attendre 1567 où par un malheureux concours de circonstances totalement indépendant de la volonté de Mary, la résidence de Henry prend feu bêtement et tout est détruit, lui y compris. Il faut avoir l’esprit mal tourné pour dire qu’il aurait été assassiné par le petit James, earl of Bothwell. Le fait que James épouse Mary aussitôt après est un pur hasard qui n’a strictement aucun rapport avec l’accident de Henry. Un peu de sérieux…franchement, la vie de Mary, ça tourne à la télénovelas…sauf que non en fait, c’est une tragédie. Mary et James sont renversés et elle doit céder sa couronne à son fils (James Stuart, qu’elle a eu avec Henry. C’est confus cette famille recomposée, ils s’appellent tous pareil en plus) qui devient donc roi d’Ecosse à l’âge canonique d’un an. Mary, qui est soit extrêmement naïve soit totalement stupide se réfugie, chez sa cousine Lizzie Première. Non parce que Mary étant catholique, il se trouve que ses coreligionnaires la considèrent comme la véritable reine d’Angleterre, et tiennent sa cousine pour une usurpatrice. Vous allez rire, ça n’amuse que très moyennement Lizzie qui place Mary en résidence surveillée pendant 18 ans, et puis elle finit par se lasser et lui coupe la tête, qu’on en parle plus en 1587.


Pour s’économiser des divorces coûteux et ne pas finir comme Mary, Lizzie préfère aussi ne pas se marier. Et quand on voit comment ses demi-frères et sœurs se sont tous massacrés entre eux, on comprend qu’elle n’ait pas voulu d’enfant. Incapable de partager et d’attendre son tour pour jouer avec la couronne, bande de petits malappris! On prête à Elisabeth une foultitude d’amants, dont un certain Dudley, mais je ne pense pas que c’est un rapport avec le cousin de Harry Potter. Et surtout, toujours comme Henry VIII, elle a fait construire des palais à foison et comme elle avait un grand sens de la fête et des économies, elle se faisait inviter par tous les nobles du royaume, pour des sortes de rave parties Tudor. Du coup, eux aussi se sentaient obliger de se lancer dans la construction d’un château rien que pour accueillir leur monarque dignement. Ils ne pouvaient quand même pas les envoyer au Formule 1 du coin.
Bref le règne de Elizabeth numéro un, soit de 1558 à 1603 est considéré comme l’âge d’or de l’histoire anglaise malgré le caractère légèrement pétulant de la reine. Culturellement parlant, déjà c’était pas mal, avec Shakespeare ou encore Marlowe. C’est le début de la colonisation de l’Amérique du nord et les explorateurs comme Drake sont de vraies stars. Les campagnes s’ornent donc de manoirs Tudors charmants, c’est l’apogée de la renaissance anglaise. Le pays jouit aussi d’une certaine stabilité politique, après les petites disputes précédentes entre Tudors. C’est bien simple, même la météo était sympathique à l’époque, puisqu’elle a gentiment participé à la défaite de la si mal nommée invincible Armada en la coulant avant même qu’on tire le moindre coup d’épée. C’est vrai que c’est plutôt plus pas mal tout ça…en tout cas, c’est ce que les victoriens ont décidé, puisque c’est eux qui ont commencé à promouvoir une image d’Epinal merveilleuse certes, mais un chouïa optimiste de cette période, audacieusement baptisée l’Elizabethan Era. Parce que bon, il y avait aussi des rébellions écrasées dans des bains de sang, des massacres sauvages notamment en Irlande, où les anglais débutent ce qui deviendra une tradition à savoir affamer les malheureux irlandais qui se rebellent contre le colonisateur, des épidémies rigolotes et tout ça mais on ne va pas chipoter.

Bon, ils sont bien marrants, ces Tudors à s’entretuer gaiment, mais Lizzie première n’ayant pas d’enfant, et ayant massacré tous ses cousins, on refile l’Angleterre à qui maintenant? On verra ça la prochaine fois.

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