Thursday thunder: brexit and freedom of movement


Boris Johnson est à Paris. Les médias français parlent du brexit. On parle de l’amitié Franco-britannique, de la frontière en Irlande, des échanges économiques…Boris Johnson affiche de grands sourires et un optimisme béat sortis d’on ne sait où. Et pendant ce temps, sa ministre de l’intérieur, Priti Patel, elle-même issue de l’immigration, vient de plonger les européens en UK dans une panique noire, comme ça, en passant. Et ça, les médias continentaux n’ont pas l’air de s’en émouvoir.

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Cette sombre fasciste a juste annoncé que le 31 octobre prochain, littéralement du jour au lendemain, le Royaume-Uni ferme la porte aux européens. C’est la fin de la libre circulation, alors même que le gouvernement précédent (et elle en faisait partie) s’est engagé à une période de transition jusqu’à fin 2020. Ça n’a l’air de rien? Juste une broutille technique? Vous croyez? Non. Ça veut dire que les européens résidents légalement en UK avant le 31 octobre mais qui seront hors du pays ce jour là, n’ont aucune garantie qu’on les laissera rerentrer. Voilà, c’est juste ça. Vous partez en vacances, en voyage d’affaires ou scolaire, voir un parent malade sur le continent, assister à un mariage, bref, vous vivez votre vie normalement, et vous pouvez vous retrouver bloquer à la frontière, impossible de rejoindre votre domicile, votre boulot, votre famille. Merci d’avoir joué, d’avoir respecté les règles, d’avoir payé des impôts, mais on vous fout dehors, demerdez-vous. Vous êtes toujours en UK au premier novembre? Ahaha, n’essayez même pas de sortir, on peut vous arrêter à la frontière, vous placer en centre de détention pour une durée indéterminée, vous déporter sans recours possible.

Forcément, la nouvelle a provoqué une vague de panique sans précédent et pourtant depuis 3 ans, les européens en UK en ont vu. Pas plus tard que la semaine dernière le gouvernement annonçait qu’ils ne pourraient plus avoir accès au NHS, au système de santé (auquel ils cotisent, mais ça, visiblement, ça ne gêne pas les brexiters) avant de rétropédaler timidement. Mais là, on a atteint un nouveau niveau. Alors que le ministère de l’intérieur envoie des mailings au ton rassurant mais dénués de toute info, les européens qui ont donc l’habitude, se renseignent, téléphonent aux autorités, demandent des éclaircissements. C’est très simple, tous ceux qui n’ont pas leur settle status sont concernés, soit plus des deux tiers d’entre eux, entre ceux qui n’ont encore fait la demande (puisqu’ils ont jusqu’à fin 2020 pour le faire!) et ceux qui ont été rejetés, sans qu’on sache pourquoi. Alors qu’ils vivent et paient des impôts depuis des décennies en UK, alors que certains sont même fonctionnaires, voilà que l’administration leur annonce benoîtement qu’elle n’a pas de trace d´eux. Ça donne de suite confiance dans le système. Vous allez me dire, au moins, tout va bien pour ceux qui ont obtenu ce précieux settle status, non? Non. Il n’y a aucune preuve papier. Aucune indication sur les passeports, rien. Personne ne nous a encore expliqué par quel prouesse technologique la police de l’air et des frontières fera la différence entre ceux qui ont ce status et ce qui ne l’ont pas. Mais c’est pas grave, on va fermer la frontière quand même, on réfléchira après.

L’Ado repart en UK dans un mois, pour finir ses études. Marichéri continue les allers retours Londres Calais toutes les semaines. Je suis dans un état de stress intense, mais ce n’est rien comparé à mes amis qui vivent encore là bas. Au détour d’une conversation avec le gouvernement, on apprend aussi que puisque les européens deviendront donc des illégaux dans la nuit, ils pourront (voire devront) être licenciés sans indemnité du jour au lendemain, dès le premier novembre. Youpidoo. En attendant, Eurostar a déjà supprimé les trains début novembre. Tout va bien. Et les britanniques dans tout ça? Comme d’habitude, les brexiters sont ravis, et les autres se taisent, avec toute l’apathie, l’indifférence, la lâcheté dont ils font preuve depuis 3 ans. Ils ont juste oublié un detail, quand on ferme une porte, personne ne peut rentrer, certes. Mais on ne peut plus sortir non plus.

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6 commentaires pour Thursday thunder: brexit and freedom of movement

  1. Frédérique dit :

    Et oui j’ai entendu ça en début de semaine , absolument effarant et abject comme d’habitude avec ce pseudo gouvernement ( pseudo car pas vraiment désigné par une majorité de la population n’est ce pas ?) . Je comprends ton angoisse . Pour la porte , ne va-t-elle pas ouverte dans un seul sens , les grands Bretons ayant le droit de tout faire puisqu’ils sont les rois du monde dans la tête des brexiters ?

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  2. C’est hallucinant…
    L’Ado a encore combien de temps à passer en UK pour ses études ?

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  3. Cecile Puertas dit :

    Je suis également effarée par cette nouvelle…
    Ma fille de 18 ans part étudier en Ecosse début septembre et nous n’avons aucune idée de ce qui se passera en cas de Brexit dur avec limitation de la circulation des personnes dans tout le Royaume Uni.
    Faudra-t-il faire une demande de visa ? Comment procéder ? Sera-t-elle acceptée ?
    Beaucoup de questions restent en suspens…

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  4. carrie4myself dit :

    …….
    Et tu les vois rire, sourire devant la tele….. 😦

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