Apprendre moyennement l’histoire anglaise en s’amusant, épisode 18


J’ai décidé, dans l’espoir de détendre l’atmosphère à ma petite échelle en cette période bizarre, de massacrer l’histoire de l’Angleterre, sans aucune compétence ni prétention autre que celle de faire rire un peu. Résumé de l’épisode précédent: après que le dernier roi Plantagenet change de voie (de garage) et se reconvertisse en cale de voiture, le petit Henry Tudor reprend la boutique du royaume anglais et commence sa propre dynastie en 1485. Le pèquenot de base s’en contrefiche, il espère juste avoir un peu la paix. Le pèquenot de base ne sait pas ce qui l’attend…

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La période des Tudors couvre tout le seizième siècle. Il y a eu 6 monarques, mais globalement, tout le monde se fiche complètement de la moitié d’entre eux. Le premier Henry VII, à part avoir trahi ses anciens patrons pour s’emparer du pouvoir, avoir une tête d’enterrement sur tous ses portraits et engendré Henry VIII, n’intéresse plus grand monde. Sérieusement, commencer une nouvelle dynastie, ça n’a pas eu l’air de le mettre en joie, le petit Henry Tudor, on sent que c’est le roi qui souriait quand il se coinçait les doigts dans son armure. Cela dit, il a clairement influencé son fils, puisqu’il passait son temps à se marier, mais plus pour raison politique que pour faire son intéressant. Franchement, comme début, c’est terne. Heureusement, Henry VIII est arrivé, et là on va bien s’amuser.


Alors donc le petit Henry n’était pas grand, mais il compensait en largeur. Enfin on dit ça, mais avant de devenir roi par hasard, il était sportif de haut niveau, faisant de l’équitation et surtout vous allez rire, du tennis. C’est bien simple avant que Murray ce sympathique britannique (quoiqu’il ne joue plus, je crois qu’il est de nouveau écossais) se décide à gagner Wimbledon, Henry était pratiquement le dernier champion britannique de tennis connu…Je sens que je m’égare complètement. Reprenons, Henry est né à l’heure et à Greenwich en 1491. Il n’a strictement aucune raison de devenir roi, puisque c’est la roue de secours royale, c’est à dire le cadet. Je dis ça comme ça, mais je rappelle que le vrai nom du prince Harry, c’est Henry, à la place de William, je me méfierais, il y a des précédents historiques. C’est dommage d’ailleurs parce que si son frère aîné n’avait pas été de mauvaise qualité et n’était pas mort bêtement comme ça, avant d’avoir pu servir, c’est lui qui aurait été roi. Et il s’appelait Arthur. Le roi Arthur, c’est pas mal. Ça sonne mieux qu’un Henry numéroté. Enfin bref, Henry ado s’éclate, il chasse, fait du latin, de la musique, parle français couramment et devient auteur de best sellers. Quand on pense que la plupart des Royals maintenant ne fichent rien… En même temps, je ne suis pas sûre qu’ils sachent tous lire un livre, alors en écrire…Henry avait aussi un humour débordant, puisqu’un de ses bouquins, récompensé par le prix Nobel, la médaille fields, le premier glaçon en patinage, un joli diplôme de défenseur de la foi décerné par le pape lui-même, ce bouquin donc, défendait hardiment le catholicisme contre Luther et le protestantisme. A mon avis, c’est ce qu’on appelle de l’humour d’anticipation.


Bref, Henry s’amuse bien et ne fait de mal à personne, et puis, paf, son frère se défile lâchement en mourant en avance comme un imbécile et voilà que ce malheureux Henry devient roi en 1509. C’est ballot. Surtout que pour ne pas gâcher une alliance diplomatique et une jolie dot, il épouse la veuve de Arthur, Guenièvre d’Aragon…non, ce n’est pas ça, je confonds. Catherine d’Aragon ( je me répète, William, Kate de son vrai nom Katherine, Harry….?). Henry se soucie de gouverner comme de sa première beuverie, il confie le gouvernement à un pote qui passait par là, un certain Wosley, et ça va bien comme ça, il peut retourner vaquer à ses maîtresses occupations. En plus, Wosley est le fils d’un boucher de Ipswich (c’était près de chez moi. Mais c’est plouc. C’est bien simple, les gens de Colchester méprisent ceux d’Ipswich, surtout depuis qu’ils ont osé avoir une meilleure équipe de foot. Je m’éloigne du sujet. Si si, je le sens bien…). Bref, entre bouchers, ils devaient avoir des affinités. Henry continue à passer le temps en faisant la guerre à tout ce qui bouge et sautant sur tous les jupons alentours ou l’inverse. Ça l’occupe mais ça coûte cher. Henry est au bord de la faillite personnelle (je ne parle pas de sa moralité, parce que là, elle a coulé depuis longtemps). Et il n’a pas du tout envie d’aller quémander au parlement. Vous savez ce que c’est, les négociations salariales, c’est toujours délicat, surtout quand on est roi.


