Halloween special: the mysteries of Coggeshall


Juste pour Hallowen, je vous ressors un billet des entrailles poussiéreuses du blog, parce qu’il est vraiment de circonstance. Be afraid, be very afraid! 
A la demande générale j’ai enquêté au péril de ma vie sur les rumeurs qui entourent le village de Coggeshall, à côté de Colchester. Il paraîtrait qu’il est hanté, rien que ça! Il se vante même d’être le village le plus hanté du pays. Et on ne se moque pas, j’ai reçu des émails très énervés après mon billet sur les druides (c’est ici) alors je me méfie maintenant, surtout que Coggeshall n’est qu’à 3 miles de chez moi, je n’ai pas envie de voir débarquer des chasseurs de fantômes hystériques sur le pas de ma porte. Pourtant, j’adore les illuminés en tous genres. Ce n’est pas parce que je ne partage pas leur petite folie que je ne suis pas prête à les encourager vivement, au contraire. J’ai toujours trouvé les excentriques très sympathiques. Ça me fait penser qu’il y a longtemps que je n’ai pas vu ma copine la grande prêtresse druidique d’ailleurs…mais bon, là, on va parler fantômes. La campagne anglaise, c’est terrifiant!

  
( je ne vais quand même pas me balader à Coggeshall à la nuit tombée, j’ai beau ne pas croire du tout aux fantômes, ce n’est pas une raison pour prendre des risques inconsidérés… la photo vient du site officiel du bled)

Ce joli village compte pas moins de 300 maisons classées, un pub, The chappel inn qui existe depuis au moins 1556, et un marché, recensé dès 1256. Ça n’est pas encore mystérieux, mais c’est vrai que ça donne un certain cachet…par contre, attention, quand on plonge dans l’histoire désopilante de Coggeshall, on prend vite peur!

En 1555, alors que le pays entier jouait joyeusement à se massacrer entre protestants et catholiques, l’évêque du coin a voulu participer aussi. Il n’y a pas de raison, ce n’est pas parce qu’on est dans l’Essex qu’on ne peut pas aussi avoir un joli bûcher à la mode, comme ces prétentieux de Londoniens. L’évêque décide donc, pour faire son intéressant, de faire cramer le malheureux Thomas Hawkes. Qui se met soudain à applaudir gaiment l’initiative au milieu des flammes…ou alors c’est pour maudire l’évêque, je n’ai pas tout suivi….mais ça commence à sentir le roussi fantôme. Après ça, une certaine Mary Honeywood veut se faire remarquer aussi. Elle rentre dans l’église (par la porte, tout bêtement, même pas en passant à travers les murs ou en volant par la fenêtre. Je suis déçue), jette un verre par terre en hurlant  » je serais damnée aussi sûrement que ce verre va se briser » et hop, les morceaux de verre se recollent instantanément! Si c’est pas beau ça…la prochaine fois que je fais tomber une assiette, je tente le coup! Cela dit, cette pauvre femme vit ensuite jusqu’à 96 ans et pond 19 gamins et 365 petits enfants…je ne suis pas spécialiste en fantôme, mais je ne la sens pas…je ne la vois pas revenir après sa mort pour changer les couches de toute sa marmaille. Elle a assez donné comme ça de son vivant, elle a bien le droit de profiter un peu de sa mort!

  

Mais attendez, ça ne s’arrête pas là. Un des derniers procès en sorcellerie de toute l’Angleterre a eu lieu à Coggeshall aussi, en 1699. Ils avaient une vie trépidante dans ce bled. Quand on pense que maintenant, la seule animation c’est quand un troupeau de canards bloquent la circulation (deux voitures et trois tracteurs par jour, aux heure de pointe)…mais revenons à nos revenants. La veuve Common passe trois fois en jugement (je ne sais pourquoi, peut être un problème administratif. Ou un bug informatique). C’était beau, la justice en 1699: pour savoir si c’est une sorcière, on lui lie les pieds et les mains, on la jette dans la rivière et on regarde si elle flotte. Elle flotte bien, mais c’est une mauvaise idée. Elle est convaincue de sorcellerie (alors que si elle était morte noyée, elle aurait été innocentée. C’est absolument logique) et condamnée à mort. Et là, pas de chance, voilà-y-il pas qu’elle meurt avant la pendaison, de pneumonie. Quelle idée aussi, de la jeter dans l’eau glacée, c’est pas comme ça qu’on conserve une sorcière!

