Apprendre moyennement l’histoire anglaise en s’amusant, épisode 16


Suite aux incalculables demandes (au moins 5!), je continue à massacrer l’histoire anglaise, toujours sans aucune qualification, mais pour le plaisir. On s’était arrêté à la fin de la guerre de 100 ans et ses épidémies de peste. Maintenait que les choses se calment et que la santé revient aussi, les anglais pourraient être contents. Certes, ils ont perdu leurs possessions françaises sauf Calais, mais c’est la paix, youpidoo ! Et bien non, sans personne sur qui taper, ils s’étiolent. C’est donc le moment de se lancer dans une bonne petite guerre civile, la célèbre guerre des roses, histoire de s’occuper un peu. Enfin, quand on dit la guerre des roses, c’est réducteur, il y a eu des tas d’épisodes.

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Malgré les apparences, les anglais ne se sont pas tapés dessus à coup de fleurs. Ça a été un chouïa plus sanglant pour la populace bêtement coincée au milieu alors qu’elle n’avait rien demandé. Il faut savoir qu’à la base, tout ce petit monde, les York et les Lancaster sont cousins. Ce sont des Plantagenets, des migrants français. On a d’un côté les tenants du titre, qui occupent le trône, les Lancaster en rouge et de l’autre les outsiders de York en blanc. Il n’y a pas d’arbitre ni de ballon, mais plutôt des épées et des arbalètes, c’est sportif aussi. La guerre des roses commence officiellement en 1455 mais dans cette famille, ça a toujours été la pagaille. Les cousins avaient déjà commencé à se taper dessus, c’est juste que ça passait plus ou moins inaperçu. On était occupé avec la guerre de cent ans, les petites querelles familiales comme ça ne pouvaient pas faire la une des journaux non plus. On ne peut pas être partout, une boucherie internationale et interminable, c’est quand même plus fun que des cousins qui se chamaillent… Ça peut arriver dans les meilleures familles, dès qu’il y a un héritage, ça dégénère à cause de cousins grincheux, mais je m’éloigne du sujet. Revenons à nos rosiers. En 1399, Henry de Bolingbroke, du Lancaster (les rouges) décide que son cousin Richard II Plantagenet est un gros nul qui ne sait même pas comment régner correctement, et il prend sa place. Hop. Voilà donc les Lancaster sur le trône, sans raison valable un peu comme Boris Johnson devenant premier ministre sans élection.

 On arrive à Henry VI, le petit-fils de Henry de Bolingbroke. Henry VI est peut-être très sympathique, on ne sait pas, mais par contre il est carrément idiot et très peu doué militairement. La preuve, il égare bêtement les deux ou trois territoires français qu’il avait encore. Ça contrarie ses cousins. Il faut les comprendre aussi, ils avaient tous de superbes résidences secondaires pour les vacances sur le continent, où la bière est beaucoup moins chère, et là, ils se demandent si ils pourront continuer à y aller. Si ça se trouve, ils vont devoir demander un visa. Qu’ils n’obtiendront peut-être pas ou à des prix prohibitifs. Je ne parle même pas du taux de change qui ne les fait pas rire non plus…je rappelle qu’on est au quinzième siècle et qu’il s’agit des nobles anglais énervés par leur roi Henry VI, évidemment. Toute  ressemblance avec des événements plus récents est purement fortuite. Mais bon, ça a fini par une guerre civile tout ça, entre anglais qui se sont entretués, pendant que les français se marraient, tranquilles. Je dis ça comme ça, sans penser à mal. Les anglais sont donc là, à râler après leur gouvernement roi quand Edward de York prend les choses en main (c’est à dire son épée) et décide d’entamer les massacres pour se débarrasser de Henry VI et surtout de la reine, Marguerite d’Anjou (tiens, encore une migrante…) qui fait preuve de beaucoup plus de caractère que son ramolli de mari. 

Les réjouissances  commencent  par une petite sauterie, la bataille de Saint Alban, près de Londres en 1455. Les Lancaster flanquent une pâtée aux York royalistes qui se vexent et se rebiffent. Ça continue jusqu’à 1459, où les blancs obligent les rouges et Edward à fuir en France. Et bien, il ne trouve rien de mieux que d’aller installer un campement à Calais en essayant par tous les moyens de rentrer clandestinement en Angleterre. Je ne ferais aucune remarque désobligeante, mais bon…non parce que lui, c’est un héros national alors que d’autres qui font pourtant strictement la même chose…encore une fois toute ressemblance avec une certaine actualité est purement le fruit du hasard. Je n’y suis pour rien. Edward revient en Angleterre, il se débarrasse de Henry VI en le rangeant dans la tour de Londres et se déclare lord protector du royaume. Les Lancaster se regroupent dans le nord, grâce à la reine Marguerite qui est fâchée, et  c’est reparti pour un tour. On est déjà en 1460. Les Lancaster de Marguerite reprennent la main, ils tuent même Edward et son fils Edmond, mais il avait un autre rejeton, aussi prénommé Edward qui finit par gagner et s’empare du trône sous le nom de Edward IV.  Le 29 mars 1461 Edward de York s’auto proclame donc vainqueur après avoir poussé Henry VI hors du trône. Ça pourrait s’arrêter là. Ou pas.

A parti de là, ça devient encore plus compliqué. Pour de sombres raisons matrimoniales et limite romantiques qui font désordre au milieu de cette boucherie fratricide, Edward IV (de York donc, l’équipe des blancs) se met tout à coup à favoriser outrageusement les perdants, c’est à dire les rouges de Lancaster. Ça défrise ses supporters qui en appellent à …la reine Marguerite. C’est à dire que les York parce qu’ils sont déçus que leur roi soit sympa avec les Lancaster vont demander l’aide de ces mêmes Lancaster pour se venger de Edward et remettre un Lancaster sur le trône…C’est très clair. C’est Marguerite qui a dû bien se marrer. Enfin pas trop longtemps non plus, puisque en 1471 après diverses péripéties sanglantes que je vous épargne parce que ça devient lassant, Edward IV se débarrasse définitivement de Henry VI et Marguerite. Les Lancaster ont perdu, les York ont gagné, mais ça reste dans la famille. Certes, à la mort de Edward, son frère Richard s’empare sournoisement du trône en évinçant ses neveux, mais c’est pas grave. Richard a gentiment rangé ses neveux au placard dans la tour de Londres, pour prendre la couronne à leur place, le petit coquin. Il y a des gens qui l’ont mal pris…surtout parce qu’ils ne voyaient pas pourquoi ils ne profiteraient pas eux même de la situation. D’où la pagaille qui continue, mais on va s’arrêter là pour aujourd’hui, je commence à avoir la migraine avec tout ça…décidément, l’histoire anglaise, c’est le bazar en continu.

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4 commentaires pour Apprendre moyennement l’histoire anglaise en s’amusant, épisode 16

  1. Ravie que tu continues 😉
    (et je ne suis pas certaine que ce serait beaucoup plus simple si tu t’attaquais à l’histoire de France… parce que je crois qu’on appréciait aussi les guerres fratricides aux mêmes époques !)

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  2. Nolwenn dit :

    J’adore l’histoire !! mais revue et corrigée par Pom de Pin, je crois que c’est encore mieux !!

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  3. Cilou dit :

    J’attendais cet épisode, j’y comprends rien à ces 2 roses. C’est quand même plus clair maintenant, si si !

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