The Apple tree


On n’a pas passé tout le week end à admirer des apprentis chevaliers faire des cabrioles sur leurs destriers, on a aussi sacrifié à cette grande passion anglaise, le jardinage.

Les anciens propriétaires de notre maison, bien qu’anglais avaient une conception assez spéciale du jardin. Devant, le front garden, ça passait encore. Il y avait même de magnifiques rosiers, que les deux grands massacrent joyeusement à chaque fois qu’ils tondent. Il ne reste que deux survivants, les plus robustes, toutes épines dehors qui se jettent sauvagement sur les mollets des garçons quand ils passent trop près avec leur tondeuse. Par contre, le back garden derrière, était curieux. Il y avait bien une clôture autour du jardin, jusque-là, c’est normal, mais aussi une en plein milieu, avec une sorte de pergola en bois au centre. D’ailleurs, pour ceux qui auraient un coup de blues, je conseille vivement la destruction d’une pergola à coup de marteau. J’ai tellement aimé, ça m’a fait regretter de n’en avoir qu’une à raser.

D’un côté, nous avions un jardin anglais parfait, avec de l’herbe bien verte, des arbustes, des buissons fleuris et du lierre sur la clôture, de l’autre rien. Enfin si des cailloux, mais ni un brin d’herbe ou une malheureuse pâquerette, le désert végétal. Ils avaient voulu faire une sorte de jardin japonais, ou quelque chose comme ça. Ça m’a contrarié. J’ai persuadé Marichéri d’enlever tout ça, de mettre de la pelouse, et bien sur j’ai décidé de planter des tas de jolis végétaux, qui avaient l’air bien pimpants au garden center, la jardinerie. C’est curieux, une fois mis en terre par mes petits doigts boudinés, ils sont devenus soudainement beaucoup moins pimpants, pour ne pas dire rachitiques. Une bonne partie a renoncé directement, et s’est suicidée aussitôt. Les autres sont encore là, après 7 ans, mais refusent de pousser d’un millimètre, ne fleurissent jamais et menacent de rendre l’âme malgré mes attentions acharnées. Il n’y a qu’un conifère qui a gaillardement quadruplé de volume, mais c’est pour mieux me narguer. Les ouvriers qui faisaient notre véranda, l’ont recouvert de ciment, déplacé, enseveli sous des graviers, déplacé à nouveau, et il est en pleine forme. Le traître.

Mais je ne renonce pas. J’ai donc eu l’idée géniale de planter un arbre. Marichéri m’a fait remarqué qu’il y avait une dalle en ciment à l’emplacement que j’avais choisi, et que c’était trop près de la clôture. Étant de nature têtue conciliante, je n’ai pas cédé pour si peu. Marichéri a donc enlevé la dalle, mais ça l’a épuisé pour le week end. Pré Ado à suivi l’opération avec intérêt, et s’est proposé pour continuer à creuser. Marichéri a bien essayé de lui expliquer que ce n’était pas facile, et qu’il fallait un très grand trou, Pré Ado a insisté. Je me demande de qui ça lui vient, cet entêtement…

il y a passé la semaine, à coup de 15 minutes en rentrant de l’école. Le premier soir, Marichéri est venu vérifié, le trou était beaucoup trop petit. Le deuxième soir aussi. Pré Ado a décidé de passer aux choses sérieuses, le troisième jour, et a embauché ses sœurs pour l’aider. Princesse 1 déblayait autour du trou avec son petit sceau de plage, pendant que princesse 2 raclait l’herbe à trois mètres de là avec son râteau et sa pelle Disney Princess. Une vrai entreprise de terrassement à eux trois. Du coup, le quatrième jour, L’Ado s’en est mêlé, et a attaqué le trou à la bêche. Il a eu des mots avec Pré Ado, qui ne voyait pas les choses comme ça, et d’abord, c’est son trou, pas celui de son frère. Le cinquième jour, Marichéri a trouvé que le trou était encore trop petit. il a expliqué à Pré Ado qu’il devait au moins faire 70 centimètres. Pré ado est très scientifique. Il m’a demandé combien mesure Princesse 2, a calculé quelle proportion de sa sœur devait dépasser du trou, et donc le sixième jour, après avoir creusé encore un peu, il a planté sa sœur dans le trou et convoquer toute la famille pour admirer son œuvre.

On a donc planté un pommier. Ça m’a presque fait de la peine de remplir le trou de Pré Ado. On a d’ailleurs fait une photo avant d’y planter l’arbuste. Pour l’instant, il n’est pas très impressionnant, mais Pré Ado et moi avons confiance, un jour on aura des pommes. Et c’est Pré Ado qui mangera la première.