Il y a aussi un bûcheron du 16eme siècle, un certain Robin qui hante régulièrement les bosquets autour du village, mais je ne sais pas bien pourquoi, il a peut être perdu ses clés. Un fantôme non identifié, et hermaphrodite comme les escargots (personne ne sait si c’est un garçon ou une fille) se promène régulièrement dans le salon du White Hart Hotel. Des moines hantent Craven House, il paraît qu’on peut les voir danser la farandole dans le jardin. Il faut dire que Craven House est un ancien monastère, il y a des gens qui cherchent les ennuis aussi! Un autre moine se promène de nuit au beau milieu des ruines de Coggeshall Abbey (c’est un fantôme prévoyant, puisqu’il a pris la peine de se munir d’une lanterne celui là, ce n’est pas parce qu’on est un revenant qu’on ne peut pas être aussi un esprit pratique!) et disparaît une fois son petit jogging terminé dans la bien nommée Blackwater River. Les habitants de 47 Church street vivent apparemment dans un brouillard permanent, qui part du haut des escaliers pour envahir toute la maison et dans un vacarme pas possible, toutes les portes passant leur temps à claquer bêtement …cela dit, ils n’ont qu’à déménager aussi. Une autre habitation, dans market street cette fois, accueille le fantôme d’un vieillard qui s’installe gentiment au pied de votre lit pour vous regarder dormir. C’est un passe-temps comme un autre. On doit s’embêter aussi, à hanter la même maison pour l’éternité, il faut le comprendre ce pauvre homme. D’autres habitants de coggeshall, pour ne pas être en reste prétendent que des boules de feu s’agitent régulièrement dans leurs greniers.
  
On pourrait se demander pourquoi un village paumé de l’Essex attire autant de fantômes (c’est bien simple, il y en a presque plus que d’habitants encore vivants), alors que c’est évident. C’est la faute des ley lines. Si. Il s’agit de lignes d’énergies telluriques ou cosmiques ou les deux, je n’ai rien compris, mais on sent tout de suite que c’est du sérieux. On ne rigole pas avec les ley lines. Il y en a tout un tas qui ne font rien qu’à se croiser pile à Coggeshall, c’est fou non? Du coup, il paraît que Bouddica aurait été enterrée là, que depuis 2000 ans, on y célèbre (en cachette, faut pas pousser) un culte bizarre en attachant des gens à des troncs d’arbres (c’est peut être pour ça qu’il a le fantôme d’un bûcheron? Ou alors ça a à voir avec le réchauffement climatique?) et qu’il y a une malédiction sur le village (je ne sais pas, peut être des problèmes de digestion pour les habitants ou de calvitie précoce, des choses comme ça…). Et tout ça, par la faute des ley lines!
On habite donc maintenant dans le village à côté…Coggeshall est absolument adorable, mais bon, je ne sais pas si c’est à cause de la malédiction, mais la dernière fois qu’on y a été, impossible de trouver une place pour se garer. C’est sûrement  un signe. 
  
(J’ai consulté plein de sites rigolos pour écrire ce billet, celui ci n’avait pas le plus d’infos, mais les meilleurs photos!)

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13 commentaires pour Halloween special: the mysteries of Coggeshall

  1. carrie4myself dit :

    Moi je dirais: Boooooooo
    Et vous etes tres bien dans votre nouvelle maison 😉

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  2. fedora dit :

    ça a du se bousculer du coup, la nuit d’Halloween ! 😉

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  3. Je me demande si le vieux qui s’assied au pied du lit pour en regarder dormir l’occupant en fait ne se demande pas plutôt quand cet occupant va daigner lui laisser la place, parce qu’à son âge, on a bien le droit de dormir dans un bon lit, non ?

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  4. Maman Raconte dit :

    Wouaaah j’adore les histoires de fantômes alors quand elle sont en plus rigolotes, je me régale 🙂

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  5. feliemonstresgentils dit :

    hihi c’est excellent, moi qui ai pourtant tendance à croire aux histoires de fantômes, là pour le coup j’ai bien rit.
    Ca m’a fait pensé à un film d’exorcisme vu l’année dernière, tellement GROS que j’en ai oublié le titre 😉

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  6. La Carne dit :

    dis, rien à voir avec la choucroute mais… t’as entendu parlé de ce musée dédié à Jack l’éventreur??? c’est super halloweenesque ça!

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