Il se trouve que Henry décide aussi de renvoyer sa femme Catherine, dont il n’a plus l’usage, pour épouser la sœur d’une de ses maîtresses (à mon avis, un soir, il était bourré, il a confondu les chambres, ou un truc comme ça. Ça peut arriver. Surtout à Henry VIII), la petite Anne Boylen. Henry envoie Wosley négocier un divorce avec le pape. Manque de chance, ça rate. Henry fait arrêter Wosley, qui a le mauvais goût de mourir tout à fait naturellement avant d’avoir pu être décapité, franchement, ces fils de boucher, aucun sens du spectacle. Henry entreprend alors de lancer sa propre religion, parce que ça va bien comme ça, mais si on ne peut plus divorcer quand on a envie à cause de vagues considérations papales, c’est pas la peine d’être roi. Et puis, ça règle surtout ses problèmes de fins de mois difficiles, puisque Henry n’a plus un centime, alors que les coffres des monastères et églises catholiques sont bien remplis, eux. En 1534 Henry se proclame étoile polaire de l’église anglicane, grand chef scout de l’empire, Darth Vader de Canterbury, guide suprême de son église-à-lui-que-c’est-lui-le-chef et tout cette sorte de choses. Et hop. D’un coup, il met à main sur les trésors catholiques et double ses revenus annuels. C’est pas bête.


Vous allez me dire, et sa vie sentimentale dans tout ça? Il est débordé. Henry s’est débarrassé de Catherine, qui vu la suite des évènements, ne s’en est pas trop mal tirée, c’est à dire en un seul morceau. Il épouse Anne juste à temps pour la faire décapiter parce que bon, on ne peut pas non plus changer de religion tous les 4 matins et qu’il n’y a plus personne à exproprier. Il se remarie avec Jayne Seymour, une originale qui décide bizarrement de mourir naturellement, puis avec Annes de Cleves. Eh bien, Henry n’arrive toujours pas à avoir un fils. C’est pas faute d’essayer quand même ! Comme ça le met en rogne, il fait décapiter aussi son nouveau premier ministre pour passer ses nerfs ( Il y avait peut-être une promo, deux exécutions pour le prix d’une? ou alors c’est une histoire de don de sperme qui a mal tourné ? …oui, j’ai honte. Enfin, pas trop non plus. Henry VIII n’est pas sympa). Il épouse ensuite Katerine Howard, qui est exécutée rapidement, on n’a pas que ça à faire, puis finalement une autre Catherine, Parr cette fois …à ce stade, c’est peut-être du gâtisme, dès qu’il voit une Catherine, il l’épouse, la décapite, et croit qu’elle repousse. Si ça se trouve, il était terrifié, persuadé d’avoir à faire à une Catherine zombie. Ou alors c’est un problème administratif, avec l’engorgement des tribunaux, pas moyen de faire un procès à quelqu’un, autant l’épouser, ça va plus vite. Comme Henry s’ennuie toujours entre deux décapitations mariages, il tente de faire la guerre, avec ce qu’il a sous la main, c’est à dire le pays d’à côté, la France. C’est une manie. Entre voisins, il faut bien se rendre de petits services. Mais ça rate complètement, et Henry s’étiole. Il plonge dans la dépression et l’abus de nourriture. Il meurt obèse (178 kg) et ruiné en 1547.

Le pauvre pèquenot de base a donc dû changer de religion par décision royale et perdre tous ses jolis jours chômés catholiques. Le pèquenot de base apprécie moyennement, comme quoi, il n’y a pas que moi qui n’aime pas trop ce Tudor numéro 2. Pour la peine, on va attendre la prochaine fois pour les autres, vous allez voir, cette famille est encore pire, niveau querelles intestines, que toutes les autres dynasties anglaises précédentes!

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6 commentaires pour Apprendre moyennement l’histoire anglaise en s’amusant, épisode 18

  1. Il y a au musée de Valence un charmant tableau dans le goût du XIXe siècle représentant la mort de Jayne Seymour qui trône dans l’escalier d’honneur….
    http://www.museedevalence.fr/fr/19e-siecle/la-mort-de-jane-seymour-reine-dangleterre

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  2. Axelle dit :

    C’est moins glamour que la version sériesque avec Jontahan Rhys Meyer en Henry VIII… Mais bien plus drôle !

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  3. Cilou dit :

    Wouah, je suis toute échevelée après cette lecture. Mais j’ai ma tête, ça va. Y a pas un médecin qui s’est penché sur son cas à Henry VIII ? C’est pathologique non ?

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  4. nannie06 dit :

    J’ai toujours adoré la façon dont les enfants british se souviennent des femmes d’Henri VIII :
    Divorced, beheaded, died, divorced, beheaded, survived !

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