20140505-204552.jpg(http://www.daveconnolly.org)

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28 commentaires pour The Apple tree

  1. Ca ira parfaitement avec ta vache potty-trained, ce pommier en fleurs au printemps prochain !

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  2. Sanny dit :

    ça me rassure de lire que je ne suis pas la seule nullitée en jardinage…tes enfants n’ont pas envisagé un potager avec tomates cerises et fraisiers??

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  3. Gargouilles dit :

    Mais c’est qu’ils sont bien tes enfants ! Oo moi, quel que soit l’âge où mon père a vaguement essayé de me faire faire quelque chose ressemblant à s’y méprendre a de l’exercice physique accompagné de jardinage, j’ai systématiquement fui (à part quand il était question de monter sur les toits. J’attends toujours le moment où Peter Pan me secouera sa poudre magique dessus, histoire que je puisse m’envoler), donc félicitations à tes enfants ! (bébé 5 n’a pas voulu participer ?)

    Sinon, bien que fuyant les questions jardinesques, j’ai une famille de connaisseur, et il semblerait que ce genre de choses soit assez fourbe : on imagine des belles pommes et nada. Vérifie s’il ne faut pas le greffer avant, par exemple, ou bien si ce que tu as planté était déjà greffé 😉

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  4. theworkingmum dit :

    Hihi, bien sympa ce récit, je trouve la symbolique du « planté » d’arbre magnifique, quel symbole quand le premier fruit sera mangé!

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  5. petiteyaye dit :

    Quelle famille de jardiniers ! Je suis épatée par la pugnacité (carthésienne) de pré-do… je ne me suis pas renseignée encore mais un grigri « mains vertes » vous intéresserait-il ?!?

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  6. Odile dit :

    syma de planter quelque chose avec les enfants… tu verras qu’il va en prendre soin ton gars de son arbre ! ma grande va voir son coin de jardin tous les matin..bon cette année comme nous déménageons c’est assez désert, mais elle nettoie, elle regarde les lavandes…c’est son coin de paradis !

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  7. fedora dit :

    moi, j’ai trouvé la parade… c’est mon papa, qui ferait pousser un verger en plein désert, qui jardine chez moi… je me contente de tondre la pelouse et d’enlever les mauvaises herbes 🙂

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  8. J’ai énormément progressé en jardinage, j’ai triplé ma production en 3 ans : la première année, les plants de courgettes ont donné des fleurs. La deuxième année, une courgette chacun, et la troisième année, trois. C’est à ce stade que j’ai considéré qu’il y a avait des choses plus passionnantes que le jardinage !
    L’idée de l’appartenance du trou ne m’est pas étrangère : j’ai entendu la même chose chez moi !

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  9. Carrie dit :

    Tu devrais avoir des pommes; vu le temps anglais c’est parfait pour qu’il soit productif.
    Maricheri s’est ainsi, et aussi, evite un mal de dos grace aux enfants; parfait 😉

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  10. Veronique dit :

    Ah j’adore la façon dont tu racontes 🙂
    Par contre fais gaffe, je me souviens d’une histoire avec un jardin et une pomme. C’est quand l’homme l’a croquée que ça a dégénéré 😉

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  11. LadySo dit :

    Il va falloir un peu de temps avant que les pommes ne poussent, non ? Parce que un arbre, ça met trois plombes à pousser…
    Tu n’es pas la seule à ne pas avoir la main verte. Le seul truc qui a survécu sous ma tutelle est un bonzaï qui n’a jamais refleuri, alors qu’il était en fleur quand je l’ai reçu…Et il est mort des mains de ma maman. Elle est super douée avec les orchidées (mais genre, super douée), et quelques autres fleurs, mais pas les bonzaïs.
    En tout cas, ils sont sympa les enfants, d’avoir participer. Pas sûr que je l’aurais fais, moi…

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  12. kipcool dit :

    Ben chez moi, le « jardin » est un désert de pierres que les gros camions ont mis là pour ne pas rouler dans la gadoue, puis ils ont roulé dessus pour bien les tasser. Les travaux sont finis, mais les cailloux sont restés. Le sol ne se retourne pas à la bêche, il faut y aller à la pioche 😦

    Heureusement, j’ai les doigts plutôt verts (enfin, jaunes à cause du resto éthiopien), et sous chaque caillou que j’enlève, je trouve une plante qui pousse. Alors je lui parle, elle est contente, et elle se redresse (tu as essayé de parler à tes plantes ? :P)

    Sinon, la ville n’est pas trop contente de mon désert de cailloux et m’a puni à planter 4 arbres, qui font déjà une certaine taille. Je vais donc devoir faire quatre énormes trous comme le tien. N’ayant à disposition qu’une femme qui me dit que le jardin c’est mon problème, je voulais savoir si tu louais ton équipe de travailleurs acharnés ? 🙂